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Nom original: 8jours pour 8huitres.pdfAuteur: Craig Lightfoot

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Huit jours pour huit huîtres

1

2

Pascal Di Cesare
Coralie Couturier

Valter Di Cesare
Gregory Canet

Huit jours pour
huit huîtres.

3

4

Quel plaisir encore d’avoir vécu et décrit cette aventure.
Je souhaite toujours que vous en preniez à votre tour.
Bonne lecture.

Pascal

5

6

Préface

7 juillet 2016
Ça y est, une année est passée.
Plusieurs choses ont changé c’est vrai, mais celles qui
n’ont pas bougé ce sont les effets de cette drogue
découverte l’année dernière, qui circule sur les routes de
nos artères, que l’on ressent à l’intérieur, traversant les
ponts menant du cerveau au cœur, l’instinct qui nous
pousse à voir plus loin, l’aventure, le plaisir que ça procure
qui nous guide sur le chemin de nos envies, notre voie,
notre vie…
Heu… houlà, désolé, je suis en train de partir dans
mon délire, je suis trop excité ! Mais je vais me ressaisir.
Bref…
Après ce que l’on à vécu lors de nos « 868 bornes
pour un plat d’pâtes » jusqu’en Italie, il y a un an, on ne
pouvait pas se dire : « on arrête là, on a fait ça une fois et
voilà ». Non ! C’est plus fort que nous, on est obligé de
repartir !
Jusqu’à aujourd’hui on n’était pas sûr de pouvoir le
faire et là, comme un symbole, pile un mois avant, jour
pour jour, c’est confirmé, ON REPART !!!!
Cette année Coco s’est achetée une ancienne moto
de l’armée, une Peugeot SX8 de 1978, Valter une nouvelle
guitare qui s’accorde très bien avec son style de musicien
scootard et moi un nouveau casque qui s’accordera très
bien avec le style de mon scooter.
7

Comme vous l’avez compris, on prend les mêmes et
on recommence !
Nouvel objectif : partons à l’opposé, allons traverser
la France, cap plein ouest, direction l’océan !
Huit jours pour huit huîtres (à 3, du 7 au 14/08 car
on ne pouvait pas partir le 08/08) juste pour la
consonance.
A nouveau, un mélange d'appréhension, d'excitation,
de peur et de bonheur m'envahit.
A nouveau, je dédicace ce récit, à ma famille et mes
amis ainsi qu’à tous ceux qui ont lu le premier livre*, je
vous en remercie.

8

*868 bornes pour un plat d’pâtes

6 août 2016
H-10
On se retrouve chez Valter pour préparer les
affaires. Cette fois on est mieux équipés : nouveaux duvets
bien chauds, on a pris les amplis en plus des guitares, ça
rigole plus.
Les caisses sont toujours bien fixées, les tendeurs
bien tendus, les réservoirs bondés, tout est calé au
millimètre près. Dans nos têtes c’est déjà la fête qui
commence.
Pour couronner le tout, ce coup-ci, Coco la pêcheuse
a pris l’épuisette.
Epuisé de ma semaine de boulot, je rentre pour
ranger un peu mon bordel et me reposer, pris par
l’impatience, trop content de repartir à l’aventure avec
mes deux compères sur nos montures.
Comme je vous l’ai dit, ça fait un mois qu’on se
prépare. Ils ont donc écrit une chanson pour l’occaz qui
tourne en rond dans ma tête.
Cette nuit il faudra fermer l’œil.
Encore deux-trois trucs, j’me prépare.
P’tite coupe à la Ragnar !
Allez ! Demain c’est ti-par !

