THE DAY I MET THAT GIRL.pdf


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resta debout à l’entrée de la pièce et hésita avant de venir s’asseoir à coté de moi. Cela se
voyait que ni elle ni moi n’avions l’habitude de nous retrouver dans ce genre de situation. En
même temps, qui l'était ?
– Vous m’expliquez ce que vous faisiez dans la rue dans cette tenue ? Demandai-je après
un long silence gênant.
– J’aimerais bien.
– Mais ?
– Mais je ne m'en souviens pas.
Je fronçai les sourcils et me frottai la tempe droite. Encore un tic.
– Comment ça vous ne vous en souvenez pas ?
Elle ne me regardait pas. A la place, elle fixait ses pieds nus et semblait se concentrer sur
quelque chose d’invisible. Un son, une odeur, un souvenir, je n’en avais aucune idée. Ses
sourcils étaient froncés, ses lèvres pincés, et ses paupières à moitié fermées. Elle glissa une
mèche de cheveux derrière son oreille et garda le silence pendant quelques secondes avant d’à
nouveau lever les yeux vers moi, l'air perdu.
– Comment vous appelez-vous ? Me demanda-t-elle d'une petite voix timide.
– Maxim Lancaster, répondis-je de manière formelle, comme à un entretien d'embauche.
– Est-ce que l’on s’est déjà rencontrés quelque part ?
– Pas à mes souvenirs.
– Je vois.
Elle soupira. Je ne comprenais pas sa question. Je faillis me lever pour recommencer à faire le
tour de mon appartement afin de réfléchir à tout ce qui était en train de se passer, mais restai
finalement assis à coté d’elle. Elle se laissa tomber en arrière et se retrouva couchée sur mes
couvertures défaites. Si j’avais su, j’aurais refait mon lit ce matin.
– En vous voyant tout-à-l’heure, j’ai cru que je vous connaissais. Ou plutôt, j'ai espéré
vous connaître.
– Et vous touchez la joue de tous les passants qui vous disent quelque chose ?
Au moment où je tournai la tête vers elle, je la vis esquisser un sourire. Cependant, celui-ci
s’effaça rapidement. Elle secoua négativement la tête.
– Désolée.
– Ce n’est pas grave. Mais ça ne me dit toujours pas qui vous êtes.
– À moi non plus.
Elle prit sa tête entre ses mains.
– Je ne m’en souviens pas, reprit-elle. Je me suis réveillée dans cet hôpital, j’avais cette
tenue, ce sang dessus qui n’était pas encore sec. Mes souvenirs sont comme des
bouteilles qui dérivent dans un océan infini.
– Maintenant, je sais que vous êtes poète.
Elle ne répondit pas et se tourna sur le coté. Ne sachant pas quoi faire, je me levai et marchai
jusqu’à la fenêtre. Dehors, le soleil se couchait et donnait au ciel des couleurs orangées
rappelant l'automne. Je pensais à mon patron qui devait déjà me haïr. Je n’avais même pas
songé à le prévenir avec toute cette histoire et je sentais que si je le faisais maintenant, il allait
m’annoncer que je pouvais dire adieu à mon poste d’assistant de direction. J’avais
l’impression de devenir cinglé avec tout ce qui se bousculait à l’intérieur de ma tête. Il fallait
que je me détende, que j’arrête de trop réfléchir. Le problème, c’était que la maîtrise de soi
était loin de faire partie de mes qualités. À la place, je jetai un rapide coup d’œil à ma
chambre. Je ne m'étais pas rendu compte à quel point celle-ci était dans un pathétique état
avant d'être obligé de la montrer à une parfaite inconnue. Des tiroirs à moitié ouverts qui
laissaient entrevoir des vêtements roulés un boule, un tableau accroché au mur qui n’était
même pas droit, un paquet de cigarettes presque vide qui traînait sur ma table de nuit, des
murs blancs qui auraient bien mérité une bonne couche de peinture et pour couronner le tout,

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