20 Sciatiques d'origine non discale .pdf



Nom original: 20 Sciatiques d'origine non discale.pdf

Ce document au format PDF 1.4 a été généré par / iText 5.0.0_SNAPSHOT (c) 1T3XT BVBA, et a été envoyé sur fichier-pdf.fr le 21/03/2016 à 10:28, depuis l'adresse IP 105.110.x.x. La présente page de téléchargement du fichier a été vue 959 fois.
Taille du document: 337 Ko (11 pages).
Confidentialité: fichier public




Télécharger le fichier (PDF)










Aperçu du document




15-840-E-10

Sciatiques d’origine non discale
et diagnostic différentiel des sciatiques
J.-M. Berthelot, J. Delecrin
Ce chapitre traite des sciatiques non discales, et des pathologies pouvant simuler une sciatique. Une
mise au point sur la micro-anatomie des racines et les mécanismes de la souffrance radiculaire rappelle
l’importance des phénomènes de traction et de congestion veineuse dans la pathogénie de certaines
sciatiques, tant discales que non discales. Un préambule plaide pour un examen clinique rigoureux, afin de
différencier une sciatique discale d’une autre étiologie de sciatalgie, sans tout attendre de l’imagerie. Celleci n’objective en effet ni les micro-inflammations, ni les tractions excessives sur les nerfs, ni l’hyperpression,
ni la congestion veineuse autour de ceux-ci. Les autres causes de souffrance radiculaire sont le plus souvent
cherchées d’abord : gaz et kystes épiduraux, hernie de la racine à travers la dure-mère ; sténoses lombaires
et leur perte de réserve péridurale ; spondylolisthésis ; adhérences du tissu péridural et arachnoïdites ;
varices péridurales et fistules artérioveineuses méningées ; atrésie de la veine cave ; claudications artérielles
et anévrismes aortiques ; méningoradiculites ; épidurites ; tumeurs intradurales et extradurales. Il faut
ensuite considérer la possibilité de douleurs projetées à partir des disques ou des constituants de l’arc
postérieur du rachis, puis des sacro-iliaques, tendons pelvitrochantériens et ischio-jambiers, ainsi que
les sciatalgies projetées de certaines pathologies viscérales. Si aucun de ces diagnostics ne s’impose,
l’éventualité de sciatiques cordonnales, plexulaires, et tronculaires doit être évoquée : syndrome du tunnel
lombosacré et de la traversée fessière ; endométriose ; vascularites, et tumeurs variées, dont celles siégeant
au sein du nerf lui-même.
© 2014 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.

Mots-clés : Sciatique ; Sciatalgies ; Tronculaire ; Diagnostic différentiel ; Douleurs projetées

Plan


Introduction



Éléments sémiologiques pouvant orienter vers une sciatique
non discale ou discale
Caractéristiques de la douleur
Reproduction de la douleur par les manœuvres de mise
en tension radiculaire
Recherche de signes neurologiques subjectifs ou objectifs
Éléments pouvant orienter d’emblée vers une sciatique non discale

2
2
3

Diagnostic différentiel d’une sciatique discale
Douleurs projetées simulant une radiculalgie
Sciatiques radiculaires mais non discales
Sciatiques non radiculaires

3
3
4
7



1
1
1

Introduction
La limite entre sciatalgies et sciatiques étant floue, des rappels
anatomophysiologiques sur la pathogénie des sciatiques doivent
être proposés en préambule au diagnostic différentiel des sciatiques discales.
EMC - Appareil locomoteur
Volume 9 > n◦ 4 > octobre 2014
http://dx.doi.org/10.1016/S0246-0521(14)66772-3

La physiopathologie de la souffrance des racines et du
tronc du sciatique pourrait être autant voire plus vasculaire
qu’inflammatoire.

Éléments sémiologiques pouvant
orienter vers une sciatique non
discale ou discale
Caractéristiques de la douleur
La tonalité de la sciatique oriente peu vers une étiologie, à part
quelques exceptions dont les sensations d’étau ou de décharges
électriques (pathologies neurologiques). Un horaire nocturne très
prédominant doit faire suspecter une cause non discale. Si la
cyphose diminue la sciatique et incite le patient à dormir sur
le côté ou à rester dans la journée au creux d’un lit en position
semi-assise, une composante de striction du nerf dans le foramen
est probable (hernie latérale et/ou sténose lombaire). Une boiterie
d’esquive induite par la radiculalgie doit faire rechercher une autre
étiologie que discale (souffrance de la sacro-iliaque, des tendons
pelvitrochantériens, ou de la hanche), mais peut se rencontrer
lors de certaines sciatiques discales, en particulier en cas de souffrance foraminale [1] . L’existence d’une attitude antalgique est très

1

15-840-E-10 Sciatiques d’origine non discale et diagnostic différentiel des sciatiques

en faveur d’une hernie discale mais son absence ne l’élimine pas.
L’absence de reproduction de la douleur par la mobilisation du
rachis et la négativité du « signe de la sonnette » doivent aussi inciter à rechercher une sciatique non discale. Toutefois, l’absence de
ces deux signes n’élimine pas non plus définitivement une origine
discale, certaines hernies exclues pouvant induire des sciatiques
sans aucun syndrome rachidien, même lorsqu’elles sont volumineuses.

Reproduction de la douleur par les
manœuvres de mise en tension radiculaire
La reproduction de la douleur sciatique par des manœuvres mettant électivement en tension la racine est un moyen de conforter
le diagnostic de sciatique plus que de différencier les étiologies
discales des autres. Toutefois, ces manœuvres restent essentielles
pour distinguer les sciatiques des fréquentes douleurs projetées
(à partir des disques eux-mêmes, des facettes, des sacro-iliaques
et leurs ligaments, et des muscles et tendons de la fesse). Par
ailleurs, le caractère très franc de ces manœuvres (Lasègue serré) et
leur positivité simultanée sont tout de même de forts arguments
pour une étiologie discale. La spécificité des manœuvres pour le
diagnostic de sciatique est d’autant meilleure qu’elles induisent
une traction sur les racines sans faire bouger ou mettre en tension les autres structures pouvant induire des sciatalgies (facettes,
articulations et ligaments sacro-iliaques, hanches, muscles pelvitrochantériens et ischio-jambiers).
La manœuvre dite de Lasègue est appelée SLR (pour straight leg
raising) dans la plupart des pays. Lasègue ne l’a pas décrite luimême : c’est son élève Forst qui l’avait rapportée en 1881 [2] . Le
polonais Fajersztajn et le suisse Roch ont peu après précisé que la
manœuvre pouvait être rendue plus spécifique en vérifiant, une
fois la douleur reproduite par le SLR, que la flexion du genou de
10 à 20◦ faisait disparaître la douleur mais que celle-ci réapparaissait ensuite en réalisant une dorsiflexion de la cheville. Ce
signe a parfois été appelé Lasègue du pied ou signe de Bragard,
mais sera dénommé dans l’article « signe de Lasègue amélioré ».
La flexion du genou permet de détendre les ischio-jambiers et
diminue le risque de faux positifs du SLR du fait d’une irradiation à partir de ces tendons. L’absence de standardisation dans
la pratique des manœuvres dites de SLR/Lasègue peut expliquer
des différences dans les études consacrées à leur sensibilité et spécificité [3] . Certains auteurs ont suggéré de ne considérer que les
signes de Lasègue amélioré [4] pour mieux distinguer les sciatiques
discales de leurs diagnostics différentiels.
D’autres manœuvres sont moins utilisées en France. Elles
peuvent être utiles pour mieux faire la part entre les sciatiques
discales et d’autres étiologies [3] .
Il s’agit d’abord du signe de la corde de l’arc (bowstring test)
qui consiste à réaliser une flexion passive de la cuisse sur le bassin, genou fléchi, puis à tendre progressivement le genou jusqu’à
l’apparition de la douleur. Comme lors du signe de Lasègue amélioré, l’examinateur fléchit à nouveau un peu le genou du patient
mais va ensuite appuyer sur le creux poplité au passage du nerf
sciatique (au lieu de réaliser une dorsiflexion du pied). Le test
est positif quand la pression/traction du nerf redéclenche alors la
douleur du patient. Ce test serait le plus spécifique des sciatiques
radiculaires d’origine discale et il peut être bienvenu de débuter
l’examen par lui pour d’autres motifs :
• la flexion initiale de la hanche (combinée aux rotations internes
et externes) permet de s’assurer que la douleur sciatique n’est
pas déjà reproduite ;
• il est souvent possible de monter la cuisse et la jambe nettement
plus haut que lors d’une manœuvre de SLR, surtout lorsque
cette dernière est pratiquée trop brutalement ou que le patient
en a déjà l’expérience (contracture réflexe antalgique des ischiojambiers qui peut minorer l’angle du SLR).
Il s’agit ensuite du signe de Slump qui se pratique sur un patient
en position assise, en réalisant un équivalent de signe de la corde
de l’arc en position assise, puisque l’examinateur commence par
étendre la jambe jusqu’à l’apparition de la douleur. Il rebaisse alors
de quelques degrés la jambe, mais réalise par contre (ou demande
au patient de le faire) une flexion forcée de la tête vers l’avant.
Le principe de cette manœuvre est de réaliser une traction sur la

2

dure-mère en même temps que sur le nerf. Le test peut aussi être
positif en cas de souffrance dure-mérienne plus haut située (pathologie médullaire, ou double-crush par hernie discale lombaire haute
ou thoracique). Ce test semble plus sensible que le SLR pour confirmer une sciatique, mais un peu moins spécifique d’une étiologie
discale que celui-ci [5] , sauf si est aussi réalisée une dorsiflexion du
pied finale [4] .
Toutes ces manœuvres gagnent à être réalisées de manière bilatérale : la présence d’un SLR et d’un signe de Slump controlatéraux
sont des arguments encore plus forts non seulement pour le
diagnostic positif de sciatique, mais aussi pour son origine rachidienne, qui est alors le plus souvent discale [3] .

Recherche de signes neurologiques subjectifs
ou objectifs
Signes sensitifs
La présence de paresthésies ou dysesthésies variées (sensation de
piqûre, froid, chaud, hypoesthésie, engourdissement, etc.) est un
argument majeur en faveur de l’origine sciatique de la douleur,
surtout si elles siègent dans le même territoire. Une hypoesthésie récemment acquise ou la disparition du réflexe achiléen ont
également une forte valeur. Toutefois, ces signes ne sont pas très
spécifiques d’une origine non discale, en particulier si l’ancienneté
de la sciatique discale ou des traumatismes opératoires passés ont
induit des modifications du métabolisme au sein du ganglion spinal, transformant la douleur sciatique initialement nociceptive en
douleur neuropathique.

