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Titre: REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE
Auteur: Abderrezak

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REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

MINISTERE DE L'AMENAGEMENT DU TERRITOIRE ET DE L’ENVIRONNEMENT

FEM/PNUD
Projet ALG/97/G31
Plan d’Action et Stratégie Nationale sur la Biodiversité

TOME VII
EVALUATION DES BESOINS EN MATIERE DE RENFORCEMENT DES CAPACITES
NECESSAIRES A L’EVALUATION ET LA REDUCTION DES RISQUES MENAÇANT
LES ELEMENTS DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE EN ALGERIE

BILANS DES EXPERTISES

Tome I à Tome IV :

Mises en œuvre des mesures générales pour la conservation in situ et
ex situ et l’utilisation durable de la biodiversité en Algérie

Tome V à Tome VIII :

Evaluation des besoins en matière de renforcement des capacités
nécessaires à l’évaluation et la réduction des risques menaçant les
éléments de la diversité biologique en Algérie.

Tome IX à Tome XII :

Evaluation des besoins en matière de renforcement des capacités
nécessaires à la conservation et l’utilisation durable de la
biodiversité importante pour l’agriculture

Expert Consultant
Coordonnateur

Dr. A. ABDELGUERFI
M. S.A. RAMDANE
2003

Bilans des Expertises sur « Les Risques Menaçant la Biodiversité en Algérie » MATE-GEF/PNUD : Projet ALG/97/G31

1

Evaluation des besoins en matière de renforcement des capacités nécessaires à l’évaluation et la réduction des
risques menaçant les éléments de la diversité biologique en Algérie

SOMMAIRE DES BILANS DES EXPERTISES (TOME VII)

Pages
7

PREAMBULE
LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES ET L’OZONE

8

Préambule
1. Biodiversité et différentes pressions
2. Liens entre biodiversité et climat
2.1. Analyse historique
2.2. Biodiversité et système climatique
3 Evolution du climat en Algérie
3.1. Evolution de la température
3.2. Evolution des précipitations
3.3. Projections climatiques sur l’Algérie
4. Biodiversité et couche d’ozone
4.1. Augmentation du rayonnement UV à la surface de la terre
4.2. Mesure de l’ozone total atmosphérique en Algérie
4.3. Impacts de la diminution de la couche d’ozone sur la biodiversité
5. Biodiversité et ozone troposphérique
5.1. Mesure de l’ozone troposphérique en Algérie
5.2. Impacts de l’ozone troposphérique sur les écosystèmes terrestres
6. Biodiversité et augmentation de la concentration atmosphérique du CO2
6.1. Evolution de la concentration du CO2 dans l’atmosphère
6.2. Impacts de l’augmentation de la concentration du CO2 sur les écosystèmes terrestres
6.3. Impacts de l’augmentation de la concentration du CO2 sur les écosystèmes marins
7. Biodiversité et changements climatiques
8. Méthodologie d’étude des impacts des changements climatiques sur la biodiversité
8.1. Méthodologie basée sur le déplacement des écosystèmes
8.2. Méthodologie basée sur les facteurs écologiques
8.3. Application de la méthodologie basée sur le déplacement des écosystèmes à l’Algérie
8.4. Application de la méthodologie basée sur les facteurs écologiques à l’Algérie
9. Atténuation des changements climatiques et biodiversité
9.1. Impacts potentiels du boisement, reboisement et lutte contre la déforestation sur la biodiversité
9.2. Impacts potentiels de l’exploitation des terres sur la biodiversité
9.3. Impacts potentiels des nouvelles technologies de l’énergie sur la biodiversité
10. Adaptation aux changements climatiques et biodiversité
10.1. Notion de vulnérabilité
10.2. Options potentielles d’adaptation pour réduire les impacts des changements climatiques sur les
écosystèmes et la biodiversité
10.3. Conséquences des activités d’adaptation sur les écosystèmes et la biodiversité
10.4. Synergie entre la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité et les changements climatiques
11. Prise en charge actuelle de la biodiversité au niveau institutionnel
11.1. Niveau mondial
11.2. Niveau national
12. Analyse des capacités actuelles pour atténuer les pressions liées aux changements climatiques et à
l’ozone
13. Stratégie en matière de renforcement des capacités pour atténuer les pressions liées aux
changements climatiques et à l’ozone
13.1. Objectifs de la stratégie
13.2. Types d’actions de renforcement
13.3. Groupes cibles
14. Renforcement des capacités pour atténuer les pressions liées aux changements climatiques et à
l’ozone
14.1. Information générale
14.2. Prospective
14.3. Actions sectorielles
Expert Consultant Dr. Abdelguerfi A.

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Coordonnateur M. Ramdane S.A

Bilans des Expertises sur « Les Risques Menaçant la Biodiversité en Algérie » MATE-GEF/PNUD : Projet ALG/97/G31

2

14.4. Appui à la sensibilisation et la prise de décision
14.5. Formation et renforcement de capacités spécifiques
15. Renforcement institutionnel
16. Mécanismes de financement
17. Conclusion

45
46
46
48
49

L’EAU ET SON IMPACT SUR LA BIODIVERSITE

50

Introduction
1. Situation actuelle
2. Propositions futures
Conclusion

50
52
58
60

LA DEGRADATION DES SOLS

61

1. Introduction
2. Importance de la dégradation des sols
2.1. La dégradation des sols
2.2 La diversité biologique
2.3. L’importance de la biodiversité
2.4. Le sol réservoir de la biodiversité
3. Evaluation des besoins en matière de renforcement des capacités nécessaires à l'atténuation de la
dégradation des sols et sa menace qui pèse sur les éléments de la biodiversité dans sa globalité
3.1. Etat des capacités actuelles
3.2. Besoins en matière de renforcement des capacités (organisationnels, institutionnels, matériels, humains,
financiers, juridiques et législatifs)
4. Partage des responsabilités entre les différentes parties concernées et/ou les différents partenaires
impliqués
5. Mécanismes de financement et de gestion du financement pour amener les différents partenaires à
atténuer les risques de la dégradation des sols (fonds à mettre en place, moyens à mettre en œuvre….)
6. Stratégie en matière de renforcement des capacités nécessaires à la réduction des risques de la
dégradation des sols menaçant la diversité biologique locale et globale
7. Perspectives : la durabilité des actions dans la lutte contre la dégradation des sols et la sauvegarde de la
diversité biologique. Quelques concepts
7.1. L'évaluation des sols pour l'utilisation planifiée et durable des terres
7.2. Planification de l'utilisation des sols et le développement durable
7.3. Les indicateurs des qualités des terres: Moyens d'évaluation de l'état de la biodiversité
8. Conclusion

61
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63
63
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65

71
71
72
73

LE SURPATURAGE, LE DEFRICHEMENT ET LA DESERTIFICATION

74

Introduction
1. Introduction sur la diversité biologique et sur le surpâturage, le défrichement et la désertification
1.1. Exposé introductif sur la diversité biologique
1.2. Exposé introductif sur le défrichement, le surpâturage et la désertification
2. Importance du surpâturage, du défrichement et de la désertification et de leurs impacts sur la diversité
biologique
2.1. Préambule sur le phénomène désertification, conséquence du surpâturage et du défrichement
2.2. Compréhension des mécanismes de la désertification des zones arides
2.3. Impacts du phénomène désertification sur la diversité biologique
3. Evaluation des besoins en matière de renforcement des capacités nécessaires à l'atténuation du
surpâturage, du défrichement et de la désertification et de leurs menaces qui pèsent sur la DB en
général (quantification)
3.1. Etat des capacités actuelles
3.2. Besoins en matière de renforcement des capacités: besoins organisationnels, institutionnels, matériels,
humains, financiers, juridiques et législatifs (taxes, impôts, textes à mettre en place et/ou à modifier)
4. Partage des responsabilités entre les différentes parties concernées et/ou les partenaires impliqués
5. Mécanismes de financement et de gestion du financement pour amener les différents partenaires à
atténuer les risques de surpâturage, du défrichement et de la désertification
6. Stratégie en matière de renforcement des capacités nécessaires à la réduction des risques de
surpâturage, du défrichement et de la désertification menaçant la diversité biologique locale et globale
6.1. Stratégie de conservation de la flore
6.2. Stratégie de conservation de la faune

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Expert Consultant Dr. Abdelguerfi A.

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Coordonnateur M. Ramdane S.A

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3

6.3. Stratégie de conservation des zones humides
6.4. Stratégie de conservation de la biodiversité
6.5. Stratégie de conservation des espèces animales locales
6.6. Stratégie pour prévenir les risques biotechnologiques
6.7. Stratégie pour le partage équitable des avantages découlant de la mise en valeur des ressources biologiques
6.8. Stratégie pour l'utilisation durable de la biodiversité
Conclusion

100
100
101
101
102
102
104

LA DESERTIFICATION

106

Avant propos
Introduction
1. Introduction sur la biodiversité
1.1. Evolution des théories écologiques et notion de biodiversité
1.2. La diversité biologique : origine, consistance et répartition géographique
1.3. Importance de la diversité biologique et des ressources biologiques
2. Introduction sur la désertification en tant que menace sur les composantes de la biodiversité
2.1. Introduction sur la désertification
2.2. Causes de la désertification
2.3. Conséquences de la désertification
2.3. Menaces de la désertification sur la diversité biologique
3. Importance de la désertification et son impact sur la diversité biologique (quantification)
3.1. Le barrage vert
3.2. Importance de la désertification (quantification) : la carte nationale de sensibilité à la désertification
élaborée par télédétection
3.3. Impact sur la diversité biologique
3.4. Conséquences de l’appauvrissement de la diversité biologique
4. Evaluation des besoins pour renforcement des capacités nécessaires à l’atténuation de la désertification
et sa menace sur la biodiversité
4.1. Etat des capacités actuelles
4.2. Renforcement des capacités
5. Partage des responsabilités entre les différentes parties concernées et / ou les différents partenaires
6. Mécanismes de financements et de gestion du financement pour amener les différents partenaires à
atténuer les risques de la désertification (fonds à mettre en place, moyens à mettre en oeuvre)
7. Eléments de la stratégie en matière de renforcement des capacités nécessaires à la réduction des risques
de la désertification menaçant la biodiversité locale et globale
Conclusion

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138
138
139
144

LES INCENDIES

145

Introduction
1. Quelques notions sur la diversité biologique
2. La forêt algérienne
3. Les incendies de forêt
3.1. Généralités
3.2. Notion de pyrologie forestière
3.3. Risques Incendies
3.4. Comportement des êtres vivants devant l’incendie
3.5. Les feux de forêt en Algérie
3.6. Lutte contre les incendies de forêt
Conclusion

145
145
146
146
146
147
148
149
150
152
154

L’URBANISATION, LES INFRASTRUCTURES ET LA DEMOGRAPHIE

157

1. Introduction
1.1. Le contexte géo-politique international
1.2. Situation internationale de la diversité biologique
1.3. La biodiversité dans le contexte algérien en général
2. Analyse conceptuelle
2.1. Définition de la biodiversité, des ressources biologiques, et de la conservation
2.2. Environnement
2.3. Notions d'écologie

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Expert Consultant Dr. Abdelguerfi A.

2002/2003

Coordonnateur M. Ramdane S.A

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2.4. Génétique Et Environnement
2.5. Productivité
3. La problématique de la biodiversité dans le monde
3.1. Pourquoi la biodiversité s'amenuise-t-elle ?
3.2. Une crise mondiale de la disparition des espèces
4. Menaces de l’accroissement de la population sur la biodiversité
4.1. Etat des lieux
4.2. Altération de l'environnement par l’homme
5. L’importance de l’étude sociologique portant sur le concept de la valeur ayant trait a la conservation
de la biodiversité
5.1.Le sujet
5.2. Valeurs et niveaux d’analyse
5.3. Méthodes d’étude des valeurs
5.4. Evaluation économique de la biodiversité
5.5. Changement de valeurs et biodiversité
5.6.Valeurs et développement durable
5.7. Gestion de la biodiversité dans l’aménagement de la terre
6. Préservation de la biodiversité
7. Impact de la démographie, de l’urbanisation et des infrastructures sur la biodiversité en Algérie
7.1. Impact de la démographie sur la biodiversité
7.2. Impact de l’urbanisation sur la biodiversité
7.3. Impact des infrastructures sur la diversité biologique
8. Le phénomène de la désertification
9. Soutenir la participation des communautés locales dans un système d’information sur la gestion de la
biodiversité
9.1. Importance de l’approche participative des communautés locales
9.2. Conservation in situ et gestion participative
9.3. Le rôle de l’expertise scientifique
9.4. Quel système d’information pour les organisations locales
10. Valorisation économique de la biodiversité
11. La stratégie algérienne en matière de conservation de la biodiversité
11.1. La stratégie gouvernementale
11.2. Stratégie et programme d’action pour la conservation
12. Les recommandations
Conclusion générale

162
163
163
163
163
166
166
168
174

LES POLLUTIONS CHIMIQUES

246

Préambule
Introduction
1. Définitions et contexte
1.1. Définitions
1.2. Les pollutions chimiques et leurs effets sur la diversité biologique
1.3. Contexte réglementaire et institutionnel
2. Diversité biologique et pollutions chimiques en Algérie
2.1. La diversité biologique en Algérie
2.2. Impacts des pollutions chimiques sur la diversité biologique en Algérie
3. Renforcement des capacités
3.1. Evaluation des besoins en matière de renforcement des capacités
3.2. Partage des responsabilités
3.3. Mécanismes de financement et de gestion des financements
3.4. Stratégie en matière de renforcement des capacités
Conclusion

246
246
247
247
247
253
254
254
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258
258
260

LA BIO-INVASION, LA POLLUTION ET L’EROSION GENETIQUES

262

1. Introduction
2. Définition de concepts
2.1. Biodiversité
2.2. Ressources génétiques
2.3. Bio-invasion
2.4. Pollution génétique
2.5. Erosion génétique

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Coordonnateur M. Ramdane S.A

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2.6. Biopiratage
3. Etat actuel de la biodiversité
3.1. Etat de la DB à l’échelle mondiale
3.2. Etat de la Diversité Biologique en Algérie
3.3. Inventaire et recensement de la diversité biologique
3.4. Législation et réglementation en relation avec la Biodiversité
3.5. L’Algérie et les conventions internationales en matière de DB
3.6. Institutions actuellement en charge de veiller à l’application des textes réglementaires en relation la
biodiversité
3.7. Etat actuel des capacités en matière de contrôle des importations de matériel biologique
3.8. Conclusion
4. Menaces pesant sur la biodiversité (importance de l’impact)
4.1. Menaces d’origine abiotique
4.2. Menaces d’origine biotique
4.3. Menaces d’origine anthropique
4.5. Conclusion
5. Stratégie pour la conservation de la biodiversité
5.1. Pourquoi conserver la biodiversité ?
5.2. Principes généraux pour la conservation de biodiversité
5.3. Stratégie pour la conservation de la biodiversité
6. Renforcement des capacités pour la conservation de la biodiversité
6.1. Renforcement des capacités humaines et institutionnelles
6.2. financement de la biodiversité
7. Conclusion générale

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281

LA PECHE

308

Introduction
1. Présentation
1.1. Les côtes algériennes
1.2. L’activité halieutique proprement dit
2. Le système d’exploitation actuel
2.1. Les perspectives déclarées
2.2. Les capacités biologiques
2.3. Evaluation des besoins
3. Partage des responsabilités
3.1. Les protagonistes
3.2. Les principes fondamentaux directeurs
3.3. La répartition des tâches
4. Le financement des actions
4.1. Les opérateurs
4.2. Les bailleurs de fond
4.3. L’accès à la mer réglementé
5. Stratégie en matière de renforcement des capacités
Conclusion

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326
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326
327
329

LA CHASSE

331

1. Introduction sur la diversité biologique et sur la chasse en tant que menace pesant sur les composantes
de cette diversité biologique
2. Importance de la chasse et de son impact sur la diversité biologique (quantification)
3. Evaluation des besoins en matière de renforcement des capacités nécessaires à l’atténuation de la
chasse qui pèsent sur la diversité biologique dans sa globalité
3.1. Etat des capacités actuelles
3.2. Besoins en matière de renforcement de capacité
4. Partage des responsabilités entre les différentes parties concernées et/ou les différents partenaires
impliqués
4.1. L’administration forestière
4.2. Les groupements de chasseurs
4.3. L’administration judiciaire
4.4. Administration touristique
4.5. Administration du commerce
5. mécanisme de financement et de gestion du financement pour amener les différentes partenaires à

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Coordonnateur M. Ramdane S.A

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atténuer les risques de la chasse (fonds à mettre en place, moyens à mettre en œuvre)
6. Stratégie en matière de renforcement des capacités nécessaires à la réduction des risques de la chasse
menaçant la diversité biologique locale et globale
7. Conclusion

6
338
338

LA COMMERCIALISATION

340

1. Introduction
2. Problématique démarche
2.1. Raisons de l’examen des liens entre le commerce et l’environnement
2.2. Importance de l’étude des liens entre l’environnement et le commerce extérieur
3. Applications : Explicitations
3.1. Justification des secteurs choisis
3.2. Note explicative du choix des secteurs et des produits
3.3. Contribution des secteurs
3.4. Justification du choix des intrants
4. Résultats et commentaires
4.1. Les sources : présentation et commentaires
4.2. Résultats et commentaires
4.3. Les degrés de sensibilité des produits sectoriels
5. Implications de politiques de l’environnement et recommandations
5.1. Quelques propositions
5.2. Conclusion générale et recommandations
5.3. Précautions dans l’utilisation du modèle

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2002/2003

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Evaluation des besoins en matière de renforcement des capacités nécessaires à l’évaluation et la réduction des
risques menaçant les éléments de la diversité biologique en Algérie



PREAMBULE

Pour la réalisation des expertises du thème « Evaluation des besoins en matière de
renforcement des capacités nécessaires à l’évaluation et la réduction des risques menaçant les
éléments de la diversité biologique en Algérie », il a été fait appel à différents consultants qui ont
travaillé rarement en groupe :
x Tabet M. : Impacts Des Changements Climatiques Et De L’Ozone Sur La Biodiversité
x Mouhouche B. : L’Eau Et Son Impact Sur La Biodiversité
x Gaouas A. : La Dégradation Des Sols Et La Biodiversité En Algérie
x Mederbal K. : Le Surpâturage, Le Défrichement Et La Désertification
x Djehich F. : La Désertification
x Oldache E-H. : Les Incendies
x Benmebarek A. et Frioui M. : L’Urbanisation, Les Infrastructures Et La Démographie
x Rebah M. : Les Menaces Des Produits Chimiques Sur La Diversité Biologique
x Khelifi L. (chef de groupe), Morsli A., Khelifi-Slaoui M. : La Bio-Invasion, La Pollution
Et L’Erosion Génétiques
x Chalabi A. : L’impact De La Pêche Sur La Diversité Biologique Marine
x Beloued A. : La Chasse En Tant Que Menace Pesant Sur Les Composantes De La
Diversité Biologique
x Bourez K. : La Commercialisation En Tant Que Menace Sur La Biodiversité
Les différentes expertises ont été présentées et discutées lors de l’Atelier N°3 qui s’est tenu du
10 au 11 décembre 2002 à Alger (tome VI). Compte tenu des remarques et des débats, les
consultants ont complété, amendés et/ou rectifié leur approche.
Les annexes des différentes expertises sont regroupées au niveau du Tome VIII.

