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sans crainte. Elle n'avait même pas à batailler, courir ou ruser, il lui suffisait de saisir l'animal
et de l'emporter. Les autres ne bougeaient pas, à peine bêlaient-ils, réclamant leur
propriétaire sait quoi.
Sam s'éloigna du pré, prenant la précaution de disparaître du regard des moutons
restants. Ils représentaient une source alimentaire trop intéressante, les préserver de sa
violence paraissait une bonne idée.
La mise à mort fut rapide. L'habitude de tuer s'était installée sans difficultés, pas de
manières, pas de remords ou de doutes. Sam posa son déjeuner à terre et se jeta dessus,
plantant ses dents dans le cou frêle. Elle adorait la sensation, sentir sur son palais le sang
chaud en un jet puissant. La première fois qu'elle avait agi ainsi, elle avait été surprise par la
puissance de l'éruption d'hémoglobine, maintenant, elle savait comment s'y prendre,
déglutissait plusieurs fois, puis le flot diminuait. Lorsqu'il fut presque tari, elle se mit en
devoir de déchirer la viande à coups d'incisives. Les premiers morceaux, elle ne les mâchait
pas, les avalait goulûment. Ensuite, elle dégustait. Sa victime était souvent morte dès sa
première morsure, mais prise dans un élan carnassier, elle ne s'en souciait plus.
*****
Sur sa couche de béton, Jordan attendait la prochaine visite. Il avait mal au cul, c'était
déjà le cinquième client aujourd'hui. Il les nommait "client", ça faisait passer la pilule – et le
reste –, mais au fond, il savait ce qu'il était devenu, un esclave sexuel. Lui, comme les autres
homosexuels de la forteresse. Et malheureusement, à trois, c'était peu pour satisfaire les
besoins de la majorité des habitants.
Jordan aurait dû quitter la forteresse sept ans auparavant, quand le leader avait
promulgué cette loi, mais il n'y avait pas pensé, ou, lorsqu'il acceptait de se l'avouer, il avait
eu peur. La vie extérieure était dangereuse, et le courage pas vraiment partie de ses
qualités. Alors quelques bites dans son cul, ça lui avait paru préférable. Mais il n'avait pas
imaginé qu'il y en aurait autant. Le manque de femmes avait conduit ses concitoyens, même
les plus réfractaires, à finalement venir tirer un petit coup en fermant les yeux. Parfois,
certains, horrifiés peut-être par l'acte commis, s'en prenaient physiquement à lui et lui
mettaient une rouste. Heureusement, ceux-là ne réapparaissaient plus ensuite. Le leader
était intraitable sur la santé de ses poules de remplacement. Ils devaient durer, et le plus
longtemps possible.
Le client suivant pénétra dans la petite pièce aux murs de pierres, un pur vestige des
cachots d'antan, froide et sinistre, mais le décor importait peu pour les visiteurs. Jordan
soupira et présenta ses fesses dénudées. Il ne se rhabillait même plus entre deux passes, à
quoi bon.
— "Non ! Tu vas me sucer. J'aime mieux."

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