Poèmes publiés dans diverses revues et inédits .pdf



Nom original: Poèmes publiés dans diverses revues et inédits.pdfAuteur: Donadello Claude

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POÈMES PUBLIÉS ÇA ET LÀ
DANS DIVERSES REVUES
ET INÉDITS

INSOUCIANCE
Ils tournent en guêpes folles
Aux jardins des dimanches
A quatre heures
Assourdis de rires
Volant le soleil
Années de premières soifs
Des longs étés
Des trottoirs poudreux
Sans dard, sans ailes de soie
Coulant l’huile des élus
Sur leur chevelure de vent
Ils tournent en guêpes folles
C F D – d é c e m br e 1 9 6 5

ETREINTE
Accouplé à la balançoire matinale
Des soleils et des lunes
Des vents et des br umes
Des étoiles et des ter res couronnées d’eau
D’herbe sèche ou fleurie,
Je vais à l’Universel comme à la maison
C F D – m ar s 1 9 6 6

A bouche que veux-tu
L’herbe à la lèvre de sang
Fraise sur tig e
A bouche que veux-tu
J’étreins tout au passag e
Les clins d’œil solaires
Et les averses des aubes
La mor t et la vie et l’amour
Tout comme les bras des moulins

C F D – m ar s 1 9 6 6

Larg ement ouver tes sur les cieux en pantalons de nuit
Les bouches savourent leur der nier repas
Sans souci des chutes à venir
Et cachée dans cette étoile qu e l’enfant montre du doigt
La lumière coulera en lambeaux de lèpre
Alors
Les alléluias comme ceux de 89
S’élèveront
Alors
D’un sang chaud ils feront four nitures de charcuteries
Ouvertes aux clients d’un avenir roug e
Et les amoureux n’auront plus de bancs
Et les oiseaux n’auront plus d’arbres
Il y aura un seul arbre
Un seul banc
Il y aura un seul sang
Un seul drapeau
Et les cieux seront dévêtus
Le temps des saveurs sera révolu

M ar g i n a le s – N ° 1 0 6 – a v r i l 1 9 6 6

DECOUVERTE
Ne plus tricher aux creux des assentiments
Il n’est à dire que des Oui
A nier que des Non
Inutile la recherche de l’étincelle
Il n’existe que le vent

L e Jo u r n a l de s Po è t e s, a v r i l 1 9 6 6

TRIOMPHE MATINAL

Elle aura des jambes nues
Qui sembleront voler sur des plag es d ’herbe
Et l’oiseau se muera en baisers de pluie
J’accompagnerai ses désirs
Aussi loin qu’elle le voudra
Et nous ne prendrons la route qu’une fois
Là nous resterons en un gisant doublé
Qui suivra la brise et la vague
Dans leur balançoire matinale

L e Jo u r n a l de s Po è t e s, a v r i l 1 9 6 6

REEDUCATION
On m’avait demandé l ’heure et je l ’ai donnée
Empr untant à l’éternité ses décors intimes
On m’avait appris à lire et j ’ai lu les décre ts
Mutilant les corps et les jeux
On m’avait dit
Marche
Et marchant en rang j ’ai oublié de voir les printemps
De mang er les feux
De boire les matins
On m’avait dit
N’oublie pas qu’il y a des rails
Des horlog es
Des professeurs
Des g endar mes
Et sag ement je l’ai cr u
Maintenant je boite
Je m’essouffle et je balbutie
Les clefs n’ont plus de ser r ures
Il n’y a plus d’amour qu’au bordel
D’eau qu’aux fontaines
De feu qu’aux réverbères
Les révolutions sont révolues
Sourires et reg ards hygiéniques en devanture
L e Jo u r n a l de s Po è t e s, a v r i l 1 9 6 6

Jésus l’Indien décapité par Jésus le Juif
Lui-même outragé par Jésus le Dieu sacrifié
Ses frères les Jésus cosmopolites son t en vacances
Jusqu’au retour prévu
La toupie tourne toujour s
Les cadrans illuminés annonceront les débats
Mais j’ai peur que les priseurs n’y soient plus
Jésus collectifs
Jésus les Oints des étoiles
Jésus les Messires le Christ
Les sauveurs se sont sauvés pris en flag rant délit de vente à la sauvette
Jésus les vitraux
Roug es Jésus Verts Jésus
Polychromes jésusiques
En vente aux paradis perdus
En attente aux objets trouvés

D i r e ( r e v u e e u r o pé e n n e d e po é s i e de Je an Vo da i n e ) , é t é 1 9 6 6

