REVUE CYBERDADA N.1 .pdf



Nom original: REVUE CYBERDADA N.1.pdfAuteur: ROBERTA DE' LAZZARI

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1

2

revue parallèle
transversale
diagonale
cahier/chantier
d’art de la critique
et cyberculture

3

CYBER-DADA
Magazine d’art de la critique
et cyberculture.
Prêt-à-penser
automne-hiver 98/99 n°0
en attente d’autorisation
***
L’autre gal. N. GNAC Inter/Prise
35 bis, Avenue Gén. Billotte
94000 Créteil Préfecture (Paris)
Tél. 01 43 99 45 65
CYBER-DADA est édité par
l’association (loi 1901)
Fondateurs:
Extrême Jonction,
Angelo Ermanno Senatore,
Eva Rachele Grassi
Directeur de la publication:
Angelo Ermanno Senatore
Comité de rédaction:
PARIS
Angelo Ermanno Senatore
Eva Rachele Grassi
L’Autre Galerie New GNAC
35 bis, Avenue G.al Billotte
94000 Créteil Préfecture (Paris)
Tél. 01 43 99 45 65
ROME
Marco Fioramanti
Roberta De’ Lazzari
Via Raffaele Ciasca, 37
00155 ROMA
Tél./Fax +39.6.61908129
Correspondants
Anton Perich, New York
David Thompson, Toulouse

Ninì Candalino, Rome
Anna Maria Corbi, Rome
Ali Kichou, Montréal
Hadjira Preure, Montréal
Claudio Bianchi, Rome
Giuseppe Siano, Salerno
Rosita Senatore, Arezzo
Couverture - Mise en page
Marco Fioramanti
Ont collaboré à ce numéro:
Angelo Ermanno Senatore
Eva Rachele Grassi
Anna Maria Corbi
Marco Fioramanti
Claudio Bianchi
Lidia Reghini di Pontremoli
Gastone Bonsembiante
Evgenija Demnievska
Geppino Siano
Franco Di Vito
Elisabeth Frolet
Romano Mastromattei
Robert Henry Rubin
Michael Oppitz
Anton Perich
* * *
Cette revue est complètement
indépendente et autoproduite
par les artistes Angelo Ermanno
Senatore, Eva Rachele Grassi,
Marco Fioramanti.
Pour souscrire, aider,
collaborer, contactez-nous à
l’adresse de l’Association du
Group Extrême Jonction
sursignalé de Créteil, Paris,
France

4

AVANT-PROPOS
Special thanks to:
Pardonnez-nous
peut-être
l'overdose de mots sur notre
histoire, en particulier dans la
rubrique-chapitre
Molecole
d'amore mais c'était seulement
pour faire comprendre l'esprit de
notre revue parallèle...
Remerciements à tous les amis
artistes, critiques, journalistes
qui ont collaboré et qui nous ont
aidé à réaliser le deuxième
numéro de cette revue parallèle,
transversale, diagonale de la
mouvance Molecole d’Amore
cyber-dada internationale, dont
le premier, à entendre comme
“une preuve d’auteur”, déjà sorti
à Paris seulement en langue
française en mai 98. Le présent
numéro sort comme n° 0 parce
que en attente d’autorisation.

Roberta De’ Lazzari
Marta De Lazzari
Luca Paolelli
Anton Perich
Anna Maria Corbi (Dir. Art. Ass.
Cult. L’Officina di Gorgia, Roma)
Lidia Reghini di Pontremoli
Gastone Bonsembiante
Claudio Bianchi
Franco Di Vito
Elizabeth Frolet
Evgenija Demnievska
Daniele Lacerda
M.me Madeleine Van Doren
Galerie F. Léger-CREDAC d’Ivry
Reda Otmanetelba et Nathalie
Gilbert du G.A.C., Mairie de
Créteil
Patrizia De Felice
Nino Mormile
Rosanna Mastroianni
Sabrina Grassi

5

Editorial

“La parole écrite sera l’incorporation naturellement
nécessaire d’une pensée, et non pas, l’enveloppe
socialement convenable d’une opinion.”
(Karl Kraus, Aphorismes)

INVIT/ACTION
par Angelo Ermanno Senatore

U

ne boussole pour naviguer, une méthode pour sortir de (ou pour
rentrer dans) la forêt...
Cahiers cyberdada, “cahiers de doléances”, parallèles, diagonaux,
transversaux..
Une pause de réflexion à l’interieur de ce mouvement-non mouvement
courant-non courant chantier work-in-progress groupe-non groupe area
cyberdada post-duchampien trans-”situationniste” trans-post-conceptuel
époque 2000-3000... ouvert à tout le monde: amateurs... (ah! Picabia...)
et, sic, professionnels, “amateurs-amoureux”, de France, d’Europe, du
village global...
Une trans/versalité qui n’est pas seulement un moment de nostalgie
indiano-métropolitaine de la méconnue révolte universitaire de ‘77, en
Italie (maîtres à penser: Guattari, Deleuze, Lacan, Cooper, Foucault,
Laing, Derrida...), ni de mai ‘68 et des “réjouissances” (wow) organisées
à l’occasion de son 30e anniversaire... mais aussi une façon de faire
comprendre (ah! le message-massage) que le travail que nous avons
toujours mené est un parcours à “zig-zag”, dans la géographie réelle et
imaginaire des lieux de la culture d’idées et de pays, avec la création de
“T.A.Z.” 1 (Zones Temporaires Autonomes) ante litteram, à l’aide de codes
1

Pour comprendre cette "nouvelle avant-garde", on conseille la lectiure de T.A.Z. de
Hakim Bey, maintenant aussi traduit en français. En Italie sont déjà, il y a longtemps,
sortis d'autres bouquins d'Hakim Bey comme L'immediatismo traduit par notre jeune
ami Ugo Scoppetta (Poesia '90) et présenté à Salerno à la Fondation du maitre-àpenser Filiberto Menna (qui a critiqué le post-modern de Lyotard dans le livre La critica

supra-luminiques, selon les “seules correspondances significatives”. Sans
étiquettes ou overdose d’étiquettes, sans rôles pré-établis ou con-fusion
des rôles; insouciants des préjugés de ceux qui ne conçoivent pas que
des artistes, peintres, poètes, puissent en même temps animer des
espaces inter-media, organiser des événements artistiques, réaliser des
revues culturelles... RES/ISTANCE... contre la pensée unique... pour la
pensée labyrinthique...
C’est aussi pour celà qu’on a choisi de diffuser nos médit/ations en
plusieurs langages (Gutenberg/ Mc Luhan/ papier-écran)... en plusieurs
langues (français, italien, anglais... et sur les prochains numéros: tzigan,
grec, chinois, japonais, yougoslave, etc.); une revue-mission-combatboulot-lieu de convivialité cyberdadacafé, soit réel, soit virtuel 2; mais, à la
fin, quelle différence?
Et dans une atmosphère faite de “molecoules d’amour”, des “Chapitres”,
sorte de rubriques pas rubriques, à l’enseigne du changement continu, de
règles du jeu au jeu des règles...
Toujours inter/férences-con/fluences-dif/férences...
...“Molecole d’amore”... un colloque en temps circulaires entre les
protagonistes de l’area “primitiviste naturelle T.A.Z. cyber/ethno/dada de
la centrale parisienne-romaine-napolitaine...
...“Olduvai-Ethnodada” voyages-reportages chamaniques...
l’anthropologie de l’art ou l’art de l’anthropologie...
...“Eloge de la différence”... interviews de personnages du monde de
l’art... officiel-”alternatif”...
...“Semi di luce”... la magie électronique comme éducation d’un art de
l’”inapparent”...
...”Exercises de philosophie électronique”... de l’exploration de nouveaux
langages à la recherche de “nouvelles réalités”...
...“Open art”... news... recensions... expo... événements...
...”Cyberdada-café”... débats... convivialités... brique-à-braque...
_________________________
Post Scriptum: La page blanche de Mallarmé et “un coup de dés n’abolira jamais le
hasard”, sont l’inspiration de l’area cyberdada, comme l’était le manifeste de la revue du
“Grand Jeu” de Daumal, Lecomte, Sima, dans notre journal “Post-Prise-News”, dans les
années ‘80.

della critica), à la presence de Giuseppe Siano (ass. philo. esthètique de la
communication, critique et journaliste d'art et culture) et de Bifo (Franco Berardi, exleader du mouvement des indiens métropolitains, Bologna 1977).
2
Extrême Jonction: http://www.ceejel.com/ extremejonction-fr
7

ULTERIORI CHIARIMENTI
Quaderni cyber-dada, diagonali, paralleli, trasversali...
Work-in-progress post-duchampiano d'extrême jonction nella jonction
immediate privilegiata con Marco Fioramanti e con i vecchi e nuovi
compagni di strada.
Dall'atelier-galerie di Paris-Créteil, spazio comunale situato in una
giovane ed effervescente atmosfera culturale, al Centro d'arte L'Officina
di Gorgia di Roma, alla sede newyorkese della rivista NIGHT, rinascono
le antiche complicità che, intrecciate con quelle del presente, Evgenija
Demnievska e il suo progetto Eurinome's Gambit, Daniele Lacerda e la
sua rivista Latitudes, tentano di costruire un ponte, non solo "virtuale" tra
gruppi, movimenti e operatori culturali, in una movenza atipica tra lingue
e linguaggi differenti... un primo tentativo verso sempre più anarchiche
realizzazioni.
Non esitate, dunque... contattateci, attraverso E-mail, per telefono, per
corrispondenza, con poemi...
Nel prossimo numero vi spiegheremo anche come abbonarvi.
E per quelli che vogliono sostenere le nostre utopie concrete ci saranno
anche delle pagine bianche (non solo "quella" di Stéphane Mallarmé) a
disposizione per annunci, contatti, attività culturali, riviste, gallerie, altre
associazioni, ecc. che "navigano" sulla stessa onda...

8

LUXE MAGNIFIQUE...
”LUX M AGNIFICA”...
LIEUX DU M AGNIFIQUE...
par E.R.G.

M

iracles, “magiques instants collectifs”... nos désirs seront nos
destinées... n’avoir aucune idée sur quoi devenir... au point de se

dédier à l’idéal le plus haut... y dédier une vie... et en même temps se
sentir coupables vers le réel...
De toute façon se souvenir toujours d’écouter... et jamais oublier... en se
posant souvent des questions... sans réponse... pour amour de vertige.
En regrettant aussi le “reste”, mais sans aucun désir...
Alors, quel destin?... Dans une éternité de demande interminable, des
humains, inadaptés à l’humanité, en crise d’abstinence, où un “sentir”
ambigu ne suffit pas...
Une fantasie absolue, libre de modèles, aussi les plus abstraits... un
“ART” qui essaye d’augmenter dans le quotidien cette soif de sensibilité
écorchée... où, ça sera le Paradis, où on restera à jamais en enfer... Se
9

laisser couler profondément dans toutes les choses, et n’en être
aucune... sans matrice...
Tellement vigoreuse la tentation de parvenir au Seuil de l’Invisible, que
chaque image qui pourrait également de beaucoup se rapprocher à
l’objectif, est considerée comme superflue, inefficace, comparée à la
vision, soit aussi imparfaite de son propre idéal...
Cependant, cette manière doit aussi être re-présentée, même si
décharnée

et

petrifiée...

