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Landry Charrier
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Presses de Sciences Po (P.F.N.S.P.) | « Vingtième Siècle. Revue d'histoire »
2011/2 n° 110 | pages 59 à 66
ISSN 0294-1759
ISBN 9782724632071
Article disponible en ligne à l'adresse :
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------http://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2011-2-page-59.htm
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------Pour citer cet article :
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------Landry Charrier, « Le mythe de la France revancharde dans l'historiographie
allemande des années 1919-1937 », Vingtième Siècle. Revue d'histoire 2011/2 (n°
110), p. 59-66.
DOI 10.3917/ving.110.0059
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

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LE MYTHE DE LA FRANCE REVANCHARDE DANS
L'HISTORIOGRAPHIE ALLEMANDE DES ANNÉES 1919-1937

Le mythe de la France revancharde
dans l’historiographie allemande
des années 1919-1937
Landry Charrier
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L’historiographie allemande de la république de Weimar a participé à construire le
mythe d’un expansionnisme français qui
s’enracinerait à l’époque moderne. L’analyse qu’en propose ici l’auteur montre combien les historiens contribuèrent ainsi à la
pérennisation de la culture de guerre après
1918 et à sa réorientation contre un ennemi
principal, la France.
Au cours des vingt dernières années, l’historiographie de la Grande Guerre et des années
d’après guerre a connu un renouvellement profond (à l’origine de nombreuses controverses
franco-françaises 1) dont l’équipe internationale de l’Historial de Péronne est, aujourd’hui
encore, le fer de lance. Après le long primat de
l’histoire militaire, diplomatique, puis sociale,
le glissement des centres d’intérêt vers une histoire culturelle riche de nombreux apports théoriques a permis de restituer une vision dynamique et stratifiée des logiques à l’œuvre dans les
périodes d’entrée et de sortie de guerre. Dans
cette perspective, le passage par les «  cultures de guerre 2 » a stimulé les réflexions sur la
(1) Voir la récente prise de position de François Buton, André
Loez, Nicolas Mariot et Philippe Olivera (« 1914-1918 : retrouver la controverse », La Vie des idées, http://www.laviedesidees.
fr/1914-1918-retrouver-lacontroverse.html, 10 décembre 2008)
et la réponse de Stéphane Audoin-Rouzeau (« Controverse ou
polémique ? », dans La Vie des idées, http://www.laviedesidees.fr/
IMG/pdf/20090205_audoinrouzeau.pdf, 5 février 2009).
(2) Par « culture de guerre », nous entendons, à la suite de
Stéphane Audoin-Rouzeau et d’Annette Becker, « un corpus



VINGTIÈME SIÈCLE. REVUE D’HISTOIRE, 110, AVRIL-JUIN 2011, p. 59-66

« déprise de la violence » – pour reprendre la
terminologie de Bruno Cabanes et Guillaume
Piketty 3  – et sur les démobilisations culturelles 4. Depuis lors, la notion d’« après-guerre »
a cédé la place à celle de « sortie de guerre »,
plus poreuse et moins contraignante. En interrogeant la persistance, en temps de paix, des
constructions idéologiques élaborées pendant
le moment 14-18, l’étude de l’idée de Revanche
dans l’historiographie allemande des années
1919-1937 entend contribuer à lui donner
davantage de relief et à questionner en creux
l’impact du traité de Versailles sur ses structures et ses contenus concrets. Cette réflexion a
aussi d’autres fins, plus ambitieuses puisqu’elle
s’attache à établir des liens et donc à tisser des
continuités entre deux champs de recherches
difficiles à penser conjointement  : les guerres
de 1914-1918 et de 1939-1945 5. Période viode représentations du conflit cristallisé en véritable système
donnant à la guerre sa signification profonde […] indissociable
d’une spectaculaire prégnance de la haine à l’égard de l’adversaire » (Stéphane Audoin-Rouzeau et Annette Becker, 14-18,
retrouver la Guerre, Paris, Gallimard, 2000, p. 145).
(3) Bruno Cabanes et Guillaume Piketty, «  Sortir de la
guerre : jalons pour une histoire en chantier », Histoire@Politique : politique, culture, société, 3, 2007, http://www.histoire-politique.fr/documents/03/ dossier/pdf/HP3-Avantpropos-PikettyCabanes-PDF.pdf, p. 1-8, p. 1.
(4) Par « démobilisation culturelle » nous entendons démobilisation des «  cultures de guerre  », ces représentations qui
avaient caractérisé la vie collective durant le conflit (John Horne,
« Introduction », 14-18. Aujourd’hui. Today. Heute, « Démobilisations culturelles après la Grande Guerre », 5, 2002, p. 45-53).
(5) Ainsi que l’ont montré Nicolas Beaupré, Anne Duménil
et Christian Ingrao, « Des guerres 1914-1918 et 1939-1945 à
l’étude des expériences de guerre de 1914-1945 », in Nicolas

