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15-840-E-10

Sciatiques d’origine non discale
et diagnostic différentiel des sciatiques
J.-M. Berthelot, J. Delecrin
Ce chapitre traite des sciatiques non discales, et des pathologies pouvant simuler une sciatique. Une
mise au point sur la micro-anatomie des racines et les mécanismes de la souffrance radiculaire rappelle
l’importance des phénomènes de traction et de congestion veineuse dans la pathogénie de certaines
sciatiques, tant discales que non discales. Un préambule plaide pour un examen clinique rigoureux, afin de
différencier une sciatique discale d’une autre étiologie de sciatalgie, sans tout attendre de l’imagerie. Celleci n’objective en effet ni les micro-inflammations, ni les tractions excessives sur les nerfs, ni l’hyperpression,
ni la congestion veineuse autour de ceux-ci. Les autres causes de souffrance radiculaire sont le plus souvent
cherchées d’abord : gaz et kystes épiduraux, hernie de la racine à travers la dure-mère ; sténoses lombaires
et leur perte de réserve péridurale ; spondylolisthésis ; adhérences du tissu péridural et arachnoïdites ;
varices péridurales et fistules artérioveineuses méningées ; atrésie de la veine cave ; claudications artérielles
et anévrismes aortiques ; méningoradiculites ; épidurites ; tumeurs intradurales et extradurales. Il faut
ensuite considérer la possibilité de douleurs projetées à partir des disques ou des constituants de l’arc
postérieur du rachis, puis des sacro-iliaques, tendons pelvitrochantériens et ischio-jambiers, ainsi que
les sciatalgies projetées de certaines pathologies viscérales. Si aucun de ces diagnostics ne s’impose,
l’éventualité de sciatiques cordonnales, plexulaires, et tronculaires doit être évoquée : syndrome du tunnel
lombosacré et de la traversée fessière ; endométriose ; vascularites, et tumeurs variées, dont celles siégeant
au sein du nerf lui-même.
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Mots-clés : Sciatique ; Sciatalgies ; Tronculaire ; Diagnostic différentiel ; Douleurs projetées

Plan


Introduction



Éléments sémiologiques pouvant orienter vers une sciatique
non discale ou discale
Caractéristiques de la douleur
Reproduction de la douleur par les manœuvres de mise
en tension radiculaire
Recherche de signes neurologiques subjectifs ou objectifs
Éléments pouvant orienter d’emblée vers une sciatique non discale

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Diagnostic différentiel d’une sciatique discale
Douleurs projetées simulant une radiculalgie
Sciatiques radiculaires mais non discales
Sciatiques non radiculaires

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4
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1
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Introduction
La limite entre sciatalgies et sciatiques étant floue, des rappels
anatomophysiologiques sur la pathogénie des sciatiques doivent
être proposés en préambule au diagnostic différentiel des sciatiques discales.
EMC - Appareil locomoteur
Volume 9 > n◦ 4 > octobre 2014
http://dx.doi.org/10.1016/S0246-0521(14)66772-3

La physiopathologie de la souffrance des racines et du
tronc du sciatique pourrait être autant voire plus vasculaire
qu’inflammatoire.

Éléments sémiologiques pouvant
orienter vers une sciatique non
discale ou discale
Caractéristiques de la douleur
La tonalité de la sciatique oriente peu vers une étiologie, à part
quelques exceptions dont les sensations d’étau ou de décharges
électriques (pathologies neurologiques). Un horaire nocturne très
prédominant doit faire suspecter une cause non discale. Si la
cyphose diminue la sciatique et incite le patient à dormir sur
le côté ou à rester dans la journée au creux d’un lit en position
semi-assise, une composante de striction du nerf dans le foramen
est probable (hernie latérale et/ou sténose lombaire). Une boiterie
d’esquive induite par la radiculalgie doit faire rechercher une autre
étiologie que discale (souffrance de la sacro-iliaque, des tendons
pelvitrochantériens, ou de la hanche), mais peut se rencontrer
lors de certaines sciatiques discales, en particulier en cas de souffrance foraminale [1] . L’existence d’une attitude antalgique est très

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