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Faculté des sciences économiques, sociales, politiques et de communication (ESPO)
Ecole des Sciences Politiques et Sociales (PSAD)

 
 

Ossétie du Sud
Question de recherche : En quoi les vraies raisons du déclanchement de la guerre entre l’Ossétie du Sud,
la Géorgie et la Russie de 1991 se différencient-elles de celles qui ont amené ces mêmes pays à la guerre
en 2008 ?

Travail réalisé par
Kaja Magdalena Wojtczak
LEUSL2310 – Chaire IBL – Séminaire : Conflits et coopérations entre l’Union Européenne et la
Russie dans l’espace post-soviétique.
Xavier Follebouckt
Année académique 2014-2015
Master 1 en Sciences Politiques. Relations Internationales. Finalité diplomatie et résolution
de conflits.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Plan du travail
I. Introduction
II. Travail
1. Les faits
1.1 La Guerre en Ossétie du Sud de 1991-1992
1.2. La guerre en Ossétie du Sud de 2008
2. Analyse comparative des raisons qui ont amené l’Ossétie du Sud, la Géorgie et la Russie
à la guerre, tout d’abord en 1991, puis en 2008.
III. Conclusion

I. Introduction
Après l'effondrement des Républiques socialistes soviétiques en 1991, le Caucase du
Sud est devenu l'une des rares régions postsoviétique à avoir un système politico-nationaliste
très compliqué. Dans les nouveaux pays émergents - la Géorgie et l'Azerbaïdjan –renaissent
les conflits ethniques ancestraux géorgo-abkhaze, géorgo-ossète et arméno-azérien. À la suite
de ces affrontements sur fond ethnique, nous devenons témoins de conflits entre la Russie et
la Géorgie, l'Azerbaïdjan et l'Arménie qui est quant à elle considérée comme seule alliée de la
Russie dans la région. Parmi ces trois conflits ethniques cités auparavant, deux d’entre eux
liés à la zone de la Géorgie se déroulent sur les terrains directement frontaliers avec la Russie,
ce qui est une réalité historique et sociale importante. Les territoires dont il est question sont :
l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie.
Les ossètes sont un des plus jeunes groupes ethniques du Caucase. Leurs ancêtres, sur
les territoires qui se trouvent entre la Volga et le Don, ont crée entre le IX et le XII siècle, un
important royaume chrétien, l’Alanie, entretenant d'excellentes relations avec la Géorgie. La
fin du XIIIe siècle fut marqué par des invasions mongoles qui ont amené l’Alanie à son
effondrement. Une partie de ses habitants s’est dirigée dans les montagnes du Caucase (les
ossètes), et une autre partie s’est installée à l'ouest, dans la Hongrie actuelle. Les ossètes,
apeurés par la Horde d'Or et le Khanat de Crimée ont décidé de ne pas revenir sur les terres
basses et sont restés dans les montagnes. La mission envoyée à Saint-Pétersbourg en 1774 a
réclamé, auprès de l'impératrice Catherine, l'inclusion de l’Ossétie au sein de la Russie.
Le déclenchement de la Révolution d'Octobre et les transformations géopolitiques ont fait
naître luttes et chaos dans le Caucase. La Russie bolchevique a renoncé à l’Ossétie du Sud au
moment de la signature de l’accord de paix avec la Géorgie.
Après la conquête de la Géorgie par l'Armée Rouge en 1922, malgré les revendications
ossètes de lier l’Ossétie du Sud à la Russie soviétique, l’Ossétie du Sud n’est restée qu’un
district autonome sur les terres géorgiennes. Cependant, malgré les demandes ossètes niées
par l’URSS, l’Ossétie du Sud est restée fidèle à la Russie, contrairement à ses voisins: les
Tchétchènes et les Ingouches. Parmi tous les peuples du Caucase seuls les ossètes ne se sont
jamais rebellés contre la Russie1.
Au mois de décembre 1990 la République démocratique de l’Ossétie du Sud a déclaré
sa souveraineté et sa volonté d’entrer dans l’ensemble des républiques soviétiques de la
Fédération Russe. Soutenue par la Russie, elle a entretenu entre 1990 et 1992 des conflits
armés avec la Géorgie. Par la suite, pendant plusieurs années, des tentatives ont été menées
pour trouver une solution politique au conflit en question, toujours marquées par un échec.
Après la « révolution des roses » les tensions entre la Géorgie et les séparatistes se sont
aggravées. L’insuccès de nouveaux changements politiques et administratifs et une forte
implication de la Russie dans les relations ossète-géorgiennes n’ont pas réglé le problème,
bien au contraire, ces mêmes 3 Etats se sont retrouvés de nouveau en situation de guerre en
20082.
                                                                                                               
1

GEOPOLITYKA.ORG, BRANZKIEWICZ D., Wojna rosyjsko-gruzińska, http://geopolityka.org/analizy/dariuszbrazkiewicz-wojna-rosyjsko-gruzinska, (Consulté le 24 mars 2015).
2
Ibid.