Rareté des vraies souffrances motrices
Il est exceptionnel qu’une radiculopathie L5 ou S1 s’exprime
par une souffrance motrice très prédominante. Il faut alors plutôt
suspecter, outre une sciatique tronculaire, une radiculite inflammatoire ou tumorale (épidurite tumorale, ou virose comme le
zona, durant lequel le déficit peut très rarement précéder les douleurs ou les éruptions). Il faut toutefois bien distinguer les vrais
déficits moteurs des faux déficits, plus fréquents, équivalents à
une inhibition du mouvement du fait de la douleur (phénomène
du coupe-circuit). Ces faux déficits peuvent être démasqués par la
répétition de l’examen une fois les patients calmés de leur douleur,
et/ou par la comparaison des testings faits en diverses positions :
allongée, assise, debout.

Importance de la recherche de troubles
sphinctériens
Le syndrome dit de la queue-de-cheval (peut-être mieux appelé
syndrome des racines sacrées) est considéré comme une urgence
chirurgicale. Il témoigne d’une atteinte sévère au sein du canal
lombaire. Sa pathogénie est sans doute variable selon les cas : la
compression massive de l’ensemble des racines au sein du fourreau
dural n’est pas toujours observée sur l’imagerie ou à l’intervention.
Il est donc possible que la souffrance aiguë de l’ensemble des
racines S3, S4, S5 soit aussi la conséquence d’anomalies non
visibles en imagerie comme des emboles de fragments de disque
dans le cône terminal (a retro, par les veines radiculaires) [6] , des
thromboses des veines intradurales, des oblitérations au sein d’un
foramen d’une artère prenant en charge la majorité ou l’intégralité
de la vascularisation des racines de la queue-de-cheval (artères
dites de Desproges-Gotteron). Le signe le plus évocateur d’une
souffrance du cône ou des racines de la queue-de-cheval est une
diminution de la sensation du passage des urines. Les rétentions
d’urines accompagnant les sciatiques les plus sévères ont moins de
valeur, car elles sont très majoritairement dues à la conjonction de
la douleur, de l’alitement, et de la prise de dérivés morphiniques,
surtout si les patients souffraient déjà antérieurement de dysurie.
Dans les cas douteux, des examens urodymaniques peuvent aider
à trancher [7] . Les pertes d’urines ou de selles sont des signes de
gravité à rechercher systématiquement, mais à interpréter prudemment selon le contexte, compte tenu de la fréquence des
incontinences a minima d’origine autre que neurologique, dont
surtout les incontinences anales (qui affectent 2 à 20 % de la
EMC - Appareil locomoteur

Sciatiques d’origine non discale et diagnostic différentiel des sciatiques 15-840-E-10

population générale). La recherche d’une hypoesthésie en « selle »
doit être faite de manière très rigoureuse mais respectueuse de
l’intimité des patient(e)s, car les zones à étudier concernent avant
tout la marge anale (racine S5) et la région péri-anale (racine S4) ;
la normalité de l’examen à ce niveau pouvant dispenser d’aller
examiner le territoire vulvaire ou scrotal (racine S3). Une erreur
classique consiste à évoquer une hémi-anesthésie en selle devant
une hypoesthésie du quart inféro-interne de la fesse. Celle-ci est
le plus souvent en rapport avec une hypoesthésie d’une branche
de S1 ou S2 qui se détache du nerf cutané postérieur de la cuisse.
Ces hypoesthésies fessières peuvent donc être liées à des sciatiques
discales mais aussi à des souffrances tronculaires à la cuisse.

Éléments pouvant orienter d’emblée vers une
sciatique non discale
Des douleurs nocturnes peuvent se voir dans les sciatiques discales, mais la prédominance nocturne d’une sciatique doit faire
évoquer la possibilité d’une autre étiologie. Une claudication
oriente plus vers une artériopathie ou un syndrome de sténose
lombaire, même si le périmètre de marche des sciatiques discales est souvent réduit aussi. Une étiologie autre que discale doit
être suspectée si les radiculalgies sont bilatérales (surtout si leur
topographie évoque une souffrance L5), ou si elles concernent
plusieurs dermatomes, sclérotomes ou myotomes. Ce sont toutefois surtout l’absence de signes rachidiens et la négativité de
tous les signes de mise en tension radiculaire (signe de Lasègue
amélioré, signe de la corde de l’arc, signe de Slump) qui doivent
faire évoquer une sciatique non discale ou des douleurs projetées simulant une sciatique. Une boiterie d’esquive doit également
être considérée comme évocatrice d’une étiologie non discale,
même si certaines hernies foraminales peuvent aussi se présenter
ainsi. Le contraste entre un déficit moteur allant crescendo et une
radiculalgie modérée ou absente suggère en priorité une atteinte
médullaire, plexulaire ou tronculaire. L’existence de vrais signes
sphinctériens ou d’un phénomène de centralisation oriente par
contre plus vers une origine rachidienne, dont discale.

Diagnostic différentiel
d’une sciatique discale
Douleurs projetées simulant une radiculalgie
À partir des disques ou des constituants
de l’arc postérieur du rachis
L’injection de sérum salé hypertonique à des volontaires sains
avait montré dès 1939 que la stimulation nociceptive des ligaments inter- et surépineux [8] , mais aussi des facettes et des disques,
pouvait induire des douleurs référées simulant une sciatique. La
difficulté du diagnostic différentiel est surtout marquée en cas
d’insuffisance discale et/ou souffrance facettaire : d’une part, car
un épanchement ou une hypermobilité des facettes peut aussi
induire une traction sur la racine de voisinage ; d’autre part car
il est presque impossible de mobiliser une facette articulaire sans
mettre également en tension les disques adjacents ; enfin parce
que la recherche d’un SLR, mais aussi d’un signe de la corde
de l’arc ou d’un Lasègue amélioré peut mobiliser aussi les articulations zygapophysaires L4-L5 et L5-S1 et réveiller des douleurs
pouvant faire évoquer une sciatique alors qu’il ne s’agit que de
douleurs projetées. Divers paramètres visant à différencier une
douleur projetée d’origine facettaire d’une vraie sciatique foraminale ont été proposés mais restent encore à valider, dont le
besoin ressenti par les patients de changer régulièrement de position (assise, debout, allongée) [9] . Un autre argument en faveur de
douleurs projetées d’origine facettaire et non de véritable sciatique
est le caractère parfois bilatéral et simultané des douleurs quand
les capsules des facettes des deux côtés sont mises en tension
simultanément (en particulier lors des mouvements de flexion ou
d’extension extrêmes). Les sciatalgies projetées d’origine discale
peuvent régresser de bas en haut (phénomène de centralisation) lors d’une mobilisation multidirectionnelle répétée du rachis
EMC - Appareil locomoteur

lombaire selon la technique de McKenzie [10] , mais ceci ne vaut
que chez des sujets jeunes, et la spécificité de ce phénomène reste
imparfaite car il peut aussi être constaté chez quelques patients
avec de « vraies » sciatiques.

Sacro-iliaques et syndrome de Bertolotti
Si les douleurs émanant de la sacro-iliaque stricto sensu
n’irradient en général qu’au rachis, à la fesse et au trochanter,
celles partant des ligaments postérieurs (ligament sacro-iliaque
long qui se prolonge en bas par le sacrotubéral, ligament interosseux, ligaments ilio-lombaires) (sacro-iliaque lato sensu) peuvent
induire des irradiations allant jusqu’aux pieds, simulant une sciatique [11] . En cas de suspicion d’une origine sacro-iliaque aux
douleurs, outre des tests anesthésiques pratiqués loco dolenti (portions articulaires ou ligamentaires des sacro-iliaques) [12, 13] , on
peut tenter de mettre en tension l’articulation et/ou ses ligaments pour reproduire les sciatalgies. Il faut alors n’utiliser que
les manœuvres les moins aspécifiques, et les pratiquer sans mettre
en tension les structures rachidiennes. Si aucune manœuvre isolée n’a une bonne spécificité pour affirmer l’origine sacro-iliaque
d’une douleur, la combinaison des cinq meilleurs tests peut, si
trois d’entre eux sont positifs, offrir chez des sujets de moins
de 45 ans une sensibilité de l’ordre de 0,9 et une spécificité de
l’ordre de 0,8 [14] , si ceux-ci ne souffrent pas simultanément d’une
pathologie rachidienne évidente. Ces cinq manœuvres doivent
être réalisées avec assez de force et en maintenant une vingtaine de
secondes la posture pour que la douleur ait le temps d’apparaître. Il
s’agit d’abord du sacral thrust test, qui consiste à mettre la cuisse en
flexion à 90◦ , puis à pousser fortement de haut en bas sur le fémur
en plac¸ant une aisselle sur le genou du patient pour tenter de
cisailler de haut en bas la sacro-iliaque, sans faire bouger le rachis
lombaire bas. Il s’agit ensuite du test de Gaenslen, qui consiste
à faire, en décubitus dorsal ou latéral, une flexion forcée de la
cuisse du côté à examiner, combinée à une extension de la hanche
controlatérale. Il s’agit également des manœuvres d’écartement
(en décubitus dorsal), puis de rapprochement (en décubitus latéral), des ailes iliaques, en appuyant en dedans ou en dehors
des épines iliaques antérieures respectivement. Il s’agit enfin de
l’appui prolongé sur le sacrum en position de procubitus (bien à
distance de l’interligne L5-S1) [14] . La recherche de points gâchettes
à la palpation de la fesse doit compléter ces manœuvres, le long des
ligaments les plus accessibles (le sacro-iliaque postérieur long et
le ligament sacrotubéral) qui sont aussi ceux qui induisent le plus
d’irradiations pseudo-sciatiques (de type S1), prélude éventuel à
des tests infiltratifs [13] . Les clichés standard peuvent être utiles
pour dépister au sommet d’une sacro-iliaque une malformation
de charnière unilatérale avec néoarticulation entre la mégatransverse de L5 et le sacrum (syndrome de Bertolotti) : l’infiltration
de ces interlignes, le recours à la radiofréquence ou à des chirurgies endoscopiques levant des adhérences locales avec une racine,
peuvent parfois soulager durablement des lombosciatalgies traînantes non expliquées autrement [15] . Toutefois, la fréquence de
ces malformations (de 5 à 15 % de la population) doit rendre prudent quant à leur imputabilité dans le tableau douloureux. Ces
anomalies radiologiques peuvent n’être que le témoin d’une asymétrie du jeu du bassin et de la charnière lombosacrée favorisant
des microlésions des disques, articulations ou ligaments rachidiens ou sacro-iliaques, et la douleur peut en fait émaner d’un
autre siège que le néo-interligne.

