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JEUDI 10 NOVEMBRE 2016 LA MONTAGNE

Région Actualité
INFORMATIQUE ■ Les voleurs ont développé une nouvelle technique très efficace pour dérober des véhicules

Quand une souris prend le volant…

Un inconnu ouvre votre voiture à distance et la démarre comme si elle lui appartenait. Ce n’est pas de la
science-fiction, mais une
réalité. Bienvenue dans le
monde des « cyber-voleurs »
et de l’effraction informatique…

sinistres automobiles et
corporels créée il y a un
an à Clermont.
« Aucun véhicule n’est
protégé contre ce type
d’attaque, poursuivent les
deux spécialistes. Même si
le “vol à la sour is” vise
surtout des véhicules haut
de gamme ou de prestige,
qui sont ensuite écoulés
dans des réseaux bien or­
ganisés, des voitures plus
basiques peuvent égale­
ment être ciblées ».

Christian Lefèvre

christian.lefevre@centrefrance.com

L

e scénario est digne
d’un film d’anticipa­
tion. À quelques mè­
tres de vous, un voleur
équipé d’un scanner, gé­
n é ra l e m e n t d i s s i m u l é
dans un sac, par vient à
capter les dix fréquences
de la clé de contact de vo­
tre véhicule, alors que
vous vous apprêtez à l’uti­
liser, en bas de chez vous
ou dans un quelconque
parking.

Ni vu, ni connu…

Cette même clé qui vous
permet, par la magie de
l’ é l e c t ro n i q u e e t s a n s
même y penser, d’ouvrir
et de fermer les portes à
distance et de la démarrer.
Une fois acquises sur sa
propre clé, ces données
offrent au voleur la possi­
bilité d’entrer dans votre
voiture sans la moindre
trace d’effraction. Désor­

SPÉCIALISTES. Florian Mourgues (au premier plan) et Benjamin Labonne estiment qu’il n’existe
encore que peu de parades contre le « vol à la souris ». PHOTO CHRISTIAN LEFÈVRE
mais, elle lui appartient et
ne répondra plus qu’à lui.
Mais ce n’est pas fini ! Un
petit boîtier relié à un câ­
ble va ensuite lui permet­
tre, en se connectant sur
la prise OBD (1) de votre
ex­chère voiture, de déver­
rouiller le volant, puis de
démarrer et de partir avec.
Si tout va bien, l’opération
n’a pris que quelques mi­

POLITIQUE

Le gouvernement favorable
à une métropole à Clermont

leszauliberts@hotmail.com

Clermont-Ferrand va-t-elle
devenir une métropole
comme Lyon, Bordeaux ou
Lille ? C’est devenu une possibilité, hier, avec l’accord
inattendu du gouvernement.

« Je suis favorable à ce
que Metz, Clermont et
Tours puissent rejoindre
ce réseau des métropoles,
a indiqué, au Sénat, le mi­
nistre de l’Aménagement
du territoire, Jean­Michel
Baylet (PRG). Nous aurons
ainsi un maillage suffi­
samment dense et cohé­
rent. »
Au départ, le gouverne­
ment avait prévu un arti­
cle 41 à la loi sur le Statut
de Paris et la métropolisa­
tion incluant Saint­
Étienne, Toulon, Dijon et
Orléans. Cet article a été
suppr imé par le Sénat,
pour des questions
« d’équilibre avec les terri­
toires ruraux » et par
crainte de « banaliser les
métropoles en les multi­
pliant ».
Sauf que, par la voix de
Jean­Michel Baylet, le
gouvernement a confirmé
et même complété la liste.
« J’ai d’abord reçu l’équipe
de Tours avec l’ensemble
des élus qui sont venus
me présenter un projet

qui m’a convaincu, a indi­
qué le ministre. Puis j’ai
reçu le maire de Metz qui
m’ a c o n va i nc u p ui s l e
maire de Clermont­
Ferrand. On peut écouter
leur avis et leur répondre
de manière favorable. »
Le maire de Clermont­
Ferrand, Olivier Bianchi, a
défendu le dossier un peu
plus haut même, directe­
ment auprès du Premier
ministre Manuel Valls. « Je
ne veux pas crier victoire
trop vite, c’est la première
manche, indique l’élu. Il y
aura ensuite l’Assemblée
nationale. Mais avoir l’ac­
cord du gouvernement,
c’est très sécurisant. »
Présentée en procédure
accélérée, cette loi a
d’abord été débattue au
Sénat avant l’Assemblée
nationale, qui aura la déci­
sion finale. Le vote devrait
intervenir avant le 15 dé­
cembre pour accorder la
possibilité technique à
Clermont­Ferrand d’inté­
grer le « club ». Ensuite, il
restera à créer politique­
ment cette métropole,
avec un point d’interroga­
tion sur le périmètre géo­
graphique : sur la base de
la communauté urbaine
créée au 1 er janvier, avec
Riom, Vichy, d’autres ? ■
Philippe Cros

nutes et il y a fort à parier
que le véhicule fractu­
ré électroniquement ne
réapparaîtra jamais.
Cette histoire n’appar­
tient pas à un film de
science­fiction. Elle est
vraie et porte même un
nom : le « vol à la sou­
ris »… non pas en référen­
ce au petit rongeur, mais à
l’accessoire relié à un ordi­
nateur !

