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Nom original: Raevonal.pdf
Auteur: Elena Natrochvili

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— Zatal me protège des soirées de cette envergure, soupire-t-il alors qu'il retire sa cape et se laisse
tomber sur le siège le plus proche.
— Tu es un noble de haut rang, lui fait remarquer Eric, toujours debout, appuyé contre la table. Les
grands bals et les banquets doivent être monnaie courante pour toi.
— C'est bien le cas. Je ne les apprécie pas pour autant, malgré la régularité de la chose.
L'écho d'un rire silencieux vibre à l'oreille de Raphaël, et les mains d'Eric glissent sur ses
épaules, pressant les muscles douloureux, forçant les contractures à se relâcher : le geste est ferme
mais doux, l'attention touchante, mais ce n'est ce que le Prince veut à cet instant. Il agrippe les
poignets de son compagnon et l'attire au-dessus de lui pour crocheter la chevelure rousse sur la
nuque et l’entraîner dans un baiser avide.
— Je croyais que tu étais fatigué, Altesse.
— Non.
— Non ?
Avec la vitesse et la fluidité d'un guerrier, Raphaël jaillit de son fauteuil, crochète la cheville
d'Eric, et le déséquilibre pour venir le presser contre le bois de l'accoudoir, pesant sur son amant de
tout son poids.
— Non, murmure-t-il, les yeux brûlants.
Le sourire Eric dévoile ses dents, comme un loup qui vient de trouver sa proie. Il enroule sa
jambe autour de celle du Prince, pressant leur deux corps l'un contre l'autre, bassin contre bassin,
torse contre torse, lèvres à lèvres. Les doigts de Raphaël se referment sur les hanches offertes,
attirent l'autre homme à lui alors que leurs langues se mêlent sans art ou adresse. Il n'y a plus que le
désir qui lui cingle les reins, rugit à ses oreilles, alors qu'ils titubent vers le lit dans un
enchevêtrement de corps brûlants.
Son amant finit par s'arracher au baiser pour poser son front sur celui du Prince, la
respiration haletante. Raphaël en profite pour enfouir son visage dans la gorge offerte, mordillant la
peau pâle, et le gémissement d'Eric vibre contre ses lèvres. Il prend le visage face au sien entre ses
mains en coupe pour aller dévorer ce son à sa source avec une urgence et une passion qu'Eric lui
rend bien, jusqu’à ce qu'ils soient tous les deux à bout de souffle, encore et encore, préférant ne plus
respirer plutôt que de s'écarter.
Entre deux baisers, les doigts agiles d'Eric se glissent sous sa tunique pour tracer des
arabesques sur sur ses flancs, son ventre, son torse... des lignes de feu sur sa peau, parfois ongles
qui s’enfoncent dans sa chair avant d'être apaisées par des caresses aussi légères qu'une plume.
— Tu es pire qu'un chat, murmure-t-il d'une voix rauque contre la chevelure de flamme.
Le rire surpris d'Eric est étouffé contre sa tempe, et Raphaël profite de la distraction pour
s'attaquer lui aussi au tissu qui lui cache la peau de son compagnon. Il tire sur le vêtement jusqu'à
finalement atteindre le dos nu, traçant les muscles fins et les cicatrices d'une main révérente,
savourant la chaleur sous ses doigts. Eric frissonne, dépose une ligne de baisers contre son cou,
dans son épaule, avant de s'arrêter avec un grognement exaspéré au col de la tunique. Il tire sur le
lin pour attirer l'attention de son amant, puis, quand cela échoue, sur une mèche brune.
— Retire ça.
C'est presque un ordre, et Raphaël en peut s'en empêcher : il se met à rire. Eric se redresse
pour lui jeter un regard étonné. Ses doigts jouent avec un des lacets de la tunique alors qu'il
dévisage son amant, détendu mais visiblement surpris de cette soudaine hilarité.
— Aurais-je dit quelque chose de drôle ?
Le sourire de Raphaël s'élargit, avant d'être remplacé par une expression plus tendre. Il
repousse quelques mèches de flammes qui tombent sur le front de son amant, laisse ses doigts
retracer la courbe depuis la tempe jusqu’à la mâchoire, un geste d'une douceur qui contraste avec
leur passion habituelle.
