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LE PROJET « JHACKRI »
Film documentaire

Durée estimée : 52’
Tournage : Juin/Juillet 2016
Format : Full HD 16/9
Langue : Magar et Népali (Sous-titrage : Français / Anglais)
Liens vimeo : https://vimeo.com/jhackri

Présenté par
Olivier Chatot et Fanny Corbeau

« CHAQUE COMMUNAUTE HUMAINE SE FORGE UNE REPRESENTATION DU MONDE
QUI L ’ENTOURE ET DES HOMMES QUI LA COMPOSENT . L’HOMME FAIT LE MONDE EN
MEME TEMPS QUE LE MONDE FAIT L ’HOMME , A TRAVERS UNE RELATION CHANGEANTE
SELON LES SOCIETES ET DONT L ’ETHNOGRAPHIE PAR EXEMPLE , NOUS MONTRE LES
INNOMBRABLES VERSIONS ».

DAVID LE BRETON

2

TABLE DES MATIERES

PITCH

p.4

CONTEXTE

p.5

SYNOPSIS

p.13

PERSONNAGES

p.17

NOTE D’INTENTION DE L’AUTEURE

p.27

NOTE D’INTENTION DU REALISATEUR

p.29

TRAITEMENT

p.31

L’EQUIPE DE REALISATION

p.34

BIDGET PREVISIONNEL

p.39

POURQUOI PRODUIRE CE DOCUMENTAIRE ?

p.40

COMMENT NOUS CONTACTER

p.41

3

Pitch
Voyageurs

invisibles, gardiens de

l’équilibre, leurs tambours éternels
résonnent sur le toit du monde…
C’est au coeur de l’Himalaya, au pied de
la montagne du Dhaulagiri, que nous
partons à la découverte des rites
chamaniques de l'ethnie Magar-Kham.
Depuis peu cette tradition se trouve
perturbée
par
le
modèle
de
développement occidental qui voit le jour
au Népal.
Par
leurs
témoignages
et
leurs
expériences, les « Jhackri » (chamanes
népalais) nous exposeront leurs points de
vue sur cette transition culturelle. Serontils capables de perpétuer leurs pratiques
ancestrales ?

4

CONTEXTE
Situé sur le versant méridional de l'Himalaya, le Népal s'étend en une bande longue et étroite, suivant fidèlement la direction de la
chaîne de montagnes. Un tableau spectaculaire d’où nous partons à la rencontre de l’ethnie Magar-Kham.
Avec cinquante neuf groupes ethniques recensés sur son territoire, le Népal symbolise un véritable carrefour des
civilisations. Ce minuscule pays, perché sur les collines qui séparent l’Inde et la Chine, offre une diversité ethnique,
culturelle et religieuse extrêmement riche. Parmi ses religions majoritairement hindouistes et bouddhistes, on peut
entrevoir une pratique chamanique omniprésente. Elle n’en demeure pas moins l’une des plus discrètes et méconnues du
monde.
Ce petit pays connaît de nos jours des mutations importantes d'ordre social, culturel et matériel. Le Népal se trouve à un
tournant majeur de sa politique puisque la première proposition de constitution vient d’être écrite en 2015 afin de garantir
un siège à chaque représentant ethnique au sein du gouvernement. Il est aujourd’hui trop tôt pour dire si cette tentative
aboutira à un accord durable dans la complexité de cet environnement politique.
Le développement du pays se déroule à une vitesse croissante, ce qui conduit à un changement radical du mode de vie des
népalais. Ces signes de « progrès » ne touchent pas seulement les milieux urbains, ils sont aussi visibles dans les zones
reculées de montagne, où la pratique du chamanisme se trouve en confrontation directe avec la médecine allopathique dite
« moderne ».
Cependant, au delà de toutes ces formes de changements, on constate au Népal une prodigieuse volonté à vouloir rester en
accord avec les traditions. Nous découvrons que le Népal est un pays sensible au développement durable et les népalais
adoptent une démarche responsable qui donne place à de nombreuses initiatives locales. Les « sages » insistent sur le fait de
préserver l’identité culturelle du pays malgré les mutations qui s’opèrent en son sein.

5

Chamane Kham, Lugum, Népal, 2015

6

LIEU DU TOURNAGE / district du Rolpa

Notre tournage se déroulera au sud-ouest de la montagne du Dhaulagiri dans le village de Lugum, qui a pour particularité d’abriter 80 chamanes
pour une population de 300 habitants.
Ces habitants connaissent depuis peu des transformations notables de leur mode de vie. En deux ans, une piste a été creusée à flanc de
montagne, permettant à des anciennes Jeep réformées de l'armée maoïste de relier Lugum à la ville la plus proche. Autrefois
approvisionnés et ravitaillés par des mules, la piste facilite l’accès à des produits de consommation dont les habitants n’avaient pas
l’usage auparavant. Un « bazar» a même été construit au village, et certains y voient une opportunité commerciale pour sortir du mode
de vie rural.
Depuis peu avec l’arrivée des générateurs hydro-électriques, les premiers Smartphones font leur entrée dans le quotidien du village et
l’accès internet devient maintenant possible. Notons cependant que le plus grand changement n’a pas été l’ouverture à ces différentes
technologies, mais la création d’un modeste dispensaire médical. Celui-ci propose aux villageois une forme de médecine allopathique
peu adaptée aux populations rurales des montagnes, souvent onéreuse et à l’opposé de leur médecine traditionnelle. La création de
ce « centre médical » génère un lot d’espoirs, mais il annonce aussi de grands changements quand à la manière d’appréhender l’avenir.
Dans sa métamorphose, le village assiste aussi au départ d’une grande majorité d’hommes âgés entre 20 et 28 ans. Ils proposent leurs
services aux pays comme la Malaisie, Singapour, l’Inde, le Proche Orient qui bénéficient ainsi d’une main d’oeuvre à très bas prix.
Depuis peu, cette génération de travailleurs commence à manquer cruellement aux villages « agropastoraux » comme celui de Lugum,
où la main d’œuvre est précieuse pour l’autosuffisance alimentaire. Si au départ le projet de ces jeunes était de revenir au village avec
un peu d’argent, à l’arrivée peu d’entre eux souhaitent réellement s’y ré-installer : cette génération voit ses modes de vie et de pensées
totalement transformés.
Le changement à Lugum est maintenant largement amorcé…

7

8

LA CHAMANISME MAGAR-KHAM

Le « chamane » est un terme d'origine sibérienne emprunté à la langue Toungouse pour désigner le spécialiste « magico-religieux ». À
partir du XXème siècle, par l'observation de similitudes entre les pratiques des « samans » de Sibérie avec d'autres groupes ethniques (Nord
et Sud américains, ou asiatiques), les anthropologues ont progressivement étendu l'application de ce terme pour désigner et délimiter un
système religieux à part entière.
Au Népal, il existe presque autant de formes de chamanisme que d'ethnies réparties sur son territoire. Dans ce documentaire, nous portons
notre attention sur le chamanisme pratiqué par l’ethnie « Magar-Kham » qui entretient une tradition singulière et unique, se rapprochant du
chamanisme originel sibérien.
Vêtus de spectaculaires costumes traditionnels (coiffes en plumes, grelots, coquillages, fourrures, turbans, colliers, bracelets en bois) et
accompagnés de leurs tambours, les chamanes Kham sont appelés quotidiennement pour rétablir « l'ordre » entre le monde des esprits et
celui des hommes. Pour se faire, ils soulagent les villageois de leurs peines à l’aide des entités protectrices et leur prescrivent des remèdes à
base de plantes médicinales selon leurs pathologies. Tout un ensemble de rites et de préparations médicinales est le quotidien de ces
« médecins de l’invisible ».
Bienvenue à la rencontre des « Jhackri ».

9

« La danse des Jhackri », Lugum, Népal, 2015

10

EXPOSITION DE LA PROBLEMATIQUE

« L ES RELIGIONS CHANGENT COMME TOUS LES FAITS SOCIAUX . E LLES
SUIVENT LES GRANDES MUTATIONS QUI FONT PASSER LES HOMMES DU
NOMADISME A LA SEDENTARISATION , DES CITES AUX EMPIRES , DES
CIVILISATIONS RURALES AUX SOCIETES INDUSTRIELLES .