9

10

La chanson des vacances

Refrain :
Je grimpe sur ma monture
Je chope mon sac à dos et ma guitare
Pour nous le goût de l'aventure
C’est d'rouler sans savoir où dormir le soir
Je pose les clefs de la voiture
Je monte sur ma moto, je mets les pleins phares
Pour nous le goût de l'aventure
C’est d'rouler sans savoir chez qui dormir ce soir

On vient de Valence ça ne nous fait pas peur
Nous en vacances on ne regarde pas les heures
Le froid, la pluie, le vent nous attendent au tournant
Mais on compte bien arriver à l'océan
Refrain

11

Ca nous a pris comme ça, à l'improviste
Surtout n'allez pas croire qu'on est des touristes
On n’a pas d'argent, de toute façon on s'en fout
Pour manger ce soir, on compte sur vous
Refrain
Avec mes compères, nous ce qu'on préfère
C’est voyager léger et dormir par terre
Pas de fioriture comme dirait Valter
Admirer la nature c'est ce qu’il y a de plus beau sur terre
Refrain
Éviter les autoroutes, en plein mois d'août
Nous le paysage faut qu'il nous dévisage
Un grand bol d'air pur, faut s'aérer
On aura fière allure si on rentre à pied
Refrain
Qu’on parte à la montagne, ou bien à la campagne
Pour nous le plus important, c'est de rencontrer des gens
Traverser des villages, arriver à la plage
Regarder le soleil se coucher simplement
12

7 août 2016
Premier jour.
223 km
5h45 je me lève, j'ai toujours la chanson qui tourne
dans ma tête mais ça va j'ai fermé l'œil. Rendez-vous tous
chez Valter.
7h30 top départ nos klaxons en fanfare. Un petit
vent léger, le ciel est dégagé. A la caisse d’ép on a été,
chercher des noisettes pour bouffer*. Je pense à mes
parents qui en ce moment sont sous le tunnel du Fréjus et
vont à Pratola.
Nous traversons notre ville Valence dans ces rues
désertes, suivi du Rhône, en quelques minutes
changement de département. Sur l'autoroute du soleil ça
roule bien pour ceux qui partent en vacances. Nous, déjà
dans un autre monde, c'est en Ardèche que l'on avance.
Nous entamons cette route pleine de charme dans la
plaine de Charmes. Ma Coc’ toujours avec sa tête des
beaux jours que je vois dans son rétro. Valter en pointe
nous guide tel un conducteur de métro. Et moi, clôture
notre convoi avec un style rétro, déjà bien éveillé parce
qu'on voit.
Le château de Crussol, les voultains qui se réveillent.
Petite pensée à mes potes en passant devant
l'entrée de la vallée de l’Eyrieux où l'on partait en camping
tous ensembles il y a plus de 10 ans, même si ce n'est pas
par là que l’on va.
Et déjà pose café au Pouzin où nous rencontrons un
cousin, le boulanger du coin, grand fan de Vespa.
13

* Extrait de la chanson Meur de rire inventée il y a 20 ans par Valter
et moi. Nous nous étions donné un nom de groupe, Météor’s.