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lente, travaillée souterrainement ou ouvertement par des représentations haineuses héritées
du conflit –  et pour une part d’une «  culture
d’avant-guerre  »  –, la période 1914-1945 que
les contemporains nommaient déjà « la guerre
de Trente Ans 1 », doit en effet être appréhendée
comme une seule et même séquence historique,
relevant de la moyenne durée et fondatrice de
notre « court 20e siècle 2 ». La persistance de la
culture de guerre de l’Allemagne défaite, symbolisée par la pérennité du mythe de la Revanche dans le discours des historiens allemands,
en est une illustration parmi les plus probantes.
La culture de guerre allemande en temps
de paix
« Entre 1871 et 1919, la France a-t-elle voulu
la Revanche, c’est-à-dire une guerre offensive
contre l’Allemagne pour reprendre l’AlsaceLorraine ? » s’interroge Bertrand Joly dans une
mise au point qui mériterait une étude détaillée
tant le sujet a été l’objet de démonstrations
chargées de présupposés et de raccourcis qui
en orientaient l’interprétation. À cette question, l’historien répond de façon catégorique : « La France n’a jamais voulu la Revanche, même pas dans les premiers mois qui
suivirent la défaite 3. » La vision d’une France
revancharde préparant la reconquête des provinces perdues a longtemps dominé l’historiographie traditionnelle. Aujourd’hui encore et
malgré les progrès réalisés par une science de
plus en plus internationalisée, nombre d’historiens allemands demeurent convaincus de
l’existence d’une volonté française de revanBeaupré, Anne Duménil et Christian Ingrao, 1914-1945 : l’ère
de la guerre. Violence, mobilisations, deuil, t. I : 1914-1918, Paris,
Agnès Viénot, 2004, p. 11-33, p. 13-14.
(1) Selon le mot de Paul Claudel cité dans ibid.
(2) Eric Hobsbawm, L’Âge des extrêmes : histoire du court xxe
siècle, Bruxelles, Complexe, 1999.
(3) Bertrand Joly, « La France et la Revanche (1871-1914) »,
Revue d’histoire moderne et contemporaine, 46 (2), avril-juin 1999,
p. 325-347, p. 325-326.

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che avant 1914 4. L’incroyable pérennité de
ce mythe s’explique notamment par l’emprise
des études historiques publiées entre 1919 et
1937 qui, dans un but politique, cherchèrent à
démontrer l’illégitimité du paragraphe 231 du
traité de Versailles sur lequel reposait la culpabilité de l’Allemagne et de ses alliés 5. Pilotée
par l’Auswärtiges Amt qui avait créé à cette fin
un Bureau central pour la recherche de la responsabilité de la guerre, cette entreprise de
propagande, dont l’ampleur reflète la stupeur
et le traumatisme suscités par le Diktat, fit rage
jusqu’en 1937, date à laquelle Hitler déclara le
traité comme nul et non avenu : « Le traité de
Versailles est mort ! L’Allemagne est libre 6 ! »
Néanmoins, la croisade pour la vérité historique
se poursuivit jusqu’aux victoires sur la Belgique
et la France – victoires fêtées comme « la véritable fin de la Première Guerre mondiale 7 » –,
avec une densité cependant bien moindre et
des ambitions différentes. Menée par des historiens ayant accepté dans leur grande majorité le nouveau régime – ce qui ne signifie pas
pour autant qu’ils étaient inféodés à l’idéologie
national-socialiste  –, elle avait pour but d’apporter une légitimation idéologique à la politique expansionniste des nazis, et non plus de
servir des exigences révisionnistes 8.
Le combat contre Versailles réactualisa les
leitmotiv argumentatifs au cœur des campa(4) Jean-Jacques Becker et Gerd Krumeich, La Grande Guerre :
une histoire franco-allemande, Paris, Tallandier, 2008, p. 22.
(5) Jacques Droz, Les Causes de la Première Guerre mondiale :
essai d’historiographie, Paris, Seuil, 1973, p. 7.
(6) Hagen Schulze, «  Versailles  », in Étienne François et
Hagen Schulze (dir.), Deutsche Erinnerungsorte I., Munich,
Beck, 2001, p.  407-421, p.  421  ; Wolfgang Jäger, Historische
Forschung und politische Kultur in Deutschland : die Debatte 19141980 über den Ausbruch des Ersten Weltkrieges, Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht, 1984, p. 44-62.
(7) Gerd Krumeich et Gerhard Hirschfeld, «  Die Geschichtsschreibung zum Ersten Weltkrieg », in Gerhard Hirschfeld, Gerd Krumeich et Irina Renz (dir.), Enzyklopädie : Erster Weltkrieg, Zürich, Verlag NZZ, 2003, p. 304-315, p. 308.
(8) Wolfgang Jäger, op. cit., p.  21 et 45  ; Peter Schöttler,
« L’érudition… et après : les historiens allemands avant et après
1945 », Genèses, 5, 1991, p. 172-185, p. 172-174.