Coxo-fémorales
Il est rare qu’une souffrance de hanche ne s’exprime que par
une douleur fessière, et a fortiori avec irradiation pseudo-sciatique,
mais il est bienvenu de commencer l’examen du membre inférieur
douloureux par une flexion de cuisse combinée à des mouvements de rotation externe et surtout interne : les coxarthroses
les plus trompeuses sont en effet les formes postérieures parfois
visibles seulement sur les clichés de faux profil de Lequesne, qui
peuvent parfois induire aussi un flessum de hanche avec hyperlordose compensatrice. La présentation des patients peut alors en
imposer pour une sténose lombaire du fait de la sciatalgie et de la
marche « penchée en avant ».

3

15-840-E-10 Sciatiques d’origine non discale et diagnostic différentiel des sciatiques

Tendons trochantériens
Des bursites du moyen glutéal peuvent induire des douleurs descendant vers la face externe de la cuisse et/ou jambe qui peuvent
en imposer pour une sciatique quand la manœuvre du SLR les
réveille (en faisant balayer le trochanter par le tractus iliotibial).
Certaines tendinites du petit glutéal peuvent parfois provoquer
aussi des irradiations pseudo-sciatiques allant jusqu’à la malléole
externe de la cheville selon la topographie du sclérotome des
racines L5 (plus que S1). Ces irradiations peuvent d’autant plus
égarer vers une sciatique quand s’y ajoute une autre douleur projetée à la partie basse et interne de la fesse, bien à distance du petit
glutéal. La sémiologie du muscle petit glutéal est différente de celle
du moyen glutéal : les douleurs sont reproduites plus par la dérotation interne résistée (en flexion de cuisse), versus la dérotation
externe résistée pour le moyen glutéal. Des irradiations pseudosciatiques peuvent aussi être le fait du muscle vaste externe, au
sein duquel il faut savoir rechercher des points gâchettes par une
palpation minutieuse.

Tendons ischio-jambiers et carré crural
Les bursites ischiatiques sont rares, et ce sont surtout les tendinites de l’insertion des ischio-jambiers qui peuvent induire des
douleurs à la face postérieure de la cuisse pouvant suggérer une
sciatique. Les tests de la corde de l’arc et le Lasègue amélioré ne
réveillent en général pas, ou moins, la douleur que le SLR. Pour
mieux faire la part entre une tendinite des ischio-jambiers et une
sciatique, il faut fléchir la cuisse sur le bassin à bien plus de 90◦ si
possible (120◦ ou plus), et pratiquer l’équivalent d’un signe de la
corde de l’arc en étendant doucement la jambe sur la cuisse : en
cas de tendinite des ischio-jambiers, la douleur est réveillée pour
un angle d’extension moindre que s’il s’agit d’une sciatique. Le
muscle carré crural peut se trouver écrasé entre le petit trochanter en dehors et l’ischion en dedans, notamment chez des femmes
jeunes lors de certaines postures de hanche (extension, adduction,
rotation externe). Les lésions au sein du muscle (pouvant être vues
en imagerie par résonance magnétique [IRM]) peuvent induire en
plus de douleurs de hanches atypiques avec ou sans ressaut, des
douleurs fessières avec irradiations vers la cuisse, qui peuvent en
imposer pour une sciatique tronquée [16] .

Projections à partir de viscères pelviens
Certaines pathologies prostatiques pourraient aussi induire des
douleurs référées simulant une sciatique (L5 surtout), et même la
ligature d’hémorroïdes peut induire des sciatalgies [17] .

Sciatiques radiculaires mais non discales
La majorité des sciatiques des sujets jeunes sont dues à des
débords discaux venant refouler la racine/le ganglion spinal,
et/ou oblitérer les vaisseaux lymphatiques et veineux chargés du
drainage des villosités arachnoïdiennes lombaires. Toutefois, des
tractions anormales sur les racines, une gêne au retour veineux,
ou une ischémie artérielle, peuvent suffire à induire des sciatiques,
de même que divers processus tumoraux ou inflammatoires. Ces
divers cofacteurs peuvent aussi participer à la pathogénie de certaines sciatiques dites discales où la discopathie n’est en fait qu’un
des éléments favorisants.

Autres causes de tractions anormales
sur les racines ou d’hyperpression péridurale
Hernies des racines à travers la dure-mère
Des racines sciatiques peuvent rester incarcérées dans des
brèches durales au décours d’une chirurgie, ce qui se traduit par
la persistance ou la réapparition des signes après le geste. Une
réintervention est souvent nécessaire [18] . Ces hernies transdurales
des racines ne doivent pas être confondues avec un phénomène
encore plus rare : la migration transdurale d’un fragment de disque
au sein même de la racine [19] .
Obstacles sur la racine autres qu’une hernie discale
Une simple bulle de gaz (en provenance d’un vide discal ou
persistant après chirurgie) peut suffire à induire une sciatique,

4

via la compression/traction sur la racine [20] . Des hématomes [21]
ou kystes des ligaments jaunes [22] peuvent aussi induire des sciatiques.
Syndrome de sténose lombaire
Les sténoses lombaires ne devraient plus être définies comme
un simple rétrécissement de la surface du canal osseux et/ou du
sac dural, mais comme une dysharmonie entre ces deux volumes
(taille du pantalon par rapport à celle de la cuisse), et ce, autant
voire plus dans le foramen que dans le canal central. L’importance
de considérer aussi, voire surtout, l’espace de réserve péridural
autour du ganglion spinal (dans le foramen) a enfin été prise en
considération par les radiologues américains, qui ont aussi intégré
la nécessité de raisonner plus physiologiquement, c’est-à-dire sur
le volume de réserve péridural [23] . Le bien-fondé de ce concept est
démontré par l’existence de tableaux de souffrance pluriradiculaire avec claudication malgré un canal osseux large, du fait d’un
sac dural encore plus large (syndrome dit du sac dural large). Ce
dernier concept bute toutefois en imagerie sur la limite qu’IRM
et scanner ne peuvent renseigner sur la pression régnant dans
l’espace péridural restant : beaucoup de patients avec un sac dural
anatomiquement large ne se ressentent d’aucun symptôme, et il
ne s’agit donc que d’un facteur favorisant la gêne au retour veineux et l’hyperpression péridurale. La même problématique se
pose pour les variantes focales de sac dural large que sont les
kystes de Tarlov : ces dilatations des gaines radiculaires autour
du ganglion spinal semblent parfois une explication très crédible
aux douleurs quand leur topographie coïncide avec celle des radiculalgies, mais les radiologues observent très régulièrement de
tels kystes chez des sujets tout à fait asymptomatiques, au point
d’omettre parfois de les commenter dans leurs comptes-rendus (de
la même manière que beaucoup de sacs duraux très larges des syndromes de Marfan peuvent rester asymptomatiques). Il a de ce fait
été évoqué de ne tenir compte que des kystes d’une taille au moins
supérieure à 1,5 cm, même si aucune étude précise de leur prévalence et de la fréquence avec laquelle ils étaient pathogènes n’a
été menée [24] . Des tests thérapeutiques sous forme de soustraction
de liquide cérébrospinal (avec parfois injection complémentaire
sous contrôle scanner de corticoïdes ou de fibrine dans les kystes
de Tarlov) ont été proposés pour mieux affirmer la relation de
cause à effet entre l’hyperpression présumée dans le sac dural des
sacs duraux larges ou des kystes de Tarlov et la ou les radiculalgies.
La validité de ces tests reste à démontrer. Il faut sans doute que la
disparition de réserve péridurale coïncide avec une hyperpression
péridurale, une perte de mobilité des racines, et/ou une gêne à la
vidange des veines péridurales pour que les sacs duraux larges ou
les kystes de Tarlov deviennent symptomatiques.
Dans le contexte des sténoses lombaires, une stase veineuse
d’effort dans l’espace péridural rend sans doute compte du phénomène de claudication radiculaire, même si chez certains patients,
comme les diabétiques, des anomalies de la microcirculation artérielle pourraient y participer. Du fait de la richesse des anastomoses
entre les veines de l’espace péridural et les veines des foramens,
il faut au moins deux sites d’obstruction du réseau veineux pour
qu’une stase significative survienne (soit dans le canal central,
sur deux étages successifs, soit surtout dans le canal central et au
moins un foramen). Le fait que les sciatiques par sténose lombaire
sont, dans les formes typiques, majorées par l’hypextension du
rachis, s’explique par la fermeture des foramens et la montée très
rapide des pressions dans l’espace péridural dans cette position.
Ces radiculalgies sont par contre souvent soulagées par la mise
en cyphose lombaire (signe du caddie, ou du vélo) laquelle ouvre
le foramen, du moins quand elle n’induit pas simultanément le
bombement marqué d’un ou plusieurs disques lombaires bas.
La pathogénie des sciatiques dans les canaux lombaires rétrécis
ne se limite pas toutefois à des phénomènes de stase veineuse,
ou de compression des racines du fait de l’hyperpression induite
par la perte de réserve péridurale et/ou la fermeture d’un foramen. Des mécanismes de traction intermittente ou permanente
sur les racines, en particulier en cas de spondylolithésis instables,
contribuent parfois beaucoup à la sévérité des signes, et/ou à
l’apparition plus rapide de la radiculalgie, parfois dès la mise en
position debout.
EMC - Appareil locomoteur

Sciatiques d’origine non discale et diagnostic différentiel des sciatiques 15-840-E-10

