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SUFFOCATE version corriger .pdf



Nom original: SUFFOCATE version corriger.pdf
Auteur: WPS Office

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QUELQUES AVIS DE LECTEURS
WATTPAD
« Je suis tellement bien ancrée dans l’histoire que j’en ai les
larmes aux yeux. »
UsagiEcrit
« Cette histoire me bouleverse. »
MikaFan_Fictions
« J’ai découvert ton histoire, je n’ai jamais été autant scotché ! Et
pourtant, je suis une passionnée de fictions en tout genre. Ton
histoire mérite d’être connue car elle est écrite avec passion et
émotion. J’en ai versé quelques larmes. »
JessieManternach
« Je trouve ta manière d’écrire géniale et sublime. Tu arrives à
nous transmettre réellement les sentiments des personnages.
Ensuite, le thème de l’histoire est accrocheur. »
Darkangel-13
« Cette histoire est la plus belle histoire qui m’a été permise de
lire, tu as un don pour l’écriture. Tes personnages sont attachants,
même Nate. »
November-Rain-98
« Une leçon d’écriture, un chef-d’œuvre, une claque d’amour. »
Koupio
« C’est une très belle histoire, j’ai adoré. »
Naomy2216

« Suffocate me pousse à ne plus m’arrêter à une première
impression sur les gens, mais surtout à cultiver le pardon car j’ai
compris, à travers l’expérience d’Isaiah comment une personne peut
souffrir, en n’obtenant pas le pardon pour ses fautes. »
Doh-rie
« Cette histoire mérite d’être lue, pour la richesse qu’elle
contient, la complexité des personnages, les émotions, les
sensations, tout. Je n’ai pas de mot pour m’exprimer, mais je dirais
que Suffocate est une histoire puissante, bouleversante, profonde, et
tellement belle.
Cecilouxx
« C’est de loin l’histoire la plus complète que j’ai pu lire sur
Wattpad. »
Georgia-uk

Suffocate

Suffocate
SHEILY

P6 : Page de copyright, qui contient- le N° ISBN - le nom de
l'auteur, - le nom de l’éditeur (ou de l'auto d'une mention
obligatoire) - la date de publication, précédés du sigle ©. - vous
pouvez y ajouter un texte sur « Le Code de la propriété intellectuelle
interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation
collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou
partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le de l'auteur ou
de ses ayant droit ou ayant cause, est illicite et constitue une
contrefaçon, aux termes des articles L.335 intellectuelle. »

« À tous ceux en quête d’un pardon, ou juste un peu d’espoir.

À toute ma communauté sur Wattpad, sans qui je ne serai rien. »

«On a tous un passé, le mien est sombre et obstrue mon avenir ; On
m'a conseillé d'oublier, je n'ai jamais réussi. On m'a dit de noyer mes démons :
j'ai essayé, je ne suis jamais remonté à la surface... eux si car ils savaient
comment nager...»

Isaiah Hepburn

PRÉFACE
Il arrive un moment,
Où je ne peux plus contenir ce sentiment qui a su ranimé,
Ce cœur que j'ai cru décharné,
Laisse-moi te raconter mes maux,
Qui me rendent un peu penaud.
Mon histoire n'est pas un conte de fée,
Cela risque de te choquer,
Comme tu as su me redonner de l'espoir,
Pour toi je mets mon âme à nu ce soir,
Dans ce bain tiède où mon corps et le tien,
Ne font plus qu'un.
Laisse-moi te dévoiler,
Ce qui m'enchaîne à jamais à mon passé,
Et j'espère après revoir dans ton regard,
Les mêmes sentiments que tu ressens à mon égard,
Par pitié écoute-moi,
Et si après ça tu perds foi en moi,
Je n’essaierai pas de te retenir,
Même si je sais que je vais en souffrir.
Ma vie avant toi n'était qu'un épais nuage
Où je souhaitais voir des mirages,
Je reconnais avoir passé ma jeunesse,
Sans aucune délicatesse,
Il avait piétiné mon cœur,
Me répétant sans cesse que j'étais une erreur,
J'ai alors connu la peine,
C'est ce qui m'a conduit à la haine,
J'ai pourtant essayé de prouver que j'étais humain,
Mais on me voyait comme l'incarnation du Malin,
L'Amour m'avait toujours fui,
Malgré le fait que j'ai cru en lui,
Mal-aimé comme j'étais,

J'ai laissé mon mal-être me dominer,
La seule chose qui me maintenait en vie,
C'était celle qui m'avait donné la vie,
C'est alors qu'arriva ce jour tragique,
Où j'ai commis cette faute fatidique,
D'avoir laissé exprimer ma colère,
Ce qui m’a tout de suite précipité en enfer.
Je n'ai pas pu me contrôler,
Lorsque celle que j'aimais,
A été insultée,
J'ai ainsi volé à deux mères,
Ce qu'elles avaient de plus cher,
Le fruit de leurs entrailles,
À qui la vie j'ai pris sans faille,
Ma simple existence était déjà à mes yeux une prison,
Mes erreurs me brûlent les veines tel un poison,
Qui me ronge encore à petit feu.
J'attends comme je peux,
Le jour de ma rédemption,
Où je paierai enfin pour toutes mes actions,
Mais j'ai eu la chance,
Qu'on m'accorde une délivrance,
J'ai donc choisi,
De reconstruire ma vie,
Même si mes démons me hantent toujours,
Et font de moi un monstre sans amour,
Je continuerai à expier mes fautes,
Cela a marqué pour toujours ma peau au fer chaud,
Je veux changer,
Et cela grâce au regret.
Je viens pourtant de te donner ce que tu as toujours voulu,
Mais tout ce que je lis dans tes yeux c'est : que je suis perdu.
Tu m'as promis de rester à mes côtés malgré tout,
Cependant tu cherches à me fuir par-dessus tout,
J'ai cru que tu m'accepterais comme je suis,
Mais tu pars sans me laisser te suivre,

J'ai été naïf d'avoir été fier,
De sentir sur moi à jamais la douceur de tes yeux verts.
Je vois bien que mes efforts ne semblent pas t'attendrir,
Puisque tu m'abandonnes en pensant que je peux te faire souffrir.
Le fait que tu m'aies volé ce baiser,
N’a fait que me troubler,
Bien que tu aies conscience que je verse des larmes,
Tu ne veux pas rendre les armes,
Maintenant tu es parti,
Je ressens comme un vide,
J'ai compris malgré moi,
Que tout ce que j'ai besoin pour survivre, c'est toi.
Lionaïs.

