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03/12/2016 Maroc , Ahmed Rami , Histoire du Maroc, Les "alaouites" ne sont pas descendents du prophête ­ MAROC: Autopsie d'un mensonge royal La fable ...

 
Histoire, du Maroc, libérée, vue par Ahmed Rami, telle qu'elle devrait être enseignée dans les écoles d'un Maroc enfin libéré !

Extraits du nouveau livre d´Ahmed Rami:

 UNE MONARCHIE COLONIALE JUIVE
AU MAROC 

Autopsie de l'état parasitaire de la monarchie alaouite au Maroc
Par:

 Hassan II est le fils de Glaoui
 La fille juive de Hassan II, et soeur de M6
 Mohamed VI béni par un rabbin juif
 Qund "moulay" Hafid se converta au judaïsme...
 Quand De Gaulles exécute le "Pétain" français et décore le "Pétain" marocain !
 Quand la République "française" enjuivée préfère la monarchie chez les autres !
 Le drapeau "alaouite" n'est pas marocain !
Ahmed Rami

LES SULTANS "ALAOUITES" AU MAROC
 Leurs vrais origines: des grands voleurs et bandits de
grands chemin
 Un sultan alaouite: "peut faire sauter une tête d'un coup
de sabre" !
 La Zaouia de Dila face aux parasites alaouites
 Les alaouite: le pouvoir, l'argent,  la violence et la
corruption
 Ismaïl:  grand bâtisseur de prisons, une armée de esclaves
noirs
 Ismaïl: "Qu'ils me haïssent, pourvu qu'ils me craignent "
 L'esclavage sous toute ses formes
 Etat­personnel ­ Les alaouites ont ouvert le Maroc aux
envahisseurs
 Abdelaziz:  désigné par un esclave noir qui exerçait le
vrai pouvoir
 Ba Ahmed: qund un esclave devient le vrai sultan... 
 Ba Ahmed, sous produit alaouite, gouvernait le Maroc ! 
 Après Ba Ahmed, Abdelaziz ne régnait que sur son palais
 Abdelaziz: une foule de gadgets et de jouets du sultan 
 Amuser "le descendant du prophète" et tuer la nation du
prophète ! 
 Ba Ahmed empêcha l’envoyé français de rencontrer
Abdelaziz...
 Ba Ahmed: sous produit du système du gouvernement
alaouite 
 Comment l’on fait une grande carrière politique à la cour
alaouite...
 Les sultans alaouites sont des descendants de leurs
mères...
 La tare organique du système de l’héritage du pouvoir
politique...
 Une vraie occupation et un sultan fantoche 
 Embryon d'une "armée­police moderne" pour un
makhzen mécanisé
 La trahison des Alaouites est totale 
 Protégé par la France, le sultan bazarde son armée !
 Les alaouites ont massacré le Maroc et y ont crée un vide
politique
 La profonde imbécillité du système monarchique
 Naïfs marocains! On ne choisit pas entre la peste et le
http://rami.tv/fr/alaouites/index.htm

 La monarchie: le seul facteur de division au Maroc
 La devise des alaouites: "moi et l'ennemi juif contre mon
frère"    
 Hafid vend son pays aux juifs!    
 L'erreur fatale de remplacer un Alaouite par un autre   
 Abdelaziz et Hafid, c'étaient exactement la même chose   
 La prison et les pillages sont les piliers du régime alaouite
 Les sultans alaouites ne sont pas doués pour les fins
héroïques  
 Le nouveau sultan alaouite Hafid en action  
 On a remplacé la peste par le choléra ! 
 Les occupants n'avaient que l'embarras du choix entre
traîtres alaouites
 Et les traîtres alaouites étaient tout heureux de servir les
occupants  
 Hafid se convertit en franc­maçon juif 
 La  première révolte du Rif  
 Une résistance rifaine farouche 
 Hafid démasqué !
 Le peuple résiste aux occupants espagnoles, Hafid leur
cède ...   
 Le peuple résiste aux occupants Hafid résiste à son frère ! 
 L' imbécile Hafid collaborait avec les occupants pour le
pillage du pays 
 La faillite totale de Hafid 
 Le sultans: propriétaire du Maroc
 Le loyer que les marocains payent au proprétaire de leur
pays !
 Le makhzen, la corruption, les intrigues et le pillage du
Maroc?   
 Hafid  menacé, il réclame la protection des occupants  
 Le "Commandeur des Croyants" sauvé par les non­
croyants ! 
 Avec de l’or juif, le sultan réclama une armée à cent pour
cent coloniale !   
 La République "française" enjuivée préfère la monarchie
chez les autres ! 
 On n'en finit pas avec les querelles de succession alaouites

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03/12/2016 Maroc , Ahmed Rami , Histoire du Maroc, Les "alaouites" ne sont pas descendents du prophête ­ MAROC: Autopsie d'un mensonge royal La fable ...