Quand les douleurs persistent au repos, des sténoses très serrées, soit dans le canal central soit dans un ou des foramens,
sont le plus souvent trouvées sur l’imagerie. Celles-ci masquent
parfois la présence sous-jacente d’une arachnoïdite avec accolement des racines, laquelle peut perdurer en postopératoire malgré
l’élargissement du canal et expliquer certains échecs de la chirurgie. Des arachnoïdites sévères pourraient aussi contribuer à
la persistance de sciatiques nocturnes chez certains patients. Un
regroupement des racines vers la partie médiane et le haut du sac
dural sur les coupes IRM faites en décubitus semble en tout cas
un excellent signe radiologique pour confirmer une sténose lombaire débutante : la spécificité de ce (non)-sedimentation sign serait
en effet proche de 100 %.
La diversité des situations anatomiques et des mécanismes de
la souffrance radiculaire explique l’absence d’expression clinique
univoque des sciatiques par sténose lombaire : de la claudication
uni- ou bilatérale avec syndrome positionnel (aggravation par la
lordose, amélioration par la cyphose), à des tableaux beaucoup
plus atypiques de sciatiques permanentes sans net syndrome positionnel. L’âge des patients (> 60 ans) et l’absence fréquente de
signes de tension radiculaire (Lasègue amélioré, signe de la corde
de l’arc, signe de Slump) suggèrent la responsabilité d’une sténose lombaire plus que celle d’une discopathie. La chronicité de la
souffrance radiculaire peut induire des signes de souffrance neuropathique, voire des déficits sensitifs ou moteurs. Le tableau peut en
imposer alors pour une polyneuropathie, notamment quand les
douleurs lombaires sont minimes ou absentes. Les troubles de la
proprioceptivité peuvent aussi induire une sensation d’instabilité
à la marche qui peut être mise à tort sur le compte de pathologies
articulaires intriquées.
Réciproquement, certaines fatigabilités des membres inférieurs
avec syndrome positionnel et radiculalgies atypiques sont parfois
mises sur le compte d’une sténose lombaire alors que la faiblesse
à la marche avec projections douloureuses pseudo-sciatiques dans
les membres inférieurs est due à des coxarthroses postérieures ou
à une simple projection antérieure du tronc du fait d’une cyphose
antalgique induite par une bursite interépineuse (faux syndrome
positionnel).
Kystes synoviaux développés aux dépens des articulaires
Ces kystes surviennent sur des articulations dégénératives et
souvent sièges d’une micro-instabilité. Un spondylolisthésis est
fréquent. La sciatique apparaît souvent dès la mise en charge et
non progressivement comme dans les sténoses lombaires, même
si certaines sténoses latérales peuvent aussi induire une douleur
dès le premier appui. La sciatique est moins marquée en position assise et allongée, mais peut s’y réveiller lors des efforts de
retournement. Les kystes, sous pression, sont à distinguer par le
scanner et l’IRM d’une part des synovites villonodulaires [25] , et
d’autre part des simples diverticules (épanchement synovial) : les
kystes sont en principe entourés d’une coque, parfois calcifiée, et
on peut parfois noter en leur sein un phénomène de vide attestant
de la communication avec l’articulation zygapohysaire dégénérative adjacente. En cas d’échec d’une infiltration de corticoïdes sous
contrôle scopique, scanner ou échographique, une chirurgie peut
être requise.
Spondylolisthésis
Les spondylolisthésis étirent nécessairement les racines (et/ou
leurs vaisseaux) du fait de l’attachement des racines sous le pédicule de la vertèbre sus-jacente, et à la sortie du foramen (par
divers ligaments extraforaminaux). Une radiculalgie peut d’autant
plus s’en suivre si se rajoutent d’autres éléments : d’abord un
nodule cicatriciel venant rétrécir le foramen L5-S1 en cas de lyse
isthmique, laquelle peut aussi induire des mobilités non physiologiques. Ensuite du fait de l’apparition d’une discopathie à
l’étage olisthésique voire aux segments sus-jacents. Les sciatiques
par spondylolisthésis sont en principe bilatérales et majorées par
la marche et la position debout. Un test au corset bermuda (bloquant au mieux les mouvements de la charnière lombosacrée)
peut être sollicité par certains chirurgiens pour attester de la
composante dynamique de la radiculalgie et abonder dans le sens
d’une arthrodèse. Les micro-instabilités segmentaires pourraient,
dans ce contexte comme dans d’autres étiologies de sténoses
EMC - Appareil locomoteur

lombaires ou discopathies, être parfois aussi pathogènes qu’un
excès de tension permanent sur la racine, du fait d’à-coups de
traction sur celle-ci.
Adhérences du tissu péridural
Ces adhérences, qui peuvent être vues en périduroscopies, sont
un peu le pendant dans l’espace péridural des arachnoïdites dans
l’espace sous-dural, et peuvent aussi induire des sciatiques sans
hernie discale [26] . Leur principale explication pourrait également
être des hémorragies locales mal visualisées par l’imagerie.
Arachnoïdites
Elles induisent un accolement des racines, d’abord entre elles,
puis parfois à la dure-mère, qui les rend plus susceptibles aux tractions. Ce processus débute au sein des vaisseaux de la pie-mère qui
se dilatent : on parle alors de pachyméningite. Si ces vaisseaux
laissent exsuder de la fibrine, la présence de celle-ci au contact
de l’arachnoïde peut induire une synthèse excessive de collagène
par les cellules arachnoïdiennes [27] . Les racines s’accolent alors
entre elles (arachnoïdite non adhésive) (« les nouilles collent entre
elles ») puis, dans les formes les plus sévères, au fourreau dural
(arachnoïdite adhésive) (« les nouilles collent à la casserole »). Les
racines s’atrophient ensuite progressivement. Dans certains cas,
cette fibrose arachnoïdienne peut se compliquer d’un processus
d’ossification : on parle alors d’arachnoïdite ossifiante. Contrairement à ce que le suffixe « ite » pourrait laisser penser, il n’y a
pas d’augmentation de la cellularité dans le liquide cérébrospinal
(LCS) lors des arachnoïdites. Ce n’est que dans les formes évoluées,
si un goulot d’étranglement se forme, empêchant la remontée du
LCS vers le cerveau alors que les villosités sous-jacentes ne sont
plus assez fonctionnelles, qu’une hyperprotéinorachie peut être
décelée [28] .
Beaucoup de formes frustes d’arachnoïdites restent infraradiologiques. Des procédés très invasifs comme les thécaloscopies/arachnoscopies (endoscopies intradurales) ont pu trouver
dans le contexte de radiculalgies atypiques jusqu’à 20 % (11/55)
de cas d’arachnoïdites qui n’étaient pas du tout visibles en IRM [29] .
Une même constatation a aussi été faite dans le contexte des sténoses lombaires (chez 7 à 25 % des patients [30] ), ces arachnoïdites
étant prédictives d’un mauvais résultat opératoire [30] . Lors des
sténoses lombaires osseuses, l’accolement des racines entre elles
et/ou au fourreau dural est favorisé par les étranglements du fourreau dural, lesquels en masquent aussi les signes clés en IRM. Il
faut regarder plus haut ou plus bas : la position trop haute des
racines sur une coupe axiale au-dessous ou au-dessus de ces zones
de sténoses marquées a été proposée comme un signe très spécifique (près de 100 %) de sténose lombaire (le non-sedimentation
sign) [31] .
La pathogénie des arachnoïdites est sans doute multifactorielle. Une stase veineuse paroxystique dans les veines de la
pie-mère pourrait y participer : le clampage de la veine cave suffit à induire chez le chien un œdème marqué des racines de la
queue-de-cheval (stade I des arachnoïdites), ainsi que la migration d’emboles discaux dans certaines veines péridurales [32] . Les
cathéters à demeure sont une source d’arachnoïdites, peut-être
par un même mécanisme de stase veineuse, ou par les microhémorragies qu’ils peuvent favoriser [33] . Celles-ci sont sans doute
la principale cause d’arachnoïdites, qu’elles soient induites (traumatismes, blood-patches, simple ponction lombaire [34] , chirurgies
rachidiennes), ou spontanées, locales ou secondaires à une hémorragie sous-arachnoïdienne cérébrale [35] . C’est en partie par ce
mécanisme que des sciatiques peuvent être le mode de révélation
de métastases cérébrales distillant des microhémorragies dans le
cul-de-sac dural lombaire.
Les causes chimiques semblent de plus en plus rares : injection
de médicaments dans l’espace sous-arachnoïdien (méthotrexate,
amphotéricine B, anciens produits de contraste [pantopaque],
ou corticoïdes retards [méthylprednisolone], voire anesthésiques
comme la bupivacaïne, même si le conservateur [polyéthylène
glycol] ou l’adrénaline pourraient avoir été les vrais responsables
dans ce dernier cas [35] ). Un simple détergent (la chlorexidine)
(qu’il ne faudrait donc pas utiliser avant une ponction lombaire [36] ) a aussi été incriminé. Quand aucune étiologie iatrogène
n’est à invoquer, il faut rechercher des antécédents lointains

5

15-840-E-10 Sciatiques d’origine non discale et diagnostic différentiel des sciatiques

d’infections méningées (syphilis, tuberculose, cryptoccocose,
mais peut-être aussi certaines viroses), une tumeur intradurale
sous-jacente, ou une spondylarthrite ankylosante [37] . Le délai
entre le saignement intrathécal, l’injection de produits à risque,
ou une infection, et la survenue des premiers signes cliniques peut
atteindre 30 ans [33] .
Kystes méningés
Certains kystes méningés pourraient avoir une pathogénie
proche des arachnoïdites et résulter d’adhérences focales à
l’ostium de la racine. La précession de certains kystes de Tarlov
par une hémorragie intrathécale (à quelque étage que ce soit)
pourrait expliquer pourquoi ceux-ci affectent surtout les zones
les plus basses/déclives du rachis (racines sacrées). S’en suivrait
un blocage de l’écoulement du LCS avec effet clapet et hyperpression chronique autour de certains ganglions spinaux. Pour qu’une
souffrance radiculaire s’exprime cliniquement, il faut toutefois
que s’additionne à ce premier blocage un défaut de réabsorption
du LCS (dans les veines et lymphatiques périradiculaires) par les
villosités arachnoïdiennes situées en amont et en aval du ganglion
spinal [38] . En effet, seule une minorité de ces kystes devient symptomatique, et leur responsabilité dans la radiculalgie ne peut être
affirmée que si une ponction (sous scanner) du kyste, en affaissant
temporairement celui-ci, induit une amélioration très rapide de la
radiculalgie. De même, seuls certains pseudo-méningocèles postopératoires se compliquent de sciatique, laquelle peut être due à
l’incarcération de la racine dans le collet de la hernie méningée [39] .
Lipomatose péridurale
En cas de lipomatose, l’excès de pression exercée par une graisse
en excès et devenue plus dure peut contribuer à gêner le retour
veineux et entraîner une souffrance chronique des racines par
congestion. Comme pour les sacs duraux larges, il n’existe pas
de parallélisme strict entre l’importance des signes cliniques et la
sévérité de la lipomatose sur l’imagerie. Des lipomes ou angiolipomes en situation extradurale [40] peuvent aussi induire des
compressions sciatiques.

