Récit GRR 2016 Sam .pdf



Nom original: Récit GRR 2016 Sam.pdfTitre: Microsoft Word - Récit GRR 2016 Sam.docxAuteur: svoruz

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Grand Raaid de la Réunion 2016 
220 au 23 Octobrre 

Cette avventure a com
mmencé en 2
2014. Je vou s ferai grâce
e du récit (tou
ujours dispo nible dans le
es 
bonnes llibrairies ou sur demande) d’il y a de ux ans, maiss il est importtant de reve nir sur les 
enseigneements de m
mon expérien
nce au Grandd Raid cette aannée‐là pou
ur appréhendder la maniè
ère dont 
je me suis préparé en 2016. J’ava
ais alors idenntifié 10 « errreurs » (je le
es reprends cci‐dessous te
el que 
on récit de l’éépoque) qui m’avaient em
mpêché de tterminer cettte année‐là :: 
dans mo
EErreur N°1 : ne pas avoir prris plus d’un saachet de poud
dre Hydrixir da
ans avec moi ((1 autre m’atttendant 
d
dans chaque a
assistance) 
EErreur N°2 : Jee commets po
ourtant de groosses erreurs q
que je paierai par la suite enn ne gardant p
pas mes 
m
manchons et m
mon cuissard de compressiion, trempés eet maculés de boue. 
EErreur N°3 : M
Mais surtout, e
en troquant m
mes Salomon p
pour mes Hoka
a, stratégie im
maginée de lon
ngue date 
p
pour gagner een confort en ccours de routee, je fais la bêêtise de ne pass transférer m
mes semelles 
o
orthopédiquess, moi qui n’ai même jamaiis couru avec les semelles d
d’origine de m
mes Hoka ! Je m
modifie 
a
ainsi radicalem
ment mes app
puis, ce que jee finirai par pa
ayer. 
EErreur N°4 : C
Ce n’est pas fin
ni ! Lorsque Frrançois, le kinéé qui s’occupe
e de moi, me qquestionne surr mon 
h
hydratation, iil en vient rapiidement à connclure que je b
bois trop et qu
ue j’élimine ain
insi de précieu
ux 
m
minéraux. Pou
urtant très disscipliné depuiss le début de ccourse, m’effo
orçant de boire
re 500mL par h
heure, je 
rrelâcherai inco
onsciemmentt mon attentioon, donnant trrop de crédit à
à ces paroles pprononcées à la légère. 
EErreur N°5 : ne pas être tou
ut de suite alléé voir le servicce médical alors que mes teendons me fon
nt souffrir 
d
derrière le gen
nou droit. 
EErreur N°6 : see faire strappe
er par une infifirmière. 
EErreur N°7 : …
…ne pas m’être
e rasé avant laa course ! 
EErreur N°8 : ne pas avoir co
ommencé par  manger, pourr laisser faire lla digestion peendant les soiins. Au 
llieu de ça, j’avvalerai en vite
esse du riz et ddu poulet bouccané, qui aura
a du mal à passser dans la d
descente 
ssuivante, asseez rapide. 
EErreur N°9 : ne pas avoir sig
gnalé mes douuleurs à Rochee Plate ! 
EErreur N°10 : a
avoir abandon
nné sans recoonsidérer la ch
hose avec Stép
phanie ou mêm
me simplemen
nt dormi. 

Il est clair que la préparation à ce
ette nouvellee tentative ccommençait par tirer dess leçons de chacune 
des erreurs commisees en 2014. 
Dès 20155 et ma répéétition générrale qu’a connstituée l’Ech
happée Belle j’avais mis een place une 
nouvellee organisation : 






SSachets de p
poudre pour recharger enn boisson iso
otonique tout au long de  la course 
SShort et man
nchons de co
ompression dde rechange dans mon sa
ac assistancee 
22 paires de cchaussures id
dentiques (M
Mizuno Wave
e Mujin) avecc 2 paires dee semelles 
o
orthopédiqu
ues 
JJe me rase avant la coursse ! 
JJe reconsidèère complète
ement ma strratégie alime
entaire 

Hormis ccela, j’ai égallement comp
pris que de nne pas avoir de veste imp
perméable avvait été également 
une erreeur. Une capee de pluie léggère serait uun plus, en caas de forte pluie. De pluss, je devais disposer 

de vêtements chauds, dans un sac étanche, à renouveler dans chaque sac d’allégement. Enfin, un 
lecteur MP3 devrait m’aider pour affronter la seconde nuit, propice aux doutes 
L’Echappée Belle a pleinement validé tous ces ajustements avec une jolie course, assez fluide, 
terminée en moins de 40 h (39h37), main dans la main avec l’ami Denis (Grémeaux). 
En plus, cette année, j’arrive à la Réunion avec une douleur au tendon rotulien gauche. Je décide 
donc, en préventif, de me poser un K‐Tape : 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
L’avenir dira l’efficacité de la démarche ! 
Cette année, nous avons décidé d’arriver très peu de 
temps avant la course pour profiter pleinement des 
vacances après. Arrivé mardi, je me rends dès mercredi à la 
remise des dossards avec Guilhem, avec qui nous avons 
longuement échangé sur l’équipement, l’alimentation, les 
temps de courses lors de notre pasta party de la veille. Il 
me présente à ses amis. Tout doucement, chacun rentre 
dans sa course. Je suis encore étonnamment calme, 
l’expérience aidant. 
  