Des

arrières-pensées

au

stade

de

l’investigation... suppositions scientifiques de l’esprit, qui s’autorise à
l’Impossible, dans l’angoisse ambitieuse d’un rêve oublié... Le droit à
l’errance, sur une frontière empruntée, feu noir sur fer blanc...
S’entourer de poésie... et... combien de solitude... comme couper les
ailes d’un Ange, dans un rêve brusquement interrompu par la douleur...
le non-vu des instants perdus...
Blessés et séduits par la convoitise d’une sublimité d’anxiété suprême...
pour se faire accepter sans être banalisés... pour innocenter les
regards...
***
...Et si la Création a eu lieu par un acte de parole, redecouvrir une langue
de la con-fusion, une langue de la grâce... édénique...
Et en plus se rappeler que la naissance d’images a été une première
forme d’écriture...
Il n’est pas mauvais, non plus, de nous souvenir qu’images et alphabets
sont deux branches de la même famille... vibrations... grandes
scintillations... pour préparer et se préparer à un monde, où la pensée la
plus haute ne soit plus une ambition impossible et trop cruellement
exigeante, contraire à la vie, et hors des prises humaines...
... et pourtant ce n’est pas encore le SECRET...
... rien que le premier pas... vers l’Antérieur...
10

Chapitre 1
ELOGE DE LA DIFFERENCE: ...

LE “M ACHINISME ”... LA PEINTURE DE L’ART CYBERDADA... BEAT-BEEP -BIT
GENERATION - A. 3000 - ET... LE SCANDALE DE LA FIN...
par Angelo Ermanno Senatore

P

eut être le présent essai semblera-t-il déborder le cadre du débat de
cette revue, ou “chantier-parallèle-transversal-diagonale”, qui s’est
assigné l’étude des effets produits sur l’art contemporain, dans le
diverses domaines de l’activité humaine, par le développement des
“machinismes” et par les modifications mentales qui ont suivi.
Nous vivons dans un milieu nouveau: quel changement cela produit-il
dans les volontés de la création pas pro-création (j’ajoute, après une
discussion “art et vie” avec ERG, “re/cré/action-artistique), et dans notre
intelligence pratique des choses de l’Art?
Le développement, ou mieux, le “dévenir” à la Parmenide, des formes et
des styles a ses raisons propres et constitue une généalogie particulière.
Notre époque a eu le privilège de voir ces formes et ces styles se
succéder avec une rapidité et une violence si nettes qu’on peut saisir
dans leur suite une nécessité et une logique internes, comme s’elle était
agie d’un seul et même “vrai créateur”, qui dépassant la longevité
octroyée aux générations, eût successivement proposé et employé tous
les moyens possibles offerts à l’art, de la peinture, de la sculpture, de la
poésie, de la musique...

Ces moyens possibles, ces hypothèses de travail, ces successifs
principes et systèmes esthétiques, bref, ces formes et ces styles,
s’enchaînent tantôt par voie de conséquences exhaustives tantôt par voie
de contraste, ainsi que de fugues et de contrefugues.
Gardons cette image d’un créateur unique, consideré dans le temps
comme capable de toutes les chances et de tous les pouvoirs du cerveau
humain, et nous éprouverons en nous-même la nature véritablement
organique de cette histoire des arts depuis un siècle et demi, et ce
caractère serré, pressant, vital, de leurs positions et propositions, de
leurs inventions-révolutions.
Et nous sentirons que si, par exemple, le verse libre, au cours de cette
“communicative période”, a succedé à des siècles de prosodie régulière,
c’était, comme pour tout individu qui réspire, par besoin de “plein air”,
après une longue clôture.
La conscience des “étonnantes transformations technologiques” de notre
ère s’inscrira sur ces plaques sensibles qui sont les artistes; elle les
oblige aussi à examiner leur condition dans ce milieu qui change, dans
cette société qui se bouleverse et à chercher à établir leurs rapports avec
celle-ci, tandis que celle-ci modifie la conception qu’elle se faisait de l’art
et de sa façon d’en user. Nouvelles technologies enchaînées à nouveaux
langages... à complicités nouvelles, sans rôles, sans étiquettes; l’équipe
d’artistes, le “chercheur cyberdada”, inter-disciplinaire; l’art-kritik,
galeriste, théoricien-praticien, créateur-internaute... Dans ces voies
parallèles, transversales, diagonales on peut voir se délinéer et avancer
le “cyberdada” artiste du prochaîn millenaire... Et cependant l’art reste
l’art et l’artiste reste l’artiste et continue de se sentir le même que son
confrère des cavernes préhistoriques puisque les ouvrages de celui-ci, à
chaque découverte qui est faite, lui paraissent parents de ceux qu’il a
crées, ou tente de créer, issus d’intentions analogues... Parce que,
même si l’art peut être employé à des fins sociaux, comme dans les
communautés primitives, pour défendre les vivants contre la mort ou
pour défendre les chances de la chasse, et dans la civilisation
électronique à cultiver le narcisisme et la soif de succès-reconnaissance,
telle n’est point sa fonction essentielle et spécifique... Même lorsque

l’artiste partage les doctrines, les convinctions et la mentalité de la
société qui l’emploie, un sentiment distinct, pour obscur et informulé qu’il
soit, guide sa main “fabricatrice” et fait de l’objet fabriqué le réceptacle
d’une autre force, inconnue, qui essaye d’aller plus loin encore que la
recherche de la beauté...
Mais, malhereusement, aussi combien des courtisans, fonctionnaires,
“warholiens”, pseudo-artistes, qui ont entassé et encore entassent les
bouquins d’”histoire-chronique” des critiques-marchands, chiens de garde
du marché pyramidal de l’art contemporain des années ‘70/’80/’90,
“passé-récent”. Et, dans le meilleur de cas, l’artiste est dévenu un simple
ouvrier ou un chômeur intellectuel, en quête continue de papiers,
syndicats, partis, relations politiques, pour avoir l’accès à l’aide (sic!) de
l’Etat, pour la “pro-création”... Et la quête poétique, où est-elle?...
Selon notre “mouvence atypique cyber-ethno-dada”, si, comme nous le
dit le Baudrillard, il y aura une disparition de l’art, la vraie création restera
éternelle, comme la nature “divine” de l’homme, la joie et l’angoisse
d’exister. L’art et la science sont en continu dévenir. Et alors, s’il y aura
une disparition nous souhaitons que ça sera une disparition de cette
manière d’écrire l’art et son histoire, histoire académique... L’art de la fin,
pas la fin de l’art... Le système qui change et le nouveau qui avance... Et
nous, cyberdada, de la mouvance a-typique, nous voulons participer à
cette “movida” de transition au futur proche...
Entre Mc Luhan et Gutenberg, dans le scandale des mille titres, noms ou
pseudonymes, groupements, faux courants, de notre jeu de règle, nous
voulons changer la vie comme Rimbaud, avec une vraie poèsie comme
Mallarmé, dans “Le Grand Jeu” de Lecomte, Daumal et Sima. Nous
faisons l’amour pour le plaisir de la “Connaissance”, pas pour faire des
enfants gatés, comme les artistes au pouvoir, employés de la pyramide
académique, petits hommes sans qualités. Nous sommes “l’alternative”
de la pensée, du cœur, de l’émotion, de la révolte... Mais tout ce débat,
délire... Au prochain rendez-vous de cette rubrique... En attendant vos
messages... et le Godot du 2000 ici, à Paris, d’où on vous envoye ces
molecules d’amour d’art et de poèsie, dans l’anarchie magnifique de
notre liberté en forme de vers libres...

Le Miroir de la Fleur et son Spectre
par Elizabeth Frolet
"La vraie culture, comme l’agriculture, est le parachèvement patient de la
nature. La Culture démocratisée, avec sa majuscule, tue le naturel sous la
prolifération du culturel, et de sa panoplie de prothèses”.
(Marc Fumaroli, L’Etat culturel, Editions de Fallois, 1992)
“Nous appelons “fleur” ce qui sur 10 000 arbres et sur 1 000 herbes s’épanouit
à sa propre saison. Et c’est précisément parce qu’elles s’ouvrent à un instant
précis, qu’elles sont insolites”.
(Zeami, Le miroir de la fleur, traduction de R. Sieffert)

ne fin de millénaire qui n’est pas une.
Et beaucoup de bruit autour du chiffre 2000. Petit chiffre
extrémement relatif.
Nous européens, chrétiens avons la présomption d’imposer à la planète
notre

calendrier

grégorien.

Les

musulmans,

Japonais,

Chinois,

Soudanais et bien d’autres encore, possèdent d’autres temps et symboles
auxquels nous ne voudrions pour rien au monde nous soumettre. Les
pendules à l’heure chinoise, imaginez un peu le ridicule...!
Jésus et son souvenir sont-ils si importants pour ceux qui se préparent à
l’an 2000?
Marie, femme bien légère, à rencontré un ange et... Jesus est né!
Nous célébrons cette naissance qui nous a conduits à bien des
massacres, à des infamies innommables, à un matérialisme universel, à
une intolerance bien éloignée de l’enseignement de ce “célèbre enfant”...
Et l’art dans tout ça? Il a suivi à peu de choses près le même chemin.
D’abord mystique, épuré, fantastique, il essayait d’echapper aux limites

de la réalité visible et aux mesures de l’homme.
Une sorte de révérence pour le mystère existait.
Puis la Renaissance. L’homme essaye alors de remplacer Dieu et son
esprit et s’efforce d’abattre le mystère en luttant contre lui pour imposer le
règne d’une “réalité-vérité” mesurable. On connaît le reste: les guerres
des envahisseurs catholiques, l’éradication des sensibilités autres, la
machine, l’arpentage mécanique du monde, la nature ennemie de la
‘culture’, le ‘fardeau’ de l’homme blanc, l’art d’avant-garde en guerre
contre quoi?... Pauvre petit Jésus!... Voyez où il nous a menés... Un peu
d’insémination artificielle avec les héritiers de Bouddha et Quetzalcoalt ne
lui ferait pas de mal!
2 000 ans pour avoir appris au monde comment anéantir la nature!
Fleurs et bêtes... qui sait encore prononcer vos noms?...
2 000 ans pour faire croire au monde que les cultures orales sont
inférieures et destinées à l’oubli.
2 000 ans pour faire croire au monde que la sodomie est un péché...
2 000 ans pour que la Coca-Cola recouvre la planète.
2 000 ans pour que tout le monde sur notre terre se mette à l’heure du
minimalisme et du conceptuel en oubliant du même coup toutes les
particularités fantastiques que recèlent les petites cultures régionales.
2 000 ans pour faire croire que le voies de l’art sont uniques et pour
enseigner à tous ceux qui ont le téléphone qu’ils doivent tous se
ressembler les uns les autres... Du nord au sud, de l’est à l’ouest... il faut
aimer Jeff Koons...
2 000 ans pour que la mémoire des plantes et des animaux disparaisse
au profit de la mémoire artificielle des mégabytes.
Il serait peut-être temps d’apprendre à retrover la nature avant qu’elle ne
disparaisse complètement et à réapprendre l’importance de la différence
qui la distingue.

