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Faculté des sciences économiques, sociales, politiques et de communication (ESPO)
Ecole des Sciences Politiques et Sociales (PSAD)

 
 

L’Afrique du Sud et les BRICS
Travail réalisé par
Kaja Magdalena Wojtczak et Joelle Marina Bamouni
SPRI2060 – Séminaire de Relations Internationales
Xavier Follebouckt
Année académique 2014-2015
Master 1 en Sciences Politiques. Relations Internationales. Finalité diplomatie et
résolution de conflits.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Plan du travail
Introduction
Partie I. Le clan BRICS
1. Origine et objectifs
2. Les membres du groupe « BRIC »
a. Le Brésil
b. La Russie
c. L’Inde
d. La Chine
Partie II. De BRIC à BRICS
1. Pourquoi l’Afrique du Sud ?
2. Engagement de BRICS en Afrique
3. Une politique régionale limitée de l’Afrique du Sud
4. La place de l’Afrique du Sud dans le groupe « BRICS »
5. Les opportunités et les limites de la présence de BRICS sur le continent
pour l’Afrique
6. Les BRICS comme un contrepoids à l’hégémonie euro-américaine
Conclusion

 

1  

Introduction
L’Afrique du Sud est (une République depuis 1961, mais ce n’est une démocratie que
seulement depuis 1999 après une transition de 5 ans) un acteur tout nouveau sur la scène
internationale, qui vient seulement de commencer à pratiquer le régime démocratique.
Lors des élections de 1948 seulement les « blancs » ont été autorisés à voter. Le parti
au pouvoir a adopté une politique de ségrégation raciale et une mise en place du régime
d’apartheid.
Le Congres National Africain, l’organisation nationale crée en 1912, s’y est opposé. Le
nombre de ses membres a vite augmenté, c’est pourquoi le gouvernement a décidé de
répondre via des arrestations massives. En 1953, l’Etat a mis en œuvre une loi sur la Sécurité
Publique, en facilitant au même temps l’introduction de l’Etat de guerre. Les changements du
pays n’ont commencé que dans les années 1990, lorsque sous la présidence de F.W. de Klerk
l’Afrique du Sud est passé au démontage du système d’apartheid et à la mise en place de
démocratie. Les premières élections libres ont eu lieu en 1994 et ont été gagné par les
opposants : le Congres National Africain avec Nelson Mandela comme nouveau président.
Le comportement de Mandela a attiré l’attention du monde sur l’Afrique du Sud, et lui
a accordé une place sur la scène mondiale.
Actuellement, la République de l’Afrique du Sud fonctionne mieux économiquement et est un
acteur politique important sur le plan international, mais, les divisions politiques internes
n’ont pas disparu. La politique interne démure dominée par des groupes d’acteurs qui se
détruisent entre eux-mêmes. Un succès économique du pays reste alors un grand défi pour sa
population toute entière.
C’est un pays qui doit toujours faire face à des problèmes tels qu’un taux de chômage élevé,
un déficit de la main-d’œuvre professionnelle, un niveau d’éducation assez bas, les inégalités
sociales et une forte criminalité1. L’accès au marché du travail n’est pas non plus égal pour
tout le monde, ce qui est principalement dû à la diversité ethnique interne du pays, mais aussi
le bas niveau de l’éducation et aux mauvaises conditions de vie des populations2.

                                                                                                               
1

Uniwersytet Ekonomiczny w Krakowie, « BRICS – Kwintet czy pięciu solistów ? Tom pokonferencyjny »,
Katedra Nauk Politycznych, Kraków, 2014, p. 171., (URL:
http://www.np.uek.krakow.pl/images/stories/brics_.pdf).
2
Ibid., p. 173.  

 

2  

Au cours du séminaire nous avons abordé la thématique des différents pays en tant que
puissances. Nous avons aussi tenté de les définir en tant que superpuissances, puissances
mondiales, puissances moyennes, régionales, petites puissances ou puissances émergeantes.
Nous avons décidé de consacré ce travail à l’analyse de relations qui existent entre les pays du
groupe BRICS et l’Afrique du Sud.
En effet, la République de l’Afrique du Sud a joint les BRIC(S) en 2013 lors du 5e
sommet des BRICS à Durban. De nombreuses critiques sont alors apparus, surtout quand au
rôle que l’Afrique du Sud occupe au niveau mondiale en tant que pays : une puissance
moyenne ou régionale ?
Dans notre travail, nous allons procéder comme suit : tout d’abord la présentation de
pays BRICS, leur origine, objectifs et une brève énonciation des pays membres. Par la suite
nous aborderons de façon limitée l’engagement de BRICS en Afrique et la place qu’occupe la
République d’Afrique du Sud en tant que nouveau membre de BRICS dans cette nouvelle
politique de pays émergeants.
Ensuite, ce travail nous donnera l’opportunité d’appliquer la théorie à la réalité et
essayer de définir les pays BRICS en tant que puissances émergeantes et régionales.
Pour conclure cette recherche notre objectif sera de voir comment caractériser et
comprendre la présence de BRICS en Afrique, et comment percevoir le leadership régional
de la République de l’Afrique du Sud sur le continent africain.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

