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09_08 SORTIE NIGHT_Mise en page 1 10/09/2012 13:13 Page 1

CYBER-DADA/NIGHT-FRANCE
CAHIERS INTEMPESTIFS TRANS/MODEM
NUMERO SPECIAL
Magazine d’art de la critique et cyberculture.

ARTBOOK/NUMERO ANNUEL BILINGUE/FRANCAIS-ITALIEN RESEAU INTERNATIONAL
ART MAGAZINE NIGHT/ NEW YORK-ROME-PARIS-LE MANS/
en attente d’autorisation
***
REDACTION :
Eva Rachele Grassi
Angelo Ermanno Senatore
TRADUCTIONS (It>Fr/Fr>It) :
GHOST ART GALLERY / LAB/ORATOIRE
Eva Rachele Grassi
EXPLORATION NOUVEAUX LANGAGES
COLLABORATIONS :
28 bis, RUE DE L'ETOILE 72000 LE MANS
Laurent Monges-Chevalier
Annick Antoine
CORRESPONDANCES :
TEL. 06 31 66 49 10
New-York : Anton Perich
e mail : ghostart@hotmail.fr
Rome : Marco Fioramanti
Sites Internet :
CONCEPTION COUVERTURE :
http://extremejonction.scriptmania.com
Eva Rachele Grassi
http://ghostart.over-blog.com
SYSTEME GRAPHIQUE/MISE EN PAGE/
OPTIMISATION IMAGES :
Cyril Victor
MARKETING :
Pierre Dutel
En couverture : "La mort de l'art"
Ermanno Angelo Senatore
(huile sur toile 200/300)
Prix de la Critique Biennale d'Alger 1987
Collection du Musée des Beaux Arts d'Alger

Rétro couverture : "WHI ?"
Ermanno Angelo Senatore
Expo-Vente-AIDES
Galerie Yvon Lambert, 2007

CYBERDADA/NIGHT est édité par l'association internationale INTER/MEDIA
d'échanges culturels : GHOST ART GALLERY (LOI 1901 / n° W723003792 ),
distribué en librairie, dans les musées et les centres d'art contemporain...

... et bientôt consultable sur la blogosphère cyberdada...
1

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Cet ArtBook est complètement indépendant et auto produit
par les artistes du Groupe Cyberdada "Extrême Jonction",
Ermanno Angelo Senatore et Eva Rachele Grassi.
Pour d'éventuelles collaborations contactez-nous, par e/mail, par téléphone, par courrier...

Et pour ceux qui "naviguent sur la même vague" et qui voudront soutenir nos eutopies cyberdada,
il y aura des "pages blanches" à disposition, pour annoncer et présenter leurs activités
artistiques et culturelles, revues, galeries, associations diverses et variées...

CONTACTS:

Dans le prochain numéro on vous expliquera aussi comment s'abonner, etc, etc, etc...
Adresse:
Ghost Art Gallery
Lab/oratoire Explorations Nouveaux Langages
28 Bis, Rue de l'Etoile
72000 Le Mans

E/Mails:
extremejonction@hotmail.com
ghostart@hotmail.fr
Téléphone: 0631664910

Portrait multiple de Marcel Duchamp, anon, 1917

«L'art est un jeu entre tous les hommes de
toutes les époques.»
Marcel Duchamp

Autoritratto di Leonardo da Vinci
(disegno su carta/ 33,5x21,6 cm), 1515 ca

2

«La pittura è una poesia che si vede e
non si sente, e la poesia è una pittura
che si sente e non si vede.»

Leonardo da Vinci

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INDICE(S)

p.4
p.5

p.9
p.11
P.12
p.15
p.23
p.24
p.31
p.33
p.35
p.37
p.42
p.45
p.47
p.49
p.53
p.55
p.57
p.60
p.65
p.67
p.71
p.73
p.75
p.76
p.77

PRELUDES

PRELUDI

Le Grand Jeu par R. Gilbert-Lecomte
Seuils par Erg et Es

p.6
p.7

Il Gran Gioco di R. Gilbert-Lecomte
Soglie di Erg e Es

PROFILS

PROFILI

Anton Perich
Marco Fioramanti
Angelo Ermanno Senatore
Eva Rachele Grassi
(propos recueillis par Laurent Monges-Chevalier)

p.8
p.11
P.14
p.18

Anton Perich
Marco Fioramanti
Angelo Ermanno Senatore
Eva Rachele Grassi
intervista di Laurent Monges-Chevalier

RESISTANCE(S)

RESISTENZE

Manifeste Cyberdada N. 1 par A.E.Senatore
Manifeste AntiManifeste N. 2 par E.R. Grassi
Notes Cyberdada par A.E.Senatore
Change your words. Change your world...
par A.E.Senatore
Total ou Global par A.E.Senatore
Extrême Jonction & ses Lab/Oratoires Cyberdada
par E.R. Grassi

p.23
p.28
p.32
p.34

Manifesto Cyberdada N. 1 di A.E.Senatore
Manifesto AntiManifesto N. 2 di E.R. Grassi
Note Cyberdada di A.E.Senatore
Change your words. Change your world...
di A.E.Senatore
Totale o Globale di A.E.Senatore
Extrême Jonction & i suoi Lab/Oratori Cyberdada
di E.R. Grassi

PROPOS & ENTRETIENS

p.36
p.40

PROGETTI & INCONTRI

Le miroir de la fleur & son spectre
par Elizabeth Frolet
Le Campement par François Tanguy
Esthétique de l'information par Giuseppe Siano
Dromoscopie Entretien avec Paul Virilio
par Nini' Candalino
Rencontre avec Carlo Belli par Anna Maria Dori

p.44

Lo specchio del fiore e il suo spettro
di Elizabeth Frolet
L'Attendamento di François Tanguy
Estetica dell'informazione di Giuseppe Siano
Dromoscopie – Incontro con Paul Virilio
di Nini' Candalino
Incontro con Carlo Belli di Anna Maria Dori

SOUVENIRS & TÉMOIGNAGES

p.46
p.48
p.50
p.52

SOUVENIRS & TESTIMONIANZE

GINA PANE Entre Gina et Annick
par Annick Antoine
ROMAN OPALKA Réminiscences
de Pierre Ball - Propos recueillis par Annick Antoine

GINA PANE – Fra Gina et Annick
di Annick Antoine
ROMAN OPALKA – Reminiscenze di Pierre Ball di Annick Antoine

PROTAGONISTES, ÉVENEMENTS, LIEUX...

PROTAGONISTI, EVENTI, LUOGHI...

Cyril Victor
Laurent Monges-Chevalier
Annick Antoine
Femmes d'Histoire
La Fonderie/ Le Théâtre du Radeau

Cyril Victor
Laurent Monges-Chevalier
Annick Antoine
Femmes d'Histoire
La Fonderie/ Le Théâtre du Radeau

MESSAGES IMAGÉS

Imaginaires(s) par A.E. Senatore
Les Stations par E. R. Grassi

CAHIERS CYBERDADA : Rubrique Livres

p.56
p.58
p.62
p.66
p.66&70
p.70
p.74

QUADERNI CYBERDADA : Rubrica Libri

SPECIAL THANKS : Annick Antoine, Pierre Dutel, Laurent Monges-Chevalier, Cyril Victor
3

p.81

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LE GRAND JEU
Aussi bien nous ne sommes pas individualistes: au lieu

Le Grand Jeu est irrémédiable ; il ne se joue qu'une fois.
Nous voulons le jouer à tous les instants de notre vie.
C'est encore à «qui perd gagne». Car il s'agit de se perdre. Nous voulons gagner. Or, le Grand Jeu est un jeu de
hasard, c'est-à-dire d'adresse, ou mieux de «grâce» : la
grâce de Dieu, et la grâce des gestes.

de nous enfermer dans notre passé, nous marchons unis
tous ensemble, chacun emportant son propre cadavre sur
son dos.
Car nous, nous ne formons pas un groupe littéraire, mais
une union d'hommes liés à la même recherche.

Rechercher l'attitude favorable et le signe qui force les
mondes est notre but. Car nous croyons à tous les miracles. Attitude : il faut se mettre dans un état de réceptivité
entière, pour cela être pur, avoir fait le vide en soi. De là
notre tendance idéale à remettre tout en question dans
tous les instants. Une certaine habitude de ce vide façonne nos esprits de jour en jour. Une immense poussée
d'innocence a fait craquer pour nous tous les cadres des
contraintes qu'un être social a coutume d'accepter. Nous
n'acceptons pas parce que nous ne comprenons plus.
Pas plus les droits que les devoirs et leurs prétendues nécessités vitales. Face à ces cadavres, nous augurons peu
à peu une éthique nouvelle qui se construira dans ces
pages. Sur le plan de la morale des hommes qui se regardent, qui s'emboîtent le pas, qui rampent au-dessous,
volent au-dessus, se devancent, se fuient, s'acclament,
se huent et se regardent impassibles. Mais nous ne voulons être alors que l'action de marcher. C'est en cela que
nous sommes comédiens sincères. Mauvais sont ceux
qui ne se donnent pas entièrement à leur choix. Nous
avons simplement le sens de l'action.

ne sont pour nous que des moyens.
La grâce liée à l'attitude a besoin, avons-nous dit, de talismans qui lui communiquent leurs puissances, d'aliments qui nourrissent sa vie.
L'un d'entre nous disait récemment que son esprit cherchait avant tout à manger. Parmi ses sensations il cherche
ce qui le peut le nourrir. En vain sa faim se traîne de musées en bibliothèques. Mais un spectacle, insignifiant en
apparence, soudain lui donne sa pâture (une palissade,
une huître vivante). La sensation bouleversante d'un instant a rendu d'un seul coup des forces incalculables à sa
vie inquiète.

Ceci est notre dernier acte en commun ; art, littérature

Avoir la grâce est une question d'attitude et de talisman.

Ce sont des instants éternels que nous cherchons par-

tout, que nos textes, nos dessins feront naître peut-être
chez quelques-uns, qu'ils ont donné souvent à leurs créateurs dans le choc de leurs découvertes et dont nos essais cherchent les recettes.

C'est en de tels instants que nous absorberons tout, que

Pourquoi écrivons-nous ? Nous ne voulons pas écrire

nous avalerons Dieu pour en devenir transparents jusqu'à
disparaître.

nous nous laissons écrire. C'est aussi pour nous reconnaître nous-mêmes et les uns les autres : je me regarde
chaque matin dans un miroir pour me composer une figure humaine douée d'une identité dans la durée. Faute
de miroirs j'aurais les faces des bêtes changeantes de
mes désirs et, certains jours où le miracle me touche, je
n'aurais plus de face. Car, délivrés, nous sommes à la fois
des brutes brandissant les amulettes de leurs instincts de
sexes et de sang, et aussi des dieux qui cherchent par
leur confusion à former un total infini.

Le Grand Jeu n°1. [1928]
R. Gilbert-Lecomte

Le compromis «homo sapiens» s'efface entre les deux.

La connaissance discursive, les sciences humaines ne
nous intéressent qu'autant qu'elles servent nos besoins
immédiats. Tous les grands mystiques de toutes les religions seraient nôtres s'ils avaient brisé les carcans de
leurs religions que nous ne pouvons subir.
Nous nous donnerons toujours de toutes nos forces à
toutes les révolutions nouvelles. Les changements de ministère ou de régime nous importent peu. Nous, nous attachons à l'acte même de révolte une puissance capable
de bien des miracles.

4

Ali Kichou (Gravure-50/70)
Collection Ghost Art Gallery

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SEUILS...

l'écoute de ce murmure d'évanescence, qui les
pousse à se mettre à l’œuvre
... Chacun à sa manière. Pour l'un, un spectacle
bien architecturé, une fonction utilement remplie;
pour l'autre une conception harmonieuse, une
coordination pleinement réfléchie; pour d'autres
une note musicale, une goutte de peinture, un
rythme poétique...

http://extremejonction.scriptmania.com
http://ghostart.over-blog.com
http://nightitalia.wordpress.com/
http://www.nightmag.com/night.html

Parce que tout un chacun... ensemble... nous

Une mosaïque de regards... Un réseau d'allu-

pouvons capter cette "évanescence" qui nous entoure...
Lucides, en même temps, que toute connaissance
n'est que le commencement d'une connaissance

sions... Un entrelacement de complicité...
Émotions et élans : passés et présents racontés,
encore une fois, avec l'impudeur d'un dire auxiliaire ; en dis-solvant avec imprudence, tout autour
sur les choses, des mots, pour deviner l'instant
exact du "saut."...
À la recherche de "codes supraluminiques"...

plus vaste...

Les prochains numéros prévus à une échéance

annuelle, en langue française et en langue italienne comme l'actuel, insisteront sur l’exercice de
la pensée critique et de la contre-culture de l’underground international, et ils continueront de célébrer l'art comme don et échange et non pas
comme flétrie reproduction de marchandises...

Ce premier exemplaire de cette ultérieure aven-

ture éditoriale, après les expériences de l'art-zine
"Post" et des "Cahiers Intempestifs Cyberdada"
des années précédentes _ desquels nous avons
transféré dans la présente publication quelques interventions, nécessaires pour une compréhension
chrono-logique de notre parcours _ naît comme
numéro spécial et supplément au septième dossier du livre-magazine Night Italie *, au titre évocateur "Évanescence."
Ce passage de l'obscurité à la lumière, qui, dans
les heures in-adéquates, surexpose l'objet, les
choses, la réalité... jusqu'à en dissoudre les
contours, en dévoilant leur essence subtile : un
processus secret que seule la résonance de l'art
et la réverbération de la co-n-naissance peuvent
évoquer.

*NIGHT ITALIA prend son origine du magazine
new-yorkais "NIGHT", fondé en 1978 par Anton

Perich, peintre, artiste vidéo et photographe pour
le magazine "Interview" d'Andy Warhol, et de l'association vicennale entre Anton Perich et l'artiste
romain Marco Fioramanti. La revue "Night Italia"
donne vie, à échéance plus ou moins périodique,
à des livres spéciaux de collection, caractérisés
essentiellement par des images, des textes en
plusieurs langues, qui traitent, au niveau européen, des sujets fondamentaux du contemporain,
liés aux arts visuels, à la poésie, à la musique, au
coutume, à la satire, de façon à créer un débat critique sur la réalité. Le septième numéro, de prochain publication, prévoit un encart entièrement en
français, sous la direction de Eva Rachele Grassi
et Ermanno Angelo Senatore du Groupe Artistique
Cyberdada Extrême Jonction, anciens compagnons de route autant de Perich que de Fioramanti .

Nous avons dédié, en majorité, le prototype initial

de "CyberDada Night" à quelques témoignages
dédiés à des personnages illustres qui ont traversé le département de la Sarthe, et à certains
des nombreuses énergies innovantes et imaginatives qui font de la ville du Mans une officine d'élaborations, de recherches, de con-jonctions, de
métissages, de savoirs... sans oublier Paris...

Nous avons donné, alors, la parole à leurs bâtis-

Cet encart encore plus riche en contenus, consti-

seurs; à ces créateurs, qui avec leurs évanescences... vibrantes... s'évertuent à faire évoluer
les formes, les consciences; à dévoiler les choses
à travers l'expérience; à émerveiller grâce à des
frémissantes concrétions de pensées... Tous, à

tuera précisément ce premier exemplaire d'un périodique exquisément hexagonal.

ERG & ES

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Il Gran Gioco
Il "Grand Jeu" é irrimediabile; si gioca una volta sola.

cambiamenti di ministero o di regime. Noi attribuiamo
all'atto stesso della rivolta una potenza capace di tanti miracoli.

Noi vogliamo giocarlo in ogni attimo della nostra vita. E
per di più a "chi perde vince". Perché si tratta di perdersi.
Noi vogliamo vincere. Ora, il "Grand Jeu" é un gioco d'azzardo, cioé di destrezza, meglio, di "grazia" : la grazia di
Dio, e la grazia dei gesti.

Pertanto non siamo individualisti : invece di ripiegarci sul

nostro passato, camminiamo uniti, tutti insieme, ognuno
portando con sé il proprio cadavere sulla schiena.
Perché non formiamo un gruppo letterario, ma una unione
d'uomini legati alla medesima ricerca.

Avere la grazia é un problema di atteggiamento e di ta-

lismano. Nostro scopo é ricercare l'atteggiamento favorevole e il segno che forza i mondi. Perché crediamo a tutti
i miracoli. Atteggiamento : bisogna porsi in uno stato di intera ricettività, quindi essere puri, avere fatto il vuoto in se
stessi. Per cui la nostra tendenza ideale a rimettere tutto
in questione in ogni attimo.
Una certa abitudine di questo vuoto plasma i nostri spiriti
giorno per giorno. Una immensa spinta di innocenza ha
fatto cedere per noi tutti i quadri degli obblighi che un essere sociale é abituato ad accettare. Noi non accettiamo
perché non capiamo più. Non i diritti né i doveri e le loro
pretese necessità vitali. Di fronte a questi cadaveri, presagiamo a poco a poco una nuova etica che si costruirà
in queste pagine. Sul piano della morale degli uomini i
cambiamenti perpetui del nostro divenire non rivendicano
che il diritto a cio' che loro chiamano viltà. E non soltanto
per servircene. Questa viltà non é fatta che della nostra
buona fede ; siamo commedianti sinceri. Quando camminiamo, vi sono in noi uomini che si guardano, si seguono
passo passo, sotto strisciano, sopra volano, si superano,
si sfuggono, si acclamano, schiamazzano e si guardano
impassibili. Ma allora noi non vogliamo essere che
l'azione di camminare. E in questo siamo commedianti
sinceri. I cattivi sono coloro che non si dedicano completamente alla loro scelta. Noi abbiamo semplicemente il
senso dell'azione.

Questo é il nostro ultimo atto in comune; arte, letteratura

non sono per noi che mezzi.
La grazia unita all'atteggiamento ha bisogno, come abbiamo detto, di talismani che le comunichino la loro potenza, di alimenti che nutrano la sua vita. Uno di noi
diceva recentemente che il suo spirito prima di tutto cercava di mangiare.Tra le sue sensazioni egli cerca cio' che
puo' nutrirlo. Invano la sua fame si trascina dai musei alle
biblioteche. Ma uno spettacolo, in apparenza insignificante, improvvisamente gli dà il cibo ( uno steccato, un'ostrica viva). La sensazione sconvolgente di un attimo ha
restituito in una volta forze incalcolabili alla sua vita inquieta.
Sono questi attimi eterni che cerchiamo ovunque, che i
nostri testi, i nostri disegni forse faranno nascere in qualcuno, dati spesso ai loro creatori nello choc delle loro scoperte e di cui i nostri tentativi cercano la ricetta.

In simili attimi assorbiremo tutto, inghiottiremo dio per di-

ventare trasparenti fino a scomparire.

Le Grand Jeu n°1. [1928]

Perché scriviamo? Non vogliamo scrivere, ci lasciamo

R. Gilbert-Lecomte

scrivere. Ed é anche per riconoscerci noi stessi e gli uni
gli altri : ogni mattina mi guardo in uno specchio per compormi una figura umana dotata di una identità nella durata. In mancanza di specchi avrei le facce delle bestie
mutevoli dei miei desideri e, in certi giorni in cui mi sfiora
il miracolo, non avrei più faccia. Perché, liberati, siamo e
bruti che brandiscono gli amuleti dei loro istinti di sesso e
di sangue, e dèi che con la loro confusione cercano di formare un totale infinito.

Il compromesso "homo sapiens" tra i due si cancella. La

conoscenza discorsiva, le scienze umane ci interessano
solo in quanto servono ai nostri bisogni immediati. Tutti i
grandi mistici di tutte le religioni sarebbero dei nostri se
avessero spezzato le gogne delle loro religioni che noi
non possiamo subire. Ci dedicheremo sempre con tutte
le forze a ogni nuova rivoluzione. Ci importa poco dei

6

Hadjira Preure "S.T." (technique mixte 200x150), 1985
Genazzano 86, Internazionale d'Arte

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CyberDada CyberdaDa Cyberdada CyberDada CyberdaDa Cyberdada

http://extremejonction.scriptmania.com
http://ghostart.over-blog.com
http://nightitalia.wordpress.com/
http://www.nightmag.com/night.html

Un mosaico d'occhiate...

Un reticolo di allusioni...
Un intreccio di complicità...
Emozioni e slanci : passati e presenti, raccontati ,
ancora una volta, con l'impudenza di un dire ausiliario ; dis-solvendo, con imprudenza, tutt'intorno
sulle cose, parole, per indovinare l'istante esatto
del "salto"... Alla ricerca di "codici sopraluminari"...

Questo primo esemplare della nostra nuova ed

ulteriore avventura editoriale, dopo le esperienze
dell'art-zine "Post" e dei "Quaderni Intempestivi
Cyberdada" degli anni precedenti _ dai quali abbiamo trasferito nella presente pubblicazione alcuni interventi, necessari per una comprensione
crono-logica del nostro percorso _ nasce come
numero speciale e supplemento al settimo fascicolo del libro-rivista Night Italia*, dal titolo evocatore "Evanescence". Quel segreto divenire che,
nelle ore in-adeguate, progredisce, dall'oscurità
alla luce ; che sovraespone la realtà sino a dissolverne i contorni. Quel mutamento, che solo l'eco
dell'arte e il riverbero della conoscenza possono
evocare.

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SOGLIE...

Extrême Jonction - Atelier/Galerie Le Gnac/Inter-Prise
Créteil/Paris, 1996 (Photo by Steve Kreisler)

*NIGHT ITALIA prende origine dalla rivista ne-

wyorkese NIGHT, fondata nel 1978 da Anton Perich, pittore, video artista e fotografo per la rivista
“Interview” di Andy Warhol, e da un sodalizio ventennale tra Anton Perich e l’artista romano Marco
Fioramanti. Il settimo numero del libro-rivista, di
prossima pubblicazione, prevede un inserto in lingua francese, curato dagli artisti del Gruppo Cyberdada Extrême Jonction, Angelo Ermanno
Senatore ed Eva Rachele Grassi, vecchi compagni di strada, sia di Perich che di Fioramanti.
Tale inserto, ancora più ricco in contenuti, formerà
giustamente questo primo esemplare di periodico
squisitamente esagonale...

Abbiamo dedicato, in prevalenza, il prototipo ini-

ziale di "CyberDada Night" a qualche testimonianza dedicata a personaggi illustri che hanno
attraversato il dipartimento della Sarthe, e a talune
delle numerose attività che fanno della città di Le
Mans un'officina di elaborazione, di ricerca e di
congiunzione di saperi. Ma senza dimenticare Parigi...

I prossimi numeri previsti a scadenza annuale, in

lingua francese e in lingua italiana, come l'attuale,
insisteranno sull'esercizio del pensiero critico, e
continueranno a celebrare l'arte come scambio di
doni e non come appassita riproduzione di merci...

ERG e ES

da

CyberDada CyberdaDa Cyberdada CyberDada CyberdaDa Cyberdada
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ANTON PERICH
http://www.antonperich.com/

Anton Perich nasce a Mikulici (Dubrovnik), in Croazia.

Dal 1965 al 1970 vive a Parigi e lavora per alcuni anni con il

gruppo dei Lettristi, come pittore, poeta e regista. Dal 1967 al
1969 crea e partecipa alle attività dell'International Underground
Film Programun all'American Center sul Boulevard Raspail a Parigi. Presenta film di Heliczer, Iimura, Mekas, Warhol, Lemaitre,
Bassan, Auder e altri.

Nel 1970 si trasferisce a New York. Nei primi anni settanta collabora come fotografo all'Interview Magazine di Andy Warhol.
Una selezione delle sue fotografie fanno parte della collezione
del Warhol Museum di Pittsburgh, della Warhol Foundation e
della Robert Mapplethorpe Foundation di New York.

Nel gennaio del 1972 presenta la sua prima personale di foto-

grafia alla Gotham Book Mart Gallery di New York. Le sue fotografie sono pubblicate in molti libri e periodici, e spesso esposte
nelle gallerie in tutto il mondo.

Andy Warhol par Anton Perich

Nel 1973 produce e dirige un suo canale televisivo privato sul Manhattan Cable TV. Gli attori partecipanti e gli argomenti

trattati sfidano il contenuto dei programmi televisivi tradizionali. Si tratta del primo show underground della televisione
americana, e viene censurato in diretta
durante una programmazione, causando un grave scandalo e dei cambiamenti radicali nella TV via cavo. Perich
é stato un pioniere della videoarte e
della televisione via cavo.

Nel 1975 la televisione tedesca pre-

senta un'ora dell'Anton Perich Show sul
West 3 Channel. Clip dei suoi lavori in
video sono spesso mandati in onda sui
network e canali via cavo in America,
Europa e Giappone.