L’objectif de ce travail sera alors de voir et d’analyser les raisons qui ont amené
l’Ossétie du Sud, la Géorgie et la Russie à la guerre, en premier lieu entre 1991 et 1992 et
ensuite en 2008.
Tout d’abord une brève introduction historique permettra de mieux comprendre la
situation dans laquelle s’est trouvéé la Géorgie et l’Ossétie du Sud et pourquoi la Russie a eu
tellement d’intérêts et d’impacts dans les deux conflits.
Il sera aussi indispensable d’examiner les faits qui ont pris place avant et durant la
guerre des années 1990 mais aussi entre 1992 et 2008, avant le déclenchement de la guerre
russo-géorgienne. De même, il faudra prendre en compte les relations culturelles, sociales,
économiques et politiques qui existent entre ces 3 pays.
Enfin, une analyse comparative abrégée des causes de ces deux guerres permettra de
répondre en partie à la question de cette recherche et de passer à la conclusion de ce travail.

I. Travail
1. Les faits
1.1. La Guerre en Ossétie du Sud 1991-1992
La situation sécessionniste qu’ont connu la Géorgie et l’Ossétie du Sud au début des
années 1990 peut être, sans aucun doute, associée au contexte historique de l’Union
Soviétique, et plus précisément à un ensemble de réformes économiques et sociales
entreprises par Mikhaïl Gorbatchev en URSS de 1985 à 1991 et qui sont à l’origine de
mouvements du renouveau national dans l’espace post-soviétique. La Chute de l’URSS peut
être dès lors considérée comme la cause principale de revendications nationalistes dans les
différentes républiques et régions de l’Union Soviétique. Dans le cas de la Géorgie, ce sont
les multiples groupes ethniques qui ont ressuscité ces doléances à l’autodétermination. Il faut
prendre aussi en compte le régime politique fort nationaliste de la Géorgie, une république
soviétique dirigée par le président Zviad Gamsakhourdia (du 26 mai 1991 au 6 janvier 1996)
aspirant d’un coté à une Géorgie indépendante de la Russie et de l’autre à une restriction des
droits des minorités nationalistes qui pourraient être un obstacle à la souveraineté du pays. En
effet, c’est ce regain du nationalisme géorgien qui a aggravé les tensions interethniques dans
la république et qui a poussé les ossètes à agir afin de défendre et protéger leurs intérêts
propres. Quant aux peuples ossètes, leur sentiment nationaliste n’est apparu qu’après la
guerre3.
Les ossètes du Sud sont un groupe ethnique d’origine iranienne habitant la Géorgie
depuis le 13e siècle. Au niveau géographique les deux Osséties sont séparées par une chaine
de montagnes (frontière actuelle entre la Russie et la Géorgie). Actuellement les sud-ossètes
occupent les territoires de la région géorgienne d’Ossétie du Sud et de la République
d’Ossétie du Nord Alanie dans le Nord-Caucase russe4. L’Ossétie du Sud était à l’époque une
des régions autonomes de la République socialiste soviétique de Géorgie avec une population
de plus ou moins 100 mille habitants, composée de 66% d’ ossètes et de 29% de géorgiens et
autres, vivant sur un territoire de 3900 Km2. Contrairement à l’Ossétie du Nord qui elle
constituait depuis 1936 une République autonome au sein de la République géorgienne,
étendue sur 8000 Km2, peuplée de 634 mille habitants dont les ossètes représentaient 58% de
citoyens, les ingouches 22% et les russes 11%5. « Traditionnellement, l’Ossétie du Sud se
méfie de l’Etat géorgien, craignant ce qu’elle perçoit comme un « chauvinisme » géorgien
menaçant les identités ethniques »6.
Dès la fin des années 80, l’Ossétie du Sud cherche à réunifier les deux populations
ossètes qui « partagent la même langue, la même culture, la même histoire et ne sont divisés
                                                                                                               
3

FOLLEBOUCKT X., Les conflits gelés de l’espace postsoviétique. Genèse et enjeux., Presses Universitaires de
Louvain, 2012, p. 86.
4
GERMAN TRCEY C. et BLOH B., « Le conflit en Ossétie-du-Sud : la Géorgie contre la Russie », Politique
étrangère, 2006/1 Printemps, p. 53.
5
YAKEMTCHOUK R., Les conflits de territoires et de frontières dans les Etats de l'ex-U.R.S.S. In: Annuaire
français de droit international, volume 39, 1993. p. 422.
6
GERMAN TRCEY C. et BLOH B., Op.cit., p. 53.