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LANDRY CHARRIER

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gnes de propagande de l’Allemagne en guerre.
Alors que l’année 1916 avait enclenché un
mouvement favorable au démantèlement partiel de la culture de guerre allemande, 1919 fit
apparaître un refus de démobiliser les valeurs
et les références issues du conflit : la postérité
de la thèse de l’encerclement, « la thèse la plus
souvent avancée contre l’accusation unilatérale
du traité de Versailles », le prouve 1. Cette attitude pleine « de haine inassouvie et de volonté
destructrice  » s’ancra durablement dans la
culture politique de Weimar, nourrit le militarisme et le nationalisme déjà exacerbés par
quatre années de guerre, pour constituer finalement l’un des soubassements idéologiques
de la propagande nazie 2. La culture de guerre
allemande n’est donc pas morte avec l’armistice. Elle n’est pas morte non plus avec le traité
de Versailles – contrairement à ce que l’on peut
observer du côté des vainqueurs où un premier
palier de démobilisation culturelle fut vraisemblablement franchi dès 1919 3  – et encore
moins avec l’apaisement de Locarno souvent
considéré comme le préambule à la réconciliation franco-allemande. Dans le contexte politique des années qui suivirent l’armistice, elle
connut néanmoins une modification structurelle qui détermina la nature même du combat
contre le Schandvertrag (traité de la honte).
Alors que la haine de l’Angleterre avait été le
fondement de la culture de guerre (et d’avantguerre) allemande 4, la situation des années de
« guerre après la guerre 5 » (1918-1923) contri(1) Gerd Krumeich, «  Einkreisung  : zur Entstehung und
Bedeutung eines politischen Schlagwortes », Sprache und Literatur in Wissenschaft und Unterricht, 20, 1989, p. 99-104, p. 99 ;
John Horne, op. cit., p. 48.
(2) Gerd Krumeich, « La place de la guerre de 1914-1918
dans l’histoire culturelle de l’Allemagne  », Vingtième Siècle.
Revue d’histoire, 41, janvier-mars 1994, p. 9-17, p. 17.
(3) Stéphane Audoin-Rouzeau et Annette Becker, op. cit.,
p. 223-229.
(4) Jean-Jacques Becker et Gerd Krumeich, op. cit., p. 106107.
(5) Gerd Krumeich, «  Die Präsenz des Krieges im Frieden  », in Gertrud Cepl-Kaufmann, Gerd Krumeich et Ulla