LE CHOC
Isaiah
Le jour où j’ai réalisé que la musique agissait sur moi comme
une drogue ou bien un électrochoc, ma vie a basculé. Avant,
personne n’aurait jamais parié un dollar sur moi.
J'étais un adolescent à problèmes, avec un casier judiciaire –
lourd pour mon âge – et les gens refusaient de m'offrir des petits
boulots à cause de mes conneries de jeunesse. Le matin, je me
réveillais en ignorant toujours ce que je ferais dans la journée. Je
fumais, buvais comme un trou, me droguais pour voir le Paradis et
je baisais avec tous ceux qui le voulaient.
Ma rencontre avec Bellamy a tout changé. Je traînais, ivre mort,
dans une taverne miteuse, fidèle à mes tristes habitudes, et Bellamy
buvait une bière, à ma droite. Cette nuit, je devais avoir vraiment
trop bu, j’ai vomis sur lui. Étrange pour débuter une amitié, mais je
l'ai invité à venir chez moi pour qu'il puisse se changer. Il a
découvert que je n'étais pas vraiment stable et m’a pris sous son aile,
sans me laisser le choix de refuser. Il est comme le père que je n’ai
jamais eu, même maintenant.
Bel m'a fait découvrir Asking Alexandria, depuis, je m'endors
avec les singles de ce groupe. Le rock a happé ma vie. Je me suis mis
en tête l’idée de devenir chanteur.
Mes débuts se sont déroulés dans ma salle de bain minuscule,
face à un miroir. À force d’efforts, je me suis perfectionné. J’aimais
vraiment cela, alors avec Bel, nous avons formé un petit groupe, qui
se produisait essentiellement dans les bars locaux. Deux gars ont
rapidement rejoint la bande : Wilden et Jayce. Après presque huit
mois d’efforts, un label nous a remarqués. Ma carrière a
officiellement démarré ce jour-là. On nous a présenté Emely, une
fille fantastique aux airs de garçon manqué, Miss Tomboy. C’est

ainsi, qu’eux et ma voix éraillée, avons été propulsés au rang d'étoile
montante dans le monde du rock.
Maintenant, je ne vis plus à Londres, je n'ai plus de contact avec
ma « famille. » Le groupe cherche à se faire une renommée en
dehors de l'Europe.
Assis à côté de moi, Bel effleure les cordes de sa guitare du bout
des doigts. Il gratte des accords au hasard, le regard rivé vers un
point invisible. J’observe la façon dont il pince les lèvres, lorsqu’une
suite d’accords sonne mal à ses yeux. Finalement, il redresse la tête
dans ma direction, lève l’index et le majeur vers moi. Je lui réponds
par le même geste.
Onze heures. Ce soir, j'ai un concert à assurer, je sais que mon
après-midi ne va être qu'un mélange de répétitions, de stress et
d’amusements. Je vais chanter pour la première fois sur une grande
scène new-yorkaise. Il n’y a plus aucune place disponible. Les fans
sont prêts à suivre le groupe dans tous ses déplacements. Savoir
qu’ils forment un mur inébranlable derrière moi me réchauffe le
cœur.
– Arrête de bouger ton pied, tu me les brises, râle Bel en posant
sa guitare sur la table basse.
– Désolé. Je suis nerveux et impatient.
J'avais cette façon de m'agiter quand j'angoissais ou attendais
quelque chose.
– Tu dois sérieusement penser à te détendre. Oh, je compte
acheter un nouveau jeu de corde. Viens avec moi, tu t’aéras l’esprit.
Sortir me fera du bien, alors je hoche de la tête avant de lever
mon cul du canapé sur lequel il se reposait tranquillement. J’enfile
mes Dr. Martens, ma veste, ajuste mes lunettes de soleil puis arrange
mes cheveux avant d'attraper les clés dans le petit pot en céramique
posé près de l’entrée. Bel me rejoint dehors quelques instants plus
tard, son téléphone trop grand à la main.

Le soleil brûle le dos tatoué de mes mains. Nous marchons d'un
pas décidé. Dans la rue, j'aperçois une affiche annonçant le concert,
et je souris stupidement.
Je pensais profiter de ma sortie tranquillement, mais le destin
s’amuse à me jeter des bâtons dans les roues. Quelqu’un beugle « Eh
Isaiah ! Bellamy ! » d’une voix stridente. Une fan hystérique. Elle
nous a reconnu. Je me dépêche pour prendre des photos, histoire de
rester poli. Cependant, dans ma tête, je rêve de fracasser le minois
de cette fille contre le bitume. Je n'aime pas la façon dont elle me
regarde.
Bel connaît mieux le trajet que moi alors je le suis quelques pas
en arrière, mes doigts s'entortillant nerveusement. Je finis par
demander :
– Mec, fais-moi plaisir et dis-moi que tu as pris ton paquet de
clopes. Je t'en supplie !
Malgré de nombreux efforts, je continue à fumer et j'ai tendance
à beaucoup boire. Bel cherche dans sa poche, me jette un paquet en
se tournant vers moi. Je lui lance un « merci » soulagé avant de sortir
une clope, de l’allumer et la porter entre mes lèvres piercées.
On arrive dans le magasin de musique, mon regard fixe
immédiatement les guitares accrochées aux murs. Certaines ont des
couleurs atypiques, comme une rose et bleu fluo capable – selon
moi – de permettre à un aveugle de retrouver la vue. Je remarque
une Gibson bleue roi splendide. Non mec, tu ne l’achètes pas. Bel
paie ses cordes, ainsi qu'un nouvel archet pour son violon, puis nous
quittons la boutique.
En face, dans la rue, je remarque un gars d'une quarantaine
d'années portant une casquette, en train de me photographier.
Putains de paparazzis.
Mon poing dans la gueule, ça l'intéresse ? Je lui fais un doigt
d'honneur avant de marcher aux côtés de mon ami, la cigarette à la
bouche. À un moment, Bel me tend la main. Je comprends ce qu’il
réclame d’un regard, je lui donne le reste de la clope.

Nous parlions du concert, quand mon téléphone vibre dans ma
poche. Je le sors, glisse mon doigt sur l'écran pour décrocher, et
porte mon iPhone à l'oreille. Robb, le manager du groupe,
commence :
– Isaiah, tu n'as pas vu mon SMS ? grogne-t-il, visiblement
furieux.
– Non, pourquoi ?
– Toi et Bellamy, vous êtes priés de vous rendre tout de suite à
la salle de répétition.
– Okay, boss, détend-toi, on arrive.
Il y a beaucoup d’ironie dans ma voix. J’adore embêter Robb.
Je marche sans regarder où je vais, écoutant le sermon de mon
manager. Au fond, je l’aime bien. Surtout son incroyable coupe afro.
Par contre, il me donne envie de devenir sourd lorsqu’il se met à
gueuler. Après l’engueulade, je raccroche et je récapitule rapidement
la situation à Bel.
– On passe par l'appart' prendre les clés de la voiture, ou bien
on prend un taxi ? questionne-t-il.
– Va pour le taxi, sinon Robb va sortir de ses gonds.
– T’as peur de lui ?
J'ai une tronche à avoir peur de Robb, le mec qui a les mêmes
muscles que Popeye, mais qui n'oserait même pas foutre une gifle à
quelqu'un ?
Je décide de ne pas répondre. De toute façon, je ne le peux pas,
car je percute violemment un type, qui ne sait pas marcher tout en
regardant correctement devant lui.
Un grand fracas, un geignement.
Le type, à quatre pattes devant mes pieds – tout le monde finit
par se retrouver à mes pieds – touche son appareil photo brisé au
sol. Ses doigts tremblent.



