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plus, la technique de l’entretien d’explicitation ne laisse aucune chance à quiconque voudrait créer de
la réalité !
J’utilisai les dissociés avec mon entourage familial et amical, notamment deux guitaristes qui souhaitaient comprendre ce qu’ils avaient vécu lors d’un concert. Les résultats furent intéressants du point de
vue de ce qu’ils apprirent en matière de posture au sein du groupe, également en termes identitaires
(« qui suis-je quand je joue ? »).
Le stage de base avait fait office de « pied dans la porte », le stage avancé me faisait passer la porte et
entrer dans une communauté, avec ses fondements, ses rituels, son expertise, son éthique et sa
déontologie, ses piliers…
Octobre 2012 : assistanat auprès de Frédéric Borde
Assez rapidement je cherchai à savoir auprès du GREX comment il était possible de devenir formatrice à l’entretien d’explicitation. Et ce pour deux raisons : formatrice de formateurs ayant « fait le
tour » des modules dits de base à l’attention des formateurs, je cherchai à étendre mon expertise et
accompagner ces derniers au développement de compétences plus spécifiques. Par ailleurs, mon employeur me laissait le champ libre pour proposer de nouveaux modules à notre offre-catalogue, tout en
souhaitant un retour sur investissement (financement de mes formations) à court ou moyen-terme.
On me fit part du processus d’habilitation à concevoir et animer le stage de base. Je demandai alors à
Frédéric Borde la possibilité qu’il m’accueille en tant qu’assistante, ce qui me permit d’entrer dans les
« coulisses » de la technique de l’entretien d’explicitation. J’ai en effet pu porter mon attention sur la
progression pédagogique visant l’appropriation progressive de la technique à travers un dosage pensé
de mises en situation d’entretien, de débriefings et de temps de présentation des éléments théoriques
sous-jacents à l’utilisation de la technique ; d’observer activement les stagiaires dans leurs premiers
pas en tant que A et B et dans le même temps parfois « prendre la main » en tant que B, de manière
plus fluide que le B bloqué parce que débutant ; de prendre la mesure de ce que je nommerai
approximativement « l’ambiance » du stage, créée par un rythme lent mais tonique. J’ai ressenti ce
rythme comme émanant d’une certaine posture, d’une certaine motivation, d’une confiance du formateur en la technique.
Depuis la position d’assistante, je réussis à suffisamment m’imprégner de ce stage de base pour me
projeter dans le montage de mon premier module de formation abordant la technique de l’entretien
d’explicitation. D’une durée de 2 jours, celui-ci avait pour objectif d’initier les formateurs à la technique de l’explicitation afin qu’ils utilisent la technique avec leurs stagiaires, pour que ces derniers
explicitent leurs stratégies d’apprentissage ou bien décrivent leurs vécus en entreprise. Je fus ravie de
constater que grâce aux mises en situation d’entretiens, le « déclic » se produisit pour certains, grâce
au contact –même très très court – avec un vécu passé. Je me rendais aussi compte que les formateurs
étaient presque toujours séduits par les fondements théoriques de l’entretien d’explicitation. J’anime
ce module depuis 3 ans et n’ai rencontré de réticence que chez deux formateurs qui ne réussissaient/voulaient pas à entrer au contact de leur expérience…
Mai 2013 : stage à l’auto-explicitation (Pierre Vermersch)
Face à la difficulté que j’éprouvais, en tant que B, à mettre une personne au contact de son expérience
passée puis de l’y maintenir, puis de l’amener à fragmenter, je ressentis le besoin d’approfondir ma
propre expérience en tant que A. C’est sur cette attente exprimée que je m’inscrivis au stage à l’autoexplicitation. Globalement, je souhaitai poursuivre mon immersion dans ce qui m’apparaissait comme
étant bien davantage qu’une « technique ».
Je commencerai par le commentaire que me fit Pierre Vermersch à la fin du stage : il me signifiait que
j’avais mis « un pied dans la porte » et que bien entendu, je pouvais « redoubler ». Il m’est en effet aujourd’hui difficile de verbaliser les enseignements de ce stage -peut-être est-ce la raison pour laquelle
je suis tentée de passer à l’utilisation du temps grammatical présent – tant le goût d’inachevé était présent à l’issue du stage... Inachevé dans le contact avec moi-même (celui-ci s’est avéré fugace, comme
un objet qui disparait dès qu’on l’aperçoit), dû à une conscience réfléchie alors omniprésente, contrôlant mes opérations durant les exercices d’auto-explicitation.

Expliciter est le journal de l’association GREX2 Groupe de recherche sur l’explicitation n° 110 mars 2016