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DOSSIER

PORTFOLIO

LE PARAPENTE
DANS L’AIR DU TEMPS

PORTRAIT

PARC DES ECRINS

AILLEURS

ÉMILY LOIZEAU

BOULDER

PLUS LÉGER POUR ALLER PLUS LOIN

SPEED
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ÉE

DITO

COUVERTURE : Vol en parapente en Vanoise,
décollage de la Grande Casse avec l’autorisation de
l’administration du Parc national, à l’occasion de
l’ascension anniversaire des 150 ans de la première
de Matthew et Croz. En arrière-plan la muraille
Grande Glière-Epena, le glacier et le col de la
Grande Casse. © Didier Givois.

N° 252 – 2/2013
109e année – Trimestriel
Juin, juillet, août 2013

Revue de la Fédération française des clubs alpins
et de montagne et du Groupe de haute montagne

DIRECTEUR DÉLÉGUÉ : Bernard Germain
COMITÉ ÉDITORIAL : Georges Elzière, Nicolas
Raynaud, Luc Jourjon, Eva Poulichet, Christian
Trommsdorff, François Valla.
COMITÉ DE RÉDACTION : Isabelle Chassin,
Claude Deck, Catherine Elzière, Luc Jourjon,
Fabrice Lardreau, Chantal Tamba.
ONT COLLABORÉ À CE NUMÉRO :
Eric Beallet, Nathalie Cuche, Claude Deck,
Catherine Elzière, Laurent Gannaz, Bernard
Germain, Luc Jourjon, Fabrice Lardreau, Nikos
Nezis, Philippe Vouillon.
RÉDACTION : Secrétaire de rédaction : Chantal Tamba
PUBLICITÉ : bh régie et cie – Bénédicte Hanicotte –
06 12 98 51 05 – bhanicotte@bhregie.com
ABONNEMENTS : Abonné adhérent dont la
résidence est en France : 17 €, Abonné adhérent
dont la résidence est à l’étranger : 22 €. Abonné
non adhérent dont la résidence est en France :
32 €, Abonné non adhérent dont la résidence est
à l’étranger : 37 € à faire virer sur une banque en
précisant « sans frais à la charge du bénéficiaire »
par son correspondant en France au compte du
Club alpin français auprès de la BNP, agence
Saint-Augustin, 75008 Paris.
vente au numéro : 8,50 €.
ADMINISTRATION : Fédération française des clubs
alpins et de montagne, 24, avenue de Laumière,
75019 Paris. Tél. : 01 53 72 87 00. Fax : 01 42 03 55 60.
E-mail. : lamontagne@ffcam.fr
Web : www.ffcam.fr
www.clubalpin.com
Changement d’adresse : Envoyer l’étiquette de
l’enveloppe avec la nouvelle adresse au club
d’appartenance.
Pour les non-membres, directement à
la FFCAM, 24, avenue de Laumière, 75019 Paris.
CONSEIL AUX LECTEURS ET PRATIQUANTS :
Prudence : malgré tout le soin que nous apportons
à la vérification des textes publiés, nous invitons
les lecteurs à toujours recouper les informations,
à prendre conseil sur place, à partir en montagne
avec la formation, l’équipement et l’entrainement
adéquats.
RÉALISATION :
Bayard Nature et Territoires,
Savoie Technolac, 73337 Le Bourget-du-Lac.
Coordination éditoriale : Olivier Thevenet
Conception graphique : Pascal Riner
Rédaction graphique : Gaëlle Haas
Prépresse : RVB Photogravure, 5, rue Descartes,
92120 Montrouge.
Impression : Imprimerie Vincent, 38, avenue
Charles-Bedaux, 37042 Tours cedex 1.
Dépôt légal n° 2/2ème trimestre 2013
I.S.S.N. Q047-7923
Le directeur de la publication : Georges Elzière.
Inscrite à la Commission paritaire des publications
et agences de presse sous le n° 1113 G 84516

Tenir le cap
es difficultés dans lesquelles se trouve notre société rendent plus vives
les sollicitations de nos interlocuteurs. Les ministères souhaitent que
le sport soit un vecteur plus fort de l’amélioration de la santé de la
population, un facteur de cohésion sociale, et qu’il contribue à la
création d’emplois. Les collectivités territoriales sont également désireuses
que le sport participe plus activement au dynamisme économique du territoire… Bien sûr, ces préoccupations ne nous sont pas étrangères. Mais notre
fédération, comme l’ensemble du mouvement sportif, ne peut substituer
ces objectifs aux siens propres. Notre contribution à de tels dossiers doit se
fonder sur notre propre finalité.
Nous nous sommes donnés comme orientation de promouvoir, développer,
coordonner, organiser la pratique de nos disciplines, à la fois comme sport
de masse et comme sport de haut niveau, afin de rendre accessible au plus
grand nombre une pratique autonome de la montagne. C’est le sens des
actions que nous menons – dans nos clubs et au-delà – auprès du grand
public ou des jeunes des établissements scolaires. Cette autonomie que nous
visons suppose un apprentissage et porte une culture de la responsabilité
à l’égard de soi et des autres. Qu’on me permette de faire référence aux
interviews des personnalités fort diverses recueillies par Fabrice Lardreau*
pour notre revue. Elles témoignent de façon éloquente de l’apport majeur
de la fréquentation de la montagne dans la construction de la personnalité
et de la socialisation.
L’action de notre fédération en matière d’aménagement de la montagne et
le rôle économique de nos refuges sur l’animation des territoires vont bien
au-delà de ce que l’on pourrait croire de prime abord. En effet, engagés dans
une politique de reconstruction des refuges très soucieuse de réduire l’impact
de ces bâtiments et de leurs usagers sur l’environnement, nous contribuons
au développement de techniques innovantes en matière d’économie et de
production d’énergie, de réduction des émissions d’effluents, et d’intégration
des chantiers dans l’économie locale.
C’est que notre mission est aussi de « veiller à la sauvegarde de l’intégrité et de
la beauté de la nature en montagne ainsi qu’à la protection du milieu montagnard
[…] afin que la montagne et les espaces de pratique de ses activités demeurent un
espace de convivialité, de liberté, d’aventure et d’avenir, grâce à la préservation des
spécificités qui en font sa valeur exceptionnelle. »
Notre contribution à la « vie de la cité » sera d’autant plus pertinente que
nous saurons mieux « garder le cap. »

L

Georges Elzière, Président
de la Fédération française des clubs alpins et de montagne
* Cf. p. 24-25 Fabrice Lardreau : Cimes intérieures.

Cette revue est imprimée sur papier recyclé.

la

ontagne & Alpinisme 2-2013 [3]

DU CONSEIL
SYMBOLE DU CHOIX,

ET DU PRIX

10 % de remise

Crédits photos : A. Descamp - E. Bray - C. Durando

sur certains achats et parfois mieux…
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S

OMMAIRE DU NUMÉRO 2-2013

40
DOSSIER

Le parapente dans
l’air du temps
Par Philippe Vouillon
Le premier grand vol de
parapente en montagne
remonte à 1978. Qu’est
devenue cette activité en
trente-cinq ans ? Comment
les clubs de la FFCAM la
pratiquent-ils ? Quelles
nouvelles possibilités offre
le matériel actuel ? La
Montagne & Alpinisme vous
propose un tour d’horizon
des sports aériens en
montagne et des nouvelles
tendances.

3 EDITO
Par Georges Elzière
6-11 ACTUS MONTAGNE
12-13 AGENDA
14-17 ENTRETIEN MONTAGNE

Paul Petzl : Le bonheur
d’inventer
Par Catherine Elzière

18-20 SCIENCES

Dans la mémoire des lacs
de montagne
21 PAGE DES PARCS
22-23 ENVIRONNEMENT

PORTRAIT

54

Emily Loizeau
Songes d’altitude

24-27 LIVRES

Cimes intérieures, entretien
avec Fabrice Lardreau
Par Bernard Germain

Par Fabrice Lardreau

28-29 VIVRE EN MONTAGNE

Emily Loizeau est une figure singulière
et attachante de la nouvelle chanson
française. Auteur, compositeur et
interprète, elle puise son inspiration
dans les montagnes des Cévennes, où
elle s’est installée.

Par Laurent Gannaz

68

Instituteur et guide
30-38 PORTFOLIO

Parc national des Ecrins
40 ans, l’histoire continue !
58-67 DÉCOUVERTE

Le Valgaudemar
Par Nathalie Cuche et Eric Beallet

MONTAGNES D’AILLEURS

74-77 HISTOIRE ET MÉMOIRES

Boulder : la belle
piémontaise des
Montagnes Rocheuses

Il y a 100 ans le mont Olympe

Par Bernard Germain
La ville de Boulder conjugue
protection de l’environnement et vie
sportive à la montagne.

Par Nikos Nezis

78-81 CHRONIQUE ALPINE
Par Claude Deck
PUBLICITE : pages 2, 4, 7, 9, 39, 57, 82,
83, 84.
la

ontagne & Alpinisme 2-2013 [5]

A

CTUS MONTAGNE

Piolets d’Or 2013

Une année exceptionnelle...
L

es Piolets d’Or, qui
célèbrent les ascensions les plus ambitieuses, originales, esthétiques et audacieuses de
l’année, se sont déroulés
du 3 au 6 avril 2013 à
Chamonix -Mont-Blanc
et Courmayeur (Italie).
Compte tenu de la qualité exceptionnelle des
six expéditions retenues, marquées notamment par leur côté avant-gardiste, le jury 2013, sous la
présidence de Stephen Venables, a décidé à l’unanimité
de ses membres d’attribuer à chacune d’entre elles un
Piolet d’Or : Kyashar (6 770 m), Népal ; Muztagh Tower
(7 284 m), Pakistan ; Baintha Brakk (a.k.a The Ogre,
7 285 m), Pakistan ; Nanga Parbat (8 125 m), Pakistan ;
Kamet (7 756 m), Inde ; Shiva (6 142 m), Inde. Que la
voie culmine à 6 000 mètres ou qu’elle concerne une
arête longue vers un sommet de 8 000 mètres, qu’il
Nicolas Raynaud. © E. Sutra

s’agisse d’un sommet emblématique ou d’une découverte lointaine, chacune de ces six expéditions avait
un facteur en commun : elles ont gravi le sommet en
traversée, s’engageant dans une descente autre que
l’itinéraire de montée, et chaque ascension était soutenue à un très haut niveau de difficulté…
Les 4èmes « Piolets jeunes » ont par ailleurs été remis
le 11 mai à Chamonix.
Nicolas Raynaud, vice-président aux activités et au
développement de la FFCAM, a reçu des mains de
Christian Trommsdorff (président du GHM) et Claude
Comet (région Rhône-Alpes) le premier « Piolet jeunes
carrière ». Cette distinction récompense son action
depuis dix ans à la FFCAM en faveur du développement des activités jeunes (écoles d’aventure, Grands
Parcours, etc.) et au sein de la section « montagne » du
lycée Ambroise Croizat de Moûtiers (Savoie). Dans
son discours de remerciement, revendiquant un rôle
de passeur, il a rappelé son attachement à un partage
de la montagne, à la transmission de sa beauté et de ses
plaisirs…
http://www.pioletsdor.com/

1ère Fête de la montagne
ème
Valoriser les activités de pleine nature… 22 rassemblement natio-

nal de vélo de montagne

L

a première édition de la Fête de la montagne aura
lieu du 24 au 30 juin 2013, avec comme point d’orgue
le week-end des 29 et 30 juin. Organisée par la FFCAM
et ses partenaires de la « Coordination montagne », elle
est destinée à valoriser les activités de montagne, en
particulier les activités dites de pleine nature. Son principe ? Fédérer les démarches de développement local en
créant un ensemble d’événements autour d’une même
date, dopant la fréquentation par une communication sur l’ensemble du
territoire. Cette 1ère Fête de la Montagne sera l’occasion pour tous de se
rendre, y compris en ville, à des manifestations sportives et culturelles
durant la journée ou en soirée. Mais ce sera avant tout une opportunité
pour aller en montagne, (re)découvrir et pratiquer des activités de plein
air. À terme, des initiatives locales devraient fleurir dans de nombreuses
villes et territoires de montagne. Les questions spécifiques liées au développement durable (mode de transports doux et à l’accessibilité aux
personnes à mobilité réduite, etc.) seront prises en compte. Un site web et
des systèmes de géolocalisation pour smart phone permettront à chaque
utilisateur de trouver l’événement qui convient le mieux à ses envies, à côté
de chez lui ou dans le lieu de son choix… http://www.fetedelamontagne.org

[6] la

ontagne & Alpinisme 2-2013

e 22ème rassemblement national de vélo de
montagne, organisé par le Club alpin français
du Léman, aura lieu
du 28 au 31 août
2013 dans le pays
de Gavot (plateau
dominant le lac
Léman), à SaintPaul-en-Chablais
(Haute-Savoie).
Situé à 900 mètres
d’altitude, ce petit
bourg permet
d’accéder aux vallées d’Abondance avec le secteur
des Portes du Soleil, mais également à la Vallée
Verte, à la Vallée d’Aulps ainsi qu’aux Balcons du
Léman. Une vingtaine de circuits de tous niveaux
seront proposés aux participants. Patrimoine et
culture seront aussi au programme : outre les
haltes culturelles ménagées sur les points clefs
des parcours de vélo de montagne, des visites
seront proposées aux personnes accompagnant
les sportifs.

L

http://cafleman.ffcam.fr/rvdm2013.html

Canyon

MONTAGNE DÉFAITE

Rendez-vous transpyrénéen…

L

es Comités Régionaux FFCAM et Spéléologie de Midi-Pyrénées organisent le 7ème
Rendez-vous canyon, le 2ème Rassemblement
Trans-Pyrénéen et le 3ème Camp Jeunes les 27
et 28 juillet 2013 à Auzat (Ariège). Ces journées, pendant lesquelles aura lieu la fête du
village d’Auzat, seront l’occasion de découvrir
les canyons de la vallée de Vicdessos et de ses
alentours, des plus ludiques aux plus sportifs,
certainement les plus sauvages de la chaîne des
Pyrénées. Le Camp Jeunes canyon proposera
des descentes de différents canyons encadrées par des moniteurs et des
initiateurs fédéraux. La gestion mise en place pour cette année permettra
d’organiser plusieurs groupes encadrés, par tranche d’âges (7-12 et 13-17
ans). Les parents ou responsables des jeunes pourront pratiquer l’activité avec leurs enfants, dans la mesure des places disponibles. Ce camp,
organisé dans une ambiance résolument conviviale, est ouvert à tous les
pratiquants, adhérents ou non de la FFCAM.
http://canyon.midipy.free.fr/

Le témoignage
de la photographie
« vec le changement climatique, nous
constatons la fonte des glaciers alpins.
[…] Le glacier est l’élément central dans la
représentation picturale, puis photographique,
de la montagne. Que va-t-il se passer lorsqu’il
sera réduit à une partie congrue nichée en haute
altitude ? La montagne, et l’imaginaire qu’elle
suscite, supportera-t-elle que son paradigme
fondateur disparaisse ? »
C’est autour de ce questionnement sur la
nature et l’impact de l’activité de l’homme que
s’articule l’exposition photographique Montagne
défaite, d’Olivier de Sépibus, qui est présentée à
l’Artothèque municipale de Grenoble jusqu’au 29
juin 2013. L’artiste dépasse ici les stéréotypes
du paysage : lorsqu’il photographie la
montagne, il déconstruit notre perception de ces
paysages familiers. Jouant sur la lumière, les
plans, les plis, le minéral, la distance, le format,
il brouille les repères de l’observateur qui est
invité à se perdre dans la photographie et à faire
l’expérience d’inventer son propre paysage.

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ontagne & Alpinisme 2-2013 [7]

A

CTUS MONTAGNE

23ème Salon du livre de montagne de Passy

L’architecture de montagne à l’honneur
e 23ème Salon du livre de montagne de Passy
(Haute-Savoie) – lors duquel la FFCAM et la
revue La Montagne & Alpinisme seront présents
– aura lieu du 9 au 11 août 2013 au Parvis des Fiz.
Thème de cette nouvelle édition : « l’architecture
de montagne ». Le public pourra découvrir l’architecture dans diverses montagnes du monde
(Yémen, Bhoutan, Alpes suisses et italiennes). Le
voyage s’effectuera dans l’espace mais aussi dans le
temps, à travers la vision de l’architecture d’hier…
et de demain. Comme d’habitude, ce salon sera
rythmé sur toute sa durée par des animations pour les adultes et les enfants :
conférences-débats, tables-rondes, diaporamas et films sur des thèmes liés
à l’actualité du livre et de la montagne. De nombreux auteurs, éditeurs,
libraires, spécialistes du livre ancien, français et étrangers, seront présents
lors de ces journées au cours desquelles seront décernés les traditionnels prix
littéraires… Le film sur « Le nouveau refuge du Goûter » y sera diffusé le
dimanche 11 août à 10 h 30 en présence de son réalisateur Bernard Germain
et des entreprises locales qui ont participé à l’édification de cette architecture
alpine d’exception.