»

R OGER BASTIDE

Les chamanes que nous avons interrogés lors de notre repérage en 2015 nous ont fait part de la difficulté qu’ils avaient à survivre
face au développement de leur village.
Le rôle du chamane est un devoir sacré envers la communauté, et aucune rémunération n’a jamais été demandée en contrepartie des
soins. De ce fait, les familles comprenant un chamane se trouvent dans une situation d’extrême pauvreté. Lorsqu’ils sont appelés
pour des soins durant leur temps de travail (construction, agriculture etc… ), ils n'ont pas d’autres choix que d’abandonner cette
activité pour remplir leurs fonctions de guérisseur. Leurs difficultés financières ne leur permettent pas d’assumer l’éducation de
leurs enfants.
Les chamanes de Lugum semblent aujourd’hui vivre dans un « entre-deux » : ils partagent la volonté de faire perdurer la tradition
chamanique de manière la plus intacte possible, mais ils aimeraient aussi pouvoir améliorer leurs conditions de vie et offrir
davantage à leur descendance en demande d’une vie plus « moderne ». Force est de constater que la jeune génération quitte le
village en laissant derrière elle une population vieillissante. Aujourd’hui, les chamanes mesurent le risque de voir leurs traditions
s’éteindre.
C’est à partir de ce constat que nous avons choisi de développer notre documentaire, en centrant notre regard sur le chamanisme tel
qu’il est représenté aujourd’hui dans le village. Ainsi, lors d’entretiens avec les chamanes, ceux-ci ont énoncé le souhait de
développer, cultiver et répertorier les plantes qu’ils utilisent dans le cadre de leurs soins. Cette démarche pour la préservation du
patrimoine culturel et intellectuel s’inscrit dans une évolution durable de la culture chamanique Magar-Kham. Voici le projet que
nous souhaitons partager et documenter au travers de ce film.
Notons qu’une initiative du même genre a vu le jour chez les « Matsé » du Brésil et du Pérou, aboutissant à la création d’une encyclopédie
médicale du savoir traditionnel de leurs chamanes : http://fr.mongabay.com/2016/01/une-encyclopedie-de-500-pages-sur-la-medecinetraditionnelle-prend-forme-grace-a-une-tribu-de-lamazonie/
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http://fr.mongabay.com/2016/01/une-encyclopedie-de-500-pages-sur-la-medecine-traditionnelle-prend-forme-grace-a-une-tribu-de-lamazonie/

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SYNOPSIS
C'est l'aube. La brume s'étend sur le paysage sec et aride de cette fin d’hiver. Les premiers rayons du soleil font leur
apparition sur les montagnes blanches qui surplombent la vallée de Lugum.
Ce matin, Jhodi, le « maître-chamane" du village, est ébloui par la luminosité qui marque la troisième matinée d'une longue
séance de guérison. Tel un voyageur venu d’un autre monde, il ne cesse de chanter et psalmodier ses « mantras » en battant
son tambour. Il arbore une magnifique coiffe en plumes de rapace, s'est paré de multiples cloches autour de la taille et de
nombreuses peaux de bêtes recouvrent son dos. Jhodi accomplit son devoir tel un « spectre incarné » dont le seul but est de
soigner.
Malgré la fatigue et sa famille qui l’attend depuis plusieurs jours, Jhodi remplit sa fonction de guérisseur jusqu’à ce que le mal
soit chassé. Des jours et des nuits durant, il se concentrera sur son devoir ancestral, et cela avec une dignité qui sans nul doute
force le respect.
Nous pénétrons petit à petit dans l’intimité de deux chamanes, Jhodi et Balmann, son élève. Au travers de leur regard, nous
découvrons un mode de vie fragile et authentique. Dans cette communauté de 300 individus composée de 80 chamanes,
l’agriculture comme la chasse demeurait il y a encore peu de temps l’unique moyen de subsistance.
Jhodi et Balmann ne tarderont pas à nous conter l’histoire du peuple Kham, et nous expliqueront que dans un lointain passé, le
peuple Magar-Kham est descendu du Tibet, guidé par ses chamanes, pour s’établir dans la vallée de Lugum.
Au cours des derniers millénaires, riches de leur longue expérience du milieu naturel, les chamanes ont acquis une profonde
connaissance des plantes médicinales de l’Himalaya. Le savoir phyto-thérapeutique des Magar-Kham se transmet normalement
par voix orale, mais le père défunt de Jhodi (qui était le dernier grand chamane de la vallée avant lui) lui a légué quelques
livres où celui-ci avait commencé à répertorier les plantes qu'il utilisait pour ses soins. Jhodi est très fier de montrer le travail
d’archivage entrepris par son père et nous invite à découvrir sur ses terres la pharmacopée Himalayenne. A l’aide de ses
grimoires, de quelques outils et de nombreux récits, il procède à un état des lieux de cette prodigieuse « banque de
données médicinales » qu’il a à portée de main.
« Les chamanes font partie de ceux qui savent » nous dit-il, « ils sont à même de communiquer avec les forces qui régissent la nature, et
de ce fait détiennent le secret des plantes ».
13

****
Depuis quelques jours déjà, les températures deviennent plus clémentes à Lugum. Tandis que les premiers nuages semblent
célébrer par la danse des cimes cette renaissance annuelle, la pluie franchit enfin les premières montagnes qui surplombent la
vallée. C’est la mousson. On peut lire la joie sur le visage des villageois qui sortent sous la pluie chaude de l'été. Elle n'était
pas tombée ici depuis des mois.
Cette saison annonce la fin de la période hivernale. Nous assistons émerveillés à l’épanouissement de chaque brindille. Sous
le regard de Jhodi, nous partageons les retrouvailles entre le chamane et la nature bienfaisante. Au travers de ses pas nous
franchissons les remparts de la forêt sacrée. Nous explorons en lui l’univers magique de la nature en tentant de percevoir
« l’invisible ».
Le maître est heureux. Il dispose dorénavant de toutes les plantes dont il aura besoin pour prodiguer ses soins jusqu’à l’année
prochaine. Commence alors un long et passionnant processus de cueillette et de classification botanique.
Néanmoins, la saison humide n’apporte pas qu’abondance au village, elle annonce aussi un événement annuel majeur : la
« Jhackri Mela », le plus gros rassemblement chamanique de la région. Nous assistons aux préparatifs de cette grande
cérémonie : cueillette des plantes protectrices, répétition des mantras, et fabrication du rockshi, l’alcool local.
Lors de l’arrivée des premiers grands chamanes depuis les collines voisines, le grondement des tambours annonce la grande
fête. C’est une véritable effervescence populaire qui anime le village. Des centaines de villageois se pressent autour de
nombreuses transes qui surgissent de toutes parts, indiquant une connexion soudaine entre les chamanes et « l'autre
monde ».
Pendant plusieurs jours, les chamanes se lancent à la poursuite de l’esprit d’une sorcière cannibale. Selon les croyances, elle
cherchera à attaquer un des villageois pour en faire son repas. La légende raconte que par des temps très anciens, un puissant
chamane l’aurait enterrée vivante pour protéger le village. Seulement, au moment de la couvrir de terre, la terrible sorcière
l’aurait menacé de lui lancer un maléfice. Le chamane devant se protéger et la sorcière ne voulant pas mourir ils n’eurent nul
autre choix que de conclure un pacte. Ils convinrent ensemble de dédier à cette sorcière une journée spéciale lors de la
première semaine de tous les mois de Sawan (Juillet) jusqu’à l’éternité. Celle-ci accède de ce fait à l’immortalité de son âme, et
à la possibilité de se nourrir chaque année de celle d’un villageois.
En véritables chefs d’orchestre, tous les chamanes mèneront leurs « danses » et chanteront leurs mantras en battant de leurs
tambours. Le village ainsi protégé, tous s’engageront dans une sorte de duel épique en pourchassant cette âme bannie. Une
fois capturée, elle sera rendue à la terre jusqu’à l’année d’après...
Nous comprenons après cet étonnant spectacle que la « Jhackri Mela » est un festival que les chamanes Kham prennent soin de
perpétuer chaque année, et qu’il apparaît comme nécessaire à l’équilibre spirituel de ce peuple.
****