 
 
Le départ est prévu pour le jeudi soir, à 22h. Au 
programme : 



Essayer de faire une bonne sieste 
Préparer les sacs (de course et d’allégement) 




Se préparer (k‐tape, crème anti‐frottement) 
Faire un bon dernier repas, vers 18h 

Ces dernières heures sont longues, avec les habituels doutes sur le matériel (je décide d’ailleurs de 
finalement me passer de ma poche à eau et de ne garder que les bidons [2x600mL] ; ce choix 
s’avérera gagnant) ou sur les temps de course. 
La préparation des sacs est facile grâce à la check‐list que j’ai préparée déjà depuis plusieurs 
semaines (il ne s’agissait pas d’embarquer pour la Réunion sans être sûr d’avoir tout le matériel 
nécessaire) : 
A porter au départ
Sac assistance 1 Sac assistance 2 Sac assistance 3
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Mizuno Wave 
Mujin 2 
Hoka Rapanui 2
Tongs
Rouges/Jaunes 
bis
Chaussettes
Xsocks (récentes)
BV Sport
Salomon
Short
Salomon noir
Salomon gris

Marron
Icebreaker noir
Icebreaker bleu
Salomon blanc
T‐Shirt en coton
Vêtements
T‐Shirt
T‐shirt orga
Débardeur orga
Manchons
Noirs
Verts

Caleçon
KNA rouge
KNA bleu

1
Sac
Raidlight Olmo 8


Gants
Mitaines salomon
Icebreaker fins

Veste
Imperméable Raidlight


Sous‐vêtement 
Haut 
Sous‐vêtement thermique 
thermique 

manches 
Mizuno (zippé)
Mizuno (ITT)
longues
Gobelet
gobelet vert
Couverture 
1
1
1
de survie
Bandes 
2x2,5m en largeur 6 à 8 cm


élasto
Crème 
Dans le sac
1


solaire
(vêtements
Stick solaire
1


/matériel)
2 bidons 600mL + 2 flasques 
Réserve eau
200 mL, soit 1,6 L


+ poche à eau
Pochette
CI+CB+20€


Batterie/Câ
Batterie+câbles montre+tél


bles
Pezl Nao+batterie de 
Frontale de 
Frontale de 
Lampe
rechange
rechange
rechange
Crème anti‐
Nok
Bépanthène
Bépanthène
frottement
Téléphone
FP2+Nokia


4 doses bidon  4 doses bidon 
Poudre
4 doses bidon 600mL
600mL
600mL
Biscrus+noix de 
Biscrus+noix de  Biscrus+noix de 
Nourriture/
Salé
cajou+amandes 
cajou+amandes  cajou+amandes 
Boisson
salées/grillées
salées/grillées salées/grillées
Sucré
Cookies
Cookies
Cookies
Sucré 2
4 gels
4 gels
4 gels
Sucré 3
3 barres
3 barres
3 barres
2 sachets Soluté 
2 sachets 
Sporténine, Soluté de 
Méd.
de 
Soluté de 
En plus
réhydratation
réhydratation réhydratation
Lecteur MP3

Lecteur+casque

Serviette de 
Autre
toilette
Chaussures

Mizuno Wave Mujin 2 
Rouges/Jaunes

A ceci se rajoutent les Buff et des bandes de k‐tape de rechange. 
Le tout étalé sur le lit, ça commence à faire du volume ! 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Allez hop, tout est emballé, c’est parti pour le dernier repas, miam ! 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Quand on se prépare au Grand Raid, il vaut mieux aimer poulet et le riz, parce que c’est souvent au 
menu ! 
 
 
 

Décollage pour St Pierre ; arrivé là‐bas, on attend Guilhem avant de rentrer dans le sas pour le 
contrôle des sacs. A partir de là, il ne sera plus possible d’être en contact avec la famille ! 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Dernière photo avec Guilhem, et ça sera la longue attente, assis dans les cailloux : 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Pfiou, après avoir déposé les sacs d’allégement et le contrôle du matériel obligatoire, nous 
retrouvons Maxime, Christophe et Emmanuelle. Nous tentons tous de grapiller quelques minutes de 
sommeil entre les pauses pipi, de plus en plus rapprochées que l’heure approche ! A 21h15, quelques 

coureurss décident dee se lever, to
out le mondee suit, ça y esst, on va piéttiner 45’ ava nt le départ  Un 
raideur rrevient des ttoilettes à ce moment, il  avait laissé sson sac au so
ol et va certaainement galérer 
pour le rretrouver ; lee genre de m
mésaventure  qui aurait bien pu m’arriiver puisque  j’étais à deu
ux doigts 
de partirr faire pipi au
u moment du
u « mouvem
ment de massse ». Ouf, un gros stress dd’évité de justesse. A 
15’ du déépart, les chiens sont lâcchés, les barrrières s’ouvrent, le pré‐départ se faitt dans la confusion, je 
n’ai jamaais été aussi chahuté dep
puis le conceert de Sonic YYouth à Rockk‐en‐Seine !  Nous arrivon
ns à nous 
placer prrès de la fam
mille à proxim
mité de la lignne. Un dernier baiser à chacun et c’eest déjà le compte à 
rebours.. C’est parti p
pour une belle balade quui devrait resssembler à ça
a : 

 
L’avant d
dernière colo
onne me don
nne les tempps de passage
e pour finir e
en 48h, ce quui est l’objecctif 
affiché. LLa dernière, pour arriverr en 40h. Je ppense arriverr un peu entre les deux m
mais ça, on va bien 
voir maintenant ! 
 

