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LA MONTAGNE MERCREDI 9 NOVEMBRE 2016

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Région Actualité
HAUTE-LOIRE ■ Le Canada, l’Inde, le Maroc et plus largement l’Europe à l’écoute de la solution auvergnate

Le process de tri d’Altriom à la COP 22
Une page est peut-être en
train de se tourner en matière de tri et de valorisation des déchets. Un entrepreneur de la Haute-Loire
est invité à la COP 22 pour
évoquer sa solution.

vrissement des terres agri­
coles.
Les plastiques plus ou
moins complexes, utilisés
pour la conservation des
aliments, ont également
fait l’objet d’une étude. Il
en résulte un potentiel
énergétique important.
Une phase active a en­
suite été initiée : « J’ai eu
le sentiment qu’on pou­
vait atteindre des chiffres
insoupçonnés, de l’ordre
de 90 % de valorisation »,
affirme Fabien Charreyre.

Cédric Dedieu

cedric.dedieu@centrefrance.com

L’

histoire de la gestion
des déchets ména­
gers est toute récen­
te. Depuis 1975 seule­
ment, la loi française
oblige les communes à les
collecter. Des entreprises
spécialisées se sont posi­
tionnées pour apporter
une solution d’élimina­
tion : l’incinération ou
l’enfouissement.
« Il ne faut pas remettre
en cause ce qui, à l’épo­
que, constituait un pro­
grès. Mais le stockage n’est
pas une élimination, c’est
un confinement. Aujour­
d’hui, on peut faire beau­
coup mieux et pour moins
cher ».

90 % de valorisation

A l’heure où 85 % des dé­
chets finissent enfouis ou
incinérés, Fabien Charrey­
re propose une solution
révolutionnaire : 100 %
des déchets ménagers
triés et seulement 10 % de

L’Inde séduite

ÉCONOMIE. Sur une unité d’une capacité de 120.000 tonnes par an, le coût de traitement s’élève
entre 60 et 100 euros la tonne, donc compétitif avec l’enfouissement ou l’incinération. PHOTO C. D.
déchets ultimes, donc
90 % de valor isation.
Comment ? Grâce à un
process unique, développé
au sein de l’usine de tri
industriel Altriom implan­
tée à deux pas du Puy­en­
Velay.
Les industriels locaux à
l’initiative du procédé
baptisé « 3Wayste » sont
partis d’un constat évi­

CLERMONT-FERRAND

leszauliberts@hotmail.com

Une centaine de policiers
rassemblés dans le silence

COMMISSARIAT. Une centaine de policiers étaient rassemblés
hier soir. PHOTO CHRISTIAN LEFÈVRE

Un mois jour pour jour
après la violente agression
au cocktail Molotov dont
avaient été victimes quatre
de leurs collègues, le 8 octobre, à Viry-Châtillon (Essonne), une centaine de policiers se sont rassemblés en
silence, hier soir, devant le
commissariat clermontois.
Pour la plupart en civil,
certains ayant le visage ca­
ché derrière un masque
tricolore, les policiers ont
profité de cette manifesta­
tion pour rappeler une
nouvelle fois leurs « re­
vendications légitimes ».
« Il y a un mois que nous
manifestons au moins une

fois par semaine pour de­
mander des effectifs, du
matériel, bref les moyens
de faire notre boulot, sou­
lignait l’un d’eux. Mais
rien ne se passe. On ne
nous écoute toujours
pas ».
Leur mobilisation doit se
poursuivre dès aujour­
d’hui mercredi. Les poli­
ciers présents hier soir ont
en effet appelé à accueillir
« en nombre et dans le
calme », la préfète du Puy­
de­Dôme, qui doit rencon­
trer des policiers non syn­
diqués, en milieu d’après­
midi, dans les locaux du
commissariat. ■
Christian Lefèvre

dent : on ne peut pas mul­
tiplier à l’infini les bacs
jaunes, verts ou gr is,
d’autant que la collecte
sélective a ses limites. Elle
ne progresse quasiment
plus et n’apporte pas un
résultat optimal : « Même
avec la meilleure volonté
du monde, on n’est jamais
sûr de son geste. Il y a par
exemple 15 % d’erreur

dans les bacs jaunes ».
Pa ra l l è l e m e n t , l a r é ­
flexion s’est portée sur la
nature des déchets et leur
potentiel de valorisation.
Une étude novatrice a été
menée pour comprendre
le cycle global de la matiè­
re o r g a n i q u e d a n s l e s
sols ; le but étant de réali­
ser un compost adapté
pour combattre l’appau­