L’art d’avant-garde est obsolète, car maintenant tout est possible
virtuellement.
Et pourquoi ne pas penser l’art du troisième en terms différents d’une
guerre de formes et de slogans artistico-militariste? L’artiste ne devrait-il
pas donner au citoyen non-artiste ce supplément d’enchantement, de
plaisir, de doucer et d’esprit dont la culture citadine actuelle est si peu
pourvue.
Planter de nouvelles fleurs, de nouvelles forêts, brûler les bouteilles en
plastique qui dévorent les plages et les sous-bois, inviter les oiseaux dans
les villes, soulager les poisons étouffés par les eaux empoisonnées,
nettoyer l’horizon, mieux connaître les arbres et les rivières...
Un programme rétrograde direz-vous. L’artiste fait autre chose...
Imaginez un immeuble parfaitement équipé selon les rêves de la sciencefiction, entouré de vrais arbres, d’écuireuils, de roses trémières, avec à
l’intérieur, des objets fabriqués par une main humaine tendre. La
technique efficace unie au souffle de l’homme et de la nature.
Zeami, au XVe siècle, dans un manuel à l’usage des acteurs Nô, propose
la définition suivante de ce qui entre dans le domaine de l’”art”: ‘ce que
nous nommons art calme les esprits de tous les hommes, suscite
l’émotion des grands et des humbles, et peut constituer un point de
départ pour un accroissement de longévité et de bonheur. C’est un
moyen de prolonger la vie’.
Zeami formule ici une définition universelle. Il ne prend partie pour aucun
camp et ne suscite aucune fronde entre la droite et la gauche, il n’établit
aucune hiérarchie, il ne sépare ni le passé, ni le future, il propose à l’art
un rôle autrement ardu: prolonger la vie et accroître le bonheur.
Les moyens pour y arriver sont innombrables, car l’art n’a pas de forme
déterminée, l’art est comme la nature, à la fois très structuré et non
conformiste. C’est un esprit qui sert à élever l’homme, à lui redonner
confiance, à mieux vivre.

Chapitre 2
“... dans les premiers fractions de seconde de l’histoire de
l’univers, toutes ses parties infinitésimales étaient en
contact... après l’inflaction, elles ne le sont plus, mais elles ‘se
souviennent’ de l’avoir été...”
(Trinh Xuan Thuan, La mélodie secrète)

M

OLECOLE D'AMORE

LE RENCONTRE D’EXTREME JONCTION AVEC LE MOUVEMENT TRAITISTE:
SON HISTOIRE A TRAVERS LES "CHRONIQUES" NOMADIQUES DE SES
RAPSODES...

L

e Mouvement Traitiste et Extrême Jonction se sont rencontrés, en
1983. Chacun, de son côté, étouffe... mais on n'étouffe jamais de la
même manière... On s'approche, on s'éloigne... en tout cas, on est tous
hantés, par la même Question... sans réponse...
De temps en temps, ils se retrouvent à travailler sur des projets
communs, avec des nouveaux et des vieux complices...
Par exemple, dans les années 85-87, ils ont présenté le Laboratoire
Olduvai 1, à Naples, Rome, Alger, Berlin de l'ouest, Stockholm, avec Anna
Maria Dori2, écrivain, critique d'art; Christiane Kluth, danseuse, critique et
historique de l'art; David Thompson, musicien, écrivain.
En 1987, la connaissance avec Daniela Lobo, actrice, danseuse de
flamenco, qui maintenant danse avec les Anges, a marqué et laissé un
vide dans le groupe.
Après dix années, on se rencontre à nouveau, en particulier avec Marco
Fioramanti (peintre, performer), qui les rejoint à Paris pour continuer
ensemble cette aventure. Ils se séparent des autres membres du groupe
pour se retrouver, toujours au nom de la Magie Electronique... c'est-àdire, revenir à l'Origine - mais les yeux bien ouverts - Et cette fois, dans
l’atmosphère particulière de la mouvance atypique du mouvement-non
mouvement cyber-ethno-dada-3B génération, un courant-anti-courantmilitant-area T.A.Z.... dont fait aussi partie l'anthropologue et peintre
Roberta De' Lazzari.
...le primitif et l'électronique se fusionnent dans les stratifications qui s'echappent des
images du futur et d'un très lointain passé. Un passé qui se rapporte aux plus anciens
temoignages d'une, entre les phases évolutives du chemin de l'espèce humaine,
effleurée dans l'hémisphère austral depuis le site archéologique de la gorge Olduvai.
D'où, dans cette danse d'éléments toujours plus raréfiés, le laboratoire traitiste prend le
nom en 1984.
2
Anna Maria Dori, aujourd'hui Anna Maria Corbi, est l'esprit lucide qui veille sur le
groupe traitiste depuis le début.
1

M ANIFESTE TRAITISTE
par Claudio Bianchi en collaboration avec Marco Fioramanti
Rome, 4.1.1982

A

vec le Trait nous exprimons le geste le plus simple, à la portée de
tout le monde, primitif, par conséquent anti-intellectuel.
La grossièreté et l'expressivité exaspérée indiquent sur quels points se
fixe notre dialogue avec le monde ensommeillé de l'art, et avec la
société.
Nous détestons quelconque forme de hiérarchie et c'est pour ça, difficile
penser à des adepts sérieux et consciencieux, des chercheurs cohérents
et raffinés.

Tel c'est notre langage: archaïque, ainsi, de façon naturelle, nous
croyons exalter les couleurs. La compétition n'a aucun sens dans les
oeuvres, leur structure compositive se révèle extrèmement populaire et
exaltante.
Le Trait c'est notre refus à nous adjoindre au monde de la culture
officielle. C'est l'antidote à la buverie du public ordinaire, qui est victime
de la sub-culture, alimentée par faute d'information et par
l'obstructionnisme culturel, réalisé par les bureaucrates de l'art pour
accumuler du pouvoir, ou surtout pour leur incapacité à relier les théories
de l'art au monde du travail et à la vie sociale, en faisant des artistes, qui
à elles se soumettent, des antisociaux dans la vie, et, du public, une
masse d'exclus dans l'art.
Ceci, l'évolution dialectique qui domine toute l'historiographie de l'art, qui
rappelle le développement des événements humains, où les nouvelles
théories sont approuvées et légalisées, seulement quand, vidées de leur
contenu innovateur, elles ne deviennent qu'une forme denudée, ou elles
rentrent dans le coutume, non plus comme nouveauté, message,
impulsion, mais comme un besoin élémentaire qu'on ne peut pas
supprimer.
Avec le Trait simple, immédiat, dépourvu de culture, nous voulons
effacer l'art cultivé et sophistiqué, le professionnel génial, le Maestro, et
avec lui effacer cette aura magique et irréelle dont il est entouré.
Nous voulons que le Traitisme devienne l'art de ceux qui n'ont jamais
compris l'art, devienne l'art des vagabonds, des exclus, des aliénés, et de
tous ceux auxquels on a appris qu'ils ne pouvaient pas peindre car ils ne
savaient pas dessiner, parce-qu'ils n'étaient pas assez cultivés pour
pouvoir faire ce qu'une élite rusée profère désormais depuis un siècle.
Nous voulons que ceux qui ont dévalisé le goût le rendent aux gens, et
surtout à cette portion d'humanité exclue, plus fantaisiste et féconde, qui
a donné, pour le passé, des hommes comme Caravaggio, Gauguin,
Modigliani, Pollock, et que les critiques qui lui étaient contemporains, ont
cru opportun ignorer.
Nous voulons que l'art, le spectacle, la satire, la comédie, le coutume
coïncident dans un unique et lacérant cri de révolte, où la misère puisse
couler ses propres racines et trouver sa propre expressivité, dans un
rituel primitif et inconscient, qui glisse dans la magie.
Ainsi naît l'amour pour ce qui est primitif, païen, nomade. Ainsi naît notre
solidarité pour les groupes humains, pour les sociétés primitives, dont la
technologie moderne a sanctionné la dégradation et l'extinction.
Avant nous, ils ont été Traitistes: les indiens d'Amerique, les peuples
africains, les aborigènes australiens, les peuples de la protohistoire
andine.

LE MANIFESTE POETIQUE D'EXTREME JONCTION
par Eva Rachele Grassi
Rome, 4. 4. 1984

A
chacun sa réalité/ dans l'hallucination du post-hypnotique
Plateaux de vide débordent/ Feutres de couleurs flottent/ Doigts furetent
le doute
Dans les pays de la chaleur/ un message s'écoute...
La réalité s'est écartée de la Création/ a anéanti l'équivoque/ a
imploré...une chose à la fois... visible,durable,efficace
Encore hypnotisée elle a glissé vers le royaume d'“Hallucination”/ tentée
par la simultanéité/ sans temps/ sans espace
Et pour se préparer/ à l'extase/ à l'excès de sens/ elle se donne à
exercices de superposition/ avant la grande expérience/ du dernier
“guetter”/ du dernier “avouer”/
Existent/ prophètes de l'événement/ le silence d'un verdict en attente/ les
dissimule/
Acte/ instrument/
inimitable

matière

prémière

d'alchimiste/

phrase/

crayon/

Graffiti enfantins sur certificat officiel/ effet graphique du “consacrer”/

annullation de l'idée d'œuvre/ pas du lien d'amour/
Décision initiale/ Doute ultime/ Les grandes chambres mediterranéennes/
Ciel et Mare/
Des mains qui paraissent entrer en lévitation/ sur danses d'imagination/
évasée à la mémoire d'une connaissance révolue/
Sanglots du dire/ vol du bâillon/ sur lèvres aveuglantes/ effet illégittime/
d'une forme excessive
Le mystère/ banni violemment du réel/ s'électrise en obscenité de
lumière/ dans l'ironie insoumise
/ du signe corrupteur/ subtil génie d'exaltation/
Vindicte exigée/ d'une requête récompensée/ qui ridiculise/ une pleine
reconnaissance/
Inegalité inconnue/ Objet-Détournement/
Exhibition à l'outrage/ l'un à la place de l'autre/ dans l'unicité de
l'impossible substitution/
Le non-repos de l'illusionniste/ dévore/ encore une fois/ le crime de la
question/ au delà du silence/
Désir du gio(g)co/ voix sans traces/ sans avenir/ en entrelacement
d'intermittences/ dans les origines sans défense/ poursuivent/ précisions
sans alarme/ règlent désœuvrement sans parole/
Expulsions de vide/ effacent/ illégittimes intentions/ et/ signalent/ un arcen-ciel/ à l'enseigne du soupçon/
Outre/ une condescendance de reponse/ en supporter/ l'absence/ dans
l'enigme/ d'un univers inattendu/
Inéluctable/ le hasard/ absorbe/ necessité de vertige/ à la rigueur du
diamant/ arbitraire/
vacille/ sublime/ en congé/
Eloge de l'enchantement/ Refuser chaque commentaire/ extrême
jonction/ la mer/ suspicion/
Quels sont/ les autres noms/ pour les couleurs/ tornade/ qui Rit.