14

Maître « Jhodi Jhackri » profite de ce rassemblement pour parler de ses inquiétudes face à la sauvegarde des savoirs ancestraux.
Tous l'écoutent attentivement, car tous se sentent intimement concernés par son discours. Un vieux chamane prend alors la
parole, et rappelle à l'assemblée que lorsque son âme partira, les entités supérieures détermineront alors un nouvel apprenti qui
devra accepter ce choix sous peine de mort. En ce sens, les chamanes Kham existent depuis la nuit des temps, et ils existeront
toujours. Malgré la vision quasi-mystique de ce vieux Jhackri, Jhodi est soucieux. Il pressent au plus profond de son être que
quelque chose doit être fait pour conserver cet héritage.
Jhodhi a des raisons d’être inquiet, et tous le savent. Le développement anarchique du pays n'épargne pas le village.
Depuis la création de la piste, les filles de Jhodi et de Balmann sont envieuses d'une vie plus « moderne », et ça, Jhodi ne peut que
le comprendre... Depuis quelques temps déjà, les jeunes adolescentes demandent à leurs pères de rejoindre la ville afin de
pouvoir étudier aux cotés de leurs amis. Elle sont tout simplement désireuses d’un peu plus de confort, et aimeraient s’habiller
comme leurs camarades de classe. Malheureusement, la vie de chamane est extrêmement rude, et ne permet pas à la famille de
pouvoir rêver à autre chose que d’une vie modeste de montagnard.
Jodhi et Balmann se demandent bien comment ils vont pouvoir répondre aux désirs de leurs filles bien-aimées tout en continuant
de remplir les tâches de guérisseurs qui leurs prennent tellement de temps et d’énergie.
Devront ils choisir entre leur famille et leurs « dons » ?
Conscients du grand héritage que les maîtres leur ont légué, les chamanes ne peuvent se résigner à tout abandonner. Avec l’aide
de quelques personnalités importantes du village, des idées nouvelles surgissent dans la communauté chamanique. Après la
création d’une association par Ruzidan, le chef du village, l’élaboration d’un projet de développement agricole et
pharmaceutique semble voir le jour dans la vallée.
Depuis quelques années, les chamanes ne sont plus les seuls à soigner les villageois de leurs maux : Ram Bahadur, (directeur de
l’école publique et personnalité érudite de Lugum), s’est improvisé médecin et pharmacien en installant un dispensaire médical
où il vend des médicaments allopathiques. Mais Ram Bahadur ne voit pas l’arrivée de la médecine à Lugum uniquement sous
cette forme... Lors d’un échange avec lui, il nous laisse entendre qu’un projet d’utilisation des plantes de la vallée au travers de
l’Âyurveda pourrait être mis en place. Nous comprenons alors que les ambitions de ce « médecin » résonnent étrangement avec
le projet des chamanes. A cet instant, le film souligne la naissance d’une réelle volonté de développement à Lugum. Le projet
des chamanes qui est de répertorier les plantes de la vallée dans une banque de semences en fonction de leurs propriétés
thérapeutiques pour être ensuite cultivées à des fins commerciales. L’idée de Ram Bahadur quant à elle est de faire recenser
ces mêmes plantes pour les proposer à la médecine traditionnelle Ayurvédique. Il apparaît clairement que tous semblent avoir
choisi de regarder dans la même direction pour offrir au village une réelle opportunité de développement durable.
15

A leurs côtés, Ruzidan, tient un rôle majeur dans la dynamique
économique et sociale du village. Ce chef de village et professeur
d’école crée le lien entre les modes de vie traditionnels et
modernes qui s’installent peu à peu à Lugum. Lui et son frère Bir
(qui vit en Angleterre), représentent auprès des habitants une
sorte de « symbole de réussite et de modernisme ».
L’analyse de Ruzidan sur les changements qui s’opèrent dans la
vallée est précieuse. Mesurant l'importance de préserver la
culture Kham, il oeuvre tout particulièrement l’association des
chamanes du village qui tente de dynamiser les savoirs
ancestraux par différents projets.
Ainsi parmi les projets de développement du village, nous
comprenons qu’un commerce « équitable » avec les herboristes
de Katmandou pourrait être envisagé : « le projet Jhackri ».
Cette étape permettrait aux chamanes de recevoir une
rémunération issue de ce commerce de plantes tout en
protégeant leur connaissance phyto-thérapeutique. Nous
saisissons qu'aucune tradition ne reste inchangée avec le temps,
mais qu’elle évolue avec le monde qui l'entoure, en s’adaptant
aux besoins de la nouvelle génération.
Il ne s’agit encore que d’un projet en développement, mais ce
documentaire s’intéresse avant tout à la démarche plutôt qu’à la
concrétisation même de cette intention. Autrement dit, comment
quelques personnalités attachées aux cultures anciennes essaient
de sauver leurs traditions en utilisant les outils de la modernité.

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PERSONNAGES

« C E NE SONT PAS LES CIVILISATIONS QUI SONT EN CONTACT, CE SONT LES HOMMES ET , PAR
CONSEQUENT , CE SONT LES MECANISMES PSYCHIQUES QUI RENDENT COMPTE DE CE QUI SE
PRODUIT LORSQUE DEUX CIVILISATIONS SE RENCONTRENT . »

R OGER BASTIDE

17

Le film construit sa narration à travers l'histoire particulière de quatre personnages
principaux. C'est par le regard de ces protagonistes que nous pourrons nous projeter
au sein d'une communauté traditionnelle en pleine mutation. Nous pénètrerons
dans leur intimité, pour entrevoir l’authenticité des hommes et femmes qu’ils sont,
leurs inquiétudes mais surtout leurs espoirs.
Petit à petit, nous découvrirons par quelle magie le chamanisme peut encore se
considérer comme étant un des piliers fondamentaux de ce peuple.

18

RUZIDAN
Bel homme, élancé et souriant, Ruzidan inspire très rapidement la
confiance et la sérénité. Il fait partie de ses hommes intègres et
passionnés qui vouent leur vie aux autres.

Mais cet homme, malgré les opportunités qui étaient les siennes a
fait le choix de vivre à Lugum par amour pour son village et sa
culture.

Cet ancien résistant engagé dans la lutte contre l’armée maoïste
est aujourd’hui professeur des écoles, et porte-parole du village.
En véritable travailleur social, Ruzidan est un homme dont les
qualités sont multiples. Son passé si particulier lui donne une
place bien différente de tous les autre villageois ; et c’est d’ailleurs
pour cela que nous placerons Ruzidan en tant que narrateur dans
ce récit.

Il travaille maintenant comme instituteur et conciliateur social
pour le village. Parallèlement à cela, Ruzidan réalise en
collaboration avec son frère Bir (installé en Grande Bretagne) un
programme de développement (Village Developpment Community)
pour la vallée de Lugum (http://lugumyal.com/). Ils ont notamment
réussi à réunir des fonds pour restaurer l’ancienne piste jusqu’à
Lugum, puis ont démarré un programme de sensibilisation à la
collecte des déchets non-organiques et à la construction de
toilettes privatives. Plus récemment, ils ont acheté une turbine
hydroélectrique pour approvisionner en électricité une part du
village et continuer son développement.

Le père de Ruzidan était commerçant, ce qui l’amena au cours de
sa vie à beaucoup voyager au Népal et même en Inde. Lors de son
retour à Lugum, il a entrepris la construction d’une école pour son
village. Cet homme de culture fit de l’éducation une priorité et
chacun de ses enfants devrait étudier.
Après avoir passé son certificat d’enseignement à Katmandou,
Ruzidan retourna vivre dans son village natal, Lugum, auquel il
était déjà profondément attaché. Ses frères et sœurs quant à eux,
partirent pour l’étranger et s’y installèrent définitivement.

