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Faculté des sciences économiques, sociales, politiques et de communication (ESPO)
Ecole des Sciences Politiques et Sociales (PSAD)

 
 

La militarisation de l’humanitaire.
Kosovo 1999. « Allied Harbour Operation » (16.4.1999 – 1.9.1999)
Travail réalisé par
Kaja Magdalena Wojtczak
LHUMA2210 – Séminaire : Politique étrangère et l’action humanitaire.
Amin Ait-Chaalal
Année académique 2014-2015
Master 1 en Sciences Politiques. Relations Internationales. Finalité diplomatie et
résolution de conflits.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

1  

Introduction
La complexité de l’action humanitaire demeure sur la scène internationale déjà depuis
plus d’une vingtaine d’années. Elle se construit autour de trois axes principaux, créant ce
qu’on appelle « un triangle des interactions ». Ces axes sont : les organes humanitaires, les
protagonistes politiques et les acteurs militaires. A tout ça s’ajoutent aussi le rôle des médias
et le rôle du cadre éco-commercial qui influencent fortement les opinions publiques et les
acteurs internationaux.
Les protagonistes politiques, qui sont généralement les Etats et les Organisations
Internationales, rentrent en relation avec l’humanitaire. A l’heure actuelle, ces acteurs
politiques utilisent les démarches humanitaires afin de se déculpabiliser de leur responsabilité
politique. Dans cette situation, les ONG sont souvent manipulées par les autorités politiques
et deviennent des instruments de leur politique étrangère. Il suffit de jeter un coup d’œil sur la
crise en Somalie du début des années 90 et prendre la compagne « du ris pour la Somalie » de
Bernard Kouchner comme l’exemple d’un « piège humanitaire ». Avec les années 1990,
l’action humanitaire est devenue une sorte de camouflage de l’inaction politique due à
l’incapacité de porter de l’aide diplomatique aux populations en souffrance.
Les forces militaires quant à elles, se placent entre les acteurs politiques et l’humanitaire. Les
Etats investissent dans les missions du militaire qui remplit alors des tâches qui en vue du
droit international ne sont en ni professionnelles ni légitimes. Les humanitaires par contre,
suite aux interventions de forces armées, se retrouvent impuissants et incapables de porter de
l’aide dans des endroits déstabilisés par une ingérence « agressive » du militaire.
Ce triangle est néfaste pour la résolution des conflits. Comme déjà précisé, la
confusion de rôles se fait à plusieurs niveaux. L’action humanitaire est devenue la prérogative
des Etats, les militaires font un boulot qui n’est pas le leur, et quant aux humanitaires, ils ne
voulaient pas être associés ni au politiques ni au soldatesque. Cependant, avec le temps et les
circonstances défavorables à la paix et sécurité internationale, ces deux derniers acteurs
internationaux ont appris à coopérer.
Ce travail consistera en une analyse plus approfondie d’une seule des dimension du
« triangle des interactions », à savoir « la militarisation de l’humanitaire » Cette analyse se
basera sur un exemple précis : l’opération « Allied Harbour » menée par les forces armées de
l’Organisations du Traité Atlantique Nord au Kosovo, entre le mois d’avril et le mois de
septembre 1999.
Tout d’abord, afin de mieux comprendre qu’était l’opération « Allied Harbour » il faudra
revoir le contexte et les origines du conflit au Kosovo en 1999.
Deuxièmement, ce travail présentera rapidement le rôle qu’a joué l’OTAN lors de la crise et
les conséquences nuisibles qu’a porté son intervention militaire à l’improviste sur la
population kosovare. Puis, on passera alors dans le vif du sujet, à savoir l’opération « Allied
Harbour ». Le but sera de voir ses origines, son déroulement, ses effets finaux.
L’objectif final du travail sera d’examiner, par une analyse réflexive, la confusion de rôles
entre le militaire et l’humanitaire, ses raisons et conséquences.
La recherche s’achèvera par une conclusion.

 

2  

Toile de fond de la Guerre du Kosovo
I.

Le contexte historique du conflit au Kosovo en 1999.