LE TRAIT DU MIROIR
par Eva Rachele Grassi
Salerno, 28. 9. 1985

U

n autre “pays” dans la réalité de la non-histoire; pourtant “encore”
armées, “encore” volontaires, pour éviter le risque. De se perdre, de
perdre le monde, associés dans le signe de la Peur aux primitifs frères,
dans l'Inconditionné
Une peur sans défense et menaçante, mais heureuse, qui dans les
“traitistes”, sujets historiques, projetés dans le tourbillon de l'accélération
électronique, assume les tons de la stupeur-regret pour l'incessante
inversion du caractère des choses.
Comme le chaman met ordre dans le chaos, l'artiste traitiste évoque le
chaos pour pénétrer dans cette nuit, les yeux bien ouverts.
L'amour pour le “primitif”, le “nomade” le “magique”, ralenti par le
“s'accomplir” du temps, explose dans le retour au complet entrelacement
de toutes les expériences.
Avant tout, en introduisant une dimension auditive dans le “trait” en “reproposant” l'oreille hyper-esthétique du monde de la magie, dans un
retour du cœur et du corps, au rythme originaire, lieu de simultanéité.
“Trait” sans règles et sans structure, donc fragment-intermittence, qui
laisse en suspension la traversée du signe. Pour la rigoreuse et juste
conscience de représentation du dernier acte, mais aussi pour ne pas
s'arrêter à la souveraineté de l'absolu, capturés par un fascinant “avent”.

POUR UN PROJET DE L'AILLEURS
par Eva Rachele Grassi
Paris, 9. 9. 1996

L

e savoir change de signe, déplace continuellement les frontières
de l'étonnement. Malgré le désarroi... Et l'obscurité commence à
se faire transparente, pour atteindre les ultimes confins de la matière.

Remonter le temps, risquer toutes les metamorphoses, parler le
langage des re-naissances, dans l'attente de l'avenir illimité.

Guetteurs, au bord, inépuisables rayons étincelants, à tout
jamais...

La voix nue des eaux d'âmes, l'écharpe d'Iris, s'élever à l'île
blanche.

D'après les coïncidences mêmes, consociés aux anges.

Dans un retour à l'âge d'or, re-connaître les Arcanes, et Cette
Lumière, allumée dans la nature et dans les coeurs, dès le
Commencement.

Nostalgie envahissante d'une brutalité divine : combat d'âme,
avant-goût brûlant, sur la porte presque ouverte.

Œuvrant pour payer la rançon au passé, découvrant dans les
vestiges et les ruines, les voies multiples de l'ailleurs, se projetant vers
des “autres” conceptions, déplaçant continuellement les limites de sa
propre connaissance.

Insinuer des nouvelles réalités par des correspondances, où
jusqu'au moindre iota tout correspond...

Misterieux carrefours de ley-lines de nomades psychiques dans
des univers parallèles.

Post-modern_Post-modem

Impossible-Probable

I CA(O)S(O)NAUTI
par Eva Rachele Grassi

L

e groupe artistique Extrême Jonction, A.E.S. et E.R.G., évoque le
chaos pour le revivre à la lumière de la conscience.

Les exercices de recherche sur la simultaneité de la perception des
futuristes, les critères de causalité dans la poésie dadaïste, le
bouleversement de la grammaire et de la syntaxe par les cubo-futuristes,
le langage surréaliste du sub-conscient, sont dans sa clé de lecture, le
message du “Vate” de l’imagination, pour un retour au complet
entrelacement de toutes les expériences.
Son discours sur la syncronicité, nous ramène à celui du cas, outre le
principe causal, restitué à la dignité scientifique par les résultats de la
physique moderne, qui a secoué la validité absolues des lois naturelles,
en les transformant en une vérité relative.
Sa recherche d’un différent sens de réalité, comme le rêve d’une
conscience inconnaissable, plus grande et plus vaste, nous conduit
inévitablement au processus d’”individuation” et à la réalisation du “soi”
de Jung, à entendre comme l’expression complète des “moi” infinis, que
le soi englobe.

Donc, après avoir superposé les langages de l’anthropologie, de l’art, de
la physique, de la psycologie, Extrême Jonction continue à vivre et se
déplacer sur la scène où se rencontrent l’èlectronique et le magique.
Le langage de ces lieux c’est celui du “post-modem”, où c’est la
sensibilité esthétique et expérimentale à constituer le meilleur projet de
survie.
A vivre comme lui le fait, dans des éclatantes aéroports arabes ou dans
les nouvelles métropoles africaines et tropicales, où le style désertique se
conjugue avec les lueurs de l’électronique.
Son “œuvreur” artistique, c’est toujours et surtout un exercice de poésie
sur le quotidien, une expérimentation, qui est organisation, production et
contrôle de varieté, dans des conjonctions audacieuses et précieuses.
Son “rôder” avec désinvolture dans des espaces entièrement opposés,
c’est, dans sa création, le passage de la séparation spécialistique à la
multiplicité.
Une multiplicité-superposition, fluide et insaisissable, une métamorphose
continue, effet de vitesse et d’intensité.
Une lecture en suspension, entre la définition et l’approximation, à la
présence d’un troisième sens supplémentaire.1
Extrême Jonction croit profondement que l’art contemporain est en train
de nous disposer à cette nouvelle façon d’entendre les choses.
Selon des concepts établis sur la mutation plutôt que sur la fixité, sur la
probabilité plutôt que sur la certitude.
Son projet d’art et de vie, en nous proposant l’oreille hyper-esthétique de
l’univers magique, nous soutient dans une recomposition du reél avec
l’étonnement de la possibilité.

1

La présence d’un troisième sens supplémentaire, “obtus”, est ce vaste tracé qui, par
différence, oblige à une lecture verticale; elle est cet ordre faux qui permet de tourner la
pure série, la combinaison aléatoire et d’atteindre une structuration qui fuit de l’intérieur.
(R. Barthes, L’obvie et l’obtus, ed. du Seuil, 1982, p. 55)

Toutes ses expériences avec les différents média (visuels, sonores,
corporels et électroniques) sont aussi des essais d’organiser l’entier
environnement (humain) comme une œuvre d’art, et de traiter tous les
média en tant que sujets d’une fable scènique, avec lesquels interagir en
partecipant au procès créatif, en se transformant en artiste dans la
production de formes et d’images nouvelles, qui deviennent, surtout, la
réalisation de sa propre vie.
Mais la condition essentielle, parce que ce fait de culture assume pleine
validité, réside, avant tout, dans l’ampleur et dans la choralité des
adhésions, par rapport, surtout, à sa capacité de suggérer un sens de
poésie.
Pour tout cela, il a créé, dans son exploration d’idées et de pays, depuis
1984, des communautés artistiques sous forme de galeries,
associations, laboratoires, en une “jonction immediate”, avec des
groupes et individus, et elaboré (des) poétiques et (des) rêves, comme la
“magie électronique”, le “Ghost-Art et le “cyberdada-beat-beep-bitgénération”. Re-visitations ludiques et ironiques (des) affectueuses
provocations, pour stimuler le débat dans l’étang doré qui est devenu
désormais le milieu de l’art.
Une vision collective de la “création”, c’est l’inspiratrice de ses
“organisations autres”, d’événements artistiques, comme les festivals
internationaux d’art électroniques “Semi di Luce”, les expo insolites, les
installations “impossibles”...
Inspiré et engagé dans le “Grand Jeu” de l’art et de la vie, ravi par des
utopies fort probables, avec son goût pour le dépaysement et le doute, il
continue avec humilité et stupéfacion à guetter l’Invisible.
L’énième étape de son vagabondage le voit dans la T.A.Z. (zone
temporaire autonome) de la galerie-laboratoire de Créteil à Paris, où,
entre une expo, une installation, une soirée de poésie, il poursuit la
recherche embrasée et passionnée, qui resonne des tam-tam tribales,
d’un langage d’ailleurs, sur ses toiles, ses écritures, dévouées, pour un
envoûtement des yeux et des sens, à la vue et au tact d’un monde moins
visible et plus sensible...

ECLAIRCISSEMENTS CYBER-ETHNO-DADA
par Angelo Ermanno Senatore
Paris, 6. 4. 1998

L

e mouvement international cyberethnodada n'est pas un courant
artistique, mais le contraire; c'est l'anti-courant militant, de beaucoup
d'artistes, poètes, videomakers, écrivains, performers... qui sont fatigués
de la création au profit du nouveau “status symbol” du Marché de l'art, où
l'argent a remplacé la poésie frappante de l'oeuvre d'art, pour des raisons
vulgaires dictées par le malsain marchandage autour de ce “qualcosa”
qui était, une fois, sublime, magique.
A la place de privilégier l'ACTE, le moment de la création, le “faire
poétique”, beaucoup d'artistes, aussi reconnus par la société civile et le
système de l'art, ont préféré le jeu de la répresentation “warholienne”; ou
“transavanguardiste”; à la recherche artistique, à la création, ils ont
préféré les “relations publiques”, dans une stratégie de “dealers” de l'art
vivant contemporain.
C’est pourquoi, ils ne sont pas des operateurs, des ingénieurs culturels,
parce qu'ils ne travaillent pas pour la promotion, l'éducation de l'art vivant
dans la société civile; ils sont des commerçants d’eux-mêmes.
Un narcisisme improductif habitait dans le milieu des années 80-90.
Aujourd'hui, avec la crise du marché, finalment, les vrais artistes,
motivés et qui ont quelque chose à dire, resistent; ouvrent des espaces,
ils font des journaux; ils sont présent sur l' Internet de la cyberculture,
dans tout les lieux où il y a le débat, la confrontation dictée par une
sincère honnêteté intellectuelle.
Ces artistes chercheurs travaillent dans une sorte de T.A.Z., dans l'esprit
de jouer les langages parallèles, pour traverser tous les milieux
possibles, entre les frontières qui séparent l'underground et l'overground,
le visible et l'invisible...

MANHATTAN, UN ARTISTE CROATE: ANTON PERICH
Et une machine-à-peindre dont avait envie même Andy Warhol.
par Marco Fioramanti

Jeudi, 22 Mai 1984
“(...) Benjamin et moi sommes allés visiter Virginia Dwan et sa fille qui
s’est mariée avec Anton Perich, celui qui a fait toutes ces vidéos et
qui a loué le vieil étage au 33 de l’Union Square West quand nous
avons déménagé. Ils nous ont dit qu’Anton était à la maison avec la
“painting machine” et j’étais si jaloux. Mon rêve. Avoir une machine
qui puisse peindre pendant que tu es dehors. Mais ils ont dit qu’on
devait être présent pendant qu’elle peignait parce-que (et il rit) de
temps en temps elle s’enrayait. Ce n’est pas amusant?(...)”