MR. CONNARD
Kasper
Oh non. Oh non. Putain.
Connard.
Mon appareil photo.
Je lève les yeux vers le responsable de cette catastrophe. Je serre
les doigts pour ne pas exploser en sanglot. Sans me relever,
désemparé, je hurle :
– Vous ne pouvez pas faire attention ?
J’ai les yeux écarquillés comme deux soucoupes. Sans prêter plus
d’attention à l’enfoiré debout devant moi, je rassemble les morceaux
de mon Canon. Aujourd’hui, on m’a volé cinquante dollars, j'ai égaré
ma carte de crédit... Et un petit con vient de bousiller mon objet le
plus précieux.
– Ça vous tuerait d’avoir au moins l’air désolé ?
L’inconnu me rappelle vaguement quelqu’un. À ce moment
précis, cela reste le cadet de mes soucis. Monsieur Connard sourit
d’une façon très suffisante.
– Pretty1, je n'y suis pour rien si tu es incapable de regarder où tu
mets les pieds.
Il me toise du regard, je le sais malgré ses lunettes de soleil.
Sa voix. Grave, enveloppée d’un voile rauque. Un accent british.
Oh, pitié, je ne veux pas rougir comme un idiot. Il a beau incarner
mon idéal masculin, avec ses beaux cheveux noirs aux reflets
violines discrets, il ne s’en sortira pas aussi facilement. Il vient de
ruiner mon outil de travail. Un photographe sans appareil photo,
c’est comme... Un peintre sans pinceaux.

1

Mignon.

Je me redresse finalement et lance un regard glacial à Monsieur
Connard. Son ami me rappelle Bellamy O'Connor du groupe de
rock Eternal Paranoia.
Euh minute !
Putain !
Je rêve ! Parmi tous les crétins du monde, il faut que je tombe
sur Isaiah Hepburn ! Dans d'autres circonstances, je serai déjà
occupé à sauter comme une puce, mais là, je suis à deux doigts de
poster ma journée sur FML2 !
Frustré, je suis prêt à tourner les talons pour partir avec le peu
de dignité qu'il me reste quand une main serre mon épaule. Je m'en
dégage, recule d'un pas avant de lever le menton d'un air hautain. Je
ne sais pas ce qui me retient de gifler cet abruti. Peut-être parce qu'il
fait dix bons centimètres de plus que moi et que je ressemble à un
poussin à côté de lui... Je ne suis pas suicidaire.
– Je suis désolé pour ton appareil photo, okay ?
Il cherche dans son portefeuille, me donne deux places de
concert pour le 15/05. Ce soir. Je louche dessus avant de les lui
arracher des mains pour les fourrer dans ma poche sans un
« merci ». Au fond, je jubile, car j'adore la musique d'Eternal
Paranoia. Mais cela ne remboursera pas mon appareil cassé.
– Tu viens à mon concert ce soir, je te promets de trouver un
moyen pour te rembourser. Tu peux venir accompagner et je peux
même demander à mon chauffeur de te déposer.
– Je pense que je peux encore marcher tout seul. Comment je
vous trouverai, ce soir ?
Je suis fermement décidé à vouvoyer ce connard, je suis bien
élevé.
– Sur la scène, ironise-t-il avec un mauvais rictus.
Monsieur Connard baisse ses lunettes de soleil.

2

FML est l’équivalant du site français VDM.

Il sourit encore. Il a une adorable fossette et ses yeux brillent,
mais il reste stupide. Mes doigts se serrent.
J’ai envie de le frapper.
Sois un gentil garçon, c'est bientôt finit.
Je fais mine de rire à sa... plaisanterie ?
– Pourrais-je avoir une réponse sérieuse ? répondis-je, les dents
qui grincent.
L'autre idiot continue de glousser puis il finit par sortir un billet
de un dollar. Tout est normal.
Il extirpe un crayon de la poche de sa veste et griffonne un truc
dessus. Je parviens à déchiffrer quelque chose comme « Autorisé à
venir me voir dans ma loge après le concert. Isaiah. » Sa signature est un
gribouillis, mais au moins, je suis presque sûr qu'on me laissera
passer.
Et sinon, Isaiah entendra parler de Kasper Johns pendant de
nombreux mois.
***
En ruminant, je rejoins le chemin de mon appartement, les
mains dans les poches de mon manteau brun. Si ma mère apprend
l’incident, elle me sortira son habituel discours : « Tu vois Kas,
photographe, ce n’est pas une bonne idée ! Je te l’avais bien dis. »
Pitié, ce discours me sort par les trous de nez. J’appelle Cherry pour
partager toute ma mauvaise humeur.
– Allô ?
– Un idiot a bousillé mon appareil photo, annonçais-je sans
préambule.
Cherry toussote.
– Sérieux ?
Non, je rigole ! Poisson de Mai ! Cherry est ma meilleure amie
depuis maintenant cinq ans. Parfois, elle pose des questions idiotes,

mais je l’aime. Elle m’aide dans mes décisions, me redonne le sourire
quand tout fout le camp dans ma vie.
– Explique.
– Monsieur Connard, alias Isaiah Hepburn, m’a percuté sans
presque aucune excuse.
J’entretenais une relation très spéciale avec mon appareil photo.
Du moins, je ne m’en séparais jamais.
– Merde. LE Isaiah Hepburn ? Il t’a remboursé, j’espère.
Je soupire :
– Il m’invite à son concert pour régler le problème. Je vais
passer du temps dans la loge de ce boulet à roulette ultra sexy.
– Quelle punition, ironise Cherry.
– Je t’invite au concert, j’ai deux places. Tu auras au moins le
plaisir de le voir transpirer sur scène.
– La transpiration peut-être sexy.
Ouais. De loin. Sentir les effluves corporelles d’un corps
ruisselant sous l’effort ou la chaleur me donne habituellement envie
de partir en courant à l’autre bout du pays.
– Je suis arrivé, à ce soir.
– Quelle heure pour le concert ?
– Vingt et une heure, ma poule. À toute.
Je n’attends pas sa réponse pour raccrocher.
J’ouvre la porte de mon appartement. Nate me saute tout de
suite dessus. Je l’esquive d’un pas vers la gauche.
– Laisse-moi tranquille.
A cause de Monsieur Connard, je parle mal à mon petit copain.
Nate et moi sommes ensemble depuis trois ans, je pense que ma
relation avec lui se résume en un mot : magnifique. Il ne ressemble
en rien à mon idéal masculin, mais je l’aime. On a quelques fois
remis en question mon amour pour lui, mais mon cœur n’a jamais
vacillé.
Il ne vacillera jamais, je crois.