L

http://www.passy-mont-blanc.com/fr/index-salondulivre.aspx

Guide des refuges
et chalets de la FFCAM

L

a nouvelle édition
mise à jour du
« Guide des refuges
et chalets » vient de
paraître. Cet ouvrage
illustré de 208 pages
fournit toutes les
informations essentielles – localisation,
réservation, activités
praticables, etc. –, sur
les 127 bâtiments de la
FFCAM, situés dans
tous les massifs français : Alpes, Pyrénées, Jura,
Vosges et Massif central. Gratuit, ce document
est disponible dans les clubs FFCAM. Vous
pouvez aussi vous le procurer en envoyant
une enveloppe format A5 affranchie à 3,40 €
(pour un exemplaire) à : Fédération française
des clubs alpins et de montagne – 24 avenue
de Laumière 75019 Paris.

[8] la

ontagne & Alpinisme 2-2013

126ÈME EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ
DES PEINTRES DE MONTAGNE

Peintures francohelvétiques…

L

a 126ème exposition de la Société des
peintres de montagne aura lieu jusqu’au
15 septembre 2013 au sein du Fort de
l’Ecluse, dans la commune de Léaz (Ain).
Des artistes français, mais aussi suisses
participeront à cette exposition lors de
laquelle un hommage sera rendu au grand
peintre Emile Noirot (1853-1924), dont le
petit-fils, Dominique Noirot, sera présent.

http://spm.chez.com/

CONCERTS AU REFUGE DES CORTALETS

Musique d’altitude

L

e refuge FFCAM des Cortalets (massif du
Canigou ; Pyrénées orientales) propose
cet été deux concerts. Le premier, mêlant
funk, jazz et rock, aura lieu le 13 juillet
2013. Le second, classique, se déroulera le
31 juillet, en compagnie de la violoncelliste
Valérie Dulac, soliste de l’Ensemble
Orchestral Contemporain et membre de
divers ensembles baroques et classiques.
L’entrée pour ces concerts est libre.

http://cortalets.com/

5 refuges, 5 aventures
Au sein du Parc naturel régional des Pyrénées Ariégeoises, cinq refuges gardés de montagne accueillent
chaque année de nombreux randonneurs. Découvrez
la collection de cinq livrets pour cinq refuges, dans
lesquels l’ingénieux professeur Delpech, sollicité par
l’une de ses connaissances pour résoudre une énigme,
vous entraîne au gré d’une très enrichissante aventure. Le refuge d’Araing « Le fantôme de l’étang
d’Araing », le refuge des Estagnous « La liberté au
bout du chemin », le refuge des étangs de Bassiès « Au
fil de l’eau », le refuge du Pinet, le refuge des étangs
Fourcat « Le mystère de l’étang Fourcat »
www.parc-pyrenees-ariegeoises.fr

Que la montagne est belle

Randonnée du Canigou

Nature et refuges Rêverie catalane
a 9ème édition de l‘opération « Que
la montagne est belle » aura lieu
les 14 et 15 septembre 2013. Intitulée « Nature et Refuges », cette
nouvelle édition nous emmènera au
cœur des montagnes avec comme
point d’entrée les refuges. L’ambition, cette année, est double : montrer d’une part que nous tentons
de réduire l’impact des refuges
sur le milieu montagnard, abris
construits à l’origine par l’homme
pour lui faciliter l’accès à ce milieu.
Mais aussi expliquer que les refuges
peuvent être un moyen d’éduquer
et de sensibiliser les pratiquants à
l’environnement de montagne et
de leur faire découvrir une faune
et une flore hors-norme.

L

Contact : u.ohlhauser@ffcam.fr

L

a Randonnée du Canigou aura lieu le
samedi 3 août 2013 à Vernet-les-Bains.
Cette belle randonnée sportive, organisée par
le comité départemental FFCAM des Pyrénées-Orientales, comporte 2200 mètres de
dénivelé positif et négatif sur un trajet de 34
km à faire dans la journée. Elle a lieu la veille
du « Championnat du Canigou », sur le même
parcours, mais sans aucun aspect compétitif :
les marcheurs graviront pour le seul plaisir
cette montagne vénérée par tous les Catalans.
Ils pourront pique-niquer au refuge des Cortalets, prendre des photos
et… discuter en chemin.
Renseignements et inscription sur internet : http://cd-pyrenees-orientales.ffcam.fr
NUITÉE À UN EURO

La montagne pour tous…

D

urant la nuit du vendredi 28 au samedi 29 juin 2013, à l’occasion de la Fête de la montagne, la nuitée
coûtera un euro pour les moins de 18 ans accompagnés d’un adulte. Venez dormir en famille au cœur
de la montagne !

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Ce qui compte, ce sont les
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A

CTUS MONTAGNE

2ème Camp IV Fontainebleau

Le succès au rendez-vous…

6

© L. Jourjon

0 jeunes grimpeurs, venus des clubs de toute la France, se sont retrouvés les
10 et le 11 mai au centre de loisir de Buthiers (Seine-et-Marne), au cœur du
massif de Fontainebleau, pour la deuxième édition de « Camp IV ». Encadrés
par leurs accompagnateurs, guidés sur les différents secteurs par les spécialistes
du Club alpin français d’Ile-de-France et des cadres de la Direction technique
nationale de la FFCAM, ils ont pu découvrir dans une ambiance particulièrement conviviale les difficultés du grès au travers de parcours libres ou des
circuits proposés à l’occasion d’un challenge. La présence du « team Petzl »
– qui figure parmi les meilleurs grimpeurs de bloc français – venu à l’invitation
du partenaire, a apporté une dynamique très stimulante à l’événement. Les
jeunes des clubs ainsi que les nombreux journalistes présents ont pu profiter
des remarquables prestations techniques des athlètes. Une belle fête de l’escalade qui commence à acquérir une notoriété dans le monde de la grimpe…

International Snow Science Workshop

Science et échanges...

Le détail des informations tarifaires est disponible dans la rubrique «inscriptions» du site internet de l’ISSW2013 : http://www.
issw2013.com/

Grand parcours randonnée Chartreuse

L

e comité départemental FFCAM de l’Isère organise les 14 et 15
septembre 2013 un Grand Parcours randonnée à Saint-Pierre de
Chartreuse (Isère), commune située au cœur du massif de la Chartreuse.
Ouvert à tous à partir de douze ans - les enfants devant être accompagnés
d’un adulte – ce Grand Parcours permettra aux participants de découvrir,
s’initier, se perfectionner, accompagnés par des cadres expérimentés,
en moyenne et haute montagne. Au programme de ces deux journées :
des ateliers thématiques (secours, préparation du sac, cartographie/
orientation, milieu montagnard – protection environnement) et des
courses en montagne : randonnée en montagne et randonnée alpine.

http://ffcam38.com/ – gp-stpierre@ffcam38.com

[10] la

ontagne & Alpinisme 2-2013

Refuges de la très Haute-Maurienne…

V

ous souhaitez réaliser un raid entre des refuges et réserver
en ligne ? Le site internet « Refuges de la Très HauteMaurienne » vous permet de réserver en ligne dans les refuges
du Carro, des Evettes et d’Avérole, et de planifier la totalité
d’un circuit. Au printemps, ces trois refuges, accessibles
en ski de randonnée, sont ouverts de mars à mai (suivant
l’enneigement). L’été, ils constituent un terrain de jeux prisé
des familles grâce à leur confort, leur facilité d’accès.
http://www.refugestreshautemaurienne.fr/

La réservation en ligne, cet été, sera accessible dans un nombre croissant de
refuges FFCAM du massif des Alpes, puis, plus tard, dans les Pyrénées.

© Aurélien Prudor

L

es villes de Grenoble et Chamonix-Mont-Blanc accueilleront du 7 au 11 octobre 2013 «The International Snow
Science Workshop » (ISSW). Ce rassemblement vise à
promouvoir les échanges entre scientifiques, professionnels et usagers du monde de la montagne, sur le thème de
la neige et des avalanches. Chercheurs, ingénieurs, élus,
pisteurs-secouristes, guides de haute-montagne, responsables de pistes et de stations, moniteurs, responsables de
fédérations et d’associations, pratiquants de sports de montagne, etc. sont attendus à Alpes-Congrès (Grenoble)
durant quatre jours et à Chamonix-Mont-Blanc durant une journée d’excursion. L’Anena et ses partenaires
organisateurs de l’ISSW2013 (IRSTEA - Météo-France) souhaitent solliciter les lecteurs de La Montagne &
Alpinisme pour qu’ils participent à ce rassemblement unique. Il est en effet urgent d’établir un nouvel état de
l’art des savoirs et des expériences en matière d’avalanche. Dans ce but, de nombreux thèmes seront approfondis
lors de l’événement : « Progression en terrain avalancheux » ; « Propriétés du manteau neigeux », « Prévision du
risque d’avalanche », « Formation des pratiquants et des professionnels sur le risque d’avalanche », « Hydrologie
et écologie des zones enneigées », etc. Les inscriptions au congrès sont ouvertes à tous.

Le CAS : 150 ans d’histoire !

L

e Club alpin suisse
(CAS), fondé en 1863,
fête cette année 150 bougies. A cette occasion, le
Musée alpin suisse de
Berne présente jusqu’au
23 mars 2014 l’exposition
« Helvetia Club », qui
retrace les 150 ans d’histoire de la plus grande
association de sports de
montagne de Suisse (140 000 membres aujourd’hui).
Le musée se transforme en cabane – le refuge suisse –
pour une année. En sept stations, il raconte aux curieux
le CAS. Tout commence dans la salle commune, où les
visiteurs apprennent ce qui fait l’essentiel du club. Cela
passe par la découverte de nouveaux visages, la participation à des jeux de société, l’étude des cartes et

l’évocation de souvenirs de montagne. Suivant la visite,
c’est dans la cuisine de la cabane que l’on trouvera les
ingrédients avec lesquels le CAS cuisine le menu de
l’Association. C’est là que se donnent à percevoir les
émotions que les montagnes peuvent susciter. La terrasse extérieure met elle en lumière la position ambivalente du club dans ses rôles de protecteur et d’utilisateur
des montagnes. Les maquettes des 152 cabanes du CAS
suspendues au plafond de la salle proposent une vue
inhabituelle sur le monde alpin.
Dans le dortoir, le visiteur découvre les aventures
alpines de montagnards et leur vécu au CAS. Il entrevoit
la diversité des membres du CAS et le rapport personnel qu’ils entretiennent avec leur club. La chambre des
femmes illustre de son côté la question des admissions et
exclusions à l’exemple des femmes alpinistes. Bien que
celles-ci soient aujourd’hui intégrées dans l’association,
la question de leur place dans les sports de montagne
reste d’actualité. Enfin, le local du club
amène la ville dans la cabane. L’exposition se termine sur un regard vers
l’avenir. Ici est tentée une prospective :
cinq visions des sports de montagne et
du CAS tels qu’ils pourraient être en
2063 ont été élaborées avec l’aide des
futurologues et de personnes familières
du CAS. En quelques mots, un concept
original pour une exposition qui ravira
tous les curieux de la montagne. Joyeux
anniversaire au CAS.
Informations complémentaires :
www. alpinesmuseum.ch – www.sac-cas.ch

Beichtgrat, environ 1890/1900. © Musée alpin suisse, Berne.

9ème Trail d’Albertville

Le bonheur de courir en montagne
e 9ème Trail d’Albertville, organisé par le Club alpin français
d’Albertville, aura lieu le 22 septembre 2013. Placée sous le signe
de la convivialité, cette journée
propose trois courses, dont les deux
premières sont inscrites au challenge des trails du Parc des Bauges :
O Le « Trail d’Albertville » (34 km
/ D+ 2500m / D- 2330m)

L

Les « Balcons de Mercury » (21
km / D+ 1270m / D- 1100m)
O La « Belle Etoile » (9 km / D+
500m - découverte du trail)
Parmi les nouveautés 2013 : la traversée du fort de Tamié - véritable
temps fort de l’épreuve - que les
coureurs des trois parcours auront
le plaisir de traverser en empruntant tunnels et cours intérieures…
O

Comme toujours, un village des
fabricants attendra les trailers à
l’arrivée, qui pourront aussi profiter de massages, d’animations (mur
d’escalade, orchestre…) et de randonnées pédestres. Un rendez-vous
automnal à ne pas manquer (les
inscriptions en ligne sont ouvertes).
Vous pouvez retrouver l’actualité du Trail
d’Albertville sur Facebook :
www.facebook.com/trailalbertville
la

ontagne & Alpinisme 2-2013 [11]

A

CTUS AGENDA

De juin à septembre 2013

C ?jhfj»Vj '& _j^aaZi ™ Exposition « Art

sacré du Tibet-Collection Alain Bordier »
Fondation P. Bergé-Y. Saint Laurent (Paris)
http://www.fondation-pb-ysl.net

'- _j^c ™ La nuitée à 1€ en refuges pour les jeunes
(de moins de 18 ans accompagnés d’un adulte)
www.clubalpin.com
C

9j '- Vj '. _j^c ™ 4èmes
rencontres de l’image de
montagne ; Le Bourg d’Oisans ;
Parc national des Ecrins
www.ecrins-parcnational.fr

?jhfj»Vj '& Vd’i ™ 8ème Festival de la
Photographie de montagne et de nature ;
Pralognan-la-Vanoise (Savoie)
Contact : 04 79 08 79 08
www.festivalphotopralo.wordpress.com

9j '- _j^c Vj (% _j^c ™ Marathon
du Mont-Blanc (Chamonix)
www.montblancmarathon.fr

Jusqu’au 1er hZeiZbWgZ ™ Exposition de photographies
« Les Alpes de Doisneau » ; Musée de l’Ancien Evêché (Grenoble).
www.ancien-eveche-isere.fr

'. _j^c ™ Inauguration du refuge
de Presset ; Caf de Chambéry ;
www.clubalpin.com

?jhfj»Vj &* hZeiZbWgZ ™ 126ème exposition de la Société des
peintres de montagne ; Fort L’Ecluse (Ain) http://spm.chez.com/
?jhfj»Vj (% hZeiZbWgZ ™ Exposition « l’Oisans... d’hier
et d’aujourd’hui » ; Au centre alpin de la Bérarde, exposition réalisée
par le Club alpin français de Grenoble Oisans pour les 40 ans
du Parc national des Ecrins.
Contact : Chalet de La Bérarde, tél 04 76 79 83 83
www.chaletdelaberarde.com
?jhfj»Vj (& dXidWgZ ™ Exposition « Savoie olympique, les traces
du futur » Maison des Jeux olympiques d’Albertville (Savoie)
www.maisonjeuxolympiques-albertville.org
?jhfj»Vj (% bVgh '%&) ™ Exposition « Helvetia Club. La Suisse,
la montagne et le Club alpin suisse »
Musée alpin suisse. Tél. +41 (0)31 350 04 40
www.alpinesmuseum.ch

'. _j^c ™ Fête de la montagne
http://www.fetedelamontagne.org
9j '. Vj (% _j^c ™ « The North face Trails de la Vanoise »
Pralognan-la-Vanoise (Savoie)
www.trailsvanoise.wordpress.com

JUILLET
9j * Vj , _j^aaZi ™ Rencontre
internationale du livre de montagne
Arolla (Valais)
http://www.livredemontagne.ch
C

JUIN
C

9j '' Vj '( _j^c ™ Grand
Parcours alpinisme
Chamonix (Haute-Savoie) Comité
départemental Haute-Savoie
www.cafgpchamonix.fr
9j '' Vj ') _j^c ™ Roc Trip –
Gorges
du Tarn ; Caf Causses et
Cévennes
www.couleurcaillou.fr
'( _j^c ™ L’Ossaloise ; CAF de
Pau section Vallée de l’Ossau
www.courses-ossau.com

[12] la

ontagne & Alpinisme 2-2013

9j && _j^aaZi Vj '. Vd’i ™
Les Jeudis des refuges de l’Oisans
http://www.tourisme-oisans.com