A

insi Andy Warhol écrivait dans son journal. Anton Perich en effet ne
peint pas avec ses mains, il préfère le faire avec une machine qu’il a
inventée. Tout son parcours artistique consiste à suivre un projet et une
méthode de façon scientifique, dans le langage de la communication. “Je
suis un peintre qui a un œil de poète et un œil d’homme de science. Le
peintre qui est en moi doit emprunter deux yeux tout le temps”. C’est ça
qu’Anton m’a dit lors de notre première rencontre au 40 de l’Horatio
Street, en plein Greenwich Village, dans la maison d’un ami commun.
Ses cheveux blonds tombent en boucles sur ses épaules; il a le regard de
quelqu’un de très ouvert, ses yeux ne mentent pas, sa voix transmet une
profonde émotion, mais son parfait anglais ne peut pas masquer son
origine étrangère.
Né à Dubrovnick (ex-Yougoslavie), on le trouve à Paris dans la moitié
des années 60 où il participe au groupe du Lettrisme. A propos de cela,
Perich dit: “Parfois je me sents encore faire partie du Lettrisme, parce que
les élements principaux de mon travail sont juste les lignes, qu’elles
soient courtes ou infinies, comme un alphabet Morse, et le thème
principal de ma recherche est la communication”.
En 1970 il se déplace à New York ,et à Manhattan un soir pendant une
fête il rencontre sa future femme, la belle Candace, californienne.
Ensuite, il arrête de peindre pendant 10 années. “Je faisais de la peinture
seulement dans ma tête”, commente l’artiste, “je sentais que je n’avais
rien de créatif à mettre sur la toile.”: C’est ainsi qu’il commence sa

transformation, et son aventure dans le champ visuel: il collabore comme
photographe et video-maker pour l’Interview Magazine de Andy Warhol;
au même moment il commence une nouvelle revue, toute à lui, NIGHT,
un magazine mensuel d’art, de grande dimension, en style “quotidien”,
qui s’occupe de mode et du Manhattan “by night”.
Il collabore aussi à une chaîne privée de la télévision au contenu trés
provocateur. Sa peinture a laissé les pinceaux et les couleurs pour
d’autres instruments. “Je peignais avec des caméras, video-monitors et
avec de la presse imprimée., dit Anton. “Mon prémier travail avec la
vidéo fut le responsable de ma découverte de l’”horizontal line”. Le tube
cathodique remplaçait le pinceau par rapport à la toile”.
Il m’emmène à son atelier, non loin de sa ferme, à Cross River, Katonah,
à une heure de train de Manhattan et il me montre sa création, cet
instrument important que Warhol lui enviait. “Je l’ai dessinée moi-même”,
raconte-t-il. J’ai devant moi une palette métallique, ou plutôt une console
que commande trois points d’aérographe qui peuvent parcourir toute la
toile.
Une diapo (de l’image qu’on veut réproduire sur la toile) projeté est lue
par un œil électronique qui commande les pointes qui écrivent. Le
résultat est une peinture automatique très proche de l’image TV.
Naturallement Perich peut commander la console comme il veut, et donc
réaliser n’importe quelle chose. “La console est ma main, dit-il, “et un
robot s’est inseré entre moi et la peinture. Chaque toile est travaillée avec
la force électrique de la lumière”.
L’artiste commande à distance sa peinture, il sent au-dessus de ses
mains la pointe qui écrit qui réagit à. la moindre touche, de l’œil mental à
l’œil réel. Puis on se déplace dans sa villa au milieu du vert, tou près du
fleuve. Son fils, Tristan, est en train de jouer avec un video-game en face
d’une télévision plus grande que lui. Cette image se surpose dans ma
tête à celle de quelques heures auparavant, quand Anton, son père,
“jouait” avec un autre video-game qu’il avait inventé lui-même. De cette
machine-là il est sorti plein de choses, même una Monna Lisa, et
beaucoup de roses.
“J’ai utilisé les roses pendant des années”, raconte-t-il, attiré par le
pouvoir humain, divin, diabolique de cette fleur avec des pétales roses et
noirs”. Anton Perich aime le contact avec les autres artistes; et il préfère
les expos collectives, en communiquant comme-cela avec beaucoup
d’instruments différents. Parce-que, comme il l’écrit dans un de ses
poèmes (probablement adressé à lui-même) “cher ami, l’enchantement
c’est dans la façon de forger le boomerang”.
(d’après ARTE IN n°23, Venezia, Nov. 1992)

Suite
Mai 1998, six années après: l’aventure continue. L’année passée Anton
Perich a partecipé comme artiste-peintre à l’expo Cyber-Dada, organisée
par le groupe Extrême Jonction à Paris. Cette expo-là donnait aussi le
nom au même “anti-courant militant” de beaucoup d’artistes liés dans le
signe de l’amitié et de l’ironie. Ils forment une “bande ouverte” et sont liés
spontanément par des affinitées électives, spirituelles, tribales, liés par
de forces qui bougent dans des zones liberées, des potentielles T.A.Z.
(Temporary Autonomous Zone) et forment “d’oasis fortifiées cachées le
long des routes secrétes des caravanes”(Hakim Bey, ‘TAZ’). Anton Perich
est aussi présent à la dernière exposition MOLECOLE D’AMORE comme
artiste-photographe; il a présenté un de ses portraits de Andy Warhol.
Proche de ses amis, artistes et intellectuels, voyageurs sans but et sans
récompense, il est prêt à se donner totalement dans le chaos pour créer
des expériences intenses de liberté, d’expression, d’art et de vie, jamais
divisées, en cherchant une lumière qui puisse couper toutes les barrieres
entre les humains, raciales, religieuses, idéologiques.
(M. F.- Paris, mai 1998)

... A proposito di Molecole d’Amore...
... Lo spirito che aleggia dentro i nostri cuori spinge la coscienza esile e
caparbia a ritrovare la materia. Quella stupefacente e favolosa entità che
diviene carne nell’uomo, becco nell’aquila, piuma nell’ala. Questo occorre
cantare nel grande poema della vita. Questo occorre saper riconoscere in
ogni emozione o presenza...
James Grant

Chapitre 3
SEMI DI LUCE

SEMI DI LUCE... MUNDI FUTURI SEMINARIUM...

“Ce qui ARRIVE possède une telle AVANCE sur ce que nous
pensons, sur nos intentions, que nous ne pouvons jamais le
rejoindre et jamais connaître sa véritable apparence.”
Rainer Maria Rilke

C

eci le titre de trois biennales d’art électronique, organisées en Italie,
par le Groupe Extrême Jonction, avec le soutien d’Institutions
Publiques, italiennes et françaises, dans les années ‘87-‘89. Une aventure
sono-visuelle, à l’enseigne du magique et de l’électronique ou du
primitivisme électronique, pivot et passion du “faire artistique” de ces “cao-s-o-nautes”... Devenue dans cette revue, une rubrique-chapitre, ouverte
à toutes les suggestions qui peuvent venir de l’extérieur, de la part de
tous ceux qui aiment réfléchir sur le quotidien possible de l’homme, à la
lumière des nouvelles technologies de communication...
En attendant vos propositions, on vous invite à méditer sur quelque
fragment du projet théorique-poétique de la IVème édition, qu’on a déjà
déposé, par exemple, à la Mairie de Créteil, et qu’on voudrait réaliser à
Paris...
... Insinuer de nouveaux langages dans des anti-chambres de ré-création,
dévoiler et donner un sens d’abord seulement murmuré qui rend à
l’homme une faculté jusqu’alors assoupie. L’acquisition d’un “nouveau
ressentir”, analisé, soit comme une vision prophétique du philosophepoète, soit comme objet de discussion scientifique: une conspiration de la
science et de l’art...

... le but de ce présent travail serait d’indiquer comment la mutation dans
le type de transmissions et réceptions des nouvelle formes de
communication de masse provoquerait une évolution émancipatrice dans
les formes actives de la perception du message. Des nouveaux langages
qui se présentent avec des caracteristiques traditionelles qui tentent de
déterminer les mutations dans la structure même de l’esprit qui s’offre
comme force cognitive face au réel; explorations tactiles aux carrefours
des événements, sortilèges attractifs d’un “largueur des amarres”...
A chaque numéro, comme un journal de bord, on publiera des extraits
d’articles des différents collaborateurs, qui, dans le temps, ont contribué
à la réalisation des éditions passées, et, on espère de celles à venir, de
“Semi di Luce”.

Cette fois-ci un compte rendu sur le festival de 1989, de Ninì Candalino:

INSINUAZIONI DI RITORNO DAL FESTIVAL D’ARTE ELETTRONICA DI RENNES
di Ninì Candalino

N

elle città intelligenti lo spazio pubblico e privato è regolato da centrali
di gestione computerizzate.
Accanto a Biarritz, città pilota in cui è, per esempio, già in funzione il
videotelefono, nelle Côtes-du-Nord si sperimenta il RNIS (Réseau
numérique à intégration de service), altro sistema di telefono numerico
che guadagnerà a poco a poco la diffusione su Parigi, Neuilly, La
Défence.
Mentre dell’esperienza di Biarritz potrete avere qui a Salerno ampia
documentazione, mi sembra l’occasione giusta per insinuare nel
panorama, altre immagini di un’altra città pilota: Rennes, in Bretagna nel
nord della Francia.
Qui è nato il Minitel grand public, computer domestico che fornisce
all’utente informazioni di pubblica utilità e che, attraverso le
“messaggerie”, si paree alla convivialità telematica.
Al dialogo, via testo grafico, tra giocatori a scacchi, come allo scambio di
annunci sexy.
A Rennes, nella scorsa primavera, si è svolta la seconda edizione del
Festival des arts électroniques (28 maggio/ 5 giugno), occasione per la
quale diversi luoghi della città sono stati contenitori e cornici affascinanti
per sperimentazioni spettacolari.
1 - concerto - performance dell’indemoniato Harry de Witt
In Francia, musei, archivi, spazi adatti agli spettacoli, già ci sono, dunque
c’è da inventarsi l’effimero spettacolare.
Su questo versante, il concerto-performance di Hatty de Witt si è rivelato
tra i più scatenati.
Quest’artista olandese è, non solo, l’inventore della strumentazione che
usa sulla scena, ma anche uno scopritore di luoghi, che sceglie dal
paesaggio urbano perché adatti a sviluppare le sue performances. Per
esempio, presso la centrale elettrica abbandonata di Yainville (vicino
Rouen), de Witt nel 1985 aveva sviluppato tutta una gamma di sonorità,
utilizzando quanto era lì in disuso.
A Rennes ha, invece, scelto la Chiesa Notre-Dame per trasformarla in
Chiesa Elettronica. Ha così fatto vibrare quest’architettura sacra, tirando

