Fichier PDF

Partage, hébergement, conversion et archivage facile de documents au format PDF

Partager un fichier Mes fichiers Convertir un fichier Boite à outils Recherche Aide Contact



Les facettes d’Hillary Clinton la mal aimée .pdf



Nom original: Les facettes d’Hillary Clinton la mal-aimée.pdf
Titre: Les facettes d’Hillary Clinton (1/4): la mal-aimée
Auteur: Par Thomas Cantaloube

Ce document au format PDF 1.4 a été généré par / Apache FOP Version 1.0, et a été envoyé sur fichier-pdf.fr le 11/10/2016 à 11:28, depuis l'adresse IP 41.224.x.x. La présente page de téléchargement du fichier a été vue 162 fois.
Taille du document: 86 Ko (4 pages).
Confidentialité: fichier public




Télécharger le fichier (PDF)









Aperçu du document


1

Directeur de la publication : Edwy Plenel
www.mediapart.fr

entiers de la société (femmes, latinos, musulmans…),
ses adversaires politiques comme ses alliés au sein du
camp républicain et, de manière générale, tous ceux
qui ne lui cirent pas les pompes. Mais pour Hillary
Clinton, le phénomène est plus ancien, plus complexe.
Et, d’une certaine manière, plus préoccupant pour celle
qui a de grandes chances d’être élue présidente des
États-Unis le 8 novembre 2016. Car si elle est détestée
par une majorité de républicains, elle est aussi rejetée
par de nombreux démocrates.

Les facettes d’Hillary Clinton (1/4): la malaimée
PAR THOMAS CANTALOUBE
ARTICLE PUBLIÉ LE MARDI 11 OCTOBRE 2016

Sur le papier, Hillary Clinton n’a rien fait pour mériter
un tel opprobre. Juriste de talent, féministe, défenseure
des droits civiques, mère, grand-mère, épouse d’un
ancien président, elle-même ancienne sénatrice et
secrétaire d’État, figure du parti démocrate, bûcheuse,
intelligente… elle est, de l’avis de la plupart
des commentateurs politiques américains, de droite
comme de gauche, la personne la plus qualifiée à
avoir jamais prétendu au poste de commander-inchief. Et pourtant, lorsque les sondeurs interrogent
les Américains, une image extrêmement négative
émerge : elle est fréquemment jugée« corrompue »,
« pas fiable », « idéologue ».

La figurine « Hillary la casseuse de noix, plus une seule noix
à la Maison Blanche si elle est élue ». © Thomas Cantaloube

La candidate démocrate doit affronter un niveau
d’antipathie rarement observé pour un candidat à la
Maison Blanche. Les origines de cette « haine »
d’Hillary Clinton dans l’opinion publique américaine
renvoient à ses débuts ambigus sur la scène publique
dans les années 1990.
L’élection présidentielle américaine de 2016
s’apparente presque à un rêve de romancier cynique
(ou de journaliste), tellement elle frise la caricature,
entre un bouffon milliardaire ultraconservateur et
égocentrique, et un pur produit de l’establishment
centriste installé dans le paysage politique depuis
vingt-cinq ans. Si beaucoup d’articles ont déjà été
consacrés à Donald Trump et au phénomène qui l’a
propulsé aussi loin, Hillary Clinton reste par certains
aspects un mystère, en tout cas un personnage aux
facettes complexes. Pour tenter d’éclairer certaines
zones d’ombre sur son parcours et son positionnement
politique, nous avons décidé de publier un grand
portrait en quatre parties de la candidate démocrate
à la Maison Blanche.

Lorsque Hillary Clinton est apparue dans la sphère
publique américaine en 1992, lors des primaires
démocrates que son mari Bill Clinton a fini par
emporter, elle s’est immédiatement retrouvée tiraillée
entre deux positions. Celle de la partenaire politique
brillante qui offrait ses compétences aux États-Unis
sur le mode « deux Clinton pour le prix d’un ».
Mais elle s’est aussi retrouvée projetée dans le rôle
de l’épouse modèle et silencieuse qui soutient sa
moitié accusée d’infidélité et de libertinage. La plupart
des Américains ont ainsi découvert Hillary pour la
première fois lors de l’émission télévisée « 60 minutes
» dans laquelle elle se tient sagement aux côtés de
Bill, hochant de la tête à ce qu’il dit sur ses escapades
extraconjugales.