Dr. ABDELGUERFI A.
Expert consultant
2003

Expert Consultant Dr. Abdelguerfi A.

2002/2003

Coordonnateur M. Ramdane S.A

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IMPACTS DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES ET DE L’OZONE SUR LA
BIODIVERSITE
Préambule
L'Union Internationale pour la Conservation de la Nature et de ses ressources (UICN) le soulignait
dès 1980 : « La préservation de la diversité génétique est un gage d'avenir et un investissement
nécessaire pour maintenir et améliorer la production agricole, forestière, halieutique, pour garder les
options ouvertes sur l'avenir et pour parer aux changements défavorables qui surviennent à
l'environnement. »
La biodiversité désigne la variété au sein des organismes vivants provenant de toutes les sources y
compris les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes
écologiques dont ils font partie. Elle désigne la diversité au sein des espèces, entre les espèces et
entre les écosystèmes.
La richesse actuelle de la vie sur notre planète est le résultat de centaines de millions d’années
d’évolution. Au cours de la longue histoire de l’humanité, les cultures humaines ont émergé et se
sont adaptées à l’environnement local en utilisant et en modifiant les ressources biotiques locales.
La domestication de variétés locales de plantes et l’élevage d’animaux ont apporté leur
contribution à la biodiversité.
Au cours de la période récente, la satisfaction des besoins de plus en plus grands liés à
l’accroissement démographique exponentiel et au développement accéléré des activités
socioéconomiques ont engendré :
- une urbanisation à grande échelle,
- une surexploitation intensive des sols et une forte extension de la monoculture,
- un défrichement des terres,
- une désertification des terres vulnérables à cause de leur surexploitation,
- une déforestation importante du patrimoine forestier,
- une surexploitation des ressources halieutiques,
- une utilisation effrénée des ressources naturelles ( eau, air, sols) et des matières
premières dont de nombreux minerais,
Ces activités exercent une forte pression sur la biodiversité et sont à l’origine de la dégradation de
nombreux écosystèmes.
Les pratiques de consommation, de production, les échanges commerciaux, le développement
agricole et industriel se trouvent à l’origine :
- d’une pollution dangereuse des ressources naturelles,
- d’une perturbation à grande échelle de l’équilibre climatique due aux émissions
anthropiques des gaz à effet de serre et de la couche d’ozone provoquée par les
émissions de gaz comme les chlorofluorocarbones (CFC) utilisés dans les systèmes de
réfrigération et de climatisation,
- d’une dégradation de plus en plus grande de la biodiversité naturelle.
Beaucoup considèrent que le déclin de la biodiversité est un processus irréversible qui risque
d’hypothéquer l’existence même de l’humanité.
Les scientifiques s'accordent à dire que la biodiversité est, d'une part, le moteur des écosystèmes et,
d'autre part, le garant d'une nature équilibrée et résistante aux maladies et aux changements
climatiques. La biodiversité est une nécessité fondamentale pour l’adaptation et la survie ainsi que
pour la poursuite de l’évolution des espèces.
La biodiversité est une source significative d’avantages économiques, esthétiques, médicaux et
culturels. Bien que les estimations varient, on peut affirmer que le monde est en train de devenir
de moins en moins diversifié biologiquement en termes de gènes, d’espèces et d’écosystèmes.
Expert Consultant Dr. Abdelguerfi A.

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A l’heure actuelle, ni la valeur économique, ni l’interdépendance au sein de la biodiversité ne sont
pas bien comprises. En particulier, on ne dispose que de peu de connaissances sur les liens qui
assurent la cohabitation des espèces au sein des écosystèmes et sur les effets de la disparition
d’une espèce donnée sur les autres.
Le Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) estime que près de 40% de la
couverture du sol changera au cours du 21ième siècle du fait des changements climatiques. Ce qui
place ces derniers comme une cause de déclin de la biodiversité au même rang que les espèces
invasives, l’utilisation et la surexploitation des sols.
La réduction du taux de perte de la biodiversité et la conservation de celle qui existe, en tant que
bases du développement durable, restent des défis majeurs à relever dans le monde entier. Pour y
faire face et compte tenu de l’interdépendance des différentes nations en matière de biodiversité,
la communauté internationale a adopté la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) au
Sommet de la Terre à Rio en 1992. Cette Convention vise essentiellement trois objectifs :
- conserver la diversité des ressources biologiques de la terre qu’elles soient terrestres ou
aquatiques y compris les plantes, les animaux et les micro-organismes,
- s’assurer que les pays utilisent les ressources biologiques de manière durable dans les
domaines de l’agriculture, des forêts et de la pêche,
- promouvoir un partage juste et équitable des ressources génétiques et des avantages qui
en découlent.
La Convention sur la Diversité Biologique fait partie des quatre conventions adoptées à Rio en 1992
lors du Sommet de la Terre avec celles sur les Changements Climatiques, les forêts et la
Désertification. La Convention sur les Changements Climatiques vise comme "objectif ultime" de
stabiliser les concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre à des niveaux sûrs et ce dans un
délai suffisant pour permettre aux écosystèmes de s'adapter naturellement aux changements
climatiques, de s'assurer que la production alimentaire n'est pas menacée et de rendre possible la
poursuite du développement économique de manière durable. A cause des changements
climatiques, l’humanité devra faire face à de nouveaux risques qui sont :
- une baisse des ressources en eau en quantité et en qualité,
- une baisse des rendements agricoles,
- une menace sur le littoral liée à l’élévation du niveau de la mer,
- une fragilisation des écosystèmes,
- une vulnérabilité plus grande en matière de santé.
La Convention sur les forêts vise à protéger les forêts en tant que ressource économique (bois,
nourriture, médicaments), besoin culturel et abri pour de nombreux composants biologiques dont
certains restent à découvrir. Elles jouent un rôle important dans l’équilibre du climat à travers le
stockage d’eau et de carbone en réduisant l’effet de serre responsable des changements
climatiques.
La Convention sur la désertification vise à lutter contre la dégradation des terres dans les zones
arides, semi-arides et sub-humides sèches par suite de divers facteurs parmi lesquels les variations
climatiques et les activités humaines. Les populations et les écosystèmes vivant dans ces zones
sont directement affectés ou menacés par le phénomène de désertification.
L’analyse succincte des quatre conventions montre leur interdépendance et le lien étroit entre le
climat, la biodiversité et la désertification.
Le Protocole de Montréal élaboré en 1987 est le premier accord international sur l’environnement
global de notre planète qui, de plus, tient compte d’une échelle de temps d’un siècle, fait unique
dans les accords internationaux. Ce protocole a été signé entre les pays producteurs et
consommateurs de chlorofluorocarbones (CFC). Il a pour objet de faire face à la diminution de la
couche d’ozone qui est le bouclier de la terre contre le rayonnement ultraviolet du soleil qui
présente un grand danger pour l’homme et les écosystèmes terrestres. Il vise à réglementer les
émissions des Substances Affaiblissant la couche d’Ozone (SAO). Des mesures de renforcement
de ce Protocole ont été prises lors de la conférence de Londres en 1990.

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1. BIODIVERSITE ET PRESSIONS
La biodiversité désigne la variété au sein des organismes vivants provenant de toutes les sources y
compris les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes
écologiques dont ils font partie. Elle désigne la diversité au sein des espèces, entre les espèces et
entre les écosystèmes.
La biodiversité est soumise à différentes pressions d’origine anthropique qui sont admises au
niveau mondial et qu’on peut énumérer comme suit :
- destruction des habitats naturels ou semi-naturels,
- surexploitation de certaines espèces et habitats,
- effets directs sur la reproduction, la dominance et la survie des espèces à travers les
traitements chimiques et mécaniques des sols,
- fragmentation des terres provoquée par l’urbanisation et le développement de grandes
infrastructures,
- connexion des voies d’eau douce et modification du régime hydrologique,
- introduction des espèces invasives,
Ces pressions, qui se produisent indépendamment de celles induites par les modifications de
nature environnementale, peuvent avoir une dimension locale ou régionale. Elles fragilisent et
augmentent la vulnérabilité de certains écosystèmes.
On représente, à la figure 1, les pertes de la biodiversité en fonction de chaque type de pressions
ainsi que les échelles temporelles correspondantes.
De nouvelles pressions d’origine environnementale et de nature planétaire comme l’augmentation
de la concentration du gaz carbonique, les changements climatiques, la diminution de la couche
d’ozone peuvent avoir des impacts importants sur la diversité biologique.
Il faut ajouter à ce qui précède, le phénomène de pollution qui constitue de plus en plus une
contrainte majeure sur la biodiversité. On peut citer particulièrement l’augmentation continue de
la concentration de l’ozone troposphérique à l’échelle locale et qui peut avoir un impact important
sur la biodiversité.
La question critique qui se pose est de savoir comment et à quel degré les modifications des
conditions environnementales comme celles liées aux changements climatiques et à la diminution
de la couche d’ozone peuvent exacerber les pressions qui touchent déjà la biodiversité ? Aussi,
l’objet de la présente étude vise à préciser :
- les liens entre la biodiversité et le climat,
- les impacts de la diminution de la couche d’ozone sur la biodiversité,
- les impacts de l’augmentation de la concentration de l’ozone troposphérique sur la
biodiversité,
- les impacts de l’augmentation de la concentration du gaz carbonique dans l’atmosphère sur
la biodiversité,
- les impacts des changements climatiques sur la biodiversité,
- le partage des responsabilités entre les différents acteurs impliqués par ces impacts,
- La stratégie pour le renforcement des capacités pour réduire ces impacts et le renforcement
des capacités pour faire face aux impacts suscités
- les mécanismes de gestion et de financement pour permettre aux différents acteurs
d’atténuer ces impacts.

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Pressions et échelles de temps
Perturbation des habitats

Pertes de
biodiversité

Fragmentation des
habitats
Destruction des habitats

Espèces invasives
Connexion des voies et réserves d’eau
Surexploitatio Traitements des sols

Temps
Figure 1 : Pressions anthropiques sur la biodiversité et les échelles de temps correspondantes

2- LIENS ENTRE BIODIVERSITE ET CLIMAT
Le climat est un déterminant majeur de la production agriculture et de la productivité biologique,
aussi bien dans les terres aménagées que dans les terres vierges. Le climat influence le cycle et la
consommation de l'eau, la nature et la distribution spatiale de la flore et de la faune.
Les liens entre la biodiversité et le climat peuvent être appréhendés à travers l’analyse historique
d’abord et à travers les connaissances actuelles entre la biodiversité et les facteurs du climat.
2-1 Analyse historique
Il y a une évidence historique: la biodiversité a toujours été modelée par les caractéristiques
régionales du climat. L’extinction majeure de nombreux écosystèmes durant la période du
quaternaire, s’est produite au cours de phases rapides de changement du climat. Par conséquent,
ce qui est crucial pour les écosystèmes : c’est essentiellement la vitesse du changement qui si elle
est rapide, ne donne pas assez de temps aux écosystèmes naturels pour s’adapter.
Huntley et al (1997) affirment qu’il est très probable que les changements climatiques conduisent à
une augmentation significative du taux d’extinction des espèces car la vitesse des changements
climatiques est plus rapide que la vitesse naturelle d’évolution des espèces. Il est reconnu que
certaines espèces sont capables de se maintenir assez longtemps dans des sites se trouvant à la
limite de leur tolérance. Cependant elles sont vulnérables et ne pourront pas survivre si cette limite
est dépassée.
Le risque, qui peut affecter une espèce, est fonction de l’intensité de l’aléa auquel elle peut être
soumise et du degré de sa vulnérabilité qui est sa propre capacité à résister et à s’adapter à l’aléa
comme dans le cas des changements climatiques.

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2-2 Biodiversité et système climatique
L’équilibre planétaire du climat se fait principalement à travers les cycles fondamentaux que sont
le cycle hydrologique et les cycles géo-biochimiques.
le cycle hydrologique régule les échanges des flux d’eau entre l’océan, l’atmosphère et la terre.
Les cycles géo-biochimiques assurent les échanges des flux d’énergie et de matière entre l’océan,
la terre et l’atmosphère.
La couverture végétale terrestre joue un rôle majeur en régulant le transport de l’eau vers
l’atmosphère à travers le processus d’évapotranspiration. Les modifications de la nature des sols
comme la conversion des forêts en terres agricoles affectent les échanges biophysiques du système
climatique à travers les changements dans les échanges de gaz carbonique, la transpiration et le
ruissellement des eaux de surface.
Les systèmes biologiques fonctionnent à la fois comme sources et puits de gaz carbonique à
travers la combinaison de processus physiques et géo-biochimiques. Les océans jouent un rôle clé
dans la régulation du système climatique à travers la production primaire de phytoplancton qui se
trouve à la base de la chaîne alimentaire des écosystèmes marins.
L’exploitation économique et à grande échelle du littoral, en plus du phénomène de littoralisation
des populations et de l’urbanisation ont des impacts directs sur les cycles géobiochimiques côtiers
qui assurent l’équilibre entre les continents et les océans.
3. EVOLUTION RECENTE DU CLIMAT EN ALGERIE
Située dans une zone de transition, entre les régimes tempérés et subtropicaux, l’Algérie présente
une grande sensibilité au climat à cause de la grande variabilité des pluies saisonnières et annuelles.
Eu égard au caractère aride et semi-aride de son climat, l’Algérie ressentira davantage les effets des
changements climatiques. Le dérèglement actuel du cycle “ évaporation-pluie ” conduit à envisager
l’occurrence probable d’événements extrêmes comme les sécheresses prolongées ou les inondations
catastrophiques, ce qui constitue une menace sévère sur les écosystèmes terrestres et par conséquent
sur la biodiversité.
L’analyse, qui suit, repose sur la synthèse sur l’évolution récente du climat et les projections
climatiques sur l’Algérie élaborées dans le cadre de la communication nationale initiale de l’Algérie
au titre de la Convention Cadre sur les changements climatiques. Cette évolution met en évidence,
pour ces dernières décennies, une hausse des températures et une baisse des précipitations sur
l’ensemble du pays, une occurrence plus grande de phénomènes extrêmes comme les inondations et
les sécheresses. La persistance de la sécheresse provoque une dégradation accélérée de la steppe,
une augmentation des fréquences des incendies de forêts, une aggravation et une extension de la
désertification.
3.1- Evolution des températures
L’évolution des températures, en Algérie, met en évidence :
- une hausse de température sur l’ensemble du pays au cours des saisons d’hiver et
d’automne,
- une hausse nette des températures minimale et maximale sur l’ensemble des stations de
l'Algérie du Nord depuis la décennie 70 et se prolongeant jusqu’à nos jours,
- durant ces 20 dernières années, les températures maximales ont augmenté plus que les
minimales; cette augmentation est de 2°C environ.
3.2 Evolution des précipitations :
L’examen des précipitations pour les mêmes périodes montre :

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-

qu’en automne et en hiver, il y a diminution des pluies sur le Nord ; ces deux saisons
correspondent au réchauffement important qui affecte le Nord du pays,
- qu’au printemps, la pluviométrie est plus importante à l’Ouest, au Centre et au Sud du
pays et qu’il y a diminution des précipitations à l’Est.
Il y a environ 10% de baisse des précipitations ces 20 dernières années.
On peut conclure qu’entre la période 1931-1960 et 1961-1990 :
x la hausse de température a été de l'ordre de 0,5°C ; l'augmentation de
l’évapotranspiration potentielle est une conséquence de l’augmentation de la
température (l’évapotranspiration est une fonction croissante de la température),
x la pluviométrie a baissé en moyenne de 10%.
x Le déficit hydrique sera plus important à l’Ouest qu’au centre et qu’à l’Est du pays.
3-3 Projections climatiques sur l’Algérie
Pour la période 1990 – 2020, la hausse de la température moyenne sera comprise entre 0.8°C et
1,1°C et la baisse des précipitations moyennes sera de l’ordre de 10%. L’élévation du niveau de la
mer sera comprise entre 5 et 10 cm. L’intensification de l’évaporation due à l’augmentation de la
température s’ajoute à la baisse des précipitations pour diminuer encore plus la quantité des eaux
mobilisables au niveau des barrages et des nappes souterraines.
Les projections à l’horizon 2020 et 2050 indiquent que les saisons seront déréglées et les
températures continueront de croître. La période pluvieuse sera concentrée sur une courte période
entraînant des risques d’inondations. De même, il y aura une augmentation de la fréquence des
sécheresses.
Les projections (graphes –figure2), ont été obtenues à l’aide de scénarios d’émissions moyens et des
modèles climatiques globaux..

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PROJECTIONS CLIMATIQUES A L’HORIZON 2020
Tem péra tu res

Précipita tion s

U
K
H
I

E
C
H
A
M
3
T
R

PROJECTIONS CLIMATIQUES A L’HORIZON 2050
Tem pératures

Précipitations

U
K
H
I

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C
H
A
M
3
T
R

Figure 2 : Projections du climat aux horizons 2020 et 2050 (modèle UKHI)

4- BIODIVERSITE ET COUCHE D’OZONE
Les changements climatiques et la diminution de la couche d’ozone stratosphérique sont liés par de
nombreuses relations physiques et chimiques. Ce qui constitue une raison suffisante pour tenir
compte de l’ozone stratosphérique lorsqu’on évalue l’impact des changements climatiques sur la
biodiversité. Cependant, il faut avoir à l’esprit la différence essentielle qui existe entre
l’accumulation des gaz à effet de serre à l’origine des changements climatiques et la diminution de
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la couche d’ozone. Les gaz à effet de serre augmente le forcing radiatif sur le climat et réchauffent
la planète. La diminution de la couche d’ozone provoquée par les radicaux chlorés provenant des
Chlorofluorocarbones (CFC) augmentent le rayonnement ultraviolet (UV) au niveau de la surface
terrestre.
L’ozone agit de deux façons différentes dans le phénomène des changements climatiques :
- la diminution de l’ozone stratosphérique peut avoir un impact sur le profil global de la
température atmosphérique car l’ozone joue un grand rôle dans le contrôle de la température
stratosphérique par absorption du rayonnement ultraviolet (UV) du soleil et du rayonnement
infrarouge (IR) terrestre de grande longueur d’onde,
- l’augmentation de l’ozone troposphérique amplifie l’effet de serre à la surface de la terre par
absorption du rayonnement infrarouge (IR).
4-1 Augmentation du rayonnement ultraviolet à la surface de la terre.
L’ozone stratosphérique est un important constituant de l’atmosphère terrestre et intervient pour
plus de 90% dans le budget total de l’ozone atmosphérique. Il se trouve localisé entre 15 et 25 Km
d’altitude avec une concentration de 10 ppmv (parties par million en volume). La couche d’ozone
absorbe et protège la terre contre les radiations ultraviolettes du soleil. Le rayonnement solaire qui
atteint la surface terrestre est composé de 5% d’ultraviolet (UV), de 55% d’infrarouge (IR) et de
40% de rayonnement visible (VIS).
Le rayonnement solaire ultraviolet s’étend sur une gamme de longueurs d’ondes comprises entre
200 et 400 nm ( 1nm = nanomètre = 10-9mètre). Cette gamme est subdivisée de façon
conventionnelle en UVA (315-400 nm), UVB (280-315 nm) et UVC (100-280 nm). L’ozone
stratosphérique absorbe essentiellement les radiations de courtes longueurs d’ondes à savoir les
UVC fortement énergétiques, près des trois quarts de la bande UVB et une faible part de la bande
UVA. L’ultraviolet restant est absorbé dans la troposphère par les nuages, les aérosols et les
polluants gazeux et solides.
La diminution de la couche d’ozone est apparue évidente à partir de 1970 au-dessus de la zone
Antarctique (pôle Sud). Cette diminution affecte aussi l’hémisphère Nord depuis 1985 avec un
pourcentage de baisse de 0,4% par an. Sur l’espace d’une décade, la baisse a été de 6% durant les
saisons de l’hiver et du printemps et de 3% durant les saisons de l’été et d’automne.
La figure 3, adaptée de celle de l’UNEP-1994a donne en fonction de la latitude le pourcentage de
baisse d’ozone par décade au cours de la période 1979-1994 pour les deux hémisphères.

