La militarisation de l’humanitaire.pdf


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Les bombardements de l’ex-Yougoslavie ont commencé le 24 mars 1999 et il
s’agissait d’un tout premier bombardement d’un pays européen depuis la fin de la Deuxième
Guerre Mondiale. Javier Solana expliquait cette intervention par l’échec des négociations
diplomatiques entre les acteurs internationaux et le gouvernement serbe12. Cependant, la
raison principale fut le rejet par la délégation serbe du « Plan de Paix à Rambabouille », qui
d’ailleurs n’était pas une proposition mais un ultimatum sans équivoque imposé par Madame
Albright – « votre signature ou nos bombes »13. Les premières bombes ont touché la Serbie à
19h45. Pourtant, lors de la session d’urgence (24 mars 1999) du Conseil de Sécurité des
Nations Unies, la Russie, la Chine, la Biélorussie et l’Inde, par l’abstention lors du vote, se
sont clairement opposées aux actions de l’OTAN en considérant que cette intervention
militaire viole la Charte des Nations Unies14.
Mais, les raids prenaient lieu chaque jour pendant onze semaines à savoir exactement 78
jours. L’achèvement de bombardement n’a eu lieu que le 6 octobre 1999 à 13h1515 tandis que
la souffrance des serbes et des kosovares en était encore loin.
La résolution 1244 n’a été votée seulement le 10 juin 1999. Prise sous le Chapitre VII de la
Charte des Nations Unies, elle autorisait des manœuvres militaires et civils au Kosovo avec
l’objectif de maintenir la paix car « il a été résolu à remédier à la situation humanitaire qui
existe au Kosovo » et à « faire en sorte que tous les réfugiés et personnes déplacées puissent
rentrer chez eux en toute sécurité et liberté », le Conseil de sécurité a précisé que « la
situation dans la région continue de constituer une menace pour la paix et la sécurité
internationale »16. Cette résolution a abouti à la création du KFOR (Kosovo Force contrôlé
par l’OTAN et mandaté par l’ONU) et la MINUK (Mission d’administration intérimaire des
Nations Unies au Kosovo) 17 . Comme l’a souligné Bernard Kouchner « il ne s'agit pas
uniquement de rétablir la paix et d'assurer le retour de populations chassées par la guerre,
mais de reconstruire une société complètement disloquée, de créer un environnement
démocratique, de remettre sur pied une économie ruinée et d'assurer la renaissance d'une
culture dont le droit à l'existence a trop longtemps été nié »18.

                                                                                                               
12

Ibidm., p. 142.
STEMENKOVIC V., Le Monde Diplomatique. 10 lat temu pierwsze bomby od czasów II Wojny Światowej
spadły na jeden z europejskich krajów (en ligne), http://monde-diplomatique.pl/LMD37/index.php?id=0,
(Consulté le 5 mai 2015).
14
WEISS T.G., Op.cit., p. 142.
15
STEMENKOVIC V., Op.cit.
16
LE MONDE DIPLOMATIQUE, La résolution 1244 (en ligne), http://www.mondediplomatique.fr/cahier/kosovo/reso1244-fr, (Consulté le 14 mai 2015).
17
Ibidm.
18
KOUCHNER B., Le défi posé par la reconstruction du Kosovo, Revue de l'OTAN, Edition Web, Vol. 47 - No.
3, Automne 1999, p. 12-15, http://www.nato.int/docu/revue/1999/9903-04.htm, (Consulté le 14 avril 2015).    
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