Nel

1977 disegna e costruisce una

macchina elettrica che dipinge (predecessore dello scanner/ stampante a
getto d'inchiostro) e nel 1979 presenta
la sua prima personale dei lavori realizzati con la painting machine alla Tony
Shafrazi Gallery a New York.

Nel 1978 inizia la pubblicazione della

Anton Perich - Andy

rivista NIGHT, tuttora pubblicata a intermittenza, che contiene pittura, fotografia, poesia, narrativa, saggi, interviste,
ecc.
Attualmente, Perich dipinge, realizza fotografie e video, produce e dirige una
mezz'ora settimanale di uno show in
onda su TV via cavo.

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ANTON PERICH
http://www.antonperich.com/

Il est né à Mikulici (Dubrovnik), en Croatie.

De 1965 à 1970, il vit à Paris, où il travaille pendant plu-

sieurs années avec le groupe des Lettristes, comme peintre, poète et cinéaste. De 1967 à 1969, il crée et collabore
à l'International Underground Film Program à l'American
Center sur le Boulevard Raspail à Paris. Présentant des
films de Heliczer, Iimura, Mekas, Warhol, Lemaitre, Bassan, Auder.

Il s’installe à New York en 1970.
Au début des années 1970, il est photographe pour l'INTERVIEW Magazine de Andy Warhol. Une sélection de
ses photographies fait partie maintenant de la collection
du Musée Warhol de Pittsburgh, de la Fondation Warhol
et de la Robert Mapplethorpe Foundation à New York.

En janvier 1972, il propose sa première exposition personnelle de photographie à la Gotham Book Mart Gallery
de New York. Ses photos paraissent dans de nombreux
périodiques et galeries, dans le monde entier.

En 1973, il produit et réalise un programme sur la chaîne

Anton Perich (autoportrait)

privée de télévision, Manhattan Cable TV. Les acteurs
participants et les sujets traités défient le contenu des programmes de la télévision traditionnelle.

Le programme, le premier Underground show à la télévision américaine, censuré lors de la diffusion, cause un
grave scandale et provoque des changements radicaux
dans la télévision par câble.

En 1975, la télévision allemande présente l'Anton Perich

Show sur West 3 Channel. Des extraits de ses œuvres
vidéo sont souvent montrés sur le réseau et la télévision
par câble, en Europe, aux États- Unis et au Japon.

En 1977, il conçoit et construit l’ «electric painting ma-

chine» (prédécesseuse de l'imprimante/scanner à jet
d'encre), et en 1979 il montre ses premiers «tableaux
électriques» à la Tony Shafrazi Gallery de New York.

En 1978 il débute la publication du Magazine NIGHT, au-

jourd'hui encore publié par intermittence et composé d'un
choix de poèmes, peintures, photographies, fictions, essais et entretiens.

En 2006 il a présenté une rétrospective de ses travaux

Casarina - Electric Painting Machine

vidéos à la Anthology Film Archives à New York. Ses photographies, peintures et vidéos sont montrées et publiées
dans le monde entier.
Actuellement, il peint, réalise des photos, compose des
vidéos, produit et dirige une émission hebdomadaire de
télévision. Anton Perich est considéré comme l'un des
pionniers dans les domaines de la production télévisuelle
par câble, l'art numérique et l'édition underground.

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Apparitions-Huile sur Toile-(30/50) Marco Fioramanti
Collection Ghost Art Gallery

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MARCO FIORAMANTI
http://www.fioramanti.it/

Marco Fioramanti est né à Rome en 1954.

Au milieu des années 70, il débute son activité artistique,
caractérisée par un graphisme figuratif au style surréaliste
et par l'expérimentation de différentes techniques de gravure.

En 1979 il obtient une maîtrise en ingénierie à l'Univer-

sité de Rome «La Sapienza» (avec Giorgio Croci), puis
soutient une thèse expérimentale sur la consolidation des
centres historiques.
Il approfondit ensuite des études d'esthétique et en particulier la perception visuelle avec Pietro Montani et Emilio
Garroni.

Peintre et performer, co-fondateur du Mouvement Trat-

Marco Fioramanti

MARCO FIORAMANTI

tista (1982) il vit pendant 4 ans à Berlin Ouest, puis à Barcelone et à New York.
À Paris il collabore avec le groupe Cyber-dada d'Ermanno
Angelo Senatore et Eva Rachele Grassi.

Dans les années 90 il effectue des recherches «in situ»,

http://www.fioramanti.it/

en Chine, au Tibet, au Maroc, et sur le chamanisme au
Népal.

Marco Fioramanti (Roma, 1954) inizia la

Depuis 2001 il anime des séminaires avec les étudiants

sua attività artistica alla metà degli anni settanta.
Nel 1979 si laurea in Ingegneria edile con Giorgio Croci
su sperimentali tecniche di consolidamento nei centri storici ed esercita la libera professione per alcuni anni.
Nell'82 collabora alla redazione del Manifesto Trattista e
si trasferisce per quattro anni a Berlino Ovest, dove fonda
il Gruppo Multimediale Trattista Berlin, occupandosi di
testi, regia e pittura dal vivo. Soggiorna poi a Barcellona
e a New York.
A Parigi, negli anni 90, collabora con il gruppo Cyberdada
di Ermanno Angelo Senatore e Eva Rachele Grassi.
Fanno seguito ricerche sul campo in Cina e Tibet, Marocco e sullo sciamanismo in Nepal. Lavora a tempo
pieno nel campo della pittura, installazione e performance. Sperimenta differenti materiali verso un'idea totale
dell'arte, mirando al recupero dei segni, dei comportamenti e dei riti d'iniziazione delle culture non-europee.
Nel 2004 pubblica un volume monografico "MARCO FIORAMANTI 1983-2003" (Jouvence ed.).Tiene liberi seminari all'Accademia di Belle Arti di Roma presso la cattedra
di Antropologia Culturale. E' fondatore della rivista d'arte
glamour/underground «Night Italia».
Sue opere sono presenti in musei e collezioni pubbliche
e private in Italia e all'estero.

de l'académie des Beaux Arts de Rome. Il est par ailleurs
directeur éditorial artistique.

En 2007 il est nommé artiste-curateur du pavillon italien
de la XXIVe biennale d'Alexandrie d'Egypte.

Il est le fondateur du magazine d'art glamour/under-

ground "Night Italia".

Pour Marco Fioramanti, l'art est la condition la plus pro-

fonde de l'être humain, il est la représentation d'une manifestation collective qui s'exprime à travers des
singularités.
Il est capable d'occasionner une focalisation de l'attention,
de susciter une participation émotionnelle, de libérer
l'étonnement, de suggérer des visions inattendues du
réel, de TOUT unir.

Ses oeuvres sont présentes dans les musées et collec-

tions publiques et privées en Italie et à l'étranger.

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ANGELO ERMANNO SENATORE FARINA
http://ermannosenatoreartemia.over-blog.com/
(ES pour le milieu artistique) est né en 1953.

et de la littérature française. Ses études d'histoire et de
critique d'art moderne et contemporain aiguiseront sa passion pour l'art et accompagneront son talent d'artiste -critique interdisciplinaire, engagé, à contre courant, rebelle,
aimant les avant-gardes et les mouvements historiques.
Marcel Duchamp, son inspirateur, escortera toute sa vie
d'artiste international à venir, toujours en équilibre entre
underground et overground ; le parcours pur et idéaliste
de ce post/trans/situationniste, animateur de la rétrogarde arrière-garde cyberdada. Son rêve d'étudier au
Dams de Bologna crashe contre la réalité des jeunes de
sa génération, nés dans le sud de l'Italie. Il continuera à
fréquenter l'Université de Salerno jusqu'en 77.
Dans sa ville il explore tous les domaines de l'expression
créative, sur la vague du théâtre total d'Antonin Artaud.

Il a fait de remarquables études universitaires : faculté de

lettres et philosophie, avec des critiques et écrivains français, italiens, francophones, copains et compagnons de
route de Jean Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Alberto
Moravia, Pasolini. Des intellectuels engagés des années
60-70, ses maîtres à penser de jeunesse. Jean Noël Schifano, ex-directeur du centre culturel français de Naples,
qui vit et travaille pour les éditions Gallimard à Paris;
Renzo Paris, écrivain de la génération 68; Michele Rago,
rédacteur, avec Elio Vittorini, de la revue de la résistance
«Il Politecnico», revue qui réunissait l'intelligentsia antifasciste des années tristes de la dictature de Mussolini.
Ce sont ces maîtres qui lui donneront l'amour de la culture

Vide - A.E.Senatore (huile sur toile-50/70) (Ph. C. Victor)

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Il débute sur la scène de sa région du sud avant de partir
pour le nord. Il séjourne par la suite à Rome où il vit sa
période de performer/plasticien, et la rencontre avec le
groupe des «trattisti» du mouvement Olduvai. De 1982 à
1993 il est professeur agrégé du Ministère de l’Éducation
Nationale en Italie et enseigne la langue, l'art, la littérature
et la culture françaises dans les écoles supérieures. Peintre, performer, journaliste culturel, poète, acteur, metteur
en scène de théâtre sono-visuel, il a, par ailleurs, écrit,
réalisé, interprété le spectacle inter/média «Toto' Le
Metro'», en 1981 (en tournée à Brescia, Milan, Salerno,
Naples, Rome). Il publie des livres de poésie sono visuelle
(un livre de poésie/jazz : Fragile (Ed. Poligraf), Calore/Pallore (Ed. Ripostes) avec les préfaces de Rubina Giorgi et
d’Eva Rachele Grassi, poétesses et philosophes du langage, (avec une traduction anglaise de Susi Ficher); il collabore à des revues culturelles (Proiezioni '84 - Ed. Alba
Ferrara ; Percorsi, Sorbo Rosso, revues qui publient les
meilleurs poètes de l'avant-garde italienne des années
70-80, comme Giovanni Marini et encore combien d'autres...).

Anges cyberdada (détail) - A.E.Senatore
(huile sur toile 100/120)

En outre, il est rédacteur et critique artistique et culturel

de faire de l'art sur la vague trans/avant-gardiste du néo
situ/dada/futurisme.
Unissant la culture professionnelle et artistique à la culture du quotidien et du social, il participe aussi à des activités diverses d'engagement… Forum sur la désobéissance, Copyleft Attitude ; Performance à la première fête
Internet au Web Bar Gallery dans le Marais à Paris, lieu
des premières rencontres du web art international ; les
trois éditions d’ «expo-vente» à la Galerie Yvon Lambert
au profit de l’association AIDES...

dans le quotidien BresciaOggi, la revue Punto e Virgola,
Radio Popolare. De surcroît, il organise des festivals de
poésie entre Milano et Brescia avec la poétesse d'avantgarde Milli Graffi et son ex-prof et toujours ami, le poète
et écrivain romain Renzo Paris, copain de Pasolini et de
Moravia.

Ermanno Senatore aura été également cité dans le livre

Au Mans, en 2008 il ouvre l’énième lab/oratoire cyber-

Chi é ?, panoramique des personnages de la vie culturelle
en Lombardie. Ses écrits paraîtront dans des revues d'art
sociologique et poésie visuelle comme Percorsi (à laquelle collaborent des critiques/théoriciens de l'art tels
que Achille Bonito Oliva, Mario Costa et des grands
poètes comme Allen Ginsberg, Laurence Ferlinghetti,
etc.).

dada, la «Ghost Art Gallery».

Ses œuvres de peinture font partie de plusieurs collec-

tions privées et sont en exposition permanente au Musée
des Beaux Arts et au Musée National d'Alger, au Musée
Mystique de Malte, au Musée Dynamique de Dakar.
Son œuvre a été recensée dans plusieurs hebdomadaires et quotidiens internationaux et dans «La storia
della pittura. Dal 900 ad oggi. Le ultime ricerche» E.Crispolti. Ed. Electa.

En 1983 naît l'entente d'art et de vie avec la poétesse

Eva Rachele Grassi, ex-élève de Rubina Giorgi, avec laquelle il imagine l'alliance du Groupe artistique «Extrême
Jonction». Ils réaliseront ensemble plusieurs manifestations culturelles et encore l'ouverture de trois ateliersgaleries-laboratoires de recherche, à Salerno, Athènes
et Paris. L'organisation et la conception des trois éditions du festival international d'art électronique «Semi
di Luce», en collaboration avec France Telecom et
l'Ambassade de France en Italie. La participation à
l'édition «Europa elettronica» à l'Université de Naples,
avec Virilio, Baudrillard... la traversée de la révolution
roumaine de 1989 avec le musicien David Thompson...

Et

encore les voyages : Berlin... Stockholm...

Athènes... Londres... Barcelone... Alger... Dakar... invité par les Universités, les Ministères de la Culture,
les Instituts culturels italiens et souvent français... Les
rencontres : avec les membres de l'École Trattista
(Mouvement Trattista ou du Primitivisme Abstrait,
Rome 1982) ; avec Anton Perich, artiste et directeur
de la revue new-yorkaise «Night»... A Paris en 1996 il
crée, encore avec Erg, le mouvement/non mouvement
«Cyber/ethno/dada», duquel naîtra la revue bilingue
aléatoire «Cahiers Intempestifs Cyberdada». L'expression
écrite du groupe cyberdada Extrême Jonction, sa façon

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(Reading de poésie- A.E. Senatore et Roberta Senatore)
Festival International d'Art Électronique
«Semi di Luce» Castello Arechi 1987 Salerno

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ERMANNO SENATORE (o ES per l'ambiente artistico)
http://ermannosenatoreartemia.over-blog.com/
è nato nel 1953. Ha fatto notevoli studi universitari : facoltà
di lettere e filosofia, con critici e scrittori francesi, italiani,
francofoni, amici e compagni di strada di Jean Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Alberto Moravia e Pasolini.
Intellettuali impegnati degli anni 60-70, i suoi « maestri »
di gioventù : Jean Noël Schifano, ex-direttore del centro
culturale francese di Napoli che vive e lavora per le edizioni Gallimard a Parigi ; Renzo Paris, scrittore della generazione 68 ; Michele Rago, redattore, con Elio Vittorini,
della rivista della resistenza italiana "Il Politecnico", rivista
che riuniva l'intellighenzia antifascista degli anni tristi della
dittatura di Mussolini.
Questi intellettuali gli trasmetteranno l'amore per la cultura
e la letteratura francese ; i suoi studi di storia e di critica
dell' arte moderna e contemporanea affineranno la sua
passione per l'arte e fortificheranno il suo talento di artista
- critico interdisciplinare, impegnato, a contro corrente, ribelle, amante delle avanguardie e dei movimenti storici.
Marcel Duchamp, il suo ispiratore, scorterà tutta la sua
vita di artista internazionale a venire, sempre in equilibrio
tra underground ed overground ; il percorso puro ed idealista di questo post/trans/situazionista, animatore della retroguardia cyberdada.
Il suo sogno di studiare al Dams di Bologna si infrange
contro la realtà dei giovani della sua generazione, nati nel
sud dell'Italia... E continuerà a frequentare l'università di
Salerno fino al 77. Nella sua città esplora tutti i campi
dell'espressione creativa, sull'onda del teatro totale di Antonin Artaud. Esordisce sulla scena della sua regione del
sud prima di partire per il nord.
A Roma vive il suo periodo di «performer/plasticien» e incontra il gruppo dei "trattisti" del movimento Olduvai.
Dal 1982 al 1993 è professore di ruolo del Ministero
dell'educazione Nazionale - ed insegna la lingua, l'arte, la
letteratura francesi nelle scuole superiori.
Pittore, performer, giornalista culturale, poeta, attore, regista di teatro sono-visivo, ha, peraltro, scritto, realizzato,
interpretato lo spettacolo inter/média "Toto' le Metro' ", nel
1981, in tournée a Brescia, Milano, Salerno, Napoli,
Roma.
Pubblica libri di poesia sono visiva ; una raccolta di poesie/jazz : Fragile, Ed. Poligraf ; Calore/Pallore Ed. Rispostes, con le prefazioni di Rubina Giorgi e di Eva
Rachele Grassi, poetesse e filosofe del linguaggio, con
una traduzione inglese di Susi Ficher.
Collabora alle riviste culturali, Proiezioni' 84 - Ed. Alba
Ferrara ; Percorsi, Sorbo Rosso, riviste che pubblicano i
migliori poeti dell'avanguardia italiana degli anni 70-80,
come Giovanni Marini ed ancora quanti altri...
E' inoltre, redattore e critico artistico e culturale del quotidiano BresciaOggi, della rivista Punto e Virgola, di Radio
Popolare.
Organizza festival di poesia tra Milano e Brescia con la
poetessa di avanguardia Milli Graffi ed il suo ex-professore e sempre amico, il poeta e scrittore romano Renzo
Paris, fraterno complice di Pasolini e di Moravia.

Ermanno Senatore è stato citato anche nel libro «Chi é?»,
panoramica dei personaggi della vita culturale in Lombardia.I suoi scritti appariranno su riviste di arte, sociologia e
poesia visiva come Percorsi alla quale collaborano
critici/teorici dell'arte come Achille Bonito Oliva, Mario
Costa e grandi poeti come Allen Ginsberg, Laurence Ferlinghetti, ecc.
Nel 1983 nasce l'intesa di arte e di vita con la poetessa
Eva Rachele Grassi, ex-alunna di Rubina Giorgi con la
quale immagina l'alleanza del Gruppo artistico "Extrême
Jonction".
Insieme realizzeranno innumerevoli manifestazioni culturali .
L'apertura di tre -gallerie-laboratori di ricerca, a Salerno,
Atene e Parigi. L'organizzazione e la concezione di tre
edizioni del festival internazionale di arte elettronica "Semi
di Luce", in collaborazione con France Telecom e l'ambasciata di Francia in Italia.
La partecipazione all'edizione "Europa elettronica" all'università di Napoli, con Virilio, Baudrillard... Attraverseranno
la rivoluzione rumena dell'89 insieme al musicista David
Thompson...
Ed ancora i viaggi : Berlino... Stoccolma... Atene... Londra... Barcellona... Algeri... Dakar... invitato da Università,
Ministeri della Cultura, Istituti di cultura italiana e spesso
francese... Gli incontri : coi membri della scuola Trattista,
Movimento Trattista o del Primitivismo Astratto, Roma
1982) ; con Anton Perich, artista e direttore della rivista
newyorchese "Night"...
A Parigi nel 1996 crea, ancora con Erg, il movimento/non
movimento "Cyber /ethno/dada" dal quale nasceranno gli
aleatori "Cahiers Cyerdada". L'espressione scritta del
gruppo cyberdada Extrême Jonction, il suo modo di fare
arte sull'onda delle trans/avanguardie neo/situ/dada/futuriste.
Unendo la cultura professionale ed artistica alla cultura
del quotidiano e del sociale, ES partecipa ad attività diverse di militanza : Forum sulla disobeddienza, Copyleft
Attitude ; Performance alla festa Internet al Web Bar Gallery nel Marais di Parigi, luogo internazionale della prima
web art internazionale ; le tre edizioni di «expo-vente» alla
Galleria Yvon Lambert al profitto dell'associazione AIDES.
A Le Mans, nel 2008 apre l'ennesimo lab/oratorio cyberdada, la "Ghost Art Gallery".
Le sue opere sono presenti in collezioni pubbliche e private e sono in esposizione permanente nel Museo delle
Belle Arti e al Museo Nazionale di Algeri, nel Museo Mistico di Malta, nel Museo Dinamico di Dakar.

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La sua attività artistica é stata recensita su riviste e quotidiani internazionali e su «La storia della pittura. Dal
900 ad oggi. Le ultime ricerche» E.Crispolti. Ed. Electa.

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EVA-NE-SC-I-ENCE

PROPOS RECUEILLIS PAR LAURENT
MONGES-CHEVALIER

EVA-RACHELE GRASSI
http://otages.over-blog.org/

Les initiales de son nom forment le mot erg qui désigne
les dunes mouvantes et éphémères sculptées par le
vent dans le désert du Sahara... Caractère du nom qui
demeure dans ses paroles, ses installations de poésie...
à la fouille il-limitée de la parole extrême...
Laurent Monges Chevalier L.M.C.
Eva Rachele Grassi E.R.G.

L.M.C. : Quels sont les événements, les personnes,

...

E.R.Grassi "Poetry and Sounds", Ghost Art Gallery,
Le Mans, 2011 (Ph. C. Victor)

A compter de «ces évidences» débute mon noma-

disme culturel et existentiel entre géographie imaginaire
et réelle. Qui me fait jouer différents rôles en contextes
apparemment dissonants.

les rencontres, les lieux, les voyages, les lectures, les
choses vues/entendues... qui t'ont marquée et éventuellement influencée ?

Partageant entièrement la théorie de Marshall Mc Luhan,

E.R.G. : Je placerais la liste de tes questions sous

où j'ai reçu ma première maîtrise. A l'époque (les années
70), l'université de ma ville (Salerno) pouvait se vanter
d'avoir dans ses rangs les meilleurs intellectuels italiens
mais c’est avec Rubina Giorgi que j'ai eu la confirmation
qu’était possible la ré-union entre le don et la quête, entre
la grâce et la pensée, en un mot, entre la poésie et la philosophie...

prophète du rachat du chaos et de la dis-solution de l'histoire (thème de la thèse de ma deuxième maîtrise en Sociologie) selon laquelle, à travers la simulation technologique, le processus créatif de la connaissance sera, de
manière collective, étendu à la société humaine toute entière, je me suis engagée dans la réflexion de cette
époque d’inter-phase qui, encore actuellement, caractérise notre temps, en organisant avec Angelo Ermanno Senatore des rendez-vous ponctuels de discussions entre
artistes, intellectuels, etc. (sous forme de festivals : trois
éditions au nom évocateur de «Semi di luce» – Graines
de lumières), justement sur les nouvelles technologies...
... En créant des espaces (lab/oratoires Cyberdada; en
Italie Inter/Prise ; en Grèce Temp(i)o 2000 ; en France
Ghost Gallery) ou des T.A.Z. (temporary autonomous
zone, selon Hakim Bey) où précisément pouvoir soigner
nos consciences mutilées par une connaissance fragmentée et spécialisée avec son cortège de divisions : de fonctions, de classes sociales, de nations...
(Petite anecdote : en cette période, invitée par l'Université
et l'Institut culturel français de Naples à participer aux
deux symposiums sur l’ «Europe électronique», au cours
des soirées privées agencées par le directeur de l'Institut
de l'époque, Jean Digne, j'ai eu l’occasion de discuter
avec Jean Baudrillard et Paul Virilio...).

logies, les conquêtes sociales (pourtant contradictoires),
le mouvement des étudiants, situationniste et dadaïste
(quand bien même dans la confusion des genres), l’antipsychiatrie, la physique quantique, la théorie des
cordes...
Tous ces frémissements semblaient êtres les avatars
d’une société en plein processus de conscientisation, malgré une manipulation institutionnelle perfidement rusée et
fâcheusement efficace...

pour réaccéder à la simultanéité du «sentir», était pareillement relié, à mon avis, au «processus d'individuation»
et à la «réalisation du soi», évoqués par Carl Gustav
Jung. Et mon investissement, pendant quinze années, en
qualité de consultante psychologue en hôpital, chargée
du suivi des anciens patients des hôpitaux psychiatriques,
fermés en Italie suite à la loi 180, m’a permis de mieux
pénétrer, exactement, cette même réflexion sur l’homme
nouveau...

l’égide de la Grande A(I)llusion... analogique... Et plutôt
que de marques et d’influences je parlerais d’inspiration...
Ma plus grande source d'inspiration continue à être mon
père, Michele Grassi... Il y a quarante ans, lorsqu'il commentait pour moi «La Divina Commedia» (... L'enfer, Le
purgatoire, Le paradis…? Je m'en souviens plus...) en vue
de mon prochain bac... Il a fermé ses yeux sur CE
monde... Des yeux qui avaient été toute sa vie des «ouvertures»... qui essayaient de retracer l’harmonie à l’intérieur de l'individu (philosophe et éducateur) ainsi qu’à l’intérieur de la société comme un tout (politique et
humaniste)...
Un philosophe... à la veine poétique... et un résistant (contre tous les acquis, mais aussi partisan au cours de la dernière guerre)...
...

Après mon bac, j'ai choisi la faculté de Philosophie,

Mais ce parcours que nous tous nous devrions initier

Puis... les années 70... l'écologie, les nouvelles techno-

15

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...