% de changement

D im in u tio n e n % p a r d é c a d e e n tre 1 9 7 9 e t 1 9 9 4

15
10
5
0
65N 55N

35N 25N 15N 5N
45N

5S

15S

25S

355

45S

55S

65S

la titu d e

Figure 3 : diminution de l’ozone stratosphérique
On constate que la diminution de la concentration de la couche d’ozone au cours d’une décade
est de l’ordre de 3% sous nos latitudes.
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4-2 Mesure de l’ozone total atmosphérique en Algérie
L’importance de la question du changement climatique global impliquant la couche d’ozone et ses
conséquences a amené l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) à mettre en oeuvre un
programme de surveillance climatique et d’analyse de l’ozone et des gaz à effet de serre à l’échelle
mondiale. Ce programme baptisé VAG (Veille Atmosphérique Globale) inclut plusieurs sites de
référence pour l’observation ainsi que des centres mondiaux de concentration et de traitement des
données mesurées. L’Algérie, à travers l'Office National de la Météorologie(ONM) abrite un de ces
sites, au niveau de l’observatoire de Tamanrasset.
Le VAG constitue un système d’alerte précoce, conçu pour :
x surveiller les modifications qui affectent la couche d’ozone par la mesure utilisant un
spectrophotomètre de Dobson,
x surveiller l’intensité et le spectre du rayonnement solaire reçu au sol, grâce à une centrale de
mesures intégrées,
x déceler les fluctuations des concentrations et le transport à grande distance des polluants et
des aérosols et en particulier les gaz à effet de serre (GES), par la mesure indirecte du
trouble atmosphérique,
Les données sur le trouble atmosphérique sont traitées et centralisées au Centre Mondial
d’Asheville aux USA, les données de l’ozone au Centre d’Ozone de l’Ontario au Canada, les
données du rayonnement au Centre National de la Recherche Atmosphérique (NCAR) de Boulder
aux USA.
Le programme VAG est venu intégrer le réseau SMOO3 (Système Mondial d’Observations de
l’Ozone (SMOO3) et le réseau BAPMON (Background Air Pollution Monitoring Network). La
figure 3 donne les valeurs moyennes de l’ozone total enregistrées à la station de Tamanrasset pour
la période 1996-1998. L’épaisseur de la couche d’ozone n’est pas constante au cours de l’année.
Elle varie entre 242 et 290 DU (Unités Dobson).. Ces mesures fournissent l’épaisseur
qu’occuperaient les molécules d’ozone dans une atmosphère standard (8,35 Km). La quantité
d’ozone total moyen croit de Janvier à Avril, décroît brutalement entre Avril et Mai, croit de Mai à
Juillet puis décroît pour le reste de l’année. Le mois de Mai correspond à la période pluvieuse
correspond à la remontée du front intertropical. On voit également que la quantité d’ozone est
pratiquement stable aux mois de Mai et Octobre. Il faut remarquer que ce sont des mois de
transition entre les périodes chaudes et froides. La variabilité inter-annuelle est importante et
avoisine 20% entre le mois de Décembre et le mois d’Avril et 15% pour le reste de l’année. La
variabilité est la plus faible pour la période de Juillet à Octobre. Cette forte variabilité fait que
l’analyse concernant la réduction de la couche d’ozone est délicate et il faut disposer de séries de
plusieurs années pour tenter d’apporter un début de réponse.
4-3 Impacts de la diminution de la couche d’ozone sur la biodiversité
Comme on a vu, la diminution de la couche d’ozone s’accompagne d’une augmentation du
rayonnement UV à la surface de la terre. Ce qui constitue une menace grave à la fois pour l’homme
et la biodiversité.
Sur le plan paléo-climatique, les organismes terrestres et aquatiques n’ont pu commencer à se
développer que lorsque la couche d’ozone stratosphérique est devenue assez dense pour constituer
un bouclier de protection suffisant contre les UV et cela il y a un demi-milliard d’années
auparavant ( dernier dixième récent de l’histoire de la terre). La vie sur terre a été pendant
longtemps confinée à l’océan où il y avait une protection substantielle contre le rayonnement UV.
On peut donc dire que l’exposition de plus en plus grande au rayonnement UV va affecter de façon
sensible et négative les écosystèmes terrestres et perturber l’équilibre des espèces au sein des
écosystèmes.
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Beaucoup d’espèces végétales, mais aussi certaines espèces d’animaux, spécialement celles dont les
étapes importantes de la vie se produisent près ou légèrement au-dessous de la surface des eaux
seront affectées. Ce qui risque de réduire la productivité des écosystèmes terrestres et aquatiques
qui assurent les besoins alimentaires actuels.

300

280

U
N
I
T
E
S

270

D
U

290

1996
1997
1998

260
250
240

M O IS
Ja

Fe

M

Av

M

Jui

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Se

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No

De

Figure 4 : Ozone total, moyenne à Tamanrasset
4-3-1 Impacts de la diminution de la couche d’ozone sur les écosystèmes terrestres
Les études expérimentales et les observations sur le terrain montrent que l’exposition à l’UVB peut
perturber la photosynthèse chez les plantes terrestres en réduisant leur taux de croissance et en
augmentant leur susceptibilité aux maladies. Chez les plantes, l'ADN subit des dégâts importants
sous l’effet du rayonnement UV. Les mêmes ponts de thymine se produisent sur les brins de la
chaîne chromosomique comme chez l’homme. Cependant, les plantes possèdent aussi des
molécules de réparation génétique, les photolyases : les haricots augmentent ainsi leur concentration
de ces enzymes en présence d'UVB. Mais dans leur cas, les UV affectent aussi la photosynthèse, la
croissance et la résistance aux parasites. Comme toutes les plantes ne sont pas touchées de la même
façon, l'équilibre entre les différentes espèces d'un écosystème peut se trouver rompu.
Des espèces végétales à feuilles larges ont ainsi tendance, sous l’exposition des UV, à développer
des branches et des feuilles de plus en plus nombreuses, mais de plus en plus petites. Sous le
couvert des arbres par exemple, les différentes espèces qui cohabitent n'ont pas les mêmes besoins
en lumière (certaines préfèrent l'ombre, d'autres des endroits plus ensoleillés). Il suffit d'un léger
déséquilibre pour que la « course à la lumière » favorise l'une d'entre elles, qui peut alors éliminer
ses concurrentes. Deux botanistes américains ont montré, en 1988, que dans les champs où
cohabitaient avoine sauvage et blé de culture, l’irradiation ultraviolette importante favorisait la
pousse du blé, qui remplaçait peu à peu l'avoine. Les UV agissent par l'intermédiaire de médiateurs
chimiques, les « hormones » végétales ou phytohormones, qui, à leur tour, déclenchent une cascade
de réactions enzymatiques conditionnant la croissance des plantes.
En ce qui concerne la photosynthèse, chaque espèce réagit à sa façon. Chez certains conifères par
exemple, la capacité de photosynthèse de leurs « vieilles » aiguilles (âgées de plus d'un an) se réduit
de près de 40 %, tandis que les jeunes aiguilles résistent mieux (la réduction n'est que de 18 %). En
outre, certains végétaux sont plus fragiles que d'autres : les plantes des pays tempérés, comme le
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blé, qui font appel à des mécanismes photosynthétiques dits en C3, sont plus sensibles aux UV que
les plantes d'origine tropicale dites en C4 comme le maïs..
Sous l'effet d'un rayonnement UVB intense, l'épiderme des feuilles des plantes s'épaissit et la
répartition des pigments change. Ainsi, le chou, augmente l'épaisseur de ses feuilles de 45 % et la
quantité de ses pigments « cutanés » de 21 % lorsqu'on le soumet à une irradiation UV de 6 kJ/m2.
L'avoine et l'orge accumulent quant à eux, dans les couches épidermiques de leurs grains, des
pigments photo-protecteurs (les isovitexines) qui absorbent les rayons UV. L'avoine se protège
d'ailleurs mieux que l'orge contre les UVB, parce que ses grains sont capables d'accumuler plus tôt
et en plus grande quantité les pigments en question. Chez les végétaux comme chez les
mammifères, il semblerait qu'une protection dès « l'enfance » soit particulièrement importante pour
lutter contre le rayonnement UV. Qu'il s'agisse d'arbres, de plantes sauvages ou de cultures, le
rayonnement UV affecte toute la production de biomasse.
4-3-2 Impacts de la diminution de la couche » d’ozone sur les écosystèmes marins
Les océans produisant à peu près autant de matière vivante que l'ensemble des écosystèmes
terrestres (104 milliards de tonnes dans les océans contre 100 milliards de tonnes sur la terre ferme),
quelles seront les conséquences d'une diminution de la couche d’ozone sur leur évolution future ?
Pour vivre, se déplacer ou s'orienter, les micro-organismes du plancton marin utilisent la lumière
visible : un besoin essentiel, vital, qui pourrait aussi bien entraîner leur perte. Les rayons lumineux
visibles sont en effet accompagnés dans leur trajectoire aquatique par les UVB qui pénètrent très
profondément dans les eaux claires (dans l'océan arctique, des mesures indiquent qu'ils
s'enfonceraient jusqu'à 65 mètres de profondeur). Là, ils peuvent atteindre aussi bien les
chromosomes, que les protéines de la photosynthèse ou les photorécepteurs des micro-organismes
du plancton. Ainsi les micro-crevettes sont-elles totalement désorientées par la destruction de leurs
photorécepteurs. Qu'elles plongent trop bas, et elles ne reçoivent plus assez d'énergie lumineuse
pour exercer leur métabolisme. Qu'elles remontent, et des UVB plus énergétiques les attendent,
inhibant davantage encore leurs récepteurs d'orientation.
Quant au plancton végétal, le phytoplancton est le maillon sur lequel repose toute la chaîne
alimentaire océanique, il sert de nourriture aux crevettes et aux larves aquatiques, qui sont à leur
tour la proie des petits poissons ou des crabes, eux-mêmes dévorés par les gros poissons. Il se
trouve que les concentrations de phytoplancton dans les eaux arctiques et antarctiques sont mille à
dix mille fois plus élevées que dans les mers tropicales. Or, on a déjà constaté une réduction de 25
% de la biomasse planctonique en Antarctique suite à la formation du trou d'ozone stratosphérique
dans cette région. C'est grâce à ce même phytoplancton que l'océan joue un autre rôle crucial,
régulateur de tout l'équilibre terrestre : il collabore avec ce qui reste de forêts sur les continents pour
absorber le gaz carbonique (CO2) en excès dans l'atmosphère, que les végétaux utilisent comme
source de carbone pour leurs synthèses. Une diminution globale de 10 % du phytoplancton marin
réduirait de 5 milliards de tonnes la consommation de CO2 provenant de l’atmosphère, amplifiant
ainsi l'effet de serre dont souffre déjà notre planète. Par ailleurs, les plantes aquatiques, comme
leurs homologues terrestres, sont incapables d'assimiler l'azote de l'air seules. Il leur faut, pour cela,
les enzymes nitrogénases indispensables. Elles ont besoin pour cela d'algues unicellulaires, des
cyanobactéries, capables de produire l'équivalent de 35 millions de tonnes d'azote chaque année,
mais extrêmement sensibles aux UVB. Si elles disparaissaient, la production de biomasse aquatique
chuterait de manière spectaculaire. La tendance à la baisse de la concentration d’ozone
stratosphérique va continuer pendant longtemps, compte tenu de la durée de vie des polluants
comme les CFC qui agissent sur la couche d’ozone.

Expert Consultant Dr. Abdelguerfi A.

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5- BIODIVERSITE ET OZONE TROPOSPHERIQUE
La troposphère contient près de 7% du budget total planétaire d’ozone. Il est difficile de faire la part
entre les sources naturelles et les sources anthropiques de l’ozone, pour la simple raison que l’ozone
n’est pas produit directement mais par des réactions se produisant dans l’atmosphérique. L’ozone
peut être généré par quatre voies différentes :
x l’action des radiations ultraviolettes sur l’oxygène de l’air,
x la photo-oxydation de l’oxyde de carbone CO, du méthane CH4 et des composés organiques
volatils COV en présence des oxydes d’azote NOx,
x le passage de l’électricité à travers l’air ; il y a une production significative d’ozone au
voisinage des lignes électriques de haute tension HT,
x le transfert de l’ozone stratosphérique vers les basses couches de l’atmosphère.
Il ne fait pas de doute que la concentration d’ozone, à la surface de la terre, a augmenté au cours des
20 dernières années et cette tendance va sûrement se poursuivre.
Des recherches doivent être entreprises afin de mieux cerner la chimie de l’ozone troposphérique
pour mieux comprendre les réactions chimiques qui se déroulent dans la base atmosphère et qui
donnent naissance à l’ozone. Ce sont là des préoccupations que la communauté tente de prendre en
charge et limitant l’augmentation de l’ozone néfaste aussi bien pour les espèces vivantes que pour
l’environnement.
Certaines programmes sont mis en œuvre au niveau mondial ; on peut citer :
x le programme NCLAN ( Nation Crop Loss Assessment Network),
x le programme CEE relatif à l’évaluation des effets de la pollution de l’air et d’autres stress
sur les cultures et lancé en 1988,
L’augmentation de l’ozone troposphérique laisse entrevoir deux autres risques :
- la diminution des radicaux (OH) considérés comme les véritables épurateurs de
l’atmosphère,
- l’accélération des pluies acides dans certaines régions du globe car les espèces
photochimiques sont très actives pour transformer les oxydes de soufre et d’azote en
acides sulfurique et nitrique.
5-1 Mesure de l’ozone troposphérique en Algérie
5-1-1 Mesure de l’ozone troposphérique à Tamanrasset
La région de Tamanrasset constitue une zone à l’abri de la pollution atmosphérique. La région est
éloignée de la pollution industrielle et automobile. Les valeurs de l’ozone de surface mesurées à
Tamanrasset constituent ce qu’on appelle une pollution de fond qui est une caractéristique de
l’atmosphère globale. La concentration de l’ozone peut varier du simple au double au cours d’un
mois donné mais la valeur moyenne se situe autour de 40 ppbv (parties par milliard en volume). La
concentration de l’ozone en surface atteint un maximum en été (Juillet – Août) à cause de l’intensité
du rayonnement qui est en grande partie à l’origine de sa production en présence d’oxydes d’azote,
des hydrocarbures et de l’oxygène de l’air. Cette concentration est minimale en automne
(Septembre-Octobre). La figure 4 donne les valeurs (ppbv) moyennes, minimales et maximales de
l’ozone de surface. Il faut noter le parallélisme entre les courbes représentant ces valeurs. Il apparaît
que les normes de L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour l’ozone de surface de 55 ppbv
sont souvent dépassées à Tamanrasset.