Nous discutons ensemble du périple que l’on entame et
c’est avec fierté, qu’il tourne avec la sienne sur la place.
J'adore revoir ces montagnes striées que l'on connaît
par cœur.
Retour dans l'adolescence avec mon zink Lionel.
Flaviac quels kiffs, quels moments de vacances où l'on
traînait au parc ou au lavoir, les barres que l'on se tapait du
matin jusqu'à tard le soir.
Je repense à toutes ces têtes d'ardéchois, à une
princesse partie trop tôt, à tous ces délires de jeunesse
rangés pour toujours dans le grand tiroir des souvenirs. Je
me sens bien dans ces lieux où j'aime revenir, paisible. Car
c'est ici que l'talri a aussi ses racines.
Privas, Aubenas ... Entre les deux, juste avant
d’attaquer le col de l’Escrinet, il y a une grande bâtisse aux
murs de pierres nommée « Grange-Madame ». La famille
Rouveure et ses 14 enfants y vivait. La 13ème y est née en
1923, ma mamie.
En haut du col, la vallée ... Un couloir immense et
magnifique pour admirer la migration des oiseaux. Dans les
monts du Vivarais, certains viennent immortaliser l’instant
avec leurs yeux, des appareils photos ou des jumelles…
D’autres, l’arrêter avec des fusils et lui donner un côté
mortel. La facilité pour des trophées.
Vals les bains, mince le casino est fermé. On
comptait sur Valter pour remporter le jackpot qui aurait
financé les cance-va.
Pas grave, on trace par les terres de geysers. Jaujac
et sa source d'eau ferrugineuse, qu’en temps de collégiens,
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nous sommes allés goûter. Petite pause pogne offerte par
mon oncle Roberto hier.
À partir de maintenant on entre dans l'inconnu.
Ah ! Ah ! Ça y est, c'est le retour de cette sensation
de liberté. L'impression de continuer le voyage de l'an
dernier, sans ne s'être jamais arrêté.
Il fait trop beau, l'air est bon, le paysage bien vert, de
belles bâtisses en pierre nous bordent. Nous ressentons
bien qu'à nouveau c'est un beau voyage que l'on aborde.
Nous sommes au paradis en passant près du pont du
diable. Et déjà nous voici dans les hauteurs du plateau
ardéchois.
Les châtaigniers symboles d'ici sont partout, rien ne
nous déçoit. Et c'est à ce moment-là que sans nous
prévenir arrive le froid. Waouh ! Ça caille !
Un petit oiseau bondit en l'air, vole quelques instants
à ma hauteur, je suis tout content en le regardant et je me
prends un gros insecte dans la gueule, aïe !
Le paysage est rose, remplie de fleurs et soudain la
plaine se dégage, offrant à nos yeux un régal, le cœur du
Massif central.
Petit arrêt dans une vieille grange où l'on croise un
renard empaillé. Puis c’est le croisement des frontières :
12h12 nous entrons dans la Haute-Loire. Direct on
tourne à gauche, 12h15 retour en Ardèche quelques
minutes, 12h17 nous voici dans la Lozère, région
Languedoc-Roussillon. Petit pont au-dessus de l'Allier
(comme Moulins dans l'Allier), plus bas il y a le lac de
Naussac. 12h47, c'est là que l’on pique-nique.
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Nous remplissons nos ventres : fromages de chèvre
du Velay, langue et jambon sec du village d'à côté, pêches,
tomates, radis, bon pain frais, au top !
Les pêcheurs balancent leurs lignes. Non loin on
entend un groupe de musique brésilienne avec leurs
percus et sifflets. Nous aussi au soleil on fait de la zik.
Des gens prennent en photo les scoots. D'autres
passent et nous écoutent. Nous profitons tous de cette
journée magnifique.
Après avoir cramé deux heures, la route se fait
pépère entre les pins et les prairies jaunies dans lesquelles
quelques vaches broutent. Un motard me double, se
retourne et me salue. Sur le circuit du Val d'Allier, l'instant
présent est notre allié.
Et nous voici au frais dans la grande cathédrale de
Mende, où repose au centre de la crypte le corps de Saint
Privat mort au IIIème siècle, pour ceux que ça intéresse.
Ah tiens, il y a une belle terrasse en bas. On va s'y
caler, un peu de repos ça fait du bien. On dirait que tout le
monde fait la gueule. Alors Valter sort sa guitare, histoire
de détendre l'atmosphère, Coco le rejoint. Les gens ne
réagissent pas vraiment, mais un petit garçon se met en
face d'eux et les regarde émerveillé avec ses grands yeux
bleus. La différence entre le monde des adultes et de
l'enfance.
Malgré tout ils ont rempli le contrat, Valter fait le
tour des tables et ramène quelques pièces qui serviront à
payer notre coup à boire. Pas peu fier on redémarre.