que par l’existence d’une frontière administrative7 » contrairement à l’Ossétie du Nord qui
elle n’avait jamais pensé à un tel rapprochement sa situation interne étant assez instable8.
Economiquement et socialement, la réticence des ossètes du Sud contre les géorgiens
suscitait des questions qui sont toujours d’actualité, à savoir, le budget de l’Ossétie du Sud qui
était fort disproportionné vis-à-vis d’autres unités administratives de la Géorgie. En effet,
toute la région s’est retrouvée dans une extrême pauvreté marquée par un manque de
financement pour le maintien des infrastructures sanitaire ou les soins de santé ce qui a
entrainé des conséquences tangibles comme une grave épidémie de typhus en 19889. De fait,
c’est aussi la pauvreté qui poussait les ossètes vers un certain radicalisme, pourtant insuffisant
pour déclencher un conflit avec la Géorgie10.
Le nationalisme géorgien fut entretenu par le nombre croissant de populations non
russes sur le territoire de la république, et c’était cette simple étiquette d’une Géorgie
nationaliste qui permettait de priver l’Ossétie du Sud de son autonomie et d’imposer à ses
habitants soit une « géorgianisation » soit un exil de la République. L’ensemble de ces
postulats a fait naitre dans la pensée de ossètes du Sud des opinions radicales ce qui a crée de
l’anxiété parmi les géorgiens11. La spirale de méfiance a monté en puissance et puis s’est
transformée en haine. La peur des géorgiens a augmenté, surtout lorsque fut achevé en 1985
la construction du tunnel Roki reliant l’Ossétie du Sud avec l’Ossétie du Nord, donc avec la
Russie également12.
La mobilisation nationaliste des géorgiens a vite trouvé une réponse chez les ossètes.
En Janvier 1989 fut crée une Assemblée Populaire Ossète dirigée par Alan Chakhkiev qui a
gagné en popularité surtout quand l’Etat géorgien a imposé une nouvelle loi linguistique
imposant l’utilisation de la langue géorgienne comme obligatoire dans tous les aspects de la
vie publique13. Pour les séparatistes et membres du mouvement ossète une telle loi n’était rien
d’autre qu’une marque de discrimination et d’anti-démocratisation14. Il est alors facile de
constater que les conflits, qui ont mené par la suite à la guerre, sont le résultat du désaccord
sur des projets nationaux de groupes ethniques se considérant comme différents mais
réclamant une souveraineté sur un même territoire, celui de l’Ossétie du Sud15.
Le conflit s’est aggravé dans les années 1990 lorsque les forces étatiques de la
République Géorgienne n’ont pas autorisé les parties locales ossètes à participer aux
premières élections parlementaires semi-libres. Le 20 septembre 1990 est la date du
déclenchement de la guerre lorsque les autorités communistes de l’Ossétie du Sud ont
                                                                                                               
7

FOLLEBOUCKT X., Op.cit., p. 87.
GERMAN TRCEY C. et BLOH B., Op.cit., p. 53.
9
HISTMAG.ORG., Janicki Kamil, Wojna w Osetii Południowej 1991-1992, extrait de l’ouvrage collectif
Źródła nienawiści. Konflikty etniczne w krajach postkomunistycznych. Kosowo, Gruzja, Abchazja, Osetia
Południowa, Łotwa i Estonia, Białoruś, Krym, Varsovie, Histmag.org i Instytut Wydawniczy ERICA, 480 p.
(URL : http://histmag.org/Wojna-w-Osetii-Poludniowej-1991-1992-6943).
10
Ibid.    
11
Ibid.  
12
Ibid.
13
FOLLEBOUCKT X., Op.cit., p. 90.
14
HISTMAG.ORG., Op.cit.  
15
FOLLEBOUCKT X., Op.cit., p. 88.  
8

proclamé l’indépendance de la République Démocratique Soviétique d’Ossétie du Sud et sa
séparation avec la Géorgie16. En Ossétie du Sud, de même qu’en Abkhazie, les habitants
d’origine géorgienne soulignèrent leur opinion négative quant à l’acte politique ossète,
provoquant des émeutes à Tskhinvali. Le président géorgien Gamsakhourdia et son
gouvernement déclarèrent l’Etat d’Urgence et enlevèrent à l’Ossétie du Sud son statut
d’autonomie17. Du coté de l’URSS, le président Gorbatchev s’est prononcé contre une telle
décision du parlement géorgien, mais en même temps a déclaré l’indépendance de l’Ossétie
comme inconstitutionnelle18. Du coup, la situation en Géorgie s’est encore aggravée, surtout
lorsque la Géorgie a privé l’Ossétie du Sud de subsides économiques : l’électricité et produits
alimentaires, ce qui a aussi provoqué une forte croissance des réfugiés en Ossétie du Nord19.
Les actions qui ont eu lieu dans les mois qui suivirent la déclaration de l’Etat
d’Urgence en Géorgie peuvent être qualifiées de « guerre », pourtant cette terminologie
demande un peu plus de clarification. Les géorgiens n’ont ni déclaré la guerre aux ossètes ni
envoyé de troupes armées en Ossétie du Sud. Au début des années 1990 la République
Soviétique Socialiste de Géorgie ne possédait pas encore sa propre armée et dans les
affrontements en Ossétie c’étaient surtout des policiers et des formations paramilitaires qui y
participaient. Ces formations ne comptaient pas plus de 200 personnes, certaines étant
subordonnées au président, d’autres à l’opposition et d’autres encore faisant partie de groupes
mafieux et de gangs criminels libérés pour cette occasion de prison. La même situation se
présentait en Ossétie du Sud, les représentants étatiques affirmant leur incapacité à contrôler
toutes les actions des milices ossètes20.
Au début de janvier 1991, les armées géorgiennes composées de 3 à 4000 mille
hommes sont entrées à Tskhinvali provoquant un certain nombre de combats de rues. Les
ossètes ont riposté en occupant des écoles et des maisons géorgiennes. Pendant un bref laps de
temps la ville fut divisée en deux parties – les ossètes décidant d’occuper la partie ouest de la
ville, les géorgiens sa partie est, mais ils se sont retirés peu après bloquant le passage de
l’Ossétie du Sud vers celle du Nord et en privant les ossètes de l’approvisionnement en
carburant, gaz, lignes téléphoniques et nourritures. Sur base de sources scientifiques ossètes,
les géorgiens auraient détruits plus de 115 villages ossètes. Apparemment, les autorités
géorgiennes auraient aussi emprisonné un Marchal parlementaire ossète, Torez Kulumbekov,
accusé d’attiser la haine ethnique.
Au mois de février 1991, la télévision russe déclara la situation à Tskhinvali comme
« pire que celle à Leningrad en 1942 » 21 . La ville entière fut privée d’électricité, de
chauffage, et de nourriture. Les ossètes dénonçant une forte brutalité géorgienne présente lors
du conflit. Viols, exécutions, tortures devant les yeux de la population. Durant le conflit des
                                                                                                               