Anomalies du retour veineux
Certains patients présentent tous les signes cliniques d’une
sténose lombaire, avec claudication et syndrome positionnel
(amélioration de la radiculalgie par la cyphose qui ouvre le foramen, et aggravation par la lordose qui ferme le foramen), malgré
l’absence de tout signe radiologique de sténose lombaire (dont
un volume de réserve péridural satisfaisant). Il faut vérifier dans
ce cas l’absence de cofacteur d’hyperpression veineuse diffuse ou
focale, après avoir éliminé une souffrance interépineuse qui peut
aussi induire cyphose antalgique et pseudo-radiculalgie.
Atrésie de la veine cave
Un des moyens de suspecter ce diagnostic [41] est le repérage
sur l’IRM d’une dilatation anormale des veines lombaires ascendantes, contrastant avec l’absence de signal au sein de la veine
cave.
Fistules artérioveineuses
Les fistules artérioveineuses au rachis se développent souvent
dans les foramens à partir des anastomoses physiologiques entre
artères et veines radiculaires. Elles peuvent rester méconnues en
IRM quand la fistule est de trop petite taille ou surtout quand
elle est située bien plus à distance que la zone de la radiculalgie.
Des fistules présentes dans les méninges des étages dorsaux ou
même cérébraux (convexité ou troisième ventricule) peuvent en
effet se révéler par des sciatiques atypiques. Ceci peut s’expliquer
d’abord par l’existence d’un drainage très à distance de la fistule
dans une veine radiculaire sciatique : l’imagerie peut mettre alors
en évidence la veine de drainage dans les espaces périduraux lombaires [42] . Les cas les plus piégeux sont liés à l’existence d’une
hyperpression veineuse se propageant à l’ensemble des veines
péridurales et ne s’exprimant que dans les zones où celle-ci est
physiologiquement déjà plus élevée, à savoir les derniers étages
lombaires. Il faut évoquer cette possibilité devant toute sciatique
bilatérale, en particulier à l’étage L5, a fortiori quand l’imagerie
lombaire n’apporte pas d’explication satisfaisante à celle-ci.

6

Varices péridurales
Certaines dilatations veineuses dans le tissu péridural antérieur
(varices péridurales) [43] ne sont pas associées à des fistules, tant
locales que de voisinage, mais peuvent finir par induire une hyperpression et une congestion suffisante du ganglion spinal pour
induire des radiculalgies. Elles peuvent être difficiles à distinguer
de débords discaux sur l’imagerie, ou des stases veineuses focales
induites par les débords discaux. Les rarissimes cas d’embolies
pulmonaires (parfois fatales) de tissu discal ont été attribués à la
présence de telles varices en regard d’un disque.

Causes inflammatoires et infectieuses
Méningoradiculites virales
Certains patients souffrant d’herpès génital peuvent développer
des radiculalgies liées à la résurgence du virus dans les ganglions
spinaux. Ces sciatiques débutent souvent chez les femmes en
période prémenstruelle [44] , et précèdent de deux à 15 jours les
signes cutanés qui peuvent affecter le même territoire. Ces sciatiques régressent en principe rapidement et ne s’accompagnent
de déficit moteur que dans moins de 5 % des cas. Les sciatiques
du zona peuvent induire des douleurs plus chroniques, ou neuropathiques, et être parfois révélées par un déficit moteur qui
peut durer plusieurs mois [45] , les signes cutanés n’apparaissant
que quelques jours plus tard. Des syndromes de la queue-decheval partiels ont aussi été rapportés [46] . La recherche d’anticorps
spécifiques ou de l’ADN du virus dans le LCS peut confirmer le diagnostic, mais la négativité de ces deux examens ne
l’infirme pas [45] . De rares cas de sciatiques attribués au virus de
l’immunodéficience humaine (VIH) ont aussi été décrits [47] .
Méningoradiculites bactériennes
Les maladies de Lyme peuvent induire des méningoradiculites
chroniques, qui très rarement ne concernent que le nerf sciatique,
la bactérie ayant plutôt une prédilection pour le nerf facial [48] . Ces
radiculites surviennent soit trois à six semaines après la piqûre de
tique et l’érythème chronique migrant (sciatique de printemps
ou d’été), soit, beaucoup plus rarement, à la phase tertiaire. Elles
peuvent occasionner des déficits moteurs durables [49] . Le diagnostic peut être facilité par la recherche de la bactérie dans le LCS
par polymerase chain reaction (PCR), et/ou par l’ascension du taux
d’anticorps dans le LCS. Un traitement antibiotique est indispensable à la phase primaire, mais bien moins efficace à la phase
tertiaire, laquelle pourrait être liée au réveil intermittent de bactéries dormantes, insensibles aux antibiotiques. Cette étiologie de
radiculalgie peut être d’autant plus méconnue quand coexiste une
banale discopathie [50] .
Épidurites infectieuses chroniques, avec ou sans
spondylodiscites
Des épidurites infectieuses à germes lents comme la brucellose
ou la tuberculose peuvent n’être révélées que par des sciatiques,
qui peuvent être attribuées à tort à une discopathie quand le
sepsis concerne l’espace péridural antérieur [51, 52] . Certaines épidurites infectieuses de l’espace péridural postérieur peuvent être
beaucoup plus torpides, même pour des germes comme le staphylocoque, et occasionner des sciatiques traînantes, sans autres
anomalies à l’IRM qu’un hyposignal de l’espace péridural postérieur en séquence T1 [53] .

Causes tumorales
Tumeurs intrathécales
Des neurinomes (schwannomes) responsables de sciatique
peuvent n’être diagnostiqués qu’après des années d’évolution,
y compris après réalisation de plusieurs IRM (qui peuvent
méconnaître les petites tumeurs, ou les confondre avec une
hernie [54] ). Le diagnostic doit être suspecté quand la sciatique,
surtout nocturne, incite le patient à se lever et marcher pour se
soulager, ou quand le patient présente des lésions cutanées évocatrices d’un syndrome de von Recklinghausen. Dans les formes
chroniques, la tumeur peut induire un scalloping du corps vertébral et/ou du pédicule adjacent, avec élargissement du trou
de conjugaison. Cet aspect peut aussi être induit par certains
méningiomes ou par des hernies calcifiées (lesquelles sont parfois
EMC - Appareil locomoteur

Sciatiques d’origine non discale et diagnostic différentiel des sciatiques 15-840-E-10

prises pour des chondromes). Des schwannomes peuvent aussi
se développer au sein de la queue-de-cheval [55] , même s’il s’agit
plus de tumeurs des nerfs périphériques. Diverses lésions plus
bénignes peuvent toucher la queue-de-cheval : épendymomes
du filum terminal, paragangliomes, lipomes, hémangiomes
et hémangioblastomes, chémodectomes (tumeurs dérivées des
crêtes neurales) [56] , et kystes dermoïdes [57] . Des métastases intrathécales (sur les racines de la queue-de-cheval) sont possibles,
en particulier de cancers d’origine urologique [58] , intestinale,
ou hématologique (sarcome d’Ewing). L’analyse du LCS montre
souvent une hyperprotéinorachie mais pas toujours des cellules
tumorales, et c’est souvent l’aspect en IRM qui oriente fortement
vers ce diagnostic. Celui-ci reste parfois difficile car des hernies
discales migrées en intradurales peuvent induire des aspects très
proches [59] .
Épidurites tumorales
De nombreux cancers peuvent s’accompagner de métastases
épidurales. Ceci n’est pas étonnant car le tissu épidural est rempli
de veines à très bas débit où les cellules métastatiques ont plus le
temps de traverser l’endothélium. Des chirurgies mini-invasives
peuvent être utiles pour améliorer la douleur des patients (souvent plus marquée sur la lombalgie que les radiculalgies), voire
certains déficits [60] .
Tumeurs et hémopathies du rachis ou du sacrum
Même sans épidurite, certains cancers peuvent induire des sciatiques, du fait de la fracture d’un corps vertébral, ou de l’expansion
de la tumeur dans les foramens : lymphomes, myélomes, chordomes, sarcomes pagétiques, métastases de cancers variés. Dans
certains cas, la métastase concerne la racine sciatique ellemême [61] , et certains cancers primitifs peuvent aussi concerner les
racines seulement, dont certaines tumeurs « triton » (sarcomes des
gaines nerveuses avec différenciation rhabdomyoblastique) [62] ,
ou des tumeurs des gaines parfois très chimiosensibles [63] . Des
tumeurs bénignes des vertèbres ou du sacrum peuvent aussi être à
l’origine de sciatiques : ostéochondrome surtout [64] , et exceptionnellement ostéome ostéoïde [65] ou ostéoblastome.

Sciatiques non radiculaires
Sciatiques cordonnales
Elles doivent être évoquées en présence d’une atteinte bilatérale, ou de douleurs à type de broiement, d’étau, ou de décharges
électriques, et bien sûr d’autres signes neurologiques (déficit,
ataxie, syndrome pyramidal, diminution de la sensibilité thermique). Un signe de Slump bien plus positif que les autres signes
de mise en tension radiculaire est un autre indice, surtout quand il
déclenche des douleurs électriques (signe de Lhermitte). Des scléroses en plaques ou compressions médullaires sont les principales
étiologies à craindre alors, ces dernières pouvant parfois siéger très
haut (rachis cervical).