3  

Partie I. Le clan BRIC
 
1.  Origine et objectifs
Nous devons la création du concept de « BRIC » (« BRICS » depuis l’an 2013) à
l’économiste anglais Jim O'Neill, qui l’a utilisé pour la toute première fois dans son article
« Building Better Economic BRICs »3 (publié en Novembre 2001). La notion « BRIC » fut par
la suite popularisé en 2003 par l’une des plus grandes Banques Mondiales d’Investissement :
Goldman Sachs, qui l’a utilisé afin annoncer à la scène internationale que d’ici le milieu du
XXI siècle ces pays deviendront des puissances mondiales4.
Les publications sur les pays BRICs avaient l’intention d’encourager les investisseurs à faire
attention aux futures possibilités de ces pays. L’économiste O’Neill les a décrit comme «payscontinents disposant de nombreux et puissants atouts : une structure démographique dense et
dynamique qui constitue une source de main d’œuvre importante autant qu’un marché en
expansion ; des ressources naturelles abondantes (hydrocarbures, minerais, terres arables) ;
des secteurs manufacturiers en voie de diversification et montant en gamme sous l’impulsion
de quelques fleurons (armement en Russie, agro-alimentaire au Brésil, informatique et
pharmacie en Inde) »5.
A partir du début du XXI siècle les 4 pays : Brésil, Russie, Inde et Chine, connaissent
une accélération dans la croissance, justifiée par les situations internes comme la stabilisation
macroéconomique, ouverture vers l’extérieur et des nouvelles réformes, mais aussi par la
mondialisation – diversification de marchandise dans les échanges commerciaux ou
nombreux investissements étrangers6.
Ce club d’Etats émergeants - BRIC(S) prend alors sa naissance par une initiative Russe, en
2009, tout d’abord dans le domaine économique afin d’accentuer les similitudes industrielles
et productives de pays qui pourtant se diversifient sur le plan culturel, social et aussi politique.
Leur rassemblement sous une seule idée pourrait être aussi justifié par la qualification de ces

                                                                                                               
3

O’NEILL J., « Building Better Global Economic BRICs », Global Economics, n° 66, 30 Novembre 2001, 16 p.
(URL : http://www.goldmansachs.com/our-thinking/archive/archive-pdfs/build-better-brics.pdf).
4
MUSSET B., SOME J., « Les BRICS : Qui ? Comment ? Est-ce autre chose qu’un écran de fumée ? », Le
dossier des Yeux du Monde., N° 3, Mars 2014, p. 2. (URL : http://les-yeux-du-monde.fr/wpcontent/uploads/2014/04/Dossier-n°3-Les-Yeux-du-Monde.pdf).
5
Ibid.
6
RUET J., « Andrea Goldstein, Françoise Lemoine. L' Economie des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) »,
Afrique contemporaine, 2014/1 n° 249, p. 134-136.

 

4  

pas en tant que pays membres d’une « « aristocratie émergeante » : un regroupement de
puissances régionales ayant des ambitions au plan global »7.
Le groupe BRIC(S) apparaît alors comme un acteur stratégique capable d’influencer
les autres figurants de la scène internationale ce qui lui permet de s’institutionnaliser pour
coopérer et centraliser leurs atouts dans le cadre des réunions de négociations multilatérales8.
« BRIC(S) », à savoir le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, et comme nous allons le
voir par la suite, l’Afrique du Sud, sont 5 pays, qui jusqu’il n’y a pas si longtemps, étaient
considérés comme les Etats du Tiers Monde. Actuellement, il s’agit de 5 puissances
émergeantes les plus importantes sur la scène internationale dont les Etats-Unis doivent tenir
compte, surtout que l’Amérique est incapable de résoudre les problèmes mondiaux toute
seule. Les pays BRIC(S) ne constituent ni aucune alliance politique telle que par exemple
l’Union Européenne ni aucune association formelle du commerce. Leurs objectifs sont très
ambitieux, nous pouvons en distinguer particulièrement trois9 :
-

création d’une association d’un nouveau système monétaire

-

mise à l’avant du rôle de pays émergeants dans les institutions monétaires mondiales

-

réformes d’ONU.

2. Les membre du groupe « BRIC »
a. Le Brésil
Le Brésil est le 5e le plus grand pays de la planète et le premier de l’Amérique du Sud
en prenant en compte sa superficie (8 511 965 Km2). Il compte 202 656 78810 habitants. En
2011 ce pays se présentait comme la 7e plus grande économie nationale et la troisième la plus
grande puissance économique mondiale après la Chine et l’Inde. Sous la présidence de Lula
(2003-2010) la politique étrangère du Brésil est devenue bien autonome, c’est pourquoi sur le

                                                                                                               
7

MUSSET B., SOME J., Op. Cit., p. 2.
Ibid., p. 3.
9
GEOPOLITYKA.ORG, Skowronek Tomasz, BRICS – 5 potęg, http://geopolityka.org/analizy/1133-brics-5poteg, (Consulté le 19 décembre 2014).
10
STATISTIQUES MONDIALES, Brésil, http://www.statistiques-mondiales.com/bresil.htm, (Consulté le 19
décembre 2014).
8

 

5  

terrain régional, il aspire à une autonomie de l’Amérique du Sud vis-à-vis de l’Amérique du
Nord11.
Le marché du Brésil est émergent, même s’il y a encore des problématiques au niveau interne
(comme la capacité de production ou encore le transport et l’énergie).
L’économie du Brésil est marquée par une forte demande intérieure, ce qui diminue sa
dépendance des autres pays du monde, contrairement aux autres pays émergents. Ce pays
dispose de grands gisements de pétrole, de gaz naturels, réserves de minerai de fer12. C’est
aussi un grand exportateur des bicarbures.
Pourtant, au départ, l’Etat brésilien a eu du mal à s’affirmer comme puissance
régionale, (surtout régulatrice) au-delà de l’Amérique Centrale, mais avec son rôle important
au sein des organisations internationales telles que par exemple l’UNASUR, l’Etat est arrivé à
obtenir du soutien régional13.
Dans le domaine militaire, la Brésil a fort modernisé son armée (de même pour le
programme nucléaire « secret »14) depuis 2008 ce que lui a permit de devenir directrice dans
la coopération régionale.
Le pays brésilien cherche à s’affirmer aussi au niveau mondial, – notamment dans le
domaine de politiques climatiques, engagement pour les missions de paix de l’ONU, où il
exige en outre une place de membre permanent au sein du Conseil. Pourtant, il fait toujours
face aux critiques occidentales concernant son régime peu démocratique et un non respect de
droits de l’homme15.
b. La Russie
La Russie est un grand pays, une grande « puissance » depuis des siècles, un des Etat
les plus influents sur la scène internationale, avec un siège permanent au sein du Conseil de
sécurité des Nations Unies.
Elle compte actuellement 142 470 272 habitants et s’étend sur une superficie est de 17 098
242 Km216.
                                                                                                               