bua à dévier une grande partie de celle-ci sur la
France. Ce déplacement du centre de gravité de
la culture de guerre allemande – déplacement
qui ne doit pas laisser penser que la GrandeBretagne et la Russie ne jouaient aucun rôle
significatif dans le corpus de représentations
allemand  – s’explique par la place du vainqueur dans les négociations de paix mais aussi
dans le régime d’occupation de la rive gauche
et d’une partie de la rive droite du Rhin. En
effet, la France, qui s’était distinguée à Paris
par la dureté de ses revendications, s’était vu
attribuer la plus vaste des zones d’occupations,
la direction de la Haute-Commission interalliée des territoires rhénans ainsi que la présidence de la Commission de gouvernement de
la Sarre mandatée par la Société des nations :
« Se taillant la part du lion, les Français furent
vite perçus comme les principaux occupants de
ces territoires 6. »
La réactivation d’un vieux conflit :
le contrôle du Rhin
Ce phénomène eut pour conséquence de placer au premier plan un conflit remontant à la
Révolution française et alimenté par toute une
série de « crises » franco-allemandes dont celle
de 1840 avait indéniablement constitué un
moment capital. Résumé dans l’affirmation de
Nikolaus Becker « Sie sollen ihn nicht haben,
den freien deutschen Rhein  » («  Ils ne doivent pas l’avoir, le libre Rhin allemand ») et la
réponse non moins virulente d’Alfred de Musset « Nous l’avons eu votre Rhin allemand »,
celui-ci avait cristallisé la haine « héréditaire »
entre la France et l’Allemagne et élevé, dans
chacun deux pays, le « fleuve stratégique » au
Sommers (dir.), Krieg und Utopie : Kunst, Literatur und Politik
im Rheinland nach dem Ersten Weltkrieg, Essen, Klartext, 2006.
(6) Nicolas Beaupré, « Occuper l’Allemagne après 1918 : la
présence française en Allemagne avant l’apaisement de Locarno
ou la continuation de la Grande Guerre par d’autres moyens »,
Revue historique des armées, 254, 2009, p. 9-19.

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LE MYTHE DE LA FRANCE REVANCHARDE

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rang de mythe national 1. En 1919, la question
de son appartenance semblait d’autant plus
brûlante que le vainqueur, placé en position
de force dans les territoires occupés, n’avait
pas obtenu satisfaction lors des négociations
préalables à l’élaboration du traité de paix. De
fait, sa politique rhénane pouvait aisément être
interprétée comme le prélude à une annexion
des territoires placés sous son autorité. Cette
controverse séculaire fut attisée par la politique de « pénétration pacifique » orchestrée par
Paul Tirard, l’agitation séparatiste des années
1918-1919 et 1923, l’agrandissement progressif de la zone d’occupation française (avril 1920,
mars 1921 et 1923) et l’occupation de la Ruhr
– « le climax de cette continuation de la guerre
après la guerre 2 ». Elle fut ainsi récupérée par
les historiens allemands engagés dans le Abwehrkampf (combat contre Versailles) et placée au
centre d’une construction entièrement dévolue
à la défense de la cause nationale. Enjeu du 19e
siècle où il avait souvent joué un rôle de mobilisation et de légitimation politiques 3, le Rhin
devenait à nouveau le cœur d’une argumentation (très) majoritairement admise en Allemagne ainsi que l’a montré Christoph Cornelissen
dans une étude prenant en compte trois générations d’historiens, représentées par Hermann
Oncken («  génération des pères  »), Gerhard
Ritter («  la génération du front  ») et Hans
Rothfels (« génération des jeunes ») 4.
Pensant la guerre en termes clausewitziens,
les historiens allemands interprétèrent le conflit
(1) Klaus Wenger, « Le Rhin, enjeu d’un siècle », in Pierre
Ayçoberry et Marc Ferro (dir.), Une histoire du Rhin, Paris,
Ramsay, 1981, p. 255-291, p. 259-260 ; Peter Schöttler, « Le
Rhin comme enjeu historiographique de l’entre-deux-guerres : vers une histoire des mentalités frontalières », Genèses, 14,
1994, p. 63-82.
(2) Nicolas Beaupré, op. cit.
(3) Klaus Wenger, op. cit., p. 272-278.
(4) Christoph Cornelissen, «  “Schuld am Frieden”  : politische Kommentare und Deutungsversuche deutscher Historiker zum Versailler Vertrag, 1919-1933 », in Gerd Krumeich
(dir.), Versailles : Ziele – Wirkung – Wahrnehmung, Essen, Klartext, 2001, p. 237-258.

