La militarisation de l’humanitaire.pdf


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Introduction
La complexité de l’action humanitaire demeure sur la scène internationale déjà depuis
plus d’une vingtaine d’années. Elle se construit autour de trois axes principaux, créant ce
qu’on appelle « un triangle des interactions ». Ces axes sont : les organes humanitaires, les
protagonistes politiques et les acteurs militaires. A tout ça s’ajoutent aussi le rôle des médias
et le rôle du cadre éco-commercial qui influencent fortement les opinions publiques et les
acteurs internationaux.
Les protagonistes politiques, qui sont généralement les Etats et les Organisations
Internationales, rentrent en relation avec l’humanitaire. A l’heure actuelle, ces acteurs
politiques utilisent les démarches humanitaires afin de se déculpabiliser de leur responsabilité
politique. Dans cette situation, les ONG sont souvent manipulées par les autorités politiques
et deviennent des instruments de leur politique étrangère. Il suffit de jeter un coup d’œil sur la
crise en Somalie du début des années 90 et prendre la compagne « du ris pour la Somalie » de
Bernard Kouchner comme l’exemple d’un « piège humanitaire ». Avec les années 1990,
l’action humanitaire est devenue une sorte de camouflage de l’inaction politique due à
l’incapacité de porter de l’aide diplomatique aux populations en souffrance.
Les forces militaires quant à elles, se placent entre les acteurs politiques et l’humanitaire. Les
Etats investissent dans les missions du militaire qui remplit alors des tâches qui en vue du
droit international ne sont en ni professionnelles ni légitimes. Les humanitaires par contre,
suite aux interventions de forces armées, se retrouvent impuissants et incapables de porter de
l’aide dans des endroits déstabilisés par une ingérence « agressive » du militaire.
Ce triangle est néfaste pour la résolution des conflits. Comme déjà précisé, la
confusion de rôles se fait à plusieurs niveaux. L’action humanitaire est devenue la prérogative
des Etats, les militaires font un boulot qui n’est pas le leur, et quant aux humanitaires, ils ne
voulaient pas être associés ni au politiques ni au soldatesque. Cependant, avec le temps et les
circonstances défavorables à la paix et sécurité internationale, ces deux derniers acteurs
internationaux ont appris à coopérer.
Ce travail consistera en une analyse plus approfondie d’une seule des dimension du
« triangle des interactions », à savoir « la militarisation de l’humanitaire » Cette analyse se
basera sur un exemple précis : l’opération « Allied Harbour » menée par les forces armées de
l’Organisations du Traité Atlantique Nord au Kosovo, entre le mois d’avril et le mois de
septembre 1999.
Tout d’abord, afin de mieux comprendre qu’était l’opération « Allied Harbour » il faudra
revoir le contexte et les origines du conflit au Kosovo en 1999.
Deuxièmement, ce travail présentera rapidement le rôle qu’a joué l’OTAN lors de la crise et
les conséquences nuisibles qu’a porté son intervention militaire à l’improviste sur la
population kosovare. Puis, on passera alors dans le vif du sujet, à savoir l’opération « Allied
Harbour ». Le but sera de voir ses origines, son déroulement, ses effets finaux.
L’objectif final du travail sera d’examiner, par une analyse réflexive, la confusion de rôles
entre le militaire et l’humanitaire, ses raisons et conséquences.
La recherche s’achèvera par une conclusion.

 

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