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1 s2.0 S1769725515001091 main .pdf



Nom original: 1-s2.0-S1769725515001091-main.pdf
Titre: Profil évolutif de la glomérulonéphrite rapidement progressive post-infectieuse de l’enfant
Auteur: Manel Jellouli

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G Model

NEPHRO-796; No. of Pages 5
Ne´phrologie & The´rapeutique xxx (2015) xxx–xxx

Disponible en ligne sur

ScienceDirect
www.sciencedirect.com

Article original

Profil e´volutif de la glome´rulone´phrite rapidement progressive
post-infectieuse de l’enfant
Outcome of rapidly progressive glomerulonephritis post-streptococcal disease
in children
Manel Jellouli a,*, Sondos Maghraoui a, Kamel Abidi a, Yosra Hammi a, Rim Goucha b,
Ouns Naija a, Chokri Zarrouk a, Tahar Gargah a
a
b

Service de pe´diatrie, hoˆpital Charles-Nicolle, 2037 Tunis, Tunisie
Service de me´decine interne, hoˆpital Charles-Nicolle, Tunis, Tunisie

I N F O A R T I C L E

R E´ S U M E´

Historique de l’article :
Rec¸u le 16 fe´vrier 2015
Accepte´ le 15 avril 2015
Disponible sur Internet le xxx

Introduction. – La glome´rulone´phrite aigue¨ rapidement progressive est une forme clinique rare de la
glome´rulone´phrite aigue¨ post-infectieuse. Le but de cette e´tude e´tait de de´crire les caracte´ristiques
e´volutives de la glome´rulone´phrite rapidement progressive post-infectieuse.
Patients et me´thodes. – Il s’agit d’une e´tude re´trospective, re´alise´e dans le service de pe´diatrie de l’hoˆpital
Charles-Nicolle de Tunis, portant sur les observations de glome´rulone´phrite aigue¨ post-infectieuse
rapidement progressive, durant une pe´riode de 13 ans (1997–2009).
Re´sultats. – Vingt-sept enfants ont e´te´ inclus dans l’e´tude. L’aˆge moyen e´tait de 8,7 ans. Tous les patients
pre´sentaient une insuffisance re´nale avec une cre´atinine´mie moyenne de 376,9 mmol/L. Six enfants
avaient un syndrome ne´phrotique. La biopsie re´nale, re´alise´e chez 26 enfants, a montre´ une prolife´ration
extracapillaire dans 24 cas, une prolife´ration endocapillaire dans un cas et une prolife´ration me´sangiale
pure dans un cas. Dix-huit enfants ont e´te´ traite´s par des corticoı¨des uniquement, et 6 enfants ont rec¸u
des corticoı¨des et des immunosuppresseurs. L’e´puration extra-re´nale a e´te´ indique´e a` la phase aigue¨ chez
11 enfants. L’e´volution de´favorable e´tait note´e chez 5 enfants. L’insuffisance re´nale initiale ne´cessitant le
recours a` l’e´puration extra-re´nale e´tait le seul facteur de mauvais pronostic re´nal (p = 0,015).
Conclusion. – Le pronostic re´nal reste re´serve´ malgre´ les progre`s de la re´animation ne´phrologique et
l’utilisation des traitements immunosuppresseurs.
ß 2015 Association Socie´te´ de ne´phrologie. Publie´ par Elsevier Masson SAS. Tous droits re´serve´s.

Mots cle´s :
Biopsie re´nale
Enfant
Glome´rulone´phrite aigue¨
Infection streptococcique
Insuffisance re´nale

A B S T R A C T

Keywords:
Children
Postinfectious glomerulonephritis
Renal biopsy
Renal failure

Background. – Rapidly progressive glomerulonephritis is a rare form of postinfectious glomerulonephritis. The aim of this study was to describe the outcome of our patients with severe post-streptococcal
glomerulonephritis.
Methods. – This retrospective study was conducted in the department of pediatrics in Charles-Nicolle
Hospital during a period of 13 years (1997–2009).
Results. – Twenty-seven children were identified. The mean age was 8.7 years. All patients presented
renal failure at presentation. The mean serum creatinine at presentation was 376.9 mmol/L. Six
patients presented nephrotic syndrome. Twenty-six children had renal biopsies. Renal biopsies
showed crescents in 24 cases. Eighteen children received pulse dose of corticosteroids (66.6%) and
6 children (22%) received pulse dose of corticosteroids and cyclophosphamide. Eleven patients
required dialysis. At last follow-up, 22 patients (81.5%) had normal kidney function, 2 had renal