Départ – St Pierre ‐ 0 km – Jeudi 22h00 
Nous restons ensemble avec Guilhem sur ces premiers kilomètres. C’est aussi magique qu’en 2014 
même si je suis surpris qu’il n’y ait pas de feu d’artifice. La foule est par contre toujours aussi dense, 
la musique aussi forte, les encouragements nous galvanisent. J’ai du mal à suivre Guilhem qui sinue 
entre les coureurs. Je sais qu’il faut suivre pour éviter les bouchons plus tard. Nous gérons aussi 
notre envie de faire pipi qui nous torture depuis 1h, en attendant un endroit adapté pour nous 
arrêter. Ça y est, les fusées retentissent ! Le feu d’artifice est tiré 2km après le départ, les lumières se 
reflètent dans la mer, la fête est à son à comble, nous sommes comme portés sur ce début de 
course! Nous nous élevons rapidement et nous rapprochons des champs de canne que nous 
traverserons jusqu’au premier ravitaillement de domaine Vidot. La tant attendue pause pipi arrive 
enfin, au prix de 50‐60 places de perdues, ça va vite à ce moment de la course (les premiers partent à 
18km/h sur le front de mer !), mais on ne peut pas se permettre de garder une quelconque gène. 
Nous reprenons à vive allure, sans forcer. Après 7 km, Guilhem baisse le pied et s’arrête pour 
desserrer son strap à la cheville. Il me dit d’y aller, qu’il va me rattraper. Nous ne le savons pas 
encore mais nous ne nous reverrons plus avant St Denis… 
Les jambes sont bonnes, je ne sens pas mon genou, je suis heureux de partir dans la douceur du soir. 
C’est tellement bon d’enfin partir, après 2 ans d’attente ! 
1er Ravitaillement – Domaine Vidot – 14 km – Jeudi 3h37 (1h37 de course) – 491ème 
Je suis bien, déjà 11 minutes de moins qu’en 2014. Je prends le temps de remplir les bidons et je 
repars en 2’, super timing. J’ai décidé de faire vite aux ravitaillements cette année mais sans rien 
négliger (hydratation, alimentation, matériel). Tout a été pensé pour aller vite, je pense à ce que je 
dois faire avant d’arriver, le sac est bien organisé, tout roule et ça donne encore plus de confiance. 
Je repars sans regarder derrière moi, je sais que ça va commencer à grimper ! Je prends une bonne 
allure, sans forcer. Il y a quelques ralentissements dans les passages raides et étroits au travers la 
forêt qui me donnent un peu de répit. Je saisis chaque occasion pour grapiller quelques places. Les 
sensations sont vraiment excellentes. Je sais que la nuit tout est plus facile alors je veux en profiter 
au maximum pour avancer. Je pense mettre 2 h pour atteindre Notre Dame de la Paix. Je regarde 
régulièrement la montre mais pas trop. Je sais qu’il faut se focaliser sur le court terme pour ne pas 
déjà m’user mentalement. J’ai mis en place cette stratégie de micro‐objectifs depuis l’Echappée Belle 
et c’est bluffant d’efficacité. A ne penser qu’à la fin de la montée, à la prochaine portion de plat ou 
chaque palier de 100m D+, on s’offre autant de petites victoires qui boostent le moral, d’autant plus 
que ces échéances arrivent un peu plus tôt que prévu. Toujours beaucoup de public dans la montée 
et notamment un groupe de femmes qui hurlent « Qui c’est les plus forts, les Raideurs », sur l’air de 
« Qui c’est les plus forts, évidemment c’est les Verts » ! Le temps se rafraîchit. Je sais déjà que je 
peux continuer en t‐shirt jusqu’à ND de la Paix mais que je devrai mettre le haut à manches longues 
là‐bas. Je me contente des manchettes et du buff en attendant. 
2ème Ravitaillement – Notre Dame de la Paix – 25 km – Vendredi 1h40 (3h40 de course) – 416ème 
Me voilà arrivé en 2h01 depuis mon départ de Domaine Vidot : objectif rempli ! J’ai à présent 26’ 
d’avance sur mes temps de 2014. Je fais le plein d’eau, de boisson énergétique, je m’habille pour la 
nuit. En 5’, je peux repartir. Pas question de ne pas profiter de cette bonne dynamique. Je sais que 
les deux prochaines sections sont très courtes, assez roulantes, il faut faire tourner les jambes. Je 

continue à doubler tranquillement, sans forcer le rythme pour ne pas gaspiller mes forces. La route 
est longue ! 
3ème Ravitaillement – Piton Sec – 35 km – Vendredi 3h31 (5h31 de course) – 364ème 
Cette section est très vite passée. Je savoure le fait de faire ces étapes au sec alors que la pluie avait 
déjà commencé à tomber à ce moment‐là deux ans plus tôt. Je refais le plein d’eau, content de voir 
que j’arrive à m’hydrater à 600mL/h, comme prévu. Textor est proche, bientôt la première descente. 
4ème Ravitaillement – Piton Textor – 41 km – Vendredi 4h31 (6h31 de course) – 327ème 
Je me suis calé derrière une féminine qui a un bon rythme, sans me mettre en surrégime. Je continue 
de grapiller sans souffrir. J’entrevois la possibilité d’arriver à Mare‐à‐Boue à l’aube, je prends 
toujours plus d’avance sur 2014, déjà plus d’1h à Textor. Je recharge à moitié en eau, je sais que la 
descente devrait être rapide, sans boue pour une fois !! 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Une première descente roulante, ça fait du bien après plus de 2000m D+ 

Cette descente est roulante et efficace, une fois de plus, les conditions bien meilleures qu’en 2014 
me galvanisent. Je sais déjà que je serai à Mare‐à‐Boue avant 6h et que je n’aurai aucune raison d’y 
trainer. 
 
 
 
 
 
 
 
 
A l’approche de Mare à Boue avec le Piton des Neiges en toile de fond 

5ème Ravitaillement – Mare à Boue – 51 km – Vendredi 5h47 (7h47 de course) – 294ème 
Arrivée à Mare à Boue avant le lever du soleil. Je prends une soupe, je recharge en eau avant la 
longue montée du coteau Kerveguen et c’est reparti ! 
 
 
 
 
 
 
 
 
Eh, toujours vaillant après 7h47 de course, au stand SFR de Mare‐à‐Boue ! 

 

 

Je discute un peu avec Jenn, une concurrente anglaise au sourire communicatif. Elle attend Cilaos 
avec impatience où elle espère bénéficier d’un massage ! La lumière est belle et j’en profite pour 
prendre quelques photos : 
 
 
 
 
 

Lever de soleil sur le Piton des Neiges 

 
 
 
 
 
Il y aussi des fleurs des champs dans les pâturages réunionnais, mais ce sont des arums ! 