La sensation même d'un état psychosocial de sursa-

E.R.G. : ... Sur les pas des avant-gardes (dada, fu-

turation, que m'a laissé ma traversée de la révolution roumaine de 1989 (complot ou conjuration internationale,
qu'on l'appelle comme on veut) aux fréquentations et
complicités labyrinthiques, démontre, une fois de plus,
que les oeuvres sont «incomplètes de transformation»,
dans la destinée tourbillonnante des «devenirs»...

turiste, situationniste, cobra, actionniste, fluxus) en 1983,
avec Ermanno Angelo Senatore, peintre et poète, j’imagine l'alliance artistique «Extrême Jonction», sentinelle
d'une réalité pas encore et pas toujours perceptible...
L’ «extrême jonction» des différentes sensibilités... à travers la «jonction immédiate» de toutes les catégories de
r-ésistances : artistiques, culturelles, politiques, sociales.
Pour réfléchir à une autre boîte à outils...
... Dans des «structures dissipatives» aussi sous forme
de revues : Post, Cahiers cyberdada ou encore Web sites,
susceptibles d’altérer le système entier et y insinuer des
«nouvelles réalités», vers une connaissance qui UNIT...
... La rencontre, dans la même année, avec les membres
de l'École Trattista (Mouvement Trattista ou du Primitivisme Abstrait, Rome 1982), se situe dans ce climat d'alliances revisitées, au gré des vicissitudes individuelles et
communes. Et une fraternelle collaboration teintée de dissonances amicales naît, qui m'amène à écrire en réponse
à leur manifeste, un petit texte : le "Trait au miroir", où le
primitif et l'électronique fusionnent dans des stratifications
qui s’échappent des images du futur et d’un très lointain
passé.

En 1996, dans l’atelier Galerie de Paris-Créteil, où notre

groupe «Extrême Jonction» avait été invité en résidence
artistique par la municipalité, avec Senatore nous rédigions deux variantes du premier manifeste-non-manifeste, qui décrivent l’atmosphère particulière de notre
mouvance atypique, celle du mouvement/non-mouvement cyber-ethno-dada-3B génération, un courant-anticourant-militant-area T.A.Z... signalé dans la presse
italienne, française et américaine.

Et encore, en 2006, dans le deuxième manifeste-anti-

manifeste cyberdada, j'explicite une fois de plus cette exigence de l’implication conjointe de l’op-position vive à
l’absurdité meurtrière de la politique contemporaine et
d’une expression artistique déployée sur des plans inhabituels ; l'aspiration à une société de la gratuité, du don...
Dans un élan qui unit la culture professionnelle et artistique à la culture du quotidien et du social, je participe à
des activités diverses de bénévolat et de militance…
(Forum sur la désobéissance ; Copyleft Attitude ; les trois
éditions d’ «expo-vente» à la Galerie Yvon Lambert au
profit de l’association AIDES).
Le même élan qui me soutient encore aujourd’hui dans le
Lab/Oratoire de la Ghost Art Gallery au Mans, où assidûment, avec Ermanno Angelo Senatore, j’essaye, outre à
l’organisation d’expos d'artistes français et étrangers,
d’ouvrir nos portes aux créateurs de la ville, constituant
avec eux des Îlots de recherche, où nous nous efforçons
d’élaborer les principes d’une pensée, d’un langage, qui
puissent arriver à réécrire une réalité en pleine syntonie
avec leur sens.

ERG et Laurent Monges-Chevalier, Atelier/Galere Le
Gnac CyberDada, Créteil-Paris, 1996

Dans cette théâtralité d'existence, alors... se projeter

dans l’expérience visionnaire...
... A vivre, comme je l'ai fait dans les années 80/90, au
coeur des miroitants aéroports arabes (Alger, par exemple, où à l'occasion du 25e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie, je faisais partie de la délégation des
artistes italiens invités), ou au sein des nouvelles métropoles africaines et tropicales (Dakar, où invitée par les artistes sénégalais de l'Association Nationale Artists
Plasticiens Sénégalais, j'ai participé à la réalisation d'un
vidéo-reportage)... où le style désertique se conjuguait superbement avec les lueurs de l'électronique...

Mais à expérimenter aussi... dans les villes européennes

L.M.C. : Tu écris aussi des poèmes, quelle idée alors

( où j'ai été toujours invitée par les Instituts de culture italiens et souvent français), sortes de sanctuaires de l'éphémère, amphitryons d’exercices de poésie sur le
quotidien...

L.M.C. : A quelle «mouvance poétique et/ou poli-

tique» pourrais-tu aujourd'hui te rattacher?

te guide? Quelle représentation te fais tu de la poésie
contemporaine? Quelles sont, pour toi, les constantes
dans ce que tu écris? Poétiquement, vers quoi tends-tu ?

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E.R.G. : ... Je crois, comme le dit Giorgio Agamben,

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que l'homme a sur la terre un statut «poétique», c’est-àdire «productif »... que «poiesis», poésie, ne désigne pas
ici un art entre les arts, mais le nom du faire même de
l'homme...
... Cela dit, je veux répondre aussi à tes autres questions... Et au seuil de ce labyrinthe de réponses en écho,
je logerais cette phrase de John Keats : «Appelez le
monde, s'il vous plaît, "la vallée où se forme l'âme". Alors
vous découvrirez l'utilité du monde»...
... De cette façon, le langage devient ce «lieu» où l'âme
se perd et se retrouve, s’aliène et se réapproprie.
... Où, «interpréter» devient un «mettre en lumière», ce
qui est dit entre les lignes... les inter-dictions du Verbe...
un hommage à la possibilité-impuissance du langage à
penser la pensée...
... Avec parole fragmentaire. Encore parole mais parole
seulement à la limite...
... Immergée dans un espace où tout est question et qui
exclut la possibilité d'une réponse j'expérimente une recherche sur un langage qui ne soit plus une espèce de
maladie...
... Avec la performance... à travers immobilisations et dérèglements de phrases et positions, de sons et de bruits,
dans un itinéraire dans le royaume intermédiaire, où les
deux demi vérités de rêve et réalité sont «confondues»
dans la pensée de l’Autre...
Avec l’installation poétique, éphémère, trace sans visage,
im/personnelle et commune... Transparences suspendues... en zones d’indétermination et d’indiscernabilité...
Avec vidéo-poésie... photos... petit clips... images volées
au réel caché... parfois digitalement «détournées» pour
ré-actualiser l’instant poétique; de mots et/ou d' «affects»
qui se rencontrent avec des visions électroniques... à la
recherche de la clé alchimique...

EVA-NE-SC-I-ENCE N. 1, Ghost Art Gallery, 2011 (Ph. E. Senatore)

Consciente malgré ces coups de dés qui ouvrent l’es-

pace de l’attente, de l’écoute, du son, présents en chaque
événement, que l’impuissance à résoudre dans la plénitude d’un seul langage la pluralité immense de la terre,
reste intacte ; que des manques et des vides, continuent
encore, imperturbables, à s’ouvrir partout dans l’écriture...
… La poésie :
… Le chemin vers ce «qui sur-vient» ...
… Pivot d'Archymède du passage au «quatrième état»,
vers la métanoia...
… La mappe d’un marécage obscur.
… Le message d'un « anghelos »...
… DANS L'ATTENTE DU « SILENCE »...

«Rendre imprévisible la parole n'est-il
pas un apprentissage de la liberté?»
(Gaston Bachelard)

17

Version réduite. L'integralité en français, à lire sur le 7ème numero
de la revue Night Italia «Evanescence» et en italien, à la suite.

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EVA-NE-SC-I-ENCE
INTERVISTA DI LAURENT
MONGES-CHEVALIER

EVA RACHELE GRASSI
http://otages.over-blog.org/

Le iniziali del nome formano la parola ERG che designa
le dune transitorie ed effimere scolpite dal vento nel
deserto del Sahara...
carattere del nome che persiste nei suoi accenti, le sue
installazioni di poesia
...alla ricerca il-limitata della parola estrema...
E.R.Grassi , "Verschmelzung" Café Swing, BERLIN 1986

Laurent Monges Chevalier L.M.C.
Eva Rachele Grassi E.R.G.
L.C.M. Quali sono gli avvenimenti, le persone, gli incontri,
i luoghi, i viaggi, le letture, le cose viste/percepite... che ti
hanno sedotta e eventualmente influenzata?
E.R.G. Porrei tutto il tuo elenco sotto l'egida della Grande
A(I)llusione... analogica... E piuttosto che di seduzioni e
di influenze parlerei di ispirazioni...
La mia più grande sorgente di ispirazione continua ad essere mio padre... Michele Grassi... Quarant' anni fa,
quando commentava per me " La Divina Commedia" (...
l'inferno, il purgatorio, il paradiso...? ... non ricordo ...) in
vista della mia prossima maturità classica, ha chiuso gli
occhi a QUESTO mondo... I suoi Occhi /Aperture... su una
società ai divenire molteplici... I suoi Occhi/Complici... capaci di ri-conoscere in ogni individuo l'armonia... anche
quella più nascosta e ferita... i suoi Occhi/Scrutatori di filosofo e di educatore... I suoi Occhi di Poeta e di Resistente... contro tutte le Evidenze...
La parola Amore potrebbe allora perfettamente sintetizzare tutto ciò... e se, come lo diceva Dante Alighieri : "per
filosofare è necessario amore"... l'amore... è la sorgente
alla sorgente... (per me) di ogni incontro, di ogni esperienza... ognuna aurorale...

Dopo la maturità, ho scelto la facoltà di Filosofia, dove

ho ricevuto la mia prima laurea. All'epoca, gli anni '70,
l'università della mia città (Salerno) poteva vantarsi di
avere nei suoi ranghi i migliori intellettuali italiani. Ma è
stato con Rubina Giorgi che ho avuto la conferma che era
possibile la ri-unione tra il dono e la ricerca, tra la grazia
e il pensiero, in una parola, tra la poesia e la filosofia...
«Una felice mortale in cui poesia e pensiero sono potuti
apparire congiuntamente e parallelamente...» Più felice
ancora, perché in lei, esse si sono potute fondere in "una
sola forma di espressione" come direbbe la grande Maria
Zambrano.
...

Gli

anni' 70... l'ecologia, le nuove tecnologie, le

conquiste sociali - tuttavia contraddittorie - il movimento
degli studenti, situazionista e dadaista, (anche se nella
confusione dei generi), l'anti-psichiatria, la fisica quantistica, la teoria delle corde... Tutti questi brividi... sembravano essere gli avatar di una società in pieno processo di
coscientizzazione, malgrado una manipolazione istituzionale perfidamente astuta e insopportabilmente efficace.

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In questa "stagione in inferno" l'impronta dell'atmosfera,
esaltante, di r-esistenza creatrice di quegli anni persiste
il soffio che da allora mi trans-porta... Ma, come "un colpo
di dadi non abolirà mai il caso", l'ap-prensione dell'inafferrabile, tra vedetta e esplorazione, resta sempre "a venire"...
Un sentimento di attesa, di nostalgia invadente e indefinibile, avvertito sin dall'infanzia, quasi come un esilio... è
sempre stato il mio Primo Motore... in allarme stroboscopico... all'ascolto... dei sogni, dei messaggi, delle indicazioni degli altri viaggiatori che indagano e mi guidano
verso l'altrove s-conosciuto/perduto...
... L'ecologia della mente di Gregory Bateson, l'universo
olografico di David Bohm, la teoria della complessità di
Ludwig von Bertalanffi ; l'olismo epistemologico di Edgard
Morin ; la teoria matematica della morfogenesi di René
Thom ; il sopra-mentale di Sri Aurobindo; l'arte di misurare
le frontiere... dei 'saperi'... in Giorgio Agamben...
A partire da queste 'evidenze' esordisce il mio nomadismo
culturale ed esistenziale tra geografia immaginaria e
reale.
Che mi fa esercitare differenti ruoli in contesti apparemtemente dissonanti.
Aderendo interamente alla teoria di Marshall McLuhan,
profeta del riscatto del caos e della dis-soluzione della
storia, (tema della tesi della mia seconda laurea in Sociologia) secondo la quale, attraverso la simulazione tecnologica, il processo creativo della conoscenza sarà collettivamente esteso alla società umana tutta intera, mi sono
immersa nella riflessione di questa epoca di inter-fase,
che ancora attualmente caratterizza il nostro tempo, organizzando con Angelo Ermanno Senatore appuntamenti
puntuali di discussioni tra artisti, intellettuali, (sotto forma
di festival : tre edizioni dal nome evocatore di "Semi di
luce") giustamente sulle nuove tecnologie. Gli incontri,
oltre alla presentazione di lavori artistici che adottavano i
nuovi media e di opere ad espressione più tradizionale,
comunque sempre ispirate alle nuove tecnologie, si interrogavano sulla nuova strutturazione e configurazione elettrica della vita divergente dai vecchi procedimenti
frammentari e lineari e dagli strumenti di analisi dell'era
meccanica e sottolineavano questo tipo di mutazione,
(sempre in marcia del resto )che provoca delle trans-formazioni nella struttura stessa della mente nel suo modo di
agire, di pensare, di percepire il mondo.

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EVA-NE-SC-I-ENCE N. 2, Ghost Art Gallery, 2011
(Ph. E. Senatore)

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Fiduciosa che queste caratteristiche acuiscono la nostra
consapevolezza dei pregiudizi culturali e ci rinnovano
nello sforzo creativo, sempre con la complicità di Ermanno, ho cercato di dar vita a spazi, lab/oratori Cyberdada ; in Italia : Inter/Prise ; in Grecia : Temp(i)o 2000 ; in
Francia : Ghost Gallery. Dei luoghi o se preferisci, delle
T.A.Z. (temporary autonomous zona, secondo Hakim
Bey), dove precisamente potere curare le nostre coscienze mutilate da una conoscenza frammentata e specializzata col suo corteo di divisioni : di funzioni, di classi
sociali, di nazioni... Degli spazi dove, attraverso anche il
recupero dei temi delle avanguardie storiche, grazie alla
visione dell'artista-sciamano, collettiva e mitica, intraprendere la transizione dell'uomo frammentato in un essere
complesso, cosciente della sua interdipendenza, emotiva
e profonda, con l'umanità intera ed il cosmo. (Piccolo
aneddoto : in questo periodo, invitata dall'università e
dall'istituto culturale francese di Napoli ho partecipato ai
due simposi "Europa elettronica", e durante le serate private organizzate dal direttore dell'istituto dell'epoca, Jean
Digne, ho avuto l'opportunità di discutere con Jean Baudrillard e Paul Virilio...)
Ma questo percorso che tutti dovremmo affrontare per riaccedere alla simultaneità del "sentire", era (ed é) collegato ugualmente, a mio avviso, al "processo di individuazione" e alla "realizzazione del sé", evocati da Carl
Gustav Jung. E la mia funzione, durata quindici anni, di
consulente psicologa in ospedale, incaricata dell'osservazione dei vecchi pazienti degli ospedali psichiatrici, chiusi
in Italia in seguito alla legge 180, mi ha permesso di penetrare con maggiore comprensione questa nostra epoca
di transizione dalla dimensione ossessiva; ha dato uno
spessore diverso alla mia riflessione sull'uomo nuovo che
fa fatica ad emergere ancora in questo mondo in decisione.
Anche la sensazione di un stato psicosociale di sursaturazione che mi ha lasciato l'attraversamento della rivoluzione rumena dell'89, complotto o congiura internazionale, che dir si voglia, dalle frequentazioni e complicità labirintiche, dimostra, una volta di più, che le opere "incomplete di trasformazione" - nel vorticoso destino dei
"divenire", d'altronde vagamente consapevoli di non essere che una rappresentazione intermedia di coscienza,
ma necessaria, per portare a compimento l'impulso evolutivo - sono tra le cause per cui, invece di affermare la
propria unità col Tutto, ogni idea, ogni forza, ogni forma
delle cose si compie, nella massa delle possibilità infinite,
con una volontà separata e dunque inevitabilmente in
conflitto con le altre.
In questa teatralità di esistenza, allora... addomesticare il
corpo e l'anima e costringerli a comunicare con ciò che è
nascosto perché troppo evidente. Riassumere il mondo.
Proiettarsi nell'esperienza visionaria...
... Da vivere... come negli anni 80/90, al centro degli sfavillanti aeroporti arabi (Algeri, per esempio, dove in occasione dei festeggiamenti del 25° anniversario dell'indipendenza dell'Algeria, facevo parte della delegazione
degli artisti italiani invitati), o nel cuore delle nuove metropoli africane e tropicali (un altro esempio, Dakar, dove invitata dagli artisti senegalesi della A.ssociation N.ationale
A.rtists.P.lasticiens S.énégalais, ho partecipato alla realizzazione di un video-documentario)... luoghi in cui lo stile
desertico si coniugava superbamente con gli scintillii
dell'elettronica...

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... Da sperimentare... nelle città europee (Berlino, Stocnostro gruppo Extrême Jonction era stato invitato in resicolma, Atene, Parigi, Londra, Barcellona... ecc... invitata
denza artistica dalla municipalità, con il Senatore abbiamo
da Istituti Italiani e Francesi di Cultura), sorta di santuari
scritto due varianti del primo manifesto non manifesto, che
dell'effimero, anfitrioni di esercizi di poesia sul quotidiano,
descrivono l'atmosfera particolare della nostra atipica
spazi continui tra realtà e apparizione, dove, rapsodi
mouvance, quella del movimento non-movimento cyberdell'esistenza metropolitana coabitano in stratificazioni
ethno-dada-3B génération, una corrente-anti'corrente-mifurtive, spettacoli, dimenticati o ridondanti, di punks erlitante-area TAZ... segnalato dalla stampa italiana,
ranti, mistici orientali. Effigi del futuro o di un passato refrancese e americana...
moto, che oscillano tra gusto liberty e utopia tecnoE ancora... nel 2006, nel secondo manifesto-anti manilogica...
festo cyberdada esprimo ancora una volta questa esi... Linguaggi in divenire... Metafore figurali... Comunque
genza del coinvolgimento congiunto di una op-posizione
e sempre una questione di co-scienza...
ardente all'assurdità omicida della politica contemporanea
Cosi'... nelle enciclopedie della scienza... in un disordine
e di una espressione artistica dispiegata su piani insoliti;
di stelle... tra i raggi del non ritorno... rapisco e carpisco
questa aspirazione verso una società della libertà e del
gli affreschi più sconcertanti... per violare le frecce del
dono; questa necessità che mi ha spinto ad unire la culsenso e del tempo... Perché...
tura professionale e artistica
anche la fisica moderna, che
alla cultura del quotidiano e
ha scosso l'assoluta validità
del sociale attraverso varie
delle leggi naturali e le ha
attività di volontariato e militrasformate in verità relativa,
tanza... (Copyleft Attitude,
ci confida un nuovo senso di
Forum sulla disobbedienza,
realtà... come il sogno di una
tre edizioni di "Expo-Vente"
coscienza più vasta.
alla Galerie Yvon Lambert a
... Null'altro che poesia... filofavore
dell'associazione
sofica... l'ordine implicato di
AIDES).
David Bohm, la termodinaLo stesso impulso che mi
mica del processo irreversisostiene tutt'oggi nel Lab /
bile di Ilya Prigogine, la
Oratorio della Ghost Art Galsincronicità di Wolfgang Pauli
lery di Le Mans, dove assie Carl Jung, lo spazio di
duamente, con Ermanno
David Hilbert, la realtà nasAngelo Senatore, oltre a orcosta di Bernard d'Espagnat...
ganizzare mostre di artisti
L.C.M : A quale "mouvance"
francesi e stranieri, continuo
poetica e / o politica potresti
ad aprire le nostre porte ai
collegarti oggi?
creatori della città, costiE.R.G : ... Sulle tracce delle
tuendo insieme a loro, degli
avanguardie (Dada, futurista,
isolotti di ricerca, dove sforsituazionista, cobra, azionista,
zarsi di elaborare i principi di
Fluxus...)... nel 1983, con Erun pensiero non mutilato/non
manno Angelo Senatore, pitmutilante. Lavorando su un
tore e poeta, immagino
linguaggio, che nella sua "esl'alleanza artistica "Extrême
senzialità" non abbandoni il
Jonction", sorta di sentinella
reale, ma che al contrario
di una realtà non ancora e
possa riuscire a ri-scrivere
non sempre percepibile...
una realtà in piena sintonia
L' extrême jonction delle dicon il suo senso.
(Photo. C. Victor)
verse sensibilità... attraverso
E in conclusione vorrei citare
la "jonction immédiate" di tutte le categorie di r-esistenti:
il cyberdadaismo epistemologico e vorrei aggiungere, per
artistiche, culturali, politiche, sociali. Per ri-pensare altre
la chiarezza, una frase di Paul Feyerabend:
"boîtes à outils", per decostruire un'arte, una cultura dei
"La conoscenza [...] non è un insieme di teorie coerenti
"divenire r-e-voluzionari"... In "strutture dissipative" anche
che convergono verso una concezione ideale, non è un
in forma di rivista: "Post", "Cahiers cyberdada", siti Web,
approccio graduale alla verità. Si tratta piuttosto di un
per alterare l'intero sistema e insinuare "nuove realtà",
oceano in continua espansione di alternative reciprocaverso una conoscenza che UNISCE...
mente incompatibili (e forse incommensurabili); ogni teoL'incontro... lo stesso anno, con i membri della Scuola
ria singolare, ogni fiaba, ogni mito che fa parte della
Trattista (Movimento Trattista o del Primitivismo Astratto,
collezione foza gli altri ad una maggiore flessibilità, e tutti
Roma 1982), si situa in questo clima di alleanze rivisitate
contribuiscono, attraverso questa rivalità, allo sviluppo
... alla discrezione delle vicende individuali e comuni. E,
della nostra coscienza". (Contro il metodo: Abbozzo di
una fraterna collaborazione colorata da amichevoli dissouna teoria anarchica della conoscenza)
L.C.M : La realtà, che cos'è, per te? Quando scrivi, quale
nanze, nasce, che mi porta a scrivere in risposta al loro
idea ti guida? Quale la tua rappresentazione della poesia
manifesto, un breve testo, "Il Tratto allo specchio", dove il
oggi?
primitivo e l'elettronico si fondono in stratificazioni, sfugQuali, le costanti in quello che scrivi? Poeticamente, a
gite da un futuro in-certo e da un passato dimenticato.
cosa tendi?
Nel 1996... nella galleria-studio di Parigi-Creteil, dove il

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E.R.G : ... la realtà... Io credo, come sottolinea Giorgio
Agamben, che l'uomo gode sulla terra di uno statuto 'poetico', vale a dire 'produttivo'... che la 'poiesis', la poesia,
non fa riferimento a un'arte tra le arti, ma é il nome del
'fare' stesso dell'uomo : questa operazione produttiva di
cui il 'fare' artistico non è che un esempio eminente "che
fa pensare e parlare un pensiero e una parola condivisi
da una pluralità di soggetti e che serve da fondamento
all'intersoggettività di una società, nella quale ognuno
contribuisce a rendere reale una potenzialità". Che ogni
classe di capacità, dall'analitica all'intuitiva é utile, unica
e indispensabile, al fine di cogliere e comprendere l'armonia nascosta della realtà nelle sue interrelazioni, interferenze, intrecci multidimensionali... Tutto cio', attraverso un
processo comune, corale, democratico, perché la fuga di
un'anima libera dal mondo non fa alcuna differenza per
questo mondo... Affinché la poesia, il dono più originale
fatto all'umanità, perché il dono del luogo originario stesso
dell'uomo, ritorni ad essere la fiamma evolutiva della coscienza dell'essere rivelato e manifesto.
Detto questo, potro' rispondere alla domanda : "La realtà,
che cos'è, per te?" solo rispondendo allo stesso tempo a
tutte le altre... "Quando scrivi, quale idea ti guida? Quale
la tua rappresentazione della poesia oggi? Quali, le costanti in quello che scrivi? Poeticamente, a cosa tendi?"
E sulla soglia di questo labirinto di risposte echeggianti,

situerei la frase di John Keats :
<<Chiamate, vi prego, il mondo "la valle del fare anima"
Allora scoprirete a che serve il mondo>>
Eppure a volte ho la sensazione che la spirale degli "impossibili" della realtà abbia cessato di essere scritta.
Anche se... penso che ci sono segni che... si combinano
e si ricombinano... in scrittura ri-scrittura di un puro accadere, caleidoscopico e interagente. Un'emergenza che
non è ancora questa presenza che potrà ri-scoprire e rivelare "la lingua" in grado di armonizzare le forme, antiche
, nuove e a venire... Ma che, in un tempo aperto e inanticipabile, potrebbe iniziare a insinuare, con l'irruzione
dell'Unheimliche, il perturbante, altri linguaggi, altre regioni... del reale.
Perché, se il 'Reale' sembra evocare una co-emergenza
della realtà fenomenale e del pensiero, nel seno di un Essere, che di conseguenza é Primo sia rispetto all'una che
all'altro, si potrebbe allora sostenere che cio' che é
concettualizzabile non esaurisce 'tutto', senza, evidentemente, poter definire cos'é : 'tutto'. Vano parlarne, pertanto indispensabile, anche se già solo proclamare che
esiste, sarebbe troppo (dire)... Ma cio' che passa per
contraddizione agli occhi di una ragione basata sul finito
non é che complementa-reità per la coscienza infinita...
Cio' che talvolta é considerato irreale, non é che un 'irrealizzato', un potenziale dell'essere, non ancora espresso

E.R.Grassi "Poetry and Sounds", Ghost Art Gallery, Le Mans, 2012 (Photo C. Victor)

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E.R.Grassi "Poetry and Sounds", Ghost Art Gallery, Le Mans, 2011
sotto forma d'esistenza... Noi non possiamo vedere che
la parte dell'universo che ha evoluto fino allo stato attuale.
E se possiamo vederlo é perché esso é accessibile per
comunicazione ; il segno é il suo medium ; il mezzo per
cogliere la totalità del mondo e rendere conto dell'universale. E cosi', il linguaggio diventa questo 'luogo' dove l'
'anima' si 'perde' e si ritrova, si aliena e si riappropria.
In una struttura non paragonabile ad una linea, ma ad un
nodo, nella quale non si deve cercare linearità o causalità
o cronologia, né qualcosa che porti ad una determinata
successione emotiva ; nient’altro che un nodo gordiano
senza precedenti e senza conseguenze, che in sé
contiene elementi accuratamente scelti, giustapposti, inseparabilmente fusi, un nodo che non si puo’ sciogliere
per averne la lunga, sottile corda della linearità. Dove,
'inter-pretare', é mettere in luce cio' che é detto tra le righe
... le inter-dizioni del Verbo... Una conoscenza che ri-diventa palese nel proprio lab/oratorio dove compiere la
trasmutazione alchemica della propria persona / poesia
... Verso la dissoluzione delle vecchie forme, per ri-comporre, ri-costruire nuove forme di realtà allargata... Attraverso segni che strutturano lo spazio, introducono il ritmo,
distribuiscono la luce...
... La scrittura è per me... un omaggio alla capacità-incapacità della lingua a pensare il pensiero.
L'importante è decidere come iniziare a parlarne. Con parola frammentata. Ancora parola, ma parola solo al limite.
Un pensiero refrattario come espressione di una verità
non ancora sottratta ad un'illegittima ira divina.
L'ultima astuzia, prima di correggere il mondo. L’uomo dal
pensiero terminale, oltre il compimento di un’assoluzione
; l’individuo dalla conoscenza accumulata, che non puo’
fermarsi alla sovranità dell’assoluto, ma il cui compito é
quello di trovare accesso all’invalicabile.
... Immersa in uno spazio in cui è tutto é domanda e che
esclude persino la possibilità di una risposta, sperimento
una ricerca tra sogno e precisione su un linguaggio che
non sia più una specie di malattia.
... Tento un 'ritorno' al ritmo originario, del cuore e del
corpo, attraverso ‘esercizi’ di deconcentrazione e aritmia.
... Con la performance... attraverso immobilizzazioni e
scioglimenti di frasi e posizioni, di suoni e di rumori, in un
itinerario nel regno intermedio, dove le due mezze verità
di sogno e realtà sono ‘confuse’ nel pensiero dell’altro.