* Auteur correspondant.
Adresse e-mail : maneljellouli@yahoo.fr (M. Jellouli).
http://dx.doi.org/10.1016/j.nephro.2015.04.005
1769-7255/ß 2015 Association Socie´te´ de ne´phrologie. Publie´ par Elsevier Masson SAS. Tous droits re´serve´s.

Pour citer cet article : Jellouli M, et al. Profil e´volutif de la glome´rulone´phrite rapidement progressive post-infectieuse de l’enfant.
Ne´phrol ther (2015), http://dx.doi.org/10.1016/j.nephro.2015.04.005

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dysfunction and 3 reached end stage renal disease. The only significant determinant for renal survival
was the supportive dialysis (P = 0.015).
Conclusion. – Rapidly progressive glomerulonephritis is uncommon. There have been significant
advancements in supportive, as well as specific therapy, but the outcome continues to be poor.
ß 2015 Association Socie´te´ de ne´phrologie. Published by Elsevier Masson SAS. All rights reserved.

1. Introduction
La glome´rulone´phrite aigue¨ post-infectieuse (GNA) a presque
disparu dans les pays de´veloppe´s, mais pose encore un proble`me
de sante´ publique dans les pays en voie de de´veloppement [1,2]. La
GNA est une maladie a` immuns complexes atteignant avec
pre´dilection l’enfant. Elle est la conse´quence retarde´e d’une
infection oto-rhino-laryngologique (ORL) ou cutane´e, non ou
insuffisamment traite´e [3]. Le plus souvent, elle e´volue sans
laisser de se´quelles.
Cependant, l’e´volution de la GNA peut eˆtre atypique, re´alisant
un tableau d’insuffisance re´nale aigue¨ pouvant engager le
pronostic fonctionnel re´nal. Cette entite´ est appele´e « GNA
maligne », ou GNA rapidement progressive (GNRP) [3]. La traduction histologique de la GNRP est une prolife´ration mixte
endocapillaire et extracapillaire sous forme de croissants
e´pithe´liaux [4]. La GNRP constitue une urgence diagnostique et
the´rapeutique. Le pronostic est souvent pe´joratif.
Le but de ce travail e´tait de de´crire les aspects cliniques,
biologiques, histologiques et e´volutifs de la GNRP post-infectieuse.

favorable apre`s 6 bolus de me´thylprednisolone. Pour calculer la
clairance de la cre´atinine plasmatique, nous avons utilise´ la
formule de Schwartz donne´e par la formule suivante :
K TailleðcmÞ=cre´ atinine plasmatiqueðmmol=LÞ
La constante K de´pend de l’aˆge et du sexe : K = 29 (nouveau-ne´s) ;
40 (nourrissons) ; 49 (enfants jusqu’a` l’aˆge de 12 ans) ; 49 (filles
aˆge´es de 12 a` 21 ans) ; 62 (garc¸ons de 12 a` 21 ans). Une clairance
infe´rieure a` 80 mL/minute/1,73 m2 surface corporelle signe
l’insuffisance re´nale.
Les donne´es ont e´te´ saisies au moyen du logiciel Excel1 et
analyse´es au moyen du logiciel SPSS1 (version 15.0). La
comparaison de pourcentages a e´te´ effectue´e par le test de
Chi2 de Pearson et en cas de non-validite´ de ce test, la comparaison
a e´te´ faite par le test exact bilate´ral de Fisher. Le test t de Student a
e´te´ utilise´ pour comparer des moyennes. Les re´sultats ont e´te´
conside´re´s significatifs lorsque le degre´ de signification e´tait
infe´rieur a` 0,05.
3. Re´sultats