Sciatiques plexulaires
Dans de très rares cas, des équivalents de syndrome de
Parsonage-Turner peuvent affecter le plexus lombaire. La souffrance du plexus est bien plus fréquente, mais seulement
transitoire, en fin de grossesse [66] . Des kystes de l’ovaire peuvent
être en cause [66] . Une endométriose doit être suspectée chez
toutes les femmes en âge de procréer, surtout si les douleurs sont
rythmées par les cycles [67] . Des métastases de cancers pelviens
peuvent aussi induire des sciatiques plexulaires par infiltration
des filets nerveux, sans syndrome de masse associé [68] . L’obliquité
des racines dans le plexus lombaire rend leur visualisation en IRM
délicate, mais de nouvelles séquences et une vision en trois dimensions pourraient améliorer l’intérêt de l’examen dans l’étude des
atteintes fines du plexus lombaire [69] . Un pseudo-anévrisme en
voie de rupture de l’artère iliaque doit toujours être suspecté
dans les sciatiques atypiques, a fortiori quand plusieurs racines
semblent impliquées [70] .
EMC - Appareil locomoteur

Sciatiques tronculaires
Syndrome du tunnel lombosacré
Les racines L5 peuvent être étirées à leur émergence du foramen L5-S1 dans un tunnel ostéofibreux formé par des expansions
du ligament iliolombaire partant de la transverse de L5 pour
descendre vers l’aile iliaque en couvrant, comme une voûte,
la racine L5. Des chirurgiens japonais ont opéré avec succès
quelques patients n’ayant que ce site de striction comme étiologie à leur sciatique chronique, mais en ayant parfois recours
à une intervention assez délabrante, sacrifiant la partie haute de
l’hémisacrum [71] . Ce rare syndrome du tunnel lombosacré (far out
syndrome) peut être parfois favorisé par des avulsions de la crête
iliaque ou de la partie haute du sacrum [72] , car l’ascension de ces
os sous la traction des muscles érecteurs du rachis ou du grand dorsal peut tendre l’auvent ligamentaire sous lequel doit se faufiler la
racine L5.
Syndrome de la traversée fessière
Les sciatiques tronculaires à la fesse ont été assez longtemps
dénommées syndrome du piriforme, du fait de la possibilité
de la traversée du nerf entre deux chefs de ce muscle. En fait,
ces variations anatomiques ne semblent que peu participer à la
genèse de sciatiques tronculaires. C’est plus la tension induite
par l’adhérence du nerf à ce muscle qui peut réveiller des douleurs sciatiques en position assise prolongée, ou dans certaines
postures : flexion adduction et rotation interne dans les premiers degrés de flexion de la cuisse sur le bassin (manœuvre
dite FAIR pour flexion, adduction et rotation interne), et flexion
rotation externe dans les deniers degrés [73] . Surtout, il a été
observé que le tronc du nerf sciatique pouvait être sujet à des
adhérences ou strictions dans de nombreux autres sites à la
fesse, de sa naissance à la partie haute de la cuisse, d’autant
plus pathogènes quand des structures vasculaires accompagnant
le nerf sont également oblitérées. Ce syndrome haut de la
traversée fessière reste un diagnostic d’élimination et essentiellement clinique. Les examens électrophysiologiques ne sont
pas assez discriminants pour affirmer que la lésion siège à ce
niveau, l’allongement électif du réflexe H lors de la pratique de
potentiels évoqués somesthésiques en flexion adduction rotation interne n’ayant été crédité d’un intérêt que par une seule
équipe [74] .
Le second site d’adhérences du nerf sciatique aux muscles de
la fesse après le muscle piriforme est la corde constituée par le
muscle obturateur interne (et les muscles jumeaux), dont la tension excessive déclenche des douleurs en position assise encore
plus rapidement que lors de l’adhérence au muscle piriforme : de
l’ordre de dix à 15 minutes ou moins, versus 30 minutes ou plus
dans les adhérences au piriforme. Les sciatiques par adhérences
à l’obturateur interne peuvent être reproduites lors de la mise du
muscle en tension passive (rotation interne) ou active (rotation
externe résistée), les deux pouvant être pratiquées en position de
procubitus cuisse fléchie à 90◦ , ou en position assise sur un plan
dur. La tension sur le nerf semble bien plus forte au croisement
du muscle obturateur qu’au passage du piriforme [75] . Le tronc du
sciatique peut enfin adhérer à la corde des ischio-jambiers. Cette
possibilité a d’abord été décrite à distance d’un traumatisme assez
sévère et avulsion de leur insertion commune (syndrome de Puranen), mais plusieurs séries chirurgicales récentes ont confirmé
la possibilité de telles adhérences, même sans lésions sévères ni
traumatismes passés du tendon, avec guérison de la sciatique
tronculaire grâce à une neurolyse à ce niveau [76] . Outre ces adhérences, des anomalies de la constitution ou distribution du nerf
sciatique à la fesse dans le plexus sacré peuvent contribuer à la survenue de sciatiques atypiques, en particulier la réunion des racines
en provenance de L5 et S1, S2 seulement à la partie basse de la
fesse [77] .
Pathologies tumorales à la fesse, et métastases au sein du nerf
lui-même
Avant de conclure à un syndrome de la traversée fessière, il
faut éliminer la possibilité d’un syndrome tumoral à la fesse, soit
primitif (myxome, rhabdomyosarcome), soit secondaire (métastases variées), qui peut toucher soit une structure musculaire et
osseuse, soit le nerf lui-même (schwanomme ou métastase au sein

7

15-840-E-10 Sciatiques d’origine non discale et diagnostic différentiel des sciatiques

“ Points essentiels
• Le diagnostic de sciatique ne devrait être posé qu’en présence de signes neurologiques d’accompagnement (dysesthésies, troubles
sensitifs moteurs réflexes ou sphinctériens), le terme de sciatalgie pouvant être préféré dans les autres situations. Même si leur
sommation améliore leurs sensibilités et spécificités, aucun des signes de mise en tension radiculaire (signes de Lasègue et Lasègue
amélioré [avec dorsiflexion du pied finale], signe de la corde de l’arc, signe de Slump) n’est vraiment pathognomonique d’une
sciatique discale : des douleurs référées en provenance du rachis peuvent aussi irradier dans la jambe sans que les racines soient
réellement concernées.
• Le mécanisme essentiel de souffrance des racines n’est sans doute pas leur compression mais leur traction, laquelle est encore majorée par des micro-instabilités. La congestion vasculaire (veineuse) facilitée par l’hyperpression des tissus environnants ou l’adhérence
du nerf et de ses vaisseaux à ceux-ci pourraient jouer un rôle important, en particulier dans le contexte des sténoses lombaires où
le volume de réserve péridural (dysharmonie contenant–contenu) est plus important à considérer que la surface du canal osseux ou
du sac dural.
• L’imagerie ne peut montrer ni les adhérences autour des nerfs (dont les arachnoïdites frustes), et donc les tractions excessives sur
ceux-ci, ni les excès de pression autour des nerfs et la congestion de leurs veines de drainage (dont radiculaire), et donc la souffrance
métabolique du nerf/ganglion spinal.
• La palpation du trajet du nerf de la fesse à la cuisse fait partie de l’examen clinique et peut faciliter le diagnostic des rares mais
souvent graves lésions du nerf à la fesse par des tumeurs ou des anévrismes.
• Les douleurs projetées à partir des ligaments sacro-iliaques postérieurs ou d’une malformation de Bertolotti sont aussi fréquentes
que celles à partir de la sacro-iliaque elle-même, et une infiltration-test loco dolenti de ces ligaments peut aider au diagnostic de
sciatalgie projetée.
• Les tendinopathies tronchantériennes qui induisent le plus souvent des sciatalgies sont celles du vaste externe et du petit glutéal,
lequel doit être testé en décubitus, flexion de cuisse, et dérotation interne contrariée (inverse de la manœuvre du moyen glutéal), et
palpé à la partie la plus antérieure du sommet du grand trochanter.
• Le syndrome de la traversée fessière ne se résume pas à la souffrance du nerf sciatique au passage du piriforme : tous les muscles
peuvent y participer du fait d’adhérences du nerf à ceux-ci, en particulier le muscle obturateur interne, et le tendon commun des
ischio-jambiers.

du tronc du nerf) [78] . Le diagnostic de ces dernières lésions est
source de pièges car d’une part les douleurs peuvent irradier vers
le rachis et en imposer pour une sciatique discale ; d’autre part,
les lésions peuvent être initialement de très petite taille et échapper tant à une palpation minutieuse du nerf sur tout son trajet,
qu’à une imagerie IRM en coupes trop espacées. Tel n’est pas le
cas des volumineuses et rarissimes hernies péritonéales à travers
la grande échancrure sciatique qui peuvent contenir de l’intestin,
de l’épiploon, du côlon, de la vessie, de l’uretère, de la trompe de
Faloppe ou de l’ovaire [79] , mais peuvent pourtant n’être révélées
que par une sciatique.
Souffrances tronculaires plus basses
La compression aiguë du nerf sciatique poplité interne dans le
creux poplité, par exemple par un kyste poplité (dilatation de la
bourse commune du jumeau interne et du semi-membraneux)
de constitution rapide, peut induire des douleurs du mollet et de
la sole plantaire pouvant faire évoquer une sciatique S1 [80] . Celle
des nerfs péroniers superficiels [81] ou profonds [82] peut en imposer
pour une sciatique L5.
Sciatiques révélant des vascularites systémiques
Des radiculalgies sciatiques avec syndrome inflammatoire
peuvent révéler des artérites gigantocellulaires (maladies de Horton) chez des sujets âgés. Les sciatiques déficitaires compliquant
des périartérites noueuses ou des vascularites rhumatoïdes sont
en voie de disparition grâce au traitement efficace de ces deux
pathologies.
Causes artérielles
Certaines claudications ne sont pas associées à un syndrome
positionnel, mais à des caractéristiques plus évocatrices d’une
artériopathie oblitérante, avec apparition assez brutale de la radiculalgie après un périmètre de marche assez fixe, forc¸ant à l’arrêt
en quelques mètres. Le fait que la sciatique régresse également vite
à l’arrêt de l’effort est un signe d’interrogatoire évocateur, mais
inconstant. La sciatique est en général liée à l’ischémie du tronc
du nerf sciatique plus que de ses racines (syndrome de Leriche :
occlusion de l’aorte sous-rénale ou des artères iliaques) [83] . Ce

8

diagnostic est d’autant plus facile à évoquer chez des patients
déjà connus comme souffrant d’artériopathie et/ou tabagique,
et/ou présentant des souffles iliaques. Ces signes peuvent toutefois manquer, de même que la notion d’une impuissance. Les
sciatiques des sténoses lombaires s’expriment par une claudication plus veineuse, les patients pouvant souvent continuer à
marcher plusieurs dizaines voire centaines de mètres une fois la
douleur installée, mais mettant aussi plus de temps à retrouver
leur indolence après arrêt de l’effort. Les claudications médullaires
s’accompagnent souvent d’autres signes que les douleurs, comme
des déficits moteurs à type de lâchage des membres inférieurs. De
tels signes neurologiques peuvent aussi survenir à l’effort dans les
formes sévères de sténose lombaire, mais pas en principe dans les
ischémies artérielles, sauf lorsque celles-ci résultent d’anévrismes
de l’aorte abdominale (par ischémie d’effort du cône voire de la
moelle).
Le diagnostic formel repose en général sur la démonstration
d’une réduction du flux dans les artères iliaques primitives ou
externes (Doppler ou objectivation en angio-IRM ou angiographie
d’une sténose significative). Ces examens peuvent rester normaux
si la sténose artérielle siège seulement en aval des artères iliaques
primitives, en particulier sur l’artère glutéale supérieure. En effet,
ces sténoses plus distales ne peuvent être en général objectivées
que sur des angiographies avec cathétérisme sélectif de l’artère
glutéale supérieure [84] . Cet examen d’exception est surtout à discuter si à la claudication fessière s’ajoute un équivalent de signe
de Trendelenburg d’effort (lié à l’ischémie des muscles moyens
et petits glutéaux). La persistance de l’artère sciatique chez un
sujet sur 20 000 peut aussi induire des tableaux de sciatique se
décompensant vers la soixantaine, du fait d’une sténose ou d’un
anévrisme (ou pseudo-anévrisme) de l’artère sciatique [85] . Certains anévrismes plus hauts situés, dont des anévrismes de l’aorte
(le plus souvent rompus) peuvent parfois se révéler par des sciatiques, en général bilatérales.

