Samory Histoire.pdf


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tracé de grandes artères avec la poudre de Babemba. La ville et la grande
plaine sont bien tristes, ce soir sous la buée des grandes pluies d'hivernage.
»
Départ pour le Sud
Quitté Sikasso le 17 août au matin, avec six hommes d'escorte par un temps
lamentable. Je comptais partir à 5 heures, mais il pleuvait tellement qu'on
n'a pu trouver les porteurs qu'à une heure avancée de la matinée. Rien de
triste comme ces immenses cuvettes noyées sous la pluie. Une rivière
débordée "s a pris plus de deux heures, la pluie était froide; la rivière était
chaude; sur une autre il a fallu faire une passerelle. En arrivant trempésmouillés à un petit village, noyé dans la végétation, nous avons l'air de
naufragés. On a beaucoup de peine à allumer le feu avec du bois humide.
Cela ne sera pas commode d'avoir des vêtements secs pour le lendemain
matin.
Le 20, nous voici de retour à Tiong'i, où j'ai touché, en 1896. C'est un petit
détour, pour éviter les grandes inondations de la Bagoé. Babemba a détruit
la ville. Ce n'est plus qu'une ruine envahie par les hautes tiges de maïs.
Tombées aussi les tours qui donnaient un vague air de forteresse du Moyen
âge. J'ai grand peine à trouver une case pour passer quelques heures de la
journée et être le lendemain à Tengréla. Autres ruines. Tous ces villages
étaient bien construits ; maisons de maçonnerie, rues percées, ce n'est pas
le dédale des cases des villages ordinaires. Quelques rares réfugiés rentrent
petit à petit depuis que les troupes françaises descendent vers ces
malheureux pays, trop tard ! Si notre colonne mobile de Bougouni avait
marché, nous les auriions sauvés et Monteil aurait sauvé Kong.
Je savais par le docteur Collomb, de Kita, qu'un de ses amis, le docteur
Crozat, mé de cin explorateur entré le premier à Tengréla après René Caillié
y était mort. Je passe mon temps à graver sur une croix faite de deux
planches le nom du docteur. La soirée est pluvieuse, le vent siffle en
tempête dans la longue rue de Tengréla encombrée de débris. Pauvre