delle corde che aveva attaccato all’organo preesistente, e miscelando,
all’alto potenziale di questa “voce”, le altre sonorità degli strumenti di sua
invenzione. Con la tavola sonora, l’arpa a percussione e il kostrument
(costume - strumento di plastica grigia sonorizzato su tutta la superficie)
ha vestito il suo corpo che così diventava contemporaneamente una
macchina sonora, amplificata dei suoi movimenti.
L’effetto è stato uno scoppio continuo di suoni deflagranti. La violenza
uditiva ha, infatti, avvolto il pubblico sul quale s’infrangevano ondate
sonore oltremisura.
Al limite tra il rimbambimento e l’ipnosi, agli spettatori si è, inoltre, offerto lo
spettacolo di un de Witt indemoniato che si agitava. Dal suo corpo
fasciato dalla tuta ”intonarumori” si vomitavano infatti sospiri come trombe
d’aria, battiti cardiaci come scosse di terremoto. Poi il silenzio.
Poi con il sassofono de Witt ha rivelato la sua anima calda, ha suonato
una musica soul, ma alla fine ecco una scarica di trapano spacca pietre.
2 - L’arte silenziosa di Christina Kubisch
Al virile de Witt, demonio elettronico in chiesa, si è sovrapposta l’artista
tedesca Christina Kubisch che ha progettato la sua installazione in un
altro luogo sacro, l’Eglise du Vieux Saint Etienne.
Entrati in questa chiesa ci si sente come in un utero: al buio, con i suoni
ovattati. A poco a poco, abituandoci al nero, ci accorgiamo che
l’architettura di questa chiesa è disegnata da linee luminescenti prodotte
da lampade “a luce nera” e da suoni impalpabili che ci guidano.
Cominciamo a muoverci lentamente e a fare cerchi concentrici con i nostri
passi. Come in una impalpabile trance siamo fuori dal tempo e dalla
spazio; in perfetta sintonia con un’arcaica spiritualità che si espande nei
nostri polmoni rallentandoci il battito cardiaco.
3 - L’invisibile animale in gabbia nell’installazione di Erik Samakh
Siamo nel sottosuolo della Parcheminerie, luogo dove si conciava la
pergamena, oggi spazio aperto agli spettacoli teatrali. Anche qui entriamo
nel buio, in uno spazio per nulla illuminato, che ha al centro una gabbia, di
quelle grandi da zoo. Ci avviciniamo, ma dentro non c’è traccia di animale;
cominciamo a guardare meglio, ma sentiamo solo un sospiro, poi piccoli
saltelli tra le sbarre, eppure dentro non c’è nessuno. Cominciamo a girare
intorno alla gabbia e a poco a poco scopriamo che, in base ai nostri
movimenti nello spazio, rispondono suoni.
Dunque, questa installazione di Erik Samakh, giovane artista francese
(padre nord-africano), è un gioco con lo spettatore. E’ chi sta fuori dalla
gabbia che, cercando un invisibile animale in gabbia, mette in gioco le sue

paure ancestrali. Poi si scopre che i suoni sono registrati, ci si tranquillizza
e allora si gioca con i rumori per rintracciare attraverso di essi, forme e
movimenti di questo invisibile animale in gabbia.
In breve, dal suono si evocano le immagini dei nostri movimenti, le nostre
immaginazioni. Esperimento riuscitissimo questo di Samakh che non ha
“messo in opera” la sua volontà di potenza ma, con ironia ed intelligenza,
ha costruito un piccolo labirinto interattivo.
Se lo spettatore ha paura del buio, sono fatti suoi; se supera lo
spiazzamento e saprà giocare con questo invisibile animale, si ricorderà
delle sue paure ancestrali, dei rumori nel buio, delle immagini infantili di
mostri che appaiono dal nero, e poi superati i ricordi lì in quella sala
rimarrà fino a che il giuoco sarà esaurito con una risata.
4 - Il bimbo in videodisco dell’americano Peter D’Agostino
Non c’è stato bisogno di un luogo speciale per ambientare l’installazione di
Peter D’Agostino. Lo spazio storico che faceva respirare aria esoterica
agli spettatori che hanno percorso i luoghi della città, era indispensabile
per Double you ( and x, y z). Usando la tecnologia del videodisco, l’artista
americano ha fatto giocare lo spettatore evocando lo sviluppo del
bambino. D’Agostino ha, infatti, messo in gioco i primi passi della
comunicazione. Il grido della nascita, le prime parole, le prime frasi, le
canzoni e filastrocche dei primi anni sono stati proposti allo spettatore
chiamato a selezionare la sua scelta (tra le 52 esistenti), toccando una x,
y, z o direttamente sul monitor. Il videodisco permette, infatti, di creare
delle corrispondenze tra una moltitudine di suoni, di immagini, di testi
scritti.
E c’è stato di che sbizzarrirsi a fare associazioni inedite spupazzandosi un
bimbo in videodisco. E non è per caso che questa installazione è dedicata
da D’Agostino ad Alfred Jarry, poeta e patafisico che visse a Rennes dal
1888 al 1891.

EXERCISES DE PHILOSOPHIE ELECTRONIQUE
DE L’EXPLORATION DE NOUVEAUX LANGAGES
A LA RECHERCHE DE NOUVELLES REALITES

.

par Eva Rachele Grassi

“... un nouveau départ vers
un désert d’incertitude...”.
ABRAHAM

...

a

vec un certain regard, à l’écoute des recits et des actions, à la

recherche de traces, en scrutant...
... réponses-questions...
... une conspiration entre les “savoirs”... spirituels... mistiques...
scientifiques... dans la joie hardie d’une fouille illimitée... pour se
souvenir...
... avec une parole fragmentaire... encore parole, mais parole... à la
limite... une sorte d’écriture d’effraction... un résidu de pensée
réfractaire...
... et si les écritures... actions/ images/ poèmes... ont vraiment tout
hypotisé... la nouveauté... est... de s’apercevoir... MAINTENANT... de
vivre au temps de l’instant... où... ce qu’une fois était seulement une
suggestion prévoyante... est devenue... en fait... une réalité présente...
... c’est pour cela... aussi... que le nouveaux langages nous interessent...
parce qu’ils suggèrent... des insinuations de “nouvelles réalités”... même
si... hélas... encore seulement... des “rares éveils”... aussitôt effacés...
pour revenir... nuages au travail... dans les parages du “vague”...

I

l était une fois, dans des coins reculés du temps et de l’histoire certains
tribus, où tout le monde était en premier lieu occupé par les rêves. Le
but essentiel de la vie était le rêve initiatique, dans lequel on apercevait le
gardien, l’archetype de sa propre existence. Des jours sans visions
étaient le sommet de la désolation, et il ne restait alors qu’à demander
aux plus aventureux de partager leurs rêves. Les chamans, donc,
songeaient pour le monde entier et élaboraient leurs rêves comme des
représentations. Il semblerait que par cet acte de générosité débuta
l’Œuvre, théâtrale, poétique, musicale... tout ça qu’on peut appeler art et
culture aujourd’hui, et magie à l’époque...
Depuis, une nostalgie envahissante a demeuré à jamais... la nostalgie
d’une monde, où soit possible l’entrelacement du plan du rêve et de celui
du réel.
Après une culture typographique et la conséquente “raideur” de la réalité,
on vit maintenant dans une phase d’implosion du processus historique.
En effet, avec l’électronique, s’est récrée dans toutes les occupations
humaines le champ simultané, qui resonne des tam-tam tribals, et on se
retrouve en un équilibre instable entre deux mondes et deux systèmes en
constant conflit.
Le drame de ces acteurs modernes, à la conquête d’un rôle, à la
poursuite d’une présence qui risque de se perdre, est très semblable à
celui que vit l’homme primitif exposé au risque de la labilité de l’”y être”.
Comme on l’a vu, dans les communautés originaires, le problème se
resoude dans le règne de la magie: l’angoisse de “se perdre” acquiert
dignité de connaissance “aurorale” et devient culture.
A ce moment de notre histoire, dans cette époque d’inter-phase, c’est,
peut- être, l’artiste, qui peut assumer à nouveau son rôle de chaman, de
guetteur d’invisible, et qui peut suggerer un différent sens de réalité, dans
la vision d’une conscience collective et mythique.
“Il fuori”, le dehors: seulement le premier sursaut, depuis le récipient
fermé. Pour apprendre l’art de l’”inapparent”, pour apprendre à vivre...
Encore personne ne connait effectivement le vrai langage, intimement
connexe à la nouvelle civilisation technologique: on est tous comme
muets, sourds et aveugles sur les terms de la situation contemporaine.
Nos mots et nos pensèes les plus efficaces nous abusent, parce qu’ils se
référent à ce qui existait déjà, pas au présent. Nous commençons
seulement maintenant à donner une autre structure aux sensations
primordiales, et aux émotions, des quelles nous ont separés des
millénaires d’expérience linéaire.
On peut se demander: est-on dans le juste, quand on accepte sans ésiter
la présence de la ligne dans la réalité? On a assez de materiel pour

mettre en doute le fait que le problème de la ligne soit fondamental pour
chaque expérience. On ne peut même pas affirmer avec certitude qu’elle
existe pour ces membres de notre société qui sont profondément ou
ingénument plongés dans la civilisation qui les caractérise.
Et le langage de l’a-temporalité de l’expérience humaine au-delà de la
marque de l’histoire qui veut un homme pour chaque époque, c’est celui
de l’artiste qui vise à la Vraie Réalité, a celle que les communautés
primitives savaient respecter, et qui existe indépendemment de
l’expérience humaine.
L’évolution des formes de la communication continue aujourd’hui avec les
nouvelles formes de la communication de masse, qui engendrent de
nouveaux langages, dont la grammaire est inconnue à la plupart. Elles
sont comme des formes artistiques; à la structure non comparable à une
ligne, mais à un nœud; où on n’y doit pas chercher une linéarité, ou une
casualité, ou une chronologie, ni quelque chose qui porte à une
succession émotive determinée; on doit y voir rien d’autre qu’un nœud
“gordiano”, sans précédents et sans consequences, qui contient en soi
des éléments soigneusement choisis, juxtaposés, inséparablement
fondus en un nœud, qu’on ne peut pas dissoudre pour en avoir la longue,
subtile corde de la linéarité. Une expérimentation des usages différents
des categories du temps, où le présent n’est pas consideré comme un
bien en soi, où il n’est pas évalué dans les termes de sa position à
l’intérieur d’un cours d’actions tendant à un but adapté.
N’opérer aucune distinction entre présent et passé; sans aucun rapport
de cause, de fin. Dans une intuition du temps-suggestion, animé par le
présage. S’impose un processus qui va du connu à l’inconnu, à travers la
simulation technologique...
Exister dans un monde de profondeur et résonance, dominé par l’hyperesthétique, omnicompréhensive, sensible Oreille. S’ouvrir sur tous les
horizons et toutes les collaborations, offrir des récits à multiples facettes,
des errances sans commencement ni fin, se permettre toutes les confusions entre le réel et l’imaginaire... sans savoir vers quoi on s’engage...
A force de transmissions successives, un nouveau sens va surgir...
Une culture où on réagit et on agit simultanément, dans un espace sans
centre ni périphérie, organique et intégral. Un espace magique
d’existence, bondé par une série de sentiments complexes, de precieuse
émotivité. Un cercle enchanté et sa magie sonore... Et l’électronique et sa
technologie vont reproduire cette conscience en profondeur, comme son
complément naturel. Les formes d’espaces et de temps sont encore
celles anciennes et fragmentaires de l’ère pré-électrique.
Insinuer des nouvelles réalités, en sormontant l’opacité sémantique des
nouvelles technologie, en nous imaginant les valeurs non materielles des
outils électroniques. Vers un usage liberé de l’espace qui contribue à