Avec sa femme Amma, ils partagent la plus grande et confortable
maison de Lugum. Chaque jour on peut voir chez eux des dizaines
de personnes défiler pour débattre d’un problème, demander un
conseil, ou même recharger un téléphone portable. Cette maison
est aussi un lieu de fête, où chamanes et villageois se réunissent
pour célébrer et danser ensemble jusqu’au petit matin.

19

Ruzidan aime créer du lien social et rassembler. C’est dans ce
but qu’il a créé l’association des chamanes du village. Le fait
d’être solidaire lui semble être une solution pour lutter contre
l’extrême pauvreté qu’ils connaissent.
« Les Jhackris ont leur place dans le village, tout
comme le dispensaire médical a la sienne. A l’heure
actuelle, on compte de moins en moins de chamane dans
la vallée, c’est pour cela que nous avons monté cette
association. Nous devons les aider à préserver leurs
traditions. Cela fait parti de la culture Kham et nous
devons en prendre soin ».
Mais ce personnage aux milles facettes ne s’arrête pas là. Il
est aussi passionné par l’agriculture. Il a employé des
villageois pour exploiter ses terres afin de planter des variétés
d’arbres fruitiers qui ne poussent habituellement pas dans la
vallée. Faire de Lugum un lieu d’expérimentation agraire, de
culture et de cueillette médicinale est un projet qui lui tient
particulièrement à cœur.
Dans ce film documentaire, nous faisons volontairement le
choix de mettre l'accent sur ce personnage extérieur au
chamanisme, puisqu'il occupe une position intéressante dans
ce processus : il est une sorte de médiateur entre les « deux
mondes » souhaitant le développement de sa communauté,
tout en en conservant les racines. Il apporte un regard
moderne et pragmatique sur le sujet en conservant un état
d’esprit traditionnel et passionné. Ce personnage fait le pont
entre deux cultures et nous donne la preuve que des solutions
existent pour les faire cohabiter.
20

JHODI
Jhodi est le personnage phare de l’histoire. A travers son simple regard
bienveillant et son extrême discrétion, chacun ressent l’intégrité de cet
homme que tous appellent « Guru-bâ » (grand maître). Jhodi impressionne
tant par son charisme que par sa position sociale. Il est le maître-chamane le
plus respecté de toute la vallée, et on dit de lui qu’il a reçu de nombreux
pouvoirs. Son père qui était un très puissant Jhackri, lui a livré avant de
mourir toute la connaissance qu’il avait acquise au cours de sa vie ainsi que
l’héritage des anciens. Avant chaque décision importante, la communauté
des chamanes lui demande son consentement, il représente le lien direct
entre le monde des hommes et celui des dieux.
« J’ai été choisi par les esprits il y a 34 ans déjà. Mon père m’a offert son
savoir que j’essaye de transmettre à mon tour à mes apprentis. »
Jhodi est inquiet, car cette année, sa femme a elle aussi été choisie par les
dieux. Au delà de l’aspect « mystique », cela entraîne des complications. En
effet, ils n’ont plus le temps nécessaire pour effectuer leurs travaux
agricoles, et ils se retrouvent dans la plus grande difficulté pour subvenir
aux besoins de leurs enfants.
Heureusement, leur fille ainée Karma, âgée de 16 ans, s’occupe dès la sortie
d’école de ses quatre autres frères et sœurs. Elle est la seule de la fratrie à
pouvoir être scolarisée. Jhodi semble fasciné par la force de caractère de sa
fille et a placé en elle tous ses espoirs pour soutenir leur famille. De ses
interactions avec elle, il s’ouvre sur un monde qu’il ne connait pas et
comprend peu à peu les nouveaux enjeux de la jeune génération.

21

« Ma fille me demande de poursuivre l’école l’année prochaine à
Dang. Mais je n’ai pas d’argent pour cela. Alors je lui ai dit : si
tu en as, vas-y !
Je suis trop fatigué et les soins me prennent trop de temps…
Comment pourrais-je trouver de l’argent pour lui payer des
études ? »

Malgré les problèmes rencontrés pour subvenir aux besoins de sa
famille, Jhodi prend son rôle de maître-chamane à cœur et s’engage
autant qu’il le peut à retransmettre son savoir.

« Les Jhackri sont nombreux à Lugum, mais il n’y a que
Balmann qui reste suffisamment sérieux dans son apprentissage.
J’ai bien peur que lorsque mon âme partira, tous les « silko
salstra » (longs mantras de guérison) disparaitront avec moi.
C’est pourquoi je veux continuer à connaître mieux encore les
plantes. Je veux les cultiver comme les ancêtres le faisaient. Je
veux les répertorier dans un livre pour que les plantes qui
guérissent soient connues de tous. On ne sait jamais, peut être
que la nouvelle génération pourra vraiment travailler grâce à
ça… »

22

BALMANN
Le visage lumineux, un regard empli de sourires et de malice,
Balmann est un personnage très apprécié, et d’une générosité sans
limites pour sa communauté. Sa personnalité et son sens de
l’humour inébranlable apporte de la légèreté et des rires face aux
situations des plus sérieuses. Comme tous les autres villageois, il
vit de l’agriculture familiale.
Apres les longues journées de travail aux champs, Balmann aime
rejoindre Jhodi. Ils partagent ensemble le « rockshi », l’alcool local à
base de riz. Ils sont comme deux acolytes qui ne se sépareraient
pour rien au monde.
Il y a deux ans, Balmann a reçu à son tour l’appel des esprits. Il a
été désigné en tant que chamane. Depuis ce jour, en plus d’être de
grands amis, Jhodi et Balmann entretiennent une relation
toute particulière. Notre apprenti chamane a choisi Jhodi comme
maître pour recevoir son enseignement.

« Avec Jhodi, nous voulons cultiver les plantes médicinale
comme le faisaient nos ancêtres. Nous ne croyons pas à la
médecine chimique. Parfois, les gens payent de grosses
sommes pour être soigné sans que cela ne fonctionne. Nous,
nous soignons nos patients qu’avec les herbes de la vallée,
c’est efficace et c’est gratuit ! Après, si ça ne marche pas,
nous pouvons toujours leur conseiller d’essayer la médecine
du docteur. »

Comme nous l’a dit Jhodi le concernant, l’apprentissage du
chamanisme est pour Balmann une tâche qui ne doit pas être prise à
la légère. « Il est très investi dans ce rôle, et très heureux de pouvoir
aider sa communauté de la sorte. »
Même si Balmann semble bien conscient du travail que représente
la fonction de chamane, il fera tout pour progresser et en améliorer
les conditions.
« Nous soignons l‘esprit des hommes avec le pouvoir des
mantras (prières et tambours), sinon nous utilisons nos
remèdes à base de plantes. J’ai promis à mon Guru (Jhodhi)
d’être un bon et dévoué Jhackri. Mais je suis encore en
apprentissage, alors je dois être assisté par mon maître pour
mes soins. Je commence à connaître le secret des plantes mais
pas encore suffisamment. Je dois continuer d’apprendre. »

