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Épilogue
Dix-sept jours qu'il se trouvait là. Dix-sept jours à se soigner, à craindre de mourir.
Yefim avait été surpris par l'explosion. Juste avant, il avait découvert le révérend. Il n'en
restait presque plus rien. Les zombies continuaient leurs ripailles, seuls restaient la tête et
une partie du haut du torse. La main droite de son ancien acolyte serrait toujours le
détonateur.
Le leader avait compris directement, mais il était trop tard. Il n'eut même pas le temps
de sortir de la pièce. Les murs tremblèrent, un bruit assourdissant se propagea le long des
couloirs, des effondrements se firent entendre à sa suite. Yefim s'accrocha à un meuble, puis
le plafond s'écroula sur lui.
Il s'était réveillé un bras coincé sous les décombres, impossible de se libérer. Au bout
d'un temps, il s'était résolu à l'arracher. Il en avait bavé pour y parvenir, s'était évanoui
plusieurs fois, avait perdu beaucoup de sang. Dans un bref éclair de conscience, il avait
réussi à se poser un garrot.
Les jours suivants, il les avait passés à récupérer, reprendre des forces. Par chance, il
était à l'abri, avait accès à de la nourriture et de l'eau. Les trois zombies continuaient à
grogner non loin, retenues par leurs chaînes. L'une d'entre elles s'était retrouvée sous un
éboulis, on n'en voyait plus que les jambes qui remuaient sans discontinuer.
Dix-sept jours à ruminer. On lui avait tout pris. Son royaume, ses gens, sa vie. Il ne lui
restait rien. Le révérend était mort, Jordan aussi, mais où étaient les bébés ? Il conclut que
d'autres avaient dû les emporter.
Il devait les retrouver, reconstruire son monde, ailleurs. Ce serait lui le nouveau
créateur. Son âme damnée avait eu raison. Un homme avait été désigné pour remplir une
mission. Cet homme c'était lui.
*****
Dans une maison isolée, une jeune femme, le regard vide, emprisonnée depuis plus de
huit ans, s'arrêta d'errer sans but dans un living dévasté. Elle se dirigea hagarde vers la porte,
la regarda un moment, et d'une main hésitante, abaissa la clenche. A l'étage, les restes en
décomposition d'un cadavre reposaient sur le sol poussiéreux. Dans la chambre d'enfant, un
courant d'air fit vibrer un mobile fixé au-dessus d'un berceau vide.
La créature, sans se préoccuper de ce qui fut sa vie avant, sortit dans le soleil de fin
d'après-midi. Dans son cerveau détruit, des connexions avaient fini par s'établir, une pensée
s'était installée.
Coralie voulait retrouver son fils. Elle avait faim.
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