Des Canadiens, des Afri­
cains, des Chinois, des
Thaïlandais, des Indiens et
plus récemment, des re­
présentants de l’ONU sont
venus découvrir 3Wayste.
Ramesh Kumar Jalan, un
haut responsable du pro­
gramme des Nations
Unies pour le développe­
ment et la protection de
l’environnement, a tout
simplement conclu « qu’il
n’ e x i s t a i t p a s, d a n s l e
monde, de système ayant
atteint ce niveau de résul­
tat ».
Il a en outre indiqué que
le process pouvait être
adapté à tous les pays,
mais en particulier à ceux
en voie de développe­

ment, comme l’Inde, qui
mène actuellement deux
programmes visant à net­
toyer le Gange et à aména­
ger cent villes propres
pour demain. Or, ces deux
initiatives passent par un
traitement efficace des dé­
chets…
En attendant une labelli­
sation du programme des
Nations Unies pour l’envi­
ronnement, 3Wayste parti­
cipe à la COP 22, qui a dé­
buté à Marrakech. Fabien
Charreyre y rencontrera de
nombreux chefs d’État et
ministres de l’Environne­
ment. ■

■ REPÈRES
Cadre légal

C’est la loi qui le dit : en
France, on ne devrait
enfouir que les déchets
dits « ultimes ». On est
actuellement loin du
compte avec moins de
15 % de valorisation des
déchets.

Un chiffre

16 % des poubelles
ménagères sont
actuellement triées avec
le système de collecte
sélective en porte à
porte.

FORMATION PROFESSIONNELLE ■ Tirer profit de la réforme territoriale

Le Cnam voit plus grand en Auvergne
Avec la fusion des régions
Auvergne et Rhône-Alpes,
les directions territoriales
du conservatoire national
des arts et métiers (Cnam)
voient plus grand. L’Auvergne compte bien tirer profit
de son rapprochement avec
Rhône-Alpes.
Le Cnam, organisme dé­
dié à la formation profes­
sionnelle post­bac, dis­
pense des formations par
correspondance et dans
ses centres partout en
France. « Avec le rappro­
chement territorial,
l’Auvergne va bénéficier
de plus de moyens et de
plus de visibilité. Nous al­
lons rencontrer des entre­
prises et des partenaires
pour nous promouvoir,
chose que nous ne fai­
sions plus en Auvergne,
faute de budget. Une équi­
pe de communication de
Lyon va aussi venir nous
prêter main­forte », expli­
que Radovanka Masset, di­
rectrice territoriale Auver­
gne.

Formation
sur le numérique

Il faut donc s’attendre à
entendre parler plus sou­
vent du CNAM. Mais pas
seulement. « Nous souhai­

DIRECTEURS. Radovanka Masset, directrice territoriale Auvergne, et Olivier Marion, directeur régional Auvergne-Rhône-Alpes. Le Cnam se rapproche des entreprises, notamment par une proximité avec le Medef, dont est membre le président régional, Philippe Charvéron.
tons innover sur les for­
mes de formation à desti­
nation des actifs, renforcer
les relations avec les en­
treprises et travailler sur
les formations auprès des
populations vulnérables
face à l’emploi, comme les
personnes handicapées,
les seniors ou les juniors »,
détaille Olivier Marion, di­
recteur régional Auvergne­

Rhône­Alpes. Le rappro­
chement des territoires va
permettre de s’inspirer de
recettes qui fonctionnent
ailleurs dans la région.
« En Auvergne, à la rentrée
prochaine, nous allons
ouvrir une formation bac
+ 2 dans le domaine du
codage numér ique. Ce
projet est inspiré de ce qui
existe au Cnam de Greno­

ble. Le certificat y a été
co­construit avec les en­
treprises de la French tech
locale », indique Olivier
Marion.
Pour autant, il ne s’agit
pas de faire du copier­col­
ler. « Notre devise est “être
présent partout et pour
tous”. Nous voulons nous
adapter à chaque contex­
te. » ■

Allier