-----L’élection présidentielle américaine de 2016 est
marquée par un phénomène assez rare : les deux
candidats qui s’affrontent pour occuper la Maison
Blanche possèdent tous deux un capital d’antipathie
jamais observé dans un tel scrutin. S’agissant de
Donald Trump, on comprend assez bien le rejet qu’il
suscite du fait de sa propension à insulter des pans

Puis, lorsque Bill Clinton accéda à la présidence en
janvier 1993, Hillary devint la première First Lady à
disposer d’un bureau dans l’aile ouest de la Maison
Blanche, territoire envié du sommet de l’exécutif, avec
une mission aussi difficile que symbolique pour le

1/4

2

Directeur de la publication : Edwy Plenel
www.mediapart.fr

camp démocrate : la réforme de l’assurance santé.
Il est instructif de relire aujourd’hui un article du
New Yorker de 1994 qui décrit la manière dont
elle s’est acquittée de cette tâche, auprès des élus :
« Certains ont trouvé [son audition devant le Congrès]
tellement lumineuse que son mari apparaît bien pâle
en comparaison. […] Le risque encouru par Hillary
n’est pas qu’elle commette des erreurs ou soit prise
au dépourvu. Le risque, comme elle en est consciente
depuis une décennie de vie publique dans l’Arkansas,
est plutôt que ses grandes compétences et sa sagacité,
si elles ne sont pas dissimulées, ne restreignent sa
capacité de séduction et froissent les plus rétrogrades.
Mais aussi que, si sa froideur venait à transparaître,
elle repousse les électeurs. »

des élus républicains ont dit cela texto à l’époque !).
En abandonnant ses ambitions et en soutenant Bill
contre vents et marées, elle a irrité les progressistes.
En construisant une réforme de l’assurance santé de
gauche, elle a braqué les conservateurs. En soutenant
– bien obligée ! – les positions de plus en plus
néolibérales de son président de mari (traité de libreéchange nord-américain, dérégulation financière, lois
sécuritaires, conditions drastiques d’indemnisation
des chômeurs, etc.), elle a été rejetée par l’aile
progressiste du parti démocrate.

L’origine de tous les maux d’Hillary depuis près d’un
quart de siècle est couchée dans ce paragraphe : une
femme compétente, ambitieuse et déterminée encourt
le risque d’être « mal vue » car sortant de son
rôle traditionnel. De fait, la réforme de l’assurance
santé sera un fiasco dont Hillary ne s’est jamais
dépêtrée, et qui continue de déterminer la perception
qu’une grande partie des Américains a d’elle. Envoyée
au front en 1993 sans beaucoup de soutien de la
part des conseillers de Bill Clinton (qui jugeaient sa
réforme trop complexe et insuffisamment à l’écoute
des entreprises privées de santé), elle s’est heurtée au
mur des médias et de l’opposition. Après des mois de
guerre de tranchées, elle a capitulé et, pendant les six
années suivantes, est retombée dans le rôle traditionnel
des premières dames : figuration et bonnes œuvres.
Là encore, Hillary Clinton s’est retrouvée dans une
position de grand écart : après avoir démarré le mandat
de son époux comme une talentueuse perturbatrice de
l’ordre établi, elle l’a fini en étant contrainte de lui
servir de béquille dans l’affaire Monica Lewinsky au
prix de nombreuses poses photographiques vendant
aux médias l’harmonie familiale dans l’adversité…

Hillary Clinton interrogeant un électrice qui lui parle du «plafond de
verre» lors des primaires de l'Iowa en janvier 2016. © Thomas Cantaloube

Si l’on ajoute à cela une polarisation partisane
accrue à partir des années 1990 et une rigidité
naturelle qui en fait une piètre communicatrice, Hillary
Clinton est devenue le paratonnerre politique des
États-Unis. Ou, comme l’écrit la journaliste Janet
Reitman : « Les sentiments à son égard forment
le guide de la perception que les Américains ont
d’elle au détriment de l’analyse rationnelle. Après des
décennies d’examen de sa vie et de sa carrière, une
des plus complexes et résilientes de ce pays, elle est
moins une personne qu’un véhicule dans lequel les
Américains projettent leurs anxiétés, leurs peurs, leurs
frustrations et leurs crises d’identité. »
Elle affronte en Trump le pire candidat
misogyne qui soit
Les médias conservateurs, qui dominent les ondes aux
États-Unis et n’ont jamais eu peur des contradictions,
ont fait d’Hillary leur punching-ball favori. À leurs
yeux, elle est coupable de toutes les déviances : être
une working woman fière et diligente, mais aussi une
épouse fidèle qui a pardonné ses incartades à son
mari ; être une farouche idéologue de gauche, et une
politicienne-girouette qui a changé de positions sur
plein de sujets ; être à la solde des lobbies et plaider

Toute la perception publique de l’ex-sénatrice de
New York s’est retrouvée marquée par ces « fautes
originelles ». En se présentant comme une First Lady
aussi compétente que son mari et ses ministres, elle
s’est aliéné les franges rétrogrades qui estimaient
qu’elle aurait mieux fait de « rester à la cuisine » (oui,