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Comme dans un désert d'herbes sèches rempli de
cailloux, les cigales chantent et c'est ici que je pense
tomber en panne d'essence. Les bidons sont vides, le
temps de comprendre ce qui se passe, tous ça géré sans
stress, il fallait juste tourner le robinet en mode réserve en
espérant trouver rapidement une station. Ça ne m'était
jamais arrivé.
Nous croisons une ribambelle de motocross pleines
de poussière et nous entrons dans les gorges du Tarn.
« Comme ils sont beaux ces sédiments ! En plus c'est
dimanche ! » (Rime riche, merci coco). Le vide nous attire
comme un aimant dans ce sillon immensément profond
que la roche ensemence. Nous y plongeons. En contrebas
Sainte Enimie, classé dans les plus beaux villages de France.
C'est ici que nous voulons passer la nuit.
OK on a fait les pleins et on va se baquer à la rivière,
ça fait trop du bien.
Petite balade dans les ruelles étroites. Un groupe
joue devant des tables et on se pose au resto tranquille.
Ce soir on dort à la belle étoile, à la sauvage, sur un
terrain de foot en friche, au bord de la rivière. En plein
cœur des gorges du Tarn.
Le ciel au-dessus de nos têtes, nous voyons pleins
d'étoiles filantes, on parle de la vie, de l'univers et on se
tape des fous rires.
On est bien reparti.
Bonne nuit.

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8 août 2016
Deuxième jour.
237 km
6h on se réveille sans réveil, tranquillement à la
fraîche. On replie nos affaires, ça prend un peu de temps et
ça recommence. En face de nous une grande montée
serrée sur un chemin de pierres. Cette fois on se met à
trois pour pousser chaque engin, ça passe, c'est ça
l'expérience !* Une vieille baraque abrite des milliers
d'hirondelles plus haut. Café, pain au choc. Forza 'iam !
La route est taillée dans la croûte de la falaise
orangée, la vue est splendide sur la vallée.
Les bovins sont énormes, peut-être une ruse pour ne
pas finir entre les dents de la bête du Gévaudan.
Étape à l'inter pour acheter de la crème solaire parce
que c'est vrai qu'hier on a grillé.
Nous avançons sur Rodez, un papy qui arrose son
jardin nous regarde de loin, on le « bip » et nous entrons
dans l'Aveyron.
Nous voici sur un grand axe où ça roule vite. Pas
sereins nous prenons la première à droite.
Au milieu des champs on ne sait pas où on est. Entre
deux gros tas de fumier, nous nous retrouvons dans la cour
d'une ferme. Demi-tour, tiens ? Maintenant il y a une
barrière qui nous enferme, elle n'y était pas à l'instant.
Puis surgit derrière, un troupeau de brebis. Le berger
les appelle pour qu'elles avancent. Nous passons de l'autre
côté et allons dans leur sens. Apeurées les voici qu’elles
sautillent et courent se réfugier dans leur prairie.
22

*868 bornes pour un plat d’pâtes

Petit moment sympathique. Le type nous remercie et nous
indique la route à suivre.
Pause à Rodez, bien à l'ombre, toujours en musique.
Le plein d'énergie fait, c'est reparti.
Rien d'exceptionnel sur cette grande ligne droite,
encore moins quand on s'est fait doubler par un camion
poubelle. Mais quand même on empale les kilomètres avec
au moins une belle vue sur un vallon rougeâtre.
Trois heures à rôtir sous les UV, le paysage est sec
comme l'air que l'on respire, les villages que l'on traverse
semblent déserts, bienvenue au fin fond de la France où il
ne se passe rien. Ouf ! Enfin une rivière ! Le Lot, nous
arrivons à Cahors. Qué calor !
Nous sommes déjà loin de chez nous et sur un petit
chemin nous rencontrons trois pèlerins qui marchent
depuis le Puy-en-Velay pour aller jusqu'à Saint-Jacques-deCompostelle. Au milieu il y a Fabien, qui lui, vient de
Valence, c'est ouf ! L’an dernier c’était Philippe qui venait
de Montélimar.
Après cette journée, nous sommes heureux de
trouver le camping municipal de Lamagdelaine à 5 km,
emplacement avec eau, électricité, sous un noyer, à côté
d'un champ de tabac. Et Dieu créa la douche !
Quelques morceaux de guitare font danser la voisine
et kiffer le voisin.
Reposés, nous allons faire un tour en ville goûter les
spécialités locales : Noix du Périgord limitrophe, mais
surtout le canard (confit, gésier, cou, foie gras, etc…)
arrosées du vin rouge réputé. Un repas apprécié comme
rarement.
23