Déclaration d’intérêts : les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts en
relation avec cet article.

EMC - Appareil locomoteur

Sciatiques d’origine non discale et diagnostic différentiel des sciatiques 15-840-E-10

Références
[1]

[2]
[3]

[4]
[5]
[6]
[7]
[8]
[9]
[10]
[11]
[12]
[13]

[14]
[15]
[16]
[17]
[18]
[19]
[20]
[21]
[22]
[23]
[24]
[25]
[26]

Mérot OA, Maugars YM, Berthelot JM. Similar outcome despite slight
clinical differences between lumbar radiculopathy induced by lateral
versus medial disc herniations in patients without previous foraminal
stenosis: a prospective cohort study with 1 year follow-up. Spine J 2013
[pii: S1529-9430(13)01560-X. [Epub ahead of print]].
Karbowski K. History of the discovery of the Lasègue phenomenon
and its variants. Schweiz Med Wochenschr 1984;114:992–5.
Van der Windt DA, Simons E, Riphagen II, Ammendolia C, Verhagen
AP, Laslett M, et al. Physical examination for lumbar radiculopathy due
to disc herniation in patients with low-back pain. Cochrane Datase Syst
Rev 2010;(2):CD007431.
Walsh J, Hall T. Agreement and correlation between the straight leg
raise and slump tests in subjects with leg pain. J Manipulative Physiol
Ther 2009;32:184–92.
Mailesi J, Togay H, Unalan H, Toprak S. The sensitivity and specificity
of the Slump and the Straight Leg Raising tests in patients with lumbar
disc herniation. J Clin Rheumatol 2008;14:87–91.
Han JJ, Massagli TL, Jaffe KM. Fibrocartilaginous embolism–an
uncommon cause of spinal cord infarction: a case report and review of
the literature. Arch Phys Med Rehabil 2004;85:153–7.
Bonniaud V, Paratte B, Tatu L, Vuillier F, Monnier G, Labat JJ,
et al. Lower urinary tract dysfunction and herniated disk. Prog Urol
2007;17:365–70.
Kellgren JH. Referred pain from spine ligaments. Clin Science
1939;4:35–46.
Eisenstein SM, Parry CR. The lumbar facet arthrosis syndrome. Clinical presentation and articular surface changes. J Bone Joint Surg (Br)
1987;69:3–7.
Berthelot JM, Delecrin J, Maugars Y, Passuti N. Contribution of centralization phenomenon to the diagnosis, prognosis, and treatment of
diskogenic low back pain. Joint Bone Spine 2007;74:319–23.
Visser LH, Nijssen PG, Tijssen CC, van Middendorp JJ, Schieving J.
Sciatica-like symptoms and the sacroiliac joint: clinical features and
differential diagnosis. Eur Spine J 2013;22:1657–64.
Le Goff B, Berthelot JM, Maugars Y. Ultrasound assessment of the
posterior sacroiliac ligaments. Clin Exp Rheumatol 2011;29:1014–7.
Borowsky CD, Fagen G. Sources of sacroiliac region pain: insights
gained from a study comparing standard intra-articular injection with
a technique combining intra- and peri-articular injection. Arch Phys
Med Rehabil 2008;89:2048–56.
Laslett M, Aprill CN, McDonald B, Young SB. Diagnosis of sacroiliac
joint pain: validity of individual provocation tests and composite of
tests. Man Ther 2005;10:207–18.
Shibayama M, Ito F, Miura Y, Nakamura S, Ikeda S, Fujiwara K. Unsuspected reason for sciatica in Bertolotti’s syndrome. J Bone Joint Surg
(Br) 2011;93:705–7.
Lee S, Kim I, Lee SM, Lee J. Ischiofemoral impingement syndrome.
Ann Rehabil Med 2013;37:143–6.
Rabau MY, Werbin N, Rabey JM. Sciatic-like referred pain after rubberband haemorrhoidal ligation. Lancet 1987;1:924–5.
Choi JH, Kim JS, Jang JS, Lee DY. Transdural nerve rootlet entrapment
in the intervertebral disc space through minimal dural tear: report of
4 cases. J Korean Neurosurg Soc 2013;53:52–6.
Ozdemir N, Yilmaz HS, Acar UD, Tektas S. Intraradicular lumbar
disc herniation: report of two cases and review of the literature. Br J
Neurosurg 2004;18:637–43.
Sasani M, Ozer AF, Oktenoglu T, Cosar M, Karaarslan E, Sarioglu AC.
Recurrent radiculopathy caused by epidural gas after spinal surgery:
report of four cases and literature review. Spine 2007;32:E320–5.
Takeno K, Kobayashi S, Miyazaki T, Yayama T, Baba H. Microsurgical
excision of hematoma of the lumbar ligamentum flavum. Joint Bone
Spine 2010;77:351–4.
DiMaio S, Marmor E, Albrecht S, Mohr G. Ligamentum flavum
cysts causing incapacitating lumbar spinal stenosis. Can J Neurol Sci
2005;32:237–42.
Mamisch N, Brumann M, Hodler J. Radiologic criteria for the
diagnosis of spinal stenosis: results of a Delphi survey. Radiology
2012;264:174–9.
Lucantoni C, Than KD, Wang AC, Valdivia-Valdivia JM, Maher CO,
La Marca F, et al. Tarlov cysts: a controversial lesion of the sacral spine.
Neurosurg Focus 2011;31:E14.
Oe K, Sasai K, Yoshida Y, Ohnari H, Lida H, Sakaida N, et al. Pigmented villonodular synovitis originating from the lumbar facet joint:
a case report. Eur Spine J 2007;16(Suppl. 3):301–5.
Ido K, Urushidani H. Fibrous adhesive entrapment of lumbosacral
nerve roots as a cause of sciatica. Spinal Cord 2001;39:269–73.

EMC - Appareil locomoteur

[27] Burton C. Lumbosacral arachnoiditis. Spine 1978;3:24–30.
[28] Ishizaka S, Hayashi K, Otsuka M, Fukuda S, Tsunoda K, Ushijima
R, et al. Syringomyelia and arachnoid cysts associated with spinal
arachnoiditis following subarachnoid hemorrhage. Neurol Med Chir
2012;52:686–90.
[29] Tobita T, Okamoto M, Tomita M, Yamakura T, Fujihara H, Baba H,
et al. Diagnosis of spinal disease with ultrafine flexible fiberscopes in
patients with chronic pain. Spine 2003;28:2006–12.
[30] Kawauchi Y, Yone K, Sakou T. Myeloscopic observation of adhesive
arachnoiditis in patients with lumbar spinal canal stenosis. Spinal Cord
1996;34:403–10.
[31] Barz T, Melloh M, Staub LP, Lord SJ, Lange J, Röder CP, et al.
Nerve root sedimentation sign. Evaluation of a new radiological sign
in lumbar spinal stenosis. Spine 2010;35:892–7.
[32] Kobayashi S, Takeno K, Miyazaki T, Kubota M, Shimada S, Yayama T,
et al. Effects of arterial ischemia and venous congestion on the lumbar
nerve root in dogs. J Orthop Res 2008;26:1533–40.
[33] Gnanalingham KK, Joshi SM, Sabin I. Thoracic arachnoiditis, arachnoid cyst and syrinx formation secondary to myelography with Myodil,
30 years previously. Eur Spine J 2006;15(Suppl. 5):661–3.
[34] Etchepare F, Roche B, Rozenberg S, Dion E, Bourgeois P, Fautrel
B, et al. Post-lumbar puncture arachnoiditis. The need for directed
questioning. Joint Bone Spine 2005;72:180–2.
[35] Rice I, Wee MY, Thomson K. Obstetric epidurals and chronic adhesive
arachnoiditis. Br J Anaesth 2004;92:109–20.
[36] Wulf H, Striepling E. Post-mortem findings after epidural anaesthesia.
Anaesthesia 1990;45:357–61.
[37] Liu CC, Lin YC, Lo CP. Cauda equina syndrome and dural ectasia:
rare manifestations in chronic ankylosing spondylitis. Br J Radiol
2011;84:e123–5.
[38] Berthelot JM, Le Goff B, Maugars Y. The role for radicular veins in
nerve root pain is underestimated: limitations of imaging studies. Joint
Bone Spine 2011;78:115–7.
[39] Pavlou G, Bucur SD, van Hille PT. Entrapped spinal nerve roots in
a pseudomeningocoele as a complication of previous spinal surgery.
Acta Neutochir 2006;148:215–9.
[40] Nanassis K, Tsitsopoulos P, Marinopoulos D, Mintelis A, Tsitspoulos P. Lumbar spinal epidural angiolipoma. J Clin Neurosci
2008;15:460–3.
[41] Kogias E, Kircher A, Deininger MH, Psarras N, Keck T, Schäfer AO,
et al. A very rare cause of low-back pain and sciatica: deep vein thrombosis due to absence of the inferior vena cava mimicking the clinical
and radiological signs of lumbar disc herniation. J Neurosurg Spine
2011;15:164–7.
[42] Demeulenaere A, Spelle L, Lafitte F, Brunet E, Chiras J. Vertebroepidural lumbosacral vascular malformations. An unusual cause of
lumbo-sciatic pain. J Neuroradiol 1999;26:225–35.
[43] Aoyama T, Hida K, Akino M, Yano S, Saito H, Iwasaki Y. Radiculopathy caused by lumbar epidural venous varix: case report. Neurol Med
Chir 2008;48:367–71.
[44] Fisher DA. Recurrent herpes simplex sciatica and its treatment with
amantadine hydrochloride. Cutis 1982;29:467–72.
[45] Wendling D, Langlois S, Lohse A, Toussirot E, Michel F. Herpes zoster
sciatica with paresis preceding the skin lesions. Three case-reports.
Joint Bone Spine 2004;71:588–91.
[46] Allorent J, Cozic C, Guimard T, Tanguy G, Cormier G. Sciatica with
motor loss and hemi-cauda equina syndrome due to varicella-zoster
virus meningoradiculitis. Joint Bone Spine 2013;80:436–7.
[47] Bileckot R, Masson C, Ntsiba H, Mbongo JA, Biendo M, Yala F, et al.
Prospective study of rheumatic manifestations in human immunodeficiency virus infection. Apropos of 26 cases in Congo. Rev Rhum Mal
Osteoartic 1991;58:163–8.
[48] Hansen K, Crope C, Kristoferitsch W. Lyme neuroborreliosis. Handb
Clin Neurol 2013;115:559–75.
[49] Avanzi S, Messa G, Marbini A, Pavesi G, Granella F. Isolated neuritis of the sciatic nerve in a case of Lyme disease. Ital J Neurosci
1998;19:81–5.
[50] Dupeyron A, Lecoq J, Jaulhac B, Isner-Horobeti ME, Vautravers P,
Cohen-Solal J, et al. Sciatica, disk herniation, and neuroborreliosis. A
report of four cases. Joint Bone Spine 2004;71:433–7.
[51] Yuksel KZ, Senoglu M, Yuksel M, Gul M. Brucellar spondylo-discitis
with rapidly progressive spinal epidural abscess presenting with sciatica. Spinal Cord 2006;44:805–8.
[52] Kotilainen E, Sonninen P, Kotilainen P. Spinal epidural abscess: an
unusual cause of sciatica. Eur Spine J 1996;5:201–3.
[53] Berthelot JM, Kolsi I, Maugars Y, Caillon F, Prost A. Low-grade
spinal epidural infection. Report of a case. Rev Rhum (Engl Ed)
1996;63:59–61.

