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EDITO
Salut les spasmophiles,
Ça y est, vous tenez enfin entre vos mains le numéro 12 que vous attendiez tant  !
Comme le précédent, celui-ci a mis un moment à être concocté, la faute à des emplois
du temps personnels un peu chargés, mais pas seulement. Il ne vous aura pas échappé
que le printemps 2016 a été quelque peu agité par le mouvement contre la loi Travail.
Le fonctionnement de Spasme étant difficilement compatible avec un commentaire en
temps réel de l’actualité, nous avons pris le parti de vous proposer notre analyse de cette
mobilisation après coup.
Autant vous le dire tout de suite, nous ne sommes pas vraiment optimistes sur ce qui
peut en ressortir. Ce mouvement a peu mobilisé comparé aux précédents qui ont rythmé
le paysage social depuis plusieurs dizaines d’années. Les actions sont restées symboliques
et les discours majoritairement réformistes, parfois même chez les franges réputées radicales. Il n’y avait pas non plus à gratter longtemps pour voir des idées réactionnaires bien
cracras pointer le bout de leur nez.
C’est dommage pourrait-on dire, mais au final est-ce bien étonnant ? Au pays des charlies,
assez logiquement, les revendications se limitent à réclamer un travail pépère et des flics
gentils. Y a pas à dire, à notre époque on sait rêver en grand !
Si la forme de la lutte est d’importance, sans volonté elle n’est donc rien (et au printemps
nous étions bien peu à l’avoir). Nous ne dirons pas qu’il est facile de combattre les rapports d’exploitation qui structurent notre société ni les rapports de domination qui y
prospèrent. Certains sont même profondément ancrés en nous et la servitude a parfois
quelque chose de confortable. En prendre conscience c’est déjà pas mal, un sacré point
de départ, mais on se rend alors compte de l’énorme boulot qui reste à faire, car en face
il y a du lourd. Il ne s’agit pas d’attendre le Grand Soir, ni de chercher à le préparer en
rejoignant une avant-garde à la con ; si il arrive un jour il nous surprendra comme les
autres. En attendant, comme on peut pas baisser les bras, faut lutter au quotidien contre
ce monde de merde, en essayant de pas en rajouter (de la merde), de pas croire qu’on
détient la vérité, de pas trop se compromettre, de pas déprimer, de pas être un connard
ou une connasse, de faire gaffe car, comme il est dit dans un chouette film, « on ne peut
combattre l’aliénation avec des moyens aliénés. »*. Et c’est pas toujours simple. Alors bon
courage et bonne lecture ! 
M.&C.
* Le film c’est La Dialectique peut-elle casser des briques de René Viénet, 1973.

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