Fichier PDF

Partage, hébergement, conversion et archivage facile de documents au format PDF

Partager un fichier Mes fichiers Boite à outils PDF Recherche Aide Contact



VIe sportive après PTH .pdf



Nom original: VIe sportive après PTH.pdf
Titre: doi:10.1016/j.rhum.2007.03.003

Ce document au format PDF 1.4 a été généré par Elsevier / Acrobat Distiller Server 5.0.5 (Sparc Solaris), et a été envoyé sur fichier-pdf.fr le 09/02/2016 à 22:54, depuis l'adresse IP 105.107.x.x. La présente page de téléchargement du fichier a été vue 4642 fois.
Taille du document: 135 Ko (3 pages).
Confidentialité: fichier public




Télécharger le fichier (PDF)









Aperçu du document


Revue du Rhumatisme 74 (2007) 599–601
http://france.elsevier.com/direct/REVRHU/

Y a-t-il une vie sportive après la prothèse totale de hanche ?
Is there an athletic life after the total hip replacement?
Michel Lequesne
Cabinet de rhumatologie, 33, rue Guilleminot, 75014 Paris, France
Reçu le 26 février 2007 ; accepté le 14 mars 2007
Disponible sur internet le 09 avril 2007

Mots clés : Prothèse totale de hanche ; Sports
Keywords: Hip total replacement; Sport practice

1. Introduction

2. Efforts sportifs et sollicitations mécaniques sur la hanche

On voudra bien me pardonner ce titre un peu provocateur. Il
cache une vraie question à laquelle la réponse est heureusement
réconfortante : oui, bien des sports sont permis après la prothèse totale de hanche (PTH), notamment au niveau de la pratique en amateur, à l’âge moyen de la vie et au delà. La
réponse sera plus nuancée pour les compétiteurs jeunes.
N’oublions pas, en effet, la demi-surprise créée il y a une trentaine d’années par les premières études des résultats de la PTH
chez les adultes jeunes comparés aux prothésés âgés : détériorations et reprises étaient nettement plus précoces et plus nombreuses dans le premier groupe.
Les dangers potentiels de la PTH du fait d’un retour à certains sports sont, outre la luxation, l’usure du polyéthylène et la
facilitation du descellement. Si les prothèses à couple de céramique d’alumine ou de métal échappent à l’usure, elles ne sont
pas à l’abri de la luxation, des fractures de l’os alentour de la
PTH, dues au gradient de dureté entre os et matériel, voire d’un
désancrage si la fixation a pu être imparfaite ou mal positionnée. En fait, ces prothèses, relativement récentes, n’ont pas fait
l’objet d’enquêtes systématiques sur les sports à risque, du
moins à notre connaissance.

Un court rappel des sollicitations mécaniques sur la hanche
normale au cours des principaux sports fera mieux comprendre
les précautions et restrictions à conseiller après PTH. On peut
les pressentir à partir des notions suivantes.
Le risque relatif estimé (odds ratio) de coxarthrose chez les
sportifs est de l’ordre de 2 (niveau moyen de pratique) à 4
(haut niveau) après 10 à 30 ans de sport de raquette, de piste
(course de longue distance) ou de terrain (football). Il monte
même à 8,5 si un travail de force (lourdes charges) s’y ajoute
[1]. Une revue générale sur sport et arthrose [2] atteste un
risque accru de coxarthrose, également en ce qui concerne le
rugby, les sports de combat, la danse, le basket-ball, le handball, même chez la femme, surtout en compétition.
Les contraintes les plus nocives sont les brusques impacts
répétés (exemple : la course, surtout de longue distance) et les
rotations en force et en charge (exemple : football, rugby,
ski) ; des travaux expérimentaux en ont confirmé les
conséquences : érosion du cartilage et même altérations de
l’os sous-chondral [3]. De rares études biomécaniques ont
été menées chez des sujets équipés de capteurs de contrainte.
Une expérience sur neuf sujets sains, skieurs confirmés d’un
âge moyen de 41 ans, munis de quatre accéléromètres thoracolomboabdominaux, a montré une force de contrainte sur la
hanche de 2,5 fois le poids du corps (pdc) au cours de la
marche [4] et de 4,7 pdc en marche rapide [5]. Cette sollicitation s’élevait à 5,2 ± 0,4 pdc et à 4,1 ± 0,6 pdc au cours de

Adresse e-mail : mlequesne@noos.fr (M. Lequesne).