23

PERSONNAGES SECONDAIRES DU FILM
Ram BAHADUR PUN
Après avoir passé son « Master degree » à Musikot, Ram fut engagé par une ONG en tant
que professeur. Quelques années plus tard, il passait son certificat d’assistant de
médecine (CMA) lui permettant de vendre des médicaments et de diagnostiquer les
petites pathologies. Il s’installa alors dans le village de Lugum où il prend en charge la
direction de l’école et crée un dépôt de médicaments allopathiques.
« Avant que je n’installe ce centre médical, les villageois allaient exclusivement se
faire soigner par les chamanes. Quand ils ont compris que les médicaments soignaient
plus rapidement, ils ont commencé à venir me voir (…) La plupart du temps ils
combinent les médicaments avec les soins des chamanes. Ils vont d’abord voir un
chamane et ensuite s’ils ne sont pas guérit, ils viennent me voir. »
Malheureusement, Ram n’a pour l’instant aucune subvention de l’état et ses
consultations ne sont donc pas accessibles à tout le monde. Malgré l’utilisation d’une
médecine différente, Ram ne dénigre pas les chamanes du village. Il reconnaît même
l’importance de leur rôle au sein de la communauté Kham. « Les chamanes peuvent traiter
les troubles mentaux et aussi quelques pathologies. Je pense qu’ils peuvent soigner efficacement
30% des maladies courantes. »
Parallèlement à ses fonctions de directeur d’école et de pharmacien, Ram est aussi très
actif au sein du VDC (Village Developpment Community) de Lugum. Avec Ruzidan, ils sont
à l’origine de plusieurs projets pour le développement du village (Ecole, projets
agricoles, électricité, pistes).
« Nous avons beaucoup de terres fertiles dans la vallée de Lugum. J’ai suggéré
qu’avec le VDC, nous plantions au moins un pommier par foyer. Ainsi, chaque
famille pourrait vendre sa récolte pour financer les études des enfants. Nous
réfléchissons actuellement à cultiver d’autres variétés de plantes et d’herbes
médicinales à but commercial. Nous pourrions faire des remèdes « ayurvédiques »
grâce aux herbes qui poussent dans notre vallée. »
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KARMA & SHANTI
Les filles de Jhodi et de Balmann
Il y a chez ces deux adolescentes espiègles quelque chose de
touchant. Pleines de vies et tout sourire, elles ont ce tempérament
qu’ont les femmes des montagnes népalaises. A la fois fortes,
rudes, et entreprenantes, elles restent douces, féminines et pleines
d’humour.
Karma a 16 ans, et ses parents, Jhodi et Chandrama, sont tous deux
chamanes. Lorsqu’elle n’est pas à l’école, elle s’occupe des bêtes,
et lorsque ses parents « chamanisent », elle emmène deux de ses
cadets dans les champs pour travailler à leur place. C’est elle qui a
pris en main l’éducation de ses quatre frères et sœurs.
Elle n’hésite pas à se confier auprès de son père quant à ses désirs
d’adolescente. Elle décrit sa propre vie comme complexe et nous
ne pouvons que la comprendre. Karma endosse le rôle de mère de
famille… « Comme si la vie en montagne n’était pas assez rude ! »
nous dit-elle.
Avec sa plus grande amie Shanti (la fille de Balmann), Karma adore
rejoindre les fêtes du village où leurs pères font l’animation. Cela
leur donne un peu plus de valeur au sein de leur communauté où
elles font partie des plus pauvres.
Shanti est une jeune fille extrêmement curieuse et pleine de vie.
Lors de notre arrivée au village, elle a été la première à nous
accueillir, et à essayer de communiquer. Même si elle ne parle pas
l’anglais, Shanti semble fascinée par la culture occidentale. Elle
porte fièrement ses jeans et son blouson en cuir là où d’autres
arborent la tenue traditionnelle. Elle s’est procurée le vieux
téléphone portable de son cousin qui habite en ville. Elle s’en sert
comme d’un haut-parleur et passe les derniers grands tubes

Indiens Bollywood sur lesquels elle danse durant des heures avec un
pas qui s’apparente davantage au rock’n’roll plutôt qu’à la danse
traditionnelle. Tout comme son amie, Shanti souhaite tenter sa
chance en ville. Elle n’a jamais pu voir au-delà de la dernière
montagne qu’elle aperçoit. Plus que pour quiconque, on ressent en
elle ce profond désir de partir…
Pour ces deux adolescentes, le chamanisme tel que leurs parents le
pratiquent, c’est quelque chose qu’elles ne comprennent pas
vraiment. Cela les intimide. Elles ne se sont jamais vraiment
interrogées sur ces fonctions, ce n’est pas de leur âge, et encore
moins dans leurs centres d’intérêt. Mais pour elles il n’y a aucun
doute, cela a toujours existé et elles ne voient pas pourquoi cela
disparaitrait un jour. La seule chose dont elles sont sûres, c’est que
le chamanisme ne fait pas vivre leur famille !
Shanti et Karma espèrent de tout leur cœur ne jamais être désignées
par les ancêtres pour devenir chamanes. Mais si tel était le cas, elles
ont bien conscience qu’elles seraient dans l’obligation d’accepter
leur destin sous peine, dit-on, d’en tomber mortellement malade.
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26

NOTE D'INTENTION DE L'AUTEURE

« Q UAND ON VEUT ETUDIER LES HOMMES , IL FAUT REGARDER PRES DE SOI;
MAIS POUR ETUDIER L ' HOMME , IL FAUT APPRENDRE A PORTER SA VUE AU LOIN ,
IL FAUT D ' ABORD OBSERVER LES DIFFERENCES POUR DECOUVRIR LES
PROPRIETES .

»

ROUSSEAU, E SSAI SUR L ' ORIGINE DES LANGUES

Le projet documentaire « Jhackri » est le fruit de huit années de réflexions, de rencontres et de recherches sur les terres du Népal. En
2012, pour enfin pouvoir alimenter ma passion, j’entreprenais un Master en Anthropologie. Après de nombreuses interrogations, et
des mois de recherches, mon sujet a vu le jour : « Chamanisme et modernité au Népal. Étude anthropologique d'une société en pleine
mutation ». Je me suis immergée au cours de mon « terrain » au plus profond des ethnies népalaises en cherchant à comprendre
quels changements socio-culturels les sociétés chamaniques étaient en train de connaître. Je me questionnais quant à la pérennité de
la plus ancienne de toutes les formes de religion connue jusqu’à aujourd’hui.
J’ai obtenu mon diplôme en 2014 avec succès et félicitations du jury. Olivier Chatot intéressé lui aussi par le Népal m’a contactée
afin de me proposer la réalisation d'un documentaire à partir de mon sujet de recherche. Passionnée par ailleurs par les arts visuels
et notamment la photographie, j’envisageais moi aussi de me lancer dans un projet d’anthropologie visuelle en rapport avec le
chamanisme népalais. C’est ainsi que notre aventure débuta.
Au travers de l'histoire si particulière que nous connaissons à Lugum, je cherche à interroger sur la rencontre qui s'opère entre deux
mondes : celui du « développement » présent dans la majeure partie des pays dit « pauvres », et celui des traditions, telles que les
coutumes chamaniques Kham. Pour cela nous devrons questionner les systèmes de représentations de chacun : les acteurs de ce
changement, la jeune génération du village, et enfin les chamanes plus soucieux de préserver leurs traditions au sein des
montagnes.
Pour ma part, plusieurs mois de recherches anthropologiques sur ces problématiques de « développement » ont été nécessaires et
m’ont permis de prendre suffisamment de recul pour comprendre quel est l’impact de ces changements sur les populations dites
traditionnelles.
Je dois souligner la « chance » que nous avons eu lors notre expérience de pré-tournage. Comme chacun le sait, il est nécessaire de
partir sur le terrain pour se familiariser avec les lieux, mais aussi et surtout pour aller à la rencontre de ceux qui deviendront les
protagonistes du film. Avant d'arriver au village, nous n’avions pour information sur ce peuple que quelques photos et une
étude édité en 1982. En tant qu’anthropologue, il m’est apparu intéressant d’étayer par une documentation plus importante les

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caractéristiques de cette ethnie méconnue. Malgré les échanges avec notre traducteur (lui même originaire de cette vallée), nous
ignorions tout de ce peuple Kham dont quasiment personne au Népal ne connaît l’existence.
Apres un mois de pré-tournage (février 2015) et une immersion totale dans le village, nous avons remporté le pari que nous nous
étions donné : gagner la confiance des villageois... Au delà de l’aspect professionnel, nous sommes devenus intimes avec nos
protagonistes, et c’est alors nous avons pu commencer à les filmer sans que nos caméras ne leur posent plus aucune gène. C'est à la
manière d’une immersion ethnographique que nous prévoyons notre tournage. Avec les rapports que nous avons entretenus avec
eux lors de notre premier séjour, nous pensons être en mesure de livrer aux spectateurs des scènes authentiques et intimes de la vie
de ces chamanes et de leurs proches.
Enfin, selon moi, ce film peut confronter le spectateur à un autre système de croyances. Un mode de vie en harmonie avec la nature.
C'est sous la forme d'un état des lieux que nous souhaitons témoigner de la transition historique que ce peuple traverse. En allant à
la rencontre de ces gardiens du savoir et de ceux qui oeuvrent pour sa préservation, nous verrons comment les Magar Kham ont
décidé de continuer à jouer la partie…
« Nous sommes issus d'une génération qui a la chance de pouvoir encore entrevoir des sociétés fondées sur un mode de vie
traditionnel. Aujourd’hui, grâce à mes recherches et aux outils dont je dispose, je ressens la nécessité, comme un devoir de mémoire, de
documenter et d’archiver les témoignages de ceux qui vivent ces grands bouleversements culturels. »