2. Patients et me´thodes
Il s’agissait d’une e´tude re´trospective re´alise´e a` partir des
dossiers des enfants hospitalise´s pour GNRP dans le service de
pe´diatrie de l’hoˆpital Charles-Nicolle de Tunis, durant une pe´riode
allant de janvier 1997 a` de´cembre 2009.
Les enfants hospitalise´s pour GNA post-infectieuse ont e´te´
inclus dans l’e´tude. Le diagnostic e´tait retenu devant la notion
d’infection streptococcique re´cente, l’e´le´vation des titres des
anticorps dirige´s contre les antige`nes du streptocoque et la
diminution transitoire de la fraction C3 du comple´ment. Parmi les
enfants, nous avons retenu ceux ayant une aggravation de la
fonction re´nale, et 6 patients perdus de vue au cours de leur suivi
ont e´te´ exclus.
La ponction biopsie re´nale (PBR) a e´te´ pratique´e dans 26 cas,
mais n’a pas pu eˆtre pratique´e dans 1 cas en raison d’un rein
unique. Les indications de la PBR e´taient :
une anurie ;
une alte´ration se´ve`re de la fonction re´nale ;
une insuffisance re´nale qui se prolonge au-dela` de 2 a`
3 semaines ;
l’existence d’un syndrome ne´phrotique.

Un traitement symptomatique e´tait prescrit, associant selon
les cas une restriction hydrosode´e, des diure´tiques, des antihypertenseurs, une e´puration extrare´nale et un traitement
antibiotique en cas de foyer infectieux persistant. Le traitement
e´tiopathoge´nique comportant des corticoı¨des avec ou sans
immunosuppresseur e´tait prescrit chez 24 patients. Le protocole
the´rapeutique consistait en l’administration initiale d’une corticothe´rapie par voie parente´rale sous forme de bolus de
me´thylprednisolone, a` la dose de 1 g/1,73 m2 de surface
corporelle/jour (3 a` 6 bolus), relaye´s par la prednisone a` la dose
de 1,5 a` 2 mg/kg/jour. Le cyclophosphamide e´tait prescrit par voie
orale a` la dose de 2 a` 3 mg/kg/jour en l’absence d’e´volution

Vingt-sept patients (17 garc¸ons et 10 filles) ayant une GNRP
diagnostique´e ont e´te´ inclus. L’aˆge moyen de ces enfants e´tait de
8,7 ans (extreˆmes 4–15 ans). Le tableau clinique e´tait domine´ par
les œde`mes pre´sents chez 25 patients (92 %) et l’he´maturie
macroscopique retrouve´e chez 18 patients (66 %). L’hypertension
arte´rielle (HTA) e´tait pre´sente chez 15 patients (55 %) au moment
du diagnostic. L’oligo-anurie ou l’anurie e´tait retrouve´e chez
21 patients (81 %). Deux patients pre´sentaient un œde`me aigu du
poumon.
L’insuffisance re´nale e´tait pre´sente chez tous les patients. Les
chiffres d’ure´e sanguine variaient de 8 a` 70 mmol/L avec une
moyenne de 31,08 mmol/L, et les chiffres de la cre´atinine´mie
variaient de 78 a` 1115 mmol/L avec une moyenne de 376,9 mmol/L.
La prote´inurie e´tait retrouve´e chez 20 patients (74 %). Elle e´tait
> 50 mg/kg/24 heures chez 11 patients. Six patients pre´sentaient
un syndrome ne´phrotique.
La ponction biopsie re´nale (PBR) e´tait pratique´e dans 26 cas,
indique´e devant une anurie dans 3 cas, une alte´ration se´ve`re de la
fonction re´nale dans 8 cas, une insuffisance re´nale qui s’est
prolonge´e au-dela` de 2 a` 3 semaines dans 9 cas, et l’existence d’un
syndrome ne´phrotique dans 6 cas. Deux patients ont eu une PBR de
controˆle. Dans le premier cas, la deuxie`me biopsie a e´te´ re´alise´e
apre`s 8 ans de suivi devant la persistance d’une prote´inurie avec
de´gradation secondaire de la fonction re´nale. Dans le deuxie`me
cas, la biopsie a e´te´ controˆle´e apre`s 4 mois devant un syndrome
ne´phrotique cortico-re´sistant. La PBR a montre´ une glome´rulone´phrite endocapillaire et extracapillaire dans 24 cas (89 %), une
glome´rulone´phrite endocapillaire dans un cas et une glome´rulone´phrite prolife´rative me´sangiale dans un autre cas. Le pourcentage de glome´rules, sie`ge de croissants, e´tait supe´rieur a` 50 % dans
11 cas. Les croissants e´taient segmentaires dans 10 cas et
circonfe´rentiels dans 14 cas. Ils e´taient de type fibro-e´pithe´liaux
dans 13 cas, cellulaires dans 8 cas et fibreux dans 3 cas. Les humps
e´taient pre´sents dans 7 biopsies (25 %). Les glome´rules scle´rose´s
e´taient retrouve´s dans 10 biopsies et la fibrose interstitielle e´tait
constate´e dans 13 cas. L’e´tude en immunofluorescence e´tait