11

« Le Brésil : Puissance économique à se profiler en politique étrangère », Politique de sécurité : analyses du
CSS, n°33, (Center for Security Studies, ETH Zurich), mai 2011, p. 1. (URL :
http://www.css.ethz.ch/publications/pdfs/CSS-Analysen-93-FR.pdf).
12
Ibid., p. 2.
13
Ibid.
14
Ibid., p. 3.
15
Ibid., pp. 3-4.
16
STATISTIQUES MONDIALES, Russie, http://www.statistiques-mondiales.com/russie.htm, (Consulté le 19
décembre 2014).

 

6  

C’est un Etat reconnu mondialement pour son taux de croissance économique, elle est le plus
grand producteur et exportateur mondiale de pétrole et de gaz pour les pays de l’ « Eurasie »
et de l’Union Européenne. L’augmentation du prix de ressources vendus a favorisé
l’augmentation de son budget. En 2014 le PIB russe a dépassé 2000 milliards de dollars17. Sa
place au sein des BRIC est bien légitime.
Pour les pays post-soviétiques elle demeure une puissance exemplaire, médiatrice, et
un grand pouvoir nucléaire18. Actuellement la Russie est le deuxième exportateur d’arme dans
le monde (après les Etats-Unis). Le gouvernement de Vladimir Poutine, afin de diversifier les
recherches scientifiques russe dans le domaine de la nouvelle technologie, a fortement investit
dans le développement de nanotechnologie19.
Un grand problème auquel la Russie a dû se confronter était la « dépopulation »,
phénomène connu au début des années 1990. Depuis lors elle accorde une plus grande
importance à des mesures visant à une progression de taux de natalité20.
Considérée pendant des siècles comme une superpuissance, son statut de puissance
d’émergence est souvent remis en cause.
c. L’Inde
En Occident l’Inde est considérée comme une puissance démocratique émergeante, ce
qui est surtout dû à son taux de croissance économique de plus en plus important (de +/- 3,2%
en 201321) avec un PIB de 1758 milliards de dollars (2013 FMI) une population de plus de 1,2
milliards des habitants 22 , une superficie est de plus de 3 millions Km2 23 et un rôle
considérable sur la scène internationale grâce au développement de sa puissance nucléaire.
Cependant, il s’agit d’un Etat géographiquement instable, avec une population
effrayée par une menace potentielle de ses voisins, à savoir, Pakistan et Chine formant un
                                                                                                               
17

TRADING ECONOMICS, Russie-Taux de croissance annuelle du PIB-2014,
http://fr.tradingeconomics.com/russia/gdp-growth-annual, (Consulté le 19 décembre 2014).
18
DE TINGUY A., « Russie : le syndrome de la puissance », CERISCOPE Puissance, 2013, p. 3.,
http://ceriscope.sciences-po.fr/puissance/content/part4/russie-le-syndrome-de-la-puissance,
(Consulté le 19 décembre 2014).
19
« Domaine de la science dont la vocation est l'étude et la fabrication de structures (appelées nano-objets) dont
les dimensions sont comprises entre 1 et 1 000 nanomètres (nm) ». LAROUSSE.FR, Dictionnaire de français,
http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/nanotechnologie/53751, (Consulté le 19 décembre 2014).
20
KONKOLEWSKY H.H., « Perspectives en politique sociale. Le groupe BRICS – sécurité sociale dynamique
en action », Les essentiels de la sécurité sociale, ISSA, 2013, p. 3.
21
STATISTIQUES MONDIALES, Inde, http://www.statistiques-mondiales.com/inde.htm, (Consulté le 19
décembre 2014).
22
Ibid.
23
FRANCE DIPLOMATIE, Présentation de l’Inde, http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossierspays/inde/presentation-de-l-inde/, (Consulté le 19 décembre 2014).

 

7  

partenariat nucléaire. D’où aussi les dépenses militaires indiennes fortement élevées souvent
au détriment de la politique socio-économique24.
Le conflit Indo-Pakistanais bloque à l’Inde un accès libre aux routes commerciales et à
ressources énergétiques ce qui place à mal son approvisionnement en énergie. Les forces
navales chinoises préoccupent la population indienne, surtout que 95% du commerce indien
passe par la voie maritime25.
L’Inde connaît aussi des nombreux défis de politique interne, surtout dans le système
d’éducation et d’infrastructure. Les revenus sont répartis d’une manière inégalitaire26.
d. La Chine
La Chine est peuplée de plus de 1,3 milliards d’habitants 27 et elle est un pays
exceptionnel pour sa croissance économique (7,7% en 2013). La Chine est dotée d’un grand
arsenal nucléaire, elle est un rival potentiel des USA dans le domaine d’affaires étrangères.
Elle forme la principale puissance émergeante28.
La monté du pouvoir chinois a fait remettre en cause la superpuissance américaine. Durant les
dix dernières années la Chine s’est concentrée sur son système interne et l’ouverture du pays
vers le marché mondial en libéralisant les politiques commerciales et les investissements29.
Au mois d’octobre 2014, le Fond monétaire international a confirmé sa prévision pour une
croissance économique de la Chine, qui deviendrait désormais la première puissance
économique mondiale, tout en dépassant les Etats-Unis30.
La Chine aspire aussi à obtenir un statut de superpuissance dans le domaine militaire. Son
budget pour la défense a augmenté depuis 1996. Les dépenses militaires en pourcentage du