OBSESSION
Nate

Je déteste passer une soirée sans Kasper.
Je déteste le fait qu’il aime le rock.
Je déteste ne pas pouvoir le surveiller.
Je déteste tous ceux qui le regardent.
Je suis fou amoureux de Kasper. Je le considère comme
l’homme de ma vie. Je n’imagine pas mourir sans lui. Je veux le garder pour moi tout seul, le couver, l’aimer, le chérir, jusqu’à la mort.
Il n’y a que mes bras dans lesquels il peut pleurer. Voilà pourquoi je
n’aime pas le savoir dehors, seul. Tous les homosexuels de la planète
lui courent après, j’en suis certain. Il m’appartient. Si je dois me
battre pour le garder auprès de moi, mes poings sont prêts. Kas est
mon unique obsession, et à côté, mes études me paraissent bien
dérisoires.
Mon chéri m’a envoyé paître tout à l’heure. Il m'a marmonné
quelques explications inaudibles avant de déposer ses affaires et de
repartir en claquant la porte. Quelques minutes plus tard, j'ai reçu un
SMS m'expliquant qu'il se rendait à un concert avec Cherry. Je
déteste le rock. Comment peut-on tolérer une musique aussi peu
correcte ? Le chanteur ne fait que hurler des obscénités dans un
micro. Ils ont tous le corps recouvert de tatouages et de longs
cheveux qu'ils secouent dans tous les sens. N’importe quoi. Un bon
album de jazz gagne haut la main face à cette musique de débraillés.
Nous ne sommes pas au zoo.
Je me sens seul. Dans le canapé de l'appartement, je regarde les
infos à la télé, soudain le téléphone sonne. Malgré mon envie de
rester prostré dans le canap', je me lève pour décrocher. La mère de
Kasper commence à l'autre bout du fil :

– Salut Nate, comment ça va ?
La mère de Kasper est adorable et très ouverte. L'homosexualité
de son fils ne l'a jamais dérangé. Il a de la chance d'avoir une famille
pareille. La mienne a pris des mois pour digérer la nouvelle.
– Très bien Judith, merci, et toi ?
– Un peu fatiguée après cette nuit mouvementée à l'hôpital mais
ça va. Ton copain est dans le coin ?
– Il est parti avec Cherry au concert d'un de ses groupes de
musiques insupportables. Il va sûrement rentrer tard.
– D'accord ce n'est pas grave. Tu lui diras que j'aimerais savoir
s'il a une idée en tête pour l'anniversaire de Nora ?
Nora est sa petite sœur de treize ans. Kasper en a vingt et un.
– D'accord, pas de soucis.
– Tu es un ange Nate, bonne soirée.
Bonne soirée. Comment passer une bonne soirée sans Kas à
mes côtés ? Je soupire un peu plus fort, la remercie, puis raccroche.
Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire ?
Toutes les cinq minutes, je regarde mon téléphone. Aucun SMS.
À croire que Kasper se moque de me savoir seul. J’espère qu’il ne
rentrera pas trop tard. Il pourrait rencontrer des ennuis sur le
chemin du retour... Un aussi joli visage attire bien les convoitises.
Ce que j’aime le plus chez lui, ce sont ses yeux. Grands, beaux,
expressifs, brillants, ils m’illuminent à chaque fois. De la couleur du
plus beau des opales, ils sont surplombés par de longs cils
voluptueux. Ensuite, il y a son sourire. Toujours sincère, naturel. Il a
cette habitude de montrer toutes ses dents parfaites. Parfois, je me
dis que ce que je vis est un rêve. J’ai rencontré un ange sur mon
chemin, et je dois lutter contre tout ce qui pourrait nous séparer,
peu importe le prix à payer.



RITUEL
Bellamy
Isaiah stresse toujours beaucoup trop avant un concert. Assis
dans un fauteuil de sa loge, je l’observe en pleine préparation de son
rituel : un verre de vodka, une clope, un beignet aux fraises,
raclement de gorges à gogo et sourires forcés au miroir. La bouche
pleine, il chantonne son plus gros tube avant de se retourner vers
moi :
– Tu penfes que le f’gars fa fenir che choir ? il s’essuie la bouche
d’un revers du poignet.
– Pardon ?
– Tu penses que le gars va venir ce soir ? interroge-t-il une fois
sa bouchée avalée.
– Sûrement. Son appareil photo avait l'air de coûter très cher. Tu
comptes le lui rembourser comment ?
Il hausse les épaules.
– Par de la baise gratuite.
– Isaiah, Robb nous tuerait. Ton homosexualité ne doit en
aucun cas être dévoilée. Et puis, la baise ne suffit pas à régler les
problèmes. (Je lui souris gentiment.) Sinon tout irait dans le meilleur
des cas dans le monde entier.
Je suis obligé d'être comme ça avec Isaiah. Il m'est très précieux,
je le surveille puisque je ne veux pas qu'il fasse une bêtise. Il n'est
pas tiré d'affaire. Au moindre dérapage, il sera obligé d'exécuter ses
trois ans de sursis.
– Dommage, je le trouvais mignon. Je réglerai un chèque pour
qu’il puisse s’en acheter un nouveau.
Cette idée me paraît un poil meilleure.
– Bien. Tu es prêt pour assurer le show, ce soir ?

– Je vais mettre le feu, t’inquiète. Je compte sur vous pour
entretenir les flammes.
– T’inquiète, j’adore mettre l’ambiance pendant les concerts.
En parlant des autres, Emely débarque, les mains dans les
poches de son pantalon noir, moulant chacune de ses formes
généreuses. C'est une fille tatouée sur chaque centimètre de peau,
aux courts cheveux noirs. Noir comme son maquillage. Elle n’a
jamais froid aux yeux, assumant son look vulgaire.
– Comment vont mes petits gars ? s’exclame-t-elle joyeusement.
– Bien jusqu’à ton arrivée.
Isaiah tire sa langue piercée.
– Va te faire foutre.
– Je suis supposé aimer ça.
Ils sont comme chien et chat.
Emely s’avance vers moi. Jayce, son petit copain, apparaît dans
l’encadrement de la porte. Je les regarde quelques secondes et quand
je veux parler, c'est au tour du manager de faire son apparition.
Robb à la même coupe que Michael Jackson à ses débuts dans
Jackson 5, j'adore.
– Vous êtes tous prêts et en forme ?
Isaiah lâche maladroitement sa bouteille d’eau. Il a déjà trop bu,
ce guignol. Je lui lance un regard noir, il lève les yeux au ciel.
– Si notre chanteur est déjà ivre...
Le chanteur en question marmonne des insultes.
– Je ne suis pas le seul chanteur.
Dans le groupe, Isaiah fait la voix appelée « clear ». Jayce, ce que
nous appelons « screamo ». Les gens pensent que les chanteurs de
screamo ne font que crier dans un micro, mais c’est une technique
de chant complexe et dure à maitriser. Sans de bons entraînements,
on peut facilement endommager sa voix.
– Isaiah, tu essais de te contenir pour Monster ?
Robb demande ça sur un ton prudent. Il sait très bien combien
cette chanson touche mon ami. Le texte parle de son enfance