choléra !    
 On a "réussit" à couper 50têtes de rebelles et à les faire
afficher... 
 Le Waterloo des alaouites si l'armée occupante ne les a
pas sauvés...
 Les alaouites divisent le peuple pour régner...
 Hafid leur coupa le pied et la main...
 La résistance islamique de Casablanca 
 Le courage et le bon droit ne suffisaient pas à donner la
victoire 
 Le traître hypocrite Hafid
 Alliance entre l' occupation et les traîtres: alaouites et
Glaoui
 Le traître Hafid plus rusé que le traître Glaoui ! 
 Glaoui sortit son poignard, et l'obligea de signer la Béiyâ
‫ﺑﻴﻌﺔ‬.
 En 1907 Abdelaziz régnait sur son palais de Fèz
 Comment les sultans alaouites s'installent­ils au pouvoir ?
 La propagande juive rusée au service de Hafid à Paris 
 L'argent des paysans marocains au service d' Abdelaziz à
Paris

 Maroc vaincu, le victorieux Hafid:  " Je suis le plus
français des Marocains"
 Hafid: figurant et pièce de décor colonial  
 "c’est à l'occupation que je dois mon trône et ma vie"
 Les occupants ont mécanisé le pillage makhzénien des
paysans marocains
 Hafid vend le Maroc pour un milliard et un voyage à
Paris sans de retour !   
 Un sultan alaouite ne prend pas le maquis... 
 Un sultan alaouite qui vend son pays aux occupants !!  
 Hafid émergea de son état végétatif pour condamner les
révoltes... 
 Le sultan ordonne aux Marocains de combattre pour les
occupants ! 
 Lyautey voulait imposer au Maroc la monarchie qui a
échoué en France ! 
 Le peuple résiste, le sultan invite les envahisseurs au
déjeuner... 
 Des braves hommes qui défendrent leurs terres ou des
‘fanatiques’ terroristes? !

   Les "alaouites" ne sont pas  

des "descendants" du prophète
 Totalement falsifiée par la propagande mensongére du régime dictatoriale stupide qui étoufe
notre pays, l'histoire du Maroc contemporain demeure méconnue des Marocains, au point de
devenir un ensembles de grandes énigmes. Et nombre d'évènements importants de notre
histoire sont restés trop longtemps tabous. 
Sans hypocrisie ou  peur de la police de la pensé ou du terrorisme intellectuel qui paralysent
nos libertés, voici un petit tour d'horizon de quelques événements et sujets tabous de l´histoire
du régime "alaouite" régnant aujourd´hui au Maroc:  

 
Hassan II faisait danser... 
.. et son fils, Mohamed VI, continue à danser sur sa musique

 
http://rami.tv/fr/alaouites/index.htm

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03/12/2016 Maroc , Ahmed Rami , Histoire du Maroc, Les "alaouites" ne sont pas descendents du prophête ­ MAROC: Autopsie d'un mensonge royal La fable ...

1. D'origine, ce sont des Grands   
voleurs et bandits de grand chemin
Contrairement à ce qu'a voulu faire croire Hassan II dans son livre "Le Défi ", les
Alaouites n'ont pas succédé à la dynastie précédente.
Ils ont, en réalité, conquis le Maroc, et s'y sont comportés en pays conquis, comme
tous les occupants et conquérants.
Ses aïeux étaient de petits chefs de bande sortis de leur tanière du Tafilalt. 
Hassan II a faussement présenté leur accession au pouvoir dans une espèce de
logique de succession, les "Alaouites" "succédant dans l'ordre et le bien­être
général aux dynasties telles celles des Almoravides, des Almohades et des
Mérinides"...
 Ali Chérif (1631­1636) ‫ﺍﻟﺸﺮﻳﻒ‬ ‫ﻋﻠﻲ‬

La vérité est que le premier des Alaouites était un grand voleur
et chef de bande, un condottiere famélique. Ce fut un grand
voleur, un chef de bande qui avait besoin de contrôler la route
de Sijilmassa ­ Fez pour écouler les produits venant du Soudan
et y acheter produits et denrées introuvables aux marchés du
désert. Et, pour mieux impunément voler, de la contrôler par la force!
La fortune et le pouvoir de la famille "alaouite" ­ qui ont usurpé le pouvoir au
Maroc ­ ne proviennent donc pas de quelque noble origine ou de la "descendance
du prophète Mohammed par sa fille Fatima qui a épousé Ali", d'où le nom
d'"Alaouite" qu'ils ont escroqué et dont faussement ils se parent. Cette qualité de
"chérif" (c'est­à­dire de "descendant du prophète") est mensongèrement et
fallacieusement partagée, avec eux, par des centaines d'individus au Maroc et
érigée en un mythe fabriqué de toute pièce et qui peut même être "attestée" par des
actes d'"adoul" (notaires) qui peuvent facilement et fort bien s'acheter!
Ces chefs de bande de grands voleurs sortis de du Tafilalt, depuis le milieu du
XVème siècle, infligeront leur autorité dès 1666. Leur chef "Moulay" Ali Chérif,
suivi ensuite successivement par ses trois fils: "Moulay Chrif", "Moulay"
M'hammed, Moulay Rachid et Moulay Ismaïl réussiront à prendre, par la force, le
contrôle des voies de communication transsahariennes et évolueront 
progressivement vers le Nord jusqu'à l'occupation totale du pays.
 