9

15-840-E-10 Sciatiques d’origine non discale et diagnostic différentiel des sciatiques

[54] Rustagi T, Badye S, Parekh AN. Sciatica from a foraminal lumbar root
schwannoma: case report and review of literature. Case Rep Orthop
2012;2012:142–3.
[55] Sasaki M, Aoki M, Yoshimine T. Mobile schwannoma of the cauda
equina incarcerated following caudal migration after trauma–case
report. Neurol Med Chir 2011;51:710–2.
[56] Straus C, Molcard S, Visot A, Epardeau B, Le Parc JM. Chemodectoma
of the cauda equina. Rev Rhum (Engl Ed) 1997;64:345–7.
[57] Terai T, Henmi T, Kanematsu Y, Fukii K, Mishiro T, Sakai T, et al. Adult
onset tethered cord syndrome associated with intradural dermoid cyst.
A case report. Spinal Cord 2006;44:260–2.
[58] Kim DY, Lee JK, Moon SJ, Kim SC, Kim CS. Intradural spinal metastasis to the cauda equina in renal cell carcinoma: a case report and
review of the literature. Spine 2009;34:E892–5.
[59] Kim HS, Eun JP, Park JS. Intradural migration of a sequestrated lumbar
disc fragment masquerading as a spinal intradural tumor. J Korean
Neurosurg Soc 2012;52:156–8.
[60] Kimball J, Kusnezov NA, Pezeshkian P, Lu DC. Minimally invasive
surgical decompression for lumbar spinal metastases. Surg Neurol
2013;4:78.
[61] Shakeel M, Kumaravel M, Mackenzie JM, Knight DJ. An uncommon
cause of sciatica. J Coll Physicians Surg Pak 2009;19:127–9.
[62] Yimaz MR, Bek S, Bekmezci T, Gökduman C, Solak AA. Malignant
triton tumor of the lumbar spine. Spine 2004;29:E399–401.
[63] Masui F, Yokoyama R, Soshi S, Beppu Y, Asanuma K, Fujii K. A malignant peripheral nerve-sheath tumour responding to chemotherapy. J
Bone Joint Surg (Br) 2004;86:113–5.
[64] Chin KR, Kim JM. A rare anterior sacral osteochondroma presenting
as sciatica in an adult: a case report and review of the literature. Spine
J 2010;10:e1–4.
[65] Dietzfelbinger T, Doerr M, Oberst G, Rath M. Low back pain/sciatica
due to an osteoid osteoma. Schmerz 1994;8:246–8.
[66] Yoshimoto M, Kawaguchi S, Takebayashi T, Isogai S, Kurata Y,
Nonaka S, et al. Diagnostic features of sciatica without lumbar nerve
root compression. J Spinal Disord Tech 2009;22:328–33.
[67] Floyd 2nd JR, Keeler ER, Euscher ED, McCutcheon IE. Cyclic sciatica
from extrapelvic endometriosis affecting the sciatic nerve. J Neurosurg
Spine 2011;14:281–9.
[68] Ladha SS, Spinner RJ, Suarez GA, Amrami KK, Dyck PJ.
Neoplastic lumbosacral radiculoplexopathy in prostate cancer by
direct perineural spread: an unusual entity. Muscle Nerve 2006;34:
659–65.
[69] Ailianou A, Fitsiori A, Syrogiannopoulou A, Toso S, Viallon M,
Merlini L, et al. Review of the principal extra spinal pathologies
causing sciatica and new MRI approaches. Br J Radiol 2012;85:
672–81.

[70] Melikoglu MA, Kocabas H, Sezer I, Akdag A, Gilgil E, Butun B.
Internal iliac artery pseudoaneurysm: an unusual cause of sciatica and
lumbosacral plexopathy. Am J Phys Med Rehabil 2008;87:681–3.
[71] Kikuchi K, Abe E, Miyakoshi N, Kobayashi T, Abe T, Hongo M,
et al. Anterior decompression for far-out syndrome below a transitional
vertebra: a report of two cases. Spine J 2013;13:e21–5.
[72] Mendez JS, Huete IL, Tagle PM. Limbus lumbar and sacral vertebral
fractures. Neurol Res 2002;24:139–44.
[73] Michel F, Decavel P, Toussirot E, Tatu L, Aleton E, Monnier G, et al.
The piriformis muscle syndrome: an exploration of anatomical context, pathophysiological hypotheses and diagnostic criteria. Ann Phys
Rehabil Med 2013;56:300–11.
[74] Fishman LM, Zybert PA. Electrophysiologic evidence of piriformis
syndrome. Arch Phys Med Rehabil 1992;73:359–64.
[75] Murata Y, Ogata S, Ikeda Y, Yamagata M. An unusual cause of sciatic
pain as a result of the dynamic motion of the obturator internus muscle.
Spine J 2009;9:e16–8.
[76] Young IJ, van Riel RP, Bell SN. Surgical release for proximal hamstring
syndrome. Am J Sports Med 2008;36:2372–8.
[77] Gunnal S, Wabale R. An unusual formation of sciatic nerve. Indian J
Med Sci 2013;67:193–6.
[78] Varin S, Faure A, Bouc P, Maugars Y, Berthelot JM. Endoneural metastasis of the sciatic nerve disclosing the relapse of a renal carcinoma,
four years after its surgical treatment. Joint Bone Spine 2006;73:760–2.
[79] Chitranjan S, Kandpal H, Madhusudhan KS. Sciatic hernia causing
sciatica: MRI and MR neurography showing entrapment of sciatic
nerve. Br J Radiol 2010;83:e65–6.
[80] Ji JH, Shafi M, Kim WY, Park SH, Cheon JO. Compressive neuropathy
of the tibial nerve and peroneal nerve by a Baker’s cyst: case report.
Knee 2007;14:249–52.
[81] Yang LJ, Gala VC, McGillicuddy JE. Superficial peroneal nerve
syndrome: an unusual nerve entrapment. Case report. J Neurosurg
2006;104:820–3.
ˇ c A, Mufti´c M. The accessory deep per[82] Sinanovi´c O, Zuki´c S, Saki´
oneal nerve and anterior tarsal tunnel syndrome: case report. Acta Myol
2013;32:110–2.
[83] Wang YC, Chiu YS, Yeh CH. Leriche’s syndrome presenting as sciatica. Ann Vasc Surg 2010;24 [694 e1-3].
[84] Berthelot JM, Pillet JC, Mitard D, Chevalet-Muller F, Planchon B,
Maugars Y. Buttock claudication disclosing a thrombosis of the superior left gluteal artery: report of a case diagnosed by a selective
arteriography of the iliac artery, and cured by percutaneous stenting.
Joint Bone Spine 2007;74:289–91.
[85] Van Hooft IM, Zeebregts CJ, van Sterkenburg SM, de Vries WR, Reijnen MM. The persistent sciatic artery. Eur J Vasc Endovasc Surg
2009;37:585–91.

J.-M. Berthelot (jeanmarie.berthelot@chu-nantes.fr).
Service de Rhumatologie, Hôtel-Dieu, CHU Nantes, 44093 Nantes cedex 01, France.
J. Delecrin.
Service de Chirurgie orthopédique, Hôtel-Dieu, CHU Nantes, 44093 Nantes cedex 01, France.
Toute référence à cet article doit porter la mention : Berthelot JM, Delecrin J. Sciatiques d’origine non discale et diagnostic différentiel des sciatiques.
EMC - Appareil locomoteur 2014;9(4):1-10 [Article 15-840-E-10].

Disponibles sur www.em-consulte.com
Arbres
décisionnels

10

Iconographies
supplémentaires

Vidéos/
Animations

Documents
légaux

Information
au patient

Informations
supplémentaires

Autoévaluations

Cas
clinique

EMC - Appareil locomoteur

Cet article comporte également le contenu multimédia suivant, accessible en ligne sur em-consulte.com et
em-premium.com :

1 autoévaluation
Cliquez ici

2 informations supplémentaires
Infosup 1
Rappels anatomiques.
Cliquez ici

Infosup 2
Physiopathologie de la souffrance des racines et du tronc du sciatique.
Cliquez ici

© 2014 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 26/10/2014 par CERIST ALGERIE (353213)



Documents similaires


20 sciatiques d origine non discale
diagnostic de douleurs radiculaires 06 03 2013 08h
article le plus
nevralgie cervico brachiale frequente et parfois tres douloureuse rdp 2016 5 549
sciatiques rebelles
chapitre i   le diagnostic


Sur le même sujet..