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comme la concrétisation des ambitions revanchardes nourries par la France depuis 1871 et,
plus largement, comme le point d’orgue d’une
politique censée lui permettre d’assouvir ce qui
était présenté comme « l’idée fixe de son histoire 5 » : la recherche des « frontières naturelles  », la conquête du Rhin. Le traité n’ayant
pas comblé cette aspiration sempiternelle de
la France, dans leur perspective il ne faisait
aucun doute que celui-ci constituait seulement
une «  porte conduisant à un nouveau chemin de croix 6  », la continuation de la guerre
avec d’autres moyens. Étayer cette conviction
pour mieux faire valoir l’innocence de l’Allemagne et affaiblir la position de la France fut
une des tâches premières que s’assigna l’historiographie allemande des années 1920 et 1930.
Cette union sacrée des historiens entraîna une
focalisation massive de la science historique
sur la période 1870-1914 – considérée comme
la véritable préhistoire du moment 14-18 – et
plus particulièrement sur la politique étrangère de la France, opposée de manière plus ou
moins explicite à celle du Reich. Le cas de Walter Platzhoff, spécialiste du 16e siècle et auteur
d’un article de 1934 intitulé «  Frankreichs
Bestrebungen auf eine Revision des Frankfurter Friedens von 1871 bis 1914 7 » (Les tentatives françaises en vue d’une révision du traité
de Francfort de 1871 à 1914) est à ce titre tout
(5) Friedrich Grimme, « Poincaré am Rhein », Schriften des
Deutschen Instituts für Außenpolitische Forschung und des Hamburger Instituts für Auswärtige Politik, 59, 1940, p. 7-20, p. 11.
(6) Selon le mot de Hermann Oncken, cité par Christoph
Cornelissen, op. cit., p. 240.
(7) Walter Plazthoff, « Frankreichs Bestrebungen auf eine
Revision des Frankfurter Friedens von 1871 bis 1914 », Berliner Monatshefte, 12, 1934, p. 91-111. En 1905, Walter Platzhoff
avait soutenu, à Bonn, une thèse de doctorat portant sur le droit
d’assassiner les détenteurs du pouvoir temporel au 16e siècle
(« Theorie von der Mordbefugnis der Obrigkeit im xvi. Jahrhundert »). Son habilitation présentée en 1912 était consacrée
à la France et les protestants allemands au cours des années
1570-1573 («  Frankreich und die deutschen Protestanten in
den Jahren 1570 bis 1573 »). En 1923, Platzhoff fut nommé à
l’Université de Francfort.

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LANDRY CHARRIER

à fait révélateur de la réorientation historiographique (provisoire ou non) induite par la
Grande Guerre et le combat contre Versailles.

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L’inscription de la guerre de 14-18
dans un temps long
À la différence des historiens français concentrés «  sur ce qui s’était passé depuis l’attentat de Sarajevo 1  » (Pierre Renouvin, Camille
Bloch, Jules Isaac), les Allemands inscrivirent
la question de la culpabilité dans des perspectives d’histoire longue. Cette démarche censée
donner plus de poids à leur argumentation était
motivée par leur interprétation de l’article 231
du traité de Versailles, appréhendé comme une
condamnation de toute la politique du Reich
avant 1914. Elle trouvait aussi sa justification
dans leur perception des origines immédiates
de la guerre et des décisions du gouvernement
allemand pendant la crise de juillet :

à de violentes convulsions politiques et sociales 3. L’idéalisation de l’ère bismarckienne et la
défense de la politique menée par Guillaume II
–  d’une manière cependant nettement moins
unanime  – conduisit à une sacralisation de
l’Empire aux dépens de la République. Cette
tendance était très marquée du côté des nationaux-conservateurs (Johannes Haller, Joachim
Kühn, Fritz Roepke) qui rejetaient en bloc le
nouveau régime, « une forme de gouvernement
dont on disait qu’elle n’était pas allemande
mais qu’elle avait été octroyée par les puissances occidentales victorieuses 4  ». Cela permet
aussi de comprendre pourquoi la France républicaine se trouva au centre du combat contre
le Schandvertrag et au cœur de la culture de
guerre allemande postérieure à 1918.