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65

60
55

50

45

U
N
I
T
E
S
P
P
B

58

58

52
48

42
40
35

Valeurs moyennes
valeurs maximales

60
58

51
46
43

42

39

36

40

33

33

30

25

25

30

24

20
Mar

Avr

Mai

30

29

29

26

MOIS
Fev

39
36

31

Jan

41

35
33

46

43

39
36

valeurs minimales

47

41

20

Juin

Juil

Aout

Sep

23
Oct

Nov

Dec

Figure 5 : Ozone de surface (période 1997-1998) à Tamanrasset

5-1-2 Mesure de l’ozone troposphérique à Alger
Des mesures effectuées à Alger - Madania (Boughedaoui et al), ont montré que la concentration
d’ozone de surface se situe entre 40 et 70 ppbv entre 12 et 18 heures soit pratiquement le double de
celui de Tamanrasset. Dans les grandes villes algériennes, on atteint souvent 70 ppbv. La
concentration de l’ozone troposphérique à l’intérieur des villes, en dehors de son caractère polluant
et dangereux au niveau pulmonaire, représente vis à vis du rayonnement ultraviolet un aspect
bénéfice vu que l’ozone est un fort absorbant des radiations UV. Il apparaît que les normes de
L’OMS sont souvent dépassées dans les grandes villes comme Alger.
Le Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement a mis en place, au cours de
l’année 2002, un réseau de mesure de la pollution dont la mesure d’ozone troposphérique. Il diffuse
un bulletin périodique.
5-2 Impacts de la diminution de l’ozone troposphérique sur les écosystèmes terrestres
L’ozone troposphérique est un gaz fortement réactif qui peut oxyder directement les molécules et
donner naissance à des radicaux libres à forte énergie qui peuvent endommager les membranes
cellulaires. L’ozone troposphérique peut donc avoir un effet dangereux sur le métabolisme des
plantes. La réponse des plantes, à l’action de l’ozone, commence par la diffusion dans les feuilles à
travers les stomates. La quantité d’ozone absorbée dépend de la résistance de la feuille et de la
densité des stomates. Elle dépend également des facteurs qui interviennent dans le transfert de
l’ozone de la phase gazeuse à la phase liquide à l’intérieur des cellules. En général, l’ozone réduit
l’activité photosynthétique des végétaux dés que sa concentration atteint des valeurs comprises
entre 45 et 100 ppbv. Lorsqu’on expose une plante à des concentrations croissantes d’ozone (Gérard
M.1994), on observe une augmentation de l’activité respiratoire des parties aériennes et une
diminution d’activité au niveau racinaire d’où un déséquilibre en faveur du feuillage. Les effets
opposés de l’ozone troposphérique sur la photosynthèse et la respiration foliaire conduisent à un
autre déséquilibre qui se traduit par une baisse de saccharose ( et autres assimilas) disponibles pour
la plante.
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Les plantes sont d’autant plus sensibles à l’ozone que l’activité photosynthétique est élevée. Dans la
phase liquide, l’ozone se transforme et donne naissance à une variété de radicaux libres qui
réagissent avec les composants cellulaires. L’ozone amoindrit la résistance des plantes aux virus et
les déforme. La sensibilité des plantes est modifiée par :
x les facteurs influençant l’ouverture des stomates comme la lumière, l’humidité de l’air et
celle du sol,
x les facteurs génétiques propres aux plantes,
x les facteurs de développement comme les fertilisants du sol, les engrais et les produits
phytosanitaires comme les herbicides et les fongicides.
Quand la plante est incapable de se défendre ou de compenser les perturbations d’oxydation, il
s’ensuit des dommages sur la partie aérienne de la plante provoquant une décoloration. De petites
taches nécrotiques apparaissent sur la partie supérieure de la feuille. Pour les plantes sensibles, ces
symptômes se manifestent quelques heures après une exposition à des concentrations voisines de 40
ppbv. La réponse des plantes varie d’une espèce à une autre. Certaines espèces de tabac ne peuvent
pas être cultivées à cause de leur hypersensibilité à l’ozone. L’ozone troposphérique accélère les
phénomènes de sénescence et réduit la durée du cycle végétatif. Des études réalisées aux USA ont
montré qu’il se produisait une diminution des rendements des cultures lorsque la moyenne
saisonnière de l’ozone était comprise entre 56 et 72 Pg /m3. (28 et 36 ppbv). L’action de l’ozone sur
les forêts se traduit par leur fragilisation et parfois la mort des arbres. Au début des années 80, on
attribuait le dépérissement de certaines forêts de l’Europe de l’ouest à l’action des pluies acides
dues à la formation de l’acide sulfurique et de l’acide nitrique dans l’air à partir des émissions de
dioxyde de soufre et d’oxydes d’azote d’origine industrielle. Cette hypothèse est actuellement
abandonnée en faveur de la pollution photo-oxydante et en particulier celle due à l’ozone
troposphérique.
Des expériences ont montré que des concentrations croissantes d’ozone provoquent des atteintes
visibles sur des espèces forestières sensibles (pins), associées à une réduction significative de
l’activité photosynthétique. Cependant, l’influence de l’ozone paraît moins nette pour l’épicéa et le
sapin. L’action de l’ozone peut se conjuguer à celle de l’oxyde de carbone et celle du dioxyde
d’azote pour provoquer des dommages significatifs.
La Directive 92/72 de la CEE du 21 septembre 1992 fixe les seuils pour la protection de la
végétation comme suit :
- 200 micro-grammes par m3 soit 100 ppbv pour la valeur moyenne sur 1 heure,
- 65 micro-grammes par m3 soit 33 ppbv pour la valeur moyenne sur 24 heures.
Des expériences réalisées au laboratoire ont montré qu’un doublement de la teneur de l’ozone
troposphérique réduirait de 30% le rendement de l’ensemble des cultures. Le tableau 1 donne le
degré de sensibilité de certaines espèces végétales à l’ozone.
Les études de laboratoire ( Gilmour et al, 1991) effectuées sur les animaux ont montré les effets
biologiques de l’ozone troposphérique comme : l’augmentation de la perméabilité de l’épithélium
alvéolaire, la destruction des défenses pulmonaires contre les infections virales et microbiennes, la
diminution de la fonction respiratoire.
Dans les prochaines décennies, l’augmentation de la concentration de l’ozone dans la troposphère
devrait accompagner celle du gaz carbonique CO2. Des travaux menés uniquement sur une espèce
très sensible à l’ozone (le radis) concluent à une interaction entre les deux gaz : les fortes teneurs
en CO2 autour de 700 ppmv, contrecarrent les effets toxiques de l’ozone, tandis qu’à l’inverse,
l’ozone réduit l’action bénéfique que pourrait avoir une fourniture plus importante en gaz
carbonique. Les écosystèmes aquatiques ne sont pas directement exposés à l’ozone troposphérique
et de ce fait sont mieux protégés.

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Tableau 1 : sensibilité de certaines espèces végétales à l’ozone troposphérique.
Catégorie

ESPECES SENSIBLES

ESPECES MOYENNEMENT SENSIBLES

ESPECES PEU SENSIBLES

Type
Avoine
Blé
Haricot
Oignon
Pomme de terre
Tabac
Tomate
Carotte
Chou
Pin
Pois
Abricotier
Betterave
Chêne rouge
Laitue
Pêcher
Poirier

Variété
Avéna sativa
Triticum aestivum
Phaseolus
Allium cepa
Solanum tuberosum
Nicotiana tabacum
Lycopersicon esculentum
Daucus carota
Brassica oleracea
Pinus strobus
Pisum sativum
Prunus armeniaca
Beta vulgaris
Quercus rubra
Lactuca sativa
Prunus persica
Pyrus communis

Les mesures d’ozone effectuées, en Algérie, donnent des valeurs voisines des limites supérieures
des normes internationales. Le problème de l’ozone troposphérique va devenir de plus en plus
préoccupant en Algérie car la tendance à la hausse de sa concentration est liée au développement du
trafic routier, sans cesse croissant, qui est à l’origine des émissions de gaz précurseurs d’ozone.
6- BIODIVERSITE ET AUGMENTATION DU GAZ CARBONIQUE
Le gaz carbonique (CO2) est le principal gaz à effet de serre impliqué dans le phénomène des
changements climatiques. Il représente près de 60% de la concentration totale des gaz à effet de
serre. D’or et déjà, on constate l’impact durable des émissions de CO2 dans l’atmosphère et son
accumulation dans le temps induira sans doute des modifications, au niveau principalement des
écosystèmes. Compte tenu de la circulation générale atmosphérique et du phénomène naturel de
diffusion., l’augmentation de la concentration du CO2 se fait de façon uniforme au niveau du globe
terrestre tout entier et touche donc de la même façon chaque lieu géographique.
6-1 Augmentation de la concentration du CO2 dans l’atmosphère
Les mesures systématiques du CO2 atmosphérique ont commencé en 1958. On dispose donc
aujourd'hui d'un recul suffisant pour donner une estimation fiable de l'accroissement de la
concentration atmosphérique du CO2. Ainsi, entre 1958 et 1990, sa concentration moyenne est
passée de 315 ppmv (parties par million en volume) à 354 ppvm, une teneur qui représente une
augmentation évaluée à 25 % par rapport à la période pré-industrielle. Au rythme actuel, la teneur
en gaz carbonique dans l'atmosphère pourrait doubler vers le milieu du siècle prochain.
Le cycle de carbone naturel implique les principaux réservoirs que sont l’atmosphère, l’océan, la
biomasse marine et la biomasse continentale. Dans ce cycle, extrêmement complexe et encore mal
connu, l'océan est un irremplaçable régulateur. On estime qu'il renouvelle tous les huit ans la totalité
du CO2 dans l'atmosphère et qu'il joue un rôle régulateur de sa concentration.
6-2 Impacts de l’augmentation de la concentration du CO2 sur les écosystèmes terrestres
Une plus grande concentration de CO2 peut influencer la croissance des plantes dans le cas de
certaines espèces et ce par des voies spécifiques. Certaines espèces vont répondre de façon sensible
et d’autres non (Bazzaz, 1996). Un des facteurs limitant de l’utilisation du CO2 additionnel est la
disponibilité de l’eau. La réponse différente des espèces altérera les facteurs de compétition entre
elles et par voie de conséquence l’abondance relative de chacune.
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Dukes & Mooney (1999) affirment que l’augmentation de la déposition d’azote et l’augmentation
de la concentration de CO2 vont favoriser certaines espèces qui partagent certains traits
physiologiques communs aux espèces invasives et leurs permettront de tirer profit des changements
climatiques.
Les principaux processus d’échange de CO2 entre la végétation, le sol et l’atmosphère sont:
- les réactions de photosynthèse qui se déroulent au niveau des écosystèmes et qui fixent une
quantité de carbone puisée du CO2 atmosphérique,
- la respiration autotrophe des écosystèmes qui dégagent du CO2 vers l’atmosphère,
- la respiration hétérotrophe des micro-organismes qui transforment les matières organiques
du sol et dégagent du CO2 vers l’atmosphère.
L’augmentation de la concentration du CO2 a sans doute un effet sur l’absorption du CO2 par
photosynthèse et le dégagement de CO2 par respiration. Deux types de réactions sont provoquées à
la fois par les changements climatiques et l’augmentation de la concentration du CO2 :
- une réaction métabolique majeure et positive liée au réchauffement climatique. L’élévation
de la température va entraîner une augmentation des taux respiratoires des plantes et des
micro-organismes et un dégagement plus grand de CO2 vers l’atmosphère,
- une réaction métabolique négative associée à l’augmentation de la concentration du CO2 et
à l’élévation de température; l’augmentation de la concentration du CO2 va stimuler le
processus de photosynthèse et une croissance du stock de carbone au sein des écosystèmes.
C’est le bilan entre ces deux types de réactions qui permet d’affirmer si les effets des changements
climatiques et de l’accroissement du CO2 atmosphérique ont un effet de fertilisation ou non sur les
écosystèmes. Cependant, la disponibilité de l’eau. devra jouer un grand rôle vis à vis de cet effet. Il
faut rappeler que la majorité des recherches qui ont été réalisées dans le monde sur l’impact de la
concentration du CO2 sur les plantes ont été faites au laboratoire ou dans des serres. Il est difficile
de transposer ces résultats directement aux conditions réelles et beaucoup plus complexes du
terrain. Un certain nombre de résultats sur les impacts du CO2 peuvent être énumérés :
- les espèces ayant une forte conductance pour la diffusion du CO2 auront une croissance plus
grande que les espèces à faible conductance; la plupart des espèces cultivées ont une
conductance élevée,
- l’augmentation de la concentration du CO2 provoque une fermeture partielle des stomates
des feuilles et réduit l’évapotranspiration chez de nombreuses espèces ; ce qui présente une
amélioration de l’efficacité d’utilisation de l’eau,
- les plantes de type C3 fixeront plus du CO2 que les plantes de type C4 qui sont moins
sensibles.
Les études les plus récentes en physiologie végétale montrent qu'un accroissement de CO2 dans
l'atmosphère influence de manière positive la croissance des plantes dans les régions tempérées
humides ( Drake, 1992) et de façon faible, voire négligeable dans les régions sèches (Oechel et al.,
1994). On peut conclure que dans notre région, en dehors des zones qui reçoivent une irrigation
appropriée, l’effet de fertilisation lié à l’augmentation de la concentration du CO2 serait négligeable
à cause du déficit quasi permanent de l’eau.
Le développement des insectes peut être influencé par l’augmentation de la concentration du CO2.
Certaines expériences suggèrent que les populations d’insectes vont diminuer à cause de la baisse
nutritionnelle de la qualité des feuilles. En effet, des plantes cultivées sous une forte concentration
de CO2 présentent une diminution d’azote dans leurs tissus jusqu’à 30%. Cette diminution est due
aux dommages causés à 80% par les insectes (Trumble, 199). D’autres expériences montrent que les
insectes vont consommer plus de feuilles pour compenser la baisse de la qualité nutritionnelle et
finalement inhiber l’effet de fertilisation sur la croissance des plantes (Bazzaz & Fajer, 1992). Du
fait du réchauffement thermique, les épidémies d’insectes et des vecteurs pathogènes vont
augmenter de fréquence. Elles peuvent être moins sévères pour certaines espèces et graves pour
d’autres.
On ne peut évaluer l’impact de l’augmentation du CO2 sur les écosystèmes terrestres
indépendamment des interactions entre le CO2 et d’autres polluants atmosphériques. En effet,
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certains polluants comme l’ozone troposphérique peuvent avoir des effets souvent contraires à
celui du CO2. Il en est de même de l’impact de l’augmentation du rayonnement UV due à la
diminution de l’ozone stratosphérique.
Les effets de l’augmentation de la concentration de CO2 sur la productivité des plantes et le
stockage de carbone sont aussi importants que les changements climatiques. Globalement, il y aura
diminution de la productivité des plantes dans les régions arides (Bolortsetseg et Tuvaansuren,
1997). Des travaux expérimentaux montrent que la qualité des grains et du forage diminuent avec
l’augmentation de la concentration du CO2 combinée à une élévation de la température.
Les plantes suffisamment alimentées en substances nutritives réagissent plus fortement aux
concentrations élevées de CO2 comparativement à celles qui présentent une carence nutritionnelle.
Néanmoins l’augmentation de la concentration du CO2 améliore la productivité de ces dernières.
L’augmentation de la production de biomasse, sous des niveaux de concentrations de CO2 de plus
en plus élevés, ne peut pas se maintenir sans un apport supplémentaire de matières nutritives
assimilables (Schimel, 1998).
Les plantes, qui sont cultivées sous forte concentration de CO2, augmentent l’allocation de photosynthates aux racines. Ce qui augmente la séquestration indirecte du carbone par les couches
inférieures du sol ( Murray, 1997).
Le tableau 2 résume les effets directs et indirects du CO2 sur les plantes et les écosystèmes.
Tableau 2 : effets directs et indirects de l’augmentation de la concentration de CO2
Effets directs
Changement dans la croissance des plantes
Changement dans l’utilisation de l’eau
Changement dans la nutrition

Effets indirects
Changement dans l’abondance des espèces
Changement dans la répartition des écosystèmes
Changement des cycles géo-biochimiques
Changement de la compétitivité entre espèces
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

6-3 Impacts de l’augmentation de la concentration du CO2 sur les écosystèmes marins
La production marine primaire se fait à travers le phytoplancton qui convertit le carbone du CO2 en
molécules organiques. Cette conversion nécessite de la lumière, du gaz carbonique CO2 et des
matières nutritives dissoutes dans l’eau. Le taux de production primaire n’est pas contrôlé
uniquement par le CO2 qui se trouve toujours en quantité supérieure par rapport aux besoins
nécessaires à la production primaire mais aussi par la disponibilité de matières nutritives dans la
couche océanique de surface éclairée par le soleil. Ces matières nutritives viennent soit des
substances recyclées dans la couche de surface ou par apport de substances en provenance du
continent, de l’atmosphère ou par remontée des eaux de l’océan profond, riches en minéraux.
Le cycle naturel du carbone dans l’océan et en particulier la pression partielle de CO2 des eaux de
surface sont fortement influencés par les processus biologiques qui se déroulent dans l’océan. La
biomasse marine agit comme une pompe biologique qui véhicule le carbone organique de la surface
de l’océan vers les couches profondes sous forme de particules organiques ou comme matière
organique dissoute et transportée par les courants marins. Ce carbone est reminalisé par les
bactéries au fond de l’océan à l’exception d’une faible quantité qui est enfouie dans les sédiments.
Ainsi la pompe biologique réduit la quantité du CO2 présent à la surface de l’océan ( et par
conséquent dans l’atmosphère) et augmente le contenu de carbone dans l’océan profond. Cette
pompe biologique a pour effet de réduire, de façon substantielle, le CO2 contenu dans les eaux de
surface. Sans la pompe biologique, le niveau de CO2 dans l’atmosphère aurait été beaucoup plus
élevé.
En relation avec l’augmentation de la concentration du CO2 dans l’océan, certaines algues et
organismes dont, le squelette est constitué par le carbonate de calcium CaCO3, peuvent se
développer par une absorption plus importante du carbone du CO2 en le transformant en CaCO3 et
en structures squelettiques. Les carbonates précipitent ensuite et se dissolvent dans les couches

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profondes de l’océan. Dans certaines régions du monde, il apparaît que la production du
phytoplancton et du zooplancton (Brodeur and Ware, 1992) a augmenté ces dernières décades.
7- BIODIVERSITE ET CHANGEMENTS CLIMATIQUES
Les changements climatiques et une déposition plus grande de matières nutritives en provenance
de l’atmosphère vont affecter directement les sols, la production végétale, la structure et la
composition des espèces. Les modifications spatiale et temporelle des profils de la température et
des pluies vont influencer les écosystèmes naturels et imposer de nouvelles contraintes régionales
sur l’agriculture et les forêts. L’occurrence de plus en plus grands des phénomènes extrêmes
comme les inondations, les sécheresses et les vagues de chaleur risquent d’avoir des effets
destructeurs sur les écosystèmes terrestres. L’élévation du niveau de la mer comme une
conséquence directe des changements climatiques aura de profonds effets sur les écosystèmes
côtiers. Les changements climatiques, laissent présager des modifications de grande ampleur
affectant les écosystèmes, les communautés biologiques, les populations tant dans leur
composition que dans leur fonctionnement. Les facteurs physiques (température, eau, lumière,
etc.) exercent un rôle primordial sur la distribution des flores et des faunes. Ils modifient aussi les
régimes de sélection, donc la réponse adaptative des organismes. Si les perspectives de
changements climatiques globaux suscitent un regain d'intérêt sur les mécanismes d'action des
facteurs abiotiques, ils montrent en même temps l'insuffisance de nos connaissances. L’analyse du
rôle fonctionnel des espèces dans l’écosystème ainsi que le suivi de groupes fonctionnels bien
identifiés devraient permettre de prédire l’effet des changements globaux sur un large spectre de
systèmes écologiques.
Les changements majeurs au sein des écosystèmes entraînent des contre-réactions importantes sur le
système climatique à cause des modifications de la rugosité et de la réflectivité de la surface
terrestre. Même si les changements climatiques sont de nature globale, ils affectent le temps local et
le climat par des voies qui sont fortement dépendantes du lieu géographique considéré. Ce qui fait
que les impacts des changements climatiques seront différents selon les régions du monde. Ce qui
complique l’examen des impacts et interdit toute généralisation automatique des résultats et leur
extrapolation d’une région à une autre. Il faudra même prendre des précautions lorsqu’on comparera
des zones géographiques présentant actuellement des similitudes climatiques.
La vulnérabilité particulière des écosystèmes des zones arides et semi-arides aux changements
climatiques a été soulignée par le GIEC : « de nombreux écosystèmes terrestres possèdent des
capacités intrinsèques de supporter les effets de la variabilité climatique. Ceci n’est pas le cas
des écosystèmes des zones arides et semi-arides où de faibles changements du climat peuvent
intensifier la grande variabilité naturelle qui existe déjà et conduire à une dégradation
permanente du potentiel productif de ces zones » (Bullock and Le Houérou, 1996).
7-1 Impacts globaux sur la biodiversité
Les changements climatiques représentent une contrainte majeure pour la biodiversité. En effet, on
estime le réchauffement de la température moyenne globale à la surface de la terre entre 1,5 et 6°C
au cours de la période 2000-2100. Ce qui constitue un changement rapide jamais enregistré au cours
des 10.000 ans passés. Certaines régions connaîtront un réchauffement plus grand que d’autres. Au
cours des prochaines décades, on s’attend à un fort déclin de la biodiversité du fait que les
changements climatiques vont évoluer à une vitesse plus rapide que la vitesse naturelle d’évolution
qui caractérise la plupart des espèces vivantes. Ainsi, de nombreux écosystèmes n’auront pas le
temps de s’adapter et disparaîtront. Selon les estimations du GIEC, pour chaque degré de
réchauffement, correspondra un déplacement latitudinal vers le Nord d’environ 100 km des limites
bioclimatiques actuelles ou un déplacement altitudinal de 100 m. Les modèles climatiques globaux
(GCM) prévoient une altération des extrêmes de température. Ce qui va entraîner aussi un
raccourcissement de la saison froide entraînant des effets sur le cycle végétal. L’augmentation du
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nombre des jours chauds peut provoquer un stress de chaleur important qui peut endommager les
plantes à travers le phénomène de dessiccation. Le réchauffement climatique contribue à l’extension
géographique de la zone d’influence des parasites et maladies des plantes et donc l’expansion de
leurs effets néfastes. En d’autres termes, le phénomène de tropicalisation se fera de plus en plus
sentir. Les modèles climatiques globaux (GCM) prévoient une altération du régime des pluies et
une augmentation de l’occurrence de sécheresses et d’épisodes pluvieux violents qui peuvent
engendrer des inondations. Les sécheresses fragilisent le sol et les inondations détruisent le couvert
végétal et érodent les sols. Plus les séquences pluvieuses et sèches seront espacées et plus l’érosion
du sol sera intense. Les modèles intégrés sur l’évolution de la biodiversité montrent que :
- que les modifications de la biodiversité présentent des différences à l’échelle régionale et
sectorielle,
- que les modifications les plus significatives interviendront dans les prochaines décades,
- une adaptation appropriée et immédiate ne peut que limiter les impacts des changements
climatiques sur la biodiversité sans les contrer entièrement.
Les écosystèmes les plus vulnérables sont :
x les espèces vivantes dans des conditions limites de survie,
x les espèces ayant une localisation géographique déterminée (espèces de montagne),
x les espèces génétiquement appauvries,
x les espèces ayant des niches spécifiques,
x les espèces à faible reproduction,
x les espèces à faible dispersion.
Le tableau 3 résume les effets directs et indirects des changements climatiques sur les écosystèmes.
Tableau 3 : effets directs et indirects des changements climatiques
Effets directs
Changement de la croissance espèces
Changement de la décomposition organique
Changement de la distribution des écosystèmes