Peu après les guerres en Croatie et en Bosnie-Herzégovine, les Balkans pour une
nouvelle fois ont été troublées par un conflit sanglant. Cette fois ci, le conflit a été déclenché
sur les territoires de l’ancienne province serbe peuplée principalement par des albanais – le
Kosovo. C’est cette zone, la plus pauvre de l’Europe, comptant à peine 10 887 km², qui est
devenue, tout d’abord la scène d’un conflit à violence extrême entre les serbes et les albanais,
puis, en sortant au-delà de la dimension régionale, une des thématiques cruciales de la
politique internationale mondiale.
Une hostilité mutuelle entre les albanais du Kosovo et serbes progressait déjà depuis des
siècles et elle a atteint son zénith à la fin du 20e siècle : un conflit armé ouvert entre les deux
nations.
Après la subdivision de la Yougoslavie, les sentiments nationalistes serbes et albanais
ont vite vu le jour. Les conflits entre les albanais et les serbes grandissaient simultanément
durant les années quatre-vingt. La communauté albanaise cherchait à accroître son
l'autonomie, la communauté serbe à fortifier ses relations avec la Serbie.
En 1989, suite à la déclaration assez patriotarde du président Milosevic et au
développement du nationalisme serbe, la République Fédérale de la Yougoslavie a aboli
l'autonomie du Kosovo1. A partir de ce moment, « un véritable régime d'apartheid est imposé
par le pouvoir de Belgrade aux albanais du Kosovo»2 ce qui a entraîné un boycott immédiat
de toutes les institutions serbes par les albanais. En septembre 1990, suite à la suspension du
statut d’autonomie, l’Ancienne Assemblée du Kosovo se rassemble pour une nouvelle fois et
proclame la République du Kosovo. Lors du référendum, organisé illégalement, la majorité
des citoyens du Kosovo vote pour l’indépendance de la province ce qui tient comme résultat
la ratification de la décision vers fin septembre 3 . Les élections présidentielles et
parlementaires, aussi clandestines, sont organisées le 24 mai 1992. La majorité de la
représentation parlementaire est alors issue de la Ligue Démocratique du Kosovo et M.
Ibrahim Rugova est élu président de la République du Kosovo4. Néanmoins, les nouvelles
autorités ne sont pas reconnues par la Serbie. Le gouvernement kosovar, le président Rugova
et la population albanaise ont essayé, tout au long des années 1990, de s’opposer aux forces
serbes de manière non-violente, même en soufrant et en se sacrifiant afin de « respecter son
adversaire et ne pas lui donner le prétexte d’exercer à grande échelle sa violence »5.
Mais, la création de cet « Etat dans l’Etat », le développement précipité de l’Armée de
Libération du Kosovo (dû à la non intervention des acteurs externes) et une rébellion armée
serbe (dont le but était la répression des kosovars albanais) ont conduit à des tensions graves
dans la province. En 1998, malgré l’opposition de la communauté internationale, le président
                                                                                                               
1

DUFOUR P., La non-violence et la guerre au Kosovo. In: Autres Temps. Cahiers d'éthique sociale et politique.
N°67, 2000, p. 16.
2
Ibidm.
3
Ibidm., p. 22.
4
Ibidm.
5
Ibidm., p. 23.  

 

3  

Milosevic a commencé sa guerre « anti-terroriste », ainsi que la destruction de villes, la
purification ethnique et l’expulsion massive des Albanais.

I.

L’intervention militaire de l’OTAN.

Sous la menace de la scène internationale, Milosevic a accepté un cessez-le-feu, mais
que pour un temps assez bref. Malgré la présence de l’Organisation pour la Sécurité et la
Coopération en Europe (OSCE) il a reprit sa campagne de violence. Au mois d’octobre 1998
l’ONU a décidé d’accompagner l’OSCE sur le terrain et vérifier si le cessez-le-feu est bien
respecté par le président serbe. Mais, cette extraordinaire intervention était bien trop tardive,
et l’OSCE n’est devenu qu’un simple observateur de violence et de reprise du nettoyage
ethnique. C’est cette purification qui fut la raison principale de la guerre lancée par l’OTAN6.
Plusieurs résolutions ont été prises dans le cadre de la guerre au Kosovo par le Conseil
de Sécurité des Nations Unies. Le 31 mars 1998 le Conseil de Sécurité, par la résolution 1160,
a imposé un embargo sur les armes à la destination de l’ex-Yougoslavie7. Par après, suite à la
violation de la résolution 1160, le 23 septembre 1998 le Conseil de Sécurité a voté et adopté
la résolution 1199 visant, comme déjà précisé, la cessations des hostilités et l’observation du
cessez-le-feu afin de protéger la population civile contre la violence, les expulsions ethniques
et les flux de réfugiés quittant les terrains du conflit8. Le Conseil de Sécurité a précisé que la
détérioration de la situation au Kosovo constitue une menace pour la paix et la sécurité
internationale et qu’une action immédiate est nécessaire pour améliorer la situation des
souffrants9.
Lors d’une conférence de presse, suite aux massacres des serbes sur les kosovars à Racak, le
Secrétaire d’Etat des Etas Unis, Madeleine Albright, a affirmé que dans le cas où Milosevic
ne se conforme pas aux résolutions qui lui ont été imposées, il sera nécessaire de passer à une
intervention de forces armées10.
Le 13 octobre l’OTAN a lancé sa campagne aérienne. Le Secrétaire Générale de l’OTAN,
Javier Solana, justifiait que dans de telles circonstances une telle campagne est essentielle et
vue la crise au Kosovo, l’Alliance a raison légitime d’agir par la menace et si inévitable
d’utiliser la force11.
La résolution 1203 a été adoptée le 24 octobre 1998, tout d’abord pour rappeler les
deux résolutions précédentes et puis d’exiger, de la part de la République Fédérale de la
Yougoslavie, la coopération avec l’OTAN et l’OSCE en mission de vérification du Kosovo.
La résolution n’a pas été respectée.
                                                                                                               