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NOTE D’INTENTION DU REALISATEUR
Un des objectifs majeurs de cette réalisation est de témoigner, mais aussi de redonner la parole à ces peuples oubliés des montagnes
qui subissent malgré eux les effets de l’uniformisation des cultures.
Ce documentaire ne se veut pas misérabiliste, ni accusateur, bien au contraire. Il est un hommage à l’existence telle qu’elle est, à la
capacité d’adaptation, ainsi qu’à la détermination de nos semblables.
Lors de la réalisation, une esthétique et un rythme tout particulier seront donnés au film. Nous chercherons à introduire le
spectateur dans une ambiance qui retranscrit au mieux le style de vie contemplatif des montagnes de l’Himalaya. De par la
photographie, le rythme et l’ambiance sonore proposée, il découvrira avec nous cet univers si particulier que les habitants de Lugum
sont prêts à partager. Nous permettrons ainsi une réelle découverte de cette culture, et une rencontre avec ce peuple à l’histoire si
particulière.
Dans cette aventure humaine, le chamanisme est omniprésent mais pas seulement… Accompagné d’un projet de construction
économique et sociale, c’est un désir de développement rural et de protection culturelle que nous dévoilerons.
Au quotidien, nous suivrons les chamanes lors de leurs soins et nous participerons à de nombreux rituels incroyables. Plus tard,
nous parcourrons les sentiers de l’Himalaya à la recherche des plantes médicinales que seuls les chamanes connaissent. Ainsi, aux
cotés du Jhodi, nous entamerons une marche vers la découverte des croyances populaires Magar-Kham. Nous verrons avec lui
combien il est important de préserver cette culture à la fragilité nouvelle. Il nous fera part de ses doutes sur la transition culturelle
qui s’amorce, mais aussi de ses rêves de chamane et de villageois.
Ruzidan, Jhodi et Balmann (nos interlocuteurs privilégiés) nous guideront tout au long de ce voyage. Ils sont les guides spirituels, les
personnalités populaires du village, mais avant tout ils incarnent les protecteurs et bienfaiteurs pour l’ensemble de la communauté.
Grace à leur statut si particulier, ils nous mèneront de famille en famille, de fermes en fermes et de vallons en vallées ; et de cette
façon, nous nous immergerons dans le quotidien de cette communauté sous le regard de nos caméras.
Aux côtés de ces deux chamanes, nous prendrons connaissance des rites chamaniques de « l’intérieur ». Jhodi nous l’a promis lors
de notre pré-tournage : « Vous aurez tout ce que vous voulez, je vous donnerai tout ce qu’il vous faut pour raconter notre histoire. Je n’ai plus
de secret si ce film peut nous permettre d’avancer ». Il a saisi l’aspect informatif et ethnographique que peut représenter un tel film.

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Il comprend aussi qu’il a pour la première fois l’opportunité de communiquer dans son propre pays pour partager ses ambitions.
Ce chamane isolé dans sa communauté sait que si son discours est juste, et si son témoignage est sincère, d’autres chamanes ou
même des chercheurs pourront être amenés à s’intéresser à ses projets de développement.
Des soins en passant par la cueillette des plantes, des chants aux transes, les Magar-Kham nous invitent à prendre place pour un
voyage chamanique riche de sens et d’esprits. En nous guidant dans ses collines, Jhodi nous emmène à la découverte de la flore
sacrée. Il nous expliquera comment il pense pouvoir transmettre son savoir au plus grand nombre, bien conscient que cette
connaissance ne doit en aucun cas disparaître. Une chose est sure : ces plantes ne tomberont pas dans l’oubli !
Des séquences débats seront organisées autour du « Projet Jhackri », nous participerons ainsi à ce que nous appellerons
« l’assemblée »… Une assemblée où habituellement tout se décide, tout se négocie : de l’organisation de la prochaine réunion
chamanique, aux travaux de restauration de l’école, en passant par la construction de la place des fêtes.
Ce type de passage nous donnera d’autant plus de compréhension qu’il nous permettra de partager une tranche de vie essentielle à
ce peuple si communautaire.
Au travers du regard et de l’expérience de quelques-uns, nous découvrirons un peuple qui se donne tous les moyens
d’espérer. Nous verrons comment les Magar-Kham du Népal façonnent le monde selon leurs traditions.
Enfin, l’ambition de ce documentaire est de faire le lien entre deux univers que tout semblait opposer. Il sera la représentation d’une
réalité au travers d’une autre. Grâce aux réactions, aux témoignages et aux questions suscités lors du tournage, nous dresserons le
bilan de cette aventure humaine qu’est le « Projet Jhackri ». Comment le savoir ancestral d’un si petit peuple peut-il lutter contre
l’uniformisation culturelle que connaît le Népal ? Comment une culture déjà presque éteinte peut-elle rivaliser avec les
transformations qui s’opèrent au Népal ?

L’intention de la réalisation est de témoigner de l’évolution d’une tradition bien particulière qui est le chamanisme Magar-Kham.
Contrairement aux sentiments déroutants qu’un culture en péril peut susciter, nous découvrirons une culture très ancrée, joyeuse, dans une
vallée d’espérance.
Nous serons confrontés à la réalité d'un monde en transition. Une population qui ne demande qu’à pérenniser sa culture, qui cherche à réaliser
son rêve. Celui d’un peuple qui entretient ses « racines » pour mieux pouvoir évoluer. Nous partageons leurs joies, leurs sensibilités et leurs
peurs au travers d'images tournées avec la plus grande attention. L’unité sera donnée à la communauté et au partage.
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TRAITEMENT
Sur un format de 52’, le film nous plonge dans l’intimité de ses personnages. Au travers de leurs activités quotidiennes ils nous parleront d’eux,
ils nous guideront dans ce que nous appellerons « l’aventure humaine ». Ils seront filmés dans leurs quotidiens du domicile jusqu'au travail.
Nous les suivrons lors de leurs déambulations montagnardes, que ce soit à l’occasion d’une transhumance, la préparation d’une cérémonie ou
bien encore lors de la cueillette des plantes sacrées. Nous accompagnerons ces habitants afin de mieux comprendre d’où ils tirent leur force et leur
joie de vivre. Nous filmerons ce peuple jusqu’à être totalement immergés dans leurs coutumes. Ainsi, sous le regard bienveillant et grâce aux
explications de Ruzidan qui se posera comme le narrateur principal de cette aventure, nous souhaitons inviter le spectateur à partager une page
importante de l’histoire du peuple Kham.

Lors de ce tournage, nous emploierons plusieurs techniques de réalisation :
Le point de vue de la caméra sera placé en tant qu’observateur pour les scènes quotidiennes, mais aussi parfois en tant qu’acteur,
« à la première personne » afin d’appuyer et d’illustrer au mieux le récit de nos protagonistes.
Les premières séquences d'illustrations seront tournées dans la haute chaine de montagnes de l’Himalaya. Une esthétique
singulière sera donnée lors du tournage, et nous ferons en sorte de sublimer ce paysage déjà somptueux. Nous sommes équipés de
vieux objectifs Canon (50 et 85 mm f/1,2) au rendu cinématographique si particulier, ainsi que d’un Voigtländer (25 mm f/0,95) à
très grande ouverture permettant de capter les basses lumières et les ambiances.
Nous accorderons une attention majeure à la photographie du film afin de retranscrire l’amour et le respect que le peuple MagarKham entretient pour ses montagnes. Nous chercherons à recréer une sensation de douceur ainsi que la quiétude d’un peuple
solidaire. Nous devrons également prendre de la hauteur pour partager cette sensation d’isolement que vivent les habitants des
villages reculés de l’Himalaya.
De longues marches avec les chamanes seront nécessaires à notre compréhension de cet environnement. Nous les suivrons dans les
vallées lors des cueillettes, nous recenserons avec eux les plantes, et nous verrons comment ils comptent les cultiver pour
développer ce fameux projet.