                                                                                                               
24

« L’Inde : une puissance émergeante placée devant de grands défis », Politique de sécurité, analyses du CSS,
n° 73, (Center for Security Studies, ETH Zurich), mai 2010, p. 1. (URL :
http://www.css.ethz.ch/publications/pdfs/CSS-Analysen-73-FR.pdf).
25
Ibid., p. 2.
26
Ibid., p. 3.
27
STATISTIQUES MONDIALES, République populaire de la Chine. Statistiques, http://www.statistiquesmondiales.com/chine.htm, (Consulté le 18 janvier 2014).
28
ROROMME Ch., « L’énigme de la puissance chinoise : l’originalité et fondements théoriques », Monde
Chinois, nouvelle Asie, n° 25, printemps, 2011, p. 28. (URL : http://archives.cerium.ca/IMG/pdf/RChantalL_enigme_de_la_puissance_chinoise.pdf).
29
Ibid., p. 30.
30
I24NEWS, Asie et Pacifique, La Chine devient la première puissance mondiale,
http://www.i24news.tv/fr/actu/international/asie-pacifique/46551-141009-la-chine-devient-la-1ere-puissanceeconomique-mondiale, (Consulté le 19 décembre 2014).

 

8  

PIB en 2013 étaient de 2,1% et les exportations d’armes en 2005 de 129 millions de dollars.
Actuellement, le personnel militaire chinois compte 3 033000 personnes31.
La nouvelle politique externe de la Chine lui a permit de se créer un environnement favorable
à son émergence : elle fait partie de nombreuses institutions internationales dont OMC, le
régime de non-prolifération nucléaire ou l’ONU. Elle est aussi de plus en plus présente au
sein des organisations non-étatiques32.
La puissance de la Chine depuis les dernières années est aussi marquée par sa forte présence
en Afrique du Sud33.
Même si ces états forment une seule constitution, et se complètent les unes aux autres,
(le Brésil par le domaine d’agro-alimentation, Afrique pour les métaux et minéraux, Inde avec
l’industrie pharmaceutique, etc.,)34 il faut prendre en compte les divergences qui les séparent.
La Chine et l’Inde demeurent des grands concourants dans le voisinage35, la Russie et le
Brésil craignent la politique de la Chine qui« aime à montrer sa supériorité »36, et l’Afrique
qui cherche à s’affirmer comme puissance par des investissements chinois dans la région37.
L’Inde est le pays le moins développé de tous les pays BRICS, mais avec un fort potentiel de
croissance, la Russie est probablement le pays le mieux situé économiquement et socialement
que les autres pays émergeants de BRICS.

                                                                                                               
31

STATISTIQUES MONDIALES, République populaire de la Chine. Statistiques, http://www.statistiquesmondiales.com/chine.htm, (Consulté le 18 janvier 2014).
32
ROROMME Ch., « L’énigme de la puissance chinoise : l’originalité et fondements théoriques », Monde
Chinois, nouvelle Asie, n° 25, printemps, 2011, p. 33.
33
Ibid., pp. 33-34.
34
MUSSET B., SOME J., Op. cit., p. 4
35
Voir plus : STRUYE DE SWIELANDE T., « Inde-Chine : concurrence dans le voisinage » (Note d’analyse
n°8) Chaire InBev Baillet-Latour, programme « Union Européenne - Chine », 2010, 35 p.
36
Ibid.
37
MUSSET B., SOME J., Op. cit., p. 3.

 

9  

Partie II. De BRIC à BRICS
1. Pourquoi l’Afrique du Sud ?
Selon les données mondiales, l’Etat africain compte actuellement 54 millions
d’habitants sur un territoire dans la superficie est de 1 219 912 Km238. Son PIB global était de
371,4 milliards de dollars en 2013, c’est pourquoi l’Afrique du Sud serait considérée comme
le pays le plus développé de l’Afrique39. Afin d’accroire le niveau d’économie elle a adopté
une politique monétaire expansionniste, à travers l’investissement, la production et la
consommation40.
Le PIB de l’Afrique du Sud se compose de trois secteurs : primaire, secondaire et
tertiaire.
Le secteur primaire consiste principalement en activités qui ont pour l’objectif l’exploitation
de ressources naturelles comme l’élevage, l’agriculture, la sylviculture ou la pêche41. Depuis
1975 son rendement agricole progresse, il a déjà atteint 13,7 milliards d’euro en 201242.
L’Afrique du Sud exporte surtout du mais, sucre, soja, tournesol, raisins, pommes, poires,
pêches, légumes, agrumes ou du vin. Le secteur primaire couvre les principaux besoins
alimentaires du pays.
Le deuxième secteur rassemble les activités qui transforment les ressources naturelles en
produits finis. C’est le domaine des industries et de construction des mines. L’Afrique du Sud
est le plus grand producteur et exportateur mondial de nombreuses pierres précieuses ou non,
dont l’or, charbon, diamant. C’est un leader spécialisé dans le domaine des matériaux
ferroviaires, combustibles synthétiques, machines et équipement pour le travail dans les
mines43.
Le troisième secteur comprend des activités économiques en matière du commerce,
transports, l’administration, finance, domaine immobilier, santé publique, l’action sociale,
l’éducation et autres. L’Afrique du Sud, beaucoup plus que les autres BRICS, a élargit le
terrain de recherches scientifiques, ainsi elle est devenue une destination connue des étudiants
                                                                                                               
38

STATISTIQUES MONDIALES, Afrique du Sud, http://www.statistiques-mondiales.com/afrique_du_sud.htm,
(Consulté le 20 décembre 2014).
39
PREILLON N.,. « Afrique du Sud. Etude réalisée dans le cadre de la mission économique conjointe
présidée par S.A.R. la Princesse Astrid du 20 au 27 octobre 2013», Agence pour le commerce extérieur, 2013, p.
14. ( URL : http://www.abh-ace.be/fr/binaries/Afrique_du_Sud_notebilterale_FR_BD_tcm449-231105.pdf).
40
Ibid., p. 17.
41
Ibid., p. 16.
42
Ibid.
43
Ibid.