 2.  "Il peut faire sauter une tête d'un coup de sabre" !

‫ﺍﻟﺸﺮﻳﻒ‬ ‫ﺑﻦ‬ ‫ﻣﺤﻤﺪ‬ M'hammed      
Ben Ali Chérif (1636­1664) 

M'hammed Ben Ali Chérif s'est proclamé "sultan" de Tafilalet
en 1640, suivi ensuite par "Moulay" Rachid.
La fortune volée et la "puissance" usurpée, fondée sur la
violence, de la famille "royale" «alaouite» au pouvoir au Maroc – bases originales
de son pouvoir ­ ne provient donc pas de quelque noble origine dont faussement
elle se pare.
La qualité essentielle officiellement proclamée du "sultan" Moulay M'hammed
(ancêtre de la lignée d'Hassan II, et de Mohamed VI) c'est son:
"exceptionnelle vigueur physique ". 
http://rami.tv/fr/alaouites/index.htm

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"Il peut faire sauter une tête d'un coup de sabre", 
"galoper 60 kilomètres par jour ". 
Autrement dit: un boucher, un tueur. 
"Il va courir et batailler partout " dit le très officiel manuel d'histoire du Maroc.
C'est vraiment tout ce qu'on en peut dire.
Le premier «grand homme» de cette famille qui se dit "alaouite" se comporte en
grand voleur et  bandit de grand chemin qui amasse son butin, caravane par ci,
caravane par là, et finit par se nommer tout seul "sultan du Tafilalet ".
C'est déjà un progrès énorme, mais l'on se prend à regretter que la famille n'en soit
pas restée là. Quand il sorte des limites de son canton pour tenter de s'installer en
maître sur la route Sijilmassa ­ Fez, vieux passage des caravanes sahariennes, il
trouve sur son chemin le grand maître de la Zaouia de Dila qui régnait alors au
cœur et sur le cœur du Maroc. 
 

 3. La Zaouia de Dila face aux parasites alaouites
Il faut dire tout de suite un mot de cette Zaouia qui a correspondu à un âge d'or,
d'autant plus séduisant et regrettable que les brutaux, sinistres et funestes Alaouites
allaient surgir pour tout détruire. "Zaouia" est un terme difficile à rendre, car il
désigne beaucoup plus qu'un monastère: la Zaouia  est un centre de rayonnement
religieux et économique qui émane, à  son origine, de l'action bienfaisante d'un
saint. Si l'on veut absolument établir une comparaison avec l'Occident chrétien,
disons que Dila (près de Kenitra) a eu pour le Maroc l'importance de Cluny, en
Bourgogne, pour la France, au temps de sa splendeur, le goût du luxe en moins. La
Zaouia de Dila ne vivait pas sur le pays, en parasite comme les "alaouites", elle
vivait avec le pays, pour le pays, au rythme de ses aspirations. Elle était un organe
vital du Maroc, hautement légitime, nécessaire et admise. 
Bien gérés, au mieux des intérêts de la communauté, terres et troupeaux de la
Zaouia lui donnent une base économique solide et durable pour pratiquer
l'hospitalité et exercer la bienfaisance. La Zaouia ne perçoit pas d'impôts, ne
pressure donc pas le pays, mais au contraire redistribue sans compter et
indistinctement les fruits du travail communautaire à ceux qui en ont besoin. Tel est
le véritable sens de la "umma" ou "communauté" musulmane dont l'avarice des
sultans alaouites tirera prétexte pour razzier à leur seul profit les ressources de la
terre marocaine. 
La Zaouia est alors l'âme du pays: son résultat est fantastique: le pays vit comme
une république islamique, sans souverain, dans une honnête aisance matérielle; il
n'y a plus d'indigents (qui seront la marque du nouveau régime).Son prestige
devient très vite fabuleux. On accourt de tout le Maroc. La Zaouia de Dila est un
centre de rassemblement, car elle donne et ne prend pas. Ses éléments les plus en
vue donnent l'exemple d'une vie exemplaire. Une religion sans haine, une pratique
religieuse attentive, mais sans bigoterie, l'Islam, en un mot, dans toute sa vertu. A
partir de 1603, on y vient en pèlerinage. Maîtres et étudiants y retrouvent EN PAIX
les préoccupations élevées de la foi et de la culture. Dila arbitre les conflits. On
l'écoute: la force de la raison et de l'exemple. On ne croit pas une canaille
couronnée qui rend la justice. Les décisions de la Zaouia ne sont jamais discutées.
Le poids moral et la solidité de ses partisans vont arrêter un temps le rezzou de
Moulay M'hammed, "sultan du tafilalet" et homme sans foi ni loi. L'Alaouite recule
mais se cramponne sur une zone où l'influence de la Zaouia ne s'étend
malheureusement pas: l'Oriental. Après 1650, il prend Oujda et Tlemcen Mais au
premier froncement de sourcils des Turcs qui ne s'étaient pas méfiés de ce pilleur
http://rami.tv/fr/alaouites/index.htm