31

Nous filmerons différentes cérémonies, alternant les plans fixes et les mouvements de caméra à l’épaule. Les rythmes étant
changeants lors d’une même cérémonie, la réalisation devra rendre cette sensation à l’image. Aussi, emportons un stabilisateur
Nebulla 4000 (type stedicam motorisé 3 axes) afin de déambuler et ainsi ressentir la foule et l’agitation sans pour autant entrer dans
un aspect « reportage ». Cet outil sera très utile à l’immersion lors des nombreuses séances de dance toujours plus sensationnelles
les unes que les autres. Il permettra de fluidifier les déplacements dans ce souci d’esthétique et de stabilité.
Nous partirons parfois en expédition nocturne (séances chamaniques longues) afin de « raccompagner » les esprits égarés dans
leurs habitats. Pour ces scènes, lorsque la pénombre s’installera dans le village, nous prévoyons des plans d’illustration fixes afin
d’entrevoir les silhouettes fantomatiques dans leurs déambulations. Au travers d'une atmosphère inhabituelle, nous découvrirons
la nuit céleste de l’Himalaya, où les tambours raisonnent comme s’ils avaient toujours fait part du tableau. Ainsi nous réaliserons là
un aspect essentiel de la culture Kham : celle d’une population qui ne dort jamais. Grâce au stabilisateur Nebulla, accompagné de nos
objectifs à grande ouverture, nous pénètrerons petit à petit au cœur de ces rites bien particuliers.
Au petit matin, les habitants parfois épuisés par cette nuit d’ivresse cosmique reprennent leurs activités diurnes. Travail aux
champs, cueillettes, construction en tout genre. Aux côtés de nos chamanes et de leurs familles, nous découvrirons la double vie de
Lugum. Nous trouverons là un village pastoral paisible, contrastant au plus haut point avec celui que nous avons rencontré durant
la nuit.
Les interviews nécessaires à notre narration seront tournées de jour. Dans la majeure partie des cas, ils se dérouleront au domicile
de nos protagonistes. Cependant, il pourra arriver que nous menions une interview à l’extérieur, témoins d’une anecdote ou d’un
souvenir spécifique, nous interrogerons notre personnage directement sur les lieux qui ont participé à son histoire.
Enfin nous assisterons à la fameuse cérémonie qu’est la Jhackri-Mella, qui nous permettra de sonder la culture chamanique et tout ce
qu’elle représente pour son peuple. Tout cela sera filmé dans le respect des rites et dans la plus grande discrétion. Les explications
quant à cette complexe cérémonie nous seront données par Jhodi lui même.
Notons que nos caméras n’ont jamais semblé représenter une quelconque gêne quant au bon déroulement des cérémonies. En
effet, il nous est apparu lors du pré-tournage que les chamanes étaient d’une très grande tolérance à notre présence (comme
l’ensemble du village), ce qui nous permet d’affirmer que nous pourrons complètement pénétrer au coeur de leurs séances
chamaniques avec notre matériel.
32

Les traductions VOST en Français et Anglais sont prévues.
Les Interviews son filmées à l’aide de deux caméras, utilisation d’un trépied, ou d’un monopode.
Les voyages, et le mouvement seront filmés caméra à l’épaule, monopode et/ou stabilisateur 3 axes.
Les illustrations seront filmées selon les conditions sur le terrain.
(NB : Bien entendu nous serons particulièrement attentif au fait de recueillir toutes les autorisations de tournage nécessaires.)

MATERIEL A DISPOSITION :
2 Boitiers GH4 Panasonic + Vlog L
Objectifs types : Canon 85mm f1,2 ; Canon 50mm f1,2 ; Voightlander 25mm f0,95 ; Olympus 17mm f1,8 ; Panasonic 12/35 f2,8 et
35/100 f2,8 stabilisés. Toutes ces optiques connaissent un crop factor de 2 du au format micro 4/3 du GH4.
1 enregistreur Zoom H6 + Rolls ProMix + Micro canon Rode + HF + 2 micro ambiances
4 Filtres ND différents diamètres.
1 monopode carbone Manfrotto
1 tripode carbone Manfrotto
1 Epaulière carbone Manfrotto
1 Stabilisateur Nebula 4000
Backups : 1 Mac book pro + 2 DDR Transcend pro 2 TO
Station de montage « AVID Symphony »

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L’EQUIPE DE REALISATION

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OLIVIER CHATOT (34 ans) - Réalisateur, cadreur, monteur
Titulaire d'un titre professionnel de Monteur-graphiste
“ Amoureux des voyages aux longs cours depuis de nombreuses années, j'ai eu l'opportunité de
travailler comme photographe freelance pour une ONG Franco-Cambodgienne "Buddhism for
development" entre 2002 et 2007. Mon aventure photographique terminée au pays des Khmers,
je me suis dirigé vers la vidéo pour en faire mon métier. Actuellement monteur vidéo pour la
télévision Française, je souhaite avant tout allier mon métier à ma passion. Fort d'une première
expérience en tant que co-auteur et co-réalisateur avec Paromita Dhar sur le documentaire « In
Between » (http://www.thefilminbetween.com/fr/), je décide de me dédier entièrement à mon film
documentaire avec le « projet Jhackri ». C’est ainsi que je me lance dans la réalisation de films de
voyage à caractère ethnographique.”

2010 / 2015 : AUDIOVISUEL
- Co auteur, réalisateur monteur sur le short documentaire « Le champ des chamanes » (démo du projet Jhackri).
- Intermittent du spectacle en Post-production : Monteur vidéo pour différentes émissions de flux TV, Web et clip vidéo.
(Studio 89, Hervé Huber production, 3ème œil production, Paradise Now, Atlantis Active, LCP etc…)
- Co auteur / assistant réalisateur dans le documentaire « In Between » (Paromita Dhar).
- Cadreur / Monteur dans le documentaire “Noise of Russia” (Guillaume Vincent).
- Technicien son / Monteur dans le court métrage « La Dame blanche » (Alban de Chambrun).
- Cadreur / Monteur dans le short documentaire « Paris la coquine » (Omar Mouldouira).

2002 / 2010 : PHOTOGRAPHE / FREELANCE / VOYAGE
- The Australian Creative Off-Road WA : « A la découverte de l’outback Australien ». Fondateur et guide francophone Western Aus.
- Guide de voyage pour « Voyage 4a » Guide festivalier Europe (Allemagne, Angleterre, Autriche, Hongrie, Espagne).
- Création d’un atelier d’expression artistique pour les 10/15 ans entre les écoles de Montpellier et les centres d’Enfants du Mékong au Cambodge.
- Photographe pour l’ONG « Buddhism for Development » et promotion de l’ONG de 2002 à 2007 au Cambodge.
- Participation aux actions locales pour le développement dans plusieurs pays d’Asie du sud-est : Construction, infrastructure, microcrédit et
tourisme.

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FANNY CORBEAU (25 ans) - Auteure, Cadreuse, Anthropologue
Titulaire d'un MASTER recherche d'Anthropologie & Intermittente du spectacle

« Passionnée par la photographie et curieuse de découvrir les différentes cultures qui
composent notre monde, je me suis intéressée très tôt au Népal et à ses problématiques
de développement, pour finalement aboutir sur la rédaction d'un Mémoire
d'Anthropologie. La réalisation de notre documentaire est la continuité logique de mon
travail de terrain, et constitue le commencement d'une nouvelle aventure en
anthropologie visuelle. »

2012 / 2014 : TRAVAUX D'ANTHROPOLOGIE
- Mémoire « Chamanisme et modernité au Népal, Etude anthropologique d'une société en pleine mutation » 180p.
- Réalisation / Montage du short documentaire en anthropologie visuelle « Le chamanisme Tamang au Népal » et divers travaux personnels.
- Spécialisation en anthropologie religieuse, et anthropologie du développement : phénomènes d'inter-culturalité, communautarisme,
identité ethnique à l’île de la Réunion.