J’accélère un peu et je me retrouve avec un toulousain, bénévole sur l’Echappée Belle cette année 
mais qui a aussi couru le 85km. Nous échangeons quelques minutes sur cette jolie course puis je le 
laisse partir pour ne pas me mettre dans le rouge. 
 
 
 
 
 
 
 
La fin de la montée se fait au mental tant cette crête est longue et répétitive. Combien de fois se 
croit‐on arriver avant d’avoir à remonter après une petite redescente ? (il faut se préparer à ce 
schéma si on se lance dans la préparation du Grand Raid car il se reproduit très souvent !) Entre 
temps, le ciel s’est un peu couvert, une fine bruine tombe sans trop nous gêner. 
 

 

Une fois arrivé, je bascule sans m’arrêter dans la descente vers Mare à Joseph. Celle‐ci a terrible 
réputation tant elle est raide, si raide qu’elle est ponctuée de 12 échelles métalliques ! Pourtant, je 
n’avais pas trop souffert de cette descente il y a deux ans et je n’éprouverai pas trop de difficultés 
cette fois encore. Cilaos nous fait déjà de l’œil : 
  
 
 
 
 
 
 
 
On entend même parfois le speaker du stade au détour d’un virage. 
6ème Ravitaillement – Mare à Joseph – 63 km – Vendredi 8h38 (10h38 de course) – 269ème 
Bon, je remplis juste un bidon, la base vie est proche même si je me souviens de la ravine à franchir 
juste avant Cilaos. Heureusement, il ne fait pas encore trop chaud ! De quoi avoir le sourire pour les 
photos  
 

  
 
 
 
 
 
 

 

7ème Ravitaillement – Stade de Cilaos – 67 km – Vendredi 9h17 (11h17 de course) – 263ème 
Et voilà, première partie bouclée ! Objectif, repartir à neuf en moins de 30’. Je passe vite prendre 
mon sac d’allégement et je file à la cantine, où j’avale une assiette de pâtes sauce tomate et une 
pomme. J’en profite pour faire le plein d’eau. Je me pose ensuite sur la pelouse du stade où un léger 
crachin nous rafraîchit. Je remets de crème anti‐frottement (Bépanthène sur les aisselles, tétons, plis 
de l’aine, épaules, bas du dos ; NOK sur les pieds), je change de chaussettes et de chaussures 
(toujours les Mizuno mais comme les mousses s’écrasent au fil des km, ce la permet de regagner en 
confort). C’est aussi le moment de refaire le plein de gels, barres, cookies, noix de cajou et amandes. 
Je reprends deux sachets de soluté de réhydratation, qui pourront m’être utiles en cas de difficulté à 
m’hydrater dans les moments difficiles. Je lâche la montre GPS qui est déjà à court de batterie : la 
recharge sur batterie en course, qui avait si bien fonctionné sur l’Echappée Belle l’an dernier, n’est 
pas une réussite cette fois ; probablement du fait d’une certaine usure de la connectique (il faut dire 
que la pince Suunto n’est pas des plus pratiques). Enfin, je repars en manches courtes avec un t‐shirt 
sec ; je remplace la 2nde peau, les buffs, les gants dans le sac étanche. C’est bon, paré ! 30’ chrono, je 
suis reparti. Je passe quand même un coup de fil à Julie, la femme de Guilhem, qui devait me porter 
mes flasques de Chia Fresca. Elle est toujours bloquée dans les bouchons dans la montée de Cilaos  
Tant pis, je prends quand même des nouvelles de Guilhem qui est 1h‐1h30 derrière, quelques 
encouragements, et on remet le turbo ! 
Je plonge un peu dans l’inconnu à présent puisque le parcours entre Cilaos et Roche‐Plate est 
différent de 2014, même si j’ai déjà gravi le col du Taïbit avec Stéphanie lors de notre première venue 
sur l’île en 2006. 
La section commence par une jolie descente sur la cascade de Bras‐Rouge pour se refaire la cerise 
avant la terrible montée du Taïbit. Je retrouve Jenn…qui ne s’est pas fait masser à Cilaos ! Elle 
m’explique qu’elle a plutôt l’habitude de jouer les premiers rôles mais que c’est sa course de reprise 
après un accident de ski l’hiver dernier qui lui avait valu une jolie fracture (de quoi, je n’ai pas 
compris…). C’est un concept de reprendre sur le Grand Raid  
Passé Bras‐Rouge, s’ensuit un raidard qui tabasse sec, en plein cagnard à une heure où le soleil est 
déjà haut. Ouch, j’encaisse le coup, c’est mon premier moment difficile de la course. Il faut laisser 
gentiment passer l’orage, je sais que le ravito n’est pas loin, avant de rentrer dans le vif du sujet tout 
en sachant qu’en gagnant de l’altitude, l’atmosphère se rafraichira en même temps que la végétation 
se fera plus dense. Je vois aussi que le passage dans Mafate se fera dans les nuages, ce qui ne sera 
pas désagréable à l’heure du zenith solaire.  
8ème Ravitaillement – Début sentier du Taïbit – 74 km – Vendredi 11h12 (13h12 de course) – 247ème 
J’ai encore gagné quelques places à la faveur d’un arrêt à Cilaos plus bref que la moyenne mais pour 
être honnête, je ne m’occupe pas du tout de mon classement à ce moment de la course, je ne le 
demande pas d’ailleurs. Je sais juste que je progresse grâce aux SMS reçus des amis et de la famille. 
Je n’ai pas le temps de tout lire et surtout je les garde, comme on garde une gourmandise, pour les 
moments difficiles. Incroyable le bien que cela peut faire quand le doute commence à poindre ! 