6

Ibidm., p. 27.
LE MONDE DIPLOMATIQUE, La résolution 1160, (en ligne) http://www.mondediplomatique.fr/cahier/kosovo/reso1160-fr, (Consulté le 14 mai 2015).
8
LE MONDE DIPLOMATIQUE, La résolution 1199, (en ligne), http://www.mondediplomatique.fr/cahier/kosovo/reso1199-fr, (Consulté le 14 mai 2015).
9
WEISS T.G., Military-Civilian Interactions. Humanitarian crises and the responsibility to protect, Lanham,
Rowman & Littlefield, 2004, p. 140.
10
Ibidm.
11
Ibidm.  
7

 

4  

Les bombardements de l’ex-Yougoslavie ont commencé le 24 mars 1999 et il
s’agissait d’un tout premier bombardement d’un pays européen depuis la fin de la Deuxième
Guerre Mondiale. Javier Solana expliquait cette intervention par l’échec des négociations
diplomatiques entre les acteurs internationaux et le gouvernement serbe12. Cependant, la
raison principale fut le rejet par la délégation serbe du « Plan de Paix à Rambabouille », qui
d’ailleurs n’était pas une proposition mais un ultimatum sans équivoque imposé par Madame
Albright – « votre signature ou nos bombes »13. Les premières bombes ont touché la Serbie à
19h45. Pourtant, lors de la session d’urgence (24 mars 1999) du Conseil de Sécurité des
Nations Unies, la Russie, la Chine, la Biélorussie et l’Inde, par l’abstention lors du vote, se
sont clairement opposées aux actions de l’OTAN en considérant que cette intervention
militaire viole la Charte des Nations Unies14.
Mais, les raids prenaient lieu chaque jour pendant onze semaines à savoir exactement 78
jours. L’achèvement de bombardement n’a eu lieu que le 6 octobre 1999 à 13h1515 tandis que
la souffrance des serbes et des kosovares en était encore loin.
La résolution 1244 n’a été votée seulement le 10 juin 1999. Prise sous le Chapitre VII de la
Charte des Nations Unies, elle autorisait des manœuvres militaires et civils au Kosovo avec
l’objectif de maintenir la paix car « il a été résolu à remédier à la situation humanitaire qui
existe au Kosovo » et à « faire en sorte que tous les réfugiés et personnes déplacées puissent
rentrer chez eux en toute sécurité et liberté », le Conseil de sécurité a précisé que « la
situation dans la région continue de constituer une menace pour la paix et la sécurité
internationale »16. Cette résolution a abouti à la création du KFOR (Kosovo Force contrôlé
par l’OTAN et mandaté par l’ONU) et la MINUK (Mission d’administration intérimaire des
Nations Unies au Kosovo) 17 . Comme l’a souligné Bernard Kouchner « il ne s'agit pas
uniquement de rétablir la paix et d'assurer le retour de populations chassées par la guerre,
mais de reconstruire une société complètement disloquée, de créer un environnement
démocratique, de remettre sur pied une économie ruinée et d'assurer la renaissance d'une
culture dont le droit à l'existence a trop longtemps été nié »18.

                                                                                                               
12

Ibidm., p. 142.
STEMENKOVIC V., Le Monde Diplomatique. 10 lat temu pierwsze bomby od czasów II Wojny Światowej
spadły na jeden z europejskich krajów (en ligne), http://monde-diplomatique.pl/LMD37/index.php?id=0,
(Consulté le 5 mai 2015).
14
WEISS T.G., Op.cit., p. 142.
15
STEMENKOVIC V., Op.cit.
16
LE MONDE DIPLOMATIQUE, La résolution 1244 (en ligne), http://www.mondediplomatique.fr/cahier/kosovo/reso1244-fr, (Consulté le 14 mai 2015).
17
Ibidm.
18
KOUCHNER B., Le défi posé par la reconstruction du Kosovo, Revue de l'OTAN, Edition Web, Vol. 47 - No.
3, Automne 1999, p. 12-15, http://www.nato.int/docu/revue/1999/9903-04.htm, (Consulté le 14 avril 2015).    
13

 