 

10  

africains après. Depuis 2010 l’Afrique du Sud connaît aussi une importante effervescence
touristique44.
La Chine, les Etats-Unis, le Japon et l’Union Européenne sont les principaux
partenaires commerciaux de l’Afrique du Sud dans la politique de l’exportation. Quand aux
importations, c’est la Chine qui est son fournisseur principal pour les produits pétroliers,
machines et équipements45.
Avec la fin du régime d’apartheid en 1994 et l’adhésion de l’Afrique du Sud à l’OMC,
cette dernière s’est fortement ouverte à la politique extérieure. Au G-20 l’Afrique du Sud est
le seul pays représentant le continent africain. Sa présence dans de telles organisations
internationales lui permet de défendre les intérêts des puissances émergeantes46. Néanmoins,
certains pensent que l'Afrique du Sud a obtenu sa place parmi les BRICS pour des raisons
politiques. En effet , si l'on s'en tient à la taille de son économie elle ne représente que 2, 5%
du PIB total des BRICS ou à sa population, l'Afrique du Sud est un nain face aux autres pays
de cette alliance qui lui coutera ailleurs, un alignement diplomatique a l'opposé des lutte antiapartheid.
2. Engagement de BRICS en Afrique
L’engagement de BRICS en Afrique était surtout une idée chinoise 47 . Les pays
BRICS, en tant que investisseurs intelligents qui ont connu par eux même la pauvreté de
l’époque, décident d’apporter leur aide au continent africain en entrainant des changements
dans son architecture globale et dans l’aide au développement.
L’Afrique est un continent riche en ressources minérale et un marché d’exportation de
produits manufacturé. 48 Les BRICS pensent à leur croissance économique durable afin
d’assurer une prospérité pour les citoyens, et donc entament des investissement dans
l’énergétique, les énergies de substitution, la télécommunication, l’information et les
nouvelles technologie médicales49.
                                                                                                               
44

Ibid.
Ibid. pp. 25-26.
46
Ibid., p. 24.
47
DUBE M., « BRICS Summit 2013 : Staregies for South Africa Engagement, Policy Briefing, nr. 62, Economic
Diplomacy Programme, mars 2013, p. 2. (URL :
http://dspace.africaportal.org/jspui/bitstream/123456789/33693/1/saia_spb_62_EDIP_dube_20130310.pdf?1).
48
Ibid.
49
« BRICS-Afrique. Partenariat pour le développement. Promouvoir la croissance inclusive et le changement
transformateur », Nations Unies, Commission économique pour l’Afrique, p. 1. (URL : http://www.climdevafrica.org/sites/default/files/DocumentAttachments/BRICS%20%20Afrique%20Partenariat%20pour%20le%20developpement%2045

 

11  

Les BRICS investissent aussi dans le développement de l’infrastructure, le secteur
agricultural, et comme la Chine dans les zones de développement industriel destiné à aider
l’intégration de l’Afrique au niveau global 50. De manière concrète, on peut noter que les
échanges commerciaux entre l'Afrique et les pays BRICS ont pratiquement doublé entre les
années 2007 et 2008. En effet, la plupart des exportations africaines sont constituées de
matière première. Ainsi en 2011, les produits manufacturés et alimentaires représentaient les
deux des plus grandes catégories de produits que les pays du groupe BRICS importait par
l'Afrique, environ entre 74% et 14% respectivement51.
 

Mais, vue que les BRICS ne sont pas un vrai bloc économique, les engagements en

Afrique sont aussi et surtout de type bilatéral. Il n’y a pas de stratégie spécifique dans les
relations Afrique – BRICS (comme groupe), qui et cependant manquante aussi dans ces
relations bilatérales52.
3. Une politique régionale limitée de l’Afrique du Sud
La place qu’occupe l’Afrique du Sud sur la scène internationale a pris de l’importance
avec la fin du régime d’apartheid. « Sur le plan économique, le pays fait fonction de
locomotive en Afrique australe, sur le plan politique de sécurité elle s’engage dans contexte
régional et continental en fournissant par exemple des troupes pour les missions de paix ou
en exerçant des activités de médiation »53. Mais, malgré les succès qu’elle suppose avoir au
niveau mondial, le rôle de cette puissance « régionale », ne marche pas trop.
Le système d’apartheid a causé dans les années 60/70 une mise à l’écart international
de la République de l’Afrique du Sud, atténuée un peu lors de la Guerre Froide grâce à la
politique économique que la République a entamé avec les Etats de l’Europe Occidentale et
les Etats Unis d’Amérique54.
Sous Mandela, dans la deuxième moitié des années 1990, l’Afrique du Sud a connu un
régime démocratique, multipartite et une politique basée sur le rapprochement social. Le
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
%20Promouvoir%20la%20croissance%20inclusive%20et%20le%20changement%20transformateur%20%20FR.pdf; (Consulté le 20 décembre 2014).
50
DUBE M., Op. cit., p. 2.
51
« BRICS-Afrique. Partenariat pour le développement. Promouvoir la croissance inclusive et le changement
transformateur », Op. cit., p. 3.
52
DUBE M., Op. cit., p. 2.
53
« L’Afrique du Sud : une puissance régionale limitée », Politique de sécurité : analyse du CSS, n°102, octobre
2011, p. 1., (URL : http://www.css.ethz.ch/publications/pdfs/CSS-Analysen-102-FR.pdf), (Consulté le 22
décembre 2014).
54
Ibid., p. 2.