— Non, répond-t-il alors qu'il effleure les lèvres offertes du pouce. Non. Tout ce que tu veux.
Il repousse doucement Eric, juste assez pour pouvoir s'exécuter, et le grognement insatisfait
de son amant se transforme en murmure appréciateur. Son compagnon trace les muscles sous la
peau, effleure les cicatrices, lentement, sans se presser, tout à sa découverte. Ses mains glissent le

long d'une entaille d'épée sur un biceps, poursuivent leur route près de la clavicule sur la trace
irrégulière d'une tête de flèche, puis plus bas encore. Les doigts chauds font leur route, sinueux,
délibérés.
Raphaël ferme les yeux avec un son désespéré qu'il ne se serait jamais cru capable d'émettre,
tire à son tour sur le tissu encombrant, déchire, jette, et tombe à genoux devant le corps pâle, éclairé
par l'âtre, la cascade de la chevelure comme un halo de flamme. Des mots sans sens tombent de ses
lèvres alors qu'il laisse ses lèvres courir le long du torse, du bas-ventre, pour finalement engloutir la
hampe de chair brûlante, offerte.
Le dos d'Eric s'arque et il gémit, un son proche du feulement qui semble s’enfoncer entre les
reins de Raphaël, une lame de désir chauffée à blanc qui lui embrase l'aine. Le Prince sent son
amant trembler et frisonner, une main se refermer dans ses cheveux, mais Eric le repousse.
— Non. Pas encore...
Raphaël lui sourit. Il enroule ses bras autour de ce corps frémissant, l'entraîne vers le lit,
s'installe à califourchon sur son amant, et ondule contre le bassin de son compagnon, sensuel,
presque paresseux. Les mains d'Eric glissent sur ses cuisses, un encouragement sans mots,
s'agrippent à ses hanches pour se redresser et lui offrir un baiser haletant.
Les doigts de son amant tirent sur son ceinturon et il jure à mi-voix lorsque la sangle résiste,
alourdie par la petite dague dans le dos de Raphaël et ses chausses en cuir sombre.
— Sadrial ! As-tu besoin de porter des vêtements si ajustés ?
— Plains-toi à la Cour, grommelle le Prince.
Il se force à se redresser pour se débarrasser de ses bottes et de ses chausses, et n'est qu'à
demi-surpris quand Eric vient s'enrouler contre son dos, nu et chaud, se frottant à lui comme un
félin qui cherche les caresses.
— Tu ne m'aides pas vraiment, murmure Raphaël quand les lèvres s'égarent sur sa nuque.
— Oh ?
— « Oh, » en effet...
Un sourire contre sa peau. Eric lui mordille l'épaule, mais, beau joueur, s'écarte pour
retourner s'allonger sur le lit, posant un œil appréciateur sur la peau mate, les hanches étroites et les
cuisses sculptées. Raphaël achève de se dévêtir sans se presser : les yeux d'Eric sont devenus
presque noirs, la pupille éclipsant l’iris clair sous l'effet du désir. Et le Prince... apprécie
l'appréciation.
— Viens donc par ici, plutôt que de jouer au paon.
— Dit celui affalé de tout son long sur mon lit, murmure Raphaël en s'avançant sur le matelas.
Il reprend sa place au-dessus d'Eric, laisse courir ses jointures repliées sur le torse, le ventre
plat. Les muscles tressaillent sous la caresse, et son amant s'arque pour venir onduler contre lui avec
un grondement appréciateur. Raphaël redessine les côtes, les flancs, et descend lentement jusqu'à
venir effleurer la peau chaude et intime de l'intérieur des cuisses.
La respiration de son amant se fait haletante alors que les doigts rudes glissent sur le
membre tendu avec une lenteur délibérée.
— Raphaël...
Le Prince sourit, mais garde un rythme doux et paresseux. Eric est magnifique ainsi, les
chevelure en bataille sur les draps blancs, les lèvres gonflées de baisers et les yeux brûlants de désir.
Confiant. Offert.
— Viens là, demande Eric d'une voix rauque.
Ses ongles s’enfoncent dans le dos de Raphaël, l'attirent à lui pour un baiser d'abord volé,
puis plus profond, avide. Le Prince balance doucement le bassin, gémit sans pouvoir se contenir
lorsqu'il sent l’érection gonflée frotter entre ses fesses. Les lèvres d'Eric glissent dans son cou, juste
sur la gorge dévoilée alors qu'il rejette la tête en arrière, les yeux mi-clos.