Je repars avec le plein pour 800m D+ et une gentille descente sur Marla dans la foulée. Je rejoins un 
breton dans la montée qui m’explique qu’il est dans ses temps de passage de l’an dernier où il avait 
atteint Marla à 13h18…puis St Denis en un peu plus de 38h. Si je commençais à penser qu’arriver en 
environ 40h était réaliste, je prends conscience à ce moment que si je faiblis pas, il y a la place pour 
faire mieux encore ! Je prends un bon rythme dans cette montée, le coup de chaud est passé. Une 
pause tisane à l’îlet des 3 Salazes et je fonds sur le col du Taïbit. 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Derniers hectomètres avant le Taïbit et ses beaux éperons rocheux – ça semble couvert de l’autre côté ! 

Je double Désiré, un concurrent martiniquais qui a traversé la terre pour faire la Diagonale, et 
bascule dans Mafate un peu après 12h30. Un dernier coup d’œil sur Cilaos : 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Un petit oratoire avant de voir disparaître le cirque de Cilaos et aparaître celui de Mafate : l’île de la Réunion n’en manque 
pas ! 

Ça y est, je suis rentré dans Mafate, le cœur de la course. Mon aptitude à passer ce cirque sans y 
laisser trop de plumes sera déterminante. En attendant, mon petit breton m’a donné un temps de 
passage objectif, alors je déboule sur Marla à toute vitesse ! 
9ème Ravitaillement – Marla – 80 km – Vendredi 13h07 (15h07 de course) – 232ème 
Et bim, 11min de mieux que la Bretagne ! Il y a deux ans, j’avais passé 45’ ici, m’y étais fait poser mon 
premier strap, j’avais aussi avalé une assiette de poulet boucané que j’avais mis 3h à digérer, au prix 
d’une sieste dans la montée vers Roche Plate…améliorable comme bilan ! Cette année, en 5’, je fais 
le plein, j’avale une soupe et verre coca, quelques quartiers de pomme et tronçons de banane et je 
repars. Je sais que la section à venir n’est pas trop compliquée. Je décide de la gérer sans trop forcer 
mais sans m’emballer non plus. Je n’ai pas encore passé la mi‐course… 
La montée vers le col des Bœufs est un peu plus longue que dans mon souvenir (je l’avais descendu 
en 2014). Je fais le yoyo avec quelques concurrents, je ne suis pas dans ma meilleure section. Au 
moment de passer le col des Bœufs, je me couvre. Il y a un crachin…breton qui me fait craindre pire. 
J’arrive à la Plaine des Merles où j’avais essuyé ma deuxième hypothermie en 2014 alors forcément, 
ça rappelle certains souvenirs… 
J’arrive au ravito – pas de pointage, qui ne se fera que deux kilomètres plus loin, au départ du Sentier 
Scout – et là, bonne surprise : ils ont préparé des patates douces ! Super, j’avais besoin d’énergie, de 
casser la saturation du sucré. Le plein d’eau et je repars pour une petite section roulante avant de 
rebasculer sur Mafate après cette brève incursion dans le cirque de Salazie. 
10ème Ravitaillement – Sentier Scout – 89 km – Vendredi 15h21 (17h21 de course) – 214ème 
Je ne connais pas du tout cette section mais Guilhem m’en a parlé : une grosse descente, pas trop 
technique, sur laquelle il peut être tentant d’envoyer ! J’y vais gentiment, ni trop lentement ni trop 
vite. Je commence déjà à penser au terrible enchaînement Roche Ancrée‐Maïdo qui m’attend la nuit 
prochaine, je sais qu’il ne faut pas s’entamer sur les sections précédentes. 
 

 

J’arrive rapidement sur la crête effilée qui surplombe Ilet à Bourse : quelle splendeur ! 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Je double les Joëlettes là où la crête est la plus étroite. Je suis impressionné par le courage et 
l’altruisme de ces coureurs généreux, qui portent des handicapés sur ces chemins escarpés, pour leur 
faire vivre un rêve. C’est beau et ça fait oublier ses petits soucis ! Je dévale les pentes vers Ilet à 
Bourse galvanisé par cette rencontre. Je m’émerveille tour à tour en passant sous les filaos et sur le 
tapis d’épines qui font de cette portion un régal (rien ne vaut l’amortissement des épines de 
conifères !) puis devant un bosquet de bambous gigantesques : leur section est celle d’un chêne de 
150 ans ! Impressionnant ! 
 

 