5  

Opération « Allied Harbour »
L’objectif principal de l’opération « Allied Force » qui a été menée entre le 24 mars et
le 20 juin 1999, était de s’opposer aux génocides et aux nettoyages ethniques sur le territoire
du Kosovo et d’imposer un régime démocratique à la République Fédérale de Yougoslavie.
C’est de cette façon que l’OTAN voulait mettre fin aux hostilités commises contre les
minorités ethniques albanaises du Kosovo. A la fin du mois, ces derniers ont dû fuir le
territoire et se refugier dans les pays voisins de l’ex-République Yougoslave. Déjà avant le
bombardement, UNHCR estimait 315,000 personnes déplacées suite qu’aux opérations
serbes : environ 45,000 personnes se sont réfugiés en Albanie, Macédoine, Bosnie et
Herzégovine, et plus de 100,000. L’aide était nécessaire surtout en Albanie qui s’est retrouvée
en situation d’urgence19 et en Macédoine qui a vite fermé ses frontières pour éviter une
déstabilisation complète de son pays.
Après le bombardement, environ 800,000 civils ont dû se réfugier en dehors du Kosovo.
Environ 590,000 ont été déplacés au sein même de la région. Dans l’ensemble, 90% des
albanais du Kosovo ont dû quitter leurs maisons20.
Comme mentionné précédemment, suite à l’échec des discutions diplomatiques entre
le gouvernement serbe et les intervenant internationaux, l’OTAN a pris la décision de mener
une action militaire, « une première, dans l’histoire, guerre pour les droits de l’homme », mais
suscitant, quant à ses fondements juridiques, des contestations politiques et doctrinales. Il se
fait que, cette intervention militaire n’avait qu’amplifié la situation déjà existante. Tout
d’abord, par son illégitimité et puis par ce « paradoxe de rapports entre l’intervention militaire
de l’OTAN et le nettoyage ethnique »21. Effectivement, déjà dans les deux semaines qui
suivaient le début de l’opération « Allied Force », les frontières de l’Albanie ont été dépassées
par plus de 200 mille personnes, à la fois en raison des opérations aériennes de l’OTAN et par
l’aggravation et l’augmentation des nettoyages ethniques menés par des populations serbes22.
C’est pourquoi, les Etats Unis et puis le reste de l’Alliance, ont pris la décision d’entamer une
autre opération, consacrée qu’à l’apport de l’aide humanitaire aux victimes de la guerre –
l’opération « Allied Harbour » (OPLAN 10414)23.
Tout d’abord, pour répondre à la crise, le gouvernement albanais a crée EMG – un
groupe de gestion d’urgence afin de coordonner les actions de secours24.
Les forces du COMAFOR ont été divisées en deux zones et trois groupes fonctionnels25 :
                                                                                                               
19

NATO, JFC NAPLES, Allied Joint Force Command Naples. Operation Allied Harbour (en ligne)
http://www.jfcnaples.nato.int/page71975039.aspx, (Consulté le 24 avril 2015).
20
WEISS T.G., Op.cit., p.143.
21
HASSNER P., Guerre sans morts ou morts sans guerre ? [Les paradoxes de l'intervention au Kosovo]. In:
Critique internationale. Vol. 4. 1999, p. 7.
22
NATO, JFC NAPLES, Allied Joint Force Command Naples. Operation Allied Harbour (en ligne)
http://www.jfcnaples.nato.int/page71975039.aspx, (Consulté le 24 avril 2015).
23
GLOBAL SECURITY.ORG, Operation Allied Harbour (OPLAN 10414). Operation Sustain Hope/Shining
Hope, (en ligne), http://www.globalsecurity.org/military/ops/sustain_hope.htm, (Consulté le 5 mai 2015).
24
BOLLEN M.T.I.B., RIETJENS S.J.H., Managing Civil-military Cooperation: A 24/7 Joint Effort for Stability,
Hampshire, Ashgate Publishing, Ltd., 2008, p. 220.    

 

6  

- « TF26 North » à Durres (Italie, Autriche, Slovaquie, Emirates Arabes Unis)
- « TF South » à Elbasan (France, Danemark, Allemagne, Grèce, Turquie)
Les deux ont été chargés de la construction du camp et de la réparation des routes.
- « TF Whisky » à Hamallaj chargé de la construction du camp de réfugiés (Espagne et
Hongrie)
- « TF Romeo » dans le port de Durres responsable pour le transport et la fourniture
d’une réaction rapide pour la protection et de réserves humanitaires (Hollande,
Belgique, Pologne et Slovénie)
- « TF Shining Hope » situé à l’aéroport Rina à Tirana et chargé tout d’abord de la
construction du camp et puis du développement de l’aéroport. (Etats Unis).
Les préparations pour le déploiement d’une force armée d’OTAN à une mission
humanitaire en Albanie ont commencé déjà le 7 avril 1999, lorsque « TF South » dirigé par le
Général Major Pasqualino Verdecchia fut installé pour coordonner la coopération27. Pour
améliorer l’intervention militaro-humanitaire de l’OTAN il a fallu créer des liens plus étroits
avec le gouvernement albanais et certaines agences humanitaires. Pour faciliter la réalisation
de l’objectif humanitaire de forces de l’OTAN, COMAFOR a dû réorganiser la structure
interne du Quartier Général 28 . Les opérations courantes, la structure du personnel, la
planification opérationnelle et la COCIM29 ont été regroupés dans une seule division nommée
J3/5/930. En lien à cette nouvelle division fut aussi crée la JOC31, composé de 41 officiers et
soldats chargés de la surveillance de la situation présente.
Le gouvernement albanais s’est montré ouvert à l’établissement de l’EMG dans le bâtiment
du Premier Ministre afin de coordonner les activités des acteurs clés dans la résolution de
cette crise humanitaire32.
Sur l’ordre du SACEUR33 l’OPLAN 10414 « Allied Harbour » est rentré en vigueur le
16 avril 199934. L’opération était commandée par le Général John Reith (COMAFOR35) déjà
présent sur le terrain pour diriger les forces internationales de l’OTAN en Albanie36. Afin de
veiller à ce qu’AFOR 37 puisse mener légalement et librement ses activités en Albanie,
l’OTAN et les autorités albanaises ont conclut un accord sur le statut de forces de l’OTAN –
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
25