Pour citer cet article : Jellouli M, et al. Profil e´volutif de la glome´rulone´phrite rapidement progressive post-infectieuse de l’enfant.
Ne´phrol ther (2015), http://dx.doi.org/10.1016/j.nephro.2015.04.005

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Tableau 1
Caracte´ristiques cliniques des patients ayant e´volue´ vers l’insuffisance re´nale.
Patients

ˆ ge (ans)
A

Porte d’entre´e

Diure`se (mL/kg/h)

He´maturie macroscopique

HTA

Dialyse en urgence

1
2
3
4
5

6
8,5
5
5
14



Angine

Angine

Anurique
1,5
2
0,8
0,1

Non
Oui
Oui
Oui
Oui

Non
HTA
HTA
Non
HTA

Oui
Oui
Oui
Non
Oui

HTA : hypertension arte´rielle.
Tableau 2
Caracte´ristiques biologiques et histologiques des malades ayant e´volue´ vers l’insuffisance re´nale.
Patients

Prote´inurie (mg/kg/j)

Syndrome ne´phrotique

Cre´atinine initiale

Pourcentage de croissants

Type de croissants

1
2
3
4
5

2,69
49,8
5
95
43

Non
Non
Non
Oui
Non

916
145
603
363
971

69 %
35 %
PBR non faite car rein unique
100 %
100 %

Fibreux circonfe´rentiels
Fibro-e´pithe´liaux circonfe´rentiels

pratique´e chez 25 malades. Les de´poˆts e´taient essentiellement
constitue´s de C3 dans 24 cas (96 %) associe´s a` des de´poˆts
me´sangiaux et segmentaires de type d’IgG dans 7 cas, d’IgM dans
8 cas, de fibrinoge`ne dans 4 cas, de C1q dans 2 cas et des chaıˆnes
le´ge`res kappa et lambda dans un cas.
La restriction hydrosode´e e´tait pre´conise´e chez tous les
patients durant la phase aigue¨ de la maladie. Dix-huit patients
ont rec¸u un traitement diure´tique. Un traitement antihypertenseur e´tait prescrit chez 13 patients. Onze patients ont ne´cessite´
une e´puration extrare´nale en urgence : 7 patients e´taient sous
dialyse pe´ritone´ale et 4 patients ont e´te´ e´pure´s par he´modialyse.
La dure´e de l’e´puration extrare´nale variait de 3 a` 55 jours (dure´e
moyenne de 17 jours). Dix-huit patients ont e´te´ traite´s par des
corticoı¨des seuls et 6 enfants (22 %) avaient rec¸u un traitement
associant des corticoı¨des et le cyclophosphamide. Trois patients
n’ont rec¸u ni corticothe´rapie, ni traitement immunosuppresseur
devant la pre´sence de le´sions glome´rulaires tre`s avance´es dans
2 cas et la pre´sence d’une prolife´ration me´sangiale pure dans
1 cas.
La gue´rison e´tait obtenue chez 22 patients. Le de´lai de
normalisation de la fonction re´nale e´tait de 23 jours en moyenne
(extreˆmes 5–37 jours). La dure´e moyenne de suivi e´tait de
27,81 16,38 jours. A` la dernie`re consultation, la clairance de la
cre´atinine e´tait en moyenne de 112 mL/minute/1,73 m2/s (83–138).
Au cours du suivi, un patient avait une hypertension arte´rielle
e´quilibre´e par les inhibiteurs de l’enzyme de conversion avec une
clairance de la cre´atinine a` 102 mL/minute/1,73 m2/s et 4 patients
pre´sentaient une prote´inurie de 234 mg/jour en moyenne et une
clairance de la cre´atinine moyenne de 101 mL/minute/1,73 m2/s.
L’e´volution de´favorable e´tait note´e chez 5 patients (18,5 %). Trois