9j &( Vj &) _j^aaZi ™ « Un Tour en
Terre du Jura » Ultra trail du HautJura ; Saint-Claude (Jura) ; https://sites.google.com/site/utmjura/
9j &( Vj ', _j^aaZi ™ Festival musical « Les Arts Jaillissants »
Montsapey (Savoie) Contact : 04 79 36 29 24
www.les-arts-jaillissants.fr
9j &* Vj '% _j^aaZi ™
Chamonix Adventure Festival
Chamonix (Haute-Savoie)
http://www.chamonixadventurefestival.com/
9j &. Vj '& _j^aaZi ™ Colloque « Homme, montagne et torrents »
Embrunais. Contact : Mairie de Crots 04 92 43 13 05

9j ', Vj '- _j^aaZi ™ Rassemblement pyrénéen de canyon
Vallée de Vicdessos (Ariège) ; Comité régional Midi-Pyrénées
www.clubalpin.com
9j '- _j^aaZi Vj ) Vd’i ™ CosmoJazz Festival
Chamonix (Haute-Savoie) ; www.cosmojazzfestival.com
(& _j^aaZi ™ Concert au refuge des Cortalets (Pyrénées orientales)
http://cortalets.com

9j &% Vj &, Vd’i ™ Festival du film des Diablerets (Suisse)
http://www.fifad.ch/
&- Vd’i ™ Trail « Tour de la Grande Casse »
Pralognan-la-Vanoise (Savoie) ; www.trailsvanoise.wordpress.com
'* Vd’i ™ 26ème montée de l’Aubisque (course pédestre)
Caf Vallée d’Ossau ; www.courses-ossau.com
Du 26 août au 1er hZeiZbWgZ ™ The North Face Ultra-Trail du Tour
du Mont-Blanc ; www.ultratrailmb.com

AOUT
Du 1er Vj &+ Vd’i ™ Festival d’été Musique et Nature
Pays des Ecrins (Hautes-Alpes)
http://www.musiques-en-ecrins.org
9j ' Vj + Vd’i ™ 4èmes « Rencontres Musique et patrimoine »
Saint-Nicolas-de-Véroce (Haute-Savoie)
www.musique-patrimoine-mtblanc.com

9j '- Vj (& Vd’i ™ 22ème rassemblement national de vélo
de montagne ; St Paul-en-Chablais (Haute-Savoie)
http://cafleman.ffcam.fr/rvdm2013.html
Du 30 août au 1er hZeiZbWgZ ™ 2ème édition du « Géo-festival »
sur le thème « des pierres et des hommes »
Beaufortain (Savoie) ; www.geofestival.org

SEPTEMBRE

( Vd’i ™ Randonnée du Canigou
Vernet-les-Bains (Pyrénées-Orientales)
http://cd-pyrenees-orientales.ffcam.fr

9j &) Vj &* hZeiZbWgZ ™ Que la montagne est belle ! sur le thème
« nature et refuges » www.clubalpin.com

9j ( Vj &% Vd’i ™ Semaine du livre polaire et de montagne
Les Rousses (Jura) ; Centre polaire Paul-Émile Victor
www.centrepev.com

9j &) Vj &* hZeiZbWgZ ™ Grand Parcours randonnée
Saint-Pierre de Chartreuse (Isère) ; http://ffcam38.com

) Vd’i ™ Trail « La trace du bouquetin » Vanoise (Savoie)
www.trailsvanoise.wordpress.com

9j &. Vj '' hZeiZbWgZ ™ 40ème Coupe Icare
Saint-Hilaire-du-Touvet (Isère) ; www.coupe-icare.org

9j + Vj - Vd’i ™ 12ème Festival du Livre
de L’Argentière-la-Bessée sur le thème « L’alimentation
de montagne à travers les âges »
www.paysdesecrins.com

E

'' hZeiZbWgZ ™ Montagne en fête et Trail d’Albertville
www.facebook.com/trailalbertville

C

9j . Vj && Vd’i ™
23ème Salon du livre de
montagne sur le thème
« L’architecture de
montagne » Passy (HauteSavoie)
www.passy-mont-blanc.
com
&% Vd’i ™ Chantier de
nettoyage d’installations
obsolètes en Oisans
www.ecrins-parcnational.fr
'. hZeiZbWgZ ™ RainKopfTrail ; CAF Hautes-Vosges
http://clubalpin-hautes-vosges.ffcam.fr/

la

ontagne & Alpinisme 2-2013 [13]

E

© D.R.

NTRETIEN MONTAGNE

Le matériel Petzl
est devenu incontournable en
spéléologie, alpinisme,
escalade, pour les secours
et les travaux d’accès difficile.
Le vertical et l’obscur
sont les domaines d’innovation
de cette entreprise en France
et sur plusieurs continents.
Ce rayonnement international
est pourtant celui d’une
entreprise encore familiale
créée il y a quarante ans dans
un petit atelier de Grenoble.
Saga d’une famille d’inventeurs.

PAUL PETZL

Propos recueillis par Catherine Elzière

Le bonheur d’inventer

[14] la

Vous avez un logo simple et efficace, qui permet
d’identifier immédiatement vos produits. Ce n’est pas
un sigle, c’est votre nom…

L’entreprise est née dans l’atelier de votre père
Fernand, bricoleur de génie. Est-ce sa passion
pour la spéléologie qui a orienté ses inventions ?

Petzl, c’est en effet notre nom de famille, légué par un
grand-père d’Europe de l’Est arrivé sans passeport
au début du XXe siècle. Un homme de fort tempérament qui s’est fait tout seul, a assumé un nom allemand dans une période où c’était délicat. Il s’est fait
naturalisé français en passant par la Légion – il était
prêt à partir aux Etats-Unis si la France n’avait pas
voulu de lui – et a fini par s’installer près de Grenoble
dans les années 20. Il a travaillé longtemps dans une
usine de matériel électrique où son ingéniosité a vite
été remarquée. Puis son fils Fernand – mon père –
a créé son propre atelier de modeleur, à l’origine
de l’entreprise actuelle. Mon frère et moi sommes
avant tout des fils d’artisans, et portons ces valeurs
issues du compagnonnage : le goût pour le travail
bien fait, la satisfaction de répondre astucieusement
à une demande, de faire profiter les autres de notre
savoir. Ce logo, c’est notre signature sur des outils
dont nous sommes fiers.

Mon père a commencé à 14 ans comme menuisier-modeleur, puis a appris à usiner le métal pour
répondre aux besoins des fonderies qui étaient passées à des moules métalliques. Il voulait surtout être
indépendant et a monté son propre atelier. La spéléologie était son domaine d’évasion. Tous les weekends, il partait avec son frère et des amis explorer
la Dent de Crolles juste au-dessus de chez lui, puis
le gouffre Berger sur le Vercors. Il aimait fouiller,
chercher des passages, découvrir ; être dans des trous
obscurs devait convenir à son tempérament introverti. Et tout était à inventer techniquement dans ce
domaine. Mon père perfectionnait des outils pour
lui, pour ses copains, pour les secours dont il s’est
occupé longtemps. Il attirait beaucoup de monde
car il savait écouter, comprendre les besoins et était
connu comme celui qui pouvait trouver des solutions
techniques. Il ne dessinait rien, il sortait le prototype
de sa machine en un temps record. Sa grande joie

ontagne & Alpinisme 2-2013

était cette reconnaissance de ses qualités, de sa singularité. Il tirait sa satisfaction de l’objet lui-même,
non de l’argent qu’il pouvait en recevoir. J’ai vu mon
père tellement heureux de trouver quelque chose et
de l’offrir aux autres que cela a été fondateur pour
moi. Inventer et servir sont restés les maîtres-mots
de l’entreprise jusqu’à aujourd’hui.
Vous avez choisi de travailler avec lui ?

Non parce que mon métier, c’est toujours d’inventer
des outils qui permettent de progresser, de faire avancer. Je suis toujours frappé par ces marteaux que l’on
trouve dans les brocantes : chaque corps de métier a
fait évoluer ses outils pour qu’ils lui permettent de
faire ce qu’il ne faisait pas avant. C’est à travers les
outils que se mesure l’évolution d’une civilisation. Je
suis dans cette optique-là : je ne vends pas un prix, je
vends un produit qui apporte au client un service que
personne ne lui a apporté jusqu’ici. L’entreprise est
en ce sens au service de la communauté. Cela procure
une motivation incroyable et un profond sentiment
d’utilité sociale. C’est passionnant.
Quels ont été les objets phares qui
ont marqué votre évolution ? Avez-vous
connu des ruptures technologiques ?

Oui, plusieurs. Il y a rupture
lorsqu’on arrive au bout du
perfectionnement possible des
outils qui existent et qu’alors
on repart sur autre chose.
Dans le domaine de la verticalité, les modes de progression ont changé radicalement :
en spéléo, on a abandonné
les échelles beaucoup trop
lourdes et on a inventé les systèmes permettant de remonter ou de descendre sur les
cordes : poignées d’ascension,
Grigri
bloqueurs comme le Croll ou
le Shunt. Puis on a inventé
l’assureur nommé Grigri : je supportais mal l’idée
qu’avec l’assurage par le 8, on confie complètement
sa vie à l’autre, on dépende de sa vigilance.
Le grigri par sa fonction de freinage assisté sécurisait
la progression. Les alpinistes sont venus rapidement
emprunter ces solutions, puis l’escalade sportive s’est
développée depuis le Verdon avec ses besoins spécifiques. En ce qui concerne l’obscurité, qui est notre
deuxième domaine lié lui aussi à la spéléo, nous avons
inventé dans les années 70 la fameuse lampe frontale
électrique pour remplacer les éclairages acétylène
des spéléologues : on l’appellera même la Petzl au
début ! Elle a été suivie par la zoom, puis la lampe à
leds et aujourd’hui la Nao qui réagit aux différences
d’intensité lumineuse.
Nos produits par leur légèreté et leur fiabilité ont
aussi modifié le monde professionnel des travaux
difficiles d’accès. Par exemple aller sous un pont ou
sur un immeuble ne nécessite plus des moyens lourds
comme les nacelles et les échafaudages. Ces clients-là
nous demandent des produits très spécifiques avec
une normalisation adaptée.

V

J’ai beaucoup hésité car nos relations étaient difficiles, il parlait très peu, moi aussi à cette époque-là.
Après un IUT de mécanique, j’ai choisi malgré tout
de tenter l’expérience en 1972 et lui a eu l’intelligence
de nous laisser les rênes, à mon frère et à moi, tout
en nous assurant de son aide, ce qu’il a fait jusqu’à
sa mort en 2003. Je m’étais un peu préparé, j’avais
envie de monter une entreprise et de réussir. Nous
fabriquions alors de petits objets pour la spéléologie,
ils étaient de plus en plus demandés, nous faisions de
la vente par correspondance ou nous allions sur les
salons avec la camionnette pleine d’outils. Mais les
demandes augmentaient, il fallait s’adapter et mon
père n’était pas un gestionnaire : il était si content
de satisfaire ses clients qu’il en oubliait de se faire
payer ! J’ai donc pris la direction de cette toute petite
entreprise, avec une exigence permanente : gagner du
temps, éviter le travail stupide et répétitif, supprimer
les temps « rouges ». Je me souviens avoir demandé
à ma mère pourquoi elle notait chaque jour les
dépenses du ménage. « Parce que j’ai toujours fait
comme ça », m’a-t-elle répondu, tout en reconnaissant
que cela n’était pas très utile. Toujours se demander
à quoi sert ce que l’on fait, se remettre en question,
s’adapter : je suis constamment dans ce mode-là. Le
développement a été très progressif. Au début, je faisais un peu tout : bureau d’études, achat des machines,
gestion du personnel, puis j’ai nommé des gens pour
le faire à ma place et j’ai mis mon intelligence au service de l’entreprise. Pour la fabrication des produits,
nous avons des inventeurs qui utilisent les technologies nouvelles, c’est un bonheur de les sentir heureux
d’avoir trouvé, j’en serais bien incapable aujourd’hui.
Ma créativité s’exerce ailleurs, elle est sollicitée en
permanence dans les approches commerciales, dans
le choix des hommes, dans le management : face aux
problèmes très complexes que nous abordons sans
cesse, trouver l’astuce, la solution qui permet de s’en
sortir par le haut. C’est la nuit que ma tête produit
d’elle-même ce genre d’idées… Nous avançons toujours dans une approche singulière : ce qui m’intéresse, ce n’est pas de faire comme les autres, c’est
d’être indépendant, de me singulariser et d’apporter
le plus possible à nos clients comme à nos employés.
Etre un découvreur, c’est aller un peu plus loin, là
où personne n’est allé chercher. C’est vrai des objets
comme de l’entreprise.

Vous vous sentez loin des artisans ?

la

ontagne & Alpinisme 2-2013 [15]

E

LA FONDATION PETZL

© D.R.

NTRETIEN MONTAGNE

Réduire le risque dans le couloir du Goûter sur la voie
du mont Blanc ; trouver une solution consensuelle pour
l’aménagement, dans le respect du site et du patrimoine,
du mythique refuge de l’Aigle que la FFCAM est obligée de
rénover ; former des accompagnateurs de treks népalais,
protéger le gypaète barbu : telles sont parmi d’autres les
actions variées de la Fondation Petzl, animée par Philippe
Descamps, actions à but non lucratif souvent menées en
partenariat avec les forces vives de la montagne. Elles se
déclinent en trois grandes orientations : prévention des
risques (édition d’une plaquette avec la Coordination sur
la sécurité dans l’ascension du mont Blanc, amélioration
de la formation par l’édition avec l’UIAA d’un memento
d’alpinisme qui connaît un énorme succès), programmes de
sauvegarde de la nature à travers le monde avec un appel
à projets, et recherche fondamentale dans des domaines
aussi variés que la biodiversité dans les montagnes du
Mozambique ou la compréhension des mécanismes de la
glace dans les cascades. www.fondation-petzl.org

Le monde des secours vous a aussi beaucoup
sollicités…

Les outils qui servent à progresser sont les mêmes
qui servent à secourir les blessés. Mon père avait
monté la première société de secours pour la spéléologie, car sous terre le moindre incident devenait
dramatique. Il allait sur les lieux, et, malin comme un
singe, imaginait des poulies, des verrins et n’a donc
cessé d’inventer pour cela. Aujourd’hui nous recevons beaucoup de demandes de matériel de la part
des pompiers, des élagueurs, des ouvriers du BTP et
des guides…
Quels changements voyez-vous venir du point de vue
technologique pour ces prochaines années ?

L’électronique apporte un changement considérable dans le domaine de l’éclairage – dans d’autres
domaines aussi comme le suivi et la connaissance des
produits. Cela implique de rester très connectés, de ne
pas rater des rendez-vous essentiels. Dans le domaine
des fibres aussi, les matières évoluent et deviennent
d’un prix plus abordable : cela devrait permettre la
fabrication d’objets plus légers, moins encombrants.
Vous avez au début de l’entreprise fabriqué
des fixations de ski. C’est un domaine que vous avez
abandonné ?

Oui, nous étions dans la mise au point de la frontale,
nous ne pouvions pas tout faire. Ensuite est apparue la fixation low-tech, qui a été une innovation
très importante : ou l’on prenait le virage en essayant

[16] la

ontagne & Alpinisme 2-2013

de faire mieux, ou l’on sortait. J’ai décidé de sortir
parce que c’était aussi le moment de l’explosion de
l’escalade sportive pour laquelle les demandes étaient
énormes (plaquettes, baudriers, sangles, mousquetons,
etc.). Et une activité saisonnière était plus difficile
à gérer. Donc j’ai choisi de me concentrer sur mon
métier de départ en mettant de l’ordre dans nos
lignes de produits afin de retrouver une cohérence
que l’évolution ne rendait pas forcément très lisible :
Petzl reste sur ses domaines d’expertise que sont la
verticalité et l’obscurité.
Avec des produits à forte attractivité,
votre entreprise est peut-être moins touchée
que d’autres par la crise…

Dans notre secteur en effet, avec notre capacité à
nous adapter et notre niveau d’innovation, nous ne
connaissons pas la crise. Certes il arrive qu’on vende
moins certaines années, mais c’est le long terme qui
importe. Mon travail consiste à être suffisamment
clairvoyant et vigilant, de surveiller l’entreprise et les
marchés, de savoir anticiper. Tout faire pour éviter
d’être en retard, pour assurer le travail et les salaires
de tous. Quand on est dans le traîneau de tête, on
a de la visibilité. Ne surtout pas rester en arrière.
Sur 600 personnes qu’emploie l’entreprise, 450 sont
en France. Nous avons une usine de production en
Malaisie qui fait travailler 130 personnes, le marché
asiatique s’ouvre. Certains de nos partenaires ont
des usines en Roumanie et en Hongrie. Nous avons
surtout une filiale de distribution à Salt Lake City

qui emploie 50 personnes : nous exportons 80% de
notre production, les USA sont notre deuxième client
après l’Europe. Il était logique de nous rapprocher
de nos clients.
Vous êtes encore une structure familiale dont on dit
qu’elle se définit par la devise : « Pas de dettes, pas
d’actionnaires extérieurs ». Quel regard portez-vous
sur les entreprises dominées par les financiers ?