Effets indirects
Changement dans l’abondance des espèces
Changement de la structure des écosystèmes
Changement des cycles géo-biochimiques
Changement des régimes de perturbation
Changement de compétitivité entre espèces
Changement des fonctions des écosystèmes
______________________________________________________________________________________________

7-1-1 Ecosystèmes forestiers
L’impact des changements climatiques sur les forêts va être important du fait de la diminution des
précipitations et de l’augmentation de la température. La composition et la distribution des
écosystèmes naturels changeront en fonction de la réaction de chaque type d’espèces aux nouvelles
conditions climatiques. Dans le même temps, les habitats seront dégradés et fragmentés sous l’effet
combiné des changements climatiques, de la déforestation et des autres pressions
environnementales. Les espèces qui ne pourront pas s’adapter, de façon suffisamment rapide,
disparaîtront. Ce qui provoquera une perte irréversible de la biodiversité.
Les forets s’adaptent lentement aux changements climatiques : les expérimentations et les modèles
de simulation montrent qu’une augmentation d’un degré seulement de la température moyenne
globale affectera de façon importante la composition et le fonctionnement des forets. Du fait que
l’ensemble des scénarios des changements climatiques donnent tous une élévation de température
supérieure à 1°C pour le prochain siècle, on conclue à un impact majeur des changements
climatiques qui affectera près d’un tiers des forets existantes au niveau mondial. Certains types de
forets disparaîtront, alors qu’une nouvelle combinaison d’écosystèmes et d’espèces s’établiront.
D’autres contraintes induites par les changements climatiques fragiliseront les forets à savoir plus
de parasites, de vecteurs pathogènes qui seront plus actifs du fait d’un environnement plus chaud
(prolifération et mobilité).
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Les incendies qui seront de plus en plus fréquents, du fait de l’augmentation de température et de la
baisse des précipitations. En ce qui concerne notre région, il semble que ce n’est pas la fréquence et
l’extension des incendies qui sont déterminants mais beaucoup plus leur intensité. Celle-ci est liée à
la charge combustible au cours de la saison sèche qui est fonction de la quantité de pluie qui tombe
au cours de la saison humide. La charge combustible n’est pas une fonction linéaire de la couverture
forestière, comme on a tendance à croire.
Il faut rappeler que les forêts jouent un rôle important dans l’équilibre du climat planétaire. Elles
constituent des réservoirs majeurs de stockage de carbone soit les 80% de tout le carbone stocké au
niveau de l’ensemble de la couverture végétale terrestre et 40% du carbone stocké par les sols.
Ainsi, du fait du risque de dégradation des forets, de grosses quantités de carbone peuvent être
émises vers l’atmosphère durant les transitions correspondant au passage d’un type de forets vers un
autre. Une forêt qui meure libère plus vite le carbone que le temps qu’elle a mis pour le stocker
grâce à une absorption longue et continue, tout au long de son existence. Le carbone libéré risque à
son tour d’accélérer les changements climatiques compte tenu de son rôle dans le réchauffement du
climat. Il faut ajouter encore que les forets affectent directement le climat à différentes échelles,
locale, régionale et continentale à travers leur influence sur la température du sol,
l’évapotranspiration, la rugosité du sol, l’albédo, la formation des nuages et les précipitations. Les
zones forestières et les espèces arborescentes vont subir un déplacement significatif en direction du
Nord, comme une conséquence du réchauffement climatique et de la baisse de la pluviométrie.
7-1-2 Ecosystèmes des zones arides et semi-arides
A la lumière des travaux du GIEC, les changements climatiques toucheront principalement les
régions vulnérables comme les zones arides et semi-arides. Ces zones sont déjà l’objet d’une forte
aridité et d’une grande variabilité climatique intra-annuelle et inter-annuelle. Les écosystèmes y
sont fragiles et les ressources en eau à la limite des besoins. Ces zones seront de plus en plus
chaudes et soumises à une occurrence plus élevée de phénomènes extrêmes comme les sécheresses
et les vagues de chaleur. Ce qui entraînera des contraintes additionnelles sur les écosystèmes qui,
actuellement, se trouvent déjà à la limite de la tolérance thermique. Il faut ajouter comme on le
verra plus loin que le réchauffement du climat sera accompagné, dans le cas des zones arides et
semi-arides ( cas de l’Algérie) d’une diminution probable des ressources en eau. Ce qui accentuera
les pressions actuelles sur l’ensemble des écosystèmes. Certaines espèces végétales risquent de se
retrouver à quelques centaines de kilomètres derrière les nouvelles limites bioclimatiques et subir
une mort certaine. Les phénomènes extrêmes liés aux changements climatiques comme les vagues
de chaleur réduisent le rendement moyen des grains.
7-1-3 Ecosystèmes des zones de parcours
Lavée et al. (1998) affirment, sur la base d’études expérimentales et de terrain, que si les
changements climatiques dans la région méditerranéenne sont rapides avec une diminution de la
moyenne annuelle, de l’intensité et de la fréquence des précipitations, combinée avec une élévation
de la température, alors la productivité des parcours va baisser. Ce qui entraînera une réduction de
la matière organique et de la perméabilité des sols et une diminution des taux d’infiltration de l’eau
dans le sol. Il s’en suivra une dégradation importante des sols qui accéléra le phénomène de
désertification.
L’irrigation dans les zones arides et semi-arides est à l’origine de la salinisation des terres.
L’augmentation de température liée aux changements climatiques va exacerber cet effet. Les
changements qui affectent la couverture des sols du fait des changements à court terme du temps et
des changements climatiques à terme affecteront l’érosion et la dynamique organique des sols et
spécialement dans les zones semi-arides (Grégory et al., 1999).

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Il existe un seuil climatique étroit qui sépare la zone Nord du pays des régions semi-arides et arides
du pays. Ce qui fait que les changements climatiques peuvent modifier profondément la frontière
entre ces entités et accentuer la vulnérabilité du pays tout entier.
Il faut rappeler que les écosystèmes des parcours sont caractérisés par une couverture basse à cause
de la température élevée et de manque d’eau. Les modifications de température et des précipitations
vont augmenter la vulnérabilité actuelle des écosystèmes et reconfigurer les limites actuelles entre
les pâturages, les forets, les maquis et les autres écosystèmes. Les changements de
l’évapotranspiration affecteront profondément la productivité et la répartition des espèces.
La diminution de l’approvisionnement du sol induite par une pluviométrie plus faible, conjuguée à
une température plus élevée va favoriser les espèces dont le stress à l’eau est le plus grand. Ce qui
va altérer la composition des espèces (Polley et al., 1997).
Les zones de parcours comme la steppe connaîtront une forte perturbation des saisons de
croissance. Ce qui influencera fortement la production. Ces zones supportent la majeure partie du
bétail et nourrissent la faune sauvage. Leur déclin entraînera celle du bétail et de la faune sauvage,
un déséquilibre de la biodiversité et une désertification certaine.
7-1-4 Ecosystèmes de montagne
Sous l’effet de l’augmentation de température, les écosystèmes de montagne seront forcés de migrer
vers les altitudes plus élevées. Une grande partie des espèces qui peuplent déjà les sommets des
montagnes sera appelée à disparaître faute de pouvoir s’y adapter.
7-1-5 Ecosystèmes des zones côtières
Une des principales conséquences des changements climatiques est l’élévation du niveau de la mer
causé principalement par l’expansion thermique des eaux. Les zones côtières sont des zones
dynamiques. Les processus physiques, biotiques (récifs et coraux) et autres caractéristiques locales
interagiront avec l’élévation du niveau de la mer. Les nappes d’eau douce des aquifères côtiers sont
de plus en plus vulnérables à cause de leur surexploitation actuelle et subissent l’intrusion des eaux
salées marines qui risque de s’accentuer avec l’élévation du niveau de la mer. Ces nappes risquent
de subir une salinisation irréversible qui les rendra inutilisables aux fins d’irrigation des terres
agricoles ou pour la consommation en eau potable. L’avance du trait de côte à cause du prélèvement
massif des sédiments (sable) et de la destruction des cordons dunaires côtiers risque d’être
accentuée par l’élévation du niveau de la mer. Ce qui constitue une menace pour les écosystèmes
côtiers.
7-1-6 Ecosystèmes des zones humides et des chotts
Au niveau du GIEC, une faible attention a été donnée aux zones humides dans le monde (Sahagin et
Melack, 1998). Les zones humides comme celles de l’Algérie ont des cycles humides et secs
irréguliers. Les espèces vivant au niveau des zones humides forment une communauté adaptée à des
degrés divers aux risques d’inondation. Les zones humides présentent une grande variété dans la
composition des espèces.
Les pressions des changements climatiques sur l’habitat, la biodiversité et la séquestration du
carbone au niveau des zones humides seront des pressions indirectes et interviendront
essentiellement à travers les modifications du réseau hydrographique naturel. La baisse du niveau
d’eau des zones humides est liée à la modification du régime hydrologique provoquée par le
détournement des eaux qui alimentent ces zones, la réduction des précipitations et l’intensification
de l’évaporation en surface à cause de l’élévation de la température. L’approvisionnement en eau
des zones humides est aussi tributaire de celui des barrages en amont et de l’alimentation des
nappes souterraines qui communiquent avec elles ; les zones humides côtières, qui sont inondées de
manière saisonnière, risquent de subir un déplacement du fait de l’élévation du niveau de la mer.
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L’augmentation de la température et l’assèchement partiel ou total des zones humides ont un impact
direct sur les écosystèmes non pas seulement au niveau des zones humides elles-mêmes mais aussi
des zones limitrophes. Des épisodes de phénomènes extrêmes liés aux changements climatiques
comme des inondations intenses ou des sécheresses prolongées peuvent provoquer des pertes
considérables et irréversibles de la biodiversité.
L’augmentation de la température, au niveau des lacs d’eau douce, peut modifier la biodiversité des
espèces en favorisant certaines par rapport aux autres et l’augmentation du risque d’anoxie au fond
des lacs.
7-1-7 Faune
Les estimations actuelles indiquent, que dans le monde, 25% de la population animale et 12% de la
population d’oiseaux sont menacés d’extinction.
De par sa mobilité et le fait qu’elle soit physiologiquement soumise aux stress thermique et
hydrique, la faune est un indicateur privilégié et fiable des changements climatiques (Parmesan et
al., 2000). Les changements significatifs enregistrés ces dernières décades, en matière de
redistribution géographique de certains animaux s’expliquent de manière consistante par les
changements récents du climat. On observe déjà :
- des mouvements vers le Nord et vers les altitudes élevées,
- un changement dans l’abondance de certaines espèces,
- un changement des dimensions corporelles de certaines espèces,
- une modification dans les divers stades de la vie animale comme la précocité des
naissances,
Des modifications de la densité des espèces et à l’intérieur de chaque groupe taxonomique ont été
constatées. La faune peut donc fournir des indications importantes et précoces sur la façon dont
les écosystèmes peuvent réagir aux changements climatiques. Les observations et les études de
terrain montrent, que dans de nombreux cas, la faune réagit aux changements climatiques bien
avant les changements significatifs de la flore.
En fonction des changements climatiques, certains oiseaux migrateurs ont une certaine capacité de
modifier les lieux de transit et de destination. Cependant, dans un monde de plus en plus colonisé
et surexploité, la probabilité de trouver de nouveaux sites est de plus en plus limitée. Il faut
rappeler que le système des aires protégées sous la convention RAMSAR est basé sur la
distribution actuelle du climat. A l’avenir, il faudra tenir compte de l’impact des changements
climatiques.
Des invasions d’acridiens se produisent de façon irrégulière et touchent le Sahel et le Maghreb.
Ces invasions sont directement liées aux conditions climatiques et particulièrement la température
de l’air et l’humidité des sols pour le développement des larves et pour leur déplacement. Les
changements climatiques peuvent jouer un rôle dans l’occurrence positive ou négative de ces
invasions.
Les changements climatiques et en particulier l’élévation de température peut stimuler le
développement et la mobilité des insectes et des vecteurs pathogènes et particulièrement ceux dont
la distribution spatiale et temporelle est fortement tributaire des facteurs du climat. Ce qui peut
augmenter considérablement les dommages causés aux écosystèmes.
Les changements climatiques, à travers l’occurrence de plus en plus grande des phénomènes
extrêmes (inondations, sécheresses, vagues de chaleur), sont des facteurs parmi tant d’autres de
l’augmentation de la vulnérabilité de la faune. Ce qui peut entraîner une disparition ou raréfaction
de certaines espèces.
7.1.8 Besoins en matière d’information et d’évaluation sur les liens entre la biodiversité et les
changements climatiques
Ces besoins incluent :
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une meilleure compréhension des liens entre la biodiversité, la fonction et la structure des
écosystèmes et la dispersion et/ou la migration à travers les sols fragmentés,
une meilleure compréhension de la réponse de la biodiversité aux changements du climat et
autres pressions,
un développement de scénarios climatiques transitoires avec une résolution appropriée et de
modèles d’écosystèmes et spécialement pour quantifier les impacts des changements
climatiques sur la biodiversité à toutes les échelles en tenant compte des multiples
réactions,
une meilleure compréhension des impacts locaux et régionaux des options d’atténuation et
d’adaptation aux changements climatiques sur la biodiversité,
un développement des méthodologies d’évaluation, critères et indicateurs pour quantifier
les impacts des activités d’atténuation et d’adaptation sur la biodiversité et les autres
aspects du développement durable,

8- METHODOLOGIE D’ETUDE DES IMPACTS DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES
SUR LA BIODIVERSITE (QUANTIFICATION )
L’étude des impacts des changements climatiques sur la biodiversité a amené la communauté
scientifique à se concentrer sur de larges entités comme les écosystèmes ou les biomes.
Cependant, les changements climatiques agissent sur des organismes individuels qui font partie
d’un réseau complexe d’interactions entre les espèces et avec leur écosystème. De même, il serait
hasardeux de transposer les études et observations relatives à une sélection d’espèces d’un
écosystème à un autre.
Il y a deux approches d’étude :
- la méthode basée sur le déplacement des écosystèmes,
- la méthode basée sur les facteurs écologiques.
8-1 Méthode basée sur le déplacement des écosystèmes
Cette méthode considère que la migration des écosystèmes se fera sans perte en direction de
nouveaux sites qui réunissent des conditions analogues aux conditions initiales. Il s’agit d’une
simplification assez grosse de ce qui arriverait dans le futur mais qui a l’avantage de se baser sur les
relations déjà connues entre les composantes d’un écosystème et les facteurs du climat. Cette
méthode est utilisée pour projeter la distribution des nouveaux écosystèmes à la lumière des
scénarios de projection des changements climatiques.
8-2 Méthode basée sur les facteurs écologiques
Cette méthode part du fait que les espèces d’un écosystème présentent une tolérance climatique
qui diffère d’une espèce à une autre incluant en plus une variabilité génétique entre les espèces,
une différence de capacité migratoire et les effets des espèces invasives (Duke & Money, 1999).
La méthode écologique considère que l’impact des changements climatiques portera
essentiellement sur des modifications locales qui affecteront la composition des espèces et leur
dominance. Les changements se produiront avec la disparition ou le déclin de certaines espèces au
bénéfice d’autres qui deviendront prédominantes. La longévité des individus, la structure d’âges
des populations existantes et l’arrivée des espèces invasives vont modérer les changements qui
vont s’opérer. Le résultat serait l’avènement de nouveaux écosystèmes qui peuvent être
radicalement différents des écosystèmes actuels.
De nombreuses études paléo-écologiques montrent que des espèces importantes dans un
écosystème peuvent réagir différemment aux changements climatiques.
Le problème avec la méthode écologique est qu’elle est délicate à mettre en oeuvre sur le plan
pratique pour prévoir les évolutions possibles. Pour cette raison, la plupart des études globales ou
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régionales relatives aux impacts des changements climatiques sont basées sur la méthode de
déplacement des écosystèmes, compte tenu de sa faisabilité. Cette dernière, limitée aux
projections de la distribution végétale, implique de façon implicite l’assomption que les
populations animales suivent la composition végétale d’un écosystème.
Dans ce qui suit pour évaluer les impacts sur la biodiversité en Algérie, on utilisera :
- la méthode de déplacement des écosystèmes pour avoir une idée globale des grands
changements qui affecteront l’Algérie,
- la méthode écologique en se basant sur les études qui ont été réalisées en Algérie et qui ont
analysé les relations entre certaines espèces végétales ou animales et les facteurs du climat.
8-3 Application de la méthode de déplacement des écosystèmes à l’Algérie
On se base sur la classification bioclimatique empirique d’Emberger qui est la plus utilisée en
Algérie et qui est basée sur la pluviométrie moyenne annuelle, la température maximale moyenne
mensuelle du mois le plus chaud et la température minimale moyenne mensuelle du mois le plus
froid. Le quotient réduit adapté de celui d’Emberger, déterminé en 1972 par Stewart, est donné par
la formule suivante :
Q = 3,43 P/ (M-m) avec :
P = moyenne annuelle des précipitations (mm)
M = moyenne mensuelle de la température maximale du mois le plus chaud
m = moyenne mensuelle de la température minimale du mois le plus froid
Compte tenu des projections climatiques ci-dessus pour l’horizon 2020, les précipitations vont
connaître une diminution de l’ordre de 10% et une élévation de température de 1°C. On considère
que les valeurs de M et m subiront une augmentation identique de température égale à 1°C. Ce qui
donne :
'Q / Q = 'P / P et 'Q = Q x ( -10/100) = - 0,1Q
Le quotient réduit d’Emberger diminuera de 10% par rapport à sa valeur actuelle. Ce qui
entraîne un déplacement des étages bioclimatiques :
- de l’étage bioclimatique humide vers l’étage sub-humide,
- de l’étage bioclimatique sub-humide vers l’étage semi-aride,
- de l’étage bioclimatique semi-aride vers l’étage aride,
- de l’étage bioclimatique aride vers l’étage saharien,
L’augmentation de la température minimale de 1°C entraînera un déplacement des sous-étages
bioclimatiques :
- des sous étages froids vers les sous-étages frais,
- des sous étages frais vers les sous-étages tempéré ou doux,
- des sous étages tempérés ou doux vers les sous-étages chaud.
Compte tenu, de ces tendances d’évolution climatique, on aura progressivement une nouvelle
répartition des écosystèmes :
- les écosystèmes des zones sub-humides se substitueront progressivement aux écosystèmes
humides,
- les écosystèmes des zones semi-arides se substitueront progressivement à ceux du subhumide,
- les écosystèmes de l’aride se substitueront progressivement à ceux du semi-aride.
- Les écosystèmes sahariens se substitueront progressivement à ceux de l’aride.
les écosystèmes de l’étage humide vont subir un stress significatif qui les rendra de plus en plus
vulnérables.
Bouazza M et al (2001) affirme que le climagramme pluviothermique d’Emberger montre que l’aire
de l’alfa (Stipa tenacissima L) subit un déplacement vers les altitudes plus élevées et les valeurs du
Q2 s’accordent avec les nouveaux sites où l’alfa s’installe.