1169-8330/$ - see front matter © 2007 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
doi:10.1016/j.rhum.2007.03.003

600

M. Lequesne / Revue du Rhumatisme 74 (2007) 599–601

la course et du ski respectivement ; la contrainte culminait
même à 6–8 pdc pour les virages serrés sur pentes raides ou
sur bosses. De plus, les forces de cisaillement antéropostérieures et surtout latérolatérales étaient beaucoup plus marquées en ski qu’en course (risque de déstabilisation potentielle d’une PTH ?) [4].
De ces évaluations du risque d’arthrose chez les sportifs et
de ces intéressantes expérimentations, peut-on tirer quelques
enseignements pour conseiller les porteurs de PTH ? À cet
égard, rien ne vaut les observations directes chez les sujets prothésés. Malheureusement, les études de suivi sont à cet égard
peu nombreuses. Elles portent sur les PTH classiques à cupule
ou insert en polyéthylène, cimentées ou à ancrage par press-fit,
avec ou sans hydroxyapatite. Quelques-unes ont le mérite
d’être comparatives et longitudinales, avec un recul notable.
3. Positions a priori des chirurgiens orthopédistes
En l’absence d’études chiffrées, dans les années 1980–1990,
les opérateurs se fondaient soit sur leur prudence personnelle,
autorisant la marche, le golf, le bowling, la natation, la bicyclette (innocuité confirmée après trois ans de recul minimum)
[6], soit sur un consensus comme celui des 28 chirurgiens de la
Mayo Clinic par exemple. Votant sur 28 sports, ces orthopédistes recommandaient golf, natation, cyclisme, bowling, voile
et plongée sans bouteille et déconseillaient handball, base-ball,
basket-ball, course à pied, hockey, ski nautique, karaté, football. La majorité qualifiée requise a priori était supérieure ou
égale à 75 % des votants pour chacun des sports admis ou
déconseillés. Ces 75 % de désapprobation n’étaient pas atteints
pour certains sports discutés, tel que le tennis, le ski alpin, le
volley-ball, la danse, qui avaient cependant contre eux 57 à
67 % des votants [7].
Concernant le tennis, l’enquête de Mont et al. recensait
récemment 14 % de chirurgiens approuvant ce sport chez les
prothésés, 64 % permettant seulement le double et 22 %
condamnant le retour au tennis [8].
4. Observations a posteriori : quels sports pratiquent
les sujets porteurs de PTH ?
L’activité des opérés est très variable. Pour ne parler que de
la marche, Kuster rapporte que sur 243 patients de 17 à 83 ans,
le nombre de pas par jour s’échelonnait de 1200 à 35 500 [5].
Dans l’ensemble, soit par obéissance, soit par prudence ou du
fait de leur âge (souvent autour de 70 ans), les opérés pratiquaient moins après la PTH (sauf la marche, le vélo, facilement
adoptés) : 46 % de non-retour au sport dans la série de Ritter
[6]. Dans celle de Dubs et al., parmi les opérés, bien qu’assez

