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Toile de fond de la Guerre du Kosovo
I.

Le contexte historique du conflit au Kosovo en 1999.

Peu après les guerres en Croatie et en Bosnie-Herzégovine, les Balkans pour une
nouvelle fois ont été troublées par un conflit sanglant. Cette fois ci, le conflit a été déclenché
sur les territoires de l’ancienne province serbe peuplée principalement par des albanais – le
Kosovo. C’est cette zone, la plus pauvre de l’Europe, comptant à peine 10 887 km², qui est
devenue, tout d’abord la scène d’un conflit à violence extrême entre les serbes et les albanais,
puis, en sortant au-delà de la dimension régionale, une des thématiques cruciales de la
politique internationale mondiale.
Une hostilité mutuelle entre les albanais du Kosovo et serbes progressait déjà depuis des
siècles et elle a atteint son zénith à la fin du 20e siècle : un conflit armé ouvert entre les deux
nations.
Après la subdivision de la Yougoslavie, les sentiments nationalistes serbes et albanais
ont vite vu le jour. Les conflits entre les albanais et les serbes grandissaient simultanément
durant les années quatre-vingt. La communauté albanaise cherchait à accroître son
l'autonomie, la communauté serbe à fortifier ses relations avec la Serbie.
En 1989, suite à la déclaration assez patriotarde du président Milosevic et au
développement du nationalisme serbe, la République Fédérale de la Yougoslavie a aboli
l'autonomie du Kosovo1. A partir de ce moment, « un véritable régime d'apartheid est imposé
par le pouvoir de Belgrade aux albanais du Kosovo»2 ce qui a entraîné un boycott immédiat
de toutes les institutions serbes par les albanais. En septembre 1990, suite à la suspension du
statut d’autonomie, l’Ancienne Assemblée du Kosovo se rassemble pour une nouvelle fois et
proclame la République du Kosovo. Lors du référendum, organisé illégalement, la majorité
des citoyens du Kosovo vote pour l’indépendance de la province ce qui tient comme résultat
la ratification de la décision vers fin septembre 3 . Les élections présidentielles et
parlementaires, aussi clandestines, sont organisées le 24 mai 1992. La majorité de la
représentation parlementaire est alors issue de la Ligue Démocratique du Kosovo et M.
Ibrahim Rugova est élu président de la République du Kosovo4. Néanmoins, les nouvelles
autorités ne sont pas reconnues par la Serbie. Le gouvernement kosovar, le président Rugova
et la population albanaise ont essayé, tout au long des années 1990, de s’opposer aux forces
serbes de manière non-violente, même en soufrant et en se sacrifiant afin de « respecter son
adversaire et ne pas lui donner le prétexte d’exercer à grande échelle sa violence »5.
Mais, la création de cet « Etat dans l’Etat », le développement précipité de l’Armée de
Libération du Kosovo (dû à la non intervention des acteurs externes) et une rébellion armée
serbe (dont le but était la répression des kosovars albanais) ont conduit à des tensions graves
dans la province. En 1998, malgré l’opposition de la communauté internationale, le président
                                                                                                               
1

DUFOUR P., La non-violence et la guerre au Kosovo. In: Autres Temps. Cahiers d'éthique sociale et politique.
N°67, 2000, p. 16.
2
Ibidm.
3
Ibidm., p. 22.
4
Ibidm.
5
Ibidm., p. 23.  

 

3