11ème Ravitaillement – Ilet à Bourse – 97 km – Vendredi 16h50 (18h50 de course) – 205ème 
Bientôt le cap psychologique des 100km ! Ravito rapide, celui de Grand Place les Bas sera plus 
complet. Je passe en coup de vent. 
12ème Ravitaillement –Grand Place école – 100 km – Vendredi 17h34 (19h34 de course) – 195ème 
Cette fois‐ci, ça y est : 100 km ! Je m’assieds pour me refaire les jambes avant le gros morceau qui 
m’attend pour sortir de Mafate : presque 2000mD+ dans les 15 prochains kilomètres ! Une bonne 
soupe pour bien se réhydrater. Il fera nuit dans moins d’une heure, je mets aussi la frontale à portée 
de main. Allez, je me suis offert une belle pause, il faut repartir pour faire un maximum de route aux 
heures fraîches. 
Là encore, je suis content d’avoir un peu étudié le parcours. Car la première montée peut faire mal 
au moral tant cela fait mal de monter 300 m et d’en redescendre 400 juste après, jusqu’à la rivière 
des galets. Cette descente est très raide, technique et même très glissante au début tant la terre est 
sèche. Je suis dans un petit groupe – peu bavard malheureusement – de 5 coureurs. Celui qui me 
précède manque 4 à 5 fois de se ramasser. Il n’a pas une foulée très sûre (ou alors plus de crampons 
sur ses chaussures ?). Je garde quelques mètres d’écart pour ne pas me faire entraîner dans une 
chute. 
Je traverse la rivière entre chiens et loups ; il est temps de sortir la lampe. Nous y voilà : la montée de 
Roche Ancrée. Guilhem m’a prévenu : il y a deux descentes au cours de la montée vers Roche Plate. 
Mieux vaut le savoir. J’attaque cette deuxième nuit sur un bon rythme. Je dépose mes compagnons 
de descente. Je me sens plutôt bien jusqu’à 19h30 avant de connaître un gros coup de mou. La 
fatigue se fait sentir après près de 22h de course ; je papillonne des yeux, certaines plantes prennent 
des allures étranges, les hallucinations me prennent. Je prends un gel à la caféine mais je sais que 
l’effet ne va se faire sentir immédiatement. Je serre les dents, je sais que je traverse une passe 
difficile et qu’il faut la gérer. Je pense déjà à dormir à Roche Plate mais encore faut‐il y arriver ! En 
tout cas, je ne serai pas en état d’enchaîner directement sur le Maïdo. 
13ème Ravitaillement – Roche Plate – 108 km – Vendredi 20h18 (22h18 de course) – 177ème 
L’arrivée à Roche Plate a des allures de victoire tant cette montée m’a coûté. Je m’assieds et me fais 
remplir mes bidons. J’enchaîne les soupes puis les cafés. Je demande où il est possible de dormir ; on 
me répond « dans les tentes, derrière l’école » : je ne dormirai pas là ! Je décide d’une autre stratégie 
pour tenir : la musique ! J’ai mon lecteur MP3 depuis le départ mais je ne l’ai pas encore écouté ; j’ai 
toujours eu dans l’idée qu’il ne me serait utile qu’au cœur de la seconde nuit, quand la fatigue se 
ferait sentir, la lassitude également. C’est le moment ! J’enfile mon t‐shirt à manches longues, je 
mets mon buff sur la tête (pour tenir les écouteurs), je remets la frontale et go, je pars pour la 
dernière grosse difficulté du Grand Raid ! 
Je trouve rapidement mon rythme en musique. Je n’ai pas choisi de la musique forcément rythmée 
mais plutôt des morceaux qui me font vibrer. J’attaque la montée sur un air de la Compagnie Créole 
« le Douanier Rousseau », que Chloé a chanté avec la chorale de l’école en juin dernier : ça me donne 
une pêche incroyable. Je gagne rapidement la Brèche, où la vraie montée commence. Je me sens 
pousser des ailes : est‐ce le café, les 15’ de pause ou la musique ? Ou encore le contraste avec 2014 
où j’avais tant souffert dans cette montée ? Je ne le saurai jamais mais je peux dire, avec un peu de 
recul, que j’ai connu ma meilleure phase de tout le Grand Raid entre 20h30 et minuit. Je double 
beaucoup dans cette montée, environ 25 personnes. Je suis facile et j’en profite. Seul regret, j’aurais 

dû rester en manches courtes car la température n’a pas encore trop baissée. Du coup, le buff, dont 
j’ai besoin pour faire tenir les écouteurs, me tient trop chaud. Pas pour longtemps, j’entends déjà la 
cloche que le public fait retentir au sommet du Maïdo ! Arrivé en haut, l’ambiance est incroyable, 
digne d’une arrivée à l’Alpe d’Huez sur le Tour de France ! Il est pourtant déjà 22h30 et de ce côté du 
rempart, il fait très frais ; je vais devoir me couvrir mais le ravitaillement est un peu plus loin sur la 
crête. Je passe au milieu de nombreux coureurs qui se reposent avec leur assistance, nombreux sont 
ceux qui dorment. Je devrais encore grapiller quelques places à ce compte‐là. Je galope vers le 
ravitaillement, toujours en pleine forme. 
14ème Ravitaillement – Maïdo Tête Dure – 115 km – Vendredi 22h36 (24h36 de course) – 142ème 
J’arrive au ravitaillement plus vite que prévu (on m’avait dit 20 minutes depuis le sommet, j’en ai mis 
à peine 10). Comme prévu, je mets mon coupe‐vent et mes gants. Je ne traîne pas, je veux profiter 
de mon « état de grâce ». Une portion de « montagnes russes » m’attend. C’est globalement 
descendant mais le parcours est ponctué de petites remontées assez raides : c’est très cassant mais 
j’arrive à bien enchaîner. Je double encore une poignée de coureurs. J’en profite car je sais que la 
longue descente vers Sans Souci me sera moins favorable. Je me demande combien de temps je vais 
tenir à ce rythme ; l’expérience me permet de savoir que ça prendra bientôt fin et que la transition 
est parfois rude à encaisser. Alors je m’y prépare. Ça peut paraître bizarre mais ces périodes 
d’euphorie sont autant à craindre que les coups de bambous ! 
En milieu de descente, ça y est, je faiblis un peu. Ça ne loupe pas, je me fais doubler par un 
concurrent puis un second. Je gamberge ; pas longtemps, il faut se remobiliser. Je prends mon mal en 
patience, je me rassure en me disant que je vais arriver à une heure idéale à la Base Vie. Je pense 
aussi aux crêpes que les bénévoles de Sans Souci préparent chaque année ! Quelques minutes plus 
tard, j’entends une sono, les lumières de la ville sont proches, la température se fait plus clémente. 
Encore quelques efforts, et c’est la seconde base vie ! 
15ème Ravitaillement – Ecole de Sans Souci – 128 km – Samedi 1h12 (27h12 de course) – 131ème 
J’arrive au ravitaillement un peu groggy. J’avale quelques crêpes au chocolat, c’est bon pour le 
moral ! Je file récupérer mon sac d’allègement. Il n’y a quasiment personne ! Quel contraste avec 
2014 où j’étais au cœur du peloton, toujours dans la cohue des ravitaillements. De plus, au milieu de 
la nuit, le public se fait rare. J’avale donc un peu riz, je fais le plein d’eau, je recharge en gels et en 
barres, je change de chaussettes (mais pas de chaussures ; je pense déjà au chemin de anglais et il ne 
me semble pas qu’il soit bon de l’aborder en Hoka finalement ; j’ai plus besoin de précision que 
d’amorti à ce stade la course). Je repars en 20’ soit encore 10’ de gagnées sur le timing prévisionnel. 
La section qui suit avait été ma dernière il y a deux ans. C’est donc avec appréhension que je 
reprends ma route. 
Quelques kilomètres de transition, avec la traversée de la rivière des galets au menu, puis c’est le 
début du sentier Ratineau, un chemin sans grand intérêt en bordure des champs de canne. J’ai peu 
d’être juste en eau. Un groupe de joyeux lurons a improvisé un ravito sur le bord du chemin : ils 
tombent à pic ! Un gobelet avalé et je repars. Je ne suis pas très rapide mais assez pour ne pas me 
faire rattraper. Je prends mon mal en patience dans cette ennuyeuse montée. J’ai encore la musique 
mais je m’en lasse ; cette cartouche est grillée, il va falloir trouver autre chose ! 
Et puis c’est déjà la bascule, avec un passage accrobranche. Je me souviens combien il m’avait fait 
souffrir 2 ans plus tôt ! Les passages au milieu des arbres sont si instables que l’organisation a rajouté 