Pratiquez-vous vous-même la montagne ?

Bien sûr et même si c’est de façon modeste, cela tient
beaucoup de place dans ma vie. J’ai fait un peu de spéléo et d’alpinisme, mais je pratique surtout la course à
pied, le ski de randonnée et l’escalade. C’est important
pour comprendre les outils que nous fabriquons. Et
j’ai l’esprit très critique : je ne supporte pas que les
objets ne soient pas faciles à utiliser, je sais aussitôt
qu’il va falloir les modifier, même si je ne sais pas
comment. Nous avons des découvreurs très performants pour cela dans l’entreprise. Ce monde de la
montagne, qui nous a fait vivre, j’ai voulu lui rendre
ce qu’il nous a donné, à savoir
faire vivre l’entreprise, en créant
une Fondation qui s’occupe de
la prévention des risques et de la
préservation de l’environnement.

Je crois à l’entreprise familiale. Si l’entreprise appartient à des financiers, ils vont raisonner avec ce qu’ils
en attendent, à savoir de la finance. Une entreprise
doit faire des profits bien sûr,
mais c’est un moyen, pas une
finalité. De nombreuses sociétés financières ont pris la main
et ont fait disparaître les entrepreneurs, pour gagner beaucoup
Le livre qui vient de sortir a dû
d’argent à court terme. C’est
vous donner satisfaction…
incompatible avec le succès de
Même si je suis plus spontanél’entreprise. Nous qui sommes
ment tourné vers l’avenir que
dans l’autofinancement, nous
vers le passé, cela a été un événeintéressons notre personnel à
ment pour moi, parce que cela
hauteur de 10 à 15% des profits
établit bien le lien entre tous les
de l’entreprise. Le succès collec- Le fondateur de l’entreprise Fernand Petzl.
grands événements que l’entretif concerne donc tous ceux qui © Pierre Petzl
prise a connus. La répercussion
travaillent pour nous.
a été grande en interne, surtout pour les plus jeunes
De l’atelier du modeleur à l’entreprise industrielle
de nos employés qui comprennent d’où vient l’entremondialement connue, l’évolution a-t-elle été
prise telle qu’ils la connaissent aujourd’hui, la volonté
simplement progressive ?
qui l’anime, et donc qui s’ancrent mieux dans le proElle l’a été, nécessitant adaptation et innovation. Mais jet. C’est la communication comme je l’aime : intelliil y a eu des étapes. Nous venons d’en franchir une gente, honnête, qui fédère à la fois l’entreprise, les
décisive pour deux raisons : la première est un acci- employés et les utilisateurs. C’est le livre d’une dynadent grave survenu à un utilisateur de notre matériel mique qui ne fait que continuer, d’une entreprise qui
de via ferrata. Nous avons assumé nos responsabilités va de l’avant en inventant sans cesse : c’est le message
mais cela a remis en question notre mode de pro- essentiel pour moi.
duction. Cela a transformé nos méthodes de travail
dans chacune de nos usines. Ce changement a été
pour moi un véritable bouleversement. La deuxième
raison, c’est la mise en place du Lean Manufacturing, méthode qui vient du Japon et qui est axée sur
l’homme. Car nous vivons une nouvelle révolution
industrielle : l’offre est aujourd’hui supérieure à la
demande, ce qui fait que le pouvoir est aux mains
Un ouvrage sur l’histoire de
du consommateur. L’entreprise doit s’adapter à ses
l’entreprise est sorti en 2012,
exigences sous peine de disparaître, jusque dans ses
écrit par Sophie Cuenot et Hervé
Bodeau. Dans un style journalistique
modes de fabrication. De plus toute l’industrie en
très agréable à lire, fourmillant
France et dans le monde est basée sur le taylorisme,
d’anecdotes, cet ouvrage retrace
à savoir une structure hiérarchique où quelqu’un qui
l’évolution de l’entreprise à travers les
est en haut de l’échelle avec un niveau supérieur de
objets qui ont fait date. Les seniors
compétence dit aux autres ce qu’ils doivent faire. Le
y retrouveront le matériel de leur jeunesse qui leur semblait
management par le Lean place l’homme au centre :
alors si extraordinaire, les plus jeunes découvriront avec
le personnel, les ouvriers au sens noble de ceux qui
intérêt comment on en est arrivé à la lampe Tikka, au piolet
œuvrent, ont leur mot à dire sur l’organisation de leur
Quark ou au mousqueton ultra léger Ange. Au-delà de l’épopée
travail, ce qui donne plus de sens à leur participation
familiale, ces objets permettent de prendre du recul et de
et accroît leur efficacité. Le Lean peut être le meilleur
mieux discerner des étapes dans les activités de montagne en
et le pire. Mais bien utilisé, c’est une façon de servir
général, dont les grands témoins n’étaient jamais très loin de
la maison Petzl. Ed. Guérin, Chamonix, 2012.
à la fois le client et les gens qui travaillent avec nous.

PETZL, LA PROMESSE
DES PROFONDEURS

la

ontagne & Alpinisme 2-2013 [17]

s

CIENCES

Dans la mémoire des lacs
© D.R.

Emblématiques des paysages de montagne, les lacs d’altitude sont des écosystèmes fragiles qui ne
sont pas à l’abri de l’impact des activités humaines. Des sédiments au plancton, les lacs enregistrent
aussi des informations concernant les évolutions du climat. Plongée « scientifique » dans les lacs des
Ecrins et le réseau des « lacs sentinelles » qui, à l’échelle des Alpes, travaille pour mieux comprendre
leur fonctionnement, afin de mieux les préserver.

Mission de recherche
au lac d’Arsine
(Briançonnais).

Q

uels sont les effets des évolutions climatiques
sur les lacs de montagne ? Quelles sont les
conséquences de l’introduction d’espèces lors
des alevinages ? Les lacs d’altitude sont-ils
soumis à des pollutions ? Autant de questions essentielles pour veiller au bon état de conservation des
lacs de montagne. Pour y répondre, c’est un travail de
suivi à long terme qui est nécessaire. D’accès difficile,
les lacs d’altitude ont été préservés des principales
altérations humaines et des gros aménagements.
Pour autant, sous l’influence des courants atmosphériques, ils ne sont pas indemnes de contaminations chimiques par divers polluants venus de plus ou
moins loin, il y a plus ou moins longtemps. Métaux
lourds et autre PCB peuvent être ainsi retrouvés
notamment dans les sédiments et les poissons. Certaines activités de proximité peuvent aussi avoir un
impact sur ces milieux : le tourisme, le pastoralisme
et la pratique de la pêche qui, à cette altitude repose
sur l’introduction de poissons. Les études menées
depuis 1992 par Rémi Chappaz et Laurent Cavalli

[18] la

ontagne & Alpinisme 2-2013

(Aix Marseille Université UMR IMBE) ont permis
de progresser dans la connaissance biologique des
lacs du Parc national des Ecrins. En plus de vingt ans,
les travaux scientifiques se sont multipliés et diversifiés, avec l’accueil d’équipes de recherche et des
programmes menés en partenariat avec l’ONEMA
(Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques)
et les Fédérations de Pêcheurs. « La vérité est dans le
lac » résume Fabien Arnaud. Ce géologue au CNRS1,
spécialisé dans les « archives lacustres » « fait parler »
les sédiments prélevés grâce à des carottages au fond
des lacs d’altitude. D’autres scientifiques s’intéressent
aux planctons, aux poissons, aux contaminants et à
l’ensemble des éléments physiques ou biologiques qui
caractérisent ces eaux d’altitude. « Nous cherchons à
reconstituer les conditions environnementales du passé
à partir de carottes de sédiments qui sont de véritables
archives naturelles. Nous offrons ainsi aux biologistes et
aux chimistes la profondeur du temps » précise encore
Fabien Arnaud. Les sédiments renferment de nombreux secrets : ils peuvent enregistrer les mouvements

des glaciers (quantité et qualité des sédiments) mais
aussi les évolutions de la végétation (pollens et restes
végétaux capturés au fil du temps) ou encore la température et la composition chimique des eaux du lac
(restes d’invertébrés). Ceci permet de retracer l’histoire du lieu, depuis la formation du lac, et ainsi de
mieux comprendre les mécanismes liés aux changements climatiques ou aux changements de pratiques
humaines (pastoralisme, gestion de la forêt etc.).

LACS SENTINELLES DES ALPES
Une partie importante de ces travaux s’inscrit désormais dans le réseau « lacs sentinelles » qui se met
progressivement en place à l’échelle des Alpes. La
création de cet observatoire était l’une des ambitions
du séminaire technique organisé par le Parc national
des Écrins en 2011 à Besse-en-Oisans. Il a rassemblé
des gestionnaires d’espaces naturels venus du Mercantour, du Queyras, de Haute-Savoie, de Vanoise…
mais aussi des universitaires, des représentants des
Fédérations de Pêche et de l’ONEMA. Autant de

1

Laboratoire Environnements Dynamiques et territoires
de la Montagne (EDYTEM), Université de Savoie, CNRS,
www.edytem.univ-savoie.fr
2 à l’IMBE (Institut méditerranéen de Biodiversité et d’Ecologie)

Photos Pascal Saulay, Clotilde Sagot, Fabien Arnaud, Photothèques Parc national des Ecrins - Lacs sentinelles

Des carottes de
sédiments récoltées au
Lac Palluel (Vallouise).

partenaires qui incarnent la diversité des enjeux liés
aux lacs de montagne en termes de biodiversité, de
loisirs, d’utilisation pastorale… Pour Richard Bonet,
responsable du service scientifique du Parc national
des Ecrins, « ce réseau est une opportunité pour rassembler les données liées aux lacs d’altitude, collectées
et stockées par différents partenaires : suivi de température, zooplancton et phytoplancton, profondeur des
lacs (bathymétrie), turbidité, teneur en oxygène dissous,
conductivité, sédiments… Pour les gestionnaires d’un
espace protégé, c’est une composante essentielle d’une
meilleure connaissance de notre territoire.» Pour Laurent Cavalli, écologue à l’université Aix-Marseille2,
« la mise en place du réseau « lacs sentinelles » permet
de développer des programmes de recherche pluridisciplinaires – chimie, sédimentologie, paléoécologie, biologie… – et de mutualiser les moyens onéreux – des sondes
multiparamétriques, par exemple – qui permettront de
suivre sur le long terme les caractéristiques, physiques,
chimiques et biologiques des lacs » « Nous avons besoin
de comprendre quelle a été la trajectoire passée des lacs
d’altitude, quel est leur fonctionnement actuel pour mieux
appréhender comment ils vont évoluer.»
L’association Asters (Conservatoire des Espaces
Naturels de Haute-Savoie) est chargée d’animer cette
démarche collective. Standardiser les protocoles utilisés dans les suivis actuels est une étape importante
pour pouvoir comparer les données collectées sur les
différents « sites ateliers ». Ce réseau favorise les
échanges entre les acteurs concernés, depuis les Alpes
du Nord jusqu’à la Corse. La compréhension du fonctionnement des lacs doit permettre d’établir des
méthodes de surveillance… pour, si besoin, agir de
façon concertée.

Dans les profondeurs du Lac du Lauvitel

C

’est une sorte d’échographie du sous-sol du lac
du Lauvitel qui a été réalisée par deux équipes
de recherche des Universités de Savoie (laboratoire EDYTEM – Environnement et DYnamique
des TErritoires de Montagne) et de La Rochelle
(LIENSs – LIttoral, ENvironnement et Sociétés).
Au moyen d’un profileur sismique, ils cherchent
à comprendre la superposition géométrique des
couches de sédiments du fond du lac et ainsi
mieux appréhender les mécanismes de remplissage du lac. Les données ainsi recueillies apportent
des informations sur la nature et l’architecture des
dépôts du fond du lac. L’association des compétences techniques de différentes équipes scientifiques autour de ce lac devrait contribuer à une
avancée rapide de la connaissance de son fonctionnement, susceptible de fournir des indications
sur la réserve intégrale du Lauvitel qui constitue
la plus grande partie de son bassin versant.

Etude du sous-sol du lac du Lauvitel.
la

ontagne & Alpinisme 2-2013 [19]

s

CIENCES
Des carottages de
sédiments ont eu lieu aux
mois d’avril et de mai, alors
que les lacs étaient encore
couverts de neige. S’il est
nécessaire de creuser à
travers le manteau neigeux
pour accéder à l’eau puis aux
sédiments, les déplacements
sur le lac jusqu’aux lieux
de prélèvements sont ainsi
facilités. Une simple barque
n’est pas toujours suffisante
compte tenu de la longueur
de certains appareils de
carottage.

Sur les traces des PCB
Photos Pascal Saulay, Clotilde Sagot, Fabien Arnaud, Photothèques Parc national des Ecrins - Lacs sentinelles

Comment un polluant qui arrive du ciel, se retrouve t-il dans l’eau, dans une algue puis dans un petit
crustacé et enfin dans un poisson ou encore dans les sédiments d’un lac... ?

P

our comprendre les modes de transfert des polluants, des prélèvements et des manipulations
sont réalisés dans deux lacs de l’Oisans, à la
Muzelle et à Plan Vianney. Les chercheurs s’intéressent plus particulièrement aux PCB (Polychlorobiphényles) et à l’historique des traces de contamination qu’ils vont pouvoir déceler dans ces lacs
d’altitude, dans des zones éloignées des sources de

Laboratoires à ciel ouvert à la Muzelle
ou à Plan Vianney (Oisans)... en toutes saisons !

Une thèse, avec la station
des Deux Alpes
Ce que racontent ces « archives naturelles » que sont les
lacs d’altitude intéresse aussi les décideurs et acteurs
économiques, contraints de s’adapter aux changements globaux. Ainsi, une thèse concernant quatre lacs
de l’Oisans va permettre d’approfondir ce sujet. Elle
est portée conjointement par la société d’exploitation
de la station des Deux Alpes et par le Parc national des
Ecrins sous la direction scientifique du CNRS (laboratoire EDYTEM), avec l’appui de la communauté de communes de l’Oisans dans le cadre de son « plan climat ».

[20] la

ontagne & Alpinisme 2-2013

pollution. Emmanuel Naffrechoux est un « chimiste
de l’environnement ».
Avec l’équipe du Laboratoire Chimie Moléculaire et
Environnement (Université de Savoie) et sa collègue
Marie-Elodie Perga du Carrtel (INRA Thonon), il
traque les molécules de PCB (ou pyralène), interdit
en France depuis 1987 mais dont la contamination
est planétaire. Chaque opération sur ces sites d’altitude prend des allures de véritable expédition nécessitant parfois l’héliportage de certains matériels mais
toujours une grosse organisation pour les chercheurs,
soulagés de s’appuyer localement sur le Parc national
et ses agents. « Le soutien du Parc des Écrins est essentiel pour nous » insiste Emmanuel Naffrechoux. « On
ne pourrait pas faire cela ailleurs». L’aide logistique, les
connaissances accumulées sur le lac grâce aux travaux
d’autres laboratoires et l’ensemble des données collectées
par les agents du Parc (prélèvements de poissons, de
phyto et zoo plancton) au fil des années s’intègrent dans
l’étude.