liberer aussi les temps. Encore le dehors, l’après. Au point le plus vif,
presque déjà au-delà de l’électronique, où les infinis fragments humains
se récomposent dans la rapidissime spirale de l’Impossible. Dans une
lecture hallucinée qui re-propose le bouleversement de l’Origine.
Une invit/ation à participer au processus d’exploration dans le signe d’une
implication; au début de l’âge d’or. La dernière expérimentation avec
l’esprit, le dernier “épier”, le dernier “avouer”, avant de glisser dans
l’imagination... Une prophétie qui s’auto-réalise. Un passage de l’hypnose
à l’hallucination. Même si cette armonie de transformation connait
comme nécessaire “aritmos” le doute. Programmatique et perturbant. Le
dernier sanglot du “dire”, avant la perfection pre-verbale. Dans le PostModem. Où, après l’abolition de l’histoire, commence une nouvelle
“histoire”...
... l’atteinte totalité du “soi” (Jung)... le Mythe qui rentre dans l’histoire (Mc
Luhan)... un unique horizon pour le royaume de la réalité et celui de la
fantaisie (physique quantique)...
... et rejointe l’aspiration totale, à travers l’électronique, la traversée
nomadique après le deuil pour la mort du langage, ça sera l’extravagant
et fascinant avénement de la capture visionnaire d’un bonheur menaçant
et sans défense... jusqu’à ce que le “dire” ne soit plus oublié derrière le
“dit”...
“Existent deux types d’edifices en ce monde. Un, c’est le temple, qui sert
lui aussi pour se perdre ou pour communiquer avec un Dieu, dont on ne
sait pas s’il existe; l’autre c’est le labyrinthe pour savoir qu’on s’est
perdus, pour sentir que c’est ça, la terrible substance de l’univers.
Cependant aujourd’hui, je ne crois plus à ça, je prèfere penser à un
cosmos, et ce cosmos peut être l’architecture ou le poète, on peut être
Dieu: un cosmos qui joue au chaos, qui joue au labyrinthe, à la confusion; à la merveille” (Borges)
“Il y a une ouverture entre deux mondes: le monde des sorciers et celui
des êtres vivants. Il y a un lieu où les deux mondes se rencontrent:
l’ouverture est là. Elle s’ouvre et se ferme comme une porte dans le
vent...” (Castaneda) ... Peut être, sommes-nous, les plus proches de
cette porte: le vent électrique l’ouvrira toute grande...
... Les voyageurs sont extrêmement nombreux; ils se pénètrent et se
remplissent de l’Antérieur aux êtres, sans point de départ, d’avant et
d’aprèes... à la rencontre du Grand Attracteur... semi di luce, mundi futuri
seminarium... 1
(Salerno, 1982/ Paris, 1998)
Réflexions éparpillées sur les nouveaux langages, diffusées sur Internet, à l’occasion
de la journée de la “Fête d’Internet”, le 21 mars 1998. Quelque extrait d’”exercices...”,
sur la page d’accueil du site WEB d’Extrême Jonction.
1

A PROPOSITO

DI

“LIAISONS DANGEREUSES ”

TRA

ARTE

E

COMUNICAZIONE TECNOLOGICA

di Filiberto Menna

I

n una società come questa segnata dai mezzi di comunicazione di
massa e dai processi di informatizzazione generalizzata la posizione
dell’arte rischia senza dubbio di restare ai margini dei grandi canali
comunicativi: sicché appare quanto mai legittimo chiedersi quale sia
stata e quale sia, oggi, la risposta che l’arte ha dato e dà alla sfida della
comunicazione sociale di massa. Penso che si debba cercare di
rispondere a questo interrogativo se si vuole individuare una possibilità,
un’ipotesi di lavoro artistico che incida nella realtà e possa contribuire ai
processi di cambiamento.
Per quanto riguarda le avanguardie si può dire che esse hanno lavorato

all’interno delle grandi eredità delle avanguardie storiche apportando
modificazioni e scarti di entità diverse: così per le neoavanguardie il
cambiamento non riguarda più la società nel suo complesso, ma si
restringe ai fatti linguistici. Verso la fine degli anni 60, tuttavia, soprattutto
dopo gli eventi del ‘68, l’arte ha riproposto mutamenti più profondi e
radicali, prendendo come modelli condizioni di vita lontani nel tempo e
nello spazio rispetto alle società industriali avanzate: così, mentre
nell’area delle neo-avanguardie il rapporto con la comunicazione sociale
di massa viene codificato per il tramite dell’industria culturale ed assume
un carattere mimetico, nel Comportamentismo, nell’Arte Povera, nella
Land Art c’è piuttosto una critica dei mezzi della comunicazione sociale di
massa insieme alla proposta di modelli alternativi.
D’altra parte anche nelle correnti analitiche e concettuali, contemporanea
alle esperienze comportamentiste, c’è una critica implicita della logica
della comunicazione sociale, in quanto logica transitiva che passa
immediatamente (e nel modo più semplice possibile) da A a B, mentre la
comunicazione proposta dall’Arte concettuale è di tipo autoriflessivo e
intransitivo.
Nella seconda metà degli anni settanta si registra un mutamento rispetto
a questo stato di cose: dalla Transavanguardia al Neo-espressionismo
fino alle forme anacroniste, colte, e simili, il rapporto con la
comunicazione sociale si pone in termini non più oppositivi, ma
nuovamente mimetici e adesivi: l’eclettismo non è più visto, come in
passato, come un disvalore, ma come valore, e di fatto esso diventa il
comune denominatore di tutte queste esperienze artistiche.
L’analogia tra comunicazione artistica e comunicazione tecnologica si fa
ancora più stretta in altre declinazioni, come il graffitismo americano,
senza contare tutte le forme di arte tecnologica. In queste esperienze, che
vanno dall’Arte programmata degli anni settanta alle recenti declinazione
della video-arte e alla costruzione di immagini elettroniche, il rapporto
mimetico e adesivo non si fonda su una analogia di repertori iconografici,
come si verificava con la Pop art, ma piuttosto sul trasferimento di
interesse dalle forme discrete e finite ai campi e ai flussi di energia.
(estratto da Videoculture. Strategie dei linguaggi elettronici a cura di S. Brancato e F.
Iannucci, Università degli Studi di Napoli, 22-23-24 aprile 1988)

DROMOSCOPIE
Intervista a Paul Virilio
a cura di Ninì Candalino

N

ell'andirivieni di Immagina abbiamo incontrato il sociologo Paul
Virilio (tra i suoi saggi: "L'espace critique", "Vitesse et politique",
"Logistique de la perception", "L'horizon négatif"). E' convinto che domani
ci sarà una crisi spaventosa della società telematica e che la tecnologia
ha una linea di tendenza pericolosa.
Lei definisce con grande preoccupazione la società di domani come "un
mondo dove il tempo prevarrà sullo spazio e dove l'immagine prevarrà
sull'oggetto e perfino sull'essere fisicamente presenti".
Io cerco solo di tamponare l'euforia tecnologica in cui siamo immersi e di
sottolineare che la linea di tendenza pericolosa della tecnologia è la
velocità di calcolo. Si parla di milioni di operazioni al secondo. Dunque

questa sfera di velocità ci rende progressivamente e definitivamente
estranei al calcolatore. Perché l'uomo ha una velocità differente dalla
tecnologia, come del resto è estraneo alla sfera di velocità della mosca.
Ciò che è grave dell'inconscio tecnologico è che noi stiamo per delegarvi
il potere decisionale, tanto nella diagnostica elettronica medica che nella
guerra (gestita da un satellite intelligente). In più, diventiamo degli
handicappati sessuali attraverso la progressiva sofisticazione della
prostituzione dei telefoni rosa, del minitel. Quando guardiamo
all'evoluzione della sessualità di massa ci rendiamo conto che dalle case
chiuse si passa alla rappresentazione della prostituzione attraverso le
vetrine di Amsterdam, lo strip-tease, fino ad arrivare al minitel che
annulla definitivamente il contatto intimo e fisico. L’infermità è il problema
fondamentale dell'elettronica.
L'uomo diventa inerte, a lui tutto arriva. L'uomo diventa confinato come lo
era nel ghetto o nella famiglia borghese, ma oggi è chiuso nell'inerzia del
telelavoro o del telefono rosa. Noi siamo iscritti non solo nella carne, negli
odori, nella materia, ma anche nell'energia, nella vitalità, nel vivo, nella
visione della velocità che io chiamo dromoscopia. Quando cammino vedo
gli alberi ed ho l'impressione che mi vengano incontro, che non sia io che
vado verso di loro, ma che loro vengano verso di me. Questo è l'inizio
dell'illusione dromoscopica, dell'illusione ottica della velocità. Gli effetti
dromoscopici mobili, automobili, si sostituiscono oggi a quelli
dell'elettronica che fanno sì che le immagini vengano a noi, che le cose si
muovano senza di noi, senza che noi andiamo verso di loro.
Inoltre io trovo fondamentale che quando si parla della robotica che si
sostituisce all'uomo, si debba anche parlare degli incidenti che
l'automazione comporta. Inventare il treno è inventare il deragliamento,
così per l’uomo infermo che ha avuto un incidente s'inventano delle
protesi che gli permettono di muoversi. E allora gli stessi materiali che
servono ad aiutare l'handicappato, aiutano ad assistere l'uomo d’élite,
equipaggiato. Il paralizzato e il pilota di un caccia sono ambedue degli
handicappati prodotti della robotica.
Sembra che la Honeywell, per scopi militari abbia progettato un casco in
grado di proiettare direttamente sulla retina del pilota i dati dal quadro
strumenti che si sovrappongono al campo visivo.
Gli esperimenti di simulazione militare sono esempi fondamentali per
capire la mutazione in corso. Nei prossimi aerei di combattimento è il

casco il simulatore di volo. Il pilota infatti volerà ma vedendo
artificialmente il suolo intorno a lui. La simulazione non è più di volo ma
di suolo. Questa è l'ultima novità: che il pilota veda artificialmente la
realtà e faccia la guerra nel suo casco simulatore. E' formidabile e atroce
nello stesso tempo. Quando ho incontrato un responsabile dei simulatori
al Ministero della guerra di Parigi, mi ha detto terrorizzato: “Non voglio
che mia figlia giochi neanche con una piccola calcolatrice". Certo, dalla
piccola calcolatrice al casco simulatore di suolo per la guerra ci passa un
mare di differenza.
E allora lasciamo da parte il fascino della logica paradossale e tocchiamo il
tasto più specifico della computer grafica. Lei è stato il primo, appena uscì
il libro del matematico Mandelbrot, in Francia nel 1975, a farsi sedurre
dalla geometria dei frattali. Tanto che poi scrisse articoli e poi saggi in cui
parlava d'immagini computerizzate e di questa nuova geometria non
euclidea della natura attraverso la quale si possono "vedere trasparenze
sconosciute".
Certamente le immagini numeriche sono un mezzo per penetrare la
realtà, un mezzo per presentarla. E' un'ottica numerica attiva. Come c'è
stata la lente di Galileo, che ha permesso di vedere diversamente, oggi
c'è un mezzo per vedere ciò che non si vedeva all'epoca. Certo la realtà
non è mai data, semmai è acquisita dalle società, generata.
Quello che ci tengo a sottolineare è che come era alla fine del medioevo,
anche oggi è centrale la questione della rappresentazione del mondo. Ma
al posto dei filosofi e dei preti è chi pratica direttamente la ricerca visiva
che deve interrogarsi e sperimentare il blocco immagine.
Che cosa intende per blocco immagine?
Tutte le immagini formano una nebulosa che circondala realtà che, in
quanto "divina" è inaccessibile. L'uomo può accedervi solo attraverso la
massa d'immagine che produce. Dunque si forma un blocco immagine
che, a mano a mano, si sviluppa attraverso nuove tecnologie. C'è una
situazione delle immagini che si contaminano tra di loro e formano un
corpo di rappresentazione. E' necessario allora riunire disegnatori, pittori,
cineasti, videasti e operatori al computer perché si abbia la possibilità di
trovarsi insieme a lavorare. Per ora ciascun operatore percepisce la
realtà attraverso il suo codice. In Francia c'è guerra tra cineasti e videasti,
per esempio.
In tutti i casi non bisogna lasciare che la velocità della tecnologia abbia il
sopravvento. Gli operatori del blocco immagine non hanno bisogno di
velocità ma solo di accesso ai mezzi e secondo quei tempi di lavoro di
ricerca che non sono certo quelli imposti dall'industria di Topolino.
(estratto da Videoculture. Strategie dei linguaggi elettronici a cura di S. Brancato e F.
Iannucci, Università degli Studi di Napoli, 22-23-24 aprile 1988)