patients ont e´volue´ vers l’insuffisance re´nale terminale dans un de´lai
variable de 6 mois a` 9 ans, un patient a garde´ un syndrome
ne´phrotique cortico-re´sistant ayant ne´cessite´ sa mise sous ciclosporine et il a e´volue´ vers l’insuffisance re´nale mode´re´e dans un de´lai
de 8 ans, et un patient a garde´ une prote´inurie avec une insuffisance
re´nale de´butante. Les aspects cliniques et biologiques des patients
ayant e´volue´ vers l’insuffisance re´nale chronique sont re´sume´s dans
le Tableau 1 et les caracte´ristiques histologiques sont re´sume´es dans
le Tableau 2.
Nous avons recherche´ une liaison entre les caracte´ristiques
cliniques, biologiques et histologiques des patients et l’e´volution
vers l’insuffisance re´nale. Une liaison statistiquement significative
(p = 0,015) a e´te´ trouve´e entre l’e´puration extrare´nale initiale et
l’e´volution vers l’insuffisance re´nale chronique. Par ailleurs, nous
n’avons pas trouve´ de liaison statistiquement prouve´e pour les
autres parame`tres teste´s (Tableau 3).

Fibrocellulaires et fibreux
Fibro-e´pithe´liaux circonfe´rentiels

4. Discussion
Il ressort de notre e´tude que 5 enfants parmi les 27 enfants
ayant une glome´rulone´phrite rapidement progressive post-infectieuse ont e´volue´ vers l’insuffisance re´nale chronique et ce, malgre´
un traitement agressif associant les corticoı¨des et les immunosuppresseurs. Le pronostic de la GNRP s’est nettement ame´liore´ au
cours de la dernie`re de´cennie graˆce aux progre`s de l’e´puration
extra-re´nale et l’utilisation des immunosuppresseurs. La mortalite´
est quasi nulle et environ 60 a` 70 % des patients re´cupe`rent une
fonction re´nale normale [4]. Cependant, certains auteurs pensent
que malgre´ le traitement agressif, le pronostic de la GNRP reste
re´serve´ [5,6]. Cunningham et al., dans une e´tude comportant
13 patients, ont rapporte´ une e´volution vers l’insuffisance re´nale
chronique chez 6 d’entre eux [5]. D’ailleurs, dans la se´rie de
Srivastava, 9 patients parmi les 11 e´tudie´s ont e´volue´ vers
l’insuffisance re´nale chronique, dont 7 au stade d’insuffisance
re´nale terminale [7].

Tableau 3
Relation entre les caracte´ristiques cliniques, biologiques, histologiques et l’e´volution de la fonction re´nale.

Moyenne d’aˆge (anne´es)
Sexe
Masculin
Hypertension arte´rielle
Non ou le´ge`re
Confirme´e ou se´ve`re
Diure`se
Oligurie/anurie
Conserve´e
He´maturie macroscopique
E´puration extra-re´nale
Non
He´modialyse
Dialyse pe´ritone´ale
Prote´inurie
< 50 mg/kg/j
> 50 mg/kg/j
Pourcentage de croissants
< 50 %
> 50 %
Types de croissants
< 50 % de croissants fibreux
> 50 % de croissants fibreux

E´volution
favorable
(n = 22)

E´volution
vers l’IRC
(n = 5)

p

8,9 3,1
14

7,7 3,8
3

0,779
0,675

15
7

2
3

0,249

18
4
17

4
1
3

0,629

15
3
4

1
0
4

0,015

10
10

3
2

0,541

14
6

1
3

0,13

10
9

0
4

0,081

0,676

IRC : insuffisance re´nale chronique.

