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Crozat! Le lendemain, au départ sous la pluie, toujours, je fais rendre les
honneurs à sa tombe par ma petite escorte.
En suivant le chemin de René Caillié
Le soir du 22 août rejoint à Tokola le détachement conduit par trois sousofficiers. Nous continuons à descendre à fortes étapes, en suivant
vaguement l'itinéraire de René Caillié.
Le 25, nous entrons dans la région montagneuse et campons dans un
village perdu sur les hauteurs. C'est un plaisir d'avoir quitté les basses
plaines inondées et de monter. Malgré une heure de grosse chaleur, on
sent le vent frais du col, des ruisseaux chantent, l'horizon s'élargit. Le ciel
est clément. La descente sur de grandes dalles de grès inclinées à 40 degrés
est difficile; chutes nombreuses. J'y éreinte un cheval. Puis c'est une rude
étape, dans une haute brousse où le chemin serpente à l'infini. Au moment
où nous traversons un chemin plan, dur, foulé, je demande au guide où
mène le chemin que nous laissons à droite : « ça, c'est le chemin des
éléphants ». Dommage que la mission nous emmène au sud, alors que « le
chemin des éléphants » s'en va vers l'ouest. Encore une étape : dans la
soirée un mot du résident d'Odienné me prescrit de quitter la route de
Touba pour marcher sur Beyla.
Le 27, après une rude et belle étape dans la montagne, nous sommes à
Timé. C'est là, en 1827 que s'était abattu, miné par le scorbut, les pieds
écorchés et infectés, René Caillié, le petit savetier Vendéen de Mauzé,
studieux et solitaire qui, dès sa jeunesse, s'était enflammé comme tant
d'autres pour la mystérieuse Afrique. Après les guerres de l'Empire,
l'attention avait été attirée sur l'Afrique et sur Tombouctou. René Caillié à
seize ans part pour La Rochelle avec seize francs dans sa poche, fruit d'une
collecte du village. Il se glisse à bord d'un bateau, comme domestique
pendant la traversée, aux gages de dix-huit francs par mois. Il voyage
pendant plusieurs années sur la côte d'Afrique, apprenant la langue, les
usages, mais sans perdre son but de vue. Il travaille dans les factoreries