 

12  

renouveau amélioré de l’image de l’Etat africain lui a ouvert la voie vers de nombreuses
entités internationales comme par exemple l’Organisation de l’unité africaine que l’Afrique
du Sud a joint en 1994, ou encore la Communauté de développement d’Afrique australe.
L’Afrique du Sud a pu aussi revenir à l’Organisation des Nations Unie, qui a suspendu sa
place dans les années 197055.
Ce mécanisme de transition a donnée à l’Afrique du Sud une puissance économique la plus
marquante sur le continent, « en 2008, sa croissance économique annuelle moyenne était
d’environ 4,8%. En 2010, sa croissance était de 2,8%. Le PIB de l’Afrique du Sud
représentait alors environ 2/3 du PIB en Afrique australe, environ 1/3 du PIB total en Afrique
au sud du Sahara et environ 1/5 du PIB de l’ensemble du continent »56. Il s’agit du pays le
plus riche en Afrique qui domine le marché de l’or et du diamant, c’est pourquoi la Chine, qui
investit énormément en Afrique, a proposé à l’Afrique du Sud de joindre les BRICS.
L’armée militaire de l’Afrique du Sud est la plus puissante de l’Afrique, et avec les dépenses
militaires assez élevées, elle a pu bien l’équiper.
Cependant, l’Afrique du Sud n’arrive toujours pas à marquer son influence dans la
région, ce qui s’explique particulièrement par une politique étrangère désordonnée, basée sur
un passé antiraciste et anti-impérialiste et dirigée vers la démocratisation du monde et la
promotion de droits de l’homme afin de montrer à toutes les nations que l’Afrique du Sud
« était un bon citoyen du monde solidaire »57.
La déficience de la politique extérieure de la République s’explique par « le manque de
priorisation des objectifs, l’absence de concrétisation des intérêts nationaux souvent cités er
les conflits d’objectifs qui en résultent 58».
Avec la fin du régime s’apartheid, l’Afrique du Sud se lance dans une série d’actions
et organisations régionales telles que le Nouveau partenariat pour le développement de
l’Afrique (NEPAD) en 2001 ou l’Union africaine (UA) en 2002. La croissance économique
de l’Afrique du Sud prend place grâce au commerce avec les Etats africains, pourtant, le
marché africain n’est mis qu’à la seconde place.
La transformation du pays lui donne aussi une mission du maintien de la paix que
l’Afrique du Sud tente promouvoir dans sa région, en prenant part, par exemple, dans les
mission de paix d’ONU au Burundi, Darfour, ou en République Démocratique du Congo59.
                                                                                                               
55
Ibid.  
56

Ibid.
Ibid.
58
Ibid.
59
Ibid., p. 3.
57

 

13  

Néanmoins, le leader région de l’Afrique du Sud reste limité, tout d’abord parce que
ce leader n’est pas accepté, et puis une certaine méfiance s’est ancrée dans la région, contre
l’Afrique du Sud et Pretoria, qui, à la recherche de l’hégémonie de l’Afrique du Sud, a mis
trop de pression économique, militaire, diplomatique sur les pays voisins lors de la période
d’apartheid. L’Afrique du Sud, n’est donc pas encore capable d’imposer ses contre le refus
d’autres Etats60.
4. La place de l’Afrique du Sud dans le groupe « BRICS »
A l’échelle mondiale, l’Afrique du Sud est considérée plutôt comme une puissance
moyenne61, une assez petite économie si on la compare avec les autres pays BRICS62. En
effet, premièrement, elle garde un retard économique important par rapport aux autre grands
acteurs mondiaux. Deuxièmement, l’Afrique du Sud n’est pas apte à répondre aux attentes
globales et surtout occidentales, relatives à sa position de puissance régionale. Sa faiblesse
régionale est marquée par les sensibilités régionales et par un manque de solidarité africaine
(dont celle de Sud-Sud)63.
Parmi les BRICS, L’Afrique du Sud apparaît comme le pays le plus adéquat à stimuler
le commerce et le développement infrastructurel en Afrique. Pour être crédible et représenter
le Sud sur la scène mondiale, les BRICS avaient besoin d'un membre et le choix de l'Afrique
du Sud est très judicieux, estime de son côté Catherine Grant, ancienne diplomate et
chercheuse à l'institut sud-africaine pour les affaires internationales SIIA.
De plus, l'Afrique du Sud a ajouté au BRICS la voix d'une Afrique démocratique pour
critiquer la domination occidentale sur les institutions mondiales comme le FMI, L'ONU ou la
Banque mondiale64.
Pourtant, pour certains, l’Afrique du Sud a trouvé sa place au sein de BRICS seulement parce
qu’elle peut être le représentant unique du continent africain et une sorte de « pont » entre ce
continent et les pays émergeants.
                                                                                                               
60

Ibid.
DUBE M., Op. cit., p. 2.
62
Voir : Annexe
63
« L’Afrique du Sud : une puissance régionale limitée », Politique de sécurité : analyse du CSS, n°102, octobre
2011, p. 1., (URL : http://www.css.ethz.ch/publications/pdfs/CSS-Analysen-102-FR.pdf), (Consulté le 22
décembre 2014).  
64
SLATE AFRIQUE, L’Afrique du Sud est-elle vraiment une puissance émergeante ?,
http://www.slateafrique.com/120965/lafrique-du-sud-est-elle-vraiment-une-puissance-emergente, (Consulté le
23 décembre 2014).
61

 