Cette temporalisation longue de l’objet
14-18 ajoutée à une vision manichéenne de la
politique pratiquée par la France et par l’Allemagne eurent des conséquences funestes sur
une république de Weimar d’emblée soumise

Hermann Oncken et l’histoire longue
de l’expansionnisme français
S’ils se concentrèrent essentiellement sur la
période ouverte par l’unification du Reich
et la défaite de la France, les historiens allemands engagés dans le combat contre Versailles n’hésitèrent pas à aller chercher dans
l’histoire des relations franco-allemandes les
éléments à même de consolider leurs schémas de représentations. Embrassant large, ils
s’évertuèrent à tracer une continuité historique entre les diverses campagnes annexionnistes entreprises par la France depuis Richelieu
et Louis XIV – parfois même depuis l’époque
gallo-romaine 5  – jusqu’à la guerre de 1870,
la politique prétendument revancharde pratiquée par la Troisième République et l’occu-

(1) Jean-Jacques Becker, « La construction d’une historiographie française de la Grande Guerre pendant l’entre-deuxguerres », in Jean-Jacques Becker (dir.), Histoire culturelle de la
Grande Guerre, Paris, Armand Colin, 2005, p. 21-31, p. 23-26
et 24.
(2) Gerd Krumeich et Gerhard Hirschfeld, op. cit., p. 306.
Voir aussi Ernst Schulin, « Das Frankreichbild deutscher Historiker in der Zeit der Weimarer Republik », Francia, 4, 1973,
p. 659-673, p. 663.

(3) Gerd Krumeich, «  L’impossible sortie de guerre de
l’Allemagne  », in Stéphane Audoin-Rouzeau et Christophe Prochasson (dir.), Sortir de la Grande Guerre : le monde et
l’après-1918, Paris, Tallandier, 2008, p. 145-163.
(4) Ernst Schulin, op. cit., p. 663 ; George L. Mosse, De la
Grande Guerre au totalitarisme : la brutalisation des sociétés européennes, Paris, Hachette, 1999, p. 190-191.
(5) Voir par exemple Edmund E. Stengel, Deutschland, Frankreich und der Rhein : eine geschichtliche Parallele, Langensalza,
Schriften zur politischen Bildung, 1926.

« Dans la mesure où l’attitude du gouvernement
allemand pendant la crise de juillet 1914 fut a posteriori présenté comme maladroite, c’est-à-dire
peu à même de garantir la paix – et ce même par
les plus fervents défenseurs de l’Allemagne  –,
l’historiographie allemande s’attacha à traiter la
période courant de Bismarck à la guerre mondiale
(Erich Brandenburg) comme la “préhistoire” du
conflit 2. »

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LE MYTHE DE LA FRANCE REVANCHARDE

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pation de la marge occidentale de l’Allemagne
défaite. Cette représentation de la politique
menée par la France était jalonnée d’une multitude d’exemples habilement choisis, déformés
puis adaptés à des modèles de justification plus
à même d’assouvir la colère suscitée par l’accusation de Versailles, que de servir la vérité
scientifique. Le réquisitoire allemand reposait
donc sur un principe de perception sélective
déjà largement à l’œuvre dans la propagande
de guerre. Malmenée pendant le conflit où elle
avait été l’objet de nombreuses polémiques, la
« “vérité” continuait à se porter blessée 1 ».
De tous les historiens allemands, le national-libéral Hermann Oncken (1869-1945),
spécialiste de la seconde moitié du 19e siècle,
fut peut-être celui qui développa avec le plus
d’insistance et de constance cette thèse d’une
France tout entière tournée vers l’annexion du
Rhin 2. Elle anime ses premières réflexions en
1922 (Die historische Rheinpolitik der Franzosen 3), puis l’édition, en 1926, d’une imposante
documentation sur les origines de la guerre de
1870 (Die Rheinpolitik Kaiser Napoleons III. : von
1863 bis 1870 und der Ursprung des Krieges von
1870/71 4), ainsi que son étude de 1933 consacrée à l’analyse des origines (très) lointaines de
la Grande Guerre (Das Deutsche Reich und die
Vorgeschichte des Weltkrieges 5). Les ouvrages de
cet universitaire en poste à Heidelberg (19071923), Munich (1923-1927) puis Berlin (1927(1) John Horne, « “Propagande” et “vérité” dans la Grande
Guerre », in Christophe Prochasson et Anne Rasmussen (dir.),
Vrai et faux dans la Grande Guerre, Paris, La Découverte, 2004,
p. 76-95, p. 95.
(2) Roland A. Höhne, Die Frankreichhistoriographie der Weimarer Republik am Beispiel von Hermann Oncken, in Michael
Nerlich (dir.), Kritik der Frankreichforschung  : 1871-1975,
Karlsruhe, Argument, 1977, p. 96-109.
(3) Hermann Oncken, Die historische Rheinpolitik der Franzosen, Stuttgart, Perthes, 1922.
(4) Hermann Oncken, Die Rheinpolitik Kaiser Napoleons III :
von 1863 bis 1870 und der Ursprung des Krieges von 1870/71.
Nach den staatsakten von Österreich, Preuβen und den süddeutschen Mittelstaaten, Stuttgart, DVA, 1926, 3 vol.
(5) Hermann Oncken, Das Deutsche Reich und die Vorgeschichte des Weltkrieges, Leipzig, Barth, 1933, vol. 2, p. 831.