Lacs sentinelles : le film !
La beauté des lacs d’altitude
est un prétexte pour aller à la
rencontre des acteurs qui les
étudient : ce documentaire de
52’ réalisé par Claude Andrieux
(Nomades production) a été
tourné en grande partie dans le
Parc national des Ecrins. Il propose un étonnant voyage minéral où la beauté des paysages
et les découvertes scientifiques
se conjuguent pour donner une
autre lecture de ces endroits du
bout du monde.
À découvrir dans les Maisons du Parc national des Ecrins et sur
www.filmsdocumentaires.com

A

CTUS PARCS NATIONAUX

Le Parc national de la Vanoise
fête ses 50 ans

Vous programmez
une randonnée dans
le Parc national du
Mercantour cet été...
Vous avez choisi de
venir vous ressourcer
dans un cadre naturel
exceptionnel. Vous
entrerez dans un
espace de découverte,
de quiétude, de
ressourcement et
d’inspiration. Vous
rencontrerez la faune
sauvage, l’observerez
en silence, vous
la prendrez en
photo, mais...
restez à distance !
Certaines personnes
s’approchent trop,
faisant fuir les animaux qu’elles voulaient observer.
D’aucuns les nourrissent ! A leur insu, ils participent
à leur apprivoisement par une certaine dépendance à
l’homme. Vulnérables, ils risquent davantage de mourir.

Pour ses 50 ans, le Parc
national propose de
nombreuses rencontres,
placées sous le signe de
l’originalité et de la surprise.
Point d’orgue des festivités,
le 7 juillet, à Termignon,
« Vanoise en fête » mettra en
avant les savoir-faire locaux,
proposera des dégustations, des spectacles de rue, des
découvertes nature... et bien sûr un partage du gâteau
d’anniversaire. L’été se poursuivra avec un programme
riche de « balades étonnantes » – pour une Vanoise à
aborder sous un autre jour – d’animations scientifiques
pour tous et de manifestations inédites organisées avec
les partenaires locaux. Des expositions de photographies
seront également visibles à Chambéry, en juillet et août.
En octobre, le Parc national participe au Grand Bivouac,
avec une présentation de son nouveau film Mon voyage en
Vanoise. Une conférence sur le thème de la biodiversité
clôturera cette année spéciale, le 30 novembre à
Chambéry.
Programme sur http://50ans.parcnational-vanoise.fr

www.parcnational-vanoise.fr

Le prix Jean-Roland pour le
Parc national des Pyrénées

40 ans, l’histoire continue !
En 1973, le 5e Parc national français était créé pour
protéger 92 000 ha de montagnes, culminant à 4102
mètres d’altitude entre Hautes-Alpes et Isère. Une
ambition nationale appelée à devenir un projet de
territoire dont la charte est actuellement soumise à
l’adhésion des communes.
Pour marquer cet anniversaire, des itinéraires et des
temps forts partagés sont proposés dans les différentes
vallées des Écrins par les équipes du Parc national. Une
quarantaine d’événements et d’animations, mis en œuvre
par des partenaires du Parc national, portent aussi les
couleurs des 40 ans.
Retrouvez la rétrospective et les programmes de cette
année dans l’espace « 40 ans » du site internet.

www.ecrins-parcnational.fr

Le jury du prix
Jean Roland,
décerné par
Réserves
Naturelles de
France, a
attribué le prix
2013 au Parc
national des
Pyrénées pour
son opération
« Des vautours au service des éleveurs ». Le projet déposé
était celui de la placette d’équarrissage en vallée d’Ossau.
Actuellement, elle est encore en phase
d’expérimentation, pour une durée d’un an. Les
quatorze éleveurs du groupement pastoral viennent y
déposer, suivant les conditions fixées par l’autorisation
préfectorale, les cadavres de bétail mort en exploitation.
La bourse obtenue permettra d’équiper deux vautours
fauves de la réserve naturelle d’Ossau avec des balises
satellites, afin de tenter de mieux comprendre leur
comportement dans la recherche de nourriture.

www.parc-pyrenees.com.
la

Les informations publiées dans cette rubrique sont proposées par les Parcs nationaux.

http://www.mercantour.eu/

© C. Cuenin / Parc national des Pyrénées

© Philippe Pierini

Le Mercantour, nature sauvage

ontagne & Alpinisme 2-2013 [21]

E

© J.-M. JEUDY

NVIRONNEMENT

CURIEUX DE MONTAGNE

Un livre, un concours
À

l’occasion de la sortie du livre Curieux de montagne, la FFCAM lance un grand concours (*) du
15 mai au 1er novembre 2013, parrainé par l’alpiniste
Lionel Daudet. Ce concours est ouvert aux jeunes de
7 à 13 ans qui aiment marcher, grimper, observer et…
partager leurs découvertes en montagne. Ces montagnards en herbe peuvent concourir de deux façons :
* Raconter sur une page de format libre « leur »
montagne avec des mots ou avec des couleurs.
* Monter leur « livre d’or de la montagne » en collectant tampons et autographes lors d’événements
ou de rencontres avec des passionnés et des professionnels de la montagne.
Les participants peuvent accompagner leurs documents d’une photo numérique légendée, prise avec
leurs proches. Ces documents doivent être envoyés
par mail, jusqu’au 1er novembre 2013, à cette
adresse : curieuxdemontagne@ffcam.fr
Plusieurs prix seront décernés – Grand Prix
« Curieux de Montagne » ; Prix spéciaux « Je reviens
de là-haut » ; Prix spéciaux « Coups de cœur » –,
récompensés par de nombreux lots : un séjour initiation-montagne, des sorties découverte des milieux

[22] la

ontagne & Alpinisme 2-2013

d’altitude, du matériel de
montagne, d’orientation et
d’observation, des DVD,
livres, jeux, des nuitées
gratuites dans les refuges
de la FFCAM et de nombreux cadeaux surprises…
U n j u r y, p r é s i d é p a r
Georges Elzière, président de la FFCAM, et composé d’adultes et de jeunes, sélectionnera les propositions des participants et attribuera les prix et les
récompenses. Les cadeaux seront remis par les clubs
FFCAM les plus proches de la résidence des participants. Les textes, compositions graphiques et photographies envoyés par les participants seront diffusés sur le site internet www.ffcam.fr avec leur
pseudonyme. La publication des prix y sera affichée
le 15 novembre 2013. Les participants seront avertis
individuellement par un email. Les propositions primées seront imprimées et présentées lors des événements programmés au cours de l’année.
(*) Vous pouvez télécharger les détails sur le concours et le règlement
complet sur www.clubalpin.com

Glaciers des Pyrénées, le
réchauffement climatique en images

Temps-forts et Itinéraires partagés pour les « 40 ANS »
du Parc national des Ecrins

De René Pierre ; Coédition Parc national des Pyrénées et Cairn, 2013

L

es glaciers dans les Pyrénées sont en
voie de disparition. Depuis la fin du
XVIIIe siècle, ils passionnent les pyrénéistes. Au XIXe siècle, grâce à la photographie, les témoignages de leur présence
sur les plus hauts sommets de la chaîne
se multiplient. Se fondant sur les témoignages des scientifiques qui se sont penchés sur leur cas depuis près de deux siècles, et comparant ces données
à ses propres observations de terrain, Pierre René dresse un portrait
des principaux d’entre eux, avant qu’il ne soit trop tard. Parce que la
glaciologie demeure une science mal connue du grand public, l’auteur
a fait le choix de présenter les glaciers selon un classement qui aidera
à mieux suivre dans le même temps les progrès d’investigation effectués par cette discipline encore jeune. Cet ouvrage ne manque pas
d’aborder plus généralement le monde de la montagne pyrénéenne. Il
semblerait que le réchauffement climatique, dont les glaciers sont les
victimes les plus évidentes, soit en grande partie dû aux activités
humaines. L’auteur ne se contente pas de constater la disparition des
glaciers, il souhaiterait aussi faire prendre conscience, par ce livre, de
l’urgence qu’il y a à modifier nos modes de vie.

Pour les 50 ans du Parc de la Vanoise
À la découverte de la

Vanoise
Parc national

Jeanne Palay
Préface d’Yves Paccalet

Guide « À la découverte du Parc
national de la Vanoise »
À l’occasion de ses 50 ans, le Parc national publie
avec les éditions Glénat un guide pratique, petit
par la taille, mais grand et riche par son contenu
abondamment illustré. Il présente le massif de la
Vanoise et le Parc sous tous ses aspects : paysages,
nature, flore, histoire, patrimoines, l’homme,
l’économie, l’art de vivre... Un outil précieux pour
apprendre et pour visiter la Vanoise. Ed. Glénat,
Grenoble, 2013

Traces et indices des animaux
en montagne

Une histoire à colorier :
Séraphin le petit bouquetin

Un guide de terrain très illustré
et accessible à tous, pour
mieux décrypter les indices
laissés par les mammifères et
les oiseaux en montagne. Lors
de vos sorties dans la nature,
suivez la vie des animaux à travers leurs empreintes,
pelotes de réjection, entrées de terriers... Ed. Parc

Pour les plus petits (à
partir de 4 ans), Séraphin
le bouquetin est un joli
cahier pédagogique
et ludique réalisé par
le Parc national de la
Vanoise. En le coloriant,
ils apprendront à mieux connaître la vie du
bouquetin et de son territoire.

UN GUIDE

+ UN CARNET DE TERRAIN

TRACES ET INDICES
DES ANIMAUX
EN MONTAGNE

LES MOSAÏQUES NATURE

national de la Vanoise, Glénat, Grenoble, 2013

™ VALBONNAIS
Un Parc, un refuge, une fête - 29 et 30 juin à
Font Turbat
Pour les 40 ans du Parc national, on fêtera aussi
les 90 ans du refuge de Font Turbat
Samedi 29 juin : au Désert-en-Valjouffrey,
animations et ateliers pour tous puis soirée
« musique traditionnelle ». Des montées
accompagnées thématiques vers le refuge, apérif
musical, diner et soirée. Réservation obligatoire
au refuge de Font Turbat (places limitées).
Tel. 04 76 30 29 23
Dimanche 30 juin : retour vers le Désert par
différents itinéraires. Rencontre à la cascade de
la Pisse avec Julien Gaillard, un « ancien » de la
vallée et Robert Ramos, artiste peintre.
™ BRIANCONNAIS
Sur le sentier des crevasses - samedi 13
juillet Au départ du col du Lautaret
Sentiers, refuges, lacs et glaciers... Des sujets
abordés par différents intervenants tout au long
de l’itinéraire du sentier dit « des crevasses » avec
une pause au refuge de l’Alpe de Villar d’Arène et
la projection du film « Gardien, gardienne » qui
permettra d’échanger autour du métier de gardien
de refuge.
™ VALGAUDEMAR
Témoignages au refuge - 7 et 8 septembre
Au refuge Xavier-Blanc, des témoignages de
gardes-moniteurs du Parc sur une expérience,
une rencontre, un moment de leur vie
professionnelle... Rendez-vous avec le public
le samedi après-midi au refuge Xavier Blanc.
Soirée musicale. Nuit au refuge à la charge des
participants. Le lendemain, tournée de terrain
avec les gardes-moniteurs au départ du refuge,
autour des suivis scientifiques du Parc national :
bouquetins, alpages, galliformes...
™ EMBRUNAIS
Itinéraire partagé en alpage- dimanche 22
septembre
Au Pré d’Antoni à Réallon, on parlera de
pastoralisme et d’alpages... notamment. Car ces
thématiques sont aussi en lien avec l’évolution
des paysages, de la faune, de la flore, les
partenariats menés avec les acteurs locaux, les
travaux réalisés (sentiers, cabanes), la toponymie
(en lien avec le travail réalisé par l’association
« Patrimoine en Réallonnais »). Des élus, le
CERPAM, des éleveurs et des bergers seront
invités aussi à apporter leur témoignage. Un
pique-nique rassemblera tout le monde autour de
la cabane.
la

ontagne & Alpinisme 2-2013 [23]

L

IVRES

Cimes intérieures
Après Versants intimes1, le romancier Fabrice Lardreau publie
Cimes intérieures (Ed Guérin/Club alpin français), un nouveau recueil
de portraits de personnalités passionnées par la montagne,
parus pour l’essentiel dans La Montagne & Alpinisme*.

FABRICE LARDREAU

© DAVID IGNASZEWSKI

Questions à

Comment est née cette série de portraits ?
Tout est parti de ma rencontre avec Philippe Claudel,
avec lequel j’ai sympathisé pendant un festival littéraire. J’ai découvert qu’il était mordu d’alpinisme : il
avait correspondu avec René Desmaison et voulu
devenir guide… L’importance que la montagne
tenait dans sa vie, quasiment au même titre que
l’écriture, m’a frappé. C’était beaucoup plus qu’un
simple passe-temps ou un hobby… Je l’ai interviewé
à Nancy, quelques mois plus tard, pour La Montagne
& Alpinisme. Ce portrait, qui est paru en septembre
2005, a inauguré cette série, dont il a aussi donné le
ton et « l’esprit » : aller à la rencontre de personnalités
des arts (écrivains, cinéastes, musiciens), du monde
scientifique, sportif ou politique, pour comprendre
leur rapport à la montagne et le rôle qu’elle joue dans
leur vie.
Vous mentionnez très souvent la première expérience
en montagne dans vos entretiens : est-ce un moment
important ?
Je suis toujours curieux de savoir quand et comment
s’est noué le premier contact avec la montagne. C’est
souvent un moment déterminant, une révélation pour
le corps et l’esprit. Etienne Klein, par exemple, parle
d’une « aspiration verticale », d’une ivresse des sommets, par lesquels il se sentait attiré. Jeannie Longo,

[24] la

ontagne & Alpinisme 2-2013

de son côté, se souvient d’une randonnée quand elle
avait quatre ans, et du plaisir de courir en montagne,
d’un sentiment de liberté et de bonheur… Interroger
les gens sur leur première expérience montagnarde,
c’est aussi poser la question de l’initiation, qui est
déterminante. Pour aborder ce milieu si particulier,
il faut la plupart du temps un passeur, quelqu’un qui
vous prend par la main (au sens parfois littéral) et
accompagne vos premiers pas. Ça peut être un parent,
un ami, un guide – de toute façon, cette personne
restera gravée dans votre mémoire.
Quels personnages vous ont particulièrement marqué ?
J’étais très ému d’interviewer Pierre Richard, qui est
un passionné de ski. J’ai toujours été distrait, maladroit et assez timide. J’ai grandi avec des films comme
Le distrait, Le jouet ou La chèvre ; ils ont accompagné mon adolescence. Son personnage de rêveur
reste un « modèle » pour moi, qui tranche avec des
héros musclés auxquels j’ai toujours eu plus de mal à
m’identifier. Bien sûr, la distraction peut coûter très
cher en montagne : un moment d’inattention, et c’est
fini ! L’alpinisme, que j’ai pratiqué pendant quelques
années, est une thérapie de choc pour les distraits dans
mon genre… Je me souviens m’être fait rappeler à
l’ordre par un guide, dans une voie des Cerces, parce

que j’oubliais totalement de l’assurer – j’étais parti
dans mes pensées et la corde pendouillait. Sa grosse
voix furieuse m’a tout de suite ramené dans le sujet !
La maladresse doit être contagieuse, d’ailleurs, car
la veille de réaliser l’entretien avec Pierre Richard,
j’ai glissé et dévalé les escaliers de ma cave sur le dos
(mon ange gardien, surentraîné, m’a quand même
évité de me faire trop mal). Pour d’autres raisons,
interviewer Jeannie Longo était aussi très important
pour moi : mon père, qui m’a initié à la montagne,
était un grand amateur de cyclisme. Il avait fait tous
les cols alpins en vélo et nous emmenait parfois voir
les étapes de montagne du Tour de France…
Le portrait est-il un genre littéraire qui compte pour
vous ?
C’est pour moi un exercice assez proche de la nouvelle, mais dont le scénario est déjà fourni. J’aime
découvrir un personnage et retracer son parcours
– ces portraits sont avant tout l’histoire d’une vie,
éclairée sous la lumière inhabituelle de la montagne.
En tant que lecteur, j’ai toujours aimé les auteurs
« portraitistes » qui savent saisir en quelques pages,
comme un peintre, les contours d’un personnage.
Dans Paris est une fête 2, qui raconte son séjour à
Paris dans les années 1920, Hemingway brosse de très
beaux portraits de Francis Scott Fitzgerald, Gertrude
Stein, Ezra Pound, etc. J’aime beaucoup aussi un livre
de Martin Amis, Visiting Mrs Nabokov 3, qui regroupe
des portraits de John Updike, Roman Polanski, Graham Greene, Anthony Burgess, Isaac Asimov, etc.
Amis raconte de manière très drôle et touchante sa
visite à la veuve de Nabokov, à Montreux, au début
des années 80. Plus récemment, j’ai eu un coup de
cœur pour un recueil de Philip Roth, Parlons travail 4,
qui rassemble ses discussions avec Primo Levi, Milan
Kundera, ou encore Isaac Bashevis Singer…
Dans quelles circonstances se déroulent vos entretiens ? Le cadre de l’interview a-t-il une importance ?
J’ai réalisé ces quinze interviews au cours de plusieurs
années, dans des contextes très différents. J’ai eu la
chance de rencontrer Willy Ronis, Pierre Mazeaud,
Jean-Jacques Beineix et Emmanuel Carrère à leur
domicile. Je me souviens à propos de ce dernier de
sa fille, Jeanne, dont l’anniversaire approchait, et qui
passait sa tête pour venir nous voir et se blottir contre
son père. J’ai parfois réalisé mes entretiens en montagne, comme ça a été le cas pour Sylvain Tesson, à
Autrans. D’autres fois, encore, pour des raisons de
disponibilités, les interviews se sont faites par téléphone. Contre toute attente, ce mode de conversation
crée une véritable intimité avec la personne. Le téléphone, comme une émission de radio, abolit le temps
et l’espace et met la voix en avant… Ma discussion
avec Jean-Jacques Annaud, un soir d’hiver, a été un
moment fabuleux : il circulait en voiture dans la campagne, de nuit, sous la neige… J’avais l’impression de

faire ce trajet avec lui, d’être assis à ses côtés pendant
qu’il racontait ses souvenirs d’enfance à Combloux,
dans les années 50, ou ses pérégrinations dans les
Dolomites avec Brad Pitt, pour la préparation de
Sept ans au Tibet !
Que vous ont apporté toutes ces rencontres ?
Ces personnes qui ont atteint l’excellence dans leur
domaine vous transmettent leur énergie, leur expérience et leur savoir. Au-delà du talent et de l’intelligence, il y a surtout chez elles une volonté, une détermination qui sont très stimulantes. Cette forme de
courage dans l’adversité est une qualité que l’on
retrouve aussi chez les montagnards. Jean-Jacques
Beineix m’a expliqué comment sa pratique de l’alpinisme – dans laquelle il a appris à anticiper, à gérer la
météo –, lui a servi dans tous ses tournages… Chacune
des personnes que j’ai rencontrées m’a fait découvrir
une facette différente de la montagne : Pascal Bruckner et André Manoukian ont été guéris par la montagne, Jean-Christophe Grangé s’en est servi comme
décor de thriller, Etienne Klein et Michel Serres ont
approfondi les rapports entre le corps et l’esprit. J’ai
toujours été surpris par ces rencontres et j’attends
maintenant de voir ce que les prochains entretiens
m’apprendront…
Propos recueillis par Bernard Germain