Petite virée nocturne, retour à notre campement.
On s'asperge de pschitt-pschitt anti tiques, moustiques et
tous ces trucs qui piquent et l'on s'endort bercés par le
crépitement des feuilles qui nous protégeront sûrement de
la rosée du matin, en se disant que demain aussi bien, on
verra l'océan.

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9 août 2016
Troisième jour.
235 km
5h30 pour la rosée vraiment nickel, super bien
protégé. Par contre pour la pluie, moins ...
Petit moment de panique, elle est où la frontale ?
« Pas facile de trouver la lumière dans le noir » comme
dirait Coco. On se rhabille, commence à rassembler les
affaires, le coq chante, puis une étoile filante brille au
milieu de la grisaille et les nuages se dissipent. Fausse
alerte, ça va. Du coup on se marre avec une connerie que
nous sort Valter, le voisin dans sa tente nous demande de
nous taire.
7h aller cette fois on se lève. Je traverse le camping
et trouve ça marrant d'entendre tous les ronflements des
gens différents.
8h on se casse, les gens partent au taf, on fait le
plein des bécanes et de nous aussi, obligé caf'.
Nous longeons la vieille voie ferrée aux allures de
montagnes russes, doublés par quelques chauffeurs peu
rusés. Mais le fait de passer à Espère nous donne de
l'espoir pour la suite, sa couleur représentée par le lac vert.
Les vignobles AOC, la fraîcheur, la forêt, les nuages
protecteurs, le bord de fleurs bleutées. Je me nourris de
tout ça et n'en laisse pas une miette à côté.
Des tournesols ont poussé tout le long d'un trottoir.
Nous voici dans la cité médiévale de Puy l'Evêque à
traverser avant que l'accès ne soit fermé car aujourd'hui il
y a une course cycliste.
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Casques en avant nous fusons contre le vent, deux
faons dans un champ nous font ralentir, on les regarde
comme des enfants.
C'est sur la route de l'Ouest que l'on divague, ça
monte ça descend, ça monte ça descend, comme sur des
vagues et qui dit vagues dit l'océan, on a sûrement vu trop
grand, pas sûr qu'on y arrive ce soir.
Avec Coco on se tape la bourre. À ouais ? T'as fait la
belle quand je t'ai laissé passer ! Vengeance ! Allez ! Grillée
la princesse ! T'as cru que t’allais me la faire avec ton veau
comme ceux que l'on voit élevé sous la mère ? Je rigole
bien sûr, c'est de la chambrette, elle assure ta pétrolette.
Un petit groupe d'échassiers blancs se nourrissant
dans un pré humide me rappelle les cigognes d'Alsace.
Marmande ! Mais quand même on se demande où
sont passées les tomates ?
Paumés comme des guignols, nous tournons pour
trouver le sens de Grignols. Nous déplions la carte sans
cesse, on ne comprend plus où l'on est. Attends, mate la
boussole, l'Ouest c’est là-bas. Allez, on y va !
Nous interrogeons un couple de petits vieux nous
indiquant que l'on est sur la bonne voie. Le papy heureux
nous explique qu'il était routier, qu'il connaît Valence, qu'il
a fait des tours de moto avec sa femme et son fils et que
maintenant ils font du vélo à trois roues pour ne pas que ça
glisse.