... Con l'installazione poetica, traccia effimera senza volto,
im/personale e comune, il seme individuale di uno spirito
universale, la voce di una volontà più in-differenziata e
collettiva... trasparenza sospesa in zone d'indeterminazione e d'indiscernibilità...
Con la video-poesia... foto... piccoli clip... rubati al Reale
nascosto... a volte digitalmente "détournés" nel tentativo
di riattualizzare l'istante poetico... parole e/o "affetti" che
si incontrano con visioni elettroniche alla ricerca della
chiave alchemica...
Cosciente, malgrado questi colpi di dadi che aprono lo
spazio dell'attesa, dell'ascolto, del suono, presente in ogni
evento, che l'impossibilità di risolvere nella pienezza di un
solo linguaggio l'immane pluralità della terra, resta intatta;
che, ancora, mancanze e vuoti, continuano imperturbabili
ad aprirsi ovunque nella scrittura, che si vuole nuova, del
mondo... Perché 'il Ritmo' che dovrebbe servire a 'vedere'
l'Invisibile, a mostrare l'Impossibile ancora nascosto delle
cose, continua ad essere prigioniero della dualità della dimensione estetica ; perché la poesia, visione della misteriosa corrente che scorre nelle profondità dell'anima
umana, DECLINA insieme alle cose che declinano. Perché l'Arte ,radice dimenticata dell'avventura del 'logos', diventando schiava dell'ego, ha dimenticato d'essere un
'trasmettitore' dell'anima, e sembra 'consumarsi' esclusivamente nella sua essenza alienata, invece di ri-assumere il proprio polifonico ruolo di fase 'mistica' della
conoscenza, forza alchemico-metamorfica, stato sur-reale
permanente...
La Poesia:
Il cammino verso cio' che sopra-aggiunge, un 'fare spazio'
per l''accadere', un preparare luoghi di raccolta.
Perno archimedico del passaggio al "quarto stato", verso
la metanoia...
La mappa di una palude oscura. Struttura delle profondità
dello spazio mentale e acustico...
architettura cosmica, invisibile...
Il messaggio di un... "Anghelos"...
ASPETTANDO ... IL SILENZIO...

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"Rendere imprevedibile la parola non vuol dire imparare
ad essere liberi ?" (Gaston Bachelard)

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MANIFESTE ANTIMANIFESTE CYBERDADA

MANIFESTO ANTIMANIFESTO CYBERDADA
N°1

Cyberdada est le mouvement artistique de l'année 3000.

Cyberdada è il movimento artistico dell'anno 3000.

C'est la Beat Génération, avec les Générations du Beep
et du Bit. C'est la synthèse circulaire des événements à
l'intérieur du temps, à l'extérieur du temps ; "le Temps de
l'Ailleurs" après la Génération X...
Après le Post-modern... maintenant, voici les artistes "du
Post-modem".

È la Beat-Beep-Bit-Génération.
È la sintesi circolare degli eventi ; all'interno del tempo,
all'esterno del tempo ;
un "Tempo Altro", dopo la Generazione X...
Dopo il Post-modern, ora, ecco gli Artisti del "Postmodem".

nière vague des années 2000 et nouvelle vague des années 3000, Nouveau Millénaire.

tima ondata del 2000 e Onda Nuova del 3000 : Nuovo Millennio.

des cris, lancer des pierres, comme William Burroughs,
qui a traversé le Beat, jusqu'à la fin de la nuit de la Cyberculture et du Cyber-punk.

gettare pietre, come William Burroughs che attraversò il
Beat fin dentro il cuore della notte della Cyber-cultura e
del Cyber-Punk.

De l'Équipe d'artistes jusqu'aux artistes solitaires, nous

Equipe d'artisti e artisti solitari ; noi giocheremo l'ultima

Nous sommes les Pionniers de la Beat-Beep-Bit, der-

Noi siamo i Pionieri della Beat-Beep-Bit-Génération, ul-

Et dans cette Nouvelle Époque nous voulons pousser

Ed in questa Epoca Nuova noi vogliamo lanciare grida,

DANS L'ANNÉE 3000, L'ARTISTE SERA CYBERDADA OU IL NE SERA PAS.

NELL'ANNO 3000, L'ARTISTA SARA' CYBERDADA
O NON SARA'.

jouerons la dernière "carte"… nous, les chercheurs-philosophes-poétes de cet avenir, déjà si proche.
Cyber-dada est un mouvement circulaire qui se répand,
c'est la T.A.Z. (Temporary Autonomous Zone) qui se déplace, et qui prend la route du Virtuel et de la R-évolution.

carta ; noi, i ricercatori-filosofi-poeti di questo futuro già
così vicino. Cyber-dada è movimento circolare che fluisce,
è T.A.Z. (Zona Autonoma e Temporanea) che si muove, e
che costeggia il cammino del Virtuale e della R-i-e-voluzione.

à l'avenir prochain. Chercheurs Cyberdada, unissonsnous : Philosophes, Poètes, Minimalistes, Conceptuels...
L' Ancien Romantisme passe le flambeau au Nouveau
Romantisme Télématique.
Le vieux système de l'art, avec son cortège de galeristes,
critiques, marchands, laisse la place à un Nouveau Système de l'art.

al Futuro Vicino. Ricercatori Cyber-dada, uniamoci : filosofi, poeti, concettuali, minimalisti...
L'Antico Romanticismo trasmette la propria eredità al
Nuovo Romanticismo Telematico.
Il vecchio sistema dell'arte, col suo corteo di galleristi, critici e mercanti, lascia il posto a un Nuovo Sistema
dell'arte.

Une nouvelle époque commence.

Un'epoca nuova comincia.

Cyber-dada est la Nouvelle Vérité.
Cyber-dada est le Passé qui vit dans le Présent pensant

Cyber-dada è la Nuova Verità.
Cyber-dada è il Passato che vive nel Presente pensando

Celui des chercheurs de la Beat-Beep-Bit-Génération
Celui d'un art critique qui se nourrit d'une pensée critique.

Quello dei Ricercatori della Beat-Beep-Bit-Génération.
Quello di un'arte critica che si nutre di un pensiero critico.

Son protagoniste est le Cyber-artiste de la dés-orientation
cyber-Dada.

Suo protagonista, il Cyber-artista del dis-orientamento
cyber-dada.

Paris, 1996

Ermanno Angelo Senatore

Parigi, 1996

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Ermanno Angelo Senatore

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MANIFESTE/ANTIMANIFESTE
CYBERETHNODADA N.2¤
«La philosophie ne sert à rien, dirais tu ; mais
sache que justement car privée de tout lien de
servitude elle est le savoir le plus noble» (Aristote)

«Nous pouvons être libres seulement si tout le monde l’est» (Hegel)

«L’heure du crime ne sonne pas en même temps pour tous les peuples.
Ainsi s’explique la permanence de l’histoire» (Cioran)
«La poésie doit être faite par tous, non par un» (Lautréamont)

Trouver accès à l’insurpassable…

Irremplaçable alors le geste évolutif de fusionner les

Réintégrant le transfini à partir du fini...
Pensant, par concepts comme le philosophe, par fonctions comme le scientifique, et aussi, surtout...
par sensations... affects, intercept(s),
comme... l’artiste... le poète...
Pour marcher vers la r-évolution...

droits humains : l’"Habeas corpus", à la reconnaissance
et à la protection de la conscience individuelle dans toutes
ses formes : l’"Habeas animam".

Précisément tenté par cette nécessité, assisté par l’Ange

Dans cette zone fiévreuse d'indiscernabilité... incessam-

du retournement et escorté par l’originaire intuition d’un
horizon cosmologique à atteindre - absolument - notre
groupe * s’est attribué, en tant que problème poïétique,
l’ouvrage existentiel d’étreindre, dans l’espace de sa destinée singulière et commune, la pratique - de l’extrême
jonction - …

ment, trans/former/ l’in/form/ation...
Un ruissellement impossible à endiguer par les frontières
et les vieux codes d’appartenance de la pensée logique
/analytique.

... Entre... le souci du soi et la déprise de soi ; entre

Ces trajectoires de formes métamorphiques, profondé-

une philosophie de la conscience et une philosophie de
la création; entre l’individuel et le collectif ; entre la révolte
et la révolution ; entre la subjectivation et la désubjectivation; entre le social et le politique; entre un principe individuel et personnel et un principe impersonnel,
non-individuel ; entre la fatalité d’enfermement et d’égarement et un ailleurs virtuellement paradisiaque ; entre un
virtuel et un actuel; entre le singulier et l’universel... entre
l’envers et l’endroit ; entre l’intérieur et l’extérieur ; entre
l’animus et l’anima ; entre la solitude et la ré-union ; entre
le silence et le langage ; entre l’ouvert... et le dehors...
entre le dépli... et le surpli.

ment conscientes des préjugés culturels, rendant progressivement inutilisables les structures, désormais obsolètes,
qui prétendent pouvoir décrire les mécanismes opérationnels du monde, stimulent intensément l’effort créatif, et
suggèrent... subtiles et insaisissables... a/ventures...
d’êtres pré/liminaires...
Qui osent se dresser contre toutes les évidences du jour...

Sur une voie apophatique qui produit son propre antidote

libérateur aux contraintes des parois positivistes, opaques
et infranchissables, de la vision ordinaire des choses...

En décembre 2001, cent hommes de science contem-

porains, Prix Nobel, ont participé au "Peace Prize Centennial Symposium" et ont fait une déclaration. "Le danger
le plus profond pour la paix dans le monde dans les prochaines années", ont ils dit, "ne résultera pas d’actes irrationnels d’états ou d’individus mais des questions
légitimes des évincés du monde...
Si nous permettions à la puissance dévastatrice des
armes de se répandre à travers ce paysage humain inflammable, nous déclencherions une conflagration qui
pourrait emporter (engloutir) soit riches que pauvres". Les
chercheurs ont conclu: "Pour survivre dans le monde que
nous avons transformé, nous devons apprendre à penser
d’une manière nouvelle". (Laszlo E.,Oltre la crisi.)

Entre le ruban de Möbius et le labyrinthe...

24

Encore et enfin, entre entendement analogique/synthéti
que et jugement logique/analytique...
Vers... une ré-flexion en spirale qui, inexhaustible, s’é-lève
sur elle-même ; s’étend dans un lointain propice ; trouble
et dé-compose les évidences jusqu’à frôler l'esprit profond... de la complexité...
A travers un dialogue étendu, une intention/en tension,
une impensabilité ininterrompue...
Dans l'espérance d’une parole de surgissement, d’élargissement, d’imprévu...
Une parole poétique qui découvre en cherchant...
Pour ne pas abdiquer, pensée après pensée...

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Alors, de la page écrite à la ré-union du collectif, de la

tamorphose, d’un infiniment ouvert, inscrit depuis toujours
dans notre même corps, et dans lequel enfin trouver demeure...
Emetteurs-récepteurs-transformateurs, qui n’ont pas fait
des compromis avec l'histoire, avec son idée d’ordre et
de désordre, de séparation et de ségrégation ; appelés à
dé-voiler les caractéristiques les plus secrètes de l’être...
A construire, plutôt mettant en commun...
En étant éveillé -à tout moment- à notre penser, à notre
sentir; au delà du seuil des accumulations et des conditionnements...
Non pas pour obtenir mais, par contre, pour ré-dé-couvrir
et re-con-naître... Un lointain tellement proche... Si seulement on arrivait à le com-prendre... Et se dé-prendre du
non pas tellement inconscient modèle dualiste et linéaire.
Certains affirment: "La pensée ne peut être révolutionnaire qu’à condition que les acteurs des luttes puissent
se l’approprier"... On est d’accord ; mais on ajouterait que,
pour être vraiment r-évolutionnaire, plus on "se" sollicite
parce qu’un langage devient
davantage riche, polysémique,
presque poétique, plus on aura
des chances de parvenir à la
com-préhension de la complexité que nous sommes nous
mêmes... pauvres, militants, artistes. Et ainsi constater le pouvoir que peut avoir l'in/form/
ation de triompher face à la
force pure et de ramener l'autorité du savoir, justement, à la
condition poétique de toute
transmission de parole.

manif à l’atelier... continuer à se questionner en se promenant... interrogarsi camminando... Sans jamais se résigner à accepter l'ambivalence inéludable des choses...
mais plutôt s’entraîner à des jonctions - sans soustractions - pour survenir à des symphonies qui amènent à l’intro-communication, l’intro-action, l’intro-connexion... des
extrêmes...
Enquêter, sonder, s’interroger - infatigables - en agissements résistants... Aux séparations, aux antagonismes,
aux fragmentations, qui, de façon opiniâtre et avec un regard qui ne fait qu’interroger un extérieur, encore persistent à manœuvrer les relations très complexes entre
science, culture, société. Bâillonnées par des interdits
psychologiques et limitées en un artifice arbitraire. Pari
audacieux du discours poétique... bâtisseur d’espace,
guetteur du réel caché.
Il y a là quelque chose qui
passe au delà de toute considération de "l’art pour l’art" ou
de "l’art pour la beauté", quelque chose qui embrasse et réconcilie, encore une fois, les
deux tendances et leur opposition. Un élargissement qui pressente sans trêve d’autres présences, d’autres ir-réalisés plus
arcanes ou intimes, un devenir
qui est en quête d'une âme derrière les choses et les êtres,
l’esprit et ses pouvoirs, et qui
pourrait être le lieu inépuisable
d’un art encore plus emblématique, pénétrant...
Une aperception commune en
échange continuel. C’est à dire
uisque, comme l’affirme
esthétique, spirituel, social...
L’affaire de tous, donc, l’activité
Jacques Rancière: "Il n'y a pas
pro-ductive -poïétique- par exd'ignorant qui ne sache une
cellence... l’engagement le plus
multitude de choses et c'est sur
haut, quand il est authentique...
ce savoir, sur cette capacité en
Dans un champ d’in/form/ations
acte que tout enseignement
actives, finement et finalement
doit se fonder. Instruire peut
entrelacées. Où des singularidonc signifier deux choses
tés se manifestent parce que
exactement opposées : confirEva Rachele Grassi par Anton Perich 1997
cela fait sens pour elles, parce Atelier Cyberdada "Le Gnac-Inter/Prise" Crétéil/Paris, mer une incapacité dans l'acte
que cela les constitue indivimême qui prétend la réduire ou
duellement ou collectivement. Pour ouvrir le champ de la
à l'inverse, forcer une capacité, qui s'ignore ou se dénie,
pensée hors de la société du travail et de la production,
à se reconnaître et à développer toutes les conséquences
renforçant la disposition au don dû et à la gratuité, vers
de cette reconnaissance. Le premier acte s'appelle abrutissement, le second émancipation. (...) L'instruction est
une économie au service de la culture et de la réalisation
comme la liberté elle ne se donne pas, elle se prend."
du soi...
Des êtres, Pré-liminaires, en cette préhistoire de société
à venir... Qui défient la logique et ouvrent la voie à la penar... au terrible interrogatif impossible à conceptualiser
sée analogique…
qui vit, impuissant et heureux, dans les silences de la solitude
de nos profondeurs on peut essayer de donner un
onscients que le devoir fondamental de l'humain soit
ECHO seulement si on ESSAYE de lui donner une
celui d'agir en sorte que tout un chacun, sans exception,
VOIX…
puisse vivre son unicité, dans le plein développement de
Au delà du seuil surveillé de la faute et de la honte... de
la Connaissance...
l’intégration dans un marché, du profit d’un gain ou d’une
Conciliant la réalisation de sa propre auto-création avec
reconnaissance sociale.
celle des autres...
ême un graffiti sur un mur ou sur la porte des latrines,
Un savoir du multiple et de la possibilité inouïe, de la mé-

P

C

C

25

M

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une phrase sur une pancarte brandie par une "singularité
Matière qui devient esprit; alchimie mystérieuse de ce qui
plurielle et quelconque", dénouée d’appartenances trop
est, n'est pas et devient. dans une évolution qui augmente
affichées dans une manif, nous aident à réfléchir -et parde plus en plus la matière psychique de l'homme...
fois déchirent des nouveaux horizons, peut-être évidents,
e sacré donc, auquel des milliers d’années d’histoire
mais jusque-là restés en "blanc", simples bruits paracriante se sont frottés, à travers l‘agencement inconsidéré
sites...- nous projetant vers une con-naissance démocrad’intuitions, con-naissances, pres-sentiments originaires
tique... Inhérente à la nature et à tout objet lui faisant
et
divers, profanés et institutionnalisés, faussés et fléchis,
partie.
jusqu’à
trans-former le spirituel en l’instrument infecte et
Une Con-naissance qui n’est pas une possibilité en plus,
perverti
de l’esclavage des consciences.
ni un choix, mais une fonction du vivre, essentielle,
L’entendement
lucide de la mystification immémoriale de
comme celle de la respiration, et qui cherche la vraie lice
primordial
de
la part de certaines d’entre elles....ne sufberté dans une libération à l’égard de la loi.
fit
pas
à
les
libérer
de la logique souveraine sous-jacente
(Et) qui puisse intégrer les sagesses analogiques anà
l’imposture,
celle
d’un dualisme solide et enraciné, resciennes et la compréhension scientifique moderne, vers
ponsable de surcroît de l’escamotage ultime cartésien qui
une réalisation de l’être profondément connecté au tout.
a offert sur un plateau d’argent à une science et à une poOù «l’ici et maintenant» fusionnent avec d’autres lieux et
litique "sans âme", sans grâce, sans désintéressement...
temps lointains.
une connaissance et une vision
Comme l’unité holographique
du monde mécanique/ mécaqui contient en soi la matrice de
nisé et aveugle à l’extrême paul’information totale du système
vreté et aux abus de l’humain
dans laquelle elle est incluse.
sur l’humain...
C’est pourquoi, dans un univers
Qui exclut de la vie ce qu’on a
de médiation en lequel chacun
vécu et de la compréhension ce
sert partiellement de moyen aux
qu’on a compris...
autres, pour "réduire l'hétérogénéité, à un niveau supérieur"
t ce n’est donc pas un hasard
(Deleuze), se raconter et se deque notre dernier manifeste/
viner les uns les autres - sans
anti-manifeste joue, encore une
se considérer à part.
fois, avec Dada, dans l’implicaAvec "le sentiment aristocration conjointe de l’op-position
tique de l’égalité avec tout ce
vive à l’absurdité meurtrière de
qui vit", comme disait Pasterla politique contemporaine et
nak.
l’expression artistique déployée
Pour re-donner à la politique la
sur des plans inhabituels. Dans
dimension d’un art, d’une gnoune vision anarchique pure de
se, et pourquoi pas d’un salut...
l'existant, qui défait toute possiOeuvrant dans une réalité éclaibilité d’une politique conçue
rée par le présage de son devecomme puissance d’un seul sur
nir...
plusieurs ou d’une minorité sur
Avec une conscience de soi qui
plusieurs... dans une volonté de
est en même temps la consre-ve(ni)r à un affect primordial,
cience de l’existence même...
à travers le plus grand acte de
Et qui veille, pour le moment,
création, celui de la re-construcdans les marges et dans l’urtion de soi même et des autres
gence... De la lumière incohécomme êtres finalement libres
Ermanno Senatore par Anton Perich1997
rente à la lumière cohérente...
Atelier Cyberdada "Le Gnac-Inter/Prise"Crétéil/Paris ... à travers une pratique de réQuand l’exception était la
cré-ation inévitablement liée à
règle... une règle non convenl’in-ter-vention r-évolutionnaire dans le quotidien...
tionnelle... (Rien à voir, bien sûr, avec "l’état d’exception",
dans lequel vit actuellement la majorité des sociétés ocn quête d’explosion spirituelle, - "les non-dupes errent",
cidentales ou non...).
disait Lacan- nous vagabondons alors, comme les plaInteragir/intro-agir dans un espace des possibilités ou des
nètes, d’une offre politique-poétique-artistique à l’autre;
potentialités, un «espace d’Hilbert», comme diraient ceraucun parti, aucune mouvance, aucun groupe, interdits
tains physiciens. Dès lors, l’univers suggère le plus l’idée
de la densité de l'événement, ne pouvant vraiment nous
d’une imposante pensée que d’une écrasante machine ...
satisfaire, avec leur caractère d’inassignation aux disUne unité globale organisée d’intro/relations entre élécours, grégaire... et non syntropique...
ments, actions, individus...
Pour la raison que le danger, en art comme en politique -

L

E

E

Et alors, si l'évolution est une évolution qui élargit de plus

en plus la matière psychique de l’être humain, comme disent certains philosophes ; et s’il existe une analogie
entre le système psychique et le système quantique,
comme affirment certain scientifiques, de la même manière la matière psychique est matière quantique.

ergo, dans la vie - c’est justement celui de se laisser engloutir dans la logique d’un geste de pouvoir qui se saisit
lui même en termes d’appropriation ou d’expropriation,
aussi quand on poursuit un chemin qui se veut alternatif…

26

Ainsi ce qui pourrait sur-venir ce ne sont que des mots,

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*Depuis 1977, entre Gutenberg et McLuhan, le groupe
Extrême Jonction, ou les chaosonautes du réel
caché, formé par Angelo Ermanno Senatore (peintre/
poète/performer/chercheur interdisciplinaire) et Eva
Rachele Grassi (philosophe /poète),sur les traces de
Leonardo da Vinci, père de l'interdisciplinarité,et sur
les pas des avant-gardes (dada, futuriste, situationniste, cobra, actionniste, fluxus...) et traversant, en la
ré-interprétant, l'esthétique relationnelle, surfe toujours, au gré des vicissitudes individuelles et communes, entre l'équipe inter-média d'artistes cher
-cheurs- vouée au "partage du sensible" - et l'individuation psychique collective et sociale. Oeuvrant
pour un futur possible de l'eutopie, dans ce moyen
âge technologique de passage. Persistant à se consacrer à l'alchimie des mots, des formes, des couleurs,
des sons, des "actions"... Contribuant à préparer les
éléments qui bientôt permettront d'investir l'avenir.
TOUS ensemble... Dans l'"extrême jonction" des différentes sensibilités... à travers la "jonction immédiate" de toutes les catégories de r-ésistants:
artistiques, culturelles, politiques, sociales...
Une "grande alliance" des ecologies sociales des esprits ; pour réfléchir à une autre boîte à outils,pour
re/construire (en dé/construisant) un art, une culture
des devenirs r-évolutionnaires... Prouvant avant tout
sa propre présence au présent...

comme dirait Beckett, des mots qui essayent d’instaurer
une relation nouvelle avec les choses, fondée sur la réécriture de l’ir-réalisé et préservée des griffes de «l’utile»...
S’étonner des signes dans le don révélateur de représentations incessamment en cours de remotivation, de correspondances pérégrines, creusées dans les mots... pour
assumer et supporter, poétiquement et politiquement...
cette question, dette, inquiétude, manque, qui depuis toujours, est "en soi" de celui qui parle "par poésie"... lucide
d’être... con-naissance encore dans les limbes...