16

GERMAN TRCEY C. et BLOH B., Op.cit., p. 54.
YAKEMTCHOUK R., Op.cit., p. 422.
18
Ibid., p. 423.
19
Ibid.
20
HISTMAG.ORG., Janicki Kamil, Wojna w Osetii Południowej 1991-1992, extrait de l’ouvrage collectif
Źródła nienawiści. Konflikty etniczne w krajach postkomunistycznych. Kosowo, Gruzja, Abchazja, Osetia
Południowa, Łotwa i Estonia, Białoruś, Krym, Varsovie, Histmag.org i Instytut Wydawniczy ERICA, 480 p.
(URL : http://histmag.org/Wojna-w-Osetii-Poludniowej-1991-1992-6943).
21
Ibid.    
17

rumeurs ont circulé, faisant état de génocide géorgien sur les ossètes. Pourtant, les chiffres
n’attestent pas d’une telle situation, le nombre de réfugiés n’étant que d’environ 100 mille
ossètes qui auraient quitté la Géorgie pour se réfugier dans le Caucase et en Ossétie du Nord.
Mais, il est aussi impératif de souligner que cette situation a eu lieu des deux cotés : il y a eu
également des géorgiens qui ont du quitter l’Ossétie du Sud22.
La guerre en Ossétie du Sud fut marquée par plusieurs incidents ethniques dramatiques :
les nouveau-nés mourraient d’hypothermie dans des hôpitaux de Tskhinvali, les habitants
étaient obligés de fuir leurs maisons, certains ont été battus, tués ou même brulés vifs, tous
ont été dépouillés. Les actions des ossètes envers les géorgiens n’étaient pas moins brutales ;
la majorité des victimes ossètes furent surtout des enfants23.
La Géorgie justifiait son comportement par sa responsabilité de mettre fin à la
rébellion. Pour l’Ossétie du Sud l’objectif était de combattre le régime dictatorial. Les
tensions sont montées en puissance avec l’arrivée de l’armée russe sur le territoire de
l’Ossétie du Sud. Au niveau international, la Russie justifiait son intervention militaire par le
besoin de garantir le maintien de la paix dans l’espace post-soviétique et défendre les
minorités russes. Pourtant, dans la réalité son intérêt principal était plutôt de garder son
influence dans le Caucase du Sud, ce qui se serait avéré plus difficile avec la perte de son
pouvoir sur la région.
La guerre du début des années 90 en Ossétie du Sud se terminera par une défaite claire
de la Géorgie. En effet, cette dernière étant trop faible politiquement et militairement, son
pouvoir central s’est dégradé suite au coup d’Etat de 1992 à Tbilissi. La Géorgie n’a pas non
plus su résister aux forces extérieures défendant ses adversaires24. Les liens qui existaient à
l’époque entre la Géorgie et la Russie ont été brisés.

                                                                                                               
22

Ibid.
Ibid.  
24
FOLLEBOUCKT X., Op.cit., p. 98.
23

1.2. La guerre Russo–Géorgienne de 2008
En 1992, suite à l’intervention de la Russie qui a décidé d’agir comme médiateur dans
le conflit entre la Géorgie et l’Ossétie du Sud, un cessez-le-feu a été mis en place25. Les
opposants ont instauré des forces de maintien de paix qui se composaient de troupes russes,
géorgiennes et sud-ossètes. Certaines idées de solution ont été proposées ; le retrait de l’armée
soviétique de l’Ossétie du Sud, la création des détachements conjoints de la milice avec un
désarmement des groupements armés en Ossétie, une organisation du retour des réfugiés, le
fait de garantir les droits des groupes ethniques, nationaux et des minorités conformément aux
prestations signées dans le cadre de CSCE et la reconnaissance de l’inviolabilité de toutes les
frontières. Les parties du conflit, le nouveau président de la Géorgie – Mr. Chevardnadze, et
le représentant russe Mr. Eltsine, sont même arrivées à signer le 24 juin 1992 un accord de
paix à Sotchi26. Mais, depuis la déclaration de l’indépendance de la Géorgie, les relations
entre son gouvernement et le gouvernement russe ont attisé les tensions et la méfiance27,
d’autant plus que la Géorgie cherchait profondément à s’écarter de l’influence russe. C’est
pourquoi elle s’est efforcée d’impliquer dans le conflit d’autres acteurs internationaux : les
Etats Unis d’Amérique, l’Union Européenne et l’Organisation pour la Sécurité et la
Coopération en Europe. Cette manœuvre lui a permis d’affirmer son intention de faire partie
de l’Europe Occidentale ainsi que de devenir membre de l’Organisation du Traité de
l’Atlantique Nord, ce qui ne plaisait surtout pas à la Russie de Poutine28.
Quand à l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, leurs gouvernements disparaissent dans
« l’oublie » géorgien et leur désir d’indépendance étant considéré comme simple
manipulation de Moscou29. « Les conflits ne sont appréhendés qu’au travers du prisme de
l’impérialisme russe, les acteurs locaux étant réduits à des simples pions des « cinquièmes
colonnes » de la Russie, destinées à affaiblir la souveraineté géorgienne »30 ce qui fait tout
simplement mépriser les vraies aspirations des séparatistes.
La population de l’Ossétie du Sud, qui avait plutôt cherché à s’unir avec l’Ossétie du Nord
plutôt que de devenir indépendante, choisit la citoyenneté russe, ce qui offrira au Kremlin une
bonne raison de participer au conflit, à savoir, invoquer la nécessité de garantir la sécurité à
ses citoyens31 même si, comme l’affirmera Moscou en respectant l’intégrité territoriale de la
Géorgie. Le président de la Commission sur les affaires de la Communauté́ des Etats
Indépendants de la Douma, Andreï Kokochine, a certifié que la Fédération Russe « ne restera
pas à l’écart si la Géorgie recourait à la force (…) la Russie a le droit de défendre la vie, la
liberté́ , la propriété́ et la santé de ses citoyens en utilisant tous les moyens dont dispose un
État dans ces circonstances »32.
                                                                                                               