2008 / 2015 : PHOTOGRAPHIE / AUDIOVISUEL
- Intermittente du spectacle en Post-production : Assistante monteuse (Hervé Hubert PROD).
- Photoreportages : « Dasain festival » (Népal), « Colors of Madagascar », « Pik' zéguil, Cavadee » (Réunion), et « Le chamanisme Tamang » (Népal).
- Photographe pour la créatrice Salima Abdel-Waha (Marrakech, 2012).
- Expositions photographique « Regards d'ailleurs » à Montpellier.
- Prix du jury du CROUS de l'Université Paul Valéry (Montpellier) pour un reportage photographique sur le thème du voyage.

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DIPAK GIRI (25 ans) - Fixeur népalais, Interprète, preneur de son
Titulaire d'un diplôme népalais de guide de haute montagne

« Originaire de "Lalmatiya" dans le district de "Dang", je travaille dans le tourisme depuis
2008. J'ai débuté ma carrière en tant que porteur, pour devenir officiellement guide de
trekking en 2012. Je suis passionné par les montagnes de l'Himalaya, et je souhaite avant
tout partager mes connaissances avec les étrangers désireux de découvrir mon pays. C'est
ainsi que j'ai rencontré Fanny et Olivier qui cherchaient un traducteur "Magar-Kham"
pour participer à leur projet documentaire. C'est avec une immense joie que partage cette
aventure en tant que guide-interprète et preneur de son. Cette nouvelle expérience me
donne l'opportunité de partager ma culture trop souvent ignorée dans mon pays et à
l’étranger. »

2008/ 2015 : GUIDE / INTERPRETE
- Interprète pour le pré-tournage du « Projet Jhackri » (interprète, co-journaliste, et
traduction des rushes)
- Guide de haute montagne professionnel pour diverses agences internationales de
trekking (Unique waymaker trekk & expedition).
- Sherpa pour différentes agences de trekking.
- Membre de l’association « Good Health NEPAL » pour l’accès aux soins des
communautés tribales du Népal.

Parle le magar-Kham, le nepali et l’anglais.

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PASCAL SAVARD (37 ans) - Coordinateur du projet Népal- France
Titulaire d’un Certificat au CLCF (Conservatoire Libre du Cinéma Français) & Diplômé de montage vidéo

Assure le suivit des équipes Népal-France
Contact en France durant le tournage au Népal
« Je travaille dans le cinéma et dans l’image depuis maintenant 15 ans, ce qui m’a permis
d’acquérir au cours de ces années des compétences autant dans le domaine de la réalisation, du
montage ou de la production. J’ai co-créé une société de production en vue de produire des projets
cinémas et documentaires tels que celui de Fanny et d’Olivier. Je suis leur projet depuis sa
naissance et nous avons décidé cette année de collaborer ensemble. »

06 70 13 34 90
pascalsavard@gmail.com
Oural.prod@gmail.com
Tel :

DG, PRODUCTEUR ASSOCIE, créateur au comité de direction à « Oural Production SAS »
-

création et mise en place d’un studio indépendant de prise de vues cinéma
recherche et propositions de solutions techniques de qualité
coproduction internationale et recherche de diffusion sur des réseaux et partenaires innovants
Service, conseil et Etude de projet, création de concept.
Recrutement et formation des équipes
Gestion des équipes professionnelles.
Travail en collaboration directe avec des professionnels reconnus
Organise le lancement de nouvelles solutions de partenariat, en s’associant efficacement avec Big Sound Studio.
Immatriculation, suivis de production, préparation et budgétisation, gestion du tournage a la postproduction.
Recherche et Placement en Festival

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BUDGET PREVISIONNEL
Eté 2016 (Période : de Juin à Octobre)
Budget total HT
Dépenses réelles à ce
jour

52 310,00 €
+/- 10 000,00 €

Production /Tournage
Coût
Description
estimé
Réalisateur
200,00 €
Journaliste
200,00 €
Voyage France/Népal
AR
600,00 €
Voyage
Katmandou/Lugum
150,00 €
Défraiements repas
10,00 €
Logement
5,00 €
Camera 1
200,00 €
Camera 2
200,00 €
Preneur de sons
100,00 €
Traducteur
50,00 €
Total 1
Post-production
2
Monteur
250,00 €
Traducteur
50 €
Graphiste
210,00 €
Etalonneur vidéo
210,00 €
Etalonneur audio
260,00 €
Musique composer
400,00 €
Total 2
Total

HT 1+2

1
Unités
30 j
30 j

Nombre de
personne
1
1

Prix HT
6 000,00 €
6 000,00 €

1

2

1 200,00 €

1
60 j
60 j
30 j
30 j
20 j
60 j

3
3
3
1
1
1
1

450,00 €
1 800,00 €
900,00 €
6 000,00 €
6 000,00 €
2 000,00 €
3 000,00 €
33 350,00€

60 j
20 j
2j
2j
2j
4j

1
1
1
1
1
1

15 000,00 €
1 000,00 €
420,00 €
420,00 €
520,00 €
1 600,00 €
18 960,00 €
52 310,00 €
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POURQUOI PRODUIRE CE DOCUMENTAIRE ?
Des chamanes sibériens aux chamanes amérindiens, en passant par la tradition celte, il existe sur Terre une multitude de formes de chamanisme.
Nombreux sont les documentaires, reportages ou encore les films qui ont traité de ce sujet, mais aucun n’a jamais fait le pont entre ces traditions
ancestrales et le monde moderne.
La réalisation de ce documentaire permettrait de témoigner d'une situation connue par nombre de communautés sur la planète.
Une transition qui s’opère dans une logique d’évolution mondiale des cultures et des populations.
Sans tomber dans le misérabilisme et dans la plainte du déclin d'une énième civilisation, il s'agira davantage de faire prendre
conscience à notre échelle du danger que peut apporter « l’uniformisation des cultures ». Aujourd’hui, des solutions semblent
émerger aux quatre coins du globe (comme ici au Népal).
Un tel film offrirait la possibilité à quelques chamanes de l'Himalaya de devenir pendant un instant les porte-paroles de ces peuples
primaires. Ainsi, les spectateurs auront la possibilité de prendre le temps d'écouter « l'autre », de percevoir l’immatériel et les
cosmologies originelles, emmenant à une réflexion quant à l’évolution de l’humanité.
A l'heure où le Népal axe sa politique de développement vers un « tourisme culturel et responsable », ce film met l’accent sur la
volonté du peuple à revaloriser son patrimoine. Bien que le Népal soit une destination touristique qui attire chaque année de
nombreux étrangers, la majorité d'entre eux ignore encore complètement l'existence du chamanisme dans cette région du monde.
Aujourd'hui, là où nos sociétés portent un intérêt certain pour ces « religions de la nature », on ne compte encore aucun
documentaire sur le chamanisme Kham, bien plus discret que dans de nombreuses parties du monde.
De par son aspect ethnographique, ce travail d’archivage s'adresse aux populations occidentales, mais aussi à un public népalais,
fier de voir sa culture être mise en valeur par la création de films documentaires.

Lors de la mise en ligne de notre première « démo » sur internet : https://vimeo.com/jhackri/fr nous comptabilisions sans aucune communication plus de 5000
vues et téléchargements confondus en une semaine. Il semblerait que la population népalaise expatrié aux quatre coins du monde se soit fait passer le mot…

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COMMENT NOUS CONTACTER ?

Pascal Savard : Coordinateur Projet

Email :

pascalsavard@gmail.com

7 rue du 8 Mai 1945

Oural.prod@gmail.com

92340 Bourg-la-Reine

Tel

Fanny Corbeau : Auteure

Email :

Olivier Chatot : Réalisateur

https://vimeo.com/jhackri/teaser
https://vimeo.com/jhackri/fr
https://vimeo.com/jhackri/en

:

Email :

06 70 13 34 90
fannycorbeau@hotmail.com

olivier.chatot@gmail.com

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