La militarisation de l’humanitaire.pdf


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Milosevic a commencé sa guerre « anti-terroriste », ainsi que la destruction de villes, la
purification ethnique et l’expulsion massive des Albanais.

I.

L’intervention militaire de l’OTAN.

Sous la menace de la scène internationale, Milosevic a accepté un cessez-le-feu, mais
que pour un temps assez bref. Malgré la présence de l’Organisation pour la Sécurité et la
Coopération en Europe (OSCE) il a reprit sa campagne de violence. Au mois d’octobre 1998
l’ONU a décidé d’accompagner l’OSCE sur le terrain et vérifier si le cessez-le-feu est bien
respecté par le président serbe. Mais, cette extraordinaire intervention était bien trop tardive,
et l’OSCE n’est devenu qu’un simple observateur de violence et de reprise du nettoyage
ethnique. C’est cette purification qui fut la raison principale de la guerre lancée par l’OTAN6.
Plusieurs résolutions ont été prises dans le cadre de la guerre au Kosovo par le Conseil
de Sécurité des Nations Unies. Le 31 mars 1998 le Conseil de Sécurité, par la résolution 1160,
a imposé un embargo sur les armes à la destination de l’ex-Yougoslavie7. Par après, suite à la
violation de la résolution 1160, le 23 septembre 1998 le Conseil de Sécurité a voté et adopté
la résolution 1199 visant, comme déjà précisé, la cessations des hostilités et l’observation du
cessez-le-feu afin de protéger la population civile contre la violence, les expulsions ethniques
et les flux de réfugiés quittant les terrains du conflit8. Le Conseil de Sécurité a précisé que la
détérioration de la situation au Kosovo constitue une menace pour la paix et la sécurité
internationale et qu’une action immédiate est nécessaire pour améliorer la situation des
souffrants9.
Lors d’une conférence de presse, suite aux massacres des serbes sur les kosovars à Racak, le
Secrétaire d’Etat des Etas Unis, Madeleine Albright, a affirmé que dans le cas où Milosevic
ne se conforme pas aux résolutions qui lui ont été imposées, il sera nécessaire de passer à une
intervention de forces armées10.
Le 13 octobre l’OTAN a lancé sa campagne aérienne. Le Secrétaire Générale de l’OTAN,
Javier Solana, justifiait que dans de telles circonstances une telle campagne est essentielle et
vue la crise au Kosovo, l’Alliance a raison légitime d’agir par la menace et si inévitable
d’utiliser la force11.
La résolution 1203 a été adoptée le 24 octobre 1998, tout d’abord pour rappeler les
deux résolutions précédentes et puis d’exiger, de la part de la République Fédérale de la
Yougoslavie, la coopération avec l’OTAN et l’OSCE en mission de vérification du Kosovo.
La résolution n’a pas été respectée.
                                                                                                               
6

Ibidm., p. 27.
LE MONDE DIPLOMATIQUE, La résolution 1160, (en ligne) http://www.mondediplomatique.fr/cahier/kosovo/reso1160-fr, (Consulté le 14 mai 2015).
8
LE MONDE DIPLOMATIQUE, La résolution 1199, (en ligne), http://www.mondediplomatique.fr/cahier/kosovo/reso1199-fr, (Consulté le 14 mai 2015).
9
WEISS T.G., Military-Civilian Interactions. Humanitarian crises and the responsibility to protect, Lanham,
Rowman & Littlefield, 2004, p. 140.
10
Ibidm.
11
Ibidm.  
7

 

4