NATO, JFC NAPLES, Allied Joint Force Command Naples. Operation Allied Harbour (en ligne)
http://www.jfcnaples.nato.int/page71975039.aspx, (Consulté le 24 avril 2015).
26
Task Force
27
GLOBAL SECURITY.ORG, Operation Allied Harbour (OPLAN 10414). Operation Sustain Hope/Shining
Hope, (en ligne), http://www.globalsecurity.org/military/ops/sustain_hope.htm, (Consulté le 5 mai 2015).
28
Quartier Général (QG – en anglais HQ – High Quality) : lieu où toutes les fonctions et opérations les plus
importantes d’une organisation (surtout militaire) sont concentrées.
29
CIMIC – Civil-military cooperation
30
NATO, JFC NAPLES, Allied Joint Force Command Naples. Operation Allied Harbour (en ligne)
http://www.jfcnaples.nato.int/page71975039.aspx, (Consulté le 24 avril 2015).
31
Joint Operations Centre
32
NATO, JFC NAPLES, Allied Joint Force Command Naples. Operation Allied Harbour (en ligne)
http://www.jfcnaples.nato.int/page71975039.aspx, (Consulté le 24 avril 2015).
33
Supreme Allied Commander Europe
34
BOLLEN M.T.I.B., RIETJENS S.J.H.,Op.cit., p. 220.
35
Commander Albania Force
36
GLOBAL SECURITY.ORG, Operation Allied Harbour (OPLAN 10414). Operation Sustain Hope/Shining
Hope, (en ligne), http://www.globalsecurity.org/military/ops/sustain_hope.htm, (Consulté le 5 mai 2015).
37
Albania Force    

 

7  

« SOFA ». Ce denier a permis à l’organisation d’obtenir certains privilèges et immunités, ce
qui a facilité l’organisation de l’opération humanitaire avec succès38. AFOR se composait de
plus ou moins 7300 soldats militaires, belges, grecs, italiens, hollandais, polonais, espagnols,
turques, britanniques et américains39. Bilatéralement, d’autres pays, externes à l’Organisation
de l’Atlantique Nord, comme l’Autriche, Arabie du Sud ou encore les Emirates Arabes Unis,
ont décidé de porter un support humanitaire à l’Albanie 40 . La mission du COMAFOR
consistait surtout en une coopération entre les acteurs militaires et civils. Et même, si AFOR
était bien opérationnel, l’EMG 41 fut établit précédemment comme l’organe principal de
coordination dans l’aide humanitaire en Albanie. EMG peut alors être considéré comme un
acteur qui a facilité la coopération entre les organisations civiles et militaires, engagées dans
l’opération humanitaire « Allied Harbour »42.
L’élément clé de toute l’opération « Allied Harbour » était l’aéroport de Rinas à
Tirana, un centre du service aérien d’alimentation provenant des organisations internationales.
L’autre base importante était le port de Durres. Cependant, le bon fonctionnement de ces ports
demandait une révision considérable de leur infrastructure. C’est pourquoi, même encore
avant le début de l’opération « Allied Harbour », les experts américaines ont doté l’aéroport
de Rinas de radars modernes et autres matériels nécessaires pour contrôler l’espace aérien
destiné gérer le trafic aérien sans plus grand problème43. Il a été constaté qu’au cours de
l’opération, 3489 atterrissages ont eu lieu dont 1139 étaient à objectifs humanitaires,
procurant Rinas de 10 000 tonnes de biens humanitaires nécessaires à la survie physique de
réfugiés44.
Le bon fonctionnement de l’aéroport de Durres était essentiel pour le transport du matériel
militaire lourd. La coopération avec les administrations du port a permis une bonne gestion et
coordination des flux de navires militaires et civils, ce qui a aussi facilité l’apport de l’aide
humanitaire45.
Vu que l’Albanie disposait d’une infrastructure routière faible, l’AFOR s’est aussi occupé du
transport routier via un ensemble de plus ou moins 1700 véhicules qui transportaient chaque
jour un peu près 1000 tonnes des matériaux humanitaires46.
MSU et FMPU sont arrivés en Albanie à la fin du mois d’avril. Leur objectif était la
sécurité et le renforcement de la stabilité du pays. Ils s’occupaient des patrouilles, de l’escorte
de convois, du contrôle du trafic (surtout au niveau des ports et aéroports) et des enquêtes
criminelles.
                                                                                                               
38

GLOBAL SECURITY.ORG, Operation Allied Harbour (OPLAN 10414). Operation Sustain Hope/Shining
Hope, (en ligne), http://www.globalsecurity.org/military/ops/sustain_hope.htm, (Consulté le 5 mai 2015).
39
BOLLEN M.T.I.B., RIETJENS S.J.H.,Op.cit., p. 220.
40
Ibidm.
41
Emergency Management Group
42
BOLLEN M.T.I.B., RIETJENS S.J.H.,Op.cit., p. 220.
43
NATO, JFC NAPLES, Allied Joint Force Command Naples. Operation Allied Harbour (en ligne)
http://www.jfcnaples.nato.int/page71975039.aspx, (Consulté le 24 avril 2015).
44
Ibidm.
45
Ibidm.
46
GLOBAL SECURITY.ORG, Operation Allied Harbour (OPLAN 10414). Operation Sustain Hope/Shining
Hope, (en ligne), http://www.globalsecurity.org/military/ops/sustain_hope.htm, (Consulté le 5 mai 2015).  

