THE DAY I MET THAT GIRL.pdf


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1.
Je ne savais pas quoi faire d’elle. Plus je la regardais et plus j’avais l’impression d’avoir
recueilli un petit chiot perdu dans la rue, sans collier pour l’identifier. Seulement, ce chiot
était un être humain, et mettre une affiche d'elle sur les réseaux sociaux risquerait de me faire
passer pour un fou. J’avais posé sur elle la couverture la plus chaude que j'avais et n’avais pas
pu m’empêcher de remarquer qu’elle avait des hématomes sur ses avant bras et ses jambes,
chose à laquelle je n'avais pas fait attention dans la rue. J’avais ensuite préféré la laisser seule
dans le salon pour ne pas la réveiller, la pauvre semblait morte de fatigue.
– Ressaisis-toi Max, elle va rentrer chez elle et tout redeviendra comme avant.
J’appuyai mes mains sur le rebord de l’évier de la salle de bain et regardai mon reflet dans le
miroir face à moi. J'avais l'air minable, épuisé, comme si je venais de sortir du lit. Ma barbe
de quelques jours avait connu assez de jours pour me donner un air de naufragé et la tignasse
qui me servait de cheveux ressemblait plus au pelage d’un chien mouillé qu’à la coiffure d’un
mec de vingt-cinq ans diplômé et en bonne santé. Je fis couler un filet d’eau froide du robinet
et en remplis mes mains avant de les porter jusqu’à mon visage. Je restai ainsi un moment, les
yeux fermés, réfléchissant à cent à l’heure. Déjà que l'intérieur de ma tête était un grand
bordel avant de croiser cette fille, c'était encore pire maintenant qu'une inconnue dormait dans
mon canapé. J’avais l’impression que mon cœur avait migré vers mon cerveau et qu'il était
prêt à exploser à tout moment.
– Il y a un chat qui vient de sauter par le fenêtre.
La voix rauque venant de derrière moi me fit sursauter. Je me tournai vers cette fille, le visage
encore trempé et l’eau dégoulinant de ma barbe. Elle avait repris des couleurs par rapport à
tout-à-l’heure, son visage ne ressemblait plus à celui d'un cadavre. Appuyé contre le lavabo, je
la regardai et haussai simplement les épaules, essayant d'avoir l'air normal et non totalement
en panique. Je n'étais pas du genre nerveux, mais cette situation ne me mettait pas
particulièrement à l'aise. Je ne voulais cependant pas lui faire peur, même si sur le coup, c'était
elle qui m'avait fichu la trouille.
– Il fait ça souvent, tentai-je d'articuler. Je crois qu’il ne m’aime pas beaucoup.
– Alors pourquoi l’avoir adopté ?
Elle posait déjà trop de questions auxquelles je n'avais pas de réponse. Peut-être parce que
j’étais comme ces vieilles femmes qui cherchaient un peu d’affection auprès des animaux
après avoir été seules pendant trop longtemps mais que, malheureusement, ce chat-là semblait
tout sauf affectueux. Si je lui répondais ça, elle risquerait bien de partir en courant. Je me
contentai donc de changer de sujet.
– Vous avez retrouvé votre voix.
– Visiblement. Je ne me sens pas encore... Elle se racla la gorge. ...Capable de vous
chanter une sérénade pour vous... Encore une fois. ...Remercier pour le chocolat chaud
qui, d’ailleurs, manquait un peu de sucre. Elle marqua cette fois une courte pause.
Mais je sais aligner quelques phrases sans cracher mes poumons.
– Je vous invite chez moi sans même vous connaître et la seule chose que vous trouvez à
dire est de critiquer mon chocolat chaud ? Vous êtes qui pour me dire ça, la princesse
du Royaume-Uni ?
Elle sembla hésiter un moment puis finit par soupirer. Je profitai de son regard fuyant pour
m’essuyer le visage et sortit ensuite de la salle de bain. La fille me suivit à la trace, comme
mon ombre, comme un chiot. Je marchai dans le couloir menant au salon, passai par la
cuisine, terminai par ma chambre puis, à bout de force, je finis par m’asseoir sur le lit deux
places. Je faisais souvent les cents pas quand j’étais nerveux, cela faisait partie d’un des
nombreux défauts que m’avaient reprochés mon ex avant de me laisser tomber. L'inconnue

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