Ed. Arcadia/Club alpin français, 2010
Ed. Gallimard, 1964 ; traduit de l’anglais par Marc Saporta.
3 Ed. Christian Bourgois, 1997 ; traduit de l’anglais par Géraldine
Koff-d’Amico.
4 Ed. Gallimard, 2004 ; traduit de l’anglais par Josée Kamoun.
1
2

* Rédacteur à La Montagne et Alpinisme, Fabrice Lardreau
a publié sept romans dont Un certain Pétrovitch (2011), Nord
Absolu (2009), Contretemps (2004), Quelqu’un marche là-haut
(2000), Une fuite ordinaire (1997).

REF.
Cimes intérieures
Fabrice Lardreau
Préface de Philippe Claudel
de l’Académie Goncourt
Ed. Guérin/Club alpin
français, Chamonix, 2013
Disponible sur internet :
www.clubalpin.com

L

IVRES

Abécédaire
de l’Escalade

REF. Abécédaire de l’Escalade
Marco Troussier
Ed. Ibex Books, Abondance, 2012

L

’escalade sportive occupe une place à part dans les activités
de montagne. Pratique indispensable à l’alpinisme, elle s’est
construite une voie spécifique dans les années 1970-80 avec
l’arrivée de l’escalade libre, puis l’avènement de la compétition. Si ses premiers adeptes étaient tous peu ou prou liés à
l’alpinisme, il en va très différemment aujourd’hui, bien que
le rapport à la nature semble jouer un rôle important dans le
microcosme des grimpeurs.
Sous l’aspect anodin d’un simple abécédaire, cet ouvrage vient
embrasser les fondements de cette activité : histoire, psychologie, techniques, modes de vie… Les entrées sont à ce titre assez
parlantes: courage, douleur, environnement, bonheur, honneur,
héritage, nature, mise en scène, satisfaction, territoire, peur.
De toute évidence, cela relève d’un vécu sans fausse pudeur,
avec du style, une énergie, une excellente connaissance des
faits et une bonne dose de dérision. Marco offre à chacun un
voyage dans ses propres modes de vie, émotions, passions. Et
l’on ne manquera pour rien au monde la page sur « les virtuoses » qui dresse un état des lieux du niveau actuel : la petite
Brooke Raboutou qui n’a que 10 ans, vient de gravir un 8c…
Un document important pour tout connaître de la planète
escalade !
Luc Jourjon

TRANSALPES VTT

TRAIL, S’INITIER ET
PROGRESSER

Véritable voyage
alpin sur trois pays
(Suisse, France,
Italie), cette grande
traversée peut être
abordée de différentes
manières. L’aspect
VTT est bien entendu
essentiel et le choix
des parcours s’oriente
vers le « mieux
roulant possible ».
Une itinérance
unique du Léman à
la Méditerranée pour
tous les vététistes
épris de liberté et
amoureux des grands
espaces.

Cet ouvrage s’adresse
aussi bien aux
nouveaux pratiquants
qu’à ceux qui courent
depuis plusieurs
années. S’équiper,
bien courir en montée
et en descente, sur
tous les terrains et en
altitude, s’alimenter,
planifier sa saison
d’entraînement et
ses compétitions...
REF : Transalpes VTT
Pour débuter puis
25 étapes du lac Léman à la
progresser en sécurité. Méditerranée ;

REF : Trail, s’initier et
progresser ; Lionel Montico
et Marie-Hélène Paturel
Ed. Glénat, Grenoble, 2013

[26] la

ontagne & Alpinisme 2-2013

Eric Berioux ;
Ed. Glénat, Grenoble, 2013

CHAMONIX-MONTBLANC
Le journaliste J.-P.
Roudier invite le
lecteur à porter un
regard nouveau sur
l’histoire de la vallée de
Chamonix. Dévoilant de
magnifiques paysages,
les photos nous
révèlent non seulement
la beauté des cimes,
mais aussi l’histoire de
ces hommes et de ces
femmes qui, siècles
après siècles, ont
façonné l’histoire de la
vallée.

RANDONNÉES SUR
LES MONTAGNES DE
SAVOIE

À LA DÉCOUVERTE
DES PLUS BEAUX
Des falaises calcaires
LACS DES PYRÉNÉES des Bauges aux zones

Jacques Jolfre,
amoureux éperdu
des Pyrénées et de
leurs innombrables
lacs continue son
exploration de la
chaîne, tant versant
français qu’espagnol,
et propose à ceux qui
randonnent en été mais
aussi, nouveauté, en
hiver, la découverte de
nouvelles pépites (azur,
REF : Chamonix-Mont-Blanc turquoise, émeraude),
Une vallée au destin
dont un fort contingent,
d’exception ; Jean-Paul
en Catalogne espagnole.
Roudier ; Ed. du Signe,
Strasbourg, 2012
Primé au Salon
International du Livre de
Montagne de Passy 2012

REF : À la découverte
des plus beaux lacs des
Pyrénées ; Jacques Jolfre
Ed. Rando Editions, Tarbes,
2013

lacustres de l’Avantpays savoyard en
passant par les alpages
du Beaufortain, une
sélection d’itinéraires,
choisis pour leur beauté
ou leur originalité,
nous est proposée.
Abondamment
documenté et illustré,
cet ouvrage convient
autant aux marcheurs
occasionnels qu’aux
pratiquants chevronnés.
REF : Randonnées sur les
montagnes de Savoie
75 itinéraires classiques et
insolites ; Hugo Mansoux ;
Ed. Gap, Challes-les-Eaux,
2013

L

IVRES

J’entends battre le cœur de la Chine
L

Jérôme Bonneaux

a question du Tibet reste aujourd’hui une épine dans le pied de la
Chine démocratique… Mais les temps changent et ce qui constituait
il y a peu un frein indépassable à tout échange avec la nouvelle puissance
mondiale commence à perdre de la vigueur. C’est dans ce contexte particulièrement complexe que Serge Koenig a décidé de construire sa vie
personnelle et professionnelle autour du service d’une France qui est de
plus en plus sommée par la conjoncture de composer avec la puissance de
l’Empire du Milieu. Au-delà de son statut actuel de vice-consul de France
en Chine et d’une ambition forte, ce qui intéresse notre Alsacien de souche,
c’est la nouveauté, l’engagement, l’aventure…
Autant de valeurs qui relient de fait ses missions actuelles à son parcours
d’alpiniste (il a été professeur-guide à l’Ecole nationale de ski et d’alpinisme de Chamonix et au sommet de l’Everest en 1988). Et de l’aventure
on n’en manque pas dans ce récit qui, sans poursuivre une quelconque
esthétisation littéraire, est émaillé d’anecdotes et de descriptions souvent
incroyables nous révélant la Chine depuis son cœur même… L’auteur se
prend d’ailleurs à certaines tournures proverbiales et imagées, comme si
l’esprit de la patrie de Confucius avait fait son chemin. L’homme, qui reste
essentiellement réaliste et pragmatique, n’hésite pas cependant à s’interroger sur son parcours, à lui donner du sens en répondant, avec souvent
de bons arguments piochés dans les terres de l’Histoire, aux manifestations
pas toujours complaisantes à son égard. Tout cela donne un véritable livre
d’aventure du XXIème siècle qui nous propose de découvrir un monde
très éloigné du notre, la Chine, et un mode de pensée pour le moins original, celui de notre auteur.
Luc Jourjon

REF. J’entends battre le cœur de la Chine
Alpiniste et diplomate
Serge Koenig
Ed. Glénat, Grenoble, 2013

TRANS

PYR’

HAUTE ROUTE PYRÉNÉENNE
DE LA MÉDITERRANÉE À L’ATLANTIQUE

ECRINS 4102 M
Icônes des Alpes du
Dauphiné, le Dôme de
Neige et la Barre des
Écrins alimentent,
chaque année, le
rêve de nombreux
alpinistes, qu’ils
soient néophytes
ou confirmés. J.-R.
Minelli, guide de
haute montagne,
livre dans ce topo les
clefs de 7 itinéraires
choisis — classiques
ou oubliés —
minutieusement
décrits et tracés sur
photos.
REF : Ecrins 4 102 m
7 voies pour de Dôme et la
Barre ;
Jean-René Minelli ;
Ed. JMEditions, Chamonix,
2013

HAUTE ROUTE
CHAMONIX ZERMATT
Une semaine de
randonnée glaciaire
au cœur des massifs
du Mont-Blanc et du
Valais, dont les deux
capitales sont ainsi
ralliées de refuges
d’altitude en auberges
de village. Chaque
étape est décrite avec
un profil de dénivelé,
une carte schématisée
et des photos avec
tracés accompagnées
d’un texte descriptif
précis.
REF : Haute Route
Chamonix - Zermatt
Randonnée glaciaire ;
François Matet ;
Ed. JMEditions, Chamonix,
2013

LA NATURE
À LA MONTAGNE
Sous la direction
de Julien Perrot,
fondateur de la revue
« nature » de référence
La Salamandre une
nouvelle collection de
guides nature déclinée
par saison et par milieu
naturel vient de voir le
jour. L’un est consacré
à la montagne. Très
documenté, mais à
la portée de tous, un
guide à glisser dans sa
poche pour partir à la
découverte de la nature
qui nous entoure.
REF : La nature à la
montagne
Observer et comprendre ;
Ed. La Salamandre,
Pontarlier, 2013

Editions du

TRANS PYR’
Trans Pyr’ est le
premier descriptif de
la Haute-Route de
Banyuls à Hendaye : 45
étapes sur un itinéraire
d’altitude qui emprunte
beaucoup à la HRP
sans en être l’exacte
réplique. Variantes
et ascensions de
sommets enrichissent
le parcours. Pour
randonneurs
expérimentés ou bien
accompagnés.
REF : Trans Pyr’
Haute route pyrénéenne
de la Méditerranée à
l’Atlantique ;
Jérôme Bonneaux ;
Ed. du Mont Rouch,
Faucompierre, 2012

LA GRÂCE DE
L’ESCALADE
Ce petit livre n’est pas
un manuel, encore
moins une histoire de
la pratique, plutôt une
réflexion sur la nature
profonde de l’escalade :
pourquoi est-elle
beaucoup plus qu’un
simple sport pour les
passionnés, qu’elle
devient parfois un art
de vivre ?
REF : La Grâce de l’escalade
Petites prises de position
sur la verticalité et
l’élévation de l’homme ;
Alexis Loireau ;
Ed. Transboréal, Paris, 2013

la

ontagne & Alpinisme 2-2013 [27]

V

IVRE EN MONTAGNE par Laurent Gannaz

Instituteur et guide
À force de nouer et de dénouer des cordes, Jérôme Blanc-Gras a tissé
la toile d’une carrière riche et multiple où se mêlent l’enseignement
et le métier de guide de haute-montagne. Une carrière non formatée,
à transmettre son goût des choses et de la liberté.

A

l’heure où d’aucuns
tranchent, choisissant la voie
d’une vie professionnelle
cadrée, avec son calendrier, ses
week-ends et ses vacances au bord
de la mer, Jérôme Blanc-Gras
rêve de voies multiples. Grimpeur
et alpiniste originaire d’Embrun,

[28] la

ontagne & Alpinisme 2-2013

initié à la montagne dans les pas
de ses parents, il se passionne, sur
les bancs du lycée, pour la biologie. Sa carrière se dessine entre les
deux : instituteur. Le jeune professeur des écoles ne peut pourtant
se résoudre au seul enseignement.
Car si ici-bas, les rêves sont parfois

étroits, ceux de Jérôme se ravivent
rituellement au contact du rocher,
de la glace et des grands espaces.
Radical, il opte donc pour deux
années entières de congé sans
solde afin de boucler son diplôme
de guide de haute-montagne. Sans
coup férir, et muni désormais de

QUELQUES FAITS D’ARMES
Ouvertures de cascades de glace
dans les Alpes avec Christophe Moulin.
O Face Sud du Huandoy (Cordillère
Blanche, Pérou) : première répétition
de la voie Desmaison avec Yannick
Graziani et premier saut en Base jump
avec Christophe Blanc-Gras et Lionel
Deborde
O Super couloir du Fitz Roy (Patagonie)
en hivernale avec Erwan Lelann et Max
Berger
O

Photo de gauche :
lors d’un stage
perfectionnement
au Dôme des
Écrins. © coll.
Jérôme Blanc-Gras
Photo de droite :
séance d’initiation
auprès de jeunes
enfants en Drôme.
© coll. Jérôme
Blanc-Gras
Portrait :
© Irène Marcotti
deux cartes maîtresses, le HautAlpin réintègre l’Education Nationale et mène de front les deux carrières, voire plus. Cette troisième
voie l’amène à encadrer l’équipe
d’escalade sur glace d’une grande
marque de l’outdoor. Il collabore
parallèlement à un DVD sur le
base-jump, coopère avec une
entreprise italienne de matériel
de montagne… « Je faisais parfois
des journées de vingt heures, ce
n’était pas facile avec ces activités
segmentées. J’ai fait ça pendant
quatre ans ».