25

FOLLEBOUKT X., Op.cit., p. 95.
Ibid.
27
GERMAN TRCEY C. et BLOH B., Op.cit., p. 52.
28
Ibid.
29
FOLLEBOUKT X., Op.cit., p. 161.
30
Ibid.
31
GERMAN TRCEY C. et BLOH B., Op.cit., p. 53.
32
Ibid.
26

La trêve plus ou moins stable s’est maintenue jusqu’au 2004, mais après l’élection du
président géorgien Saakashvili, les relations russo-géorgiennes se sont encore plus détériorées
ce qui a provoqué quelques incidents armés. Le nouveau gouvernement géorgien a adopté une
toute nouvelle politique : au niveau domestique il s’est fixé comme objectif le retour à
l’intégrité territoriale33 (regagner le contrôle sur les régions d’Adjarie, d’Abkhazie et de
l’Ossétie du Sud) et au niveau des relations internationales une politique pro-occidentale.
Les séparatistes ossètes gardaient le contrôle sur une grande partie de la région, mais vu le
manque de résolution nette du conflit, l’Ossétie du Sud restait quand même sous contrôle de
l’Etat géorgien et toujours sans reconnaissance sur la scène internationale34. Saakachvili
espérait une réintégration simple et rapide du territoire ossète au sein de son pays tout en niant
la complexité du conflit. Malgré une situation économique et sociale difficile en Ossétie du
Sud, la stratégie humanitaire géorgienne et les opérations anti-contrebande n’ont pas mobilisé
la population ossète contre le leadership local et la fermeture du marché d’Ergneti n’a fait
qu’aggraver la situation35.
La situation face à laquelle se sont retrouvées la Russie et la Géorgie quant à la
question des postes de contrôle de maintien de paix a débuté une « guerre de mots »36 entre
Moscou et Tbilissi. Moscou soutenant sa position de défenseur de la population ossète
subissant les actions brutales et provocatrices de la Géorgie, Tbilissi soulignant quant à elle,
que la Géorgie étant un territoire souverain37, elle veut garder des relations pacifiques avec la
Russie mais considère sa politique étrangère comme basée sur les ambitions « néoimpérialistes malsaines »38. Ce qui pourrait aggraver plus encore la situation en Ossétie du
Sud. La Géorgie accusant la Russie de soutenir les séparatistes, le Kremlin quant à lui
accusant la Géorgie d’avoir adopté une politique du « maintien artificiel » des conflits gelés
afin de garder son influence sur Tbilissi.
Cependant, la probabilité d’un conflit s’éloignant, les troupes de contrôles du cessezle-feu ont été réduites au minimum dès la fin 2004 début 2005. Les hostilités ont repris, et les
relations russo-géorgiennes étant gelées, la Géorgie a tout le temps cherché à impliquer
l’Union Européenne et les Etats Unis dans la résolution de ses conflits. Les américains lui ont
donné le soutien politique qu’elle attendait, contrairement à l’Union Européenne qui hésitait
encore car « bien que la PEV n’offre nulle possibilité́ d’adhérer à l’UE, elle propose une
«relation privilégiée », avec comme horizon la stabilité́ et la prospérité́ de l’Union »39.
En 2005, la Russie adopte envers la Géorgie une pression économique. Au mois de
février la Russie interdit l’importation de produits agraires provenant de Géorgie et double le
prix d’exportation du gaz. Le seul aspect positif des relations bilatérales dans cette période fut
la mise en œuvre en mai 2005 de l'accord sur l'évacuation des deux dernières bases russes
placées en Géorgie. Le 20 janvier 2008, lors de la prestation de serment pour un second
mandat présidentiel, Saakashvili a exprimé son désir d'améliorer les relations avec la Russie,
                                                                                                               