14  

En effet, lors du Sommet à Durban, en 2013, lorsque les pays BRIC ont intégré dans leur
groupe l’Afrique du Sud, cette dernière a été fortement critiquée quant à son statut
économique – est-ce qu’elle peut être vraiment considérée comme une puissance émergente
pour faire partie de BRICS65 ?
Depuis sa création, le BRICS est un groupe assez fermé, ce qui se prouve par la non
admission en leur sein des pays tels que par l’exemple le Mexique, la Corée du Sud ou la
Turquie qui sont trois économies a une forte croissance ayant un PIB très supérieur à celui de
l'Afrique66.
La présence de l’Afrique du Sud au sein de BRICS aurait donc plutôt une explication
politique qu’une explication économique.
5. Les opportunités et les limites de la présence de BRICS sur le continent pour
l’Afrique
En 2013, lors du 5e sommet BRICS à Durban, le Ministre du Commerce et de
l’Industrie de l’Afrique du Sud a souligné que les pays émergeants de BRICS contribuent
fortement au développement du commerce sur tout le contient africain. L’ensemble de leurs
populations crée un large marché intérieur pour leurs productions 67 . Le partenariat de
l’Afrique du Sud avec BRIC lui donne des perspectives de développement, car malgré
l’absence de structures formalisées, le groupe BRIC gagne de l’importance au niveau
mondial. La signification de pays membres prend de l’ampleur et leur coopération accélère les
résultats politiques et économiques bénéfiques pour tout le monde.
Mais, le meilleur développement économique n’est pas le seul bénéfice de cette
coopération BRIC-Afrique du Sud. La république africaine, qui a du mal à s’imposer comme
puissance régionale sur le continent tente sa chance. Elle continue la politique « Africa
First », adopté déjà sous la présidence de Jacob Zumba, sous trois pôles : faire avancer ses
intérêts nationaux, promouvoir sn programme d’intégration régionale et retracer le
programme de développement d’infrastructure, et développer le partenariat « Sud-Sud » dans
                                                                                                               
65

AFRIQUE EXPANSION MAGAZINE, Saucier J.N., BRICS : l’Afrique du Sud, véritable puissance
émergeante ?, http://www.afriqueexpansion.com/brics-/8320-brics-lafrique-du-sud-veritable-puissanteemergente-.html, (Consulté le 20 décembre 2014).
66
JDN, L’économie demain, classement PIB : les pays les plus riches du monde,
http://www.journaldunet.com/economie/magazine/classement-pib.shtml, (Consulté le 20 décembre 2014).
67
PREILLON N.,. « Afrique du Sud. Etude réalisée dans le cadre de la mission économique conjointe
présidée par S.A.R. la Princesse Astrid du 20 au 27 octobre 2013», Agence pour le commerce extérieur, 2013, p.
24. ( URL : http://www.abh-ace.be/fr/binaries/Afrique_du_Sud_notebilterale_FR_BD_tcm449-231105.pdf).

 

15  

le but de développer la gouvernance globale68.
Cependant, surtout qu’avec son interaction dans le group BRICS le marché africain ne
joue pour l’Afrique du Sud qu’un rôle secondaire. Son leadership est surtout rejeté par les
Etats d’Afrique qui connaissent une croissance économique et politique rapide et qui ont leurs
propre relations avec les autres BRICS via un ensemble de relations bilatérales69. En bref, la
place actuelle de l’Afrique du Sud sur la plan régional, au sein de BRICS et sur la scène
internationale, reste incertaine.
6. Les BRICS comme un contrepoids à l'hégémonie euro-américaine.
Les pays de l’Occident se trouvent dans une impasse qui est marquée par un manque
de stabilité́ financière et économique due spécialement aux systèmes économiques et
financiers toujours fragiles, des dettes publiques et privées très élevées, des fort taux de
chômage et une instabilité́ du prix du pétrole qui balance entre le hausse et la baisse... Ainsi il
est possible d’apercevoir peu à peu, les pays du groupe BRICS qui se posent comme des
futures puissances mondiales70.
Ils concentrent en effet, 40 % des réserves monétaires du monde, 18 % du produit intérieur
brut, 15 % du commerce et garantissent le nécessaire de la croissance mondiale. Ces pays qui
émergent métamorphosent leur pouvoir économique en une influence sur la scène mondiale.
La position des BRICS sur le système économique et financier mondiale est pourtant très
critiquée face au reformes actuelles. Les BRICS sont jugés comme trop lent et ne prenant pas
raisonnablement en compte leur rôle sur la scène internationale. Ces pays demeurent dans le
stade de bataille pour la mise en place d'un nouvel ordre mondial multipolaire71. Ils ont un
poids plus réduit dans les institutions financières internationales, surtout aussi qu’ils cherchent
une indépendance vis à vis de ces dernières, d’où au même temps leur idée de création de la
Banque de Développement dont l’objectif est de se garantir les uns les autres, un abri contre
les dangers et de fabriquer des produits d'investissement commun tout en amplifiant la
liquidité́ de leur marché et en améliorant les emprunts possibles avec des investisseur dans
l'économie mondiale. Cette dynamique des politiques guidée par les BRICS entraine un
                                                                                                               
68

DUBE M., Op. cit., p. 3.
Ibid.  
70
AFRIQUE EXPANSION MAGAZINE, Léopold Nséké, Les Pays émergeants : de grands inverseurs,
http://www.afriqueexpansion.com/les-pays-emergents/3961-les-pays-emergents--de-grands-investisseurs.html,
(Consulté le 25 décembre 2014).
71
AFRIQUE EXPANSION MAGAZINE, Vitraulle Mboungou, Les pays émergeants : un contrepoids à
l’hégémonie euro-américain, http://www.afriqueexpansion.com/les-pays-emergents/3961-les-pays-emergents-de-grands-investisseurs.html, (Consulté le 25 décembre 2014).
69

 