Partant, en face d’un capitalisme informationnel qui nous

laisse croire à une liberté comme nécessité de choisir c’est-à-dire de renoncer- amener au langage ce dont il
nous prive de présence et de vie; remontant de l’affect à
la parole, transmettant les vécus, le mystère et l'émotion
qui la précèdent... et qui la rendent possible... cette parole...
Du moment que l'ensemble des moyens d'expression
coopèrent à la construction du monde, pas simplement à
son interprétation…

Pour nous, c’est ça l’art, la poésie, la poïétique, la poli-

tique... : la multiplication des possibilités de la révélation/
r-évolution à travers la vocation évocatrice et subversive
du mot. Son outrage, son aller au-delà de l’ordre constitué
des significations... son être livré à quelque chose qui
sans cesse se refuse... l’inobservable... l’inapparent... l’insaisissable...

Et, "n’y renoncer, sous aucun prétexte"...

¤ Le premier manifeste / antimanifeste
"Cyberethnodada" a été présenté en 1996 à la Galerie
Communale de Créteil, et signalé sur la presse italienne (Il Mattino, Corriere della sera...), française
(Radio Nova, Radio Aligre, Nova Magazine, Le Républicain, Art Presse, Officiel des arts...), américaine
( Night, New York Art...)

Eva Rachele Grassi

Ermanno Angelo Senatore: Leonardo Cyberdada technique mixte, (100x150) (détail)

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MANIFESTO/ANTIMANIFESTO CYBERDADA
N.2¤
Intestimoniabile/Interminabile/Insopportabile... Eutopia...
di una Extrême Jonction*

"La filosofia non serve a nulla, dirai; ma sappi che giustamente perché priva di ogni legame di schiavitù essa é il
sapere più nobile"(Aristotele)
"Possiamo essere liberi solo se tutti lo sono" (Hegel)
"L’ora del crimine non rintocca nello stesso momento per
tutti i popoli. Cosi’ si spiega la permanenza della storia."
(Cioran)
"La poesia deve essere fatta da tutti, non da uno solo"
(Lautréamont)

Sperimentare l’accesso all’inaccessibile... Ri-generarando
il trans-finito a partire dal finito. Pensando per concetti
come il filosofo, per funzioni come lo scienziato, e ancora,
e al di là... per sensazioni, affetti, flussi, come l’artista, il
poeta... Per sol-levarsi verso la ri-voluzione evoluzione...
In questa zona fiammeggiante dell’in-decifrabile... incessante/mente... trans/formare l'in/form/azione... E, come
una rete senza giunture, evolvere, non in uno spazio che
contiene la cosa... ma con uno spazio formato intimamente dalla cosa in sé. Essendone il movimento.Una singolarità che implica il "comune" di un pensiero
analogico-sintetico. Uno s-correre che le frontiere e i vecchi codici di appartenenza del pensiero logico-analitico
non potranno arginare. Queste traiettorie di forme metamorfiche, profondamente coscienti dei pregiudizi culturali,
rendendo progressivamente inutilizzabili le strutture,
ormai obsolete, che pretendono poter descrivere i meccanismi operazionali del mondo, stimolano intensamente
lo sforzo creativo, e suggeriscono... sottili e inafferrabili...
av/venture di esseri pre/liminari... Che osano ergersi
contro tutte le evidenze del giorno... Su una via ‘apofatica'
che produce il proprio antidoto liberatore alle costrizioni
delle pareti positiviste, opache e insormontabili, della visione ordinaria delle cose...
Nel dicembre 2001, cento scienziati contemporanei,
Premi Nobel, hanno partecipato al "Peace Prize Centennial Symposium" e hanno fatto una dichiarazione. "Il pericolo più profondo per la pace nel mondo nei prossimi
anni", hanno detto, "non deriverà da atti irrazionali di stati
o di individui ma dalle domande legittime degli spodestati
del mondo... se allora permettessimo alla potenza devastante delle armi di espandersi attraverso questo paesaggio umano infiammabile, noi provocheremmo una
con/flagrazione che potrebbe travolgere (inghiottire) sia
ricchi che poveri". Gli scienziati hanno concluso : "Per sopravvivere nel mondo che noi abbiamo trasformato, dobbiamo imparare a pensare in un modo nuovo." (Laszlo E.
Oltre la crisi.). Irrimpiazzabile allora il gesto evolutivo di
fusionare i diritti umani: l’"Habeas corpus" al riconoscimento e alla protezione della coscienza individuale in tutte
le sue forme : l’"Habeas animam". Precisamente tentati

28

da questa necessità, assistiti dall’Angelo del "retournement" e scortati dall’originaria intuizione di un orizzonte
cosmologico da conquistare -assolutamente- il nostro
gruppo* si é attribuito, come problema poietico, l’opera
esistenziale di abbracciare, nello spazio del proprio destino singolare e comune, la pratica dell’"extrême jonction"... Fra... la cura del sé e il distacco da sé; fra una
filosofia della coscienza e una filosofia della creazione ;
fra l’individuale e il collettivo; fra la rivolta e la rivoluzione;
fra la soggettivazione e la desoggettivazione; fra il sociale
e il politico; fra un principio individuale e personale e un
principio impersonale, non individuale ; fra la fatalità di
chiusura e di smarrimento e un altrove virtualmente paradisiaco ; fra un virtuale e un attuale ; fra il singolare e l’universale... fra il diritto e il rovescio ; fra l’interiore e
l’esteriore ; fra l’animus e l’anima; fra la solitudine e la riunione ; fra il silenzio e il linguaggio ; fra l’aperto... e il fuori
; fra l’intuizione e il concetto. Fra il nastro di Möbius e il
labirinto... Ancora e infine, fra comprensione analogico/
sintetica e giudizio logico/analitico... Verso... una riflessione a spirale che, inesauribile, s’e/leva su se stessa ; si
spinge in un lontano propizio ; turba e de/compone le evidenze fino a sfiorare lo spirito profondo... della complessità... Attraverso un dialogo esteso, un’intenzione in
tensione, una impensabilità ininterrotta... Nella speranza
di una parola di emergenza, di ef-fusione, d’imprevisto...
Una parola poetica che s-copre, cercando... Per non abdicare, pensiero dopo pensiero... Allora, dalla pagina
scritta alla ri-unione del collettivo, dalla mani-fest/azione
all’atelier, continuare ad interrogarsi camminando... Senza
rassegnarsi ad accettare l’ambivalenza ineludibile delle
cose... ma pittusto esercitarsi a "jonction(s)" - senza sottrazioni- per approdare a sinfonie che guidano all’intro-comunicazione, l’intro-azione,l’intro-connessione degli
extrême(s)... Inquisire, sondare, indagare -infaticabili- in
im/prese r/esistenti... Le separazioni, gli antagonismi, le
frammentazioni, che, testardamente e con uno sguardo
che non fa che interrogare un esteriore, ancora persistono
a manovrare le relazioni complesse fra scienza, cultura,
società. Imbavagliate da interdetti psicologici e limitate in
artifizi arbitrari. Audace scommessa del discorso poetico...
creatore di spazi, sentinella della realtà nascosta...
... Qualcosa che va al di là di tutte le considerazioni
dell’"arte per l’arte" o dell’"arte per la bellezza", qualcosa
che include e riconcilia, ancora una volta, le due tendenze
e la loro opposizione. Una dilat/azione che pres-agisce
senza tregua altre presenze, altri ir-realizzati più arcani o
intimi, un di-venire che é alla ricerca di un’anima dietro le
cose e gli esseri, lo spirito e i suoi poteri, e che potrebbe
essere il luogo inesauribile di un’arte ancora più emblematica, penetrante... Un’apercezione comune in continuo
scambio. Estetica, spirituale, sociale...

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Il compito d’ognuno, l’attività pro-duttiva - poietica- per eccellenza... L’impegno più alto quando é autentico... In un
campo d’in/form/azioni attive, finemente e finalmente intrecciate. In cui delle singolarità si manifestano perché cio’
crea il senso che le costituisce individualmente e collettivamente. Aprendo il campo del pensiero al di là della società del lavoro e della produzione, rinforzando la disposizione al dono "dovuto" e alla gratuità, verso una economia al servizio della cultura e della realizzazione del sé...
Degli esseri, Pre-liminari, in questa preistoria di società a
venire... Che sfidano la logica e aprono la strada al pensiero analogico... Coscienti che il dovere fondamentale
dell’umano sia quello di agire perché ognuno, senza eccezione, possa vivere la propria unicità, nel pieno sviluppo
della Conoscenza... Conciliando la realizzazione della
propria auto-creazione con quella degli altri... Un sapere
della molteplicità e della possibilità inaudite, della metamorfosi, di un infinitamente aperto, da sempre iscritto nel
nostro stesso corpo, e nel quale finalmente trovare dimora.
... Trasmettitori-ricevitori-trasformatori, che non hanno
fatto compromessi con la storia, con la sua idea d’ordine
e di disordine, di separazione e di segregazione; chiamati
a s-velare le caratteristiche più segrete dell’essere... A
costruire, piuttosto mettendo in comune... Restando desti
- ad ogni istante- al pensare, al sentire ; al di là della soglia
delle accumulazioni e dei condizionamenti... Non per ottenere, bensi’ per ri-scoprire e ri-conoscere... Un lontano
talmente vicino... Se soltanto si riuscisse a com-prenderlo... Congedando il non talmente inconsapevole modello dualista e lineare... Alcuni affermano : "Il pensiero

E.R.G et E.S. devant la Ghost Art Gallery au Mans
Photo Pierre Dutel

29

non puo’ essere rivoluzionario che a condizione che gli attori delle lotte possano appropriarsene"... Pur condividendo tale affermazione, aggiungeremmo che, per essere
veramente rivoluzionario, più ci "si sollecita" perché un linguaggio divenga maggiormente polisemico, quasi poetico, più si avrà la possibilità di avvicinarsi alla comprensione della complessità che noi stessi -poveri, militanti, artisti- siamo. Constatando cosi’ il potere che puo’
avere l’in/form/azione di trionfare di fronte alla forza pura
e riportare l’autorità del sapere, giustamente, alla condizione poetica di ogni trasmissione di parola. Poiché, come
afferma Jacques Rancière: "Non esiste ignorante che non
conosca una moltitudine di cose, ed é proprio su questo
sapere, su questa capacità in atto che ogni insegnamento
deve fondarsi. Istruire puo’ dunque significare due cose
esattamente opposte: confermare una incapacità nell’atto
stesso che pretende ridurla, o al contrario, forzare una capacità che s’ignora o si nega, a ri-conoscersi e a sviluppare tutte le conseguenze di questo riconoscimento. Il
primo atto si chiama abbrutimento, il secondo emancipazione.(...) L’istruzione é come la libertà ; essa non si dona,
si prende. "Perché... al terribile interrogativo impossibile
da concettualizzare e che vive, impotente e felice, nei silenzi della solitudine delle nostre profondità si potrà cercare di dare un’eco solo cercando di dargli una voce... Al
di là della soglia sorvegliata della colpa e della vergogna..
dell’integrazione in un mercato, del profitto di un guadagno o di un riconoscimento sociale. Anche un graffiti su
un muro o sulla porta delle latrine, una frase su un cartello
sbandierato da "una singolarità plurale e qualsiasi", elettrone libero, sciolto da appartenenze troppo manifeste in
un corteo, ci aiutano a riflettere e a volte, squarciando
nuovi orizzonti, forse evidenti, ma fino a quel momento
restati "in bianco", semplici rumori parassiti... ci proiettano
verso una conoscenza democratica... Inerente alla natura
e ad ogni elemento che la costituisce.
Una conoscenza che non sia una possibilità in più, né una
scelta, ma una funzione di vivere, essenziale come quella
della respirazione, e che cerca la vera libertà in una liberazione di fronte alla legge. Che possa integrare le saggezze analogiche antiche e la comprensione scientifica
moderna, verso una realizzazione dell’essere profondamente connesso al Tutto.Dove "il qui e l’ora" fusionano
con "altri" luoghi e "altri" tempi... Come l’unità olografica
che contiene in sé la matrice dell’informazione totale del
sistema nel quale é inclusa. Percio’, in un universo di mediazione nel quale ognuno serve parzialmente di mezzo
agli altri, "per ridurre l’eterogeneità, a un livello superiore"
(Deleuze), raccontarsi ed indovinarsi gli uni agli altri,
senza considerarsi a parte. Con "il sentimento aristocratico dell’uguaglianza con tutto cio’ che vive", comme diceva Pasternak. Per ri-donare alla politica la dimensione
di un’arte, di una gnosi, e perché no di una liber/azione...
Agendo in una realtà illuminata dal presagio del proprio
divenire... Con una coscienza di sé che é nello stesso
tempo la coscienza dell’esistenza stessa... E che veglia,
per il momento, nei margini e nell’urgenza...
Dalla luce incoerente alla luce coerente...
... Quando l’eccezione era la regola... una regola non
convenzionale... (Niente a vedere, chiaramente, con lo
"stato d’eccezione", nel quale vive attualmente la maggioranza delle società occidentali e non...). Interagire, introagire in uno "spazio di Hilbert", come direbbero alcuni
fisici. D’altronde, l’universo suggerisce di più l’idea di un

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imposante pensiero che di uno schiacciante dispositivo...
Una unità globale organizzata da intro/relazioni tra elementi, azioni, individui... in un’evoluzione che aumenta ad
ogni istante la materia psichica dell’uomo. E allora, se
l’evoluzione é un’ evoluzione che aumenta la materia psichica dell’essere umano, come affermano alcuni filosofi;
e se esiste un’analogia fra il sistema psichico e il sistema
quantico, come asseriscono altri fisici, nello stesso modo
la materia psichica é materia quantica. Materia che diviene spirito ; alchimia misteriosa di cio’ che é, non é, e
diviene... Il sacro dunque, al quale migliaia d’anni di storia
vociante-deformante hanno sottratto, inconsiderata/mente, intuizioni, conoscenze, pre-sentimenti originari e diversi. Profanando e istituzionalizzando, falsando e
incurvando...
Fino a trasformare lo spirituale nello strumento infetto e
pervertito della schiavitù delle coscienze. L’intendimento
lucido della mistificazione immemoriale di questo primordiale da parte di alcune fra queste... non basta a liberarle
dalla logica suprema sottostante all’impostura, quella di
un dualismo solido e radicato, responsabile per di più
dell’astuzia ultima cartesiana che ha offerto su un piatto
d’argento ad una scienza e ad una politica "senza anima",
senza grazia, senza disinteressamento... una conoscenza
e una visione del mondo meccanica/meccanizzata e cieca
all’estrema povertà e agli abusi dell’umano sull’umano...
Che esclude dalla vita cio’ che si é vissuto e della comprensione cio’ che si é compreso. Non é dunque un caso
che il nostro ultimo manifesto/anti/manifesto insista a giocare con dada, nell’implicazione congiunta dell’opposizione viva all’assurdità assassina (mortifera) della politica
contemporanea e l’espressione artistica dispiegata su
piani inusitati. In una visione anarchica pura dell’esistente,
che impedisce ogni possibilità di una politica concepita
come potere di uno solo su molti o di pochi su molti... In
una volontà di ri-tornare ad un affetto primordiale, attraverso il più grande atto di creazione, quello della ri-costruzione di se’ stessi e degli altri come esseri finalmente
liberi... Attraverso una pratica di ri-creazione inevitabilmente legata all’in/ter/venzione ri-e-voluzionaria nel quotidiano... In cerca di esplosioni spirituali, - i non stolti
vagano- ( Lacan), Extrême Jonction vagabonda allora,
come i pianeti , da un’offerta politica, culturale, artistica,
sociale... all’altra; nessun partito, nessun gruppo, nessuna
corrente, nessuna "mouvance" potendo veramente soddisfarlo, con il loro caratttere di inassegnazione al discorso, gregario e non sintropico... Per il motivo che il
pericolo, in arte come in politica -ergo, nella vita- é giustamente quello di lasciarsi inghiottire nella logica di un
gesto di potere che coglie se stesso in termini di appropriazione e di espropriazione, anche quando si segue un
percorso che si vuole alternativo... Cosi’ cio’ che potrebbe
soprav-venire non sono che parole, come direbbe
Beckett, delle parole che cercano di instaurare una relazione nuova con le cose, fondata sulla ri-scrittura dell’irrealizzato e preservata dagli artigli dell’"utile"...
Meravigliarsi dei "segni", nel dono rivelatore di rap-presentazioni incessante/mente in corso di rimotivazione, di
corrispondenze peregrine, scavate nelle parole... Per assumere e sop-portare, poeticamente e politicamente...
questa domanda, debito, irrequietezza, mancanza, che
da sempre, é "nel sé" di colui che parla per poesia... Lucidi
di essere... conoscenza... ancora nei limbi... Dunque, di
fronte a un capitalismo in/formativo che ci lascia credere

ad una libertà come necessità di scegliere, -cioé di rinunciare- portare al linguaggio cio’ di cui ci priva di presenza
e di vita ; rimontare dall’affetto alla parola, trasmettendo il
vissuto, il mistero e l’emozione che la precedono... e che
la rendono possibile... questa parola...
Dal momento che l’insieme dei mezzi d’espressione cooperano alla costruzione del mondo, non semplicemente
alla sua interpretazione... Per noi, é questa l’arte, la poesia, la poietica, la politica... la molteplicità delle possibilità
della rivelazione/ri-evoluzione attraverso la vocazione
evocativa e sovversiva della parola. Il suo oltraggio, il suo
oltrepassare l’ordine costituito dei significati... Il suo essere affidata a qualcosa che continuamente si rifiuta...
L’inosservabile... l’inapparente... l’impercettibile... E, "n’y
renoncer, sous aucun prétexte"...

Eva Rachele Grassi

¤ Il primo manifesto/antimanifesto "Cyberethnodada"
é stato presentato nel 1996 alla Galleria Comunale di
Créteil (Paris), e segnalato sulla stampa italiana (Il
Mattino, Corriere della sera...), francese (Radio Nova,
Radio Aligre, Nova Magazine, Le Républicain, Art
Presse, Officiel des arts...), americana (Night, New
York Art...)

*Dal '77, tra Gutenberg e McLuhan, il gruppo Extrême
Jonction, o i Caosonauti dell'inespresso,formato da
Ermanno Angelo Senatore (pittore/ poeta/ performer/
"chercheur" interdisciplinare) et Eva Rachele Grassi
(filosofo /poeta), sulle tracce di Leonardo Da Vinci,
padre dell'interdisciplinare,e sui passi delle avanguardie (dada, futuristi, situazionisti, cobra, azionisti,
fluxus...) e attraversando, re-interpretandola, l'estetica relazionale, naviga ininterrotta/mente, secondo le
vicissitudini individuali e comuni, tra l'équipe intermedia d'artisi ricercatori- votata al "partage du sensible"-e l'individuazione psichica collettiva e sociale.
Operando per un futuro possible dell'"eutopia", in
questo Medio Evo tecnologico di passaggio. Persistendo a consacrarsi all'alchimia delle parole, delle
forme, dei colori, dei suoni, delle "azioni"... Contribuendo a preparare gli elementi che, presto, permetteranno di investire l'avvenire.

30

TUTTI insieme... Nell'"extrême jonction" delle differenti sensibilità... con la "jonction immédiate" di tutte
le categorie di r/esistenti ; artistiche, culturali, politiche, sociali... Una "grande alleanza" delle ecosofie
sociali ; per ri-flettere ad un'altra "boîte à outils", per
strutturare (de-strutturando) un'arte, una cultura dei
divenire ri(e)voluzionari... Provando innanzitutto la
propria presenza al presente...

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NOTES CYBERDADA
La posture / imposture dominante des élites de l'hé-

gémonie du post crack kapitaliberiste global : «je me
connecte, donc je suis» (un Descartes tekno à l'horizon?), miroir du développement exponentiel des ambiguïtés warholiennes (sémantiques philologiques)
confond avec désinvolture le sujet et l'objet.

De la même manière que l'ambiguïté voulue et théo-

risée par Duchamp est source de malentendus, de
théories fausses, et non pas «falsifiables».
Une nouvelle façon de dominer les gens qui in-crédules, s'obstinent, cerveaux brumeux et dormants, à
paître dans les broussailles de la tristement connue
servitude volontaire. «Ar(t)istocratie» inédite et massifiée de la liberté d'expression, illusoire et superficielle,
conçue par la Big Mother du TechnoKapital des nouvelles oligarchies d'un «virtuel» orwellien/totalitaire,
obstinément en progression et captieusement démocratique.

Un énième fascisme qui nous/se traîne, inexorable,

depuis les années 90 (théorie du cycle économique de
Hayek ; ultra libéralisme reaganien-thatchérien etc.,
etc.), responsable, entre autres, de la défaite de l'art
moderne et d'une culture transformée en «coolturame»
de masse inform(al)e; délire déviant du triomphe du
logo sur le logos, de la pub (ésthétiKe de propagande
du Kapital/avant-garde nouvelle) sur l'art.

Le terme «escapism», brodé par les médias anglo-

phones, esquisse la condition psychologique des demeurants de la «tardo-démocratie» occidentale et des
témoins de l'appropriation impropre et gauche de l'idée
noble de socialisme en quelques zones de l'est de la
planète.

Embrigadés dans un individualisme de masse carac-

térisé par la dégradation du contact social et humain,
du déclin de la solidarité, de la perte du sens... Docilement asservis, perdus dans l' «ego-trip-post-freudien».
Sans plus le rêve de la r-é-volution. Passifs face aux
événements catastrophiques et inégalitaires. Déléguant aussi la résignation...
Le tragi-comique domine sur les populations opprimées et confondues par le storytelling des élites dominantes qui engendre guerres et mensonges...
L'artiste aussi se laisse avaler par l'imaginaire standardisé et camouflé par le totalitarisme de la « pseudodémocratiedemasse »
L'art est à la dérive... comme les révoltes... comme
l'Europe... comme le noble peuple grec qui devra,
«comme d'habitude», payer une crise organisée par
des financiers pressants/ pressés et des politiciens
complices... comme dans les années trente...
L'histoire re-commence...
Éternel retour nietzschéen ?

par Ermanno Senatore

Corps sans organes (détail)- A.E. Senatore
- huile sur toile 100/120 (Photo C. Victor)

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NOTA CYBERDADA

La postura/ impostura dominante delle élites dell'egemonia del post crack kapitaliberista

globale:"mi connetto, dunque sono" (un Cartesio tekno all'orizzonte?), specchio dello sviluppo esponenziale delle ambiguità filologiche semantiche warholiane, confonde disinvoltamente il soggetto con l'oggetto.

Cosi' come l'ambiguità voluta e teorizzata da Duchamp, é fonte di malintesi, di teorie false,

e non già falsificabili. Una maniera nuova di dominare le genti, che in-credule, si ostinano,
con-fusi cervelli dormienti, a pascolare nella sterpaglia della tristemente nota schiavitù volontaria. Inedita ar(t)istocrazia massificata dell'illusoria e superficiale libertà di espressione,
concepita dalla Big Mother del TechnoKapital delle nuove oligarchie del virtuale
orwelliano/totalitario, caparbiamente in progressione e capziosamente democratica.