des cordes fixes ! Je rejoins le bitume avec un gentil réunionnais et un copain à lui (sans dossard ; les 
pacers ne sont pas autorisés mais les contrôles ne sont pas bien strictes…). Nous passons devant les 
cahutes des assistances personnelles ; le ravito est proche ! 
16ème Ravitaillement – Chemin Ratineau – 138 km – Samedi 3h44 (29h44 de course) – 113ème 
J’avais le souvenir d’un ravitaillement festif, c’est tout le contraire cette fois‐ci ! Il n’y a personne, pas 
de musique, pas grand‐chose à manger…Je ne m’attarde pas, se présente à moi la section que je 
redoute le plus : le sentier Kaala et la longue descente vers La Possession. Mais tout est tellement 
plus facile cette année : avec deux jambes valides, j’arrive à trottiner sur les sections roulantes et ça 
va bien plus vite ! Je m’amuse dans certains passages qui sont finalement assez ludiques. Je vois 
rapidement briller les lumières du port. L’émotion me gagne tant je suis maintenant convaincu que 
rien ne m’arrêtera plus. Je profite de passages moins rapides pour lire mes SMS : Stef et les enfants 
viendront à Grande Chaloupe ! Je fonds sur la côte à grandes enjambées. 
17ème Ravitaillement – La Possession Ecole – 146 km – Samedi 5h36 (31h36 de course) – 110ème 
J’arrive à La Possession à l’aube, tout un symbole ! Tout est calme, les oiseaux gazouillent. J’aperçois 
mon ami Luca Papi qui s’apprête à repartir. Je ne m’attendais pas à le rattraper celui‐là tant il est plus 
fort que moi. Mais il a des ampoules derrière les pieds. Il finira en tongs ! Incroyable  
J’envoie un SMS à Stef pour lui dire que Grande Chaloupe, ce n’est plus dans très longtemps ! 
Je me souviendrai toujours de mon départ de La Possession, des premiers hectomètres de ces 
dernières sections inconnues. Quel bonheur d’arriver à ce stade de la course en étant encore valide. 
Il faut dire que toute ma préparation depuis 2 ans ne visait qu’à ça : arriver en bon état. Mais 
tellement de choses peuvent arriver sur une course aussi longue que c’est un immense soulagement 
de voir se concrétiser mes espoirs ! 
Bon, retour à la course parce que les 20 derniers km ne sont pas forcément simples. Cela commence 
par le chemin des Anglais, une route pavée de manière très irrégulière :  
 
 
 
 
 
 
 
 
En restant sur la rangée centrale, ce n’est pas encore trop dur. J’arrive même à trottiner sur les 
portions plates ou descendantes. Je savoure de faire cette section tôt le matin car ces pierres noires, 
en plein soleil, cela doit être pénible (Guilhem me le confirmera a posteriori). 

La descente sur Grande Chaloupe est tout de même assez technique : la pente est raide, le pavement 
particulièrement chaotique. Je prends mon mal en patience et commence à guetter la famille que je 
n’ai toujours pas vue depuis le départ ! 
18ème Ravitaillement – Grande Chaloupe – 153 km – Samedi 7h19 (33h19 de course) – 103ème 
Grande Chaloupe, dernier passage au niveau de la mer avant l’arrivée  Les bénévoles me font la 
fête à mon passage, je suis 100ème (103ème en fait, mais bon) ! Par contre, Stef n’est pas là. J’ai été 
trop vite ! Je m’assieds quelques minutes, je m’hydrate bien car il va bientôt faire chaud. Je 
commence à avoir beaucoup de mal à boire ma boisson énergétique alors je dois compenser en 
buvant de l’eau gazeuse et de la soupe au ravitaillement. Je m’apprête à repartir quand je vois mon 
Nielsou accourir ! Ils sont tous là : Stef, Chloé, Niels et Loran. Je les embrasse et on se donne rendez‐
vous à la Redoute. 
Ouch, le départ est rude : les pavés se poursuivent, je ne m’y attendais pas. Je dois rapidement 
enlever une couche car je commence à avoir très chaud. Je sens aussi que j’aurai du mal à gagner du 
terrain, que ces derniers kilomètres vont être un combat. Je cherche l’ombre, je me force à boire, 
j’avale ce qui passe encore, en craignant de ne pas le supporter, tant mon estomac est fatigué après 
plus de 33h de course. Je fais le yoyo avec Théodule dans cette montée, comme depuis le départ de 
Sans Souci. J’en aurais bien fait un compagnon de course mais dès que je lui parle, il me répond en 
créole…ça ne facilite pas la communication ! Nous rejoignons une portion de bitume. Cela redescend 
un peu puis nous remontons. Ça y est, c’est la dernière celle‐là ! Je choisis pourtant ce moment pour 
prendre un gros coup de chaud. Je réagis rapidement en m’arrosant la tête avec mon bidon. Je 
n’arrive plus à boire alors autant que mon eau serve à quelque chose, d’autant que je ne ressens pas 
de prémices de crampes. Ça me sauve la mise, j’arrive à limiter la casse dans les ultimes kilomètres 
avant le Colorado. Je perds quand même quelques places mais je ne veux pas rester sur une 
impression négative après avoir doublé toute la course : c’est déjà tellement beau d’arriver le samedi 
matin ! 
19ème et dernier Ravitaillement – Colorado – 162 km – Samedi 9h34 (35h34 de course) – 108ème 
Je prends un peu d’eau pour être sûr d’arriver au bout sans cramper. J’avale deux quartier d’orange 
avec une pincée de sel. Ça devrait faire l’affaire ! 
Je n’arrive pas à croire que j’engage la dernière descente du Grand Raid ! Mais la souffrance a fini par 
arriver. Comme si j’étais arrivé à la contenir jusque‐là mais que, proche du but, ce n’était plus 
possible. Je commence à descendre avec précaution, le sentier est jonché de racines, la pente est 
soutenue. Je me fais doubler par deux joggeuses. Quelques centaines de mètres plus loin, Théodule 
me colle au train. Je le laisse passer. Je continue ma descente sur un petit rythme, je me suis fixé 
d’être en bas en un peu moins de 1h30, ce qui me permettrait de finir en moins de 37h. J’ai les yeux 
rivés sur l’altimètre : ça ne passe pas aussi vite que je le voudrais… Mes releveurs à droite me font 
souffrir le martyre, chaque appui est douloureux. J’entends des pas derrière moi, je laisse encore 
passer. P*****, celui‐là c’était le dernier ! Je décide de serrer les dents mais d’en finir rapidement 
maintenant. Je remets du rythme. Ça fait mal, je le paierai certainement sur les 2‐3 jours suivant la 
course, mais je ne veux pas tout gâcher en m’écoutant trop durant ces derniers kilomètres. 