maudite, de la maltraitance et des violences conjugales. Dans le
groupe, nous détestons les paroles sans logique, parlant simplement
de sexe ou d'histoires d'amour. Nous abordons des sujets difficiles,
comme le divorce, le suicide, le harcèlement ou même le terrorisme.
Les émotifs pleurent facilement à nos concerts.
– Vous vous souvenez, continue Robb. La fumée est sur la
scène, Emely tu montes en première, suivie par Jayce, Wilden et toi,
Bellamy. Vous commencez à jouer. À ce moment seulement, Isaiah
vous rejoint.
Les cris du public me parviennent d'ici, ils m’emplissent le cœur
d’une fierté incommensurable.
Finalement, nous partons tous, la bouteille d'eau en main sauf
Isaiah qui attrape sa canette d'alcool. Le concert débute.
Isaiah se donne toujours à fond sur scène. Sa voix est grave, un
peu éraillée, rauque, très profonde. Il s'approche du public, enroule
le fil du micro autour de ses doigts. J'adore les solos dans nos
chansons. Avec Wilden, on s'amuse toujours.
Le jeu de lumières danse sur mes bras nus. Je crève de chaud. La
chaleur humaine m’enveloppe d’une façon désagréable. Je profite
d’un moment de répit pour avaler de nombreuses goulées d’eau,
essuyer mon front à l’aide de mon t-shirt, provoquant ainsi
l’euphorie de certaines filles dans le public.
J’adore ma vie.



MONSTER
Kasper
Cherry bouge comme une folle sur la musique. Elle n'arrête pas
de crier. Demain, elle n'aura plus de voix et je devrais supporter sa
mauvaise humeur mais pour l'instant, elle est heureuse, c'est le
principal. J'ai le regard vissé sur Bellamy O'Connor. Sa guitare est
magnifique avec le logo du groupe dessus. J'aperçois aussi Emely
Drew, toujours dans le mouvement.
À un moment, tout le monde s'arrête de jouer et Isaiah arrive
sur le tout devant de la scène. Il lance des sourires à quelques filles,
les faisant crier puis dit dans le micro.
– On s'est bien éclaté. Vous avez bien gueulé. Avant de repartir
pour mettre le feu, on va calmer un peu le jeu.
Bellamy a changé de guitare. Il en a une acoustique maintenant.
La seule chanson paisible du groupe va débuter. Tous les sensibles
vont pleurer. La petite ritournelle à la guitare débute, la mélodie est
triste. Les paroles le sont aussi.
« I was born for become a monster,
I was afraid by my dad,
He hate me, so am I a monster ?3 »
Je ne connais rien au passé d'Isaiah. Je sais simplement comme
tous ses fans que sa mère a été battue par son père et lui aussi et
qu'il a fait deux ans de prison ferme. Pourquoi ? Comment ? Un
mystère plane autour de cet aspect plus sombre de sa personnalité.
J’avoue, cela me terrorise. Ce gars a quand même passé deux ans de
sa vie derrière les barreaux ! Et encore, selon mes sources, il a été
jugé avec beaucoup de clémence !
3

Retrouvez les traductions des chansons à la fin du livre.

« I never go in shop with my father,
He never buy gifts for me,
So am I a monster ? »
Sur les écrans géants, je vois quelques larmes couler sur son
visage. Il entame le refrain, agrippant son micro entre les mains.
Isaiah a vraiment une jolie plume. Son vocabulaire reste simple, mais
ses paroles sont emplies d’une telle force, capable à elle seule de
terrasser même le cœur le plus solide.
« Yeah I'm afraid,
Please don't kick me again,
I'll be a good guy,
So let me alive. »
Dans la suite, il parle de la douleur physique et psychologique
des coups, de son mal-être. Quelques-uns autour de moi pleurent,
dont Cherry. Mon cœur se serre un peu mais je tiens le coup et
garde la face. Les dernières phrases de la chanson arrivent déjà, alors
que le silence règne dans la salle.
« Sometimes, I wanna die,
Maybe it's a good idea...
Please dad, can u forgive me,
Cause I don't wanna die alone,
Like a monster »
Des cris et des applaudissements s'élèvent dans la salle. Isaiah
s’essuie les yeux du revers du poignet. J'ai du mal à imaginer un
grand gars tatoué, provoquant, comme lui, au bord des larmes, mais

c'est bien le cas. Après tout, les apparences sont souvent
trompeuses.
– Merci à tous, vous êtes cool, lance-t-il d'une voix hésitante.
***
Le concert est finit depuis un quart d'heure, j’attends que la salle
se vide un peu pour donner mon billet m'autorisant à voir Isaiah. Je
vois Bellamy s'éloigner avec des fans pour une séance photos et
dédicaces, de même pour les autres membres du groupe à
l'exception du leader. Cherry est partie vers Emely pour se faire
dédicacer son album. Je me décide finalement à marcher jusqu'à un
homme en smoking noir qui me barre l'accès.
– Le passage vous est interdit, monsieur.
Je sors l'invitation et la montre. L'homme hésite, tourne et
retourne le billet dans tous les sens avant de m'indiquer de le suivre.
Je m'exécute fièrement. Il s'arrête devant un couloir et me demande
d'attendre. Quelques minutes après, il revient vers moi, prend mon
sac et me fouille avant de marmonner.
– Première porte à droite.
Je marche rapidement jusqu'à l'endroit indiqué, le cœur battant.
J'espère que le beau connard va remplir sa part du marché.