16  

retournement des économies globales en faveur du bloc des pays émergents, menés
principalement par la Chine et ses partenaires72.
Ainsi, ces économies qui émergent et qui ont représenté 30 % de la croissance mondiale
depuis la naissance en du terme « BRIC » en 2001, continuent leur programme de coopération
économique qui est fondé avant tout sur les échanges entre les BRICS-même. Comme
illustration nous pouvons prendre la Chine et l'Inde qui ont un accès aux grandes ressources
en matières premières énergétiques et agricoles de la Russie, du Brésil et de l'Afrique du Sud,
tandis que les chinois procurent des biens de consommation à bas prix aux classes moyennes
de leur partenaires73.
L’aptitude du groupe des pays BRICS à aider dans la résolution la crise de la dette a fortifié la
crédibilité́ de ces puissance émergentes, ce qui a contribué à les mettre en position de pouvoir
fort face aux pays de l’UE et aux Etats-Unis d’Amérique. Ainsi, ce nouveau statut de
« leader » a donné aux BRICS cette opportunité de demander lors de la réunion du G20 à
Canne en novembre 2011, un peu plus de rigueur budgétaire. De plus, leur rôle économique
s’'accroit de plu en plus sur le continent Africain74.
La Chine est en effet, le pays qui a enrichit le plus des liens économique avec l'Afrique. Le
montant des échanges entre les deux a vraiment explosé de 1998 a 2008, en mettant dans
l’obscurité les relations de l’Afrique avec l’Inde ,le Brésil, et la Russie75.
En définitive, force est de constater que les BRICS ont bouleversé la donne de
l'économie mondiale et plusieurs études et recherche dans une analyse lointaine continuent de
leur prédire une avenir pavé de réussite dans le domaine surtout de la croissance économique.

                                                                                                               
72

Ibid.
LE TEMPS, Zaki Laidi, Les BRICS sont-ils une coalition anti-occidentale ?,
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/99ba4c30-87f1-11e1-a360-51d2225e977a/Les_BRICS_sontils_une_coalition_anti-occidentale, (Consulté le 25 décembre 2014).
74
AFRIQUE EXPANSION MAGAZINE, Vitraulle Mboungou, Les pays émergeants : un contrepoids à
l’hégémonie euro-américain, http://www.afriqueexpansion.com/les-pays-emergents/3961-les-pays-emergents-de-grands-investisseurs.html, (Consulté le 25 décembre 2014).
75
LA FINANCE POUR TOUS.COM, BRICS, http://www.lafinancepourtous.com/Decryptages/Mots-de-lafinance/BRICS, (Consulté le 25 décembre 2014).
73

 

17  

Conclusion
La République de l’Afrique du Sud est un pays à une histoire très mouvementée avec
nombreuses conséquences, qu’elle subi jusqu’à nos jours. L’une de conséquences historiques
principales est l'inégalité sociale, à la fois raciale et économique. Seul un développement
régional équilibré pourrait assurer à l’Afrique du Sud un développement harmonieux, et du
coup lui permettre de devenir une figure importante sur la scène internationale76.
La première question qui s’est pose alors, est de savoir si le fameux statut des pays
BRICS en tant que grand donateurs, n’est plutôt pas une simple façade pour cacher leurs
subtile dépendance ? Est-ce que la collaboration de BRIC(S) avec l’Afrique dans l’aide au
développement, n’est pas un outils sophistiqué de la politique étrangère pour répondre à leurs
propres intérêts stratégiques ?
Nous pourrions dire que l’aide des BRIC(S) est altruiste. Pourtant elle répond bien aux
besoins de pays en voie de développement. Tout d’abord, les nouveaux donateurs s’engagent
dans des projets d’investissements et laissent de coté les questions sociales ce qui permet
d’éviter l’imposition de reformes à long terme77, souvent loin d’être adaptées aux réalités des
pays bénéficiaires de l’aide, et puis les BRICS jouent un rôle important pour l’Afrique sous
forme d’un marché alternatif lors de crises économiques.
Le modèle africain de croissance économique ne peut être considéré autrement que comme
« vagabond » ou encore « myope », qui consiste principalement en exploitation du continent
africain en ses ressources naturelles et l’export de ces ressources dans les pays mieux
développés. L’Afrique ne reçoit en retour que de produits finis à un prix triplé.
Le commerce de BRICS avec l’Afrique prend clairement un chemin colonisateur.
Il faudrait aussi se poser une autre questions quand à d’autres bénéfices que l’Afrique
du Sud tire de la coopération avec le reste des pays de BRICS, à part sa position régionale. Vu
qu’elle apparaît comme le seul représentant du continent africain, son leader régionale croit en
puissance du jour au lendemain. C’est effectivement à la République d’Afrique du Sud que

                                                                                                               
76

Uniwersytet Ekonomiczny w Krakowie, « BRICS – Kwintet czy pięciu solistów ? Tom pokonferencyjny »,
Katedra Nauk Politycznych, Kraków, 2014, p. 170., (URL:
http://www.np.uek.krakow.pl/images/stories/brics_.pdf).
77
THE GUARDIAN, Glenne J., Does aid to Africa from Brics countries differ from traditional aid?,
http://www.theguardian.com/global-development/poverty-matters/2012/apr/26/aid-africa-brics-countriestraditional, (Consulté le 21 décembre 2014).

 

18  

tombe la responsabilité de défendre les intérêts, tout d’abord des pays émergeants sur le
continent africain, et puis les intérêts des pays africains au niveau international.

 

19  

Bibliographie
 
Ouvrages



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25 décembre 2014).



THE GUARDIAN, Glenne J., Does aid to Africa from Brics countries differ from
traditional aid?, http://www.theguardian.com/global-development/povertymatters/2012/apr/26/aid-africa-brics-countries-traditional, (Consulté le 21 décembre
2014).

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Annexes  
 

 

 

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