33

FOLLEBOUKT X., Op.cit., p. 165.
GERMAN TRCEY C. et BLOH B., Op.cit., p. 55.
35
FOLLEBOUKT X., Op.cit., p. 166.
36
GERMAN TRCEY C. et BLOH B., Op.cit., p. 56
37
Ibid.
38
Ibid., p. 57.
39
Ibid., p. 61.
34

mais la question de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud dans le contexte de revendication de
l’indépendance par le Kosovo a fortement aggravé les différents entre la Russie et la
Géorgie40. Et c’est justement au début de l’année 2008 que la Russie connaît sur la scène
internationale l’un de ses plus grand camouflet car c’est en février de cette année là qu’une
partie des Etats de l’Ouest contre la position Russe, reconnaît l’indépendance du Kosovo. De
plus, lors du sommet à Bucarest qui a eu lieu le 3 avril 2008, les pays membres d’OTAN se
sont mis d’accord pour l’intégration, et ça dans un futur proche, de la Géorgie et de l’Ukraine
au sein de l’Organisation du Traité Atlantique Nord, de même qu’ils leur ont accordé un statut
de pays candidat à l’OTAN41.
Sur un plan plus économique, la question de l’acheminement du pétrole et du gaz de
l’Azerbaïdjan vers la Turquie par la Géorgie a pris de l’ampleur, de même que les travaux sur
l’oléoduc vers l’Europe qui auraient comme conséquence l’omission des voies de transport
russe42.
La fédération de Poutine change alors de tactique et propose encore plus de soutien
aux autorités abkhazes et ossètes. La volonté géorgienne de s’allier avec l’Occident
embarrasse la Russie et vu que la Géorgie envisage son intégration au sein de l’OTAN, la
Russie informe l’Organisation que la Géorgie ayant obtenu cette possibilité le processus de
sécession en Abkhazie et en Ossétie du Sud va débuter43.  
La Géorgie décide alors d’aplanir ses relations avec au moins une des régions séparatistes –
l’Ossétie du Sud. Un plan militaire rapide est mis en place. Ambition heurtée de Poutine, une
position précaire de la Russie sur la scène internationale et un désir intense de la Géorgie
d’occuper l'Ossétie du Sud donnent lieu à une intensification des hostilités44.
La déclaration de l'indépendance du Kosovo en février 2008 a encouragé les autorités
séparatistes sud-ossètes à se détacher du territoire de la République de Géorgie et a poussé le
président Edouard Kokoïty à déposer auprès de la Cour Constitutionnelle de Russie une
demande de reconnaissance de sa République comme partie intégrale du territoire de la
Fédération Russe. En Août 2008, après un échec dans les négociations ossèto-géorgiennes, la
Géorgie a décidé d’attaquer le territoire de l'Ossétie du Sud. Même si la Géorgie et la Russie
ne se sont pas déclaré la guerre en tant que telle et ont gardé leurs relations diplomatiques, la
Russie a répondu par une contre attaque, repoussant tout d’abord les premières troupes
géorgiennes de l’Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, et puis, brisant par la force la souveraineté
territoriale de la Géorgie.

                                                                                                               
40

STOSUNKI MIEDZYNARODOWE, Stosunki dwustronne Gruzja-Rosja,
http://www.stosunkimiedzynarodowe.info/kraj,Gruzja,stosunki_dwustronne,Rosja, (Consulté le 30 décembre
2014).
41
GEOPOLITYKA.ORG, BRAZKIEWICZ D., Wojna rosyjsko-gruzińska, http://geopolityka.org/analizy/dariuszbrazkiewicz-wojna-rosyjsko-gruzinska, (Consulté le 24 mars 2014).
42
Ibid.
43
GERMAN TRCEY C. et BLOH B., Op.cit., p. 62.
44
GEOPOLITYKA.ORG, BRAZKIEWICZ D., Wojna rosyjsko-gruzińska, http://geopolityka.org/analizy/dariuszbrazkiewicz-wojna-rosyjsko-gruzinska, (Consulté le 24 mars 2014).

2. Analyse comparative des raisons qui ont amené l’Ossétie du Sud, la
Géorgie et la Russie à la guerre, tout d’abord en 1991 et puis en 2008.
Ron Asmus dans son livre « The little war that shook the world » examine les causes
et le déroulement de l'effondrement du système européen de sécurité en août 2008, qui était
en vigueur depuis la fin de la Guerre Froide. C’est une analyse sévère et controversé des
événements et des décisions qui ont mené le monde à la guerre russo-géorgienne et qui ont
influencé la manière de son achèvement.
Asmus, en moins de deux cents pages nous convainc que la Géorgie a été prise au piège dans
une guerre qu’elle n’avait pas provoquée, contrairement à celle de 1991, où le conflit militaire
en Ossétie du Sud était vraiment « voulu » par la Géorgie afin de maintenir son intégrité
territoriale. En 2008, un statut indéterminé ou encore mal défini, de l'Abkhazie et l'Ossétie du
Sud n’a été qu’une des causes apparentes de la flambée de violence. C’était principalement la
décision de la Russie d’empêcher l’adhésion de la Géorgie aux structures de la démocratie
occidentale qui fut la vraie raison de la guerre en 2008.
Probablement, la guerre russo-géorgienne n’était qu’une sorte de protestation du
Kremlin contre le système européen de sécurité adopté à la fin de la Guerre Froide, qui, selon
Moscou, reste injuste et dirigé contre ses propres intérêts. En mettant de coté l’interprétation
politiquement correcte des événements, Ron Asmus constate, que la reconnaissance de
l’indépendance du Kosovo, n’avait aucun lien avec un éventuel plan visant à apaiser la
situation en Géorgie. Selon lui, les conséquences qui ont déterminé le moment de l’explosion
des conflits a été le résultat d’un message très ambigu déclaré au sommet de l’OTAN
(Bucarest entre 2 et le 4 avril 2008), présumant une promesse d’adhésion de l’Ukraine et de la
Géorgie à l’organisation sans pourtant avoir adopté un « Membership Action Plan ».
Pour lui, si ce pacte avait clairement pris le parti de la Géorgie et de l'Ukraine, il aurait été
possible que Moscou se retire, mais c’est l'OTAN qui a décidé de choisir la pire de toutes les
options, à savoir faire des promesses vides. La Géorgie n’a pas eu de chance en se tournant
vers l’Occident dont la structure était en crise. Asmus souligne, que si Moscou arrivait à faire
pression sur l’OTAN pour abandonner le projet d’élargissement de l’organisation par les pays
post-soviétiques, l’OTAN récompenserait la Russie pour son agression et lui rendrait le
pouvoir d’influence sur l’Europe.
Il est possible que ce soit l’OTAN qui se soit trompé et ait fait des analyses erronées
durant la période avant la guerre, sur les intentions de ses alliés et ses ennemis.
L’Ouest était convaincu que Moscou se prononcerait en faveur de l'indépendance du Kosovo
lors du forum au Conseil de Sécurité des Nations Unies à Moscou. Il était supposé que le
Kremlin, en échange d’un soutien, voudrait se garantir un déroulement favorable des
événements dans les régions qui le préoccupaient le plus. Ces attentes se sont avérées fausses.
Le Kosovo n’avait pour Poutine aucune importance géopolitique majeure, seulement
une importance symbolique, c’est pourquoi Moscou a décidé de se prononcer contre son
indépendance lors des sessions du Conseil de Sécurité. Les responsables politiques
occidentaux étaient convaincus que le conflit dans le Caucase serait contre les intérêts de la
Russie et que le Kremlin ne se prononcerait jamais en faveur de l'indépendance de l'Ossétie