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de caravanes, il regagne ses bases de Tafilalt."Il n'entreprend plus que de simples
razzias". Dès leurs modestes débuts, les Alaouites mettent clairement en évidence
leurs moyens d'action: la violence pour s'imposer, le pillage pour se maintenir.
Attitude parfaitement négative qui mettra le pays à feu et à sang et le laissera
exsangue lorsque l'Occident impérialiste et fortement industrialisé, appuyé, dans le
cas de la France, sur les intrigues de l'Alliance Israélite Universelle prétextant une
aide à apporter à la communauté juive locale,­ (l'équivalent des intrigues des
négociants juifs de la Régence d'Alger, les frères Bacri, vraie cause de
l'intervention armée de la France, sans compter des raisons analogues en Tunisie)
­ effectuera sa grande poussée en avant. Et encore les premier Alaouites, avaient ­
ils, au  moins, une qualité: la hardiesse au feu qui en eussent fait d'excellents
officiers subalternes. Les suivants seront de vraies lavasses: cruels encore, mais
lâches et pusillanimes.

 4.La méthode alaouite: le pouvoir       
 par l'argent, la violence et la corruption  
‫ﺍﻟﺸﺮﻳﻒ‬ ‫ﺑﻦ‬ ‫ﺭﺷﻲﺩ‬ Rachid  (1664­1672) 
Ces razzias, odieuses contre le peuple, paraissent encore trop
minables au frère cadet de Moulay M' Hamed, Moulay Rachid,
aussi vigoureux que son frère, mais moins limité
intellectuellement ou plutôt davantage gourmand. M'hammed
s'en méfiait, mais pas assez. 
Rachid échappe donc un jour à la fraternelle surveillance (trait constant chez les
Alaouites) et quitte le foyer familial, à la mort de leur père Moulay Chérif, en 1659.
La présence paternelle empêchait M'hammed de liquider son frère. Cadet de
famille, arriviste sans scrupules, il fait un petit tour du Maroc avec une poignée de
compagnons. A cette époque, l'on pouvait circuler sans problèmes. Cela ne devait
pas durer. Il exploite à fond un nom qui commence à être strictement connu, s'en
sert pour recruter une petite troupe qui ne rêve que plaies et bosses et il lui
permettra de se constituer un trésor de guerre. Deux choses importent: le pouvoir et
l'argent: le pouvoir par l'argent; le pouvoir donc l'argent. Stricte méthode alaouite.
Violence et corruption. Repoussé dans tout le Maroc, Rachid, dans la région de
Taza, est à bout de forces. Au Nord ­Est de Taza, il y a un gros village dans les
montagnes des Beni Snassen, prospère et pacifique: Dar Ben Mechaal. Rachid et sa
poignée de ruffians s'en emparent de nuit, par ruse.
Préservée de toute tyrannie centrale, la région avait prospéré et ses habitants
avaient économisé. Rachid rafla tout, rançonna les survivants et vendit les femmes
jeunes et les enfants, du moins ceux qu'il ne garda pas pour ses plaisirs. Cette
action si peu glorieuse et qui relève strictement du droit commun devient un siècle
plus tard, dans les récit  appointés des historiographes du régime, car l'on ne
pouvait pas taire un hold­up aussi sanglant et  une telle friponnerie: "une action de
purification réalisée par Moulay Rachid aux dépens d'un Juif nommé Ibn Mechaal
qui terrorisait et pressurait les Musulmans des environs de Taza!" On fait même de
cette communauté montagnarde un royaume juif qui aurait survécu à l'islamisation
du pays! Comme si les montagnes marocaines, à la religion aussi sourcilleuse,
eussent pu laisser subsister un royaume d'infidèles! Le mensonge, deuxième
mamelle, après la violence, du pouvoir alaouite, fait ainsi son apparition sur la
scène de l'Histoire. Mais ensuite le défunt Hassan II n'a plus eu assez de ses
thuriféraires dupes ou appointés; il s'est mis à écrire…Cet acte de brigandage est
alors devenu un haut fait du premier souverain de la dynastie. Mentez, mentez, il
en restera toujours quelque chose. Dans son traité sur la Politique, Aristote dit que
certains mentent, non pour telles ou telles  raisons, par intérêt ou lâcheté ni orgueil,
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mais parce qu'ils sont menteurs par nature. Il n'est que temps de rétablir la vérité,
sinon le dernier des Alaouites aura presque réussi  à faire passer ses aïeux pour de
petits saints Louis. Il est vrai que  ce saint Louis n'en était pas un, mais
certainement pas un malfrat!
 Rachid avait enfin ce qu'il voulait: des coffrets de pièces d'or qui surchargeaient
les bâts de sa caravane de mules. Il acheta de la poudre, des  armes modernes et 
des munitions: jamais ce Rif n'en a manqué! Il lui en resta assez pour acheter le
concours de quelques centaines de Cheragas, tribu arabe de l'Orientale  qui était
supposée obéir à son frère aîné Moulay M'hammed!
M'hammed  tenta bien de réagir, mais c'était trop tard. Ce n'était pas un
affrontement où l'intelligence politique avait son mot à dire, il n'y avait ni
intelligence ni politique dans cet assaut contre un pillard vieillissant et un pillard au
mieux de sa forme. Le plus jeune gagna donc et tua l'aîné. Les soldats de son frère
passèrent aussitôt du bon côté, celui du vainqueur, en 1664. 
Le chef de bande est désormais sans entraves! Il prend Taza, puis Fez en
1666/1667 et rase la Zaouia de Dila. Un acte de barbarie: Rachid ne pouvait
supporter son prestige et son pouvoir d'attraction, lui qui n'existait que par la
violence. Il s'empara finalement de Marrakech et, comme d'habitude, en massacra
les défenseurs, dont Ari, le chef des Chebanats, la tribu guiche du hark. Mais il
devait curieusement mourir dans sa dernière conquête. Le deuxième jour de la fête
de l'Aïd el kébir, alors qu'il traversait le jardin de l'Agdal, son cheval s'emballa et
Rachid se fracassa  le crâne contre la branche basse d'un olivier. Curieuse  fin pour
un homme dont la qualité essentielle était d'être précisément un cavalier hors pair"!
On a dû aider son cheval à s'emballer. Et il existe, de toute façon, bien des moyens
de casser la tête à un gêneur. Mais l'histoire officielle tient absolument à cette
histoire de cheval emballé qui arrange bien des choses, et surtout les affaires de ses
frères. Sa prise de pouvoir avait plongé le Maroc dans la guerre, les massacres et
l'enchaînement de la violence. Sa mort va inaugurer les guerres de succession qui
ravageront le pays pendant des siècles. Toute la famille veut participer à la curée. Il
n'y a pas d'ordre de succession.
 