Pour citer cet article : Jellouli M, et al. Profil e´volutif de la glome´rulone´phrite rapidement progressive post-infectieuse de l’enfant.
Ne´phrol ther (2015), http://dx.doi.org/10.1016/j.nephro.2015.04.005

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Cette e´tude re´trospective a de´crit les aspects cliniques,
biologiques, histologiques et e´volutifs de la GNRP. Peu d’e´tudes
se sont inte´resse´es a` cette pathologie, d’une part, parce que la GNA
post-infectieuse est en voie de disparition dans les pays de´veloppe´s
et, d’autre part, parce que l’e´volution de la GNA post-infectieuse est
souvent favorable. La glome´rulone´phrite rapidement progressive
post-infectieuse est une entite´ clinique relativement rare chez
l’enfant. La fre´quence de survenue de la GNRP au cours d’une GNA
post-infectieuse retrouve´e dans diffe´rentes se´ries est faible :
9 cas sur 26 (7 %) dans la se´rie de Baldwin et al. [8] ;
1 cas sur 35 (2,8 %) dans la se´rie de Hinglais et al. [9].
Dans notre e´tude, la fre´quence de la GNRP d’origine postinfectieuse n’a pas pu eˆtre estime´e car la majorite´ des malades de
notre service e´taient adresse´s par d’autres structures pour la prise
en charge des formes complique´es de GNA post-infectieuses.
La GNRP se manifeste par un syndrome ne´phritique aigu
caracte´rise´ par une he´maturie souvent macroscopique, une
prote´inurie et une oligurie ou oligo-anurie qui est pre´sente
d’emble´e dans deux tiers des cas [5,10,11]. Une hypertension
arte´rielle est fre´quente [10]. Dans notre se´rie, 77 % des cas avaient
une anurie ou une oligurie et l’HTA e´tait constate´e chez 15 malades
(55 % des cas). Pour certains auteurs, la pre´sence d’une anurie
constitue un facteur de mauvais pronostic re´nal. Dans la se´rie de
Cunningham et al., 5 patients ont pre´sente´ une oligurie, dont 3 ont
e´volue´ par la suite vers l’insuffisance re´nale terminale [5]. Une
corre´lation entre la dure´e de l’anurie initiale et l’e´volution vers
l’insuffisance re´nale n’a pas e´te´ e´tablie dans notre se´rie. L’HTA est
e´galement un facteur de mauvais pronostic re´nal et sa persistance
est conside´re´e comme un e´le´ment de mauvais pronostic
[4,11,12]. Cependant, nous n’avons pas obtenu de corre´lation
statistiquement significative entre la pre´sence de l’HTA et
l’e´volution vers l’insuffisance re´nale chronique.
L’insuffisance re´nale est pre´sente au moment du diagnostic
dans la quasi-totalite´ des cas [13,14]. Classiquement, le pronostic
re´nal est e´troitement corre´le´ au degre´ de l’insuffisance re´nale
initiale [15]. Dans notre e´tude, nous avons objective´ une
corre´lation statistiquement significative entre l’e´puration extrare´nale initiale et l’e´volution vers l’insuffisance re´nale (p = 0,015).
Lors d’une GNRP, la prote´inurie est souvent pre´sente et massive
conduisant a` un syndrome ne´phrotique dans 75 % des cas
[16,17]. La pre´sence d’une prote´inurie massive avec ou sans
syndrome ne´phrotique constitue un facteur de mauvais pronostic
re´nal [9,15,18]. Dans notre e´tude, nous n’avons pas trouve´ de
corre´lation significative entre la prote´inurie et l’e´volution vers
l’insuffisance re´nale.
La GNRP se caracte´rise par la pre´sence de croissants (prolife´ration extracapillaire), d’ou` la confusion fre´quente avec les
glome´rulone´phrites a` croissants [19]. Cependant, il n’existe pas
dans la litte´rature de de´finition exacte concernant les constituants
des croissants et le nombre de croissants ne´cessaires pour e´tablir le
diagnostic de GNRP. Dans notre e´tude, nous avons inclus tous les
malades ayant pre´sente´ un tableau clinique et biologique de GNRP
inde´pendamment du pourcentage des glome´rules atteints de
croissants. Pour la plupart des auteurs, l’histologie constitue le
facteur pronostique le plus important [15,20,21]. Une corre´lation
significative entre le pourcentage des glome´rules atteints de
croissants et la progression vers l’insuffisance re´nale a e´te´ bien
e´tablie. Les caracte´ristiques anatomopathologiques associe´es a` un
mauvais pronostic comprenaient :
la pre´dominance de grands croissants ou de croissants fibreux ;
une augmentation de fre´quence de lacunes dans la capsule de
Bowman ;
une scle´rose globulaire globale ;

