La militarisation de l’humanitaire.pdf


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Opération « Allied Harbour »
L’objectif principal de l’opération « Allied Force » qui a été menée entre le 24 mars et
le 20 juin 1999, était de s’opposer aux génocides et aux nettoyages ethniques sur le territoire
du Kosovo et d’imposer un régime démocratique à la République Fédérale de Yougoslavie.
C’est de cette façon que l’OTAN voulait mettre fin aux hostilités commises contre les
minorités ethniques albanaises du Kosovo. A la fin du mois, ces derniers ont dû fuir le
territoire et se refugier dans les pays voisins de l’ex-République Yougoslave. Déjà avant le
bombardement, UNHCR estimait 315,000 personnes déplacées suite qu’aux opérations
serbes : environ 45,000 personnes se sont réfugiés en Albanie, Macédoine, Bosnie et
Herzégovine, et plus de 100,000. L’aide était nécessaire surtout en Albanie qui s’est retrouvée
en situation d’urgence19 et en Macédoine qui a vite fermé ses frontières pour éviter une
déstabilisation complète de son pays.
Après le bombardement, environ 800,000 civils ont dû se réfugier en dehors du Kosovo.
Environ 590,000 ont été déplacés au sein même de la région. Dans l’ensemble, 90% des
albanais du Kosovo ont dû quitter leurs maisons20.
Comme mentionné précédemment, suite à l’échec des discutions diplomatiques entre
le gouvernement serbe et les intervenant internationaux, l’OTAN a pris la décision de mener
une action militaire, « une première, dans l’histoire, guerre pour les droits de l’homme », mais
suscitant, quant à ses fondements juridiques, des contestations politiques et doctrinales. Il se
fait que, cette intervention militaire n’avait qu’amplifié la situation déjà existante. Tout
d’abord, par son illégitimité et puis par ce « paradoxe de rapports entre l’intervention militaire
de l’OTAN et le nettoyage ethnique »21. Effectivement, déjà dans les deux semaines qui
suivaient le début de l’opération « Allied Force », les frontières de l’Albanie ont été dépassées
par plus de 200 mille personnes, à la fois en raison des opérations aériennes de l’OTAN et par
l’aggravation et l’augmentation des nettoyages ethniques menés par des populations serbes22.
C’est pourquoi, les Etats Unis et puis le reste de l’Alliance, ont pris la décision d’entamer une
autre opération, consacrée qu’à l’apport de l’aide humanitaire aux victimes de la guerre –
l’opération « Allied Harbour » (OPLAN 10414)23.
Tout d’abord, pour répondre à la crise, le gouvernement albanais a crée EMG – un
groupe de gestion d’urgence afin de coordonner les actions de secours24.
Les forces du COMAFOR ont été divisées en deux zones et trois groupes fonctionnels25 :
                                                                                                               
19

NATO, JFC NAPLES, Allied Joint Force Command Naples. Operation Allied Harbour (en ligne)
http://www.jfcnaples.nato.int/page71975039.aspx, (Consulté le 24 avril 2015).
20
WEISS T.G., Op.cit., p.143.
21
HASSNER P., Guerre sans morts ou morts sans guerre ? [Les paradoxes de l'intervention au Kosovo]. In:
Critique internationale. Vol. 4. 1999, p. 7.
22
NATO, JFC NAPLES, Allied Joint Force Command Naples. Operation Allied Harbour (en ligne)
http://www.jfcnaples.nato.int/page71975039.aspx, (Consulté le 24 avril 2015).
23
GLOBAL SECURITY.ORG, Operation Allied Harbour (OPLAN 10414). Operation Sustain Hope/Shining
Hope, (en ligne), http://www.globalsecurity.org/military/ops/sustain_hope.htm, (Consulté le 5 mai 2015).
24
BOLLEN M.T.I.B., RIETJENS S.J.H., Managing Civil-military Cooperation: A 24/7 Joint Effort for Stability,
Hampshire, Ashgate Publishing, Ltd., 2008, p. 220.    

 

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