Dieux, cela fait... longtemps. Trop longtemps. Il avait presque oublié à quel point c'était bon.
Son rythme se fait plus rapide, écho du frisson d'anticipation qui remonte le long de son dos.
Il creuse les reins sans même y penser, veut s'arquer assez pour... le bassin d'Eric se soulève à la
rencontre du sien, et soudain Raphaël est empalé, doucement, la brûlure dans ses entrailles à la fois

familière et plus vive qu'il ne s'en souvenait.
Laissant sa tête retomber contre l'épaule pâle pour étouffer une plainte, il se perd dans
l'odeur de fumée, de bois et de terre brûlés qui s'attache à la peau de son compagnon : un parfum
étrange, subtil, comme un tison en train de s'embraser, embaumant encore la sève alors qu'il se
consume.
Eric murmure contre sa tempe, des mots sans véritable sens mais emplis d'un désir palpable.
Les doigts fins glissent le long de la ligne de son dos, s'enfouissent dans ses cheveux pour presser
ses lèvres sur les siennes. Raphaël répond au baiser, affamé de contact. Son monde s'est réduit au
corps sous le sien, à la sensation d'entièreté, la brûlure au fond de lui, entre douleur et plaisir.
— Doucement... détends-toi, chuchote Eric contre ses lèvres.
Les mains chaudes remontent le long de ses cuisses, apaisantes, jouent avec son membre
roide en un firme va-et-vient, et la souffrance, déjà minime, s'efface alors que le corps de Raphaël
se relaxe enfin tout à fait. L'intrusion n'en est plus une alors que ses hanches entament un lent
mouvement.
Il sent Eric suivre son rythme en contrepoint, avec une extrême douceur d'abord, jusqu'à ce
que Raphaël enfonce ses ongles dans ses épaules en une demande muette. Son amant répond en
accélérant ses coups de reins, et le plaisir embrase les veines du Prince ; un frisson électrique qui
remonte le long de son dos, enflant avec chaque ondulation, chaque moment où les mains d'Eric se
resserrent sur ses hanches, où les baisers voraces se font presque durs dans leur passion partagée.
Raphaël tremble et émet un son proche du miaulement plaintif. Plus fort. Plus vite. Il veut, il
a besoin... l'orgasme le fauche sans prévenir, comme une vague irrésistible. Les derniers coups de
rein d'Eric se font sauvages, sans contrôle, avant qu'ils ne s'écroulent tous les deux sur les draps,
trempés de sueurs et encore frissonnants de plaisir.
Alors que leurs respirations haletantes s'apaisent, les doigts de son amant commencent à
jouer avec les mèches folles sur la nuque de Raphaël. Les yeux fermés, trop alangui de ce bien-être
après l'amour pour bouger, le Prince tourne la tête pour effleurer d'un baiser la partie le plus proche
d'Eric qu'il peut atteindre – qui se trouve être sa clavicule.
— Tout va bien ?
— Très, murmure Raphaël.
Le battement du cœur d'Eric est encore rapide, et il savoure la pulsation de vie sous ses
doigts. Sa main trace des arabesques dépourvues de sens sur une épaule nue, touchant pour
simplement sentir la chaleur et la présence de l'autre. Il se sent bien. Fatigué, mais de cette fatigue
languide, paresseuse, qui vous entraîne l'air de rien entre les griffes du sommeil. Le jeune homme
glisse une jambes entre celles de son compagnon, se presse un peu plus contre le corps chaud sous
le sien, et se sent dériver lentement mais sûrement.
— Raphaël ?
— ...Hum... ?
— Je suis ravi que tu te sentes confortable, mais tu n'es pas exactement léger.
Il faut une seconde à l'esprit embrumé du Prince pour faire sens de la remarque.
— Pardon.
Il réunit assez de volonté pour forcer sur ses muscles liquéfiés et rouler sur le côté. Eric se
plaque immédiatement dans son dos et passe un bras pour le moins possessif autour de sa taille. Le
pouce de son amant trace des cercles sur sa peau, doux et réguliers.
Raphaël glisse dans le sommeil.


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