jeunes (moyenne : 55 ans), les non-pratiquants sont 44 %, versus 23 % avant la PTH [9].
Cependant, dans d’autres séries, le retour au sport (tennis,
ski) de bon nombre de prothésés a permis des études comparatives.
5. Intérêt des rares enquêtes cliniques chez les opérés
de PTH
Dans les séries de sujets prothésés prudents (marche, golf,
bowling, cyclisme), environ la moitié fait un retour au sport
(surtout marcheurs) et n’ont aucun excès de défaillance de
PTH par rapport aux sujets non sportifs (recul ≥ 3 ans) [6].
Chez les 110 patients (âge moyen 55 ans) de Dubs et al.,
après 5,8 ans de recul en moyenne, alors que certains avaient
pourtant repris un sport plus contraignant (tennis, course, ski,
randonnée et escalade), il y avait même davantage de reprises
pour descellement chez les non sportifs que chez les sportifs :
14,3 versus 1,6 % (sic). Les auteurs évoquent la musculature et
l’habitude antérieure d’un sport bien mené pour expliquer ce
paradoxe [9]. En revanche, Kilgus et al. trouvent 43 % de descellements chez les sportifs contre 25 % chez les non sportifs,
mais le recul trop dispersé et l’absence d’appariement rendent
la conclusion fragile [10].
Le tennis et le ski ont fait l’objet d’études spécifiques. Une
enquête rétrospective et non comparative sur 50 sujets prothésés d’âge moyen 70 ans ayant repris le tennis à un bon niveau,
a colligé trois reprises de PTH après huit ans en moyenne [8].
Le ski a fait l’objet d’une enquête comparative bien menée
[11] : deux groupes de 50 sujets prothésés de hanche appariés
par sexe, âge, taille et type de PTH, l’un pratiquant le ski alpin
et le ski de fond (groupe A, 30 sujets), l’autre non (groupe B,
27 sujets) ont été comparés. À dix ans de recul, cliniquement,
les performances de marche étaient bien supérieures dans le
groupe A que dans le groupe B (p = 0,0001). Il y a eu un nombre comparable de reprises dans chaque groupe (6 et 8 % respectivement en A et B). Radiographiquement, seule l’usure du
polyéthylène différait significativement : elle était de 2,1 mm
en moyenne (extrêmes : 1–4) à dix ans de recul dans le groupe
A, et de 1,5 mm (extrêmes : 0–3) dans le groupe B (p = 0,05).
De plus, le niveau de performance compte, comme cela a été
par ailleurs souligné comme facteur de risque de coxarthrose
en matière de football ou de marathon [1,2]. À cet égard,
Gschwend et al. ont eu le mérite de distinguer au sein de leur
groupe A un sous-groupe de huit skieurs très performants (ski
alpin « pointu » : bosses, virages serrés, longues randonnées) ;
chez eux, l’usure du polyéthylène était plus marquée : 3 à
4 mm en dix ans, soit au moins deux fois celle des témoins
du groupe B (Tableau 1) ; cette usure s’accompagnait souvent
de géodes, d’ostéolyse. Seuls les deux descellements francs

Tableau 1
L’usure du polyéthylène à dix ans de recul (d’après N. Gschwend et al. [11]) chez les skieurs et les témoins
Skieurs

Usure moyenne, extrêmes

Nombre = 30
2,1 mm (1–4 mm)

Sous-groupe très performant
(ski alpin pointu, randonnées)
Nombre = 8
3 à 4 mm

Non skieurs
Nombre = 27
1,5 mm (0–3 mm)

M. Lequesne / Revue du Rhumatisme 74 (2007) 599–601

(sur 30 sportifs : groupe A) étaient douloureux. L’usure du PE
favorise probablement aussi la luxation tardive, possible même
dans la cupule à double mobilité de Bousquet, comme cela a
été rapporté récemment : sept cas de luxation intraprothétique
en dix ans, chez des sujets à risque [12] ; cela pour information, car ces sujets n’étaient pas sportifs.
6. Conclusion : aujourd’hui, quels sports peut-on
encourager, autoriser ou déconseiller aux porteurs
de PTH ?
Deux remarques :
● une pratique sportive très performante crée une usure du PE
au moins deux fois plus rapide à dix ans de recul [11], ce
qui laisse augurer de descellements plus précoces par ostéolyse due au granulome ; d’où la préférence pour les PTH à
couple d’alumine ou de métal chez les sujets jeunes — ou
même relativement âgés, mais sportifs. Cependant, chez les
sportifs porteurs de ces PTH « modernes », la proportion de
complications (fractures, désencrage, luxation) reste à ce
jour inconnue, de sorte qu’il paraît imprudent de leur
consentir n’importe quel sport ad libitum ;
● une pratique raisonnable, surtout chez les ex-sportifs contrôlant bien leurs efforts (meilleure musculature, meilleure harmonie des mouvements en charge), non seulement ne paraît
pas nocive mais pourrait même diminuer le taux des descellements douloureux [9].
Finalement, en complétant les catégories de sports déjà proposées par d’autres auteurs [5,6,9], il semble qu’on puisse
(Tableau 2) :
● encourager une pratique minimale représentée par les sports
à contraintes mécaniques modestes que sont la marche,
même rapide, le golf, le cyclisme, la natation, l’aviron, la
voile, la gymnastique non brutale ;
● consentir à une pratique plus vigoureuse mais bien contrôlée
dans des sports à contraintes moyennes, surtout chez ceux
qui y étaient adaptés avant leur coxopathie : tennis en
double, ou en simple sans compétition sur terre battue, ski
alpin à larges virages sur pentes moyennes et ski de fond,
randonnées en montagne de durée raisonnable ;
● on doit déconseiller formellement les sports à fortes
contraintes et la compétition : matchs de tennis en simple,
ski alpin à virages serrés sur pentes raides ou sur bosses,
escalade, sports de balle ou de contact : football, rugby,
basket-ball, hand-ball, judo, karaté, hockey et les sports à
risque de chutes sévères, telle l’équitation.
Pourra-t-on élargir le champ des sports permis ou consentis
chez les porteurs de PTH à couple de frottement quasi
« inusable » (alumine–alumine) ? La question reste en