LOGE
Kasper
Inspiration. Expiration.
Nate t’attend à la maison, Kas.
Inspiration. Expiration.
Isaiah m’attire d’une façon inexplicable. Malgré son côté impoli,
insupportable et idiot, il dégage un charme inégalable.
– Alors, tu t'es amusé ce soir ?
Il marche jusqu'à moi.
– Non, je mens sans hésiter.
Mon esprit rêve de lui arracher son sourire fatiguant.
Mon corps ne partage pas le même point de vue. Hormones de
merde.
Monsieur Connard lève les yeux au ciel. Je lâche quelques
respirations saccadées, cache mes mains tremblantes dans mon dos.
La distance entre nous se réduit beaucoup trop vite. Mon cœur
cogne contre ma poitrine, c’en devient douloureux.
– Écoute, je suis désolé... Je peux te tutoyer ? demande-t-il. Il
semble gêné de ne pas avoir posé la question.
– Mais je t’en prie.
Mon ton sarcastique lui arrache une grimace.
Isaiah pourrait m’appeler Jean, Patrick ou Alfred, je m’en
moquerai. Je veux simplement une solution pour récupérer
rapidement un appareil photo de qualité. Je suis photographe pour
le magazine Hematoma, spécialisé dans la musique allant du rock au
metalcore. Je me charge des photographies pour les couvertures,
posters et interview, mes obligations me forcent à en acheter un
nouveau pour jeudi prochain.
– Je peux te faire un chèque, ton prix sera le mien.
– C'est une bonne idée.

Je réfléchis au montant de l’argent nécessaire.
– J’ai besoin de ton nom pour le chèque.
La voix d’Isaiah m’extirpe à mes pensées.
– Non, je l'écrirai moi-même.
Finalement je lui donne un prix. Il ne se demande même pas si
je l'arnaque, se dirige vers le canapé pour attraper son sac. Il s'assoit
et sort crayon et chéquier. Aussi minutieux que curieux, je
m'approche de lui pour surveiller. Tout me semble en ordre,
j’accepte donc le bout de papier si précieux, le plie en quatre avant
de le ranger au fond de ma poche.
– Encore désolé. Mais la prochaine fois, essaie de regarder où tu
marches. Tu veux un verre ? (il montre une bouteille de vin.) Ou tu
préfères partir tout de suite ?
Oui, reste ! crie mon corps.
Non, va-t’en ! proteste mon cerveau.
Nate m'attend à l’appartement. Boire un verre signifie déjà trop.
Je ne maîtrise pas la situation, je sens bien que tout peut déraper en
une fraction de seconde. Mes yeux dérivent vers la bouche
anormalement sexy d’Isaiah.
– Qu'est-ce que tu regardes, Kitten4 ?
Je m'étrangle dès que j'entends ce surnom... Chaton. Il se permet
d’appeler un parfait inconnu « chaton. » Ses fins de phrase se noient
avec son accent british, je fonds. Comment résonnerait mon
prénom ? J’évite de répondre. La chaleur monte de plus en plus dans
cette pièce. A l’aide ! Je lis tout le désir d’Isaiah à mon égard au fond
de ses yeux brillants. Tout risque de merder d'une seconde à l'autre.
Tout dérape.
En quelques secondes il est sur moi, le poids de son corps
écrasant le mien. Sa bouche bouge contre mon cou, ses mains
maintiennent mes épaules sur le canapé. Il me faut quelques

4

Chaton

secondes pour réaliser la connerie qui va se produire dans peu de
temps si je ne ravale pas mes pulsions sexuelles.
– Merde, arrête ça ! J'ai un copain, je ne peux pas le tromper.
Ses lèvres s'incurvent en sourire.
– Comment veux-tu qu'il soit au courant ?
– Je n’en sais rien. Il faut que j'y aille.
Isaiah embrasse mon épaule, sa main effleure mon bas ventre.
– Ta respiration s’accélère. Ta peau brûle. Ton corps a besoin de
moi.
Sa bouche se rapproche de mon oreille, il la mordille de
l'extrême bout des dents puis il s'arrête brusquement pour me
traîner jusqu'à la porte. Sa violence soudaine me coupe le souffle.
J’aime ce genre, le genre sexy et autoritaire dans le sexe.
– La porte est juste là. Je te donne trois secondes pour dégager.
Il me lâche. Je pose ma main sur la poignée de porte, la tourne
avant d'hésiter. J'aime Nate. Mais j’aime encore plus l’attraction qui
me pousse vers Isaiah. Je vais m’en vouloir, pourtant, je n’ai qu’une
envie : me faire baiser contre cette putain de porte.
– Tu vois, tu en as envie toi aussi.
Je me tourne vers lui mais il me recolle le torse à la porte, sa
main est enfouie dans mes cheveux bruns plus longs au-dessus. Il
me force à pencher la tête en arrière afin d’embrasser chaque
centimètre carré de ma peau pâle. Il caresse mon ventre. Je sens
chacun de ses doigts descendre sur mon nombril. Un long frisson
remonte le long de ma colonne vertébrale. Un hoquet de surprise
me saisit au moment où Isaiah enfonce ses ongles dans mes
hanches.
C’est horrible. Je n’arrive pas à résister. Je ne suis pas du genre à
tromper mon partenaire, j’ai toujours été fidèle. Mais face à Isaiah, je
ne suis qu’un pantin animé par le désir. Les moindres parcelles de
mon corps réagissent à son contact, sa voix grave résonne à chaque
fois en moi et fait vibrer chacune des cordes de mon cœur. Je n’ai
pas le droit de m’envoyer en l’air avec un autre que Nate, c’est mal.

Je suis sur le point de partir, mais le murmure rauque d’Isaiah
m’arrache cette idée de la tête. Je m’abandonne à mes désirs, chasse
l’image de Nate et la refoule dans un coin de cerveau, là où elle ne
me perturbera pas. Cette petite histoire avec Isaiah ne se reproduira
pas. Jamais. C’est juste le temps d’un soir.



TROMPERIE
Isaiah
L'inconnu photographe sexy n'est qu'un corps gémissant sous
mes caresses. J'aime le fait que quelqu'un puisse nous entendre. Mon
manager, un garde du corps, ou bien Bellamy. Je ne connais pas le
nom du mec avec qui je vais baiser. Et je préfère. C'est juste le
temps d'un instant, je ne le reverrai sans doute jamais. J'ai vraiment
cru qu'il allait partir quand je l'ai traîné à la porte. Mais finalement,
cette salope avait besoin d'un bon moment.
J'aime être dominant avec mes partenaires et il semble apprécier
ça. Contre son cou, je lui demande de se déshabiller. Il n'a pas un
seul instant d’hésitation, retire son t-shirt. Son dos est musclé,
cambré, ses hanches anguleuses, tout ce que j’aime. Il a la peau
douce et vierge de tatouages. Je le regarde avec fascination enlever
ses derniers vêtements. Son cul est parfait, ferme et rebondi. Je pose
ma main dessus.
– Merde, je ne savais pas que les photographes pouvaient avoir
un corps aussi bandant.
Il ne répond pas. Tant mieux, je ne voulais pas qu'il le fasse. Il a
un hoquet de surprise quand je touche son sexe. Il est excité. Grâce,
ou à cause de moi, je ne sais pas. Quand je commence à le toucher,
son dos se cambre d'avantage. Bordel il me fait de l'effet. Ma veste
vole quelque part dans la loge et je me baisse pour avoir la tête à la
hauteur de son cul, serrant sa peau entre mes mains. Mon bel
inconnu n'a pas le temps de dire ouf, je commence à lécher son
ouverture, l'air appliqué. Quand ma langue entre en lui, il gémit
d’une façon érotique. Putain, je vais jouir avant de l'avoir baisé.
– Tu attends quelque chose ?
Je veux qu'il me le demande. Je veux qu'il me supplie.