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8-4 Application de la méthode basée sur les facteurs écologiques à l’Algérie
Certaines études ont été menées en Algérie sur les liens qui existent entre la biodiversité et le
climat. Ces études ont porté sur :
- l’alfa (Stipa tenacissima L) et l’armoise (Artemisia herba alba Asso),
- les coquilles de Leucochroa candidissima Drapaneau, 1801 (Mollusca, Leucochroïdae),
8-4-1 Impact du climat sur l’alfa (Stipa tenacissima L) et l’armoise (Artemisia herba alba Asso)
L’étude, réalisée par Bensid T en 1994, a porté sur les interactions entre les facteurs du climat et le
développement de l’alfa et de l’armoise. Cette étude a été réalisée dans les hautes plaines
oranaises au niveau de la station d’El Aricha à 1250 m d’altitude et de celle de Ras El Ma à 1093
m d’altitude.
L’allongement de la période sèche, durant la période récente, provoque une sécheresse que
supporte mal la plante d’alfa. La précocité de cette sécheresse et l’importance du déficit hydrique
raccourcissent la période de développement de l’alfa (Stipa tenacissima L). La durée de la période
de croissance est d’autant plus courte que l’étage bioclimatique est plus aride (Ghrab, 1981). Les
nappes d’alfa s’amenuisent dans la région d’El Aricha et se déplacent en direction du Nord vers
des zones plus humides. En effet, la nappe d’El Aricha est beaucoup plus clairsemée que celle de
Ras El Ma.
La dégradation des nappes d’alfa est accompagnée par l’augmentation de la densité des pieds
d’armoise qui est une plante plus résistante à la sécheresse que l’alfa. L’armoise poursuit sa
croissance tout au long de la période sèche, grâce au grand développement de son appareil
racinaire qui permet l’absorption d’eau et la réduction de la surface foliaire en comparaison avec
celle de l’alfa. L’adaptation de l’armoise n’est pas seulement morphologique (Kappen et al.,
1972). En effet, on enregistre en relation avec les conditions hydriques défavorables, au cours de
la période estivale, des pressions osmotiques élevées dans le xylème et dans les feuilles de
l’armoise. Ce qui permet à cette plante de maintenir, pendant quelques heures par jour, l’activité
photosynthétique au cours de la période sèche.
Compte tenu de la baisse des précipitations et de l’augmentation de l’évapotranspiration liée à
l’élévation de température, données par les scénarios climatiques, on peut conclure que les nappes
d’alfa actuelles ne peuvent pas survivre dans des conditions climatiques de plus en plus sèches et
chaudes. Elles doivent nécessairement se déplacer vers le Nord. Ce qui confirme l’analyse
précédente sur le déplacement des écosystèmes. L’alfa est progressivement remplacée par l’armoise
qui une espèce plus résistante à la sécheresse.
8-4-2 Impact du climat sur les coquilles de Leucochroa candidissima Drapaneau, 1801
(Mollusca, Leucochroïdae)
L’étude réalisée, par Damerdji A en 1994, a été réalisée dans la région des hautes plaines
oranaises et le tell. Les trois sites choisis sont El Aricha, Sebdou et Zenata situés pratiquement sur
un axe Sud Nord. Il est connu que les minimas de température se produisent en Hiver. Sur cet axe,
plus on descend vers le Sud et plus les minimas sont prononcés du fait de la continentalité
(Seltzer, 1946). Cette étude a porté sur les caractéristiques suivantes des coquilles :
- diamètre,
- hauteur,
- ouverture,
- nombre de spires.
Les résultats obtenus sont présentés au tableau 4

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Tableau 4 : Caractéristiques des coquilles selon le site
Station
El Aricha
Sebdou
Zenata

Diamètre (mm)
24,7
21
20,3

Hauteur (mm)
17,4
14,4
13,2

Ouverture (mm)
9,9
8,1
8

Nombre de spires
5,2
4,9
4,9

Les résultats montrent que les températures minimales influent sur les dimensions des coquilles,
plus les minimas sont bas et plus ces dimensions sont grandes. Plus, on se dirige vers le Nord et
plus les coquilles sont petites. La coquille grandit en même temps que la coquille. En effet, si un
gastropode se trouve handicapé par des conditions climatiques défavorables, la croissance de sa
coquille ralentit en conséquence.
On peut tirer comme conclusion : en cas de réchauffement de la température par suite des
changements climatiques, les coquilles peuvent rester sur place en s’adaptant mais elles se
développeront moins et leurs dimensions se réduiront.
9. ATTENUATION DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES ET BIODIVERSITE
L’atténuation est définie comme une intervention humaine pour réduire les sources ou augmenter
l’absorption des gaz à effet de serre. Les actions qui réduisent les émissions nettes des gaz à effet de
serre permettront de diminuer le taux de changement du climat et atténueront les pressions des
changements climatiques sur les systèmes naturels et humains. Les actions d’atténuation permettent
donc de temporiser et de réduire les changements climatiques en entraînant des bénéfices
environnementaux et sociaux.
Les activités d’atténuation impliquant la biodiversité incluent essentiellement la séquestration du
carbone et la réduction des émissions des gaz à effet de serre. Les terres agricoles, les forets et les
autres écosystèmes constituent un potentiel significatif de séquestration de carbone à travers le
changement d’utilisation des sols (boisement et reboisement), la lutte contre la destruction des
forets, l’exploitation rationnelle des systèmes agricoles et des parcours et une gestion forestière
efficace. Les impacts des activités d’atténuation des changements climatiques sur la biodiversité
dépendent du contexte, de la nature et de la mise en œuvre de ces activités. L’utilisation et le
changement de la couverture des sols et les activités forestières (boisement, reboisement, protection
et amélioration des pratiques d’exploitation des forets, des terres culturales et des parcours) et la
mise en œuvre des énergies renouvelables (sources : hydraulique, éolienne et solaire) peuvent
affecter la biodiversité en fonction des sites choisis et des pratiques d’exploitation. Par exemple :
- les projets de boisement ou de reboisement peuvent avoir des impacts positifs, neutres ou
négatifs sur la biodiversité en fonction du niveau de biodiversité des écosystèmes non
forestiers remplacés, de l’échelle considérée et des pratiques d’exploitation mises en œuvre,
- les projets pour éviter et réduire la dégradation des forets vulnérables, qui contiennent un
assemblage d’espèces variées inhabituelles, globalement rares ou uniques au site considéré,
peuvent avoir des avantages bénéfiques sur le plan de la biodiversité et sur le plan de la
réduction des émissions de carbone,
9.1 Impacts potentiels du boisement, du reboisement et de la lutte contre la déforestation sur
la biodiversité
Les projets de boisement, reboisement et lutte contre la destruction des forets, avec une gestion
appropriée et des critères de sélection adéquats ainsi que l’implication des communautés locales,
peuvent améliorer la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité. Il existe des options
d’exploitation pour réaliser les synergies entre la séquestration du carbone et la biodiversité. Il
s’agit de conserver, d’entretenir et de mieux gérer les espaces forestiers existants. Le reboisement et
la conservation des forêts participent à une meilleure utilisation des ressources en eau par la
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réduction du ruissellement qui peut avoir un effet négatif en aval sur la biodiversité des zones
humides et les plaines inondables.
9.2 Impacts potentiels de l’exploitation des terres sur la biodiversité dans le cadre de
l’atténuation des changements climatiques
L’exploitation des terres visant de limiter les émissions des gaz à effet de serre peut avoir un impact
sur la qualité globale de l’environnement incluant la qualité des sols, la qualité de l’air et les
habitats des écosystèmes. Elle peut avoir des impacts sur la biodiversité terrestre et aquatique.
9.2.1 Impacts potentiels de l’agroforesterie
l’agroforesterie peut séquestrer le carbone et avoir des effets bénéfiques sur la biodiversité.
l’agroforesterie (combinaison de l’arboriculture avec des cultures agricoles pour former un
complexe, systèmes de production de multi-espèces) peut contribuer à augmenter le stockage de
carbone dans le sol où elle remplace des surfaces destinées seulement à des récoltes annuelles ou
des zones dégradées. Les bénéfices supplémentaires apportés par l’agroforesterie sont
l’amélioration de la sécurité alimentaire, des revenus des agriculteurs, la diminution de l’érosion des
sols et la restauration et le maintien de la biodiversité au-dessus et au-dessous du sol. Là où
l’agroforesterie remplace les forets, il y a perte de biodiversité. Les systèmes agroforestiers tendent
à être plus diversifiés biologiquement que les systèmes conventionnels de cultures et les parcours.
Le grand défi est d’empêcher la déforestation, chaque fois qu’il est possible et d’utiliser le savoir
local pour développer des habitats agroforestiers avec de multiples avantages pour l’agriculteur, la
flore et la faune locale.
9.2.2 Impacts potentiels de l’exploitation des forêts
Les activités d’exploitation des forets peuvent permettre la séquestration de carbone au-dessus et
au-dessous de la biomasse. Le carbone organique du sol peut avoir des effets positifs sur la
biodiversité. Des exemples de ces activités incluent la régénération assistée, la fertilisation, la
gestion des incendies, la gestion des parasites, le calendrier des coupes et les processus de coupe à
faible impact.
9.2.3 Impacts potentiels du secteur agricole
les projets et les activités dans le secteur agricole visant à réduire les émissions des gaz à effet de
serre et à augmenter la séquestration du carbone peuvent promouvoir une agriculture durable,
renforcer le développement rural et améliorer la biodiversité. Parmi les activités on peut
mentionner : l’intensification agricole, l’irrigation, les labours de conservation, le contrôle de
l’érosion. Ces activités doivent adopter les approches participatives et intégrer le savoir-faire local
avec les nouvelles technologies. Elles doivent encourager le recyclage et l’utilisation des matières
organiques et développer l’agro-biodiversité comme l’utilisation des variétés locales de cultures et
leur diversification. Les pratiques agricoles qui renforcent la séquestration du carbone peuvent
entraîner une augmentation ou une diminution des émissions du méthane (CH4) et de l’oxyde
nitreux (N2O).
9.2.4 Impacts potentiels des parcours
Les projets et les activités au niveau des parcours peuvent augmenter la séquestration du carbone et
améliorer la biodiversité. Parmi les activités on peut citer la mise en défens, l’amélioration de la
productivité des parcours et la gestion des incendies.

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9.3 Impacts potentiels des nouvelles technologies de l’énergie sur la biodiversité
On va passer en revue les impacts sur la biodiversité des nouvelles technologies de l’énergie
(biomasse, énergie éolienne, énergie solaire, stockage de carbone.
9.3.1 Impacts potentiels de l’utilisation de l’énergie de biomasse
Le potentiel d’atténuation et les bénéfices socioéconomiques des nouvelles technologies
bioénergétiques sont importants. Cependant, sans une sélection appropriée des sites et sans des
pratiques judicieuses d’exploitation, il risque d’y avoir un impact négatif sur la biodiversité.
9.3.2 Impacts potentiels de l’énergie éolienne
L’énergie éolienne peut apporter une contribution substantielle à l’atténuation des gaz à effet de
serre. Si le site d’implantation est bien choisi, l’impact sur la biodiversité peut être très négligeable.
L’acceptabilité de l’énergie éolienne est influencée par le niveau de bruit produit par les
installations, l’impact visuel sur le paysage et la perturbation de la vie animale (oiseaux).
Cependant, l’impact des turbines sur l’environnement est faible et dépend des espèces.
9.3.3 Impacts potentiels de l’énergie solaire
L’utilisation des sols, la consommation d’eau, la compatibilité avec les espèces du désert et les
aspects esthétiques constituent les principales contraintes environnementales pour la mise en œuvre
des technologies thermoélectriques solaires. Du fait que les grandes installations solaires seront
localisées dans des lieux désertiques, le principal facteur environnemental sera la consommation
d’eau.
9.3.4 Impacts potentiels du stockage de carbone
La technologie de collecte du gaz carbonique (CO2) à partir des flux gazeux ou du gaz carburant est
disponible. Le Co2 peut être stocké dans les puits de pétrole ou de gaz, dans les aquifères salins ou
dans les fonds océaniques. Le facteur le plus important concernant les aquifères salins est la
diffusion du CO2, la dissolution des roches d’accueil, la stérilisation des ressources minérales et les
effets sur les nappes d’eau souterraines. Peu de choses sont connues sur le stockage du carbone au
fond des océans.
10. ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES ET BIODIVERSITE
L’adaptation est définie comme un ajustement des écosystèmes naturels en réponse aux effets du
climat actuel ou futur et vise à les atténuer ou exploiter des opportunités bénéfiques. L’adaptation
doit intégrer les facteurs socio-économiques (GIEC, 2001).
10.1 Notion de vulnérabilité des écosystèmes
Les écosystèmes naturels sont vulnérables s’ils risquent de subir des dommages ou une dégradation
résultant du climat actuel ou de son évolution. La vulnérabilité d’un système est fonction de sa
sensibilité au climat et de sa capacité à s’adapter à de nouvelles conditions climatiques. La
vulnérabilité dépend aussi bien des facteurs endogènes (propres) à chaque écosystème ou espèce et
de facteurs exogènes (extérieurs ) d’origine anthropique qui peuvent accélérer la dégradation de cet
écosystème. C’est par exemple le cas des zones arides sujettes à la désertification et qui sont en
même temps fragilisées par une surexploitation humaine.
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La vulnérabilité des écosystèmes des zones arides et semi-arides se traduit par une grande
sensibilité à de faibles modifications du climat et une capacité d’adaptation extrêmement limitée.
Les processus de la dégradation des zones arides, conduisant à la perte de la biodiversité rendront
ces zones encore plus vulnérables aux changements climatiques et à leurs impacts. Aussi, le
développement de stratégies d’adaptation est rendu nécessaire avec ou sans changements
climatiques.
10.2 Options potentielles d’adaptation pour réduire les impacts des changements climatiques
sur les écosystèmes et la biodiversité
Les changements climatiques exacerbent les effets des phénomènes extrêmes comme les
sécheresses, les vagues de chaleur et les inondations. Le développement de stratégies d’adaptation,
pour atténuer la vulnérabilité des communautés rurales et des écosystèmes des zones arides à ces
changements, sera bénéfique et constituera la première priorité pour faire face à ces nouvelles
pressions. La mise en œuvre de ces stratégies aura des effets bénéfiques (stratégies « win-win » ou
stratégies « no-regrets »). Les mesures d’adaptation constituent la base du développement durable
des écosystèmes, vu les fortes synergies entre les réponses aux changements climatiques et la
prévention en matière de lutte contre la dégradation des écosystèmes.
Pour certains écosystèmes, les possibilités d’adaptation sont limitées, à cause de leur forte
sensibilité et/ou exposition aux changements climatiques. C’est le cas du corail et des espèces de
montagne. Jusqu’à présent, la conservation de la biodiversité a été limitée aux aires protégées.
Les mesures d’adaptation peuvent être aussi effectives en dehors de ces aires.
Une surveillance appropriée des écosystèmes peut permettre de détecter les tendances d’évolution
et les changements au sein de la biodiversité et élaborer les mesures d’adaptation les plus
appropriées. Cependant, il faut mentionner que dans le cadre d’un programme de conservation,
certaines génotypes, espèces ou écosystèmes ne peuvent pas être conservés dans un site ou région,
compte tenu des impacts des changements climatiques. Aussi, les efforts doivent s’orienter vers
les mesures et actions qui permettent d’augmenter la résilience de la biodiversité eu égard aux
changements climatiques futurs :
- établissement d’un réseau d’aires protégées reliées par des corridors permettant la
dispersion et la migration des espèces,
- établissement de zones tampon autour des aires protégées,
- minimisation de la fragmentation des habitats provoquée par le développement de
l’infrastructure routière,
- conservation de la diversité génétique au sein et parmi les populations locales,
- protection de la biodiversité au niveau des zones importantes et sensibles « hot spots »,
- reproduction captive et programmes de translocation pour les espèces sensibles ou
vulnérables,
- contrôle des parasites et remplacement de la pollinisation et de l’ensemencement assurés
normalement par la faune sauvage par d’autres moyens.
10.3 Conséquences des activités d’adaptation sur les écosystèmes et la biodiversité
Une gestion intégrée des sols et des ressources en eau constitue un excellent moyen d’adaptation.
L’objectif essentiel est satisfaire les besoins de la population tout en assurant un développement
durable des ressources naturelles. Il existe un certain nombre d’activités d’adaptation qui sont
effectives mais peuvent avoir des effets sur la conservation et la durabilité des ressources. Certaines
peuvent avoir des effets directs sur la biodiversité si elles détruisent les habitats naturels. D’autres
ont des effets indirects quand elles introduisent de nouvelles espèces ou modifient les pratiques
courantes d’exploitation.