 

8  

A la mi-avril la situation des réfugiés de la région de Kukes est devenue désastreuse47. Il n’y
avait pas assez de logements et les services locaux étaient submergés. Kukes est une région
montagneuse où les températures descendent jusqu’à moins 30 degrés Celsius pendant l'hiver.
Pendant l’été par contre, ce sont les pénuries d’eau qui aggravent la situation. L'AFOR a dû
identifier les sites potentiels, destinés à la construction de nouveaux camps de réfugiés dans
les plaines côtières48. « TF Whisky » a localisé un site à Hamallaj, au nord de Durres, la « JTF
Shining Hope » un endroit près de Fier, « TF South » une zone dans une ancienne ferme de
poissons dans Korce tendis que la « TF Nord » a organisé de la place pour les réfugiés à
Rrushbull, près de Durres49. Le transport se faisait de différentes manières, via les routes, en
train, par l’hélicoptère ou en avion (surtout pour des femmes enceinte et pour les malades50).
A la fin du mois de mai, les forces armées de l’OTAN sont intervenues pour assister à la
délocalisation des réfugiés51. Dès le début du mois d’avril, la création de l’AFOR a permis de
loger en Albanie environ 250 000 réfugiés, soit dans les bâtiments publics, soit dans les
maisons privées. Au total, l’AFOR est arrivé à créer 21 camps offrant 129 050 places52 et
comptant des écoles, plaines de jeux pour les enfants et un soutien médical (dont 120
médecins du domaine de soins primaires, de la stabilisation de fonctions vitales, de la
chirurgie et de la réanimation, étaient impliqués dans 3 hôpitaux d’OTAN sur le territoire
albanais53) fournis par 18 pays. Pourtant, beaucoup d’autres personnes cherchaient encore à
dépasser la frontière pour fuir la violence serbe.
La déclaration de la paix au Kosovo du mois de juin a débuté le programme de
réinstallation des réfugiés et des personnes expulsées. Le 15 juin l’AFOR a cessé la
construction de camps et s’est concentré sur le transport des kosovares vers leur pays
d’origine. AFOR, aidé par les ONG et UNHCR, a commencé le déplacement de magasins,
d’abris et autres matériaux construits et installés dans les camps54. La fin du mois fut aussi
marquée par une campagne de sensibilisation aux mines, auxquelles les réfugiés voulant
rentrer au Kosovo par leurs propres moyens, ne faisaient pas trop attention. C’est l’UNICEF
qui était chargé de prendre les devants sur cette formation, mais en raison du manque du
personnel c’est l’AFOR qui a reprit la tâche. Un plan d’urgence a été activé par les ONG pour
aider (fournir de la nourriture, de l’eau, combustible) ceux qui rentraient malgré les risques.
La campagne d’information a débuté le 14 juin 1999 afin de prévenir les réfugiés du danger
potentiel et de les encourager à attendre dans leurs emplacements respectifs55. Dès le 1 juillet
la réintégration et le transport de réfugiés se poursuivaient de façon rapide et effective durant
plus ou moins 5 semaines.
                                                                                                               
47

Ibidm.
Ibidm.
49
Ibidm.
50
Ibidm.
51
NATO, JFC NAPLES, Allied Joint Force Command Naples. Operation Allied Harbour (en ligne)
http://www.jfcnaples.nato.int/page71975039.aspx, (Consulté le 24 avril 2015).
52
Ibidm.
53
GLOBAL SECURITY.ORG, Operation Allied Harbour (OPLAN 10414). Operation Sustain Hope/Shining
Hope, (en ligne), http://www.globalsecurity.org/military/ops/sustain_hope.htm, (Consulté le 5 mai 2015).
54
NATO, JFC NAPLES, Allied Joint Force Command Naples. Operation Allied Harbour (en ligne)
http://www.jfcnaples.nato.int/page71975039.aspx, (Consulté le 24 avril 2015).
55
GLOBAL SECURITY.ORG, Operation Allied Harbour (OPLAN 10414). Operation Sustain Hope/Shining
Hope, (en ligne), http://www.globalsecurity.org/military/ops/sustain_hope.htm, (Consulté le 5 mai 2015).  
48

 