L’ETERNITE INACHEVEE
J’ai l’âg e qu’il faut au c adran du zodiaque. J’ai désappris les rigueurs
militaires, g ardé les relents maritimes embaumant mes réveils ; je fus un
vig oureux marin de Sa Majesté la République. J’ai beaucoup voyagé à la
proue des bateaux ; de 1957 à 1963, les lueurs océanes ont vu me s levers à
Tahiti, mes couchers en Papouasie, mes frasques à la pointe extrême des
terres australes ou sous les cocotiers des Antilles, de belles après-midi à
l’Île du Levant . Turbulences sombres, vagues de l’adolescence finissante, je
fus jeté sur le réci f aigu de la solitude. 1963 -66, l’au-delà et ses fluides
m’ont embarqué pour le Ciel où j’ai tenté la par t crédule nichant en moi :
ascèse des langues mor tes ; dépassé, le but assigné s’estompa, dispar ut.
Dieu-ailleurs devint un filig rane. 1966 -67, ling e ample au dos, me voici aux
Himalayas, aux bords de Tibériade. Inde, Israël, mes appuis me haussant hors
des affres du doute ; parfaire la solitude. Sur vivre ! Monter à nouveau les
coupées des bateaux blancs : Marseille, Alger, Dakar , long eant l’ouest
africain, remontant l’est jusqu’au Natal, direction Colombo, Bangkok,
Singapour, Manille, Hong -Kong , Kobé, Yokohama … Tokyo au bout d’un métro
sans fin ! Il y neig eait en ce se ptembre 67. Le temps d’une rencontre :
lointaine Kuniko ; le navire vira de bord vers l e retour. Mai 68 : le roulis
social ne m’atteignit pas. D’une fulgurance printanière, une femme surgit
m’accompagnant jusqu’au Mali, sursaut exotique… et des enfants… N’est ce pas d’enfance qu’il faut parler, du vol insignifiant de la poésie -papillon ?
C h am p s o c i al , m ar s 1 9 7 6

Berceau
Lieu de ma démesure et
L’on m’a borné où confinent les rêves les moins hardis
Enfance-chambre d’explosion et
L’on a mis des menottes à mes caresses
Virtualité passée au crible des g abarits
Il ne resta bientôt
Qu’un cul-de-jatte manchot g avé de chocolat
C h am p s o c i al , m ar s 1 9 7 6

PROSAÏQUEMENT
Qu’a-t-elle donc fait notre enfance que nous la harcelions si impudemment
? Quand le poète aspire profondément la multitude parfumée de l’enfance,
on le raille ; il vacille, s’e nfonce-t-il dans le flou, l’opacité ? Il hurle alors
la joie bleue des lumières. Réduit aux song es, le poète tairait -il l’enfance ?
Tendresse trahie, l’enfance serait -elle un catalogue, une période, un stade ?
Alors qu’elle est projet à elle -même. Où trouver l’enfant endor mi dans son
g este, oiseau à la fourche de l’arbre ? A l’air libre ! Je propose : quiconque
interpellé par ses effluves d’enfance sera professeur de liber té ; diplôme ?
Les arabesques sur le sable chaud des vacances. Je propose le manifeste
poétique de l’enfance : perdre du sérieux comme l’on perd du poids.
E x t r a i t s d e C h am p s o c i a l , m ar s 1 9 7 6 e t d e L e P è r e Ju l e s de s e pt e m br e 1 9 9 1

TRANSHUMANCE
J’entends parler en moi mes sangs singuliers : ar verne volcanique, Vénète
des confins, voyag eur sém ite, multiples inconnus, ibères ou dr uidiques. Je
passe du Pont -Euxin à l’alpag e des Marg erides et fais escale en Istrie. La
carte du monde drape l’avenir comme elle lang e mes origines.
L e P è r e Ju le s, dé c e m br e 1 9 9 2

NOUS SOMMES TOUS DES POETES
La poésie – cette indéfinissable jouissance de l’esprit, cette nostalgie, cette
joie, cette souffrance, mais cette sérénité accomplie – nous laisse au front
la couleur du crépuscule, aux doigts le safran du lys. Jamais elle ne nous
laisse dans l’er rance mor telle. L a boucle au front de l’enfant, la paupière
pudique de l’adolescente, la balançoire de la berg eronnette, la br ume
habitée de l’étang, le désir aigu… nous les avons éprouvés ; nous sommes
tous des poètes.
L e P è r e Ju le s, dé c e m br e 1 9 9 2

Aux confins de l’enfan ce, je ne m’associais pas au crime contre les blés et
l’avoine f léchissant sous la brise, contre les bœufs poursuivis de mouches,
contre les tables de bois tachées de vin, en ce temps je me levais tôt pour
un projet quotidien : voir l’abeille au sor tir de la r uche, boire le lait de la
traite matinale, entendre les aboiements du bâtard et sentir le lever humide
de mon premier émoi.