2/4

3

Directeur de la publication : Edwy Plenel
www.mediapart.fr

pour des réformes sociales… Sans oublier toutes les
théories nauséabondes de la conspiration qui circulent
sur internet, dans les publications d’extrême droite
et sur les talk-shows radiophoniques à propos de ses
turpitudes supposées : elle serait à la fois lesbienne
et coucherait avec plein d’hommes, Chelsea ne serait
pas la fille de Bill, elle aurait organisé le meurtre
d’un de ses amis avocat impliqué dans un scandale
immobilier…

qui comptabilise les vérités et falsifications dans les
déclarations des personnalités politiques américaines,
accorde un de ses meilleurs scores à Hillary (51 % de
déclarations véridiques, 27 % fausses), qui fait jeu égal
avec « l’intègre »Bernie Sanders (52 % véridiques,
28 % fausses). Trump, lui, pointe à 15 % de vérités et
69 % de mensonges !
Lors des primaires démocrates de 2008, lorsqu’elle
était opposée à Barack Obama, Hillary Clinton avait
un jour laissé entendre qu’il était plus difficile pour
les Américains d’élire une femme à la Maison Blanche
qu’un homme noir. À l’époque, cette remarque
lui avait été reprochée, sachant que sa campagne
n’avait pas forcément été subtile sur les questions
raciales. Aujourd’hui, alors qu’elle affronte en Trump
le pire candidat misogyne qui soit, cette remarque
devient tristement évidente, et elle éclaire en grande
partie ce capital de détestation qui colle à la peau
d’Hillary depuis deux décennies. Au-delà de ses
convictions et de ses contradictions politiques, qui
peuvent légitimement irriter les électeurs des deux
bords (nous les examinerons dans la troisième et
quatrième partie de notre série), l’ancienne avocate
d’affaires a clairement été clouée au pilori pour son
genre tout au long de sa carrière politique.

Comme tous ces remugles finissent un jour ou
l’autre par émerger dans la presse « sérieuse »,
ne serait-ce que pour être démentis par des contreenquêtes, Hillary Clinton a depuis longtemps choisi
de tenir les médias à distance. Ce qui, en retour,
a provoqué une obsession des journalistes à son
égard. Comme l’analyse très bien le reporter Jonathan
Allen, également biographe d’Hillary : « Tous les
journalistes qui couvrent Hillary courent après le
prix ultime du journalisme contemporain : obtenir
le scoop qui fera choir Hillary Clinton et son
empire politique familial. En cela, les médias et les
républicains partagent la même ambition. La moindre
bribe d’information est disséquée ad nauseam quand
bien même elle serait infondée ou marginale. »

La détestation d’Hillary Clinton avance souvent
dissimulée derrière des arguments idéologiques alors
qu’il s’agit en fait de sexisme. La manifestation la
plus évidente se trouve dans le camp des supporteurs
républicains qui, lors de la convention de leur parti
à Cleveland en juillet 2016, paradaient avec des teeshirts comportant ce genre de slogans : « Hillary Sucks
but Not Like Monica » (« Hillary vous baise, mais pas
comme Monica »), « Life’s a Bitch: Don’t Vote For
One » (« La vie est une salope, ne votez pas pour
une »), ou encore « Kentucky Fried Chicken Hillary
Special: 2 Fat Thighs, 2 Small Breasts 1 Left Wing »
(« Menu du jour spécial Hillary à KFC : 2 grosses
cuisses, 1 petite poitrine, 1 aile gauche »)…

La figurine « Hillary la casseuse de noix, plus une seule noix
à la Maison Blanche si elle est élue ». © Thomas Cantaloube

La presse américaine a consacré un nombre d’articles
record sur toutes les soi-disant malversations des
Clinton qui n’ont jamais été confirmées, ou qui
se sont dégonflées (scandale Whitewater, mort
de l’ambassadeur américain en Libye, destruction
d’emails confidentiels…), et fort peu sur les faillites
de Donald Trump ou ses acrobaties fiscales, par
exemple. Tout cela finit par influencer l’opinion
publique, de droite comme de gauche, qui voit en
Hillary une menteuse ou une calculatrice, en dépit
des études qui pointent le contraire. Le site Politifact,

« Au-delà du sexisme évident de Trump et
de nombreux électeurs conservateurs, celui-ci se
manifeste aussi de manière plus insidieuse dans
les attaques perpétuelles et la remise en question

3/4

4

Directeur de la publication : Edwy Plenel
www.mediapart.fr

constante d’Hillary Clinton et soi-disant de sa
“personnalité”», décrypte Jody Evans, une des cofondatrices de l’association féministe Code Pink.
Même l’éditorialiste conservateur bon teint du New
York Times David Brooks ne peut s’empêcher de jouer
sur cette partition quand il écrit en mai 2016 : « Elle
se présente tel un CV ou une note ministérielle. Sa
carrière semble la consumer entièrement. Que fait-elle
pour s’amuser ? Elle est tellement sérieuse, qu’elle
ressemble moins à un être humain qu’au logo d’une
grande entreprise. »