Je regarde la façon dans ses mains se serrent et ses doigts se
replient.
– Je..., il ne termine pas sa phrase.
J'enlève ma ceinture.
– Tu ?
– À quoi tu joues ?
– Pretty, dans la vie il faut demander clairement ce que l’on veut.
J'ouvre mon jean mais je ne l'enlève pas. Je descends très
légèrement mon boxer. Je suis tellement excité.
– S’il te plaît, prends-moi, demande-t-il timidement.
– Soit plus explicite, kitten.
Il se mord la lèvre. Je déchire l'emballage d'un préservatif entre
mes dents et le mets très lentement.
– Baise-moi, parvient-il à articuler.
On dirait qu'il va pleurer de rage. Sa nuque et ses joues
rougissent d’embarras. Ça ne le gêne pas de se montrer nu devant
un parfait inconnu, mais il n’ose pas réclamer clairement ce qu’il
veut. Le contraste est assez étonnant.
– Je n’ai pas compris.
– Je t’en prie ! Ne me demande pas des choses que je ne peux
pas dire à voix haute. (J’ai l’impression qu’il va pleurer.) J’ai envie de
toi.
– Pourquoi tu me tutoies ?
– Mais...
Je lui embrasse le dos. Je l’ai assez torturé comme ça.
Je m'approche de lui et ma queue dressée disparaît en lui. Ses
ongles cherchent à s'enfoncer dans la porte. Ma poussée en lui est
ferme et profonde. Il aime ça. J'ai encore la bouche contre son
épaule quand je lui dis :
– Tu as conscience que Bellamy peut frapper à la porte à tout
moment ?
Il veut me répondre, mais sa phrase se perd en un petit cri
lorsque je lui pince la hanche. Il transpire un peu, ce qui rend sa

peau plus glissante. Quand je touche ce même point sensible en lui,
j'adore la façon dont il griffe le haut de la porte, il cambre d'avantage
son dos et sa bouche s'entrouvre légèrement. Je pose ma main sur
son épaule pour m'en servir comme point d'appui quand j'accélère
mon rythme. Mon autre main passe dans l'espace entre la porte et le
corps de ma beauté sexy. Il jure quand je commence à toucher son
sexe, mes doigts s'enroulant autour.
Ce qui devait se passer arriva. On frappe à la porte. Le
photographe se fige. Je ne peux pas voir l’expression de son image,
mais je l’imagine assez inquiète. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai
envie de rire.
– Bellamy ?
– J'peux entrer ?
Je lève les yeux au ciel et recommence à branler lentement mon
partenaire. Il est encore plus excité et je glisse un « salope » à son
oreille.
– Deux secondes je n'ai pas fini de me changer.
Mes mouvements sont plus saccadés et à la façon dont la
respiration de la petite beauté devient sifflante, il est proche de son
orgasme. Je tords les doigts sur sa queue pour le faire venir plus vite.
– Je t'ai vu nu un tas de fois, Isa.
La beauté se crispe et je pose ma main sur sa bouche quand il
jouit, ce qui précipite ma propre jouissance. Je le lâche et il semble à
deux doigts de s'effondrer. Il reste quelques secondes immobile
avant de se rhabiller et j'en fais de même, jetant la capote au fond de
la poubelle. Merde, Bellamy va me poser des centaines de questions.
– Alors, je peux entrer ? il s'impatiente.
Je remets de l'ordre dans mes cheveux et susurre à l’oreille de
mon coup du soir.
– C'était sympa avec toi.
– Je ne le referai plus jamais...
– Nous verrons bien. Maintenant, il faut que tu partes.
Je lui lèche la nuque.

– À plus tard, Kitten.
J'ouvre la porte. Bellamy me jette un coup d'œil suspicieux. Ses
sourcils se froncent quand il regarde mon bel inconnu partir d'une
démarche la plus naturelle possible.
– Ça pue le sexe.
– Vraiment ? je marmonne en passant la main dans mes
cheveux.
Bel renifle. Il balance sa bouteille d’eau par-dessus son épaule,
s’installe dans le canapé, puis tapote la place à côté de la sienne pour
m’inciter à m’assoir. L’interrogatoire va commencer. À reculons, je
m’installe sur l’accoudoir, ferme les yeux pour me préparer
mentalement à l’avalanche de questions.
– Robb veut ta peau. Tu devais assister à la séance de dédicace.
Je hausse les épaules.
– Obligation professionnelle.
Mensonge !
– Obligation sexuelle, non ? Avec qui ?
– Ta stupidité me laisse perplexe.
Il frappe les mains, frappé par une illumination soudaine.
– Le photographe ?
– Un putain de bon coup, Bel, je te jure.
Il renifle encore.
– Pauvre inconscient. Il a intérêt à fermer sa gueule et ne pas en
parler à la presse.
– Il n’aura aucune preuve. Détend-toi, mec.
En observant le sol de ma loge, j’aperçois un bout de papier plié
en quatre. Je l’ouvre pour lire la note griffonnée au crayon gris.
« Hematoma | Jeudi 17h | Photos pour posters | Groupe : Nordic »
Hematoma... C'est le nom d'un magazine ça. Le groupe a une
interview dans quelques jours avec eux. Quelque chose me dit que je
vais revoir Kitten. Pour mon plus grand plaisir, et le sien aussi. De

bonne humeur suite à cette heureuse nouvelle, je reviens à la réalité
quand Bellamy me donne un coup de coude dans les côtes.
– Arrête de sourire comme un con.
– Je ne souriais pas comme un con, je proteste sans lui laisser la
possibilité de riposter.
Je n’ai aucune raison de sourire, encore moins parce que je vais
revoir quelqu’un.



REGRET
Ashley
Isaiah se débarrasse de son t-shirt. Je ne le vois pas mais je le
sais, car j’entends le froissement d’un tissu et le bruit métallique de
sa chaîne. J’achève de préparer mon matériel, dos à mon ami. Il est
venu pour un nouveau tatouage. Depuis que j’exerce mon métier, il
me confie sa peau. J’apprécie la confiance aveugle qu’il porte en
moi, mais parfois, c’est assez stressant. J’ai tellement peur de le
décevoir...
– Tu as le dessin sur toi ?
Il sort un papier de la poche de son jean. Il s’agit d’une citation
en française
« La violence est le dernier refuge de l'incompétence. »
La police est élégante et toutes les lettres « L », et « E » partent
en spirales pour former des roses rouges. Ce tatouage va être
magnifique. J'allume les lumières, et en fait pivoter une sur le bas du
dos d'Isaiah, avant de tirer un tabouret pour m'asseoir. Je pose ma
main sur lui, nettoie sa peau et il sursaute.
– Je vais commencer.
Il tressaillit quand l'aiguille vient à la rencontre de sa peau.
Pourtant ce n'est pas comme s'il en était à son premier tatouage. Je
débute lentement mon travail et commence à faire la conversation.
Isa, c'est mon meilleur ami depuis neuf ans. Je suis la troisième
personne de la collocation avec Bellamy. Notre appartement est
luxueux avec deux étages, situé en plein centre-ville.
– Je suis désolé de ne pas être venu à ton concert, un rendezvous de dernière minute. J'espère que l'ambiance était bonne.