L e P è r e Ju le s, fé v r i e r 1 9 9 3

Enfance, à la lecture du jardin j’apprends la patience. Au fond, dans l’angle
du soleil, le sering a fait la nique au vent du Nord ; Le ciel por te un oiseau :
larg e envergure, ample vol emplumé de noir et de blanc ami du soleil.
L e P è r e Ju le s, fé v r i e r 1 9 9 3

C’ETAIT AVANT
Il suffisait de m’asseoir et d’attendre la vie passant. Tous les jours fête. A
lancer dans l’eau du bassin le g ravier du jardin, je donnais des cercles à la
géométrie ; je secouais le noisetier et j’étais sorcier et, sans douter un
instant, j’ordonnais aux nuag es d’établir leur ombre sur mes jour nées
tor rides. Je choisissais une f laque de pluie que, d’un saut de pieds joints, je
muais en embr uns. J’avais… dix ans ? Les trous aux g enoux, un pull étroit.
Le g rand télescope de l’enfance, miroir au quadr uple foyer, ouvrant le
reg ard aux démunis de l’iris, m’emmenait d’un trait de lumiè re jusqu’à la
nuit. C’était avant. Ce soir… ce soir, c’est moi qui passe encore et encore,
tentant de plier le coudrier, d’entrevoir le nuag e lascif et de dérober d’un
mouvement de narine la fur tive odeur des pêches de vigne.
L e P è r e Ju le s, s e pt e m br e 1 9 9 3

Enfant
Je suivais les veines du ciel
Grands arbres couchés sur l’horizon
Donnant son blason au soleil

L e P è r e Ju le s, s e pt e m br e 1 9 9 3

HAGOSCHRIM
La plaine s’élargit vers le Liban. Du Golan, l’œil libre d’aller et venir, je lie
les paysag es comme un vannier. Les verg ers d’ag r umes – pardès moirés – les
étangs, les roches antiques s’allient. D’une émotion, je sais où je suis.
L e P è r e Ju le s, fé v r i e r 1 9 9 3

Les bris du soleil, sur vivent -ils à notre hiver ? Les feuilles tombées d’hier
exhalent déjà le buis. Sous le tapis de la clairière, les premières châtaignes
por tent l’eau à la bouche. Comme ça, en plein front, les rides nous
assaillent. Comment nég ocier l’hiver ?
L e P è r e Ju le s, fé v r i e r 1 9 9 3

Quand le corps tiédit
Inaccessible
La joue quête sur l’oreiller
Le coin frais du repos
On ne sait plus
Alors
Si c’est le levant
Ou le couchant qui borde le soleil
M’évertuer
Attente sereine
Intime cer titude
Lire le g rand signe
Là-bas
Là-bas loin là-bas
Poindra la lumière

L e P è r e Ju le s, m ai 1 9 9 3

In édi t, mar s 201 1

Bref frisson
La vie détale vers la pénombre
Rien n’a plus de prise
Un signe, une ombre à l ’horizon ?
Nulle brise
Immobile, obscure la vie s’écar te
Le froid l’emporte
La pierre borne la frontière
Soudain
La lumière
I n é di t , m ar s 2 0 1 1

T E XT E

E C RI T A L ’ O C C A S I O N D E LA PA RU T I O N D U R E C U E I L
« L E S O M M E I L D E L ’ A RB RE » E N 1992

Après avoir rendu à l ’enfance la liber té de m ’atteindre quand je la fuyais,
après avoir acce pté la peur des naufrag es, après avoi r lu dans les années 60
« L’arc et la lyre », rencontrant ainsi Octavio Paz, je me suis laissé traverser
par la poésie ; elle qui donne accès au dépassement de soi parce qu ’elle
révèle plus qu’on entrevoit de soi -même. Mais dépassement ne signifie pas
se passer de soi ou passer à côté de soi ou bien se fuir, cela signifie au contraire
se rencontrer sans effroi, s ’assumer tel qu’on s’apparaît. Elle mène à
l’essentiel, humanise et enseigne qu ’il ne faut pas « poéter » plus haut que
son séant. Par mi les innombrables imag es qu ’elle génère, la poésie dévoile
celles qui élèvent et conduisent à l ’universel, la demeure commune. Elle
fait par tie intég rante de la spiritualité. Elle lie – relie quand l’oubli a fai t
effet – à l’enfance et prévient de la vieillesse qui point au front. Elle
tempère la hargne qui sourd, chasse l ’obscurité du cœur. Elle rend familier
l’autre, découvre l ’altérité et ainsi altère dans le bon sens, c’est-à-dire r end
autr e pour précisément connaître l’autre. Elle dit que soi-même est l’autr e de
l’autre ; elle réconcilie. Elle atténue la bestialité qui habite les élans vers le
corps différent. Elle introduit dans l ’Absolu en le rendant Relatif. Elle fait
passer du mot à la parole, parfois La Par ole. La poésie est un paradoxe
viable.
C l au de D o n a de l lo, 1 9 9 2


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