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Prologue
La journée avait été rude. Sur la route de sa villa, Olivier avait été appelé pour un
dernier vêlage. Tenté de ne pas répondre, il n'avait pu s'y résoudre. Il aimait son métier, le
faisait avec conscience et passion. La mise-bas avait été difficile, le veau sauvé de justesse
tandis que la vache avait succombé à une hémorragie. Le vétérinaire était déprimé. Il
espérait sans y croire que Coralie l'ait attendu. Peu de chance pourtant, il était une heure du
matin, elle était fiévreuse depuis plusieurs jours, et Antoine l'épuisait. Olivier sourit en
pensant à son bambin, presque un an et une énergie folle.
La vie avait ses bons côtés pour supporter les mauvais.
La nuit était sombre, et la pluie s'était invitée en début de soirée. Les réverbères
étaient éteints, peut-être un disfonctionnement, ou une nouvelle lubie d'un maire obsédé
par les économies. Olivier pesta contre son pare-brise trempé, il perdait du temps et ne
songeait qu'à se glisser dans ses draps après un câlin plus qu'improbable.
Sa maison était également plongée dans le noir. Coralie avait oublié le spot extérieur. Il
devrait tâtonner jusqu'à parvenir dans l'entrée. Perspective peu amusante, mais il sentit son
inquiétude augmenter, il était rare que son épouse commette ce genre de bourdes. Son état
avait dû empirer, et lui n'était pas là.
La porte n'était pas verrouillée. Pourtant il avait insisté, comme chaque jour. Leur
demeure était à l'écart du village, mais même dans cette région tranquille, pourquoi prendre
des risques.
— "Coralie ?"
Elle devait s'être endormie, et Antoine pleurait. Etonnant que les cris n'alertent pas la
mère poule qu'était sa femme. Olivier prépara un biberon dans la pénombre en chauffant
l'eau sur la cuisinière à bois. Foutue bonne idée que cette cuisinière, les pannes de courant
un peu trop fréquentes lui donnaient une place de choix dans la cuisine, un achat judicieux
qui ajoutait un charme à l'ancienne à la pièce.
Son fils n'avait pas été changé. Il s'en chargea, lui mit son lait dans les mains, et quitta
rapidement la chambre. Coralie devait être vraiment mal. Jamais, elle n'aurait manqué de
soigner son fils, même affaiblie.
L'inquiétude laissa place à une véritable angoisse. Au bourg, il avait entendu les
rumeurs sur une nouvelle maladie. Mais ce n'était que des rumeurs, amplifiées par la
crédulité propre aux campagnes profondes. Il avait écouté d'une oreille distraite les
commentaires sur ce nouveau cancer. On le disait agressif, mortel dans la plupart des cas. Ça
ne pouvait pas être vrai, il en aurait été informé.

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