 5.Moulay Ismail: Un harem de 500 femmes, 
 800  enfants, grand bâtisseur de prisons, 
 une armée de 150.000 esclaves noirs
Jadis les sultans marocains désignaient de leur vivant un héritier: c'était le moindre
mal, car il s'agissait du plus capable. 
Mais avec les "Alaouites", les frères du défunt vont déshériter les neveux qui vont
se venger etc…
Les Atrides auraient passé pour une famille unie, à côté de ces scènes  de tuerie
familiale dont le pays va évidemment faire les frais. 
Le bilan des tueries provoquées par l'anarchie FAMILIALE est terrifiant.
Le fils de Rachid, Ahmed ben Mahrez se proclame évidemment sultan dans le Sud.

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‫ﺍﻟﺸﺮﻳﻒ‬ ‫ﺑﻦ‬ ‫ﺍﺳﻤﺎﻋﻴﻞ‬ Ismail  (1672­1727) 
Moulay Ismail, frère cadet de Moulay Rachid, se proclame
sultan à Meknès dont il est gouverneur et qui restera sa ville
chérie. Il en fera la plus fabuleuse caserne du monde. Il se
constitua un harem de 500 femmes et deviendra père de plus de
800 enfants. Son principal conseiller fut le banquier juif 
CARSINET Aaron. La guerre entre l'oncle usurpateur et le neveu dépouillé, mais
qui a hérité de la pugnacité paternelle, va durer 14 ans. Et dire que c'est ce Moulay
Ismail qui passe pour avoir rétabli l'ordre! Mais c'est  lui qui a provoqué cette
situation personnelle, car son cher neveu n'était pas un bambin fragile, il pouvait
très bien prendre la succession de son père; il n'avait pas besoin d'un tuteur. 
Au reste, Ismaël n'a jamais justifié légalement son attitude: je prends la première
part, parce que je m'appelle lion, dit la fable! Petit détail juridique qui a "échappé"
curieusement à son descendant Hassan, quand il en fait l'éloge, Hassan n'a pas eu
d'oncle pour lui souffler sa place, car le Protectorat veillait et les Français y ont
exporté la règle de primogéniture qui avait, malgré quelques bavures, fait merveille
chez eux pour appesantir le pouvoir royal et briser toute résistance populaire et
aristocratique à l'État fiscal qu'il voulait absolument puissant et personnel, reposant
sur une bourgeoisie avide qui deviendra une ruche d'essaims coloniaux et
expansionnistes!

