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DONALD TRUMP ■ À 70 ans, le fantasque milliardaire deviendra, en janvier prochain, le 45e président des États­Unis

Qui aurait parié sur lui il y a un an ?

Excessif, impulsif, sans la
moindre expérience politique, Donald Trump n’avait,
au départ, aucune des qualités requises pour prétendre
entrer à la Maison-Blanche.

Avant de se lancer dans
la campagne, en juin 2015,
Donald Trump était sur­
tout connu pour son im­
mense fortune, ses divor­
ces pour tabloïds, et pour
être l’animateur star de
l’émission de télé­réalité
« The Apprentice » : ce jeu
éliminatoire débouchant
sur un emploi dans l’em­
pire Trump, en avait fait
un visage familier dans les
foyers américains.

A

vec une énergie iné­
puisable et un égo
surdimensionné, le
milliardaire âgé de 70 ans
a déjoué tous les pronos­
tics lors d’une élection aux
allures de séisme politi­
que. Donald Trump de­
viendra donc, en janvier
prochain, le 45e président
des États­Unis, le dir i­
geant de la première puis­
sance économique et mili­
taire du monde.
Chevelure blonde étran­
ge, impeccablement ha­
billé, il fascine autant qu’il
horrifie. Il est arrogant,
char ismatique, abrupt,
parfois même drôle.

Particulièrement
indiscipliné

Né à New York, le 14 juin
1946, rapidement envoyé
dans une école militaire
pour tenter de calmer son
tempérament volcanique,
il est le quatrième de cinq
enfants d’un riche promo­
teur immobilier.
Après des études de
commerce, il rejoint l’en­
treprise familiale. Son père
l’aide à ses débuts avec
« un petit prêt d’un mil­
lion de dollars », selon lui.
En 1971, Donald Trump
prend le contrôle de l’en­
treprise paternelle. Son

« Rendre
à l’Amérique
sa grandeur »

CANDIDAT RÉPUBLICAIN. Donald Trump a créé la surprise.
père construisait des loge­
ments pour la classe
moyenne, il préfère les
tours de luxe, les hôtels,
les casinos et les golfs, de
Manhattan à Bombay…
Ce fan de catch était aus­
si, jusqu’en 2015, co­pro­
pr iétaire des concours
Miss Univers et Miss USA.
Jusqu’à hier, personne ne
c roy a i t v ra i m e nt q u’ i l
aurait les qualités requises
pour prétendre entrer à la
Maison­Blanche. Car sauf
sur la fin, il s’est révélé du­

AFP

rant la campagne particu­
lièrement indiscipliné. Et
il a fait exploser un Parti
républicain à la peine
pour comprendre ses élec­
teurs, incapable de trouver
la parade à la tornade po­
puliste déclenchée par
Trump.
Mais plus que tous les
caciques du « Grand old
Party », il a su capter l’hu­
meur et la colère d’une
partie du peuple améri­
cain. Sur elle, il a bâti son
triomphe.

Mais il s’est révélé être
un formidable animal po­
litique, héros populiste
improbable, promettant
de « rendre à l’Amérique
sa grandeur » et d’y faire
notamment revenir les
emplois délocalisés, en
Chine ou au Mexique.
À la faveur de discours
décapants jouant sur les
frustrations et insécurités
des Amér icains blancs
laissés­pour­compte de la
mondialisation, il est donc
devenu « l’espoir du
changement » pour des
millions d’entre eux. ■

è Pas un idéologue. Démocrate
jusqu’en 1987, puis républicain
(1987-1999), membre du parti de la
Réforme (1999-2001), démocrate à
nouveau (2001-2009), Donald Trump
est redevenu républicain, en 2012.

Melania, la discrète épouse
qui sait arrondir les angles
Melania Trump va devenir
la première femme d’origine étrangère d’un président américain depuis
près de deux siècles (*).

Elégante, sour iante,
l’ancien mannequin
d’origine slovène, âgée
de 46 ans, était au côté
de son époux, dans une
l o n g u e t e n u e c l a i re,
quand il a annoncé sa
victoire à New York. Une
présence discrète qu’elle
a maintenu tout au long
de la campagne, où elle
a cherché à humaniser
son impulsif de mari, de
24 ans son aîné.

« Comme Betty Ford
ou Jackie Kennedy »

« Il fera un président
fantastique », avait­elle
déjà affirmé, la semaine
dernière. Cherchant visi­
blement à adoucir l’ima­
ge de son mari, elle
s’était fait l’avocate des
« valeurs américaines,
gentillesse, honnêteté,
respect, compassion,
générosité ».
Dans un discours sim­
ple et direct, elle s’était
présentée comme une
femme « indépendan­
te », assurant que son
époux « respectait les
femmes et leur offrait les
mêmes opportunités »
qu’aux hommes, quand

ANCIEN MANNEQUIN. AFP
son mari avait été accu­
sé de gestes constitutifs
d’agressions sexuelles
par plus d’une dizaine
de femmes. Des faits
que le candidat a conti­
nuellement niés.
Évoquant ses ambi­
tions de Première dame,
Melania Trump avait
également affirmé
qu’elle serait « un défen­
seur des femmes et des
enfants » et qu’elle ferait
une First Lady « très tra­
ditionnelle, comme Bet­
ty Ford ou Jackie Ken­
nedy ». ■
(*) La précédente Première
dame d’origine étrangère est
Louisa Adams, femme du pré­
sident John Quincy Adams
(1825­1829), née en Angleterre.

■ LA NUIT OÙ L’AMÉRIQUE A TOURNÉ LA PAGE DES ANNÉES OBAMA

«J
leszauliberts@hotmail.com

e n’ai pas encore
réalisé », a confié cette militante démocrate depuis le Javits Convention
Center, qui avait été soigneusement redécoré de
drapeaux américains pour
l’intronisation d’Hillary
Clinton : « C’est étourdissant de voir que les choses
ont complètement changé
en un jour, une heure, une
minute... »
PHOTOS AFP

Après des débuts
plutôt timides,
la soirée donnée
au Hilton Midtown,
près de Central Park,
à New York, s’est
enfiévrée à mesure
que Trump
remportait des États.

Euphoriques,
les partisans de
Donald Trump agitent
des pancartes avec son
slogan « Rendre à
l’Amérique sa
grandeur » à l’annonce
de sa victoire.

«C’

est un véritable
cauchemar ! » Les
mines avaient commencé
à s’allonger, vers 21 heures (heure locale), à mesure que les résultats tombaient sur les écrans
géants… que les organisateurs ont d’ailleurs fini
par éteindre. Ce faisant,
les membres de l’équipe
de campagne de la démocrate ont disparu, évitant
à tout prix les journalistes.