Un ennesimo fascismo che si/ci trascina, inesorabile, dagli anni '90 (teoria del ciclo eco-

nomico di Hayek ; ultraliberalismo reganiano-thacheriano, etc., etc.), responsabile, tra l'altro,
della disfatta dell'arte moderna e di una cultura trasformata in coolturame di massa
inform(al)e ; deviante delirio del trionfo del logo sul logos, della pub (estetika di propaganda
del kapitale/nuova avanguardia) sull'arte.

Il termine "escapism", coniato dai media anglofoni, tratteggia la condizione psicologica dei

dimoranti della "tardademocrazia" occidentale e dei testimoni "in piazza" dell'appropriazione
impropria e sinistra della nobile idea di socialismo in alcune zone dell'est del pianeta.

Irregimentati in un individualismo di massa caratterizzato dal degrado del contatto sociale

e umano, dal declino della solidarietà, dalla perdita del senso... Docilmente asserviti, perduti
nell' "ego-trip-post-freudiano"... Senza più sogni di r-i-e-voluzione. Passivi agli avvenimenti
catastrofici e inegalitari. Deleganti anche la rassegnazione...
Il tragicomico impera sulle popolazioni oppresse e confuse dalla storytelling delle élites dominanti che generano guerre e menzogne...
Anche l'artista si lascia inghiottire dall'immaginario standardizzato e dal totalitarismo camuffato da "pseudodemocraziadi massa...
L'arte é alla deriva... come le rivolte... come l'Europa... come il nobile popolo greco che
dovrà, "comme d'habitude", pagare crisi organizzate da pressanti finanzieri e politicanti,
complici... come negli anni trenta...
La storia ri-comincia...
... Eterno ritorno nicciano?

Ermanno Angelo Senatore

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CHANGE YOUR WORDS.
CHANGE YOUR WORLD...
Au cours de mes improvisations free jazz/soul, dans le

dans cette époque/bêtise de l'esthétique spectaculaire du
politique, sur la vague des années 30 avant l'arrivée du
"tragique" des -Ismes totalitaires...
... Dans cette scène où la réalité a remplacé la fiction des
romans d'Huxley et Orwell...
... Dans cette évanescence sémiotique du flux et de la dictature du flou des signes de cette époque, qui ressemble
à un arbre qui cache la forêt...
... Dans cette dictature de la forme/signe/surface de ce
magma artistocratique massifié, d'artistes sans oeuvre du
loft-story-pensée, fils de la servitude volontaire ou involontaire de l'idéologie néo et ultra libériste de la globalisation actuelle... il y a comme un glissement frivole du
signifié vers le signifiant... auquel les artistes chercheurs
cyberdada s'opposent avec leur combat lutte poétique de
r-existence et... par-dessus tout en se posant toujours des
questions...

lab/oratoire du centre de documentation cyberdada au
Mans, je fredonne"... Change Your Words. Change Your
World..."
R-évolution du langage cyberdada. Culture virtuelle, évanescence immatérielle. Un cri. Avis aux navigants. Une
goutte versée dans l'océan des signifiants au profit des
signifiés. Pour écrire une autre storytelling de l'art et de la
vie. Comme le firent les situationnistes, les artistes dada,
futuristes, surréalistes, fluxus, actionnistes, et caetera...

A l'encontre de la conception qui était celle de Mc Luhan,

le nouveau monde informatique davantage post-médiatique que médiatique, (je dirais post modem) n'en demeure pas moins, quoi que produit d'une opération
digitale, de nature visuelle ainsi qu'en témoigne le langage utilisé qui mobilise les termes d'icônes, de fenêtres
et d'écrans. Cela même si la notion de culture visuelle
n'en est pas moins tout autant un oxymore que celle de
l'histoire de l'art. Ainsi que l'histoire de l'art est tiraillée
entre l'autonomie que suppose l'art et l' hétéronomie propre à l’histoire, du moins à l'histoire sociale puisque l'histoire tendrait plutôt à autonomiser ce dont elle est, ou fait,
l'histoire, de la même manière donc la culture visuelle se
trouverait écartelée entre le caractère virtuel, immatériel
qui serait celui de la visualité et la matérialité de la culture
recoupée entre activité matérielle et logique symbolique.

E.S.

Dans le passé, dans l'ancien régime des images, (au

sens davantage des philosophes J.Rancière et G. Deleuze) qui avait précédé l'avènement de l'art en tant que
tel, l'image était tenue pour trompeuse et se trouvait, de
ce fait, condamnée, tandis que l'art ne pouvait pas être
suspecté de tromperie, puisqu'il s'affirmait, tout au plus,
comme vraisemblable. A présent, il paraîtrait que l'on soit
rentré dans un Néo-Régime iconographique post-modem,
où l'image reprend le pas sur le grand-art (même s'il y a
toujours des résistants/réfractaires qui dénoncent ce néopouvoir/domination de ce néo-système de la dictature de
l'image sur le texte et sur l'art).

Alors, la grande question qui se pose est de savoir si l'art

doit se résoudre à l'entertainment, à la consécration, ou
s'il doit, sans relâche, essayer de s'y soustraire. A l'instar
des revendications des néo avant-gardes. Lesquelles
voulaient non seulement et simplement valoriser la culture
de masse, mais surtout abolir toute distinction entre culture de masse et art authentique, honnête, sincère.

Moi, j'ai encore et toujours des doutes (au cœur de ma

quête de l'art... au sein de ma recherche d'artiste...).
... Dans cette ère post-modem de la confusion/overdose
d'images, d'infos, de brouillement entre le vrai et le faux,

33

E.A.Senatore "Poetry and Sounds" Ghost Art Gallery,
Le Mans, 2011(Ph. C. Victor)

09_08 SORTIE NIGHT_Mise en page 1 10/09/2012 13:15 Page 34

CHANGE YOUR WORDS.
Durante le mie improvvisazioni free jazz / soul, nel

mente sembra si sia ritornati ad una sorta di Neo regime
iconografico post-modem, dove l'immagine prevale sulla
grande arte (anche se i resistenti / refrattari continuano a
denunciare il neo-potere / dominio del neo-sistema della
dittatura dell'immagine sul testo e sull'arte).

lab/oratorio della Ghost Art, centro di documentazione cyberdada a Le Mans, spesso amo cantare oppure, STRILLARE in soul jazz blues sulla 'vague' Tom Whaits, Joe
Cocker : "Change Yours Words. Change Your World...
(Cambia le tue parole. Cambia il tuo mondo...)".
R-evoluzione del linguaggio cyberdada. Cultura virtuale,
evanescenza immateriale. Un grido. Avviso ai naviganti.
Una goccia versata nell'oceano dei significanti a tutto beneficio dei significati. Per scrivere un'altra "storytelling"
dell'arte e della vita. Come lo fecero i Situazionisti, gli artisti Dada, Futuristi, Surrealisti, Fluxus, Azionisti Viennesi,
eccetera...

Così la grande domanda che si pone è di saper se l'arte

deve risolversi nell' entertainment, nella consacrazione, o
deve inesorabilmente cercare di eluderli. Sull'orma delle
rivendicazioni delle neo avanguardie. Che non hanno voluto solamente promuovere e semplicemente valorizzare
la cultura di massa, ma che instancabilmente hanno tentato di abolire ogni distinzione tra cultura di massa e arte
autentica, onesta, sincera.

Contrariamente alla concezione che è stata quella di

Io ho ancora e sempre dubbi (rispetto alla mia ricerca e

McLuhan, il nuovo mondo informatico più post-mediatico
che mediatico (ed io direi "post-modem") riveste comunque, anche se resta il prodotto di un'operazione digitale, un carattere visivo, cosi' come è dimostrato dal
linguaggio che mobilita i termini di icone, finestre e
schermi. Anche se la nozione di cultura visiva permane
un ossimoro, almeno quanto quella della storia dell'arte.
E come la storia dell'arte è combattuta tra l'autonomia che
implica l'arte e l'eteronomia specifica alla storia, perlomeno alla storia sociale, poiché la storia tenderebbe piuttosto a autonomizzare quello che è, o fa, la storia, allo
stesso modo dunque la cultura visiva si troverebbe lacerata tra il carattere virtuale, immateriale che sarebbe
quello della visualità e la materialità della cultura sagomata tra attività fisica e logica simbolica.

al mio stesso essere artista...)
... In questa era post-modem della confusione / overdose
di immagini, informazioni, del malinteso intrattenuto tra
vero e falso...
... In questa epoca /stupidità dell'estetica spettacolare
della politica, pericolosamente sulla scia degli anni '30
prima dell'avvento della "tragedia" degli ismi totalitari
... In questa scena... dove la realtà ha preso il posto delle
pre-visioni romanzate di Orwell e di Huxley...
... In questa evanescenza semiotica del flusso e della dittatura del vago dei segni di questo tempo, che assomiglia
all' albero che nasconde la foresta...
... In questa dittatura della forma / segno / superficie ;
magma artistocratico massificato di artisti senz'opera dal
loft-pensiero, figli della servitù volontaria (o involontaria)
dell' ideologia neo e ultra liberista della globalizzazione in
corso...
... si avverte come un frivolo sdrucciolare... dal significato
al significante... al quale gli artisti ricercatori cyberdada si
oppongono con la loro lotta poetica di r-esistenza... continuando soprattutto a porre domande...

In passato, nell'antico regime delle immagini (più nel

senso dei filosofi J.Rancière e G.Deleuze) che aveva preceduto l'avvento dell'arte come tale, l'immagine era considerata fuorviante e di conseguenza condannata, mentre
l'arte non poteva essere sospettata di imbroglio, poiché
essa si presentava, al massimo, come plausibile. Attual-

Ermanno Angelo Senatore

CHANGE YOUR WORLD...
34

09_08 SORTIE NIGHT_Mise en page 1 10/09/2012 13:15 Page 35

TOTAL OU GLOBAL?
C'est la grande impasse du postfordisme. La globalisa-

tion est un concept/mot valise, une nouvelle boîte à outils,
ou simplement une idéologie pour mieux dominer ???
L' Art Total auquel aspiraient les avant-gardes historiques
est devenu plus que jamais un art massifié?
Le faux mix domine, comme le soi-disant sampling, la
scène créative...
Mais les géniaux Wagner et Mozart ne mixaient-ils pas
eux aussi comme le font les free-jazzmen encore et maintenant...? Chacun dans leur spécificité figurale/mélodique?

MULTIMEDIA
OU INTER MEDIA?
Est-il possible un mariage entre les styles, les formes,

A.E.Senatore . "Anarchie CyberDada"
(huile sur toile 200/100)
Atelier-Galerie Le Gnac Cyberdada, Créteil-Paris 1997

les expressions artistiques, ou ce n'est qu'une simple
somme/addition/résumé d'un conte, d'une fable créative?

Mais la dite "globalisation", ce n'est pas seulement un

LA CONFUSION DE L'ART OU
LA FUSION DE L'ART DANS
LA VIE COMME LE REVAIENT
LES SITUATIONNISTES?

terme d'homogénéisation mais aussi de héterogénéisation. Car elle fait surgir des nouvelles r-existences culturelles... à travers des solutions, qui n'étant pas un repli sur
soi même, inventent de nouvelles manières de résister à
la domination, en construisant à travers l'art et la culture
des alternatives sociales et écologistes à la vie sur la planète.
Le monde tribal de M.Maffesoli s'est accentué, mais il a
toujours existé.
Le rêve américain d'une société sans classes est en train
de faillir avec l'émergence d'un néo-prolétariat mondial
paupérisé.
Cette situation a porté avec elle des crises, des krachs,
une domination du profit sur le vivant.
Dans la vie, comme dans l'art, il faudrait tenter une vraie
fusion, pour ne pas rester immobilisés à la superficialité
du zapping virtuel.

A la place de la fusion on a hérité de la confusion géné-

ralisée. Adorno dénonçait la connivence entre art total et
totalitarisme...
Et je me demande : l'utopie se trans/forme toujours en
dystopie?
Même si Schoneberg avec son copain Kandisky et le
peintre/critique/musicien italien/berlinois Carlo Belli (auteur du texte bible sur l'art abstrait) étaient en r-existance
au régime nazi à venir, et en symbiose avec les théories
adorniennes... John Cage (lui même ex-élève de Schoneberg) parlait de "frottements des médias" en rejetant
toute correspondance illustrative.

Repenser donc le concept de la lenteur contre la dicta-

ture de la vitesse ; redonner importance aux pauses, au
cœur de l'existant ; riposter avec des nouveaux modes de
vie en alternative aux modelés imposés, en s'inspirant des
premiers hippies des années 60 de la beat-génération.
L'Art cyberethnodada devrait poser toujours des questionnements... alarmer du danger d'une possible catastrophe
humaine... il devrait déranger et ne pas s'accommoder
des sirènes du succès... critiquer la pensée unique du
pouvoir en place, des modes, des nouvelles religions du
"God Gold"... donner un nouveau souffle à la co-participation des événements... Pour reconstruire des nouveaux
paysages soit artistiques soit culturels...

On peut constater donc que c'est avec la dictature du

post-média/post-trans-modem à venir, que les démocraties médiatico-néo-liberistes de la globalisation permettent, à travers les nouvelles technologies, aux pouvoirs
en place de faire l'économie des totalitarismes du passé.
A travers une domination des esprits plus insidieuse que
celle du post -900 des -ismes esthetico-politiques...
Parce que à travers l'existence de la connexion/irréfléchie
des réseaux on pourrait arriver facilement au monde du
pire.

35

Ermanno Angelo Senatore

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TOTALE O GLOBALE?

Anche se Schoneberg insieme a Kandinsky e al critico /
musicista italiano / berlinese Carlo Belli (autore del testo
biblico sull'arte astratta) hanno opposto resistenza al regime nazista a venire, in armonia con le teorie di Adorno...
John Cage (lui stesso ex allievo di Schöneberg) ha parlato
di "attrito dei media", respingendo ogni corrispondenza illustrativa.

Questa è la grande impasse del post-fordismo. La glo-

balizzazione è un concetto / parola valigia, una nuova
boîte à outils, o semplicemente un'ideologia per meglio
dominare???
L'arte totale alla quale aspiravano le avanguardie storiche
è diventata più che mai un'arte massificata?
La scena creativa é sotto il giogo del mix sbagliato, e del
cosiddetto sampling...
Ma i due geni musicali, Mozart e Wagner, alla pari dei
free-jazzmens contemporanei, non amavano anch'essi
mixare? Ciascuno nella propria specifica figurale/melodia?

Si può notare quindi che è con la dittatura del post-

média/post-trans-modem a venire che le democrazie mediatico-neo-liberiste della globalizzazione rendono
possibile, attraverso le nuove tecnologie, ai poteri in carica di fare l'economia dei totalitarismi del passato. Attraverso una dominazione delle menti molto più insidiosa di
quella del post -900 dagli ismi estetico-politici...
Perché attraverso l'esistenza della connessione / sconsiderata della rete si potrebbe facilmente arrivare al mondo
del peggio.
Ma la cosiddetta "globalizzazione" non è solo un termine
di omogeneizzazione, ma anche di eterogeneizzazione.

MULTIMEDIA
O INTER MEDIA?

Perché fa sorgere nuove r-esistenze culturali , attraverso

E' possibile un'alleanza tra stili, forme, espressioni artis-

soluzioni, che abbandonano il ripiego su se stessi e inventano nuovi modi di resistere alla dominazione, con la
costruzione, attraverso l'arte e la cultura, di alternative sociali e ecologiste.
Il mondo tribale di M.Maffesoli si é accentuato, ma è sempre esistito, seppure in maniera differente, in altre epoche.
Il sogno americano di una società senza classi sta per fallire con l'emergenza di un neo-proletariato mondiale impoverito.
Questa situazione ha portato con sé crisi, krachs, un dominio del profitto sul vivente.
Nella vita come nell'arte, dovrebbe essere tentata una
vera fusione, per non restare ancorati alla superficialità
dello zapping virtuale.

tiche, che non sia solo una semplice somma / sintesi di
un racconto, una favola creativa?

LA CONFUSIONE DELL'ARTE
O LA FUSIONE DELL'ARTE
NELLA VITA, COME LO SOGNAVANO I SITUAZIONISTI ?

Ripensare allora il concetto di lentezza contro la dittatura

Invece della fusione abbiamo ereditato una confusione

della velocità ; dare importanza alle pause nel cuore
dell'esistente ; rispondere con nuovi modi di vita in alternativa ai modelli imposti, attingendo alle sperimentazioni
dei primi hippies degli anni '60.
L'Arte cyberethnodada dovrebbe sempre fare domande...
allarmare sul pericolo di una possibile catastrofe umana...
sconcertare e disturbare, lontana dai miraggi di successo
... criticare il pensiero unico di chi è al potere... le mode,
le nuove religioni del "Dio Denaro"... dare un nuovo slancio alla co-partecipazione degli eventi... Per ricostruire
nuovi paesaggi artistici e culturali... ALTRE ARCHITETTURE SONOVISIVE... PAESAGGI RIBELLI... di micro/
macro-resistenze molecolari deleuziane guattariane, a venire o... a divenire.
Il contrario della PSEUDO arte, kapital/liberist/art, della
pubblicità, che si presenta falsa/mente sovversiva, ma
che in realtà resta specchio della società dello spettacolo
integrato di Agamben e della società individualista dal
consumismo piu sfrenato.
Parafrasando Cartesio :
"Io consumo dunque sono"
"Io mi connetto dunque sono"
... sic... noterelle cyberdada o... sono solo canzonette?

diffusa.
Adorno ha denunciato la connivenza tra arte totale e totalitarismo...
E io mi chiedo : l'utopia si trasforma sempre e comunque
in distopia?

" Von An-Und Abwesenheit" Trattistambiente- Berlin, 1986
A.E.Senatore

36

BY ERMAN SERMAN/

09_08 SORTIE NIGHT_Mise en page 1 10/09/2012 13:16 Page 37

EXTRÊME JONCTION & SES LAB/ORATOIRES
CYBERDADA
Toujours ce projet de Création...

Qui nous voit rapsodes et témoins de la synchronicité des
esprits et des idées... Impliqués dans la recherche, encore
une fois, chorale, et sans sujet...
Toujours dans ce temps d'Attente et de Re-Création…
Lecture/Langage/Parole...
Simples et Exigeantes
... Jusqu'à r/en/vers/er sa propre physionomie...
... Jusqu'à se rendre... lointain(s)...
L'existence d'une ombre dépend de la lumière, mais
l'existence de la lumière ne dépend pas de l'ombre...
De l'être de surface à l'Habitant Occulte... suivre le fil brillant, protéger les sentiers lumineux, tisser une œuvre inviolée, aiguiser les lances étincelantes, tailler les marches
par lesquelles parvenir aux plans secrets...
des Âges de l'Intuition...
des Ancêtres des Aubes lumineuses...
Renouveler les relations actuelles, anormales, irritantes
et fausses en une Offrande, Une et Commune.
Et, en attendant les Invasions de l'Infini, dans le silence
de la chambre secrète, célébrer l'apparition, sonore et visuelle, de ce sursaut... vers «le fondement en haut».
En conversation intime avec l' Ir-réalisé, en étant à la fois
enregistreur, traducteur, transmetteur.
Sachant aussi que tant qu'une canne est sectionnée, on
ne lui confie pas de secrets.
Et alors... dans les multiples mises en scène contemporaines… pour re-con-joindre ce qui a été séparé avec la
force et vivre l'ambivalence du sacré entre rejet et attirance... supporter la suspicion de la part d'une culture indifférente et bon marché vis-à-vis des cultures soi-disant
minoritaires, qui essayent d'apporter des valeurs «autres»
et, surtout, irréductibles à la marchandisation générale de
la vie... et à l'assujettissement progressif des individus...
rendre possible de se rendre imperceptibles / pas reconnaissables en tant qu'identités socialement constituées...
En habitant des lieux ambigus... en laissant des traces
im-prévues... rien qu'un instant... dans ces Lab/Oratoires
d'Explorations de Nouveaux Langages... l'Inter/Prise et la
Galerie d'Appartement à Salerno, Temp(i)o 2000 à
Athènes, Le Gnac à Créteil/ Paris...
Des lieux étranges, singuliers, multiples, mobiles, en «situation pénétrable», en mouvement imprévisible, qui interrogent et s'interrogent.
Des sites-non sites, des attitudes, des actions... des ouvertures, même à l'errance, aussi avec quelque chose du
charlatan (Socrate), dans une patience ardente, en face
des cauchemars, des racontars opacifiés des prêcheurs
de la nécessité absolue...
Des r-ésistances communes devant la résignation isolée.
Pénétrés par cette démangeaison de (se) connaître, qui
rend soupçonneux et, donc, suspect... et qui confie «aux
pensées leur avenue de rêves».
Un type de destin dans un élément transitoire.

E.R.Grassi & A.E.Senatore " Von An-Und Abwesenheit"
Trattistambiente- Berlin, 1986
Qui déjoue le scandale d'un «arrivisme» des «trucs» et
des «recettes»...
Qui aspire à mobiliser l'immobile, contester l'incontestable,
engourdir pour dégourdir, jongler avec les contenus... pour
les nier et/ou les récréer ; en dépit du malaise suscité par
la contradiction ; cependant, prélude de réminiscence...
Vers un savoir ailé, subtil ; des pensées agiles et déliées...
Ainsi, au Mans, depuis le printemps 2009, enivré par cette
ancienne cité grave et forte, et en son nouveau lab/oratoire «Ghost Art Gallery» lieu de parcelles in-signifiantes,
d'incidents minuscules, pré-liminaires et pré-sérieux, Extrême Jonction, sans la superstition du «définitif», persiste
dans son rêve eutopique d'interprétation et de transformation... de temps en temps taupe, tantôt serpent, parfois oiseau...
À chaque instant, fêtant la pensée/ses promesses énigmatiques/tissant des relations harmonieuses avec des
zones de non-co(n)naissance, d'ignorance constitutive,
s'efforçant de donner consistance à son savoir...

Avec les «Conversations Cyberdada et Autres Recon-

37

tres» (mai 2009) qui ont descellé le tout récent «chantier
d'idées» du Mans, Extrême Jonction, de plus en plus dérobé à l'intégration, a raconté son chemin nomade d'art et
de vie...
Un chemin en mouvement dans les images d'un temps...
immuable... autant qu'il se transforme...

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Une histoire qu'il n'aurait pas pu raconter sans évoquer
ceux qui en ont été les compagnons et les complices...
qui ont été nombreux... chacun unique et irremplaçable...
En cette circonstance, il a été accompagné, en particulier
par Anton Perich et Marco Fioramanti, artistes résistants
et respectivement directeurs des revues «Night NewYork» et «Night Italia».
Avec un petit clin d'œil aussi à l'histoire de l'art… (un Polaroid qui représente un des premiers graffitis de Keith Haring, qui a participé avec le groupe à une exposition
collective en 1983).

ERG & ES Galerie Yvon Lambert Expo-Vente AIDES ,
Paris 2007

En outre, toujours selon la vision d'un espace qui soit un

voulu être un moment de réflexion où se sont mêlés, encore une fois, l’art, la science, la philosophie, en une synthèse qu’aurait souhaitée Deleuze. Un partage du
sensible et des savoirs dans l’esprit du singulier collectif.

temple/temps, où les co(n)naissances puissent circuler et
surtout s'intégrer dans la vie et dans la pensée de tous,
avec l'ouverture à quelques jeunes créateurs locaux.