du Sud et de l’Abkhazie, ce qui aurait pu alimenter le désir d'indépendance tchétchène. Cette
opinion s’est également avéré fausse.
La reconnaissance de l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud était un « geste »
risqué pour le Kremlin, mais les dirigeants Russes étaient déterminés, tant qu’ils ne donnaient
pas au monde une image d’une Russie faible et insignifiante.
Les pouvoirs occidentaux ont vraiment mal interprété les comportements de leurs
alliés.
La dynamique politique de la région post-soviétique ne peut pas être réduite à de simples
affrontements entre la démocratie et l'autoritarisme ou entre les forces pro-russes et prooccidentales. Les processus politiques dans la région sont beaucoup plus compliqués. Les
premières années de transitions dans l’espace post-soviétique avaient comme objectif
principal la construction d’un Etat et pas nécessairement la construction d’une démocratie.
Afin de survivre et éviter l’effondrement des Etats instables, les gouvernements des
républiques post-soviétiques ont utilisé tous les moyens possibles pour y arriver, en créant en
même temps des contacts géopolitiques secrets et déloyaux. Il n’y a donc rien de surprenant
dans la politique du gouvernement de Saakachvili d’appliquer un certain nombre de conseils
occidentaux et de mettre en œuvre certaines pratiques démocratiques européennes, vu que son
objectif crucial était de récupérer intégralité territoriale de la Géorgie.
La guerre en Ossétie du Sud dans les années 1991-1992 ne peut être considérée
autrement que comme un affrontement pour défendre son identité, sa reconnaissance et son
indépendance. Ce conflit fut principalement basé sur des différences ethniques et sur des
sentiments nationalistes apparus avec la fin de l’Union des Républiques Socialistes
Soviétiques. Les pays de l’espace post-soviétique, fort affaiblis, ont décidé de se reformer, ce
qui les a conduits à des guerres civiles, incluant parfois d’autres acteurs internationaux.
La guerre en Ossétie du Sud en 2008 a eu un tout autre fondement. Ce sont des
relations conflictuelles entre la Géorgie et la Russie qui n’ont fait que perpétuer le conflit
armé déjà débuté.
Le rôle de la Russie dans les deux guerres est fondamental.
Dans les années 1990, la Fédération Russe avait comme objectif de garder une influence sur
les nouveaux pays en transition dans l’espace post-soviétique, et de maintenir la paix dans la
région dont elle voulait redevenir le leader.
Les années 2000 marquent plutôt une nouvelle politique étrangère russe, telle qu’imaginée et
crée par le président Poutine, à savoir, tout d’abord éviter le rapprochement et l’intégration
des pays post-soviétiques dans les organisations occidentales et internationales et réaffirmer le
retour de la puissance russe.