une fibrose interstitielle ;
une atrophie tubulaire.
Contrairement a` la litte´rature, dans notre e´tude nous n’avons
pas objective´ de corre´lation significative entre le pourcentage des
croissants et leur e´tendue et l’e´volution vers l’insuffisance re´nale.
L’he´te´roge´ne´ite´ et le pronostic de´favorable des GNRP de l’enfant
ont conduit a` de nombreux essais the´rapeutiques. Il n’existe pas de
guidelines spe´cifiques pour l’enfant. Les corticoı¨des sous forme de
perfusions de me´thylprednisolone, les agents alkylants, les anticoagulants, les e´changes plasmatiques diversement associe´s ont e´te´
propose´s [22,23]. Malgre´ l’absence de consensus e´vident, il est
recommande´ de traiter les patients pre´sentant une GNRP d’origine
post-infectieuse par 3 a` 6 bolus de me´thylprednisolone suivis par
une corticothe´rapie orale avec une de´gression progressive des
doses [4]. Rose, dans une e´tude sur 29 patients atteints de
glome´rulone´phrites prolife´ratives, a montre´ l’inte´reˆt de ce traitement sur le pronostic a` long terme sur les 29 patients ayant rec¸u
une corticothe´rapie en bolus ; 21 patients ont ame´liore´ leur
fonction re´nale apre`s traitement avec re´duction de la prote´inurie et
normalisation du se´diment urinaire [24]. La non-re´ponse chez les
8 patients restants e´tait due a` un retard de prise en charge.
Cependant, plusieurs se´ries publie´es n’ont pas pu de´montrer l’effet
be´ne´fique du traitement corticoı¨de [25,26]. Notre e´tude n’a pas
non plus pu de´montrer les effets de la corticothe´rapie puisque tous
les malades ont eu le meˆme protocole the´rapeutique.
Notre e´tude pre´sente des limites. Elle est en effet construite sur
une analyse re´trospective de dossiers, ce qui diminue la fiabilite´
des recueils des donne´es. De plus, le faible effectif, ainsi que le
caracte`re monocentrique de notre e´tude limitent l’extrapolation de
nos re´sultats.
5. Conclusion
A` la lumie`re de ce travail, nous pouvons conclure que malgre´ les
progre`s de la re´animation ne´phrologique et l’utilisation des
traitements immunosuppresseurs, le pronostic de GNRP reste
re´serve´ et les patients peuvent e´voluer vers l’IRC. D’ou` notre
insistance sur l’inte´reˆt de la pre´vention en traitant tout foyer
infectieux ORL ou cutane´.
ˆ ts
De´claration d’inte´re
Les auteurs de´clarent ne pas avoir de conflits d’inte´reˆts en
relation avec cet article.
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Pour citer cet article : Jellouli M, et al. Profil e´volutif de la glome´rulone´phrite rapidement progressive post-infectieuse de l’enfant.
Ne´phrol ther (2015), http://dx.doi.org/10.1016/j.nephro.2015.04.005

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Pour citer cet article : Jellouli M, et al. Profil e´volutif de la glome´rulone´phrite rapidement progressive post-infectieuse de l’enfant.
Ne´phrol ther (2015), http://dx.doi.org/10.1016/j.nephro.2015.04.005


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