29

Le vent se lève, le climat change comme le paysage
et les pins des Landes, il est océanique.
Premier panneau "Bassin d'Arcachon", c'est là que je
me rends compte que ce que l'on fait c'est quand même un
peu fou. On y arrivera demain.
Pas sûr de la météo et un peu fatigués, on va se
chercher une chambre. Premier gîte, complet. Bungalow
au camping, complet. Auberge de jeunesse, complète.
Chalet au bord du lac ? OK ! Yeah la classe !
Et ben voilà on est content de notre journée, on a
bien roulé, le temps était idéal, on est bien installés, tout
est cool.
Allez, je vous laisse, je vais profiter de ma soirée et
reformer le groupe Météor's avec mon oncle.
À demain.

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10 août 2016
Quatrième jour.
115 km
7h30 nous quittons notre cocon, salués par les oies.
Petite balade vivifiante près de la chênaie. Pains au
chocolat dans la capuche à Coco, cafés au chaud dans le
bistrot de la place. Ciao Villandraut !
Nous avançons en ligne droite au cœur du parc des
Landes. Tout est bois, en gros c'est beau, c'est grand, c'est
droit. Les plantations de conifères pointent haut dans le
ciel bleu presque blanc. Les chênes ayant traversé les
siècles ici semblent intouchables et nous, avec nos
touches, soudés comme les maillons d'une chaîne,
touchons à notre but.
779 km depuis Valence, voici le bassin et l'océan ! On
l’a fait ! Les bateaux amarrés aux petits ports, vidés par la
marée.
Nous filons à l'eau, prenant l'air sous les cerfsvolants, en chantant quelques airs. L’instant est magique
dans ce bleu intense ! Un petit et son père viennent
chanter à nos côtés. Comme la vie est belle quand on l’a vit
simplement !
Bon, il est quelle heure ? Midi ! C'est le moment
d'atteindre l'objectif.
Le cadre est idéal. Au cœur d'une avancée, longée de
bateaux de pêche, en terrasse.
Huit huîtres chacun mêlées à de grands plateaux de
fruits de mer, livraison directe ostréiculteur.
33

Nous plongeons dans notre rêve à en atteindre
l’ivresse des profondeurs.
Coco sort l’épuisette pour tenter d’attraper quelques
coquillages dans le panier de la marchande.
Une fois remontés à la surface, petite virée digestive
dans les bouchons d'Arcachon.
Nous aimerions trouver un camping vers la dune du
Pilat pour y laisser nos affaires, monter ce soir voir le soleil
se coucher et peut-être y dormir dessus.
Premier camping complet, on commence à en avoir
l'habitude.
Deuxième, tiens ? "Les flots bleus". C'est celui du
film Camping de Franck Dubosc. Emplacement libre limité
par la dune, parfait.
Allons d'abord voir les grosses vagues de
l'atlantique. Un petit vent froid nous pique.
Pour l'anecdote : nous allons boire un verre
dans un cabanon en bois. En le quittant, la chanson
de Bob Marley passe, celle que Valter nous chante
depuis le jour où l'on est parti Redemption Song.
Je vous propose de stopper votre lecture et
de faire une petite pause musicale, elle vous
mettra dans l’ambiance du moment et de celui qui
arrive.

34

Retour au bercail. Les pieds enfoncés dans le sable,
nous montons jusqu’au sommet de la dune, pour voir le
coucher du soleil.
Un instant exceptionnel, je n'ai pas de mot pour
vous le décrire, les photos vous en donneront une petite
idée.
Il y a bien trop de vent, nous ne pourrons pas y
passer la nuit. Alors nous redescendons en se marrant :
« Putain les mecs on est à Camping ! »
On va faire les cons au bal jusqu'au bout de la nuit!
Presque minuit quoi !
Des images magnifiques en tête ! Bonne nuit.

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11 août 2016
Cinquième jour.
131 km
7h06 le soleil se lève de l'autre côté de la cime
sableuse sur l'immense canopée de la forêt, la boucle est
bouclée.
Nous avons bien dormi à côté des arbres ensevelis,
la première fois dans un matelas de sable. La dune avance
de 3 à 4 mètres par an dans les terres. C’est fou ! Ca veut
dire que dans deux ans notre emplacement n’existera
plus !