64

1935) rencontrèrent en Allemagne, où ils
furent largement diffusés, un écho quasi unanime 6. En ce sens, ils constituent une source
historique de premier plan, représentative d’un
mouvement général de pensée.
Dans un contexte que Michael Jeismann
qualifia d’« ethnicisation de la conscience historico-politique 7  », Hermann Oncken s’attacha à mettre en évidence des invariants d’ordre
psychologiques à même d’apporter une justification scientifique à la thèse d’un élan expansionniste français. Procédant de la conviction
que la France était naturellement animée d’une
volonté de domination européenne, il élabora
une « loi » selon laquelle le pays tout entier était
poussé par une force immuable, dont il prétendait qu’elle constituait le ressort de sa politique étrangère du cardinal de Richelieu à Raymond Poincaré. « La soif indigène de pouvoir,
quel que soit le nom qu’elle porte », écrivait-il
en 1922, a pour habitude « de percer à travers
chaque forme de gouvernement, comme elle le
ferait à travers un fin voile, et de s’adapter de
manière très souple aux besoins en modifiant
seulement sa manière de se présenter à l’extérieur 8 ». À partir de là, il lui fut facile d’établir
une continuité historique, « une ligne complètement fermée 9 », entre les différentes phases
d’expansion française sur le Rhin et la politique qui, pensait-il, avait guidé la France depuis
la défaite de 1871 et la perte de l’Alsace-Lorraine. Blessée dans son honneur et flanquée
d’un complexe d’infériorité, celle-ci n’aurait
eu dès lors pour autre ambition que de prendre sa revanche sur son voisin allemand afin de
(6) Ulrich Heinemann, Die verdrängte Niederlage  : politische Öffentlichkeit und Kriegsschuldfrage in der Weimarer Republik,
Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht, 1983, p. 107.
(7) Michael Jeismann, Das Vaterland der Feinde : Studien zum
nationalen Feindbegriff und Selbstverständnis in Deutschland und
Frankreich, 1792-1918, Stuttgart, Klett-Cotta, 1992, p. 349.
(8) Hermann Oncken, Die historische Rheinpolitik…, op. cit.,
p. 18.
(9) Hermann Oncken, Die Rheinpolitik…, op. cit., vol.  1,
p. 119.

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LANDRY CHARRIER

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rétablir son hégémonie en Europe, sa «  prépondérance légitime » pour reprendre une terminologie très répandue dans l’historiographie
allemande des années 1920 et 1930 1. La guerre
qui éclata en 1914 ne pouvait être, dans cette
perspective, que l’expression de ce désir éminemment français de domination européenne,
incarné à partir de 1871 par l’esprit de revanche. « Peu d’éléments ont empoisonné l’atmosphère européenne avant 1914 d’une façon aussi
néfaste que cette disposition fondamentale des
Français 2  », affirmait-il de façon catégorique
dans son texte de 1922. Il n’hésite pas à emboîter les temporalités et à établir des parallèles
avec l’occupation postérieure à 1918  : «  Les
buts de guerre de la France ne firent que prolonger sa politique rhénane  ; l’intégralité des
événements courant des 17e-18e siècles à nos
jours trouve là leur continuation 3. »
Comme cela avait été le cas pendant le
moment 14-18 où les cultures de guerre avaient
révélé un monde manichéen pour mieux cimenter la mobilisation contre un ennemi absolu 4,
la condamnation de la France par Hermann
Oncken se doubla d’une idéalisation de la politique pratiquée par l’Allemagne bismarckienne
notamment. Sans aller aussi loin que certains de
ses collègues – le national-conservateur Adalbert Wahl évoqua par exemple un combat du
bien contre le mal 5 –, Oncken s’appuya donc
(1) Voir par exemple Philipp Hiltebrandt, Das europäische
Verhängnis : die Politik der Großmächte, ihr Wesen und ihre Folgen, Berlin, Paetel, 1919, p. 65 ; Adalbert Wahl, « Die Revanche-Idee in Frankreich », in Gerhard Anschütz (dir.), Handbuch
der Politik : der Weltkrieg. Zweiter Band, Berlin, Rothschild, 2e
éd. 1920, p. 52. Adalbert Wahl était originairement spécialiste
de la Révolution française.
(2) Hermann Oncken, Die historische Rheinpolitik…, op. cit.,
p. 32.
(3) Hermann Oncken, Das Deutsche Reich…, op. cit., vol. 2,
p. 831.
(4) John Horne, «  “Propagande” et “vérité”…  », op. cit.,
p. 95.
(5) Ernst Schulin, op. cit., p. 664. De son côté, Philipp Hiltebrandt utilisa l’expression «  Friedenspolitik im eminentesten Sinne » (politique pacifique de la plus grande importance)
(op. cit., p. 22).