Au

Et alors, comme l’eau «comble» le vide, les artistes cher-

printemps 2010, en réalisant «Les errances de

l'eau», rencontres internationales de mail art et vidéo art,
résumé des trois dernières éditions du Festival International de l'eau/La Chiena/Campagna (en 2007, 2008 et
2009), nées d'un concept de l'artiste multidisciplinaire Angelo Riviello, Extrême Jonction a voulu saluer l'authenticité et l'engagement de cet artiste qui chaque année fait
honneur à sa ville pleine d'histoire et de beautés cachées,
parfois oubliées.
Et qui depuis 1982 la transforme en laboratoire d'expérimentations internationales pour les artistes, citoyens du
monde, impliqués dans les recherches les plus différenciées.
«Dans la ville de Campagna, jusqu'aujourd'hui, les
eaux de la rivière Tenza sont détournées dans les
rues du centre historique, donnant lieu à un événement exceptionnel d'origine ancienne, peut-être
unique dans le monde, entre mythologie, histoire et
réalité... Après le tremblement de terre tragique de
1980, j'eus l'idée de récupérer et de transformer cet
événement en œuvre d'art, faisant d’un côté avant
tout référence à mes travaux sur la mémoire, depuis
1975... et de l'autre au Land Art, et aussi pour
quelques vers, à l'œuvre de Joseph Beuys.» (Angelo
Riviello). Et comme la rivière Tenza envahit chaque été
les rues de Campagna, l'artiste inter/média new-yorkaise
Lulu LoLo a envahi les rues de la ville du Mans avec ses
performances, subtiles et étonnantes...
LuLu LoLo, page et plume, matière et forme, jeu et
geste... spécialiste de la Collecte de Poussière. «La
poussière que je ramasse constitue un microcosme
de notre culture et de notre civilisation» (Lulu LoLo).
LuLu a donc ramassé la poussière de la ville pour la purifier et la célébrer en tant qu’œuvre d’art.
Dans d’autres performances, l'artiste a ramassé la poussière dans les principaux musées de Gênes, Paris et
New-York. Ses performances sur site invitent le public à
interagir, comme cela a été mis également en évidence
dans sa dernière performance (Cosmic Grand Prix) à la
Ghost Art Gallery du Mans. Au terme de l'action, la «divine
eau» de la rivière Tenza di Campagna et la «divine poussière» du Mans, portées par les «Cosmic's voitures de
course», ont été aspergées sur le site par la performeuse
dans un acte de consécration pour la guérison de la terre.
… Symbolisme, ritualisme, mémoire et mythe...
Cette dernière exposition, rendant la parole à l’eau, à sa
peine infinie, avec sa grande et parfois féroce actualité, a

cheurs cyberdada se risquent à «combler» le vide de
cette époque de nouveau fascisme, global et culturel, où
l’on a perdu la source et le vrai sens du «faire de l’art».
Bachelard écrivait : «Une goutte d’eau pure peut suffire à
purifier un océan, une goutte d’eau impure suffit à souiller
un univers»...
Que chacun, depuis son propre lab/oratoire, aspirant,
sans relâche, à l'affirmation im-personnelle, continue à insinuer ses gouttes de feu purificateur...

En juillet 2010, l'expo, au titre évocateur «L'Offrande»

nous a dévoilé l'univers envoûtant de Marco Fioramanti,
cet artiste/chaman, établi avec sagesse sur le seuil entre
passé et avenir...
Dans sa façon d'installer ses matériels, ses objets/reliques, nous avons deviné l'écoute de la transformation
in-finie des choses...
Avec son aptitude à occuper de manière volontairement
minimaliste l'espace... il nous a fait présager la proximité
et l'éloignement des signifiants sacrés du «réel caché»…
la transcendance... affleurante de l'immanence, l'univers
polyphonique de la «différance»...

De décembre 2010 à mars 2011 : Co-Exixtence/Co-Ré-

sistances, encore une "scène ouverte" à tous les artistes,
créatifs, poètes de la ville et d'ailleurs...
Pour découvrir de nouveaux accords... surprendre... alliances plus secrètes... Dans la multiplicité facettée d'une
mémoire répétée. Un inventaire/bilan de presque deux
années de persévérance... pour en distribuer le sens autrement, pour en révéler un nouvel agencement, pour rendre possible, d'autres mouvements et d'autres effets de
vérité...

En Juillet 2011, une confrontation entre deux plasticiens

aux talents variés, aux styles et aux parcours différent:
Carole Le Pers, parisienne et personnage cosmopolite du
milieu artistique international et un plus jeune artiste, capteur d'énergie, et manceau d'adoption.

A partir de novembre 2011 le lab/oratoire cyberdada,
avec ses nouveaux et anciens collaborateurs, dans le
décor de l'exposition permanente installée dans la galerie,
propose une série d'entretiens interactifs multiformes appelés dorénavant : «Conversations Cyberdada».

Le premier entretien interactif (novembre 2011) : «Pen-

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ser à plusieurs» s’est interrogé, sous la forme d’une dis-

09_08 SORTIE NIGHT_Mise en page 1 10/09/2012 13:16 Page 39

une jeune artiste émergente de la scène mancelle, a été
une sorte d’ artwork, parfaitement à l'unisson avec notre
concept de scène ouverte, dans l'esprit de l'équipe d'artistes cyberdada, et aussi une espèce de séminaire d'apprentissage sur la façon d'organiser une expo : mise en
espace des œuvres, communication, invitations, accueil,
et caetera...

cussion libre et informelle (comme dans un miroir et de
manière transversale, pour faire le point – «point de fuite»)
sur l'expérience acquise dans cet espace qui travaille à
former des réseaux, des «rhizomes» (dette soit rendue à
Gilles Deleuze et à Félix Guattari), tout ce qui permet de
mettre en relation des choses qui a priori sont séparées,
à préparer des sillages où chacun puisse répandre ses
«grains de lumière»... récupérer les idées maltraitées et
insultées, former un «foyer» de réflexions, de micro-résistances, de micro r-évolutions...

Les

Le cinquième « Entretien Interactif », Empreintes (juin

2012) a été conçu dans le format d'une émission de radio.
Un projet, également , complètement autogéré, toutes générations confondues, par des élèves des Beaux Arts et
par des artistes néophytes et/ou confirmés.

entretiens interactifs qui ont suivi ont été

respectivement consacrés à la poésie : «Poetry and
sounds cyberdada» (décembre 2011) : à l'expression sonore et à la création d'ateliers libres: «Peindre à plusieurs
/ Gestes... sons... couleurs...» (février 2012).

Pour essayer, encore une fois, de rompre les cloisonne-

ments entre transmetteur et récepteur, acteur et spectateur, mêler les disciplines, établir des correspondances...

Le quatrième volet de la série..."Les Matérielles à travers

Eva Rachele Grassi

les espaces…" (mars 2012) entièrement auto-dirigé par

Polaroid offert par Keith Haring, 1983 Collection Ghost Art Gallery

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09_08 SORTIE NIGHT_Mise en page 1 10/09/2012 13:16 Page 40

EXTREME JONCTION

sop-portare il sospetto di una cultura indifferente e mediocre, costretta a confrontarsi con le culture, cosiddette minoritarie, portatrici di valori "altri", e, irriducibili, soprattutto, al mercantilismo generale della vita... e all'assoggettamento progressivo degli individui... rendere possibile di
rendersi impercettibili / non riconoscibili in quanto identità
socialmente costituite... abitando dei luoghi ambigui... lasciando delle tracce impre- viste... nient'altro che un istante... in questi Lab/Oratori di esplorazioni di Nuovi
Sempre questo progetto di Creazione...
Linguaggi... l'Inter/Prise e la Galleria di Appartamento a
Che ci vede rapsodi e testimoni della sincronicità delle
Salerno, Temp(i)o 2000 ad Atene, Le Gnac a Créteil/Paris.
menti e delle idee... Com-Promessi, alla ricerca, ancora
Luoghi strani, singolari, molteplici, mobili, in "situazione
una volta, corale e senza oggetto...
penetrabile", in movimento imprevedibile che interrogano
Sempre in questo tempo di attesa e di ri-creazione...
interrogandosi. Zone-non zone, atteggiamenti, azioni...
Lettura/Linguaggio/Parola
aperture, alla stessa erranza, anche con qualcosa di ciarSemplici ed Esigenti
latano (Socrate), dall'ardente pazienza, di fronte agli inFino a rinversare la propria fisionomia
cubi, le opache dicerie dei predicatori della necessità
Fino a rendersi lontan...i
assoluta...
L'esistenza di un'ombra dipende dalla luce, ma l'esistenza
R-esistenze «comuni» dinanzi alla rassegnazione isolata.
della luce é indipendente dall'ombra.
Penetrati da questa esigenza di conoscer(si) che rende
Dall'essere di superficie all'Abitante Occulto... seguire il
sospettosi e, dunque, sospetti... e che consegna "ai penfilo brillante, proteggere i sentieri di luce, tessere un'opera
sieri il loro viale di sogni."
inviolata, affinare le lance scintillanti, scolpire i gradini graUn tipo di destino in un elemento transitorio. Che sventa
zie ai quali raggiungere... le Età dell'Intuizione
lo scandalo dell'" arrivismo" delle "astuzie" e delle "ricette".
gli Antenati delle Albe luminose
Che aspira a mettere in movimento cio' che é immobile,
Rinnovare le relazioni attuali, anormali, irritanti e false
contestare l'incontestabile, intorpidire per ridestare, gionell'Offerta, Una e Comune.
care coi contenuti... per negarli e/o ri-crearli ; nonostante
E, nell'attesa delle invasioni dell'infinito, nel silenzio della
il malessere suscitato dalla contraddizione... tuttavia, prestanza segreta, celebrare l'apparizione,sonora e visiva, di
ludio di reminiscenza... Verso una conoscenza alata, sotquesto sussulto verso «le fondamenta in alto»
tile... pensieri… agili e flessibili...
In conversazione intima coll'Ir-realizzato... registratori,traCosì, a Le Mans, dalla primavera 2009, entusiasmato da
duttori, trasmettitori... comunque consapevoli che quando
questa antica città, grave e forte, e nel suo nuovo lab/orala canna é spezzata non le si affidano segreti.
torio "Ghost Art Gallery" luogo pre-liminare di fram-menti
Ed allora... nelle molteplici messe in scena contemporain-significanti, Extrême Jonction, senza la superstizione
nee... per ri-unire ciò che è stato diviso con la forza e videl "definitivo", persiste nel suo sogno eutopico di intervere l'ambivalenza del sacro tra rifiuto e richiamo…
pretazione e di trans-formazione... Ad ogni istante,
festeggiando il pensiero, le
sue promesse enigmatiche/
tessendo relazioni armoniose
con zone di non-conoscenza,
di ignoranza costitutiva, sforzandosi di dare consistenza
al suo sapere...
Con le "Conversazioni Cyberdada ed Altri Incontri", che
hanno dissigillato il recente "
cantiere di idee" di Le Mans,
Extrême Jonction, sempre
più impermeabile all'integrazione, ha raccontato il suo
percorso nomade di arte e di
vita...- Un percorso in movimento nelle immagini di un
tempo... im-mutabile...
Una storia che non avrebbe
potuto raccontare senza rievocare quelli che ne sono
stati i compagni ed i complici... numerosi... ma ciascuno, unico ed insostituibile...
Extrême Jonction. Performance interactive à l''occasion de"Gambit d' Eurynome/
In questa circostanza, è stato
Chaos dans l'action de Eugenija Demnievska
scortato, in particolare da
PREMIERE FETE INTERNET/WEB BAR PARIS, 1997
Anton Perich e Marco Fiora-

E I SUOI LAB/ORATORI
CYBERDADA

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manti, artisti resistenti e rispettivamente direttori delle riviste "Night New-York" e "Night Italia." Con una piccola allusione alla storia dell'arte (una Polaroid che rappresenta
uno dei primi graffiti di Keith Haring, che ha partecipato
insieme al gruppo a una collettiva nel 1983). E, ancora,
con l'apertura ad alcuni giovani creatori locali, sempre secondo la visione di un spazio che sia un tempo/tempio,
dove le conoscenze possano circolare e soprattutto integrarsi nella vita e nel pensiero di ognuno.
Nella primavera del 2010, tramite " Les errances de l'eau",
incontri internazionali di mail/arte e video/arte, un riassunto delle tre ultime edizioni della Rassegna Internazionale dell'acqua/La Chiena/Campagna (2007, 2008 e
2009), nata da un concetto dell'artista interdisciplinare
Angelo Riviello, Extrême Jonction ha voluto salutare l'autenticità e l'impegno di questo artista che ogni anno fa
onore alla sua città piena di storia e di bellezze nascoste,
talvolta dimenticate. Un borgo, trasformato in laboratorio
di sperimentazioni internazionali sin dal 1982, per quegli
artisti, cittadini del mondo, implicati nelle ricerche più innovative e differenziate...
«Nella città di Campagna, fino ad oggi, le acque del fiume
Tenza sono deviate nelle strade del centro storico, dando
luogo ad un evento eccezionale di origine antica, forse
unico al mondo, tra mitologia, storia e realtà... Dopo il tragico terremoto del 23-11-1980 (tremila morti), scaturi' da
parte mia, l'idea di recuperare e trasformare questo
evento in Opera d'Arte, facendo, da un lato, innanzitutto
riferimento ai miei lavori sulla memoria (dal 1975 in poi...
un 'work in progress'. di oltre 30 anni di attivita'), e dall'altro alla Land Art -senza essere Land Art-, ma anche per
alcuni versi, all'opera di Joseph Beuys -senza essere
Beuys-.» (Angelo Riviello)
E come il fiume Tenza invade ogni estate le vie di Campagna, l'artista inter/média newyorkese Lulu LoLo ha invaso le strade della città di Le Mans con le sue
performances, sottili e sorprendenti... LuLu LoLo, pagina
e penna, materia e forma, gioco e gesto... specialista della
Colletta della Polvere. «La polvere che raccolgo costituisce un microcosmo della nostra cultura e della nostra
civiltà.» (Lulu LoLo)
LuLu ha raccolto la polvere della città per purificarla e celebrarla come opera d'arte.
(In altre esibizioni, l'artista ha raccolto la polvere nei principali Musei di Genova, Parigi e New-York).
Le sue prestazioni in sito invitano il pubblico ad interagire,
come é stato il caso anche nella sua ultima performance,
Cosmic Grand Prix, alla Ghost Art Gallery di Le Mans.
Al termine dell'azione, la "divina acqua" del fiume Tenza
di Campagna e la "divina polvere" di Le Mans, trasportate
dalle "Cosmiche automobili da corsa", sono state spruzzate sul sito dall'artista in un atto di consacrazione per la
guarigione della terra. Simbolismo, ritualismo, memoria e
mito...
Questa ultima esposizione, ri-proponendo la parola
dell'acqua, la sua pena infinita, dalla grande e feroce attualità, ha voluto essere un momento di riflessione dove
si sono mischiate e avvicendate, ancora una volta, l'arte,
la scienza, la filosofia, in una sintesi che Deleuze avrebbe
auspicato. Un 'partage' del sensibile e dei saperi nello spirito del singolare collettivo.
Ed allora, come l'acqua "colma" il vuoto, gli artisti ricercatori cyberdada si arrischiano a "colmare" il vuoto di questa
epoca di nuovo fascismo, globale e culturale, che ha per-

duto il vero senso del "fare arte"...
Bachelard scriveva: "Una goccia di acqua pura può bastare a purificare un oceano, una goccia di acqua impura
basta a sporcare un universo"...
Che ciascuno, dal suo proprio lab/oratorio, aspirando,
senza pausa, all'affermazione im-personale, continui ad
insinuare le sue gocce di fuoco, purificatrici...

Nel luglio 2010 l'esposizione dal titolo evocatore «L'Offrande», ci ha svelato il suggestivo universo di Marco Fioramanti, questo artista/sciamano, installato con saggezza
sulla soglia tra passato ed avvenire...
Dal dicembre 2010 al marzo 2011 : «Co-Existences/CoRésistances», ancora una «scena aperta». Per scoprire
nuovi accordi, sorprendere più segrete alleanze...

Luglio 2011 : «Trans'Arte», un confronto tra due artisti,
dagli stili e dai percorsi differenti.
Carole Le Pers, personaggio cosmopolita dell'ambiente
artistico internazionale, ed un più giovane artista, catturatore di energie .

A partire dal novembre 2011 il lab/oratorio cyberdada, coi
suoi nuovi e vecchi collaboratori, nello scenario dell'esposizione permanente installata nella galleria, propone una
serie di incontri interattivi multiformi chiamati d'ora in poi:
"Entretiens Interactifs/Conversazioni Cyberdada".
Il primo rendez-vous, "Penser à plusieurs", discussione libera ed informale, si è interrogato sull'esperienza acquisita in questo spazio che lavora a formare delle reti, dei
"rizomi" ; a recuperare le idee maltrattate ed insultate ; a
formare micro-resistenze, micro r-i-evoluzioni...

I due «Entretiens» successivi sono stati dedicati rispettivamente alla poesia: "Poetry and sounds cyberdada", (dicembre2011) e all'espressione sonora et alla creazione di
ateliers liberi: "Peindre à plusieurs / Gestes... sons... couleurs...", (febbraio 2012).

Il quarto della serie, "… Les Matérielles à travers les espaces…" (marzo 2012 ), interamente autogestito da un
collettivo di giovani artisti locali è stato una sorta di artwork, perfettamente all'unisono col nostro concetto di
scena aperta, nello spirito dell'équipe di artisti cyberdada,
ed anche una specie di seminario di apprendistato sul
modo di organizzare una mostra .

Il quinto "Entretien Interactif", «Impronte» (giugno 2012),
è stato concepito nel formato di un'emissione radiofonica.
Anche questo, un progetto completamente ideato e organizzato da alcuni allievi delle Belle Arti della città e da artisti neofiti e/o consacrati della regione.

... Trasgredire le separazioni tra trasmettitore e ricevente
... sconvolgere i ruoli di attore e spettatore... connettere
le discipline... stabilire corrispondenze...

41

EXTREME JONCTION
EVA RACHELE GRASSI
ERMANNO ANGELO SENATORE

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LE MIROIR DE LA FLEUR ET SON SPECTRE

"La vraie culture, comme l’agriculture, est le parachèvement patient de la nature. La Culture démocratisée, avec
sa majuscule, tue le naturel sous la prolifération du culturel, et de sa panoplie de prothèses".

Une fin de millénaire qui n’est pas une.

(Marc Fumaroli, L’Etat culturel, Editions de Fallois, 1992)

2000 ans pour que la mémoire des plantes et des animaux disparaisse au profit de la mémoire artificielle des
mégabits.

Et beaucoup de bruit autour du chiffre 2000. Petit chiffre
extrêmement relatif.

Il serait peut-être temps d’apprendre à retrouver la nature

Nous européens, chrétiens avons la présomption d’im-

avant qu’elle ne disparaisse complètement et à réapprendre l’importance de la différence qui la distingue. L’art
d’avant-garde est obsolète, car maintenant tout est possible virtuellement.

poser à la planète notre calendrier grégorien. Les musulmans, Japonais, Chinois, Soudanais et bien d’autres
encore, possèdent d’autres temps et symboles auxquels
nous ne voudrions pour rien au monde nous soumettre.
Les pendules à l’heure chinoise, imaginez un peu le ridicule...!
Jésus et son souvenir sont-ils si importants pour ceux qui
se préparent à l’an 2000?
Marie, femme bien légère, a rencontré un ange et...
Jésus est né!

Et pourquoi ne pas penser l’art du troisième en termes

différents d’une guerre de formes et de slogans artisticomilitariste? L’artiste ne devrait-il pas donner au citoyen
non-artiste ce supplément d’enchantement, de plaisir, de
douceur et d’esprit dont la culture citadine actuelle est si
peu pourvue.

Nous célébrons cette naissance qui nous a conduits à

Planter de nouvelles fleurs, de nouvelles forêts, brûler

bien des massacres, à des infamies innommables, à un
matérialisme universel, à une intolérance bien éloignée
de l’enseignement de ce "célèbre enfant"...

les bouteilles en plastique qui dévorent les plages et les
sous-bois, inviter les oiseaux dans les villes, soulager les
poissons étouffés par les eaux empoisonnées, nettoyer
l’horizon, mieux connaître les arbres et les rivières...
Un programme rétrograde direz-vous. L’artiste fait autre
chose... Imaginez un immeuble parfaitement équipé selon
les rêves de la science-fiction, entouré de vrais arbres,
d’écureuils, de roses trémières, avec à l’intérieur, des objets fabriqués par une main humaine tendre. La technique
efficace unie au souffle de l’homme et de la nature.

Et l’art dans tout ça? Il a suivi à peu de choses près le

même chemin. D’abord mystique, épuré, fantastique, il
essayait d’échapper aux limites de la réalité visible et aux
mesures de l’homme.
Une sorte de révérence pour le mystère existait.

Puis la Renaissance. L’homme essaye alors de rempla-

cer Dieu et son esprit et s’efforce d’abattre le mystère en
luttant contre lui pour imposer le règne d’une "réalité-vérité" mesurable. On connaît le reste: les guerres des envahisseurs catholiques, l’éradication des sensibilités
autres, la machine, l’arpentage mécanique du monde, la
nature ennemie de la ‘culture’, le ‘fardeau’ de l’homme
blanc, l’art d’avant-garde en guerre contre quoi?... Pauvre
petit Jésus!... Voyez où il nous a menés...
... Un peu d’insémination artificielle avec les héritiers de
Bouddha et Quetzalcóatl ne lui ferait pas de mal!
2000 ans pour avoir appris au monde comment anéantir
la nature! Fleurs et bêtes... qui sait encore prononcer vos
noms?...
2000 ans pour faire croire au monde que les cultures
orales sont inférieures et destinées à l’oubli.
2000 ans pour faire croire au monde que la sodomie est
un péché...
2000 ans pour que la Coca-Cola recouvre la planète.
2000 ans pour que tout le monde sur notre terre se mette
à l’heure du minimalisme et du conceptuel en oubliant du
même coup toutes les particularités fantastiques que recèlent les petites cultures régionales.
2000 ans pour faire croire que les voies de l’art sont
uniques et pour enseigner à tous ceux qui ont le téléphone qu’ils doivent tous se ressembler les uns les autres... Du nord au sud, de l’est à l’ouest... il faut aimer Jeff
Koons...

Zeami, au XVe siècle, dans un manuel à l’usage des ac-

teurs Nô, propose la définition suivante de ce qui entre
dans le domaine de l’"art": ‘ce que nous nommons art,
calme les esprits de tous les hommes, suscite l’émotion
des grands et des humbles, et peut constituer un point de
départ pour un accroissement de longévité et de bonheur.
C’est un moyen de prolonger la vie’.
Zeami formule ici une définition universelle. Il ne prend
partie pour aucun camp et ne suscite aucune fronde entre
la droite et la gauche, il n’établit aucune hiérarchie, il ne
sépare ni le passé, ni le futur, il propose à l’art un rôle autrement ardu : prolonger la vie et accroître le bonheur.

Les moyens pour y arriver sont innombrables, car l’art
n’a pas de forme déterminée, l’art est comme la nature, à
la fois très structuré et non conformiste. C’est un esprit
qui sert à élever l’homme, à lui redonner confiance, à
mieux vivre.

par Elizabeth Frolet

42

Extrait de la revue CYBER-DADA
Magazine d’art de la critique et cyberculture.
Prêt-à-penser automne-hiver 98/99 n°0

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"Nous appelons "fleur" ce qui sur
10 000 arbres et sur 1 000 herbes
s’épanouit à sa propre saison.
Et c’est précisément parce qu’elles
s’ouvrent à un instant précis, qu’elles
sont insolites". (Zeami, Le miroir de la
fleur, traduction de R. Sieffert)

"Chiamiamo "fiore" cio ' che su 10 000
alberi e su 1 000 erbe sboccia alla
sua propria stagione.
Ed è precisamente perché essi si
aprono ad un istante preciso, che
sono insoliti." (Zeami, Lo specchio del
fiore)

Nella rete del silenzio 1988 Elisabeth Frolet
43

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LO SPECCHIO DEL FIORE E IL SUO SPETTRO
di Élisabeth Frolet

"La vera cultura, come l'agricoltura, è il perfezionamento paziente della natura. La Cultura democratizzata, con la sua
maiuscola, uccide il naturale sotto la proliferazione del culturale, e della sua panoplia di protesi."

(Marc Fumaroli, L’État culturel, Éditions de Fallois, 1992)

Una fine di millennio che non esiste.

2 000 anni affinché la memoria delle piante e degli animali
sparisca al profitto della memoria artificiale dei mégabytes.
Sarebbe forse tempo di imparare a ritrovare la natura
prima che sparisca completamente e a riapprendere l'importanza della differenza che la distingue. L'arte di avanguardia è obsoleta, perché adesso tutto è virtualmente
possibile.
E perché non pensare l'arte del terzo millennio in termini
differenti da una guerra di forme e di slogans artistico-militaristi? L'artista non dovrebbe dare al cittadino non-artista questo supplemento di incanto, di piacere, di
dolcezza e di spiritualità di cui la cultura cittadina attuale
è così poco provvista ?
Piantare nuovi fiori, nuove foreste, bruciare le bottiglie di
plastica che divorano le spiagge ed i sottoboschi, invitare
gli uccelli nelle città, alleviare i pesci soffocati dalle acque
avvelenate, pulire l'orizzonte, conoscere meglio gli alberi
ed i fiumi,...
Un programma retrogrado direte. L'artista fa altro...
Immaginate un palazzo perfettamente attrezzato secondo
i sogni della fantascienza, circondato da veri alberi, scoiattoli, malvarose, con all'interno, degli oggetti fabbricati da
una tenera mano umana. La tecnica efficace unita al soffio
dell'uomo e della natura.
Zeami, nel XVo secolo, in un manuale ad uso degli attori
Nô, propose la seguente definizione di ciò che entra nel
campo dell' "arte" : 'ciò che chiamiamo arte calma le menti
di tutti gli uomini, suscita l'emozione dei grandi e degli
umili, e può costituire un punto di partenza per un incremento di longevità e di felicità. È un mezzo per prolungare
la
vita.'
Zeami formula qui una definizione universale. Non prende
parte per nessun campo e non suscita nessuna fronda tra
destra e sinistra, non stabilisce nessuna gerarchia, non
divide né passato, né futuro, propone all'arte un ruolo diversamente arduo : prolungare la vita ed aumentare la felicità.
I mezzi per arrivarci sono innumerevoli, perché l'arte non
possiede una forma determinata, l'arte é come la natura,
strutturata e non conformista.
Essa serve a elevare l'uomo, a ridargli fiducia, farlo vivere
meglio.