Une volée de palombes passe, deux viennent se
poser en face, les voyageurs se regardent.
Allez salut Patrick ! Nous repartons dans l'autre sens
pour faire le tour du bassin, dépassant un à un tous les
joggeurs du matin.
43

C'est à Biganos que nous bifurquons, direction
Bordeaux. Au revoir le large, allons découvrir cette belle
ville.
Au bord des eaux (merci coco), nous nous plaçons
place de la victoire, sortons les guitares et nous faisons
plaiz sous la Grande Arche. Plus tard, nous suivons le bord
de la Garonne. Petit resto espagnol en face de la Basilique
Saint-Michel qui pique le ciel à 114 mètres de hauteur.
Rendez-vous avec mon pote Nico sur le miroir d'eau,
place de la bourse, où barbotent les marmots.
Ciao amico, je pense à toi illico ! Mon pote d'enfance,
on ne se voit que quelques fois dans l'année et celle-là
c'est vraiment une chance.
Allons boire un verre de Bordeaux à Bordeaux !
« Attends Coco, t'as rechargé le convecteur temporel ? Il
ne faudrait pas que ça crée un trou dans le continuum
espace-temps ! »
18h10 fin de ce bon moment, il faut qu'on enchaîne.
Merci amico, on est trop content de t'avoir vu et que tu es
fait parti de notre aventure. À la prochaine !
Nous traversons le grand fleuve et retournons à notre
vie rurale, les vignes à perte de vue. Les domaines, les
châteaux, les juments avec leurs poulains, c'est dans ce
décor que nous dormirons.
Le seul camping du coin est complet. Qu'à cela ne
tienne, on va se débrouiller. En sortant je klaxonne une
bande de gosses qui se marre parce que ça fait un bruit de
canard.

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Il y a une grande bâtisse, un ancien moulin à eau avec
un grand jardin. Nous demandons aux gens si nous
pouvons nous installer sur leur terrain. Pas de souci, ils
sont OK en nous prévenant que la nuit il peut y avoir des
sangliers. Parfait. Il nous offre même une bouteille de
blanc du coin et nous pouvons utiliser le robinet d’à côté.
On est au top !
Petit tour à la pizzeria du village voisin. Ils font des
tagliatelles prêtes à emporter. 941 bornes pour ce plat
d'pâtes.
Nous sommes heureux sous la pluie des étoiles et les
peupliers, bercés par les grillons et le ruissellement du
canal.
La nuit sera bonne.

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12 août 2016
Sixième jour.
176 km
Au petit matin, les habitants ont déjà quitté le lieu.
Nous rangeons, plions et faisons de même.
Soleil rasant dans le visage, nous tournons en rond
dans les vignobles.
Gira gira la Vespa gira. Quel giron dans la Gironde.
Demi-tour et voilà nous entamons le chemin du retour.
Nous repassons dans le village de la pizzeria prendre
le café. La gérante du bureau de tabac, c'est la dame chez
qui on a dormi, l’occasion de lui redire merci.
Mais aujourd'hui il y a un petit hic. Depuis son réveil
Oc-oc se sent patraque, mais ne cédons pas à la panique,
quelques médocs chez le pharmac en espérant qu'ils lui
fassent l'effet d'une petite claque. Il fallait bien que ça
arrive. Un peu de rebondissement, sinon ce n’était pas
marrant.
La plupart des noms des villes et villages que l’on
traversera aujourd’hui, finirons par « ac ». Nous nous
demandons pourquoi ?
Pris dans le sillon de la Dordogne, en arrivant à
Bergerac, la perche était trop bien tendue, il fallut que de
Valter on se moque.
Depuis plusieurs minutes je trouve que les gens
roulent comme des brutes. Ralentissement, les flics, les
pompiers, petite piqûre de rappel ! Une voiture pliée.
Nous nous installons sur la rive pour manger et faire
la sieste à la fraîcheur d'un saule pleureur.
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