Les sensations reviennent ! Dernier pointage, on m’annonce la Redoute à 20 minutes. Je grimace un 
peu, le photographe me demande de sourire. Allez, ça vaut le coup : 
 
 
 
 

 

 
 
 
 
Je commence à entendre le speaker du stade. On m’a tellement dit que cette descente était 
interminable que je m’étais préparé à ce qu’elle le soit. Mais elle prend pourtant fin ! 
 
 
 
 
 

 

Encore quelques mètres de chemin et je rejoins l’allée bordant le stade. J’aperçois maintenant les 
enfants qui m’attendent. Niels a le maillot du Grand Raid ! Je les pousse devant moi, nous traversons 
la route et rentrons dans le stade. Je les prends chacun par la main et je savoure ces instants 
magiques : ça y est, cet instant dont j’ai tant rêvé est arrivé ! Je me suis tant de fois imaginé entrer 
dans ce stade main dans la main avec eux ! Cette fois, c’est bien vrai : 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Arrivée – La Redoute – 167 km – 10h37 – 113ème 
Je suis arrivé, en 36h37, soit plus de 3h plus tôt que le scénario le plus favorable que j’avais imaginé ! 
L’émotion est immense. 
 

J’ai du mal à contenir mes larmes d’ailleurs. C’est trop, je me laisse aller : 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Après avoir répondu aux questions du speaker, je vais chercher ma médaille et mon maillot « J’ai 
survécu ». Je resterai de longues minutes à l’ombre de la tente, à savourer ces instants magiques, 
perché sur mon nuage, dont je ne suis pas prêt de redescendre… 
Et puis, pour les prochaines éditions, la relève se prépare ! 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Admirez la technique pour descendre les marches ! 

 

Difficile de restituer toute l’émotion d’une telle aventure, même en 23 pages, que tout le monde 
n’aura pas forcément eu la patience de lire. Certains passages sont un peu répétitifs, on y retrouve 
simplement les routines de course mais j’espère que cela pourra servir à ceux qui se préparent pour 
le Grand Raid ces prochaines années. On dit que l’expérience s’acquiert au fil des erreurs commises 
mais s’il est possible d’en éviter quelques‐unes, ce n’est pas plus mal ! Je recommande en plus les 
deux ouvrages qui ont servi de base à ma préparation : 
« Soyons fous ! » d’Antoine Guillon (vainqueur en 2015, encore 2ème cette année, il 
participait à son 10ème GRR et a toujours terminé dans les 7 premiers) qui permet de rentrer 
dans l’univers du Grand Raid de la Réunion, les spécificités du parcours, au travers d’un livre 
simple et ludique 
« Le guide de la préparation en Ultra‐Trail – Exemple du Grand Raid de la Réunion » d’Eric 
Lacroix (entraîneur) très bon ouvrage pour se construire un plan d’entraînement adapté à 
une course fin Octobre (il s’agit de ne pas arriver en forme trop tôt dans la saison, de se 
ménager des périodes pour souffler, pour ne pas arriver cramé au départ) 
Je vais terminer en remerciant tous ceux qui m’ont aidé à atteindre cet objectif : 
Tout d’abord Stéphanie, qui a supporté deux années supplémentaires d’entraînement, 
intensif, qui ont souvent dicté nos destinations de vacances, de WE, imposé un rythme de 
vie. Merci ma chérie ! 
Merci à Chloé et Niels d’avoir franchi la ligne d’arrivée avec moi, je crois que ces moments 
resteront gravés en moi pour toujours. 
Merci à Loran d’avoir été là, à Julie de m’avoir proposé son assistance, à Guilhem d’avoir pris 
le départ avec moi : même si l’ultra‐trail est un sport individuel, on est plus forts ensemble ! 
Merci à tous pour vos SMS (qui m’ont vraiment aidé en course, tant à me motiver qu’à gérer 
mon effort) et messages FB (qui m’ont touché, plus tard, quand j’ai pu les lire). 
Merci enfin au public réunionnais, incroyable, qui met une telle ferveur dans le soutien des 
coureurs et pas que les réunionnais ! Une ambiance pareille, ça donne envie d’aller au bout ! 


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