BERTRAND ROBERT Version Finale madeleine Filippi .pdf


Nom original: BERTRAND_ROBERT_-_Version_Finale_madeleine_Filippi.pdfAuteur: M

Ce document au format PDF 1.4 a été généré par Writer / LibreOffice 4.4, et a été envoyé sur fichier-pdf.fr le 17/10/2016 à 12:21, depuis l'adresse IP 128.79.x.x. La présente page de téléchargement du fichier a été vue 319 fois.
Taille du document: 75 Ko (2 pages).
Confidentialité: fichier public


Aperçu du document


Bertrand ROBERT et l’esthétique du « Parlêtre » lacanien
Après un arrêt de quinze ans, Bertrand Robert recommence à dessiner. Le choix du
médium n’est pas anodin. Selon l’artiste, à l’instar du rêve, le dessin dévoile des
automatismes et offre une capture sensible de la psyché. Il offre alors à l’artiste une
grande liberté. S’il est vrai que Bertrand Robert ne se réclame pas de la
psychanalyse, il nous a paru révélateur de faire dialoguer sa pratique avec les
concepts lacaniens à l’heure d’une remise en question de la notion de sujet au sein
de nos sociétés ultras connectées.
Le point de départ de son travail est souvent une photographie trouvée sur internet,
sur laquelle l’artiste imagine une histoire, décline un contexte. Il s’intéresse tout
particulièrement à ce principe d’intimité dévoilée et à ces rouages. A l’image que l’on
met de soi sur internet, qui est bien souvent une mise en scène, et qui devient un
masque, dans un comportement de communication de groupe. Ces œuvres
interrogent ainsi notre rapport à l’image et à la révélation de l’intimité, plus
précisément notre rapport structurel au « ça » freudien. Il invente des personnages
fictifs qu’il montre sous différents aspects, il en dévoile l’intimité psychologique afin
de montrer les dessous des masques sociaux. C’est exactement dans ce travail de
composition, qui débute avec l’utilisation d’une image préfabriquée par nos nouveaux
mécanismes sociaux que se situe tout l’intérêt de la démarche de l’artiste. Cette
esthétique, très graphique, qui fait échos aux estampes japonaises mais aussi le jeu
de superposition, toujours présent dans la composition, nous plonge dans un monde
symbolique, au sein même du principe du « Parlêtre » lacanien1.
Pour Lacan, le sujet se construit par son accès au monde symbolique. Toutefois,
lorsqu’il entre dans le mécanisme du langage, il s’y aliène, il y perd quelque chose.
Lacan nomme cette opération la « Spaltung » ou la « fente du sujet ». La
composition dans les œuvres de Bertrand Robert semble nous plonger dans cette
intimité où encore captif du regard de l’Autre le « moi social », nous tentons quand
même d’accéder à nos désirs propres d’identification.
Cette plasticité du « Parlêtre » lacanien se traduit dans les œuvres de Bertrand
Robert par le travail de composition. En effet la structure, est élaborée sur un
principe de dualité - réciprocité des éléments de la composition. Ainsi l’artiste associe
un ou bien plusieurs personnages, avec des objets ou des formes géométriques très
épurées, libérées de toutes temporalités et géographies, créant ainsi un subtil jeu
d’opposition et/ou d’association entre le signifiant et le signifié. Par cette composition
très structurelle - qui souligne encore une fois le lien entre la démarche de l’artiste et
la pensée lacanienne – sorte de photomontage - l’artiste parvient à exprimer les
paroles inconscientes, celles que l’on dissimule aux autres. Cette approche
structuraliste chez Bertrand Robert, est de l’ordre de « l’effeuillage ».
Progressivement l’artiste dévoile le rapport à l’intime, il montre le dessous des
masques et des carapaces normées par la doxa. Cependant le discours n’est pas à
proprement parler sur la psychologie humaine, mais plutôt une tentative de
représentation des silences. C’est pourquoi, la place du « verbe » le « moi » et « sur
moi » coexistent au sein de l’œuvre. Bertrand Robert dessine nos résonnances
émotionnelles. Il créé ainsi une passerelle sensible par laquelle le spectateur peut se
saisir de l’œuvre et s’identifier. L’artiste interroge nos rapports aux autres et donne à
1

Ce terme apparaît pour la première dans la conférence de J.Lacan sur Joyce : « Joyce le symptôme II », dans Joyce avec
Lacan, Paris, Navarin, 1987.

voir nos difficultés à communiquer, à nous définir au de là de nos carapaces et de
nos protections. Ces dessins, sortes de haïku visuels, sont marqués de l’estampille
de l’échec de la communication. La composition de ses œuvres met en exergue
deux mondes, deux univers ne parvenant pas à dialoguer et dans laquelle la
possibilité d’une projection symbolique de nos rapports conflictuels avec autrui
semble se déployer.
Madeleine Filippi


BERTRAND_ROBERT_-_Version_Finale_madeleine_Filippi.pdf - page 1/2


BERTRAND_ROBERT_-_Version_Finale_madeleine_Filippi.pdf - page 2/2



Télécharger le fichier (PDF)


BERTRAND_ROBERT_-_Version_Finale_madeleine_Filippi.pdf (PDF, 75 Ko)

Télécharger
Formats alternatifs: ZIP



Documents similaires


bertrand robert version finale madeleine filippi
dp mapplethorpe rodin 2014
le symbolisme paleochretien
sujet de la folie sujet de la raison
la lettre entre savoir et jouissance
flyer xy copie 2

Sur le même sujet..