« Il y a quatre ou
cinq ans que cette forme
de vol informatique extrê­
mement efficace com­
mence vraiment à faire
parler d’elle », expliquent
Florian Mourgues, expert
automobile au sein de la
société clermontoise « Les
Z’experts » et Benjamin
Labonne, responsable des
« Affranchis », une société
de conseil en gestion de

Le « vol
à la souris »
ne vise plus
que les voitures
de luxe
Exemple, à Clermont­
Ferrand, avec cette jeune
femme dont la Dacia a été
récemment victime d’un
« cyber vol à la roulotte »
(2), qui a permis à son
auteur de faire main basse
sur ce qu’elle contenait.
Sans aucune marque d’ef­
fraction « traditionnelle ».
« La difficulté, pour cette
assurée, c’est de prouver
qu’elle a bien été victime
d’un vol, insiste Florian

Mourgues. Sans trace visi­
ble sur la voiture, c’est très
compliqué ! La majorité
des contrats d’assurance
ne prévoit pas ce cas de fi­
gure. Nous sommes là face
à un vrai vide juridique et
à beaucoup d’interroga­
t i o n s . Av e c l e r i s q u e
qu’une victime ne soit ja­
mais indemnisée ».
En a t t e n d a n t q u e l e s
choses évoluent, l’expert
prône une solution frap­
pée au coin du bon sens…
« L a s e u l e p a ra de, q u i
aurait au moins le mérite
de retarder le voleur dans
sa démarche ou de le dis­
suader d’aller plus loin,
serait tout simplement de
changer l’emplacement de
la prise OBD dans un vé­
hicule. En déplaçant cette
“porte d’entrée”, on com­
plique la tâche de celui
qui veut dérober le véhi­
cule. Mais cette solution
mécanique ne résout pas
encore le problème des
vols à la roulotte… ». ■
(1) Acronyme d’« On­Board
Diagnostics » (« diagnostic em­
barqué »). Cette prise, semblable
à une prise télé et toujours ins­
tallée au même endroit, permet à
un garagiste de connecter un lo­
giciel à un véhicule récent et
d’accéder ainsi à tous ses para­
mètres.
(2) Le « vol à la roulotte » est un
vol commis dans un véhicule.

AGRICULTURE ■ Le semencier interpelle les candidats à la présidentielle

Limagrain lance le débat sur le végétal
A moins de six mois de la
présidentielle, le groupe semencier auvergnat Limagrain entend ouvrir un débat sur les techniques
d’amélioration des plantes,
pour ne pas le réduire au
seul sujet des OGM.
Mardi, à Lyon, aux Jour­
nées de l’économie, le
président du groupe, Jean­
Yves Foucault, a débattu
de la « refonte de l’agricul­
ture française », en appe­
lant à « un peu de sang­
froid et de recul ».
Directeur des activités
semences de grandes cul­
tures, Bruno Carette re­
vient en détail sur les en­
jeux du moment.
La nécessité du débat.
Alors que le groupe
« voit se développer un
débat sur les nouvelles
techniques d’amélioration
des plantes », Bruno Ca­
rette explique que « c’est
un sujet sur lequel Lima­
grain est vraiment prêt à
débattre, en associant le
plus grand nombre d’ac­
teurs du monde agricole,
des semenciers aux agri­
culteurs, en passant par
l e s a s so ci a t io n s e t l es
consommateurs ». Et bien
sûr les politiques, en Fran­

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ques sous le seul vocable
d’OGM. Ce serait caricatu­
ral. Certaines sont claire­
ment des OGM et doivent
être régulées comme tel­
les. D’autres ne le sont
pas. Ce débat doit avoir
lieu, sans jouer sur les
peurs, pour apporter des
réponses diverses à des
pratiques agricoles diver­
ses ».
Ce que demande Limagrain. « Donner aux se­
menciers de petite et
moyenne taille la capacité
de faire de la recherche
dans l’environnement
européen et français, en
évitant de tout cloisonner
dans la catégorie OGM. En
termes de protection des
droits des créateurs de
nouvelles variétés, il faut
conser ver le bon vieux
certificat d’obtention vé­
gétale, un outil indispen­
sable pour maintenir la li­
bre utilisation des
ressources génétiques,
tout en ouvrant la porte à
des brevets uniquement
pour des innovations bio­
technologiques. Bref, il
s’agit pour nous de ne pas
laisser tout faire et de ne
pas tout bloquer. » ■

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LIMAGRAIN. Le groupe coopératif auvergnat ne joue pas
dans la catégorie des Monsanto/Bayer, Dupont et Syngenta.
Il revendique sa différence. PHOTO D’ARCHIVES PASCAL CHAREYRON
ce, comme à Bruxelles.
« Le débat autour de ces
questions est essentiel, as­
sure Bruno Carette. Il en
va du rôle que jouera la
France dans l’agriculture
mondiale. Il y a des outils
dont il serait contre­pro­
ductif de se détourner ».
Être en réaction. Face
au défi alimentaire et
environnemental mondial,
et alors que la recherche
« f o i so n n e e t é vo l u e à
grande vitesse », « les bio­
technologies permettent
de compléter, d’améliorer

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et d’accélérer le processus
naturel millénaire d’évolu­
tion des plantes ». Pour
Bruno Carette, « ces nou­
velles technologies, peut­
être plus que les OGM,
sont en cela indispensa­
bles pour l’agr iculture
européenne ».
Distinguer OGM et nouvelles techniques d’amélioration des plantes. « L’un
des combats que Lima­
grain souhaite mener :
que l’on ne classe pas de
façon uniforme l’ensem­
ble des nouvelles techni­

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Cédric Gourin
cedric.gourin@centrefrance.com

Allier