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Actualité

ÉDITORIAL

LUNDI 25 MAI 2015
WWW.SUDOUEST.FR

LA PHOTO DU JOUR

Une guerre
dans la guerre

C

roire que l’hibernation dans laquelle semblait
plongée Daesh était signe que les milices islamiques piétinaient en Syrie et en Irak était pure illusion. La semaine dernière a rappelé que ses troupes obéissent depuis toujours à des logiques militaires
parfaitement structurées. En quelques jours, deux villes
sont tombées entre leurs mains, Ramadi en Irak, Palmyre
en Syrie, et deux postes-frontières, celui d’al-Tanaf et son
pendant d’al-Walid. Or ces objectifs ciblés soulignent, une
fois encore, que la sauvagerie des hommes engagés sous
la bannière noire n’est qu’un instrument dans un plan
beaucoup plus vaste, dessiné par de véritables stratèges.
Ainsi, Ramadi est une flèche pointée sur Bagdad. Peu à
peu, la capitale sera coupée de certains accès vitaux qui
l’entourent, notamment des réserves d’eau potable. Alors
l’attaque sera menée. Palmyre, au-delà du symbole qu’il
peut représenter pour l’Occident, est également un nœud
routier au centre de la Syrie et
un important site gazier. ChaYVES
cune de ces prises a pour but,
HARTÉ
outre l’accès à des axes majeurs
y.harte@sudouest.fr
dans une guerre de mouvements difficiles à lire depuis le
ciel, de conforter également un
trésor de guerre.
Alors, Daesh aurait-elle inventé une nouvelle forme de
guerre contre laquelle il n’y auCe jeu permet
rait pas de réponse ? S’il est vrai
à Daesh de
que l’État islamique n’a jamais
paraître en irrésis- raisonné en termes d’affrontement classique, il est une autre
tible conquérant
raison qui explique ce qui apparaît comme une irrésistible
avancée. Les forces de coalition qui sont censées lui être
opposées sont des forces dissemblables. L’Arabie saoudite, ayant pris conscience du terrible monstre qu’elle a
enfanté et qui se retourne contre elle, s’est lancée dans
une alliance inédite en se réconciliant avec le Qatar et la
Turquie. Mais son but véritable, en armant une force hétéroclite concurrente à Daesh, « l’armée de la reconquête »
qui opère dans le Nord, reste d’obtenir la chute de Bachar
al-Assad, allié de l’Iran, véritable cauchemar des princes
saoudiens. L’Amérique, de son côté, n’entend à aucun prix
lancer des hommes au sol. Elle parie pour une guerre par
procuration, dans une autre alliance contraire et aussi
stupéfiante qui la voit se rapprocher de l’Iran et des milices chiites. Ce jeu-là, pour l’instant, permet à Daesh de paraître en irrésistible conquérant. Mais surtout il nourrit
un autre conflit, encore rampant mais bien plus terrifiant. Celui qui verra s’affronter sunnites et chiites pour
une véritable hégémonie et le grand contrôle du MoyenOrient.

EN HAUSSE

Luxe. Le joaillier Cartier rou-

vre aujourd’hui, après huit
mois de travaux, sa boutique emblématique des
Champs-Élysées à Paris,
dans le cadre d’une série de
rénovations et d’ouvertures
de nouveaux espaces dans
le monde. L’espace des
Champs-Élysées se décline
sur 650 mètres carrés et
deux étages.


@

EN BAISSE

Australie. Le Premier minis-

tre conservateur australien
a déclaré que son pays ne
suivrait pas l’exemple de
l’Irlande en organisant un
référendum sur le mariage
homosexuel. Le mariage
gay avait été interdit en Australie en 2004 par révision
de la loi. L’union civile est
toutefois possible dans la
plupart des États.

www.sudouest.fr
Retrouvez toutes les photos du premier match
des Girondins dans leur nouveau stade.