 Il est impossible de donner le détail des
assassinats, des trahisons et des pillages. C'est un
sanglant Western qui pourrait s'appeler: "le peuple,
la brute et les truands". Pendant que Moulay Ismail,
le soi­disant "invincible" essayait de coincer son
neveu qui le baladait dans tout le Maroc et
particulièrement dans le Sud, le reste du pays
tentait d'en profiter pour échapper à la poigne du
pillard du Tafilalt devenu sultan par la grâce de
quelques ulémas terrorisés ou achetés. Le pseudo
règne de Moulay Ismail n'est pas un règne, c'est une
carrière de flic, la gigantesque répression d'une
"manif" qui ne cessera jamais, car le pays
n'acceptera pas son pouvoir. Son sceptre n'est qu'un
sabre.
Naturellement, un de ses frères, El­Harran lui dispute aussi le pouvoir, dans le
Tafilalet, "berceau" de ce gros panier de crabes. Il n' y a aucune raison. El­Harran a
autant de "droit" qu'Ismail, après tout. Tous deux sont également impopulaires. Ce
genre de situation atroce se retrouve dans toute l'histoire de la dynastie jusqu'au
XXème siècle inclus. C'est l'existence de la dynastie qui met le Maroc en péril.
Ahmed ben Mahres se proclama finalement "roi" de Taroudant, dans cette région si
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florissante sous les Saâdiens et dont les Alaouites feront un désert. Son seul tort fut
de croire que son oncle acceptait la situation, la partition de facto. Ainsi Moulay
Ismail le fit­il assassiner dans l'Anti­Atlas. Sa mort ne résolut rien pour Moulay
Ismail, car il ne fut évidemment pas accepté par le Sud qui avait perdu l'habitude
de dépendre d'un despote.

