Plaidoiries Me SERRES pour la Defense du President Habre.pdf


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PLAIDOIRIES POUR LA DEFENSE DU PRESIDENT HABRE
Mesdames et Messieurs, nous entendons présenter devant vous et devant l’opinion publique nationale
et internationale, les plaidoiries pour la défense du Président Habré.
Ces plaidoiries, conformément à la stratégie du Président, ne seront pas présentées devant les Chambres
Sénégalaises d’Injustice que nous ne respectons pas, compte tenu de leur caractère illégitime, de
l’illégalité de la procédure d’instruction menée qui a engendré une procédure d’audience parfaitement
inéquitable qui n’a laissé aucune place pour la conduite d’une défense respectueuse des droits de
l’accusé et de ses avocats.
Ces plaidoiries sont enfin les seules à pouvoir porter la parole du Président Habré qui les a validées. Nul
autre avocat ne peut se présenter en quelque lieu que ce soit pour porter sa parole, sa stratégie, ou
prétendre assurer sa défense. Les avocats d’office nommés par les CAE ne sont que les avocats des
Chambres, désignés pour tenter de faire croire à l’équité d’un procès vicié depuis l’origine et apposer
leur signature sur un arrêt de condamnation acquis d’avance. Ces avocats ont violé les règles de leur
Ordre et la position exprimée par le Conseil de l‘Ordre des Avocats du Barreau de Dakar qui leur avait
demandé de respecter la stratégie du Président Habré. Leur comportement à l’audience en maintes
occasions a démontré, au-delà de quelques effets de manche pour masquer leur compromission, leur
véritable connivence avec l’Institution judiciaire, son agenda et ses modalités qui les ont conduits à se
limiter à des contre-interrogatoires des témoins/parties civiles, laissant de côté des pans entiers d’un
dossier que, d’évidence, ils ne connaissaient pas et dont ils auraient pu contester la régularité.
Enfin, les audiences qui se sont déroulées depuis le 7 septembre jusqu'au 15 décembre ont révélé, si
besoin en était, le caractère éminemment politique de ce procès, instrument d’une liquidation politique
et physique du Président Habré, mise en œuvre par des CAE instrumentalisées par de petits maîtres
d’œuvre sénégalais, tchadiens et d’ONG à la solde des puissances occidentales. Il s’agit bien ici de salir
et d’éliminer de l’histoire africaine la voix discordante d’un chef d’Etat africain indépendant qui s’est
opposé aux nouveaux colonisateurs et au prédateur libyen. Les monstruosités juridiques et procédurales,
conséquences des pressions exercées par ces puissances étrangères, qui ont émaillé ces trois mois
d’audience, ont permis de dessiner l’image indigne et abjecte que pouvait représenter cette pseudo
justice africaine, conduite prétendument par des africains au nom de l’Afrique.
Nous avons déjà, en maintes occasions, et notamment devant la Cour de la CEDEAO, mais aussi dans
un fascicule distribué à la presse avant le procès, exprimé les raisons qui nous conduisaient à contester
la légitimité des Chambres et à dénoncer l’illégalité de la procédure d’instruction. Elles sont toujours
valables et ont été davantage mises en exergue par la procédure d’audience dont elles ont engendré les
vices qui l’ont affecté.
I.

Synthèse des causes de l’illégitimité des Chambres et de l’illégalité de la procédure
d’instruction.

Toute personne accusée doit être jugée par un tribunal indépendant, impartial et susceptible de protéger
les droits de l’accusé afin de lui permettre d’exercer de manière effective sa défense. Les conditions qui
ont présidé à la création des CAE ont été caractérisées par un interventionnisme de l’Exécutif sénégalais,
à la botte de quelques puissances occidentales et de leurs valets, et qui a violé tous les standards
internationaux en la matière, ainsi que les prescriptions de la Cour de la CEDEAO.

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