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l’on veut être obéissant au Concile, il faut accepter la foi professée au cours des siècles et on ne peut pas
couper les racines sur lesquelles l’arbre vit».

Donc, d’après Benoît XVI, Vatican II n’est crédible que si on le voit comme une partie de l’entière et
unique Tradition de l’Église et de sa Foi.
De même le porte-parole du saint Siège, le Père Lombardi, a dit le 15 janvier 2010: “Les conclusions du
Concile Vatican II et en particulier le document “Nostra Ætate” ne sont pas en discussion”. Il a ensuite
précisé que, comme le Pape l’a indiqué plusieurs fois, l’adhésion au magistère du Concile Vatican II, dont la
Déclaration “Nostra Ætate” est un document essentiel, est la condition pour la vraie communion ecclésiale.
Pour nous, au contraire, Vatican II est en contradiction avec la Tradition de l’Église. De fait, Vatican II a
représenté une “nouvelle Pentecôte”, un “évènement charismatique” qui a refait l’Église en la libérant de la
Tradition.
Vatican II n’a-t-il pas été appelé par les Papes mêmes, (Jean XXIII et Paul VI), ses exécuteurs et dirigeants,
un “Concile pastoral et non dogmatique”? Donc sa “pastoralité” consiste en dernière analyse, en la relation de
l’Église avec le monde, et ceci en fait un Concile différent des autres, justement parce que privé d’un caractère
doctrinal “définitoire”. La chose bizarre est que l’absence d’intentions définitoires contredit la qualification de
“dogmatique” des deux Constitutions: la “Lumen gentium” et la “Dei Verbum” qui furent reproposées comme
“Constitutions dogmatiques”, parce que reproposées comme vérités de foi, dogmes définis dans des Conciles
précédents (pp 50-51). Mais il reste évident que les autres documents de Vatican II n’ont pas non plus le
caractère dogmatique et donc que leurs doctrines ne peuvent pas se ramener à des définitions précédentes,
qu’elles ne sont pas infaillibles ni irréformables, ni même donc contraignantes. Si on les niait, on ne serait pas
pour autant formellement hérétique . Si par contre on les imposait comme infaillibles et irréformables, on
irait contre le Concile lui-même.
On pourrait donc accepter le caractère dogmatique dans le seul cas où Vatican II propose de nouveau
comme vérités de foi, des dogmes déjà définis dans des Conciles précédents.
“Par contre, les doctrines qui lui sont propres ne pourront absolument pas être considérées comme
dogmatiques, pour la bonne raison qu’elles sont privées de l’inévitable formule définitoire et donc de la
relative “voluntas definiendi” (p. 51). Voilà pourquoi les textes qui présentent quelque ambigüité, peuvent être
objet de critique historique et théologique.

Nous pouvons en avoir un exemple avec la “Constitution pastorale”, la “Gaudium et Spes” sur l’Église dans
la monde contemporain, où le terme “pastoral” devient un terme humanistique de sympathie, d’ouverture, de
compréhension envers l’homme, son histoire et “les aspects de la vie actuelle et de la société humaine”, avec
une attention particulière aux “problèmes qui aujourd’hui semblent les plus urgents”.
La “Gaudium et Spes” est donc un document imprégné de la culture et des institutions (GS 53), du progrès
économique et social (GS 66), du progrès technique (GS 23) et du progrès humain (GS 37, 39, 53, 72)). Comme
on le voit, il s’agit d’un “christianisme nouveau” qui élargit ses frontières aux “chrétiens anonymes” de Karl
Rahner, et à ceux de Schillebeeckx, et aux chrétiens “mûrs” des assises conciliaires.
Il est donc tout à fait clair que la “Gaudium et Spes” est un document pastoral dénué de valeur
contraignante, d’où par conséquent est exclue tout intention définitoire. Mais alors, pourquoi les tenants du
progressisme voudraient en faire un “dogme”, de même qu’ils voudraient faire du Concile lui-même un dogme
absolu, alors qu’il était bien clair qu’il ne voulait affirmer aucun principe absolu.
Et pourtant, le résultat concret du bilan post conciliaire fut admis par Benoît XVI lui-même dans son
“Rapport sur la foi”, où il est écrit:

«Il est incontestable que les vingt dernières années ont été décidément défavorables pour l’Église
catholique. Les résultats qui ont suivi le Concile semblent cruellement opposés aux attentes de tous, à
commencer par celles de Jean XXIII et de Paul VI (…). On s’attendait à un bond en avant et on s’est
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