601

Tableau 2
Sports permis et sports déconseillés aux porteurs de PTH
Permis
Sans réserve
Marche rapide
Golf
Natation
Canoë
Bowling
Voile
Gymnastique
Ski alpin sur pentes moyennes
Ski de fond
Vélo d’appartement

Avec prudence (doses et niveaux raisonnables)
Tennis sur terre battue, de préférence en double
Randonnées (moyenne montagne)
Tennis de table
Escrime
Bicyclette sur route

Déconseillés
Tennis en simple
sur terrain dur
Squash
Ski alpin sur pente raide
et/ou bosses
Escalade
Football, rugby
Basket ball, handball
Volley ball sur terrain dur
Judo, karaté
Hockey
Danse acrobatique
Boxe française
Equitation
Squash

suspens : outre le descellement, la luxation, les fractures y
demeurent possibles chez le sportif, plus exposé aux chutes
et/ou aux mouvements forcés. Les études longitudinales
contrôlées restent à faire en la matière.
Références
[1] Vingard E, Alfredsson L, Goldie I, Hogstedt C. Sports and osteoarthritis
of the hip. An epidemiological study. Am J Sports Med 1993;21:195–
200.
[2] Lequesne M, Dang N. Arthrose des membres et pratique sportive. Rev
Rhum 1998;65:179–87 (suppl pédag).
[3] Buckwalter JA, Lane E. Aging, sports and osteoarthritis. Sports Med
Arthroscopy 1996;4:276–87.
[4] Van Den Bogert AJ, Read L, Nigg BM. An analysis of hip joint loading
during walking, running and skiing. Med Sci Sports Exerc 1998:131–42.
[5] Kuster MG. Exercices recommended after total joint replacement: review
of the current literature and proposal of scientifically based guidelines.
Sports Med 2002;332:433–45.
[6] Ritter MA, Meding JB. Total hip arthrosplasty. Can the patients play
sports again? Orthopaedics 1987;10:1447–52.
[7] Mac G, Stuart MJ, Sim FH. Participation in sports after hip and knee
arthroplasty: review of literature and survey of surgeon preferences.
Mayo Clin Proc 1995;70:342–8.
[8] Mont MA, La Porte DM, Mullick T, Silberstein CE, Hungerford DS.
Tennis after total hip arthroplasty. Am J Sports Med 1999;27:60–4.
[9] Dubs L, Gschwend N, Munzinger V. Sport after total hip arthroplasty.
Arch Orthop Trauma Surg 1989;101:161–9.
[10] Kilgus DJ, Dorey FJ, Fineman GA. Patients activity, sports participation
and impact loading on the durability of cimented total hip replacement.
Clin Orthop Relat Res 1991;269:25–31.
[11] Gschwend N, Frei T, Morscher E, Nigg B, Loehr J. Alpine and crosscountry skiing after total hip replacement. Acta Orthop Scand 2000;71:
243–9.
[12] Lecuire F, Benareau I, Rubini J, Basso M. Luxation intraprothétique dans
la cupule à double mobilité de Bousquet. À propos de sept cas. Rev Chir
Orthop 2004;90:249–55.


VIe sportive après PTH.pdf - page 1/3
VIe sportive après PTH.pdf - page 2/3
VIe sportive après PTH.pdf - page 3/3

Documents similaires


Fichier PDF vie sportive apres pth
Fichier PDF brochure information etudes usa 2013
Fichier PDF club sportif mutualite neutre
Fichier PDF muscles centraux niveaux a14
Fichier PDF attestation de responsabilite
Fichier PDF attestation de responsabilite


Sur le même sujet..