Grand écart
Mais ce qui passionne avant tout
le pédagogue, c’est de transmettre
dans la durée, de déborder du

cadre de la classe et d’aller audelà du sommet. Faire le grand
écart entre le rocher et la glace,
entre des CE2 et des élèves de
classe SEGPA (Sections d’Enseignement Général et Professionnel
Adapté). « Je n’avais pas demandé
à enseigner dans ces sections mais
ça m’a pas mal plu. Le milieu de
l’école ordinaire est trop formaté,
je m’étiolais. Avec des SEGPA, il
faut savoir balayer ses acquis et
ses enseignements, et puis la formation est intéressante, ouverte
vers le milieu professionnel, avec
des problématiques liées à l’adolescence ». Amateur de challenges,
Jérôme n’aime rien tant que cette
exposition, cette sensation de
flirter avec l’inconnu, ou tout du
moins avec la nouveauté. Derrière l’engagement, la remise en
question, permanente, l’a conduit
à passer un nouveau diplôme,
interne à l’Education Nationale,
pour enseigner aux jeunes atteints
de troubles cognitifs. Il consacre
désormais les trois quarts de son
temps de travail à ce public – au
sein du collège Samivel de Bonneville – et se réserve les temps
libres et les week-ends pour s’élever. Un va-et-vient permanent
entre les deux milieux : « Je suis
un bien meilleur instituteur quand
je reviens de deux jours en montagne, je suis beaucoup plus détendu ». À contrario, le guide a puisé
dans son premier métier la capacité de mieux appréhender les difficultés de ses interlocuteurs : « Tu
ne peux pas te contenter de dire
sèchement à un enfant que « deux
et deux font quatre » ou à un client
de « bien placer ses pieds ». Il faut
aussi se mettre à la place de la

Auteur, avec Manu Ibarra,
du livre « Glaces : arts,
expériences et techniques ».
O Collaboration avec
Montagnes de la Terre et
l’association « En passant
par la montagne ».
O Animateur, organisateur et
coordinateur de la Mountain
Academy, projet de formation
d’alpinistes européens…
O

personne dans la cordée et savoir
revenir sur les étapes de l’apprentissage de l’alpinisme. J’ai connu
l’angoisse, le froid, le fait de ne pas
dormir la nuit avant une course.
Je sais ce qu’ils peuvent eux aussi
ressentir. Mon objectif est de leur
donner des outils, comme à mes
élèves, afin qu’ils volent de leurs
propres ailes. » Une démarche
qu’il a développée et qu’il a mise
à profit durant plusieurs saisons
au sein des stages de Montagnes
de la Terre (FFCAM).

Chute libre et jardin
secret
Au sens propre, Jérôme vole, lui
aussi : aguerri sur le roc, accompli
sur la glace, il s’est aussi mis à la
chute libre, ou base-jump, dans le
sillage de son frère, instructeur de
parapente. Entre deux expéditions
pour ouvrir de nouveaux spots, ils
ont créé avec Jean-Noël Itzstein et
Erich Beaud, l’association de
paralpinisme et se sont rapprochés
de la FFCAM, pour mettre en
avant le sérieux de cette pratique
et transmettre les bonnes informations au plus grand nombre. Mais
la quête du frisson s’accorde tout
aussi bien de plaisirs plus simples
comme « une traversée de la
Meije » réalisée avec sa mère, « ma
meilleure cliente », une balade en
kayak de mer avec sa compagne
– leur « terrain neutre » – ou un
voyage en autonomie dans une
nature sauvage, son jardin, qu’il
tient secret. Homme public, médiateur, pédagogue, père de deux
jeunes enfants, Jérôme apprécie
d’autant plus l’enseignement qu’il
sait les vertus de l’école buissonnière.
la

ontagne & Alpinisme 2-2013 [29]

p

ORTFOLIO ANNIVERSAIRE

PARC NATIONAL DES ÉCRINS
40 ANS, L’HISTOIRE CONTINUE !
Ce territoire défie la pente. Les lacs, les sommets et les alpages s’accordent avec les
vallées d’un territoire classé parmi les joyaux de la nature française, désormais porté
et choisi par ceux qui l’habitent. Pour l’anniversaire des 40 ans du Parc national des
Écrins, ses personnels partagent quelques images de cet espace à vivre et à parcourir.
[30] la

ontagne & Alpinisme 2-2013

Vallon de Chambran,
en revenant de la cime
de la Condamine, secteur
de Vallouise.
© Pascal Saulay

la

ontagne & Alpinisme 2-2013 [31]

p

ORTFOLIO ANNIVERSAIRE

En montant au pic du glacier d’Arsine, une vue au grand angle sur les Écrins,
point culminant du massif éponyme : le sommet de la Barre à 4 102 mètres et son
dôme rond de neige. © Thierry Maillet

[32] la

ontagne & Alpinisme 2-2013

Le lagopède alpin adapte son plumage aux couleurs
des saisons. Cette espèce « rescapée » de l’aire des grands
glaciers est une « priorité » dans les Écrins où elle résiste
en altitude. Jusqu’à quand ? © Damien Combrisson

Marcher pour l’approche d’un domaine d’altitude
et de grands espaces glaciaires à apprivoiser. © Robert Chevalier

La grande gentiane jaune domine la multitude fleurie des prairies fauchées d’altitude.
Face au massif de la Meije, qui veille sur des hameaux perchés. © Pascal Saulay
la

ontagne & Alpinisme 2-2013 [33]

p

ORTFOLIO ANNIVERSAIRE

[34] la

ontagne & Alpinisme 2-2013

Au pied du Signal du Lauvitel, quelques brebis en estive passent au déversoir du lac Labarre (Valbonnais). Les alpages du Parc national
des Ecrins accueillent chaque été près de 130 000 ovins et plus de 6000 bovins. Le pastoralisme est un enjeu majeur pour le Parc qui a mis
en œuvre de nombreux programmes de suivi et d’actions en partenariat avec le monde agricole. © Bernard Nicollet

la

ontagne & Alpinisme 2-2013 [35]

p

ORTFOLIO ANNIVERSAIRE

[36] la

ontagne & Alpinisme 2-2013

Un matin gris sur le plateau d’Emparis, face au massif de La Meije. Le calme avant l’arrivée
des randonneurs sur un belvédère exceptionnel : le GR50 passe tout près. © Denis Fiat

La buxaumie, très rare et très discrète
mousse sans feuille, se développe sur le
bois pourrissant. D’où l’intérêt de mettre
en place des mesures visant à conserver
des îlots de sénescence dans certains
massifs forestiers. © Cédric Dentant
Le suivi des espèces (à gauche)
floristiques patrimoniales, ici le panicaut
des Alpes (ou reine des Alpes) est
maintenant effectué par les agents
du Parc à l’aide d’outils numériques
portables. © Pascal Saulay
Ci-contre : Le lac de l’Eychauda est
un lac « polaire », dégelé pendant deux
à trois mois seulement, avec une très
courte période estivale de production
biologique. Il est apparu lors du retrait de
son glacier, que l’on voit reculer d’année
en année. Son suivi relève de la directivecadre européenne qui vise à protéger les
ressources en eau. © Thierry Maillet

la

ontagne & Alpinisme 2-2013 [37]

p

ORTFOLIO ANNIVERSAIRE

C’est un massif au
cœur de glace et de
roches. Son architecture
complexe s’apprivoise
progressivement au fil
des pas, des cols passés,
des sommets gravis et par
d’autres faces observées.
L’immensité à découvrir.
© Robert Chevalier

Tous les rendez-vous
pour les 40 ans du Parc
national des Ecrins.
www.ecrins-parcnational.
fr/40ans

[38] la

ontagne & Alpinisme 2-2013

LES ECRINS, UN ESPACE CHOISI

L

e 5ème parc national français a
été créé en 1973 pour protéger
92 000 hectares de montagnes,
culminant à 4102 mètres d’altitude entre Hautes-Alpes et Isère.
En 40 ans, le champ d’action du Parc
national des Écrins s’est fortement
diversifié tout en conservant ses
missions fondamentales que sont la
connaissance du territoire, le suivi et
la préservation des milieux naturels et
des espèces patrimoniales, l’accueil et
la pédagogie, l’entretien et le balisage
des sentiers…
Dans le même temps, les métiers et les
équipes se sont enrichis de nouvelles
compétences pour répondre à la fois
à des missions dites de «terrain» mais

aussi de connaissance, d’expertise, de
valorisation des patrimoines et d’accompagnement des acteurs du territoire
en faveur du développement local.
Après l’enthousiasme et les heurts de la
jeunesse, une longue phase de connaissance mutuelle a permis au Parc national et aux habitants des Écrins de
construire un projet commun. Les communes du massif sont actuellement invitées à se prononcer sur leur adhésion à
la charte, validée par le Conseil d’État.
40 ans après sa création, c’est une nouvelle page de l’histoire du Parc national
des Écrins qui s’écrit. Une ambition
nationale devient un projet de territoire, construit avec les acteurs locaux.
Un projet mûri et choisi.

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D

OSSIER SPORTS AÉRIENS EN MONTAGNE

Le parapente dans
Le premier grand vol de parapente en montagne remonte à 1978.
Qu’est devenue cette activité en trente-cinq ans ? Comment les clubs la
pratiquent-ils ? Quelles nouvelles possibilités offre le matériel actuel ? La
Montagne & Alpinisme vous propose un tour d’horizon des sports aériens
en montagne et des nouvelles tendances : marche et vol de distance, ski
et parapente, escalade et mini-voile, vol bivouac… Plus que jamais, les
sports aériens en montagne riment avec aventure.
Par Philippe Vouillon

Décollage du sommet du
mont Blanc à l’occasion
du Vol 4807 organisé par
le club des sports de Saint
Gervais. © Didier Givois

[40] la

ontagne & Alpinisme 2-2013

l’air du temps

la

ontagne & Alpinisme 2-2013 [41]

D

OSSIER SPORTS AÉRIENS EN MONTAGNE

« Jusqu’en 1985, il n’existait pas de parapentes. Nous volions
avec des parachutes (sous-entendu « d’avion »). Pour les
biplaces, il s’agissait également de parachutes avec un système
d’accroche du passager identique à ceux actuellement utilisés
pour les tandems, jusqu’à l’invention des « écarteurs » qui
permettent encore actuellement de voler plus confortablement
et assis dans des sellettes… » © Serge Tuaz

L

’alpiniste Lionel Daudet
a prévu de faire ce printemps un stage d’initiation au parapente.
Lui qui n’avait goûté jusqu’à
aujourd’hui qu’au parapente
à deux souhaiterait passer au
solo. On se souvient qu’il avait
terminé en 2011 son "DodTour" en descendant du mont
Blanc en biplace avec Vincent
Sprüngli, et qu’il avait goûté à
ces mêmes plaisirs lors de son
tour des Hautes-Alpes. Lui qui
réinvente sans cesse un alpinisme d’aventure et imagine de
nouvelles formes d’expédition,
quelles idées a-t-il en tête ? Et
pourquoi débute-t-il seulement
aujourd’hui une discipline née il
y a maintenant trente-cinq ans ?
Quelles nouvelles possibilités
offre le matériel le plus actuel ?
Et comment de leur côté les
clubs de la FFCAM pratiquentils cette activité ? Petit tour
d’horizon des sports aériens de
montagne depuis leur naissance.

Les "paras" des alpages
Tout commence un dimanche
matin, le 27 juin 1978, quand
discrètement, André Bohn et

[42] la

ontagne & Alpinisme 2-2013

Jean-Claude Bétemps, deux
parachutistes du club d’Annemasse garent leur voiture à
Sommand et grimpent au Perthuiset. À midi, le vent est de
face, et Jean-Claude s'élance le
premier, les freins dans les mains.
Le Stratocloud – son parachute
de l'époque de 24,5 m2 – se lève.
Il décolle et se pose aussitôt dans
le pré du dessous. André s'élance
à son tour et décolle lui aussi du
premier coup. Il fonce sur la vallée, passe au-dessus de la chapelle
et vient se poser juste à côté du
terrain de foot de Mieussy, 1 000
mètres plus bas ! C'est le premier grand vol… Le lendemain,
Jean-Claude Bétemps remonte
avec leur ami Gérard Bosson qui
décolle avec son Parafoil 189. À
la fin de l’été, Gérard Bosson,
facteur à Taninges, totalisera 80
vols et décide de créer le club
des Choucas, le premier du
genre. Les "trois B" – Bétemps,
Bosson et Bohn – sont les pionniers du vol de pente à Mieussy.
L’idée de ces parachutistes est
de pouvoir s’entraîner à l’atterrissage de précision à moindre
coût, sans l’utilisation d’un
avion. En 1979, la cinquantaine

Sortie interclubs à St
Vincent-les-Forts (Gap)
entre les Clubs alpins de
Belfort et Buëch-Dévoluy.
© Gilbert Issanchou

de membres des Choucas commencent à faire parler d’eux
dans la presse qui évoque la naissance d’une nouvelle discipline
sportive appelée saut de pente,
vol de pente ou paraplane. En
1983, le terme parapente s’impose. « Nous avons commencé à
faire voler des non-parachutistes,
se souvient Michel Sarthe, pionnier de la discipline. Notamment
Roger Fillon qui est venu faire un
stage à Mieussy. » En 1983, Roger
Fillon, guide de haute montagne,
décolle du sommet de la Verte. Il
n’a que 19 sauts à son actif ! Le
paralpinisme est né. « Il fallait un
certain courage pour décoller en
haute montagne avec les voiles de
l’époque et sans grandes connaissances aérologiques. Beaucoup
de grands guides vont s’y mettre
et participer au développement de
la notoriété du parapente » poursuit Michel Sarthe. Voilà un outil
fabuleux pour redescendre de
montagne.

Les pionniers
du paralpinisme
À la même époque, Serge Tuaz
rêve de voler. « Je voulais faire du
deltaplane. Et puis finalement, je
suis allé faire un stage aux Choucas en 1984. Ca a changé ma vie.
J’étais étudiant en géographie
alpine ; je n’ai pas cessé cet hiver-là
de voler de Saint-Gervais. L’année
suivante, je donnais rendez-vous
à FR3 pour décoller du sommet
des Grandes Jorasses et me faire
payer un parapente par mon
sponsor. Le jour dit de l’ascension, l’équipe de télévision n’était
pas là. On ne m’avait pas cru !
J’ai dû me faire déposer le lendemain en hélicoptère pour qu’on
tourne les images » Serge Tuaz va
apprendre à voler à Profit, Boivin et Desmaison et va se lancer
dans des expéditions au Mac
Kinley, à l’Aconcagua, au Cho

Parapente à la FFCAM
L’activité parapente a été présente dès son apparition au sein
de la fédération. Elle est structurée dans de nombreux clubs et
elle a toute sa place dans le paysage des sports de montagne.
Néanmoins les dernières années ont été houleuses pour cette
activité : en effet en 2009 l’assureur de la FFCAM l’a obligée à
prendre une extension pour la pratique des sports aériens. Les
parapentistes ont dû pour une année payer un supplément :
le temps de changer d’assureur et de renégocier un contrat.
Mais cet épisode a laissé des traces profondes, créant un
véritable malaise au sein des parapentistes, qui se sont sentis
« abandonnés » par la fédération. Aujourd’hui tout est rentré
dans l’ordre, toutes les activités sont mutualisées et l’activité
parapente est en reconstruction autour de bénévoles passionnés.
La FFCAM est partenaire de la FFVL (Fédération Francaise de Vol
libre, délégataire du parapente) et elles travaillent ensemble
au développement de l’activité. La FFCAM, par l’intermédiaire
de sa commission des sports aériens, apporte une aide aux
personnes qui passent des brevets fédéraux FFVL et elle
propose des aides aux pilotes biplaceurs qui animent l’activité
dans les clubs. Un rassemblement national est également en
préparation pour dynamiser au sein de la fédération. Un travail
sur la communication est en cours notamment via le site
Internet de la FFCAM. Gilbert Issanchou, président de la section
vol libre du CAF de Belfort, constate : « Il y a encore quelques
années les clubs possédaient des commissions ou sections
« vol libre » très actives. Ces clubs géraient des sites, formaient

des cadres, possédaient pour certains des moniteurs fédéraux,
organisaient des compétitions. Il n’y a plus aujourd’hui cette
dynamique alors même que le vol montagne et le vol randonnée
connaissent un fort engouement. » L’exemple du CAF de Belfort,
fort de 40 parapentistes sur 400 adhérents – plus que les clubs
FFVL de la région – montre qu’un développement est tout à fait
possible. Vol rando en hiver dans les Vosges, vol montagne dans
les Alpes, voyages à l’étranger, rencontres avec d’autres clubs,
sorties « biplace découverte », communication dans la presse
locale… Gilbert Issanchou a recensé une trentaine de clubs pour
leur activité vol libre. Il souhaiterait qu’ils aient une meilleure
visibilité sur le site internet de la FFCAM. « J’aimerais bien
qu’on réactive la commission des sports aériens, que les clubs
communiquent entre eux, qu’on réalise une banque de données
de sites pour les vols montagne » confirme Hervé Cazajous,
Président de la commission nationale FFCAM sports aériens et
membre du dynamique CAF Büech-Devoluy qui intègre chaque
année trois ou quatre nouveaux parapentistes. Pour Michel
Aubert, « le parapente pourrait aussi être un moyen de valoriser
la fréquentation des refuges. En organisant des sorties sur deux
jours, avec une nuit en refuge et décollage au petit matin. Je suis
l’exemple de quelqu’un qui a découvert le CAF via le parapente.
Nous devons nous appuyer sur nos fondamentaux et faire
découvrir les activités montagne à des parapentistes. » Le comité
directeur fédéral de mars 2013 a fixé la lettre de mission de cette
commission composée de personnes dévouées, motivées. La
feuille de route est tracée, les moyens sont là.
la

ontagne & Alpinisme 2-2013 [43]

