Sieleunou Fin Santé CMR mars2010 .pdf


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services de santé doit aller de pair avec une sécurité sociale basée sur le prépaiement et la
répartition plutôt que sur le paiement direct par les usagers (OMS 2008a).
Le diagnostic de l’état du financement de la santé en ASS débouche sur la tétrade ci-après:
− Un financement insuffisant : L’OMS rapporte que jamais autant de ressources que
maintenant n’ont été disponibles pour la santé. L’économie de la santé mondiale croît plus
rapidement que le produit national brut (PNB), puisque sa part est passée de 8 à 8,7 % entre
2000 et 2006 dans le PNB mondial. En termes absolus, à prix constants, cela représente une
croissance de 35 % des dépenses mondiales pour la santé sur une période de cinq ans (OMS
2009). Une croissance qui malgré tout cache d’énorme disparités ; l’Afrique subsaharienne
qui, représentant 12 % de la population mondiale, supporte à elle seule 24 % de la charge de
morbidité mondiale et ne compte que pour moins de 2% des dépenses totales. Dans cette
région, la part des dépenses publiques allouée à la santé est restée à 8% entre 2000 et 2006
(OMS 2009), loin des 15% auxquels les pays se sont engagés lors de la conférence d’Abuja
en 2001. En 2006 les dépenses publiques de santé par habitant en ASS au taux de change
moyen étaient de 27 US $, relativement supérieur aux 15 US $ observés en 2000, mais bien
en deçà des 35 – 40 US $ nécessaires pour le paquet minimum de soins tels que
recommandés par certaines études (WHO 2001, Gupta et al. 2001). Un consensus
international existe aujourd’hui pour reconnaître que les financements actuels dans les pays
pauvres sont très insuffisants pour offrir ne serait-ce que ce paquet minimum de soins, et
qu’il convient de les augmenter (Brouillet 2007).
− Un financement mal alloué et ou mal géré: La courbe de Preston1 (Preston 1975) continue à
se déplacer (OMS 2008b). En 1975, un revenu par habitant de $1000 US correspondait à une
espérance de vie de 48,8 ans. En 2005, l’espérance de vie était près de quatre ans plus élevée
pour le même revenu. Lorsque les dépenses de santé augmentent de $100 US par habitant, le
gain d’espérance de vie en bonne santé est de 1,1 année (OMS

2008b). Ces chiffres

dissimulent des différences entre les résultats obtenus pour un niveau comparable de
dépenses. Il ressort de ces disparités que ce qui est très important, c’est la question de savoir
comment, pourquoi et pour qui les fonds sont dépensés. Pour les pays où l’enveloppe
budgétaire allouée à la santé est très réduite, il semble que pour chaque dollar qui n’est pas

1

Relation empirique entre l’espérance de vie de la population d'un pays et son revenu réel par habitant. Il est nommé d'après Samuel H.
Preston.

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