9  

L’opération « Allied Harbour » en Albanie fut arrêtée le 1 septembre 199956.
Après un constat général, il est nécessaire de souligner que la création d’EMG a
permis tout d’abord, la réception des réfugiés dans les pays voisins dont les gouvernements
ont du faire face aux problèmes liés à la guerre. Vu la crise, les pays d’accueil ont fait appel
aux supports militaires additionnels des Nations Unies et des gouvernements internationaux.
Deuxièmement, grâce à l’EMG les pays d’accueil ont pu accommoder ce large nombre des
réfugiés pour une période pourtant bien indéfinie. Il a fallu créer des abris, une nouvelle
infrastructure et un ensemble des services nécessaires pour des conditions de vie acceptables.
Troisièmement, après la guerre, les pays d’accueil ont pu faire rentrer les réfugiés dans leur
pays natal d’une façon pacifique. Et finalement, la coopération entre les acteurs humanitaires
civiles et militaires a facilité, dans une certaine mesure, la réhabilitation de zones touchées par
la guerre du Kosovo57.
Cependant, le plus grand chalenge pour les forces de l’AFOR était de fournir une aide
humanitaire aux réfugiés internes, ceux qui se trouvaient toujours sur le territoire du Kosovo.
Suite aux informations fournies par les personnes expulsées traversant la frontière de
l’Albanie, il a été constaté qu’un grand nombre de gens se cachait, sans aucun moyen de
survivance, dans les grottes et forêts de montagnes. Les tentatives d’approvisionnement de ces
personnes étaient entravées par les forces serbes interceptant les convoies ou en les menant
vers des endroits complètement différents.
« Allied Harbour Operation » a été une toute première opération militaro-humanitaire
de l’OTAN 58 dont l’objectif principal était d’apporter de l’aide aux réfugiés et aux
populations exilées du Kosovo durant la guerre civile en ex-Yougoslavie en 1999. Telles
opérations sont généralement du domaine des organisations civiles, internationales ou nongouvernementales, mais, vu l’ampleur de la crise humanitaire, tous ces organes humanitaires
ont été incapables de gérer les flux massifs des réfugiés en Albanie.

                                                                                                               
56

GLOBAL SECURITY.ORG, Operation Allied Harbour (OPLAN 10414). Operation Sustain Hope/Shining
Hope, (en ligne), http://www.globalsecurity.org/military/ops/sustain_hope.htm, (Consulté le 5 mai 2015).
57
BOLLEN M.T.I.B., RIETJENS S.J.H.,Op.cit,  p. 221.
58
NATO, JFC NAPLES, Allied Joint Force Command Naples. Operation Allied Harbour (en ligne)
http://www.jfcnaples.nato.int/page71975039.aspx, (Consulté le 24 avril 2015).

 

10  

Analyse réflexive de l’opération « Allied Harbour ».
La militarisation de l’humanitaire.
L’aide humanitaire consiste généralement en une assistance et action « visant à sauver
des vies, soulager la souffrance, maintenir et protéger la dignité humaine » 59 dans des
situations de crise ou de catastrophes naturelles. L’objectif d’une aide humanitaire est alors, si
possible, de prévenir telles circonstances. L’aide humanitaire devrait aussi apparaitre
uniquement dans des cas d’une vraie nécessité, sans discrimination entre les populations
touchées par la souffrance. L’humanitaire devrait être totalement indépendant et autonome de
ce qui sont des objectifs politiques, économiques, ou militaires60.
Le militaire, par destination, « est organisé et équipé pour agir dans les contextes les plus
difficiles et exigeants, ce qui bien sûr leur confère une certaine aptitude matérielle à
intervenir dans le champ de l’humanitaire de « crise »61. Bien équipés en moyens de transport
sur le terrain, des mécanismes de communication, d’information et de logistique qui leur
garantissent l’autonomie, « les forces sont un outil régalien que les autorités politiques sont
toujours enclines à utiliser pour faire face à des situations de catastrophe ou d’urgence
humanitaire »62.
Cependant, avec la multiplication des conflits civils armés depuis la chute de l’Union
Soviétique, les travailleurs humanitaires, présents sur un terrain touché par la guerre,
deviennent souvent des victimes du combat. Les actions menées par cette catégorie des actifs
internationaux ont dû effectivement subir quelques changements assez radicaux, comme la
participation des forces armées dans les activités d’assistance humanitaire. Pourtant, ceci ne
devrait pas paraître anormal, vu que les acteurs militaires sont tenus par le droit humanitaire
international de s’occuper de l’évacuation des civils blaisés lors d’un conflit civil63.
L’insécurité et un accès fort limité aux zones en besoin rendent les acteurs humanitaires
incapables de porter de l’aide de façon indépendante et demandent de plus en plus un
accompagnement militaire armé afin de rejoindre la population en douleur et désespoir. Dans
un environnement conflictuel et complexe pour la gestion de crises les rôles de forces armées
et des acteurs humanitaires ne sont pas à négliger. Chacun de ces acteurs a son propre
domaine d’intervention, pourtant, face à l’actualité depuis la fin du 20e siècle, l’articulation
entre les actions humanitaires et armées est de plus en plus courante. C’est pourquoi, la
manière dont sont employés les forces armées depuis la fin de la chute du mur de Berlin a
fortement progressée. Une grande autonomie des forces armées leur permet de faire face à des
situations d’urgence humanitaire64. Les militaires interviennent pour renforcer et compléter
                                                                                                               