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10.4 Synergies entre la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité et les
changements climatiques
Les actions prises pour conserver et utiliser durablement la biodiversité, pour des raisons autres que
les changements climatiques, peuvent affecter de façon positive le taux de changement du climat et
l’aptitude de l’homme à s’adapter a ce changement :
- les aires destinées à la conservation de la biodiversité représentent un fort potentiel de
stockage de carbone à long terme,
- la maintenance de la biodiversité visant la protection du patrimoine génétique peut
contribuer à l’apparition de nouveaux génotypes ayant une meilleure aptitude d’adaptation
aux changements climatiques et aux conditions environnementales qui peuvent se produire,
La maintenance de la biodiversité nécessite l’occurrence de perturbations naturelles alors que
l’exploitation de la biodiversité pour un stockage maximum de carbone tend à éviter ces
perturbations.
11- PRISE EN CHARGE ACTUELLE DE LA BIODIVERSITE AU NIVEAU
INSTITUTIONNEL
Les préoccupations en matière de biodiversité concernent:
- les écosystèmes steppiques et les parcours,
- les écosystèmes forestiers,
- les écosystèmes côtiers et marins,
- les écosystèmes sahariens,
- les écosystèmes agricoles,
- les écosystèmes des zones humides.
La prise en charge de la biodiversité se fait à deux niveaux : mondial et national.
11.1 Niveau mondial
Etant donné l’interdépendance des nations en matière de biodiversité, diverses conventions
internationales ont été mises en œuvre pour protéger et conserver la biodiversité. On peut citer : la
Convention Cadre sur la Biodiversité (CBD), la Convention de Ramsar sur les zones humides, la
convention de Bonn sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage, la
convention de Washington (CITES) du 3 mars 1973 sur le commerce international des espèces de
faune et de flore sauvages menacées d'extinction, les Principes Forestiers et la Protection des
espèces endémiques. Ces conventions imposent un certain d’obligations pour les pays signataires.
L ‘ Algérie a ratifié l’ensemble de ces conventions. Ces conventions développent des
méthodologies, des modèles, des outils, des systèmes de surveillance et des indicateurs pour la
gestion et la conservation de la biodiversité. Elles ont mis en place des organes de mise en œuvre
et des cadres de coopération avec les autres conventions multilatérales sur l’environnement.
11.2 Niveau national
La prise en charge de la biodiversité au niveau national est répartie entre :
- le MATE à travers la Direction de la Biodiversité, le Conservatoire National du Littoral et
l’Observatoire de l’Environnement,
- le MAP à travers la Direction Générale des Forêts (DGF), la Direction de la Protection de
la Flore et de la Faune, l’Agence Nationale pour la protection de la Nature (ANN), la
Direction de la Production des Végétaux, la Direction de la Production Animale, le Haut
Commissariat pour le Développement de la Steppe (HCDS) et le Commissariat pour le
Développement de l’Agriculture en Régions Sahariennes (CDARS).

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Le MESR à travers le Centre de Recherche Scientifique et Technique sur les Régions
Arides (CRSTRA) qui coordonne les activités de recherche sur ces zones.
Il existe des structures universitaires qui ont des activités de recherche en rapport avec la
biodiversité. On peut citer :
- Institut National Agronomique (INA),
- Institut National de la Recherche Agronomique (INRA),
- Institut Technique des Grandes Cultures (ITGC)
- Institut National de la Recherche Forestière (INRF),
- Institut des Sciences de la Mer et de l’Aménagement du Littoral (ISMAL)
- Instituts de biologie ou des sciences naturelles au sein des Universités,
- Centre National des Techniques Spatiales (CNTS),
- Centre de Recherche de Biologie Terrestre (CRBT) de l’Université de Bab-ezzouar
La prise en charge opérationnelle de la biodiversité, au niveau régional, se fait au sein des structures
décentralisées des ministères :
- les Inspections de l’Environnement de Wilaya dépendant du MATE,
- les Directions des Services Agricoles des Wilayates (DSA) dépendant du MAP,
- les Conservateurs des Forêts de Wilaya (CFW) dépendant du MAP-DGF,
- les 13 Unités de Conservation et de Développement (UCD) dont 6 prioritaires.
Le tableau 5 suivant précise, pour chaque type d’écosystèmes, les organismes responsables.
Tableau 5 : Ecosystèmes et organismes responsables
Type d’écosystèmes
Ecosystèmes Steppiques
Ecosystèmes forestiers
Ecosystèmes côtiers et marins
Ecosystèmes Sahariens
Ecosystèmes Agricoles
Ecosystèmes des zones humides terrestres
Ecosystèmes des zones humides côtières

Organe central responsable
HCDS,
DGF
Conservatoire National du Littoral
Direction de la Protection de la Flore et de la Faune et ANN
Direction de la Production Végétale
Direction de la Production Animale
Direction de la Protection de la Flore et de la Faune, Direction Générale
des Forets et ANN
Conservatoire National du Littoral

Le point focal de la Convention Internationale sur la Biodiversité est assuré par la Direction de la
Biodiversité au sein du MATE. En application des dispositions de cette convention, un projet
financé par le FEM est en cours d’exécution et porte sur les actions suivantes :
- l’élaboration de la stratégie nationale,
- l’élaboration du plan national d’action,
- le bilan de la biodiversité en Algérie.
12- ANALYSE DES CAPACITES ACTUELLES POUR ATTENUER LES PRESSIONS
LIEES AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES ET A L’OZONE
Le domaine des changements climatiques et de l’ozone représente une nouvelle et récente
préoccupation et à ce titre, il n’est pas pris en charge par la communauté nationale universitaire. Peu
de recherches liées à cette problématique ont été entreprises à ce jour.
12-1 Etat des capacités actuelles
Au niveau du MATE et dans le cadre de la convention sur les changements climatiques, des études
d’impacts sur la biodiversité ont démarré depuis quelques années à travers les écosystèmes
agricoles et les ressources en eau. Ce n’est pas le cas de l’ozone.

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12-1-1 Capacités actuelles en matière d’évaluation des impacts des changements climatiques
sur la biodiversité
Le projet ALG/98/G31 a été mis en oeuvre dans le cadre de la convention cadre sur les
changements climatiques pour l’élaboration du plan national d’action en matière de changements
climatiques. Ce projet a été mis en œuvre en parallèle avec le projet régional maghrébin
RAB/94/G31 sur le renforcement des capacités du Maghreb pour faire face aux changements
climatiques. La mise en œuvre du projet ALG/98/G31 a permis principalement :
- la réalisation de l'inventaire national des émissions et de la séquestration des gaz à effet de
serre pour l’année 1994,
- l’élaboration des mesures d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques, en
particulier dans le domaine des ressources en eau et de l’agriculture,
- l’élaboration de la communication nationale initiale.
Le projet a constitué un cadre important pour sensibiliser et accroître les connaissances dans le
domaine des changements climatiques et particulièrement en direction des cadres des secteurs
chargés des ressources naturelles comme l’agriculture, les forêts, les ressources en eau et
l’environnement. Une dizaine d’ateliers ont été organisés et ont permis d’initier de nombreux cadres
de différents secteurs. Ce qui permis de les impliquer dans les diverses phases des projets par le
biais de concertations périodiques pour assurer une coordination efficace. En retour la contribution
des cadres formés a été fructueuse dans la réalisation des objectifs fixés dans les plans d’opération
des deux projets. La mise en œuvre du projet ALG/98/G31 a permis :
x de faciliter le dialogue, l'échange d'informations et la coopération entre l'ensemble des
partenaires nationaux : les institutions, les ONG, les entreprises, les universités et centres de
recherche ainsi que les communautés de base,
x de créer des cellules sectorielles en matière de suivi et de prise en charge des impacts sectoriels
liés aux changements climatiques,
x d'inscrire la problématique des changements climatiques dans le cadre du développement
durable.
x de renforcer la participation et le rôle de l'Algérie dans les forums régionaux et
internationaux scientifiques et les processus de négociation internationale.
Au niveau de l’agriculture, des forêts et des ressources en eau, il existe maintenant des cadres
à même de contribuer à la mise en place de cellules sectorielles pour la prise en charge de la
problématique des changements climatiques dans le domaine de la biodiversité.
12-1-2 Capacités en matière d’évaluation des impacts de l’ozone sur la biodiversité
L’objectif majeur du bureau d’ozone au sein du MATE a porté sur la mise en oeuvre des obligations
nationales en rapport avec le Protocole de Montréal. Les efforts ont consisté essentiellement à
éliminer les substances appauvrissant la couche d’ozone (SAO) au niveau du secteur industiel
utilisateur de ces substances. Ce qui a permis d’éliminer les SAO dans 25 entreprises nationales. En
Algérie, comme on l’a déjà vu aux chapitres 3 et 4, les travaux réalisés et relatifs à l’ozone
troposphérique et à d’ozone stratosphérique ont porté sur les mesures d’ozone au niveau d’Alger et
Tamanrasset. A notre connaissance aucune étude d’impact portant sur le cas de l’ozone n’a été
réalisée au niveau local ou national. L’ozone constitue et constituera à l’avenir un danger potentiel
et grave qui affectera aussi bien l’homme que l’ensemble des écosystèmes terrestres. Il n’existe
pas, à l’heure actuelle, de structure nationale pour l’étude et l’évaluation des impacts de l’ozone. Il
faut rappeler que les effets de l’ozone sur la biodiversité peut se résumer comme suit :
- la diminution de la couche d’ozone à pour conséquence l’augmentation du rayonnement UV
qui est très énergétique et peut provoquer des dommages importants au niveau des tissus des
différentes espèces vivantes,
- l’augmentation de l’ozone troposphérique à pour conséquence une forte oxydation et
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l’occurrence de nécroses provoquées par la déposition d’ozone sur les feuilles ou la peau des
espèces et une perturbation des processus respiratoires.
Au vu des résultats de recherche réalisés à l’étranger, on peut dire que l’Algérie est particulièrement
vulnérable à l’ozone troposphérique du fait qu’elle jouit d’un rayonnement solaire intense qui est le
moteur de la production d’ozone.
13- STRATEGIE EN MATIERE DE RENFORCEMENT DES CAPACITES POUR
ATTENUER LES PRESSIONS LIEES AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES ET A
L’OZONE
La dégradation de la biodiversité influence les changements climatiques qui à leur tour rendent les
écosystèmes plus vulnérables et réduisent leur capacité en tant que puits importants de carbone.
Ce qui entraîne une émission plus importante de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et exacerbe
les changements climatiques. Une meilleure gestion et des pratiques appropriées de l’utilisation
des écosystèmes peuvent atténuer les changements climatiques. Une stratégie de sauvegarde de la
biodiversité doit être globale et reposer sur :
- la prise en compte de la préservation de la biodiversité en amont du schéma national de
l’aménagement du territoire (SNAT) et du schéma régional de l’aménagement du territoire
(SRAT),
- le principe du continuum biologique et des ensembles naturels homogènes qui n’obéissent
pas forcément aux limites de nature administrative,
- l’interaction de la biodiversité avec le développement socioéconomique et les
transformations qui s’opèrent au niveau régional ou local,
- Le principe de durabilité en matière d’exploitation des écosystèmes.
13-1 Objectifs de la stratégie
Les différents objectifs des actions, visant le renforcement de la capacité nationale en matière
d’atténuation des impacts des changements climatiques et de l’ozone sur la biodiversité, peuvent
être énumérés comme suit :
- informer et sensibiliser les opérateurs socioéconomiques,
- finaliser et actualiser l’inventaire national relatif à la flore et à la faune,
- réaliser un atlas phénologique national,
- envisager une gestion intégrée des bassins versants pour protéger la biodiversité,
- améliorer la capacité effective de prise de décision en matière d’atténuation des pressions
dont celles liées aux changements climatiques et à l’ozone sur la biodiversité,
- améliorer les connaissances et la prévision des impacts des changements climatiques et de
l’ozone sur la biodiversité,
- préparer les principales mesures d’adaptation pour atténuer les impacts des changements
climatiques et de l’ozone sur la biodiversité et exploiter les écosystèmes de façon durable,
- informer, sensibiliser le public.
13-2 Types d’action de renforcement
On peut énumérer les types d’actions de renforcement :
- actions de renforcement sectoriel par le biais d’études et de recherches appliquées et
directement opérationnelles sur les impacts des changements climatiques et de l’ozone
sur la biodiversité; les équipes nationales de recherche concernées par la biodiversité
doivent être informées sur les travaux internationaux, en particulier dans le cadre de la
convention internationale sur la biodiversité et participer aux organes techniques de cette
convention,

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l’élaboration de documents de qualité écrits et audiovisuels s’impose pour assurer, de
façon fiable, l’information et la sensibilisation ; la diffusion et l’utilisation des
documents audiovisuels élaborés par le Secrétariat de la convention sur la biodiversité
peuvent être efficaces au niveau des décideurs,
la préparation d’argumentaires, destinés à favoriser la prise effective de décision, permet
en même temps d’accroître les compétences de ceux qui les auront élaborés,
le renforcement des capacités dans le domaine de l’analyse économique et de mise au
point de référentiels technico-économiques permettront de réaliser dans de bonnes
conditions, les arbitrages intersectoriels,
la formation de type classique doit être envisagée : stages, ateliers restreints, cours de
courte durée, colloques sur des sujets prioritaires et ciblés,
la mise en place d’un réseau national sur la biodiversité qui facilitera l’échange
d’informations et la coordination des activités courantes dans le domaine des impacts des
changements climatiques et de l’ozone sur la biodiversité ; ce réseau pourra diffuser
régulièrement un bulletin d’information.

13-3 Groupes cibles
Les groupes cibles seront explicités dans les propositions relatives au renforcement des capacités
qui seront développées plus loin. La constitution effective de ces groupes cibles concernés par les
différentes activités proposées, devra se faire chaque fois en concertation avec les organes
concernés.
Il sera possible de constituer, selon les besoins, des « packages » de renforcement des capacités,
regroupant, autour de différents types de renforcement intégrés, des organismes et personnes ayant
les mêmes besoins de renforcement dans plusieurs domaines.
14- RENFORCEMENT DES CAPACITES POUR ATTENUER LES PRESSIONS LIEES
AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES ET A L’OZONE
ET PARTAGE DES
RESPONSABILITES
Le renforcement des capacités est essentiel à tous les niveaux pour assurer la conservation et la
protection de la biodiversité. C’est un processus à court, moyen et long terme permettant d’intégrer
les pressions liées aux changements climatiques et à l’ozone dans la gestion, l’évaluation et
l’amélioration de la biodiversité. Le renforcement des capacités s’appuie sur trois volets :
- l’organisation pour coordonner et réaliser les objectifs inscris dans la stratégie et les plans
nationaux relatifs à la protection et la conservation de la biodiversité,
- le développement des ressources humaines par le transfert des connaissances et des
techniques,
- l’information, la sensibilisation et la communication
Le renforcement des capacités permet aux hommes et aux structures de gestion de s’adapter de
façon continue à de nouvelles circonstances et d’acquérir de nouvelles connaissances. Le
renforcement des capacités passe par :
- la formation des cadres et techniciens chargés de la biodiversité,
- l’existence de supports techniques indispensables : laboratoires, équipements, matériels,
outils d’analyse, modèles de simulation, documentation et mise à jour de l’information,
- l’existence de mécanismes de dialogue, de concertation et de coordination au niveau
national,
- la coopération régionale dans les domaines d’intérêts communs,
- la participation effective et continue aux organes techniques de la convention cadre sur la
biodiversité et aux activités conjointes découlant des synergies avec les autres conventions
environnementales internationales.
Compte tenu des obligations de l’Algérie dans le cadre des quatre conventions de RIO
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(Changements climatiques, biodiversité, désertification et forêts), des efforts importants ont été
entrepris par le MATE depuis quelques années pour renforcer les capacités et permettre à de
nombreux secteurs comme l’agriculture, les forets et les ressources en eau d’acquérir les
connaissances de base et de participer à l’élaboration des documents nationaux liés à l’exécution de
ces conventions.
Le renforcement des capacités portera sur :
- l’information générale sur les changements climatiques et l’ozone et leurs impacts sur la
biodiversité,
- le plan national d’action,
- les actions sectorielles
- l’appui à la sensibilisation et la prise de décision,
- la formation et le renforcement de capacités spécifiques
14-1 Information générale
l’information générale doit être assurée par le MATE et porter sur :
- la rédaction et diffusion auprès des décideurs nationaux d’un document d’information
générale sur les changements climatiques et l’ozone, avec une partie « spécificités
nationales » et « impacts prévisibles sur la biodiversité »,
- la diffusion de documents existants sur les changements climatiques et l’ozone auprès des
techniciens concernés des différents ministères, organismes, structures concernées au niveau
des différents secteurs et acteurs,
- l’organisation d’un séminaire national d’information et de réflexion sur la synergie entre les
quatre conventions internationales : Changements Climatiques, Biodiversité Forêts et
Désertification,
- la diffusion de divers documents audiovisuels existants et d’articles « grand public » sur les
changements climatiques et leurs impacts sur la biodiversité, les forêts et la désertification,
- la rédaction de documents écrits et audiovisuels sur les impacts des changements
climatiques et de l’ozone sur la biodiversité, les forêts et la désertification à destination des
groupes cibles (décideurs, grand public, exploitants, enseignants,....),
- l’amélioration des conditions de circulation et de mise à disposition de l’ensemble des
organismes nationaux, des diverses données existantes au niveau national,
- l’amélioration des conditions d’accès, des acteurs nationaux aux données internationales,
le tableau (6) ci dessous précise, en matière d’information générale, les principaux organismes ou
acteurs concernés et le niveau de priorité.