 6."Qu'ils me haïssent, pourvu qu'ils me craignent "
Tous ces échecs avaient démontré à Moulay Ismaïl le flic la nécessité d'un
matraquage efficace, s'il ne voulait pas finir comme son neveu. Il lui fallait une
armée. "Qu'ils me haïssent, pourvu qu'ils me craignent ": il n'a pas inventé
l’expression terrible tirée d’une tragédie romaine d’Accius mettant en scène
Atreus, père d’ Agamemnon, et que l’Empereur réputé fou Caligula aurait, d’après
Suétone, fait sienne,  mais, en revanche, il a perfectionné le système. Son armée
sera sa seule idée politique, son unique préoccupation. Et le pays ne peut ni ne veut
évidemment pas lui fournir assez d'hommes. Il va importer! Une armée permanente
pour une guerre permanente faite aux Marocains. Moulay Ismail achète donc des
esclaves noirs importés de l'Afrique noire. Il en achètera pendant tout son règne. Il
aura ainsi une armée d'esclaves noirs de 150.000 hommes forcément attachés à sa
personne: l'armée la plus nombreuse de son temps.
Louis XIV son contemporain qui aura tant fait la guerre et dévasté des villes
allemandes, ruinant Heidelberg, par exemple, et le Palatinat, n'a que de "petites"
armées de 30.000 à 40.000 qui lui suffisent à affronter l'Europe et à le faire
surnommer le Mars Très Chrétien! Il en faut quatre fois plus à Moulay Ismail pour
occuper et tenir le Maroc qui se couvre de casernes et non plus d'écoles ou de
mosquées. 
Moulay Ismail a été un grand bâtisseur, c'est vrai, mais un grand bâtisseur de
Qasba­prisons­casernes­perceptions. Il et aussi le premier à avoir fait de l'élevage
d'hommes esclaves pour fournir ses compagnies de prédateurs. 
Le système est simple. Les petites filles noires sont esclaves dans les palais où elles
reçoivent "une éducation ménagère" (sic). Les petits garçons noirs s'amusent
jusqu'à dix ans. A cet âge, ils commencent en fait le service, par la conduite de
bêtes de somme. Plus tard, ils font le maçon sur les innombrables chantiers du
sultan mégalomane. 
A 14 ans, ils touchent leur premier cheval qu'ils montent à cru. Puis ils apprennent
à tirer à pied et à cheval. A 18 ans, ils sont versés dans l'active. Le soldat esclave
qui n'a pas connu d'autre univers, robot soigneusement remonté, est mûr pour se
faire tuer et pour tuer. Il est mûr aussi pour se marier: avec son paquetage, il reçoit,
comme on touche une prime, une petite esclave devenue ménagère accomplie, avec
ordre de faire le plus possible de petits soldats qui ne coûteront plus rien au sultan.
Cela ne suffisait pas à Moulay Ismail. Le protectorat va opposer, deux cents ans
plus tard, les Berbères aux Arabes. Lui va opposer les Arabes aux Berbères: les
successeurs de Lyautey n'auront qu'à lire l'histoire du Maroc pour savoir comment
diviser un pays pour régner, en jeter les forces vives le unes contre les autres. Le
détruire  pour y installer un pouvoir étranger constitué d'esclaves noirs ou des
maîtres occupants colonialistes. Pour achever de quadriller le Maroc, ses 150.000
esclaves transplantés ne suffisant pas, Moulay Ismail crée des tribus "guich", c'est­
à­dire des tribus d'origine arabe installées dans les plaines, qui, en échange du
"service militaire" (on devrait dire "sévices militaires"!) reçoivent des terres en
toute jouissance. Mais comme ces seigneurs de la guerre ne peuvent évidemment
les cultiver eux­mêmes, qu'ils n'en ont pas le temps et que ce n'est pas digne d'eux,
ils emploient des métayers, le plus souvent payés au cinquième des récoltes et des
troupeaux.
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 7.L'esclavage sous toute ses formes
Ismail crée donc une caste militaire avec tout ce que cela implique de féodalité
guerrière inefficace sur le plan extérieur et  en corollaire, une masse de paysans
pauvres, d'indigents en puissance livrés sans défense au despotisme des petits
seigneurs locaux. Des esclaves blancs en fait et désarmés ceux­là. L'esclavage sous
toute ses formes, déguisé ou non, est ­ et a toujours été ­ le piler du régime
"alaouite" au Maroc. Encore aujourd'hui la monarchie réclame des sujets et non des
citoyens. Pour diviser et dominer sur ses sujets Ismail les dénature davantage et les
déracine, en les parachutant dans des régions où ils n'avaient aucune attache. Le
despote sait que l'enracinement est un facteur d'union nationale qui peut se
retourner contre sa tyrannie.  Une moitié des Oudaya surveilla Fèz, l'autre moitié
surveilla Meknès. Les chebanats du Haouz, qui avaient résisté à son frère Moulay
Rachid (qui avait exterminé ses chefs), furent envoyés à 800 kms de chez eux, pour
surveiller les tribus berbères des Beni Snassen que Moulay Rachid avait dévalisées
(cf. l'histoire de Dar el Méchal) au Nord­Est du Maroc. Et surtout il installa les
tribus "guich" dans le Tadla, sur les ruines de la Zaouia de Dila, pour surveiller "la
puissante forteresse berbère du Moyen Atlas et du Haut Atlas Occidental". 
Ismaël allait déclencher une guerre civile de 24 ans qui durera en fait jusqu'à ce
que les forces françaises réduisent les derniers villages libres en 1934! Les
montagnards n'accepteront jamais la présence alaouite, et ils ont les moyens de se
défendre. Ils n'accepteront jamais l'établissement d'un système "monarchique" tout
à fait étranger et contraire à l'esprit de l'Islam. Les Alaouites constamment
repoussés useront de leurs malheureuses troupes fourvoyées dans une sale guerre
en les envoyant " à l'assaut du ciel " pour tenter d'affirmer leur pouvoir personnel
autocratique et illégitime. La confédération des petites républiques islamiques de la
montagne, puissamment motivées, pliera parfois un temps, mais ne rompra jamais.
 