59

GLOBAL HUMANITARIAN ASSISTANCE, Defining humanitarian assistance, (en ligne),
http://www.globalhumanitarianassistance.org/data-guides/defining-humanitarian-aid, (Consulté le 18 mai 2015).
60
Ibidm.
61
THOMANN J.C., Organisations humanitaires et forces armées, (en ligne), http://www.grotius.fr/organisationshumanitaires-et-forces-armees…/, (Consulté le 18 mai 2015).
62
Ibidm.  
63
KRAHENBUHL P., La militarisation de l’aide humanitaire et ses dangers, (en ligne),
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/02/11/la-militarisation-de-l-aide-humanitaire-et-sesdangers_1478324_3232.html, (Consulté le 18 mai 2015).
64  THOMANN J.C., Organisations humanitaires et forces armées, (en ligne), http://www.grotius.fr/organisationshumanitaires-et-forces-armees…/, (Consulté le 18 mai 2015).  

 

11  

une action humanitaire destinée à sécurisation et protection de civils, lorsque les moyens de
cette dernière ne sont pas suffisants pour gérer la situation d’urgence. La gestion de crises
humanitaires exige souvent d’entreprendre des « opérations humanitaires » qui sont alors
confiés au commandement militaire. En plus des opérations humanitaires, il y a aussi des
actions militaires à vocation humanitaire qui sont menées dans des zones à haut niveau de
crise, et là, l’assistance humanitaire n’est qu’une action additionnelle. Leur but principal est
alors de rétablir la paix dans la région en conflit et d’orienter les relations entre
l’environnement civil et les forces militaires via un bureau de l’action civilo-militaire dont
disposent les états-majors opérationnels. L’humanitaire n’est ici qu’une petite composante de
l’action car, comme l’a souligné le Général Jean-Claude Thomann dans son article
« Organisations internationales et forces armées » : « les actions humanitaires ne doivent pas
constituer un « frein » à l’action militaire proprement dite et l’engagement de moyens à cet
effet est toujours secondaire par rapport à l’engagement des moyens nécessaires pour les
tâches de sécurité. (…) il dépond (…) du contexte sécuritaire en lui-même aussi de l’intérêt
(que l’humanitaire) peut représenter pour les forces dans le cadre de l’atteinte de leurs
objectifs »65. C’est pourquoi, l’action militaire à vocation humanitaire se différencie fortement
de celle conduite par les organisations internationales66.

                                                                                                               
65  Ibidm.  
66  Ibidm.  
 

12  

Conclusion
 
 
Depuis le début des années 1990 et de l’amplification des conflits civils suite à la fin
de l’Union Soviétique, le terme « humanitaire » est considérablement utilisé par les acteurs
militaires et politiques afin de justifier leurs interventions, légitimes ou pas selon le droit
international. La plus part des pays occidentaux est passée à la modification de leur
« doctrine militaire » par l’incorporation de l’humanitaire dans les opérations menées par
leurs forces armées.
Nous avons assisté dans le cadre du conflit armé au Kosovo à une militarisation de l’action
humanitaire par la scène internationale.
Actuellement, la confusion de rôles entre « le militaire » et « l’humanitaire »
s’intensifie de plus en plus. L’évolution de « doctrines militaires » provoque des situations
dans lesquelles les forces armées s’engagent dans l’assistance humanitaire de façon trop
intensifiée et mettent de coté leur objectif principal qui est d’assurer la sécurité et maintenir la
paix internationale.
La question est de savoir, si une telle confusion de rôles est la bienvenue. C’est
pourquoi, face à la militarisation de l’humanitaire, les organisations internationales devraient
prendre la conscience du fait que leurs objectifs deviennent ceux des forces armées, ce qui fait
aussi dévaloriser la crédibilité de leurs actions, davantage contrôlées par le militaire. Quant à
ce dernier, il est impératif qu’il redéfinisse ses objectifs, car comme vu dans le cadre de la
« guerre humanitaire » au Kosovo, son efficacité est fréquemment remise en cause.
Cependant, l’évolution des conflits armés, qui nécessitent de plus en plus une intervention à
long terme, sollicite une coopération entre ces acteurs internationaux. Les actifs d’ordre
humanitaire doivent faire fréquemment confrontation à des milieux « inondés » par
l’insécurité et le danger, qui est par contre bien connu et géré (à un certain degré) par les
forces armées. Il se fait, que les civils, victimes du conflit, ayant besoin d’une aide
humanitaire à niveau d’urgence, demandent une intervention rapide et efficace. A bref dire,
pourquoi ne pas alors permettre à nos beaux soldats, qui en principe, dans des circonstances
de guerre brutale, doivent limiter leur boulot à la tuerie, une nouvelle formation plus vaste,
afin d’enfin mener des actions d’espoir et de réhabilitation ?
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

13  

Bibliographie  
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