A PROPOSITO

DI

VIDEO-CRITICA?!

di Eva Rachele Grassi ed Ermanno Senatore

“Sotto questa pressione nasce il progetto dell’Opera
che, nel suo compimento stesso, è sempre ancora a
venire, che non ha contenuto perché supera sempre
ciò che sembra contenere e afferma unicamente il
suo stesso fuori, cioè se stessa non come presenza
piena ma in rapporto con la sua assenza, l’assenza
d’opera, o inoperosità”.
M. Blanchot, L’infinito intrattenimento, ed. Einaudi

Semi di luce: mundi futuri seminarium...
Insinuare nuovi linguaggi in anticamere di ri-creazione, tender al riscatto
del caos e della dissolvenza della storia. Con la capacità quasi magica di
rendere presente ciò che è assente: qualcosa di prezioso da trattare con
la massima cura.
Un’estasi della comunicazione che sveli ed indichi un senso prima
sussurrato e che restituisca all’uomo facoltà finora assopite.
L’acquisizione di un nuovo sentire, analizzata sia come visione profetica
del filosofo-poeta, sia come oggetto di discussione scientifica: una
cospirazione tra arte e scienza, che si manifesti come conoscenza
aurorale nei mondi e nei modi superluminali.
Nuvole di probabilità, discrete e continue, negli scontri tra una talpa e una

farfalla, coinvolte in una inversione di marcia. Nuovi linguaggi che si
presentino con caratteristiche diverse rispetto a quelli tradizionali e che
tendano a determinare mutamenti nella struttura stessa della mente nel
suo porsi come forza conoscitiva di fronte al reale, esplorazioni tattili
sull’incrociarsi degli eventi, sortilegi “attrattori” di un approdo al largo,
perturbazioni di individualità dai contorni imprecisi, insinuazioni dal regno
intermedio sull’orlo di profondità sfiorate.
Venti elettrici che sospingono verso invisibili avventure e ridonano le
capacità di percepire la vita diversa e discontinua delle forme,: in contatto
con magiche comunità originarie.
Creature su trapezi volanti indugiano su profumi in confluenze d’onda,
consegnano frammenti al mercato, senza rimedi, e, per uno spazio breve
salvano sguardi dorati dall’orgia del tempo.
Nodi senza precedenti e senza conseguenze sull’orizzonte degli eventi.
Turbine attorno all’occhio, velocità compatta, oscillazione crescente,
vibrazione assordante, sovrapposizione e simultaneità di un discorso che
“si ascolta” nello spazio universale e senza fondo.
Franamento di ogni limite nel mondo in decisione; occhi spalancati in
bilico su nascite cosmiche.
Tra due assenze, un giudizio sospeso come raro esploratore sonoro,
plasmato dai modelli del mito e del rito.
In una combinazione d’intensità, l’incontro tra la magia e l’elettronica,
dove la sensibilità estetica e sperimentale a costituire il miglior progetto di
sopravvivenza, in uno spazio continuo tra realtà e apparizione.
Probabilità e mutamento in un progetto di vita che produce mutazioni
percettive, nel viaggio degli avventurieri ca-o-s-o-nauti del “non concetto”
in un’atmosfera di calore e freddezza.
L’uomo dal pensiero terminale, oltre il compiacimento di un’assoluzione,
l’individuo dalla conoscenza accumulata, che non può fermarsi alla
sovranità dell’assoluto, ma il cui compito è quello di trovare accesso
all’invalicabile. Dunque, soprattutto una ricerca, tra sogno e precisione,
su un linguaggio che non sia più una specie di malattia. Il trionfo del
pensiero più sfuggente. Nel punto più vivo, già quasi oltre l’elettronica,
dove gli infiniti frammenti umani si ricompongono nella velocissima
spirale dell’apparente indecisione di ciò che non ebbe mai un inizio. Verso
l’irrappresentabile, fino a comunicare senza la comunicazione. Fino a che
il dire non resti più dimenticato dietro il detto.
“In una nuova costellazione, là dove, per il soggetto, inizia una nuova
[storia]” (W. Benjamin).
(estratto da Videoculture. Strategie dei linguaggi elettronici a cura di S. Brancato e F.
Iannucci, Università degli Studi di Napoli, 22-23-24 aprile 1988)

COMUNICAZIONI

IN

TEMPO REALE

di Angelo Ermanno Senatore

Il conto alla rovescia rintocca i suoi ultimi battiti/.
L’ultimo battito d’ali dell’uccello telematico (non per morire a terra) si
innalza verso il cielo elevando la sua potenza creativa e rivoluzionaria. Il
fine-millennio sta già segnando le sue note caratteriali di musica
decadente, nello scenario “ancor moderno” della “fin de siècle”/
oltrepassano i cervelli delle genti vagiti e tam-tam primordiali di
un’umanità che cambierà sembianze nel “guardare”: il “si comincia a
vedere” scorre più veloce delle stesse teorie.
Nuovi “voyeurs” in forma di mutamenti televisivi popolano, “in tempo
reale”, l’irrealtà di discorsi non ancora avvenuti tra chi, in sorta di guidaesploratore, indica la strada ai viandanti dell’occhio futuro.” L’occhio” sta
forse andando come un battello ubriaco più forte della “critica”?
Da tempo ormai ci si batte e si dibatte sul futuro di quella scatoletta

magica, pozzo dei desideri e deposito di manipolazioni-frustrazioniangosce-deliri-gioie. Il “senso” del pensiero del discorso rallenta i “sensi”
degli umanoidi di turno.
I fanciulli e gli artisti dell’io bambino, bombardati dal nuovo oggettosoggetto desiderante, scoppiettano nella simultaneità.
Un magma enorme di “ragazzerie” produce videogames e programmini,
videoclips e smancerie telematiche. Artisti e creativi della “movida”
saltellano da uno studio all’altro, da un monitor a un mouse, per “entrare”.
Sì, entrare in quella porta dove l’infinito allarga le sue gambe a nuovi
amori, per nuovi deliri scanditi da pulsazioni, bit e dintorni.
La magia elettrizza i novelli-sciamani-adolescenti che calpesteranno un
futuro già alquanto prossimo. Primitivismo ed elettronico non sono più
etichette, ma dei “finalmente”. Il coraggio e la paura la notte del primo
amore. L’occhio critico di qualcuno “comincia anch’esso a vedere”, come
questi nuovi sciamani: il divenire avviene “naturalmente”.
Il finalmente ed il naturalmente sono in procinto di varcare la soglia del
“sogno di Eidos”. Lasciate entrare, senza anteporre ostacoli con il “già
detto” dei discorsi.
Mentre qualcuno litiga, una marea si muove e “naturalmente”, indica la
via al battello ubriaco dei voyeurs-mutanti. Questa marea ha soltanto
bisogno di qualche “traccia di storia” che le indichi dov’era l’isola, prima
della sua “scomparsa”.
“Scompare”, sempre di più, il bisogno di guru, si ha voglia soltanto di
conoscere le coordinate del procedere, e in questo tempo-tempio,
qualcuno si muove avanzando spedito verso l’altrove: il “dove” del
creativo, dell’artista-sciamano e del fanciullo. “Se ne sente l’odore”. I tamtam segnano il tempo della memoria, la fine è prossima, viva la fine!
L’inizio è quello che ci prende e ci tira dentro alla notte; il bagliore del faro
permetterà alla navicella di arrivare con la marea, che la guida con il suo
ondulare-cullare, all’”isola che non c’è”.
Questo è il sogno dell’artista dall’io bambino, dell’avventuriero sonovisivo
che gioca all’appuntamento video-computerizzato ogni anno, seminando
raggi, piccoli raggi...
Il particolare e l’essenziale, come la sintesi, ci interessano.
L’insieme dei particolari: sta agli abitanti dell’”altrove” curarne le
sembianze...
Nel “prossimo venturo”, gli avventurieri giocheranno, dopo Biarritz, con
l’oriente telematico...
“Au revoir ici, n’importe où”... sono solo Insinuazioni...
(estratto da Videoculture2. Europa Elettronica. Punti di vista ovvero i valori, Università
degli Studi di Napoli, 14-16 aprile 1989)

INSINUAZIONI IN TEMPO REALE
di Eva Rachele Grassi

Ma ora è il giorno! L'ho veduto venire.
Quello che vidi, il Sacro, sia la mia parola.
La natura più antica delle età,
sopra gli dei d'oriente e d'occidente;
e dall'Etere alto ai fondi abissi
secondo leggi ferme, come un tempo
quando la generò il sacro Caos;
sente in sé nuova
quella che tutto crea, l'estasi ardente.
Holderlin, Wie wenn am Feiertage
(Come al giorno di festa)

Squisita oscillazione su ans(i)e di bellezza.
Difficile dire cosa sia: traccia, alone
Mania che non si acquieta.
Punti liminari - ai margini delle forme - misteriosa corrente - terra di
inesorabili miracoli.
Evento che non ha al proprio termine, il senso.

Ma, in sospensioni, sconfinate vertigini.
Di angeli incantati. Da archi enigmatici d'ascolto.
L'aperto
Un altro respiro da invocare e celebrare.
Apparizioni accoglienti vicine e inaccessibili
Non ridurle, non romperne l'intimità.
Sperimentarne la luce.
Con parola di intervallo, parola solo al limite
fra il giorno e la notte, inespressa e innocente.
Brividi e inquietudini cosmiche si fanno danza
per intercettare, seguire, spiare spirali
di atemporali memorie di onnipotenza.
Spostare continuamente, nonostante lo smarrimento, i confini dello
stupore.
Esporsi compiacenti a tutte le metamorfosi,
parlare il linguaggio delle nascite,
nell'attesa dell'avvenire illimitato.
Sul percorso, laterali arricciature di realtà, si insinuano,
nell'andirivieni quotidiano delle trame del giorno.
In questa immensità navigabile, l'immediato orizzonte dell'evento
telematico
violenze illuminate della comunicazione.
Il sapere cambia segno, occupa e sconvolge, apre una nuova durata.
L'adesso del giorno che sorge libera da sguardi irritanti.
Il cono d'ombra... e il buio comincia a farsi trasparente...

(estratto da Videoculture2. Europa Elettronica. Punti di vista ovvero i valori, Università
degli Studi di Napoli, 14-16 aprile 1989)


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