Marianne Cooper, une sociologue à l’Institute for
Gender Research. « De nombreuses études soulignent
que les femmes qui réussissent dans les domaines
traditionnellement masculins sont toujours perçues
comme étant “rugueuses”, “magouilleuses”, “peu
dignes de confiance” ou encore “égoïstes”. Or
ce sont les défauts que l’on reproche justement à
Hillary Clinton, mais qui ne sont généralement pas
jugés aussi négativement quand il s’agit d’hommes.
La candidature d’Hillary est jugée “anormale”, au
regard de la “normalité” en politique qui est :
un candidat masculin, une voix masculine, une
cravate… »

Et tant pis si l’on connaît depuis 25 ans les goûts
détaillés d’Hillary Clinton pour la lecture (essais,
polars), les séries télé, le yoga, les retransmissions
de football américain et de baseball, son nouveau
rôle de grand-mère, etc., toutes ses activités extrapolitiques qu’elle raconte dans chaque portrait qui lui
est consacré dans les médias… Tant pis également
pour son expérience et sa connaissance intime des
dossiers allant du statut de Jérusalem à la législation
sur les armes spécifique à chaque État américain,
qu’elle démontre, sans note ni prompteur, dans ses
meetings de campagne…

Face à Donald Trump, elle est tombée devant une
caricature grossière du sexisme ordinaire, mais aussi
un candidat tout à fait « anormal » dans sa catégorie.
C’est sans doute une chance pour elle de devoir
affronter quelqu’un d’aussi « mal aimé », quoique
pour des raisons différentes. Mais si Hillary Clinton
s’installe à la Maison Blanche, on peut être sûr que
le plafond de verre qu’elle sera parvenue à briser
continuera de la meurtrir de ses éclats.
À suivre, Les facettes d'Hillary Clinton (2/4):
réfugiée dans sa forteresse

« Tout ce que fait Hillary est soit différent de ce
que font les hommes et c’est mal, soit elle fait la
même chose qu’eux et c’est mal aussi », analyse

Directeur de la publication : Edwy Plenel
Directeur éditorial : François Bonnet
Le journal MEDIAPART est édité par la Société Editrice de Mediapart (SAS).
Durée de la société : quatre-vingt-dix-neuf ans à compter du 24 octobre 2007.
Capital social : 28 501,20€.
Immatriculée sous le numéro 500 631 932 RCS PARIS. Numéro de Commission paritaire des
publications et agences de presse : 1214Y90071 et 1219Y90071.
Conseil d'administration : François Bonnet, Michel Broué, Laurent Mauduit, Edwy Plenel
(Président), Sébastien Sassolas, Marie-Hélène Smiéjan, Thierry Wilhelm. Actionnaires
directs et indirects : Godefroy Beauvallet, François Bonnet, Laurent Mauduit, Edwy Plenel,
Marie-Hélène Smiéjan ; Laurent Chemla, F. Vitrani ; Société Ecofinance, Société Doxa,
Société des Amis de Mediapart.

4/4

Rédaction et administration : 8 passage Brulon 75012 Paris
Courriel : contact@mediapart.fr
Téléphone : + 33 (0) 1 44 68 99 08
Télécopie : + 33 (0) 1 44 68 01 90
Propriétaire, éditeur, imprimeur : la Société Editrice de Mediapart, Société par actions
simplifiée au capital de 28 501,20€, immatriculée sous le numéro 500 631 932 RCS PARIS,
dont le siège social est situé au 8 passage Brulon, 75012 Paris.
Abonnement : pour toute information, question ou conseil, le service abonné de Mediapart
peut être contacté par courriel à l’adresse : serviceabonnement@mediapart.fr. ou par courrier
à l'adresse : Service abonnés Mediapart, 4, rue Saint Hilaire 86000 Poitiers. Vous pouvez
également adresser vos courriers à Société Editrice de Mediapart, 8 passage Brulon, 75012
Paris.


Les facettes d’Hillary Clinton la mal-aimée.pdf - page 1/4
Les facettes d’Hillary Clinton la mal-aimée.pdf - page 2/4
Les facettes d’Hillary Clinton la mal-aimée.pdf - page 3/4
Les facettes d’Hillary Clinton la mal-aimée.pdf - page 4/4

Documents similaires


Fichier PDF les facettes d hillary clinton la mal aimee
Fichier PDF partie 2 a
Fichier PDF la pensee de la nouvelle droite americaine
Fichier PDF trump se donne des airs de president normal
Fichier PDF palestine larnaque historique du plan de paix americain
Fichier PDF devant le senat james comey plombe donald trump


Sur le même sujet..