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OSSIER SPORTS AÉRIENS EN MONTAGNE

Oyu. C’est l’époque des défis,
des "premières" et des "toujours
plus haut". Pierre Gevaux est
l’un de ceux qui va repousser les
limites de la discipline. Lui aussi
découvre le parapente à Mieussy lors d’une sortie à vélo où il
remarque ces drôles de parachutistes. Il fait un stage en 1982,
achète son premier parachute.
Membre du CAF d’Annemasse,
il écume tous les sommets autour
de chez lui : Salève, pointe Sambuy, Criou… Le 31 août 1984, il
est au sommet du Cervin pour
une première. « Je suis monté par
la voie normale. Au refuge, le gardien m’a pris pour un fou. Le vol
n’a duré que quelques minutes »
se souvient Pierre Gevaux. Les
voiles ne sont encore que des
parachutes ! Aucune finesse – on
ne va pas loin – et fort taux de
chute – ça descend vite. Il faudra
attendre l’année suivante pour
voir sortir la première véritable
voile conçue pour cette discipline : la Randonneuse, mise au
point par Laurent de Kalbermatten. Pierre Gevaux enchaîne
avec l’Eiger. Reste la haute alti-

tude. C’est ce qu’il va tenter au
Gasherbrum II en partant avec
la première expédition commerciale montée pour un 8 000.
« 5 mois de préparation physique,
2 mois d’expédition, 5 jours de
montée et 5 minutes 45 secondes
de descente… se souvient Pierre
Gevaux. Les parachutes étaient
encore faits d’un tissu souple qui
ne se gonflait pas facilement. Deux
copains me tenaient la voile. J’ai
décollé à la deuxième tentative
en ayant de la chance. Il y avait
juste la vitesse de vent adéquate,
quelque chose comme 30 km/h. »
Jean-Marc Boivin volera le lendemain du sommet avec un deltaplane1. De retour à Chamonix,
ce dernier se met au parapente,
convaincu de l’intérêt de cette
nouvelle voile pour les vols en
haute montagne. Trois ans plus
tard, il bat le record d’altitude
avec un décollage de l’Everest.
Entre temps, le 17 mars 1986,
utilisant des skis, un parapente
et un deltaplane, il enchaîne en
moins de 24 heures l'ascension
de quatre faces nord dans le
massif du Mont-Blanc. Idem,

« BALADE EN L'AIR »
Antoine Boisselier est un touche-à-tout génial dans les sports aériens
de montagne. Né à Saint-Hilaire-du-Touvet en 1980, il semble avoir
toujours vécu avec une voile au-dessus de la tête. Polyvalent dans
les pratiques – deltaplane, speedriding, snowkite, parapente –, il
sait associer avec talent toutes ces disciplines pour partir se balader
par la voie des airs en montagne. Parmi ses dernières expériences :
le "combo paraski", selon l’appellation choisie par son auteur, qui
mêle parapente, speedriding, éventuellement ski de rando. « Je
décolle de Saint-Hilaire en Chartreuse avec une grande voile pour
attraper les ascendances et partir pour un grand cross de 2 à 3 h de vol
et aller me poser en Belledonne pour skier le Grand Replomb. On replie
alors le parapente et on adapte sur la même sellette une petite voile de
speedriding. On peut faire plusieurs rotations avant de rentrer à SaintHilaire. Ça ne marche pas à tous les coups et il faut être là le jour J. C’est
vraiment plaisant d’être autonome, d’avoir cette sensation de liberté. Et
du plaisir aussi bien à la montée qu’à la descente. Dans le Queyras aussi,
on peut prendre facilement en 15 minutes 1000 m d’altitude et trouver
de nombreuses possibilités d’atterrissage pour aller skier des pentes au
potentiel extraordinaire dans des endroits difficilement accessibles. »
Poor Man’s Heli à découvrir sur www.salomonfreeski.com

[44] la

ontagne & Alpinisme 2-2013

pour Christophe Profit en 1987
pour sa trilogie (Eperon Croz
aux Grandes Jorasses, voie classique de 1938 à l'Eiger et voie
Schmid au Cervin) en 42 heures.
Les années 1980 sont celles
de la vitesse. Le deltaplane, le
parapente et… l’hélicoptère y
participent largement. « On pensait vraiment que le parapente
allait révolutionner l’alpinisme,
témoigne Serge Tuaz. Mais finalement, après cette épopée des
enchaînements express, ça n’a pas
En vol au-dessus
de la mer de nuage
couvrant le bassin
chambérien sur fond
de Chartreuse.
À gauche, la chaîne
de l’Epine.
© Didier Givois.

duré. On voit moins d’alpinistes
de haut niveau associer les deux
disciplines. Il n’est qu’à regarder
le palmarès des Piolets d’Or, les
alpinistes n’utilisent pas le parapente dans leurs exploits. » Il faut
dire qu’il est rare de disposer des
conditions favorables au décollage en haute altitude. Prévoir
un vol depuis le sommet change
la conception de l’ascension.
C’est le parapente qui décide
du timing pour pouvoir voler le
jour où il fait beau. Avec des pré-

visions météo valables 24 h, difficile de se lancer pour plusieurs
jours dans une voie difficile.

De nouvelles voiles
ultralégères
« Avec le développement du parapente comme sport à part entière,
les voiles sont d’abord devenues
de plus en plus performantes, et
de plus en plus lourdes, d’où un
certain éloignement de la pratique montagne, explique Eric
Beauvallet, directeur de Mon-

tagnes de la Terre. Mais depuis
environ cinq ans, on retrouve un
matériel destiné à la haute montagne, extrêmement léger. On est
revenu au rêve des alpinistes du
début. » Les dernières nées commercialisées depuis l’automne
2012 – XXL d’Ozone ou Batlite
d’Adrenaline – sont des parapentes de nouvelle génération,
avec une seule surface de tissu.
Résultat : le poids et le volume
d’une gourde ! 1,2 kg pour la
version 16 m2 ! Voilà du matériel

la

ontagne & Alpinisme 2-2013 [45]

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L’XXLite d’Ozone est
un parapente à simple
surface construit avec
les matériaux légers les
plus modernes.
© Fred Pieri / Ozone

très exclusif pour la descente. La
voile adaptée à toutes les situations n’est pas encore prête à
sortir ni à mettre entre toutes les
mains. Il faudra renoncer en cas
de fortes turbulences, car on fait
"la feuille morte" et la voile vole
plus lentement qu’un parapente
classique. Mais ceux qui faisaient
du vol montagne vont pouvoir
se l’approprier et des améliorations techniques sont à venir.
« Si on trouve de bonnes conditions, on vole. Sinon, tant pis. Vu
sa légèreté, cela ne sera pas un trop
grand sacrifice que de redescendre
avec la voile dans le sac à dos. La
légèreté ouvre de nouveaux horizons pour des enchaînements. Le
niveau technologique du matériel
est vraiment désormais adapté à
une pratique en haute montagne »
estime Lionel Daudet. Le parapente est devenu un joker pour
la descente. Certaines courses
deviennent possibles à la journée

[46] la

ontagne & Alpinisme 2-2013

en s’évitant le retour à pied. On
peut imaginer aussi de gagner le
pied de certaines voies en volant
sans avoir à faire certaines longues marches d’approche. Depuis
2003 et le premier posé au sommet du mont Blanc, les ascendants thermiques permettent de
plus en plus souvent de réaliser
ce genre d’exploit. Une cinquantaine de pilotes se sont posés
à 4 808 m le 19 août 2012. Les
récentes mini-voiles apportent
également beaucoup au vol libre
en haute montagne. Avec des
voiles classiques de 22 à 25 m2,
une vitesse de vent de 30 km/h
est une limite supérieure. Grâce
à des voiles de 16-18 m2, il est
devenu aisé de décoller avec 45
à 50 km/h de vent. Inconvénient,
on vole moins bien. Mais c’est
pratique pour être sûr de réussir
son départ du sommet du mont
Blanc. Ce serait dommage d’être
monté pour rentrer bredouille…

Reste donc à se familiariser avec
les voiles ultralégères ou les minivoiles. Heureusement les voiles
"montagne" classiques ont déjà
atteint des poids record autour
de 3 à 4 kg avec la sellette, le tout
avec autant de performances et
plus de sécurité que les anciens
modèles. Hormis des voies très
engagées où le fait de prendre
un parapente qui pourrait ne
pas servir pose question, peu de
courses se refusent aujourd’hui à
la discipline. « Le paralpinisme au
sens de l’association de l’alpinisme
et du parapente est aujourd’hui
une évidence et un moyen facile
de redescendre des montagnes en
évitant les dangers – avalanches
et crevasses. Par exemple, pour la
face nord des Grandes Jorasses, il
est beaucoup plus risqué de redescendre en désescalade. Le parapente, c’est la cerise sur le gâteau
de l’alpinisme » témoigne Vincent
Sprüngli, au CAF d’Annecy. Pour

Décollage du
sommet du
mont Blanc à
l’occasion du Vol
4807 organisé par
le club des sports
de Saint Gervais.
© Didier Givois.

D

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Contre les falaises du Revard durant l’hiver
dernier (températures inférieures à –10° !).
© Didier Givois.

certains, le parapente est devenu
un moyen de transport. Ainsi
Bertrand Faller du CAF de Gap
l’utilise pour redescendre des
refuges lorsqu’il est en inspection. Mais le plaisir va bien audelà de celui de la simple descente par la voie des airs.

Le plaisir du vol
montagne
« Avec l’évolution technologique,
les parapentes toujours plus légers
encaissent de mieux en mieux les

modifications aérologiques, et
peuvent mieux exploiter les thermiques, ce qui permet de décoller
de plus bas, explique encore Bertrand Faller. On peut facilement
prendre 1 000 m d’altitude dans
un seul thermique au-dessus du
lieu de décollage. Ce qui laisse de
la marge pour partir en cross. »
Le "cross", la longue randonnée
aérienne pour aller voir toujours le plus loin possible dans
la journée, constitue le cœur de
la pratique à la FFCAM. Cela
demande une bonne connaissance de l’aérologie et de la
météo. « Du Champsaur, on
part vers le nord en direction de
Grenoble et on remonte la vallée
de l’Isère le plus loin possible.
Certains d’entre nous sont allés
jusqu’à Megève ou aux Contamines-Montjoie » poursuit Bertrand Faller. Retour à la maison
en stop, train ou car. Tous ont des
souvenirs inoubliables d’ascension et de décollage. Comme ce
départ de Gap au petit matin
pour le Brec de Chambeyron
par le couloir nord avec piolet
et crampons, du pur alpinisme.
Ou bien encore l’ascension de
l’arête Rotgrat à l’Alphubel et la
nécessité de trouver une dalle ad

Parapentes au-dessus
de la face nord du mont
Maudit, survolant des
cordées de parapentistes
en pleine ascension pour
le mont Blanc.
© Didier Givois.

hoc pour s’envoler. « En vol montagne, on profite juste de l’air et du
vent. C’est presque une discipline
"carbone zéro" où l’on cherche à
utiliser le moins de moyen mécanique pour faire de la montagne
ou l’on emploie les transports en
commun. C’est un état d’esprit
d’être vraiment en accord avec
la montagne. On doit analyser le
bulletin météo, parfois attendre
plusieurs heures au sommet pour
disposer des bonnes conditions »
analyse Jacques Monnin du CAF
de Belfort. Plus besoin de voiture
pour monter au "déco" (décollage). Même chez les non-montagnards, le vol fait de nouveaux
adeptes et les clubs FFVL développent ces activités. Le CAF a
vraiment une carte à jouer pour
surfer sur cette tendance.

Le développement
du "marche et vol"
Des compétitions de marche et
vol de distance ne cessent de se
développer en France et dans
les pays voisins. La X-Alp créée
en 2003, très élitiste, fait rêver
beaucoup de pratiquants. Mais
on comptabilise maintenant
déjà au moins cinq courses d’un
format minimum de trois jours

Les 40 ans de la Coupe Icare
La Mecque du vol libre fêtera du 19 au 22 septembre prochain ses 40 ans. Pierre-Paul Ménégoz,
directeur général de vol de la manifestation durant plusieurs années et moniteur à Saint-Hilairedu-Touvet se souvient de l’histoire de la Coupe Icare. « Tout a commencé avec le delta, non pas par
une compétition, mais par une rencontre. Le rendez-vous a été international tout de suite avec des
pratiquants venus de tous les pays. La "crème du milieu" était présente. Il faut dire que le site est
parfait pour faire de beaux vols. Il y a eu en même temps une volonté de développement touristique
du plateau des Petites Roches et des habitants qui se sont beaucoup impliqués dans la manifestation.
En 1979, on organisait les championnats du monde de delta. Et puis le parapente est arrivé. Et aussi
les déguisements poétiques ou loufoques. On a vu voler des dragons, des bateaux et des trains géants. Le show aérien et les
démonstrations ont vite attiré à partir de la fin des années 1980 de très nombreux spectateurs. La valeur de la Coupe Icare tient
dans l’engagement des 800 bénévoles qui gèrent l’évènement. » À découvrir également un salon dédié au matériel, un festival
du film de vol libre, des concerts et des animations de rue. Rendez-vous le troisième week-end de septembre.
[48] la

ontagne & Alpinisme 2-2013

dans l’Hexagone. « Ces compétitions sont une vitrine qui appelle à
une pratique de loisirs, reconnaît
Guillaume Bellet, fondateur de
la Saint-Hil’Air Tour, la course
du meilleur niveau en France.
L’épreuve combine le parapente
et la marche dans une épreuve
type raid où les pilotes, suivis par
leur assistant, évoluent durant six
jours sur une boucle de 300 km
qui s’étend de l’Isère à la HauteSavoie. Notre course est ouverte à
un public plus large que la X-Alp.
L’épreuve s’arrête la nuit et se
déroule plutôt en moyenne montagne. On affiche complet et on
vient même de refuser des inscriptions pour l’édition 2013. » Trail
et parapente : l’exercice, rendu
possible par le nouveau matériel, est dans l’air du temps. Il y a
d’abord l’effet de mode du trail
qui déborde de son cadre habituel. Et puis le fait que cette association procure une sensation

MINI-VOILE ET ESCALADE
Bastien De Lattre, François Moncorgé, Pierre-Olivier Rivoire et Thomas
Caleyron, tous jeunes grimpeurs lyonnais, ont remporté une bourse des
Millet Expédition Project pour partir vers trois destinations et associer
escalade et mini-voile. « Nous avons choisi Riglos en Espagne, Ceüse près
de Gap et Chamonix pour montrer qu’il était possible de mener ce genre
d’aventure dans des milieux différents : grandes voies, falaises simples et
le mont Blanc par l’éperon de la Brenva, explique Bastien. Beaucoup de
grimpeurs se mettent au parapente. C’est une pratique de sport outdoor
avec souvent un même état d’esprit. On se balade aussi en camion, de
falaises en falaises. Ce sont des tribus avec pas mal de points communs. On
mixe les deux parties les plus sympas des deux pratiques. Pas de longues
marches pour monter au site de décollage. Pas de descente en rappel ou
de long retour à pied. » La voile, la sellette et le casque pesaient environ
4,5 kg. Dans les parties très faciles, l’un d’entre eux portait le sac sur
le dos. Ailleurs, ils le hissaient à chaque relais avec une petite corde et
une poulie. Ce qui plaît aussi dans la mini-voile, c’est son côté ludique,
le fait de voler deux fois plus vite qu’avec un parapente classique. Vent
dans les oreilles, accélération dans les virages, pilotage très réactif.
« Le danger est dans l’impression de facilité. Et puis le gros piège, c’est
quand les conditions de vol sont limites et que vous avez cinq heures de
marche pour la descente. Il est parfois difficile d’arriver à se raisonner
et à se dire : “ non, je ne vole pas, il y a trop de vent !” D’où l’intérêt d’être
plusieurs. C’est un sport individuel qu’il est bon de partager. » La bande
de copains choisit aujourd’hui ses destinations de grimpe pour qu’elles
soient aussi des sites favorables au parapente. « Il y a bien sûr un côté
un peu frustrant de faire des vols de 15 minutes seulement. À l’avenir, on
passera peut-être à de grandes voiles pour se lancer dans le cross. »

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