THE DAY I MET THAT GIRL.pdf


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la porte de ma chambre que j’avais cassée lors d’un accès de colère et qui, depuis, ne se
fermait plus. Elle me faisait à présent penser aux petites portes dans les bars westerns qui
s’ouvraient et se fermaient après l’entrée du cow-boy qui venait défier le méchant du film.
Peut-être que je regardais trop la télé, ou peut-être que j’étais simplement trop entêté pour
avouer que j’avais simplement la flemme de la réparer, cette porte. La flemme, ça je
connaissais. L'inconnue ne me connaissait pas, mais elle devait certainement déjà me prendre
pour un fou. Ou pire, un psychopathe.
– Est-ce que je peux utiliser votre salle de bain ? Finit-elle par demander
Elle me sortit de mes pensées. Je hochai bêtement la tête.
– Bien sûr. Vous devriez vous changer aussi.
Elle me regarda comme si j’étais le dernier des abrutis. Et je l’étais. Je l'avais trouvée seule
dans la rue, sans valise pouvant contenir des vêtements de rechange. Elle n'avait rien à part ce
bout de tissu sale qui la recouvrait à peine.
– Désolé. Je peux vous prêter un t-shirt si vous voulez, vous êtes tellement petite que ça
vous servira de robe.
En effet, elle était vraiment minuscule comparée à moi. En même temps, je n’étais moi-même
pas doté d’une taille normale du haut de mon mètre quatre-vingt-dix. Elle hocha brièvement la
tête et se redressa afin de s’asseoir en tailleur sur mon lit. J’ouvris un de mes tiroirs et partis à
la recherche d’un t-shirt propre, ce qui me sembla à première vue peine perdue. Je finis avec
beaucoup de chance par en trouver un gris simple, avec une poche sur le coté gauche. Ce tshirt m'avait été offert par mon ex, ce devait être la raison du pourquoi il semblait ne jamais
avoir été mis. Je n'y pensai pas plus longtemps et me contentai de le lancer à la fille car c’était
le plus grand que je possédais. Elle le regarda un moment et plongea son nez dedans avant de
relever la tête. Elle m'offrit ensuite un petit sourire en coin.
– Merci.
Elle se leva et disparut ensuite dans la salle de bain pour un bon moment. Je profitai de son
absence pour envoyer un message à mon patron et lui expliquer la situation en priant pour
qu’il ne me prenne pas lui aussi pour un fou. Ou pour le plus mauvais des menteurs. Je jetai
ensuite mon portable dans les couvertures et m'assit, la tête entre les mains. L’attente me
rendant encore plus nerveux, j'allai à la cuisine me préparer un café et marchai ensuite jusqu'à
la pièce suivante pour ouvrir la fenêtre du salon. J’avais besoin de prendre l’air, de m’aérer le
cerveau. Adossé contre le dos du canapé, je tenais ma tasse brûlante entre mes mains et
contemplai d’un air absent les routes de Londres où circulaient voitures et taxis. Cela faisait à
peine quelques mois que j’avais emménagé dans cette ville, mais ces quelques mois avaient
suffi pour que j’en tombe amoureux.
Londres était une ville surprenante. La nourriture, les habitants, les bâtiments, tout était très
différent de Paris. Les rues étaient plus grandes, mais plus accueillantes. Les plats, bien que
parfois étranges, étaient dignes des Anglais : hauts en couleurs et assez surprenants. Même si
parfois mon pays me manquait, il suffisait que je contemple la ville du haut de mon
appartement pour que mon mal du pays disparaisse instantanément. Les quartiers m'étaient
devenus familiers, les cafés, des lieux que je fréquentais quotidiennement, et il n'y avait pas
ici ce qu'il y avait en France et qui m'avait forcé à m'en aller. L'Angleterre était mon nouveau
départ, une nouvelle histoire à écrire, même si pour le moment, je stagnais encore à
l'introduction. Il fallait dire que ce n'était pas toujours facile d'être nouveau dans un pays où
on ne parlait même pas la même langue que vous, et où on ne conduisait pas du même coté.
Je ne m’étais pas rendu compte que le temps passait si vite. J’étais perdu dans mes pensées et
je m'étais en quelques sortes complètement déconnecté du monde réel, chose qui m’arrivait à
peu près deux ou trois fois par jour. J’en avais même oublié mon café qui avait fini par
refroidir entre mes doigts. J’étais toujours face à la fenêtre lorsque l’inconnue arriva dans le
salon en frissonnant à cause des courants d’air, seulement vêtue du t-shirt que je lui avais

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