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Tableau 6 : Propositions d’activités de renforcement des capacités d’action pour atténuer les
pressions des changements climatiques et de l’ozone sur la biodiversité
Information générale
Rédaction et diffusion auprès des décideurs nationaux d’un
document d’information générale sur les changements
climatiques et ozone, avec une partie « spécificités nationales
« et impacts prévisibles sur la biodiversité »
Diffusion de documents existants sur les changements
climatiques et ozone auprès des techniciens concernés des
différents ministères, organismes, structures concernés ou
acteurs
Organisation d’un séminaire national d’information et de
réflexion sur la synergie entre les quatre conventions
internationales : Changements Climatiques, Biodiversité,
Forêts et Désertification
Diffusion de divers documents audiovisuels existants et
d’articles « grand public » sur les changements climatiques et
l’ozone et leurs impacts sur la Biodiversité, les Forêts et la
Désertification»
Rédaction de documents écrits et audiovisuels sur les impacts
des changements climatiques et l’ozone sur la biodiversité,
les forêts et la désertification à destination des groupes cibles
(décideurs, grand public, exploitants, enseignants,....),
Amélioration des conditions de circulation et de mise à
disposition de l’ensemble des organismes nationaux, des
diverses données existantes au niveau national,

Amélioration des conditions d’accès, des acteurs nationaux
aux données internationales,

Principaux organismes ou acteurs
concernés
MATE : Points focaux : Changements
Climatiques, Biodiversité,
MAP : Point Focal : Forêts,
Désertification
MATE : Points focaux : Changements
Climatiques, Biodiversité
MAP : Point Focal : Forêts,
Désertification
MATE : Points focaux : Changements
Climatiques, Biodiversité
MAP : Point Focal : Forêts,
Désertification
MATE : Points focaux : Changements
Climatiques, Biodiversité
MAP : Point Focal : Forets,
Désertification
MATE : Points focaux : Changements
Climatiques, Biodiversité
MAP : Point Focal : Forets,
Désertification
MATE : Points focaux : Changements
Climatiques, Biodiversité
MAP : Point Focal : Forets,
Désertification
Ministère des transports : ONM
MATE : Points focaux : Changements
Climatiques, Biodiversité
MAP : Point Focal : Forets,
Désertification
Ministère des transports : ONM

Niveau de
priorité
1

1

1

1

1

3

4

14-2 Plan d’action
le plan d’action porte sur :
- le renforcement institutionnel,
- la prise en compte de la conservation et de la protection de la biodiversité dans le cadre des
plans de développement nationaux et sectoriels,
- l’établissement et diffusion rapides des grands scénarios nationaux de changements
climatiques et de l’ozone,
- l’établissement de scénarios des disponibilités en eau ( carte future des ressources en eau
de l’Algérie) en prenant en compte les différents scénarios des changements climatiques,
- l’évaluation globale et rapide des impacts des changements climatiques et de l’ozone sur les
ressources naturelles,
- l’étude des impacts des changements climatiques et de l’ozone sur les forêts,
- l’étude des impacts des changements climatiques et de l’ozone sur la biodiversité,
- l’étude des impacts des changements climatiques et de l’ozone sur l’agriculture,
- l’étude des impacts des changements climatiques et de l’ozone sur les parcours,
- l’étude des impacts des changements climatiques et de l’ozone sur les zones humides,
- l’étude des impacts des changements climatiques sur l’hydroclimat marin et les ressources
marines,
- l’étude des impacts de l’élévation du niveau de la mer sur le littoral,

Expert Consultant Dr. Abdelguerfi A.

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-

la prise en compte explicite des grands scénarios nationaux de changements climatiques et
de leurs impacts sur les ressources naturelles dans le Schéma National de l’Aménagement
du Territoire (SNAT),
le tableau (7) ci dessous précise, en matière de plan d’action, les principaux organismes ou acteurs
concernés et le niveau de priorité.
Tableau 7 : Propositions d’activités de renforcement des capacités d’action pour atténuer les
pressions des changements climatiques et de l’ozone sur la biodiversité
Prospective
l’établissement et diffusion rapides des grands
scénarios nationaux des changements climatiques
(CC) et de l’ozone
l’établissement de scénarios des disponibilités en
eau (carte future des ressources en eau de l’Algérie)
en fonction des scénarios des CC
l’évaluation globale et rapide des impacts des
scénarios des CC et de l’ozone sur les ressources
naturelles,
l’étude des impacts des CC et de l’ozone sur les
forêts
l’étude des impacts des CC et de l’ozone sur les
biodiversité
l’étude des impacts des CC et de l’ozone sur
l’agriculture
l’étude des impacts des changements climatiques et
de l’ozone sur les parcours
l’étude des impacts des CC et de l’ozone sur les
zones humides,

l’étude des impacts des CC sur l’hydroclimat et les
ressources marines
l’étude des impacts de l’élévation du niveau de la
mer résultant des CC sur le littoral
la prise en compte explicite des grands scénarios
nationaux des CC et de l’ozone et leurs impacts sur
les ressources naturelles dans le Schéma National de
l’Aménagement du Territoire (SNAT)

Principaux organismes ou acteurs concernés
MATE : Point focal : Changements Climatiques
(CC)
MATE : Point focal : Changements Climatiques,
Ministère des Ressources en Eau : ANRH

Niveau de
priorité
1

1

MATE : Points focaux : Changements Climatiques, 1

MATE : Point focal : Changements Climatiques,
MAP : Point Focal : Forets,
MATE : Points focaux : Changements Climatiques,
Biodiversité,
MATE : Points focaux : Changements Climatiques,
Biodiversité et MAP : Directions des Productions
Végétale et Animale
MATE : Points focaux : Changements Climatiques,
Biodiversité et MAP : Point Focal : Forets,
Désertification et HCDS,
MATE : Points focaux : Changements Climatiques,
Biodiversité et Conservatoire du Littoral,
MAP : Point Focal, Forêts,
Ministère des Ressources en Eau : ANRH
MATE : Points focaux : Changements Climatiques,
Biodiversité et Conservatoire du Littoral,
MATE : Points focaux : Changements Climatiques,
Biodiversité et Conservatoire du Littoral
Ministère des transports : ISMAL
MATE

1
1
1

1

2

2
2

1

14-3 Actions sectorielles
Les actions sectorielles portent sur :
- l’étude des impacts des changements climatiques sur la gestion de la ressource en eau,
- l’étude des impacts des changements climatiques sur les caractéristiques des sols (érosion,
salinisation, dégradation organique),
- l’étude des impacts des changements climatiques sur les bilans hydriques du sol,
- l’évaluation des disponibilités en matériel génétique permettant d’atténuer l’impact des
changements climatiques sur la biodiversité,
- l’étude des impacts des changements climatiques et de l’ozone sur la phénologie, la
morphogenèse, la production, la répartition des espèces végétales,
- l’étude d’impact des changements climatiques et de l’ozone sur le palmier dattier,
notamment la production des dattes et les systèmes oasiens

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-

l’étude d’impact des changements climatiques et de l’ozone sur les capacités compétitives
des espèces,
- l’étude d’impact des changements climatiques et de l’ozone sur les aires de répartition des
espèces,
- l’étude d’impact des changements climatiques et de l’ozone sur les cycles des maladies et
des prédateurs,
- l’étude d’impact des changements climatiques et de l’ozone sur le métabolisme des
animaux,
- l’étude d’impact des changements climatiques sur les périodes de ponte des oiseaux, de
pullulation des insectes
- l’ajustement de l’inventaire national des gaz à effet de serre dans le domaine de la
biodiversité,
le tableau (8) ci dessous précise, en matière d’actions sectorielles, les principaux organismes ou
acteurs concernés et le niveau de priorité.
Tableau 8 : propositions d’activités de renforcement des capacités d’action pour atténuer les
pressions des changements climatiques et de l’ozone sur la biodiversité
Actions sectorielles
L’étude des impacts des CC sur la gestion de la
ressource en eau,
L’étude des impacts des CC sur les caractéristiques
des sols (érosion, salinisation, dégradation
organique),
L’étude des impacts des changements climatiques
sur les bilans hydriques du sol,

Principaux organismes ou acteurs concernés
Ministère des Ressources en Eau : ANRH

Ministère des Ressources en eau, ANRH, Agences de
bassin ; MAP : DGF, INRA, INA, ITGC, HCDS,
INRF
MAP : DGF, DPV, ITGC, INRA, INA, INRF, HCDS,
Ministère des Ressources en eau, ANRH, Agences de
bassin
l’évaluation des disponibilités en matériel
MATE : Point focal : Biodiversité,
génétique permettant d’atténuer l’impact des CC et MAP : DGF, DPV, ITGC, INRA, INA, INRF, HCDS,
d l’ozone sur la biodiversité,
ANN, CDARS
l’étude des impacts des CC et de l’ozone sur la
MAP : DGF, DPV, ITGC, INRA, INA, INRF, HCDS
phénologie, la morphogenèse, la production,
l’étude d’impact des CC et de l’ozone sur le
MAP : DPV, INRA, INA, CDARS
palmier dattier et systèmes oasiens
l’étude d’impact des CC et de l’ozone sur les
MAP : DGF, DPV, DPA, ITGC, INRA, INA, ANN,
capacités compétitives des espèces
INRF, HCDS
l’étude d’impact des CC et de l’ozone sur la
MAP : DGF, DPV, DPA, ITGC, INRA, INA, ANN,
répartition des espèces végétales
HCDS, CDARS
l’étude d’impact des CC et de l’ozone sur les cycles MAP : DGF, DPV, DPA, ITGC, INRA, INA, ANN,
des maladies et déprédateurs
HCDS, INRF, CDARS
l’étude d’impact des CC et de l’ozone sur le
MAP : DPA, INRA, INA, ANN, INRF
métabolisme des animaux
l’étude d’impact des changements climatiques sur MAP : DPA, INRA, INA, ANN, HCDS, INRF
les périodes de ponte des oiseaux, de pullulation
des insectes
l’ajustement de l’inventaire national des gaz à effet MATE : Points focaux : Changements Climatiques,
de serre dans le domaine de la biodiversité,
Biodiversité,
MAP : DGF, DPV, DPA, ITGC, INRA, INA, ANN,
HCDS, INRF, CDARS

Niveau de
priorité
2
2

2

2

2
2
2
2
2
2
2

3

14-4 Appui à la sensibilisation et la prise de décision,
Cet appui porte sur :
- le développement d’argumentaires en faveur de l’intégration de l’impact des changements
climatiques dans les grands choix et stratégies de développement globales et sectorielles
(aménagement du territoire, gestion des ressources en eau, biodiversité) ;
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-

Etablissement d’un référentiel de critères et choix intersectoriels, pour l’ensemble des
actions envisageables dans le domaine des changements climatiques en relation avec la
préservation de la biodiversité et la lutte contre la désertification.
Ces activités seront supervisées par le MATE en collaboration avec les autres ministères.
14-5 Formation et le renforcement de capacités spécifiques
La formation portera sur :
- L’organisation
- Les programmes et contenus
- Les outils,
Le renforcement de capacités spécifiques porte sur :
- la formation spécifique nationale dans le domaine des changements climatiques et de
l’ozone,
- le renforcement de la capacité de modélisation des impacts des changements climatiques et
de l’ozone sur les systèmes biologiques,
- la formation à la modélisation des interactions atmosphère-biosphère,
- la formation sur l’évaluation technico-économique des options en matière d’adaptation aux
changements climatiques et à l’ozone,
- la formation spécifique sur les changements climatiques et de l’ozone destinée aux
forestiers,
- la formation spécifique sur les changements climatiques et de l’ozone destinée aux
agronomes
- la formation spécifique sur les changements climatiques destinée aux agents chargés de
l’irrigation agricole,
- l’amélioration de la capacité de modélisation des systèmes hydro-écologiques marins :
le tableau (9) ci dessous précise, en matière de formation, les principaux organismes ou acteurs
concernés et le niveau de priorité.
Tableau 9 : Propositions d’activités de renforcement des capacités d’action pour atténuer les
pressions des changements climatiques et de l’ozone sur la biodiversité
Appui a la sensibilisation et la prise de décision
La formation spécifique nationale dans le domaine des changements
climatiques et de l’ozone
Le renforcement de la capacité de modélisation des impacts des
changements climatiques et de l’ozone sur les systèmes biologiques
La formation à la modélisation des interactions atmosphère-biosphère
La formation sur l’évaluation technico-économique des options en
matière d’adaptation aux changements climatiques et à l’ozone
la formation spécifique sur les changements climatiques et l’ozone
destinée aux forestiers
la formation spécifique sur les changements climatiques et l’ozone
destinée aux agronomes
La formation spécifique sur les changements climatiques destinée aux
agents chargés de l’irrigation agricole
L’amélioration de la capacité de modélisation des systèmes hydroécologiques marins :

15-

Principaux organismes ou
acteurs concernés
MATE

Niveau de
priorité
2

MAP

2

MATE
MATE

2
2

MAP : DGF, INRF, ANN

2

MAP : DPV, INRA, INA,
HCDS, CDARS
MAP : DPV-INRA, INA,
ITGC
MATE : Conservatoire
National du Littoral et
Ministère des transports :
ISMAL.

2
2
2

RENFORCEMENT INSTITUTIONNEL

Les mesures institutionnelles ont pour objet de pérenniser l’action de l'ensemble des secteurs
d'activités dans le cadre de la biodiversité et de l'adaptation aux effets des changements
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climatiques et de l’ozone. Compte tenu de la synergie qui existent entre les conventions des
changements climatiques, de la biodiversité, des forêts et de la lutte contre la désertification, les
mesures institutionnelles relatives à ces conventions sont fortement imbriquées. Le renforcement
institutionnel doit :
- préciser les objectifs opérationnels immédiats du Comité National de la Biodiversité :
élaboration de la stratégie d’action, plan national d’action, planification et programmes
d’activités (mise en œuvre, suivi et évaluation),
- actualiser l’inventaire national des forêts qui date de 1985 et réaliser le cadastre des terres
forestières,
- élaborer le statut foncier des terres steppiques et réglementer leur exploitation ( régime de
concession au bénéfice exclusif des populations riveraines pour assurer leur implication
directe),
- adopter la loi relative à la protection de l’environnement et en particulier en ce qui concerne
la biodiversité,
- mettre en oeuvre la loi sur le littoral,
- rendre opérationnelles les Agences des Bassins Versants et doter leurs comités de larges
prérogatives afin d’assurer une gestion intégrée qui préserve la biodiversité de ces bassins,
- rendre autonome les Inspections de l’Environnement des Wilayates,
- créer des réserves naturelles et mettre en place le dispositif d’accompagnement
- créer un centre de développement des ressources biologiques,
- créer un laboratoire pour le contrôle des organismes génétiquement modifiés (OGN),
- créer une structure chargée de l’étude et de l’évaluation des impacts dus à l’ozone,
- renforcer les réseaux d’observations et de mesures (agro-météorologique, hydrométéorologique, phénologique, rayonnement UV, ozone, ...) et mettre en place le dispositif
réglementaire d’accompagnement,
- mettre en œuvre l’Observatoire National de l’Environnement et du Développement Durable
(ONEDD),
- créer un réseau national d’échange sur la biodiversité,
- renforcer les capacités des ONG actives dans le domaine du climat et de la biodiversité.
le tableau (10) ci dessous précise, en matière institutionnelle, les principaux organismes ou acteurs
concernés et le niveau de priorité.
Tableau 10 : Propositions d’activités de renforcement des capacités d’action pour atténuer les
pressions des changements climatiques et de l’ozone sur la biodiversité
Renforcement institutionnel
Préciser les objectifs opérationnels immédiats du Comité National de la
Biodiversité :
Actualiser l’inventaire national des forêts qui date de 1985 et réaliser le
cadastre des terres forestières,
Elaborer le statut foncier des terres steppiques et réglementer leur exploitation,
( régime de concession au bénéfice exclusif des populations riveraines pour
assurer leur implication directe),
Actualiser la loi relative à la protection de l’environnement en ce qui concerne
particulièrement la biodiversité,
Elaborer et mettre en oeuvre les textes d’application de la loi sur le littoral,

Principaux organismes Niveau de
ou acteurs concernés
priorité
MATE : Point Focal 1
Biodiversité
MAP : DGF
1
MAP : HCDS, DGF
Ministère de l’Intérieur

1

MATE

1

MATE : Consevatoire
National du Littoral
Rendre opérationnelles les Agences des Bassins versants et leurs comités,
MRA
Rendre autonome les Inspections de l’Environnement des Wilayates,
MATE
Créer des réserves naturelles et mettre en place le dispositif d’accompagnement MATE :et MAP
(liens avec les populations riveraines et leur implication)
Créer un Centre de Développement des Ressources Biologiques, (CDRB)
MAP
Créer un laboratoire national pour le contrôle des organismes génétiquement
MAP
modifiés (OGN),
Créer une structure chargée de l’étude et de l’évaluation des impacts dus à
MATE
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2002/2003

1
1
1
1
1
1
1

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l’ozone
Etendre les réseaux de mesure (agro-météorologique, hydro-météorologique,
rayonnement UV, ozone....),
Mise en œuvre de l’Observatoire de l’Environnement
Créer un réseau national d’échange sur la biodiversité,
Renforcer les capacités des ONG actives dans le domaine du climat et de la
biodiversité

MATE, MRE, MAP,
Ministère des transports
MATE
MATE, MAP
MATE

48
2
1
2
2

16 MECANISMES DE FINANCEMENT
Les mécanismes institutionnels et réglementaires sont destinés aux opérateurs socioéconomiques
pour la mise en œuvre des mesures d’adaptation et d’atténuation visant la prévention de la
désertification. Ces mécanismes se situent à trois niveaux : international, national et local.
Les instruments de financement, au niveau national sont basés sur les taxes ou impôts par
l’application du principe « pollueur –payeur ». Ces instruments doivent être décentralisés et gérés
directement par Inspections de l’Environnement des wilayates. On a mentionné plus haut la
nécessité de rendre autonomes ces Inspections.
Compte tenu de l’urgence et de l’importance des financements, il faudra plus s’orienter dans
l’immédiat vers le financement extérieur. Différentes possibilités existent au niveau international
permettant de drainer les fonds nécessaires.
Il faut noter à ce sujet, que jusqu’à présent la tendance, au niveau des institutions nationales en
matière de financement, a été le recours aux financements au titre du budget de l’Etat au lieu de
rechercher des financements extérieurs pour réaliser leurs projets comme ç’est le cas des pays
voisins. Diverses sources de financement dans le cadre de la protection des ressources naturelles
existent :
- le Fonds Mondial de l’Environnement (FEM); à ce jour les sommes drainées ont été très
faibles voire symboliques en comparaison avec les montants dont ont bénéficié les pays
voisins,
- les financements par la CEE dans le cadre du partenariat,
- les financements par le P.E.M (programme environnement méditerranéen), financé par la
banque mondiale et la banque européenne d’investissement,
- la conversion de la dette extérieure en la réinjectant ( DEBT-SWAPPING ou troc de la
dette) dans des projets de grande envergure et qui ont un impact mondial sur
l’environnement comme la réhabilitation de la steppe et la lutte contre la désertification,
- le financement de projets par les organisations internationales auxquelles l’Algérie cotise et
en tire peu de profit par rapport à nos voisins. On peut citer la FAO, le FIDA, OADA, OMS,
OMM, UNESCO,
- le partenariat avec des pays qui encouragent la préservation des patrimoines naturels comme
le Japon, la Suède, le Canada, etc
- la contribution des ONG nationales et internationales,
La mise en oeuvre des conventions internationales sur les changements climatiques, la biodiversité,
les forêts et la désertification ouvre de nouvelles perspectives en matière de financement. Au titre de
la mise en oeuvre de la convention cadre sur les changements climatiques, le Protocole de Kyoto
prévoit la mise en place de moyens financiers et techniques importants en faveur des pays en
développement à travers le mécanisme de développement propre (MDP). La COP 7 a désigné les 15
membres du comité exécutif du MDP. Ce mécanisme sera ainsi le premier instrument
opérationnel du Protocole de Kyoto. Il va sans dire que les autres conventions vont utiliser ou
suivre ce type de mécanisme. Il s’agit donc de s’impliquer de façon concrète dans les processus mis
en oeuvre au sein de ces conventions. le tableau (11) ci dessous précise, en matière de financement,
les principaux organismes ou acteurs concernés et le niveau de priorité.

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