Conclusion
Sur la base des quelques éléments développés dans ce travail il est facile de constater
que malgré les similitudes du contexte général de ces deux guerres, les raisons qui sont à leur
origine ont été différentes et cependant liées.
L’époque impériale et les guerres civiles du début du 20e siècle dans l’espace
postsoviétique sont les premières marques des conflits gelés d’après 1991. Effectivement c’est
principalement l’ère soviétique qui a été à la base des revendications des futures populations
sécessionnistes.
La chute de l’URSS a provoqué une série de contestations, surtout nationalistes, au sein des
anciennes républiques soviétiques. La Géorgie est l’un des pays qui a le plus connu ces
importants conflits intérieurs et qui demeure dorénavant un pays considéré à « conflits
gelés ». Les guerres entre la Géorgie et la Russie pour l’Ossétie du Sud connaissent le même
héritage historique, mêmes troubles politiques, économiques, sociaux et bien sûr ethniques.
Cependant, les raisons de ces deux guerres ne sont pas semblables..
La guerre en Ossétie du Sud des années 1991-1992 a été un conflit armé à base sécessionniste
et nationaliste entre le gouvernement géorgien autoritaire ne voulant surtout pas reconnaître
les droits des minorités ethniques et les populations ossètes cherchant à s’autonomiser afin de
ne plus dépendre de la République géorgienne.
Quant à la guerre Russo-géorgienne de 2008, comme le souligne d’ailleurs Ron Asmus, nous
pouvons la considérer comme un simple point de repère dans la politique européenne de
sécurité. Ce conflit est à évaluer comme « un test » sur les comportement de tous les acteurs
internationaux inclus dans le conflit. Par conséquent, il est raisonnable de dire que dans ce cas
c’est l'OTAN qui a commis une erreur stratégique et est tombé dans le piège de la politique
symbolique envers Moscou. La Russie est arrivée à mettre en place un plan d'action afin de
limiter les choix européens et internationaux.
Six ans après la fameuse guerre des 5 jours, la Géorgie cherche toujours à récupérer
l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud. Nous sommes toujours loin de la réconciliation entre ces
nations. Un rapprochement russo-géorgien reste inconciliable, d’autant plus que la population
géorgienne impose comme condition l’intégration de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie dans
le territoire géorgien. Plusieurs années après la fondation de la Fédération de Russie cette
dernière a décidé d'intervenir militairement en dehors de son territoire pour la première fois.
C’est un geste qui a surpris les États-Unis et les pays de l'Union européenne. Cette situation a
mis en évidence le manque apparent d'une politique unanime de ces pays face à un conflit
international, ce qui a renforcé la position de la Russie dans le Caucase du Sud et la région de
la mer Caspienne.
En conclusion on peut dire que c’est la Russie qui a fait savoir à la scène mondiale que
c’est elle qui domine la région de l’Est, lieu stratégique de l’industrie du charbon et du gaz
pour le grand Ouest. En outre, dans cette région seule la Géorgie affiche de claires tendances
pro-occidentales dans sa politique internationale. Pour la Russie c’est une situation
inacceptable, qui ne fait que provoquer Moscou à entreprendre dans sa sphère d’influence des

actions politico-militaires, afin de souligner l’importance de ses intérêts nationaux, dont la
défense de ses citoyens en dehors des frontières russes, en ayant recours à une intervention
militaire.

Bibliographie
Sources scientifiques
Livres
 
• ASMUS R.D., A little war that shook the world. Georgia, Russia, and the future of the
west.,Palgrave Macmillan, New York, 2010, 250 p.
• CORNELL S.E., STARR S.F., The guns of August 2008 : Russia’s awr in Georgia.,
Armonk, New York, 2009, 279 p.
• FOLLEBOUCKT X., Les conflits gelés de l’espace postsoviétique. Genèse et enjeux.,
Presses Universitaires de Louvain, 2012, 275 p.
• MINASSIAN G., Caucase du Sud, la nouvelle guerre froide : Arménie, Azerbaïdjan,
Géorgie, Autrement, Frontières, Paris, 2007, 188 p.
Articles








GERMAN TRCEY C. et BLOH B., « Le conflit en Ossétie-du-Sud : la Géorgie contre la
Russie », Politique étrangère, 2006/1 Printemps, pp. 51-64.
KANET R.E., TCHIMICHKIAN M., La résolution des conflits : le rôle de la Fédération de
Russie. In: Revue d’études comparatives Est-Ouest. Volume 25, 1994, N°1. pp. 5-32.
MINASSIAN G., « Grandes manouvres au Caucase du Sud », Politique étrangère,
2008/4 Hiver, pp. 775-787.
ROBERT-CUENDET, S., Aspects historiques et juridiques de la crise d’août 2008 : des
conflits interethniques à la guerre ouverte avec la Russie. In : Annuaire français de
droit international, LIV, 2008, pp. 172-195.
YAKEMTCHOUK R., Les conflits de territoires et de frontières dans les Etats de l'exU.R.S.S. In: Annuaire français de droit international, volume 39, 1993. pp. 393-434.
« Éditorial. L'Europe devant le conflit russo-géorgien », Esprit, 2008/10 Octobre, pp.
5-6.

Sources électroniques





 

HISTMAG.ORG., Janicki Kamil, Wojna w Osetii Południowej 1991-1992, extrait de
l’ouvrage collectif
Źródła nienawiści. Konflikty etniczne w krajach
postkomunistycznych. Kosowo, Gruzja, Abchazja, Osetia Południowa, Łotwa i
Estonia, Białoruś, Krym, Varsovie, Histmag.org i Instytut Wydawniczy ERICA, 480
p. (URL : http://histmag.org/Wojna-w-Osetii-Poludniowej-1991-1992-6943).
GEOPOLITYKA.ORG, BRANZKIEWICZ D., Wojna rosyjsko-gruzińska,
http://geopolityka.org/analizy/dariusz-brazkiewicz-wojna-rosyjsko-gruzinska,
(Consulté le 24 mars 2015).
STOSUNKI
MIEDZYNARODOWE,
Stosunki
dwustronne
Gruzja-Rosja,
http://www.stosunkimiedzynarodowe.info/kraj,Gruzja,stosunki_dwustronne,Rosja,
(Consulté le 30 décembre 2014).


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