Je termine le premier mot de la citation et je caresse la peau de
mon ami du doigt avant de me remettre à mon travail. Le moindre
faux pas peut être une erreur. Je calque rarement mes dessins, la
plupart du temps, je travaille à main levée. Il faut croire que j’aime le
danger.
– Ne t’excuse pas. L’ambiance déchirait, comme d’hab. Et ma
fin de soirée fut... très excitante.
Traduction : j’ai baisé avec une grosse salope au cul bien ferme,
je me suis éclaté comme un petit fou, à quand la prochaine ?
– T’as encore baisé avec un mec au corps de rêve ?
Les
médias
ignorent
l’homosexualité
d’Isaiah,
le
manager d'Eternal Paranoia veille au grain. Normal, si jamais les
paparazzis découvraient tout ça, ce serait le bordel absolu.
– Un petit brun au regard absolument renversant. J’ignore si je
dois m’applaudir pour une telle trouvaille, ou me maudire pour avoir
brisé un nouveau couple. A l’heure qu’il est, ces deux-là ne sont
probablement plus ensemble.
– Applaudis-toi. On s’en fout de ce type. S’il aimait sincèrement
son copain, il n’aurait pas couché avec toi aussi facilement.
Je m'imagine le garçon en question. Isa a toujours aimé les bruns
de taille moyenne, assez musclé avec un dos cambré. Le gars doit
donc remplir ces conditions. Ouais, il doit être mignon. Je
m'applique pour le « n » de « dernier » avant de répondre.
– J'ai un rencard avec une rousse magnifique rencontrée au
salon demain, je t'en dirai des nouvelles.
Isaiah se mordille la lèvre inférieure avant de lécher son piercing.
Il fait toujours ça quand il a mal. Je peux lire en lui comme dans un
livre ouvert. Il est adorable, les gens le juge puisque sur le web il est
dit – et c'est vrai – qu'il a eu pas mal de soucis avec la justice. Mais, il
a simplement fait des erreurs, comme tout le monde, l'humain a
droit de changer. Depuis sa libération, il n'a plus jamais été arrêté
par la police et il ne consomme plus de drogue. Je suis fier de lui.

– Tu as toujours des rencards et tu finis toujours par faire une
connerie qui fait fuir les filles. Ash, toi et l’amour c’est
mathématique : -1+1 = 0.
– Ta gueule, n’essaie pas de passer pour un matheux.
J'ai toujours été maladroit avec la gente féminine. En se basant
sur mon physique, on pourrait croire que je suis un grand séducteur
qui ne rate jamais son coup, au final c'est le contraire.
– Ash, tu n’as pas de chance, c’est tout.
– Mais cette fois-ci, c'est la bonne, dis-je en essayant d'être
convaincu.
***
Je finis de protéger le tatouage tout juste terminé. La peau d'Isa
est rouge à cause de l'aiguille. Il se redresse en soupirant et étend ses
bras loin devant lui avant de se lever pour remettre son t-shirt, puis
sa veste. Il semble pensif et pendant que je range mon matériel, je lui
demande :
– Quelque chose te préoccupe ?
– Non, je suis juste dans la lune. Tu as encore beaucoup de
rendez-vous aujourd'hui ?
Je suis tatoueur et pierceur dans un petit salon au centre de la
ville et le patron me refile beaucoup de clients. Je jette un coup d'œil
à mon carnet avant de répondre.
– J'en ai trois.
– Avec Bellamy, on commande un repas chinois pour ce soir,
sauf si tu as une autre idée.
– Non c'est parfait. À plus tard Isa.
– Tatoue-bien, Ash, il dépose un rapide baiser sur mes lèvres.
Notre relation peut paraître ambiguë, mais nous nous aimons de
cette façon.

***
Je suis enfin rentré à l'appartement. Mes deux amis sont là,
avachis dans les canapés, devant la télé, une canette de bière à la
main. Je jette les clés à l'entrée avant de les rejoindre. Bellamy lève le
pouce dans ma direction, avec une moue satisfaite.
– Sympa le nouveau tatouage.
– Il était plutôt long à faire, mais je suis assez satisfait du
résultat.
Isa est dans la lune. Il ne regarde pas la télé, il fixe un point
invisible sur le mur et son pied remue. Il est toujours stressé, c'est
vraiment incroyable. Pourtant, il n'a pas de concert ce soir, ni une
séance dédicace ou quelque chose justifiant son stress. Comme je
vois qu'il ne se calme pas, je pose ma bière, me lève et le tire par le
bras jusqu'à sa chambre.
– Qu'est-ce qui ne va pas ? j’attaque directement.
Il hausse les épaules.
– Je me dis juste que j'ai peut-être encore brisé un couple à
l'heure qu'il est.
― On s’en fout. Ton copain n’avait qu’à dire non, d’accord ?
Isaiah me lance un regard noir et recommence à regarder un
point derrière mon épaule.
– Il était timide, il n’est pas du genre à aller voir à droite et à
gauche, je le sens. Je ne peux pas m’empêcher de me sentir
embarrassé. J’ai foutu le bordel dans ma vie, je n’ai pas pour autant à
briser celle des autres.
Il est adorable, le voir aussi inquiet pour un de ses plans culs ne
peut que me faire sourire. Il a toujours été comme ça. Mais je sais
que demain, Isa va recommencer à draguer comme si de rien n'était.
C'est dans sa nature je suppose. Un truc de ce genre.
– Écoute, tu ne le verras plus jamais de toute façon.
– Au fait si. Il est photographe pour un magazine et le groupe a
une interview avec eux dans quelques jours.

Bon, là il y a un problème.
– Ignore-le.
– Impossible. Il a un cul génial et ma bite meurt d’envie de le
revoir de plus près.
Comme c’est mélodieux tout ça. Je lui donne une claque derrière
la tête.
– Alors, calme ta bite, mon pote. Laisse parler ton cœur.
– Bof, la dernière fois que je l’ai écouté j’ai commis la plus
grosse erreur de ma vie. Ma bite, c’est une valeur sûre.
On dit ça, on dit ça...




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