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Sam se sentait de plus en plus encombrante, lourde et lente. C'était la lenteur qui la
gênait le plus, le manque de vivacité. Dans sa situation, elle ressentait le danger d'une façon
aiguë et oppressante. Depuis deux mois, elle avait réussi à éviter toute rencontre
indésirable, mais elle n'avait aucune assurance que cela continue, et chaque jour de plus
dans sa grossesse la rendait plus fragile. Il lui restait deux mois pour arriver à terme, deux
mois de peur, deux mois de difficultés à se nourrir, deux mois de cette présence
insupportable en elle.
Lorsqu'elle avait compris son nouvel état, elle l'avait refusé de toutes ses forces. Par
trois fois, elle avait tenté d'avorter, mais l'enfant était bien accroché, il avait résisté, tenu
bon, et elle avait fini par accepter qu'elle n'y changerait rien, qu'elle devrait mener cette
grossesse à terme. Elle n'espérait plus qu'une chose, la délivrance, que le môme sorte de ses
entrailles, et qu'elle puisse l'oublier. Après des semaines de réflexion, elle avait arrêté une
décision. Elle déposerait le bébé aux portes de la forteresse, s'il était normal bien sûr. Dans
le cas contraire, elle s'en débarrasserait, lui rendant service tout autant qu'à elle-même.
Pour l'heure, elle devait à nouveau se nourrir. La pâture de moutons diminuait de plus
en plus, elle aurait vite un problème de ravitaillement, et elle n'avait rien découvert d'aussi
facile. Encore quelques jours, et il lui faudrait trouver autre chose, ce qui vu son état,
l'inquiétait à l'avance. Surtout qu'il lui semblait que la quantité de créatures dans les
environs grossissait. Elle les évitait instinctivement, mais une rencontre était toujours
possible. Que ces monstres soient plus nombreux ne l'étonnait pas, la forteresse n'était pas
loin, avec tous ces hommes à l'intérieur, de la bonne viande, vivante et attirante.
Inatteignables pour les zombies, mais leur cerveau atrophié ne devait pas le réaliser. Elles
tournaient donc dans le coin, en attente de la bonne occasion.
Sa viande à elle l'attendait et elle avait faim, très faim. Elle pressa le pas, les bêlements
déjà perceptibles aiguisant son appétit. Plongée dans ses réflexions moroses sur sa grossesse
et les dangers à venir, elle ne repéra la racine sur sa route qu'au moment où son pied se prit
dedans. Moulinant des bras, elle tenta de garder son équilibre, mais le poids de son ventre
et la surprise l'entrainèrent vers le sol sans qu'elle puisse changer le cours du destin.
Elle s'écroula face contre terre, sentit une côte se briser et son souffle se couper. Elle
se retourna suffocante, terrassée par la douleur. Elle avait réussi à ne pas crier, mais se
sentait incapable de se relever. Et puis, dans son abdomen, elle décela une agitation
inhabituelle.
"Pas maintenant ! Non, pas maintenant !"
Mais les contractions n'en firent qu'à leur tête, augmentant rapidement en intensité,
alors qu'elle tentait encore de se redresser. A chaque essai, la souffrance la repoussait au sol
où elle demeurait de longues secondes sans bouger.

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