sur un schéma antithétique dont les implications politiques immédiates étaient évidentes.
Le traitement qu’il réserva à la paix de Francfort est, dans ce cadre, tout à fait révélateur de
cette démarche. C’est ainsi qu’il éleva le traité
élaboré par Bismarck au rang de modèle en ce
qu’il s’était attaché à reconnaître « le droit et
l’honneur du côté français », cependant que le
traité de Versailles avait eu pour seule et unique
intention « d’écraser et de morceler l’intégralité de l’existence historique allemande 6 ».

L’étude de l’idée de Revanche dans l’historiographie allemande des années 1919-1937
a permis de mettre en évidence la prégnance
des conflictualités héritées de la guerre et d’interroger en creux les fondements de la rupture
que fut la démobilisation culturelle de l’ère
Locarno. Les théories élaborées par Hermann
Oncken à trois moments clés de l’histoire
des relations internationales (en 1922, 1926
et 1933) constituèrent dans cette perspective
un objet historique apte à rendre compte de
la conversion complexe de la cléricature allemande à la paix. Contrairement à un certain
nombre d’intellectuels progressivement ralliés
à la culture de paix et à l’européisme 7, les historiens ne connurent, durant toute cette période,
ni « déprise de la violence 8 » ni démobilisation
des constructions idéologiques forgées durant
la guerre. Le traité de Versailles constitua pour
eux un catalyseur d’énergie qui réactualisa un
(6) Hermann Oncken, Die Deutsche Reich…, op. cit., vol. 1,
p. 132, et vol. 2, p. 840. Voir dans le même ordre d’idées, Hans
Herzfeld, Deutschland und das geschlagene Frankreich, 18711873  : Friedensentschluβ. Kriegsentschädigung. Besatzungszeit,
Berlin, Verlagsgesellschaft für Politik und Geschichte, 1924 ;
ou encore Karl Linnebach, Deutschland als Sieger im besetzten
Frankreich, 1871-1873 : auf Grund der deutschen Akten dargestellt, Stuttgart, DVA, 1924.
(7) Landry Charrier, «  La Revue de Genève  : hantise de la
décadence et avenir de l’Europe (1920-1925) », Études germaniques, 64 (2), 2009, p. 363-374, p. 366.
(8) Bruno Cabanes et Guillaume Piketty, op. cit.

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LE MYTHE DE LA FRANCE REVANCHARDE

conflit idéologique séculaire et engendra une
nouvelle flambée de la culture de guerre allemande, après celle déjà observée au moment
de l’entrée en vigueur des conventions d’armistice 1.
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Landy Charrier, Centre d’histoire Espaces
et Cultures (CHEC), 63057,
Clermont-Ferrand, France.

(1) Nicolas Beaupré, op. cit.

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Agrégé et docteur en études germaniques, Landry Charrier
est maître de conférences à l’Université Clermont-Ferrand-II.
Il est rattaché au CHEC. Spécialiste de l’histoire des relations
franco-allemandes et de l’européisme, il travaille en particulier sur les revues de médiation intellectuelle parues pendant la Grande Guerre et les années 1918-1933. Il a récemment
publié La Revue de Genève, les relations franco-allemandes et
l’idée d’Europe unie (1920-1925) (Éditions Slatkine, 2009). (landrycharrier@gmail.com)

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LANDRY CHARRIER


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