E molto rumore intorno alla cifra 2000. Piccola cifra estremamente relativa.

Noi europei, cristiani abbiamo la presunzione di imporre

al pianeta il nostro calendario gregoriano. I Mussulmani,
Giapponesi, Cinesi, Sudanesi e quanti altri ancora, possiedono altri tempi e altri simboli ai quali non vorremmo
per nulla al mondo sottometterci. Gli orologi all'ora cinese,
immaginate un poco il ridicolo...!
Gesù e il suo ricordo sono così importanti per quelli che
si preparano all'anno 2000?
Maria, donna alquanto leggera, ha incontrato un angelo
e... Gesù è nato!

Noi celebriamo questa nascita che ci ha condotto a tanti

massacri, a infamie innominabili, ad un materialismo universale, ad un'intolleranza molto lontana dall'insegnamento del "celebre bambino"...

E l'arte in tutto ciò? Ha seguito press'a poco la stessa

strada. Alle origini, mistica, epurata, fantastica, ha cercato
di sottrarsi ai limiti della realtà visibile ed alle misure
dell'uomo.
Una sorta di deferenza per il mistero sussisteva .

Poi col Rinascimento l'uomo ha provato a sostituirsi a

Dio e si é imposto di abbattere il mistero lottando contro
di esso per imporre il regno di una "realtà-verità" misurabile. Il resto lo conosciamo : le guerre degli invasori cattolici, lo sradicamento delle sensibilità diverse, la meccanizzazione del mondo, la natura nemica della 'cultura',
il 'fardello' dell'uomo bianco, l'arte di avanguardia in guerra
contro che cosa?... Povero piccolo Gesù!... Vedete dove
ci ha condotti... Un poco di inseminazione artificiale con
gli eredi di Budda e Quetzalcoalt non gli farebbero male!
2 000 anni per insegnare al mondo come annientare la
natura! Fiori e bestie... chi sa ancora pronunciare i vostri
nomi?...
2 000 anni per fare credere al mondo che le culture orali
sono inferiori e destinate all'oblio.
2 000 anni per fare credere al mondo che la sodomia è
un peccato...
2 000 anni affinché la Coca-Cola ricopra il pianeta.
2 000 anni affinché tutti sulla terra si mettano all'ora del
minimalismo e del concettuale dimenticando tutte le particolarità fantastiche che celano le piccole culture regionali.
2 000 anni per fare credere che le vie dell'arte sono
uniche e per insegnare a tutti quelli che hanno il telefono
che devono somigliarsi... Dal nord al sud, dall'est
all'ovest... bisogna amare Jeff Koons...

44

Estratto dalla rivista CYBER-DADA Magazine d’arte
della critica e della cybercultura
Prêt-à-penser autunno-inverno 98/99 n°0

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LE CAMPEMENT

Donc, pendant des années, toutes ces

années, nous avons été par les chemins,
les uns et les autres, de nos métiers, des
travaux, des oeuvres, des rencontres.
Des engagements donc, engageant les
chemins et les corps, les pensées, les matières et les signes.
Actes, paroles, corps, on dirait, de métierd'étant, remettant çà, l'étant, sur le métier,
comme on dit. Sur l'en-commun du temps
et de l'espace par quoi l'étant, çà se partage parce que çà se vit. Et se vit, de
s’éprouver, questionnant, s'inventant les
mémoires et les formes, les gestes et les
matières d'où rejaillit l'étonnement d'en
être, ce réel-monde.

Et alors s'y tient, donc, en résistance

contre ce qui l'efface, le défait dans l'oubli
et la fuite, la dislocation et l'écrasement de
l'événement qu'il est, qu'il y a d'être, qu'il
y a lieu d'être par quoi nous nous tenons
dans l'histoire et le réel. Et d'en partager
le sens, les gestes, les mémoires et les
devenirs.

François Tanguy par Guy Durand pour «Éclats de vie» éd. Marval 1993

Et cela veut dire, en ces temps, où l'on s'entend dire que

ments d'acte et de parole, de corps et de pensée, de
temps et d'espace. Qu'on peut tout aussi bien nommer
une question civique ou encore un engagement public.

les événements nous passent par dessus, et par voie de
conséquence, nous en dessous, - où il arrive que le
monde, si l'on peut dire, se dé-monde, et nous avec - cela
veut dire que ce "nous" là, s'il tient, si nous tenons encore
à en partager le sens, s'éprouve encore à se renouer, à
explorer encore dans le renouement, l'expérience-même
de son événement.

Cela ne fait pas une programmation, ni ne rentre dans

la vitrine, mais, et c'est peut-être autre, une instance et
une mobilité. Instance et mobilité des Résistances, en autant d'avoir-lieux possibles, contre le cortège des consensus d'impuissance. En autant d'avoir-lieux possibles,
dans le temps et l'espace, de l'expérience des événements du désir, et des résonances, et des points de gravité. Parce que la pensée comme le corps, dans le
singulier des vies et le pluriel d'y être ensemble, ont toujours affaire à çà, à faire avec, des points de gravité et
des résonances, des intensités et des vibrations, des
contrastes et des liens. Des amitiés.

Donc, pendant des années, toutes ces années, on y al-

lait par les chemins, ici et là, et pour ceux d'entre nous,
dans le "se-faisant" du théâtre, de la danse, du cinéma,
de l'art, de l'écrit, de la pensée, de la musique, de la
construction, de la science, de la politique.

On faisait de la politique parce que même si on ne le di-

sait pas toujours, si on ne le voyait pas toujours, les actes
d'arts et métiers posent et traversent et relancent toujours
la question du déliement et du renouement.

En ces temps, par les chemins et les rencontres c'est

Juin 1997...Mai 2012

même ce qui nous occupe le plus délibérérément. C'est
même une question de liberté, une question de sens commun, c'est une question de l'en-commun, en ces temps
qu'on dit de fracture, de crise et de guerre.

par François Tanguy avec :

Et d'alors, par les chemins, ici et là, dresser les tentes et

mettre les tables et remettre sur le métier ces engage-

45

Igor, Emmanuel de Véricourt, Patrick Bouchain, Jean
Louis Martinelli, Charles Tordjmann, Stanislas Nordey, Claire Denis, François Verret, Marie Vayssière,
Maguy Marin, Mathilde Monnier, Arnaud Desplechin...

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L'ATTENDAMENTO
François Tanguy

Dunque, per anni, tutti questi anni, abbiamo percorso le
strade, gli uni e gli altri, dei nostri mestieri, lavori, opere,
incontri.Col nostro impegno, abbiamo impegnato le strade
e i corpi, i pensieri, le materie e i segni. Atti, parole, corpi,
si potrebbe dire, del mestiere-dell'essente, che ripropone
qua e là l'essente, al mestiere, come si dice. L'in-comune
del tempo e dello spazio attraverso il quale l'essente, qua
e là si condivide perché qua e là si vive. E si vive, mettendosi alla prova, interrogando, inventando memorie e
forme ; gesti e materie, da cui riemerge la meraviglia di
esserla, questa realtà-mondo.
Mantenersi, dunque, in resistenza contro cio' che cancella, dissolve nell'oblio e la fuga ; contro il dislocamento
e l'annientamento dell'evento che è, deve essere, ha
luogo d'essere, e attraverso il quale ci manteniamo nella
storia e nella realtà. Condividerne il senso, i gesti, le memorie, i divenire.
E cio' vuol dire, in questi tempi, nei quali si sente dire che
gli eventi passano sopra le nostre teste, -e dove il mondo,
per cosi' dire, si s-monda, e noi con lui- cio' vuol dire che
questo «noi», se vuole resistere, se vogliamo ancora
condividerne il senso, deve tentare, ancora e sempre, di
riavvicinarsi, di esplorare, ancora e sempre, nel riavvicinamento, l'esperienza stessa del proprio evento.
Dunque, per anni, tutti questi anni, percorrevamo le
strade, qua e là, nel «farsi» del teatro, della danza, del cinema, dell'arte, della scrittura, del pensiero, della musica,
della costruzione, della scienza, della politica.
Facevamo politica perché, anche se non sempre ce lo
confessavamo, anche se non sempre ce ne accorgevamo, le azioni delle arti e dei mestieri pongono e attraversano e rilanciano, sempre, il problema del disimpegno e
del riavvicinamento.
In questi tempi, attraverso le strade e gli incontri, é addirittura cio' che ci occupa più risolutamente.
In questi tempi cosiddetti di frattura, di crisi e di guerra,è
addirittura una questione di libertà, una questione di
senso comune ; la questione dell' in-comune. E allora,
sulle strade, piantare le tende e imbandire le tavole e ridare al mestiere, l'impegno, dell' azione e della parola, del
corpo e del pensiero, del tempo e dello spazio. Un problema civico o meglio ancora un impegno pubblico. Tutto
cio' non vuole essere una programmazione, -né fa parte
della vetrina,- ma, -ed é forse altro, -un'istanza e una mobilità. Istanza e mobilità delle Resistenze.
Di possibili aver-luogo, in contrapposizione a cortei
consensuali d'impotenza.
Di possibili aver-luogo, nel tempo e nello spazio, dell'esperienza degli eventi del desiderio e delle risonanze, e dei
punti di gravità.
Perché il pensiero come il corpo, nel singolare delle esistenze e nel plurale dell’ «esserci», sono sempre confrontati, qua e là, a punti di gravità e risonanze, intensità e
vibrazioni, contrasti e legami. Amicizie...
Giugno 1997...Maggio 2012

«Fictions de l’Interlude» de Carole Paimpol. (2005-2006)
filage à la «Fonderie», photo C.VICTOR

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ESTHETIQUE DE L'INFORMATION...
L'esthétique de l'information est une "expérience relationnelle" fondée sur la stimulation électro-lumineuse qui produit dans l'observateur des modèles cognitifs...
... Nous nous trouvons à affirmer dans l'art comme dans
la vie, surtout après Dalì, un monde d' «incertitude » (traduction du terme que je considère plus approprié aux buts
de Werner Heisemberg que celui d'«indétermination»).
La littérature et l'art avec le principe d'incertitude ont eu
un développement imprévu.
Il a amené beaucoup de disciplines "rationnelles" et "logiques" à en finir avec l'usage du terme de "représentation"
... (Aujourd'hui nous construisons des "configurations" relationnelles. Les configurations sont des structures relatives ; elles sont modulables selon le point d’observation,
la structure et le modèle de relation que choisit un observateur quand il décrit un milieu espace-temporel ou un
événement).
Il semblerait que dans l'esthétique actuelle quelques nouveautés commencent à apparaître ; même si dépourvues
de l'apparat logique des "nouvelles formes construites"
sur des "stimulations informatives", (qui prévoient une
nouvelle philosophie, une nouvelle physique, une nouvelle science et une nouvelle organisation du "corps" et
de la réception-observation esthétique). Ces théories sont
sans jambes et elles ne font pas percevoir "la logique du
nouveau".
... L'art qui se produit avec les néo-technologies de l'information renaît après «une autre mort de l'art» _ nous en
sommes à trois _. Après la première mort de l'art avec
Hegel, et après que l'art est mort une deuxième fois avec
les avant-gardes historiques, «la troisième mort de l'art»
est arrivée après l'avènement de la «théorie de l'information».
Il est difficile de faire comprendre que l'art se codifie à travers une stimulation d’information. L' art doit être considéré comme un message informatif qui se transmet,
d'abord avec des poussées électro-lumineuses, et, seulement après avec les mots. Le sens des mots est dérisoire par rapport aux structures logiques et relationnelles
qui émergent et qui se perçoivent dans un milieu, à travers l'observation d'événements. De ce que nous appelons physique, ou que nous appelons métaphysique, ou
ultra-physique, nanophysique...
La seule «chose» que nous savons c'est que si nous désirons entrer dans ce nouvel univers nous devons nous
doter de nouveaux instruments de mesure, parce qu'une
nouvelle philosophie de la vie et de l'observation scientifique ont émergé .Et c'est seulement après avoir admis
qu'existent une philosophie, une esthétique de la perception, de l'organisation et du récit qui traitent de nouveaux
éléments et d'un nouveau langage, dont auparavant nous
ne doutions pas, que nous pouvons argumenter avec une
certaine approximation sur le "sens" des soi-disant "arts
digitaux" (ou des calculs numériques-informatisés), et que
quelqu'un a désigné de manière aléatoire comme "computer art", "computer graphics" etc. Ce "nouvel art" aujourd'hui on peut le faire aussi avec l'Ipad...

En substance les nouveautés émergées de la perception
et de l'observation de la vie à travers les stimulations lumineuses et électriques nous ont permis d'organiser une
nouvelle connaissance et une nouvelle pratique, en utilisant "la logique de l'indétermination" ; pendant que la
"communauté scientifique" esthético-artistique italienne
«pense» (et ne l'expérimente pas) l’univers, encore selon
la logique de la "communication" et du "mot".
Il semblerait que Darwin et Einstein aient été mal compris
ou refoulés, pour favoriser la communication et le mot; à
ce point, je me pose la question si ces "lumières" ont vraiment compris le message de McLuhan, Deleuze, Baudrillard ou Virilio. Sans parler de la "philosophie de l'urgence"
de Mead, et de son "élève esthétique" Dewey, qui traitent
du récit arbitraire de l'«expérience» ; ni de Umberto Eco,
Luciano Anceschi ou le plus proche Dino Formaggio , lesquels se sont dépensés pour différencier l'«information»
de la "communication" et qui avec cette différence ont
dressé une démarcation entre la "mort de l'art de la communication" et "l'art de l'information" qui émerge de la re-

Giuseppe Siano (Photo by E.Senatore)
Expo Personnelle Ermanno - Atelier/Galleria, Salerno,
lation d'une stimulation et d'un observateur qui en perçoit
un modèle.
J'en conclus, amèrement, que pour des planètes qui ont
choisi de vivre en des milieux rétrogrades nous sommes
contraints de vivre, ou dans le temps de la démence sénile ou dans le temps de la surdité par choix. Surtout dans
les académies et dans les universités nous nous trouvons
en présence de professeurs, lesquels, même en admettant avoir un esprit qui traite les phénomènes et les événements pas perceptibles avec le corps linguistique,
s'obstinent à en vouloir tracer les lignes guide avec une
géométrie euclidienne.

47

Giuseppe Siano
Teorico dell'Arte Università di Salerno

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ESTETICA DELL'INFORMAZIONE...
... L’estetica dell’informazione è una «esperienza relazionale» fondata sullo stimolo elettro-luminoso che produce
nell’osservatore modelli cognitivi...
... Noi ci troviamo ad affermare nell’arte come nella vita,
specie dopo Dalí, un mondo d’«incertezza» (traduzione
del termine, che reputo più appropriato, agli scopi di Werner Heisemberg, che non quello d’«indeterminazione»).
La letteratura e l’arte con il principio d’incertezza hanno
avuto uno sviluppo impensato.
Esso ha portato molte discipline “razionali” e “logiche” alla
fine dell’uso del termine “rappresentazione”...
... (Noi costruiamo oggi «configurazioni» relazionali. Le
configurazioni sono strutture relative ; sono plasmabili secondo il punto di osservazione, la struttura e il modello di
relazione che sceglie un osservatore quando descrive un
ambiente spazio-temporale o un evento).
Sembrerebbe che nell’estetica attuale qualche novità si
muova con le «atmosfere» ; ma senza l’apparato logico
delle «nuove forme costruite» su «stimoli informativi» (che
prevedono una nuova filosofia, una nuova fisica, una
nuova scienza e una nuova organizzazione del «corpo»
e della ricezione-osservazione estetica).
Queste teorie sono senza gambe e non fanno percepire
«la logica del nuovo».
... L'arte che si produce con le neo-tecnologie dell’informazione rinasce dopo «un’altra morte dell’arte» ― siamo
a tre ― dopo la prima morte dell’arte con Hegel, e dopo
che l’arte è morta una seconda volta con le avanguardie
storiche, la terza «morte dell’arte» è avvenuta dopo l’avvento della «teoria dell’informazione».
Difficile è far comprendere che l’arte si codifica attraverso
uno stimolo di un’informazione. Ancor più che “l’arte” va
considerata come un messaggio informativo che si trasmette prima con impulsi elettro-luminosi e solo poi con le
parole.
Il significato delle parole è irrisorio rispetto alle strutture
logiche e relazionali che emergono e si percepiscono in
un ambiente con l’osservazione di eventi. Di ciò che chiamiamo fisico, o che chiamiamo metafisico, o ultra-fisico,
nano-fisico...
L’unica “cosa” che sappiamo è che se desideriamo entrare in questo nuovo universo dobbiamo dotarci di strumenti di misurazione nuovi, perché è emersa una nuova
filosofia della vita e dell’osservazione scientifica.
Solo dopo aver ammesso che esiste una filosofia, un’estetica della percezione, dell’organizzazione e del racconto, che tratta di nuovi elementi e di un nuovo
linguaggio, che prima non percepivamo, possiamo argomentare con una certa approssimazione sul “significato”
che si trae dalle cosiddette “arti digitali” (o dei calcoli numerici-computerizzati), e che qualcuno ha raggruppato
nelle aleatorie «computer art», «computer grafica» ecc.
Questa «nuova arte» oggi si può fare anche con l’Ipad…
In sostanza le novità emerse dalla percezione e dall’osservazione della vita attraverso gli stimoli luminosi ed elettrici ci hanno permesso di organizzare una nuova
conoscenza e una nuova prassi, adoperando «la logica
dell’indeterminatezza» (o indeterminazione) ; mentre la

«comunità scientifica» estetico-artistica italiana “pensa”
― e non sperimenta ― ancora l’universo secondo la logica della «comunicazione» e della «parola».
Sembra che Darwin e Einstein siano stati mal compresi o
rimossi per favorire la comunicazione e la parola; a questo
punto mi sorge il dubbio se questi “luminari” abbiano veramente compreso il messaggio di McLuhan, Deleuze,
Baudrillard, o Virilio? Non dico la «filosofia dell’emergenza» di Mead, e del suo «allievo estetico» Dewey, che
trattano del racconto arbitrario dell’«esperienza», ma almeno Umberto Eco, Luciano Anceschi o il più vicino Dino
Formaggio che si sono spesi per differenziare l’«informazione» dalla «comunicazione» e con con questa differenza porre uno spartiacque tra la «morte dell’arte della
comunicazione» e «l’arte dell’informazione» che emerge
dalla relazione di uno stimolo e di un osservatore che ne
percepisce un modello.
Ne concludo, amaramente, che per pianeti che hanno
scelto di vivere in ambienti retrogradi siamo costretti a vivere o nel tempo della demenza senile o nel tempo di sordità per scelta.
Specie nelle accademie e nelle università ci troviamo alla
presenza di docenti che pur ammettendo di avere una
mente che tratta fenomeni ed eventi non percepibili con il
corpo linguistico della parola, ne vuole tracciare ancore le
linee guida con una geometria euclidea...

Giuseppe Siano
Teorico dell'Arte Università di Salerno

48

Giuseppe Siano (Photo by E.Senatore)
Expo Personnelle Ermanno - Atelier/Galleria,
Salerno, 2011

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DROMOSCOPIE

Entretien avec PAUL VIRILIO

Dans le va-et-vient de Immagina* nous avons

rencontré le sociologue Paul Virilio. Il multiplie
les essais : L'espace critique, Vitesse et politique, Logistique de la perception, L'horizon négatif, et il reste convaincu qu'il y aura demain
une crise effroyable de la société télématique et
que la technologie empruntera des chemins périlleux.

Vous définissez non sans inquiétude, la société de

Couverture Catalogue "Videoculture"
Université de Naples, 1988

demain comme «un monde où le temps prévaudra sur
l'espace et où l'image prévaudra sur l'objet et même
sur l'être physiquement présent».

En outre je trouve fondamental que quand on parle de

J’essaie seulement de tamponner l'euphorie technolo-

la robotique qui remplace l'homme, on doive parler aussi
des accidents liés à l'automatisation. Inventer le train c'est
inventer le déraillement, ainsi pour l'homme infirme qui a
eu un accident on invente des prothèses qui lui permettent de se déplacer. Et alors les mêmes matériels qui servent à aider la personne handicapée, aident à assister
l'homme d'élite, équipé. Le paralysé et le pilote d'un avion
de chasse sont tous les deux des handicapés produits par
la robotique.

gique dans laquelle nous sommes plongés et de souligner
que la pente dangereuse où se trouve la technologie est
la vitesse de calcul. On parle de millions d'opérations par
seconde. La vitesse dont je parle nous rend progressivement et définitivement étrangers aux calculateurs. Parce
que l'homme a une vitesse différente de la technologie,
comme du reste il est étranger à la sphère de la vitesse
de la mouche.
Ce qui est alarmant dans l'inconscient technologique est
que nous sommes en train d'y déléguer le pouvoir décisionnel, autant dans le diagnostic médical électronique
que dans la guerre (gérée par des satellites intelligents).
De plus nous devenons des handicapés sexuels à travers
la sophistication progressive de la prostitution des téléphones roses, du minitel. Quand nous réfléchissons sur
l'évolution de la sexualité de masse nous nous rendons
compte que des maisons closes nous sommes passés à
la représentation de la prostitution par l'intermédiaire des
vitrines d'Amsterdam, le strip-tease, jusqu'à arriver au minitel qui annule le contact intime et physique définitivement. L'infirmité est le problème fondamental de
l'électronique.

On raconte que la Honeywell**, à usage militaire, a

conçu un casque apte à projeter directement sur la
rétine du pilote les données depuis le tableau de bord
qui se superposent au champ visuel.

Les essais de simulation militaire sont des exemples fon-

damentaux pour comprendre les mutations en cours.
Dans les futurs avions de combat ce sera le casque qui
deviendra le simulateur de vol. Le pilote en effet volera
mais en ne voyant qu'artificiellement le sol autour de lui.
La simulation n'est plus de vol mais de sol. C’est bien la
dernière nouveauté : que le pilote voie la réalité artificiellement et fasse la guerre dans son casque simulateur.
C'est formidable et atroce en même temps. Quand j'ai
rencontré un responsable des simulateurs au Ministère
de la guerre à Paris, il m'a dit paniqué: «Je ne veux pas
que ma fille joue ne serait-ce qu’avec une petite calculatrice». Il est cependant vrai que de la petite calculatrice
au casque simulateur de sol pour la guerre il y a un océan.

L'homme devient inerte, tout va à lui. L'homme est

confiné comme il l'était dans le ghetto ou dans la famille
bourgeoise, mais aujourd'hui il est fermé dans l'inertie du
télétravail ou du téléphone rose. Nous sommes inscrits
non seulement dans la chair, dans les odeurs, dans la matière, mais aussi dans l'énergie, dans la vitalité, dans le
vivant, dans la vision de la vitesse que j'appelle dromoscopie. Quand je me promène je vois les arbres et j'ai l'impression qu'ils viennent à ma rencontre, que ce n'est pas
moi qui vais vers eux, mais que se sont eux qui viennent
vers moi. Ceci est le début de l'illusion dromoscopique,
de l'illusion optique de la vitesse. Les effets dromoscopiques mobiles, automobiles, aujourd'hui remplacent ceux
de l'électronique et créent le sentiment que les images
viennent à nous, que les choses bougent sans nous, sans
que nous allions vers elles.

Laissons de côté le charme de la logique paradoxale

49

et abordons l'aspect plus spécifique du computer
Graphic. Vous avez été le premier, dès que le livre du
mathématicien Mandelbrot est sorti en France en
1975, à vous laisser séduire par la géométrie des fractales. A tel point que depuis vous avez écrit des articles et des essais dans lesquels vous avez parlé
d'images informatisées et de cette nouvelle géométrie
non euclidienne de la nature à travers laquelle on peut
«voir des transparences inconnues.»



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