Drapeau tricolore au vent, sourire aux lèvres et chapeau de circonstance, des amateurs de DS
Citroën paradaient hier au cœur de la capitale. Il faut dire que la voiture mythique des années
d’après-guerre fête cette année son soixantième anniversaire. Félicitations. PHOTO AFP

ENTRETIEN

« Attention, abus »
COPROPRIÉTAIRES Le président de l’association du Sud-Ouest
met en garde contre les augmentations de frais d’honoraires
Jean Lopez est le président de l’Association régionale des copropriétaires (ARC) du Sud-Ouest, qui s’étend
sur quatre régions et dix départements, de La Rochelle à Limoges en
passant par Bordeaux, Montauban
et Tarbes. Elle compte 33 000 adhérents. En France, 60 % des propriétaires sont des copropriétaires.
« Sud Ouest ». À quoi sert votre
association ?
Jean Lopez. L’ARC est une association indépendante qui vit des cotisations de ses adhérents. Elle a pour
objectif d’aider les conseils syndicaux, c’est-à-dire les représentants
descopropriétairesetdessyndicsbénévoles, à mieux gérer leur immeuble, à résoudre les problèmes juridiques et pratiques de leur
copropriété, et à intervenir auprès
dessyndicspros.Enrésumé,nousinformons, aidons, tentons d’éviter les
erreurs et les malentendus, et nous
essayons d’améliorer le fonctionnement global de la copropriété.
Pourquoi faudrait-il une
association, puisqu’il existe
des conseils syndicaux pour
représenter les copropriétaires ?
Eh bien, les personnes qui achètent
en copropriété ne réalisent pas toujours qu’elles achètent aussi des parties communes sur lesquelles elles
peuvent être amenées à payer des
charges importantes, que le rôle des
conseils syndicaux est essentiel dans
la gestion de ces parties communes,
et que ces mêmes conseils n’ont pas
toujours les informations nécessaires face aux syndics professionnels
qui gèrent leurs biens.
Que change la loi Alur, dont les
décrets sont parus en mars dernier,
à la copropriété ?
On en attendait beaucoup, mais
cette loi a accouché d’une petite souris. Le nouveau contrat entre les syn-

Jean Lopez : « Un bon syndic est le plus souvent ce que
la copropriété en fait ». PHOTO STÉPHANE LARTIGUE/« SUD OUEST »

dics et les conseils syndicaux entreraenvigueurle1er juillet.C’estlechangement essentiel. Il va faciliter les relationspuisqu’ilprévoitunesomme
globale unique pour le syndic avec
des prestations bien définies. Mais
nous avons des craintes sur l’application de ce contrat, car les premiers
exemples montrent que l’on enregistre des augmentations des honoraires des syndics, notamment sur
de petites prestations, qui font grimper la note de 10 à 20 %. Et puis, il y a
la question du traitement des dossiers directement sur le Net, prévu
dans la loi mais qui se fait attendre.
On ne sait toujours pas quand et
comment cette disposition sera appliquée.
Vous vous opposez souvent aux
syndics professionnels ?
Nous ne nous opposons pas. Mais,
souvent, nous n’avons pas la même
vision des choses, puisque nous ne
défendons pas les mêmes intérêts.
Lorsque je vois que des propriétaires
paient jusqu’à 50 centimes d’euro la

photocopie, je dis que ce n’est pas
normal. Il faut faire attention aux
abus.
Qu’est-ce qu’un bon syndic ?
Un bon syndic est le plus souvent ce
que la copropriété en fait. Ce dernier
doit être efficace dans ses relations
aveclesyndics’ilveutlimiterlescharges.
Justement, de plus en plus de
copropriétaires ont dû mal à payer
les charges…
C’est vrai. Ce constat a été fait par notre association. Le coût des charges
n’a cessé de croître, ces dernières années. En 2014, nous avons assisté à
120 assemblées générales dans la région. Et certaines personnes âgées
notamment, dont les revenus sont
très modestes, ne peuvent faire face
lorsqu’il faut payer des charges exceptionnelles comme des travaux.
Elles sont de plus en plus nombreuses, et certaines copropriétés se dégradent.
Recueilli par Bruno Béziat