 8.Etat­personnel 
 Les alaouites ont ouvert le Maroc aux envahisseurs
Seule l'obstination tyrannique du palais provoquera une situation d'anarchie
"légale" et "organisée" dans une société normalement en équilibre et qui vivait
heureuse.
Anarchie créée par le pouvoir "Alaouite" qui entravera le développement
harmonieux d'une nation, préparera le lit aux envahisseurs étrangers et dont seul le
protectorat tirera bénéfice
Là encore, il est impossible de citer toutes les opérations. Elles sont
malheureusement identiques. Les armées alaouites tombent sur notre pays comme
un vol de sauterelles, à cette différence près que ces acridiens s'attaquent aux
hommes. 
En 1679 Moulay Ismail qui a franchi l'Atlas se fait éparpiller dans le Todghra, les
gorges somptueuses de l'Oued deviendront son Roncevaux. "Il y perd même le
commandement de ses troupes. Les restes de son armée sont emportés dan une
tempête de neige en repassant l'Atlas au col de Telouet. Il s'en sort de justesse et
son descendant Moulay Hassan Ier, qui aura tout oublié et rien appris, subira le
même revers, au même endroit, deux siècle plus tard. 
Mais faire mourir des dizaines de milliers d'hommes ne compte pas pour lui: il a
ses centres de remonte, ses haras humains dont il lancera les produits dans une
nouvelle aventure sanglante. 
Son descendant, Hassan II vante dans son "Défi" ses succès contre l'étranger. Mais
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Tanger a été abandonné par les Anglais qui lui préféreront la position
supérieurement stratégique de Gibraltar. Moulay Ismaël n'a donc conquis qu'une
place vide! Et dans ses rapports vrais avec Louis XIV ­ pas ceux folkloriques de
son mariage projeté avec une princesse de Conti! ­ il a toujours cédé. Il arrêta
même la guerre maritime ­ la fameuse course que les étrangers savaient fort bien
utiliser à leur profit ­ et n'a pas su obliger Louis XIV à un échange général des
prisonniers. 
Contrairement à l'image trop répandue des vilains barbaresques détroussant les
navires chrétiens, il y avait beaucoup plus de Marocains prisonniers du roi de
France et qui permettaient aux galères de Colbert de naviguer, que de Français dans
les geôles de Moulay Ismail (quelques dizaines seulement), Moulay Ismail se
contenta d'un échange de un contre un qui avantageait outrageusement le "Roi­
Soleil". 
Louis XIV avait, du reste, bien tort de traiter d'État à État. 
Avec un "Alaouite", il faut parler gros sou. Les Espagnols s'y prendront
beaucoup mieux. Ils enverront un franciscain, le bon frère Diego, lequel, bien
appartenant à un ordre mendiant, arrive avec des cadeaux pleins le froc. Le frère
Diago parle très bien l'arabe, amuse le sultan, le comble de cadeaux. A chaque
présent, il reçoit en échange un ou deux prisonniers espagnols. En 35 ans Diego
recevra 60 prisonniers. Pas question de réciprocité pour les Marocains prisonniers
des Espagnols: des nationaux, Moulay se moque bien! Il a ses belles pendules en
or, ses broquarts éclatants, ses armes enrichies de pierres précieuses et même des
services à thé. Les Marocains peuvent bien pourrir dans des prisons ignobles, les
plus atroces d'Europe: le sultan s'amuse tellement avec  frère Diégo!
Le "grand" homme de la famille meurt de sa belle mort, comme la plupart des
tyrans: "sa mort est le signal immédiat de l'anarchie… Le Maroc est secoué par la
plus grave crise de son histoire."  Ce n'est pas moi qui le dit , qu'on ne m'accuse pas
de "subjectivité ", c'est le manuel scolaire marocain.
Après sa mort, et par les luttes internes entre les descendants de "Moulay" Ismaël
pour le pouvoir,  le Maroc fut plongé dans des guerres civiles sanguinaires et
interminables jusqu'au début du vingtième siécle, affaiblessant ainsi le pays et
l'ouverant largement aux envahisseurs étrangers.
La réalité accusatrice est  tellement énorme qu'on ne la peut cacher. Toute la
tyrannie du règne de Moulay Ismail aboutit en fait ­ après des dizaines de milliers
de victimes ­ à la plus monstrueuse et à la plus sanglante des pagailles, uniquement
à cause de la nature du pouvoir alaouite. Pour mettre le pays à genoux il a passé
son règne à inventer une armée d'occupation constituée d'esclaves noirs étrangers et
de petits féodaux. Et ce, pour rétablir un ordre qui n'est troublé du reste que par sa
présence! 
Et cette armée (chargée de maintenir un Etat­personnel et un pouvoir strictement
personnel contre la nation) va se retourner, enfin de compte, à la fois contre l'État
"alaouite" et contre la Nation marocaine. Les horreurs des empereurs romains de la
décadence ne sont que jeux de patronage à côté des cruautés dont les fils et
descendants de Moulay Ismail ( dont voici, ci­dessous les portraits par ordre de
succession) soutenus par leurs mercenaires étrangers, vont se rendre coupables.

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03/12/2016 Maroc , Ahmed Rami , Histoire du Maroc, Les "alaouites" ne sont pas descendents du prophête ­ MAROC: Autopsie d'un mensonge royal La fable ...

‫ﺍﺳﻤﺎﻋﻴﻞ‬ ‫ﺑﻦ‬ ‫ﺍﺣﻤﺪ‬

‫ﺍﺱﻣﺎﻋﻴﻞ‬ ‫ﺑﻦ‬ ‫ﺍﻟﻤﺎﻟﻚ‬ ‫ﻋﺒﺪ‬

‫ﺍﺳﻤﺎﻋﻴﻞ‬ ‫ﺑﻦ‬ ‫ﷲ‬ ‫ﻋﺒﺪ‬

‫ﺍﺱﻣﺎﻋﻴﻞ‬ ‫ﺑﻦ‬ ‫ﻣﺤﻤﺪ‬

‫ﺍﺱﻣﺎﻋﻴﻞ‬ ‫ﺑﻦ‬ ‫ﺍﻟﻤﻬﺘﺪﻱ‬

‫ﺍﺳﻤﺎﻋﻴﻞ‬ ‫ﺑﻦ‬ ‫ﺍﻟﻌﺎﺑﺪﻳﻦ‬ ‫ﺯﻳﻦ‬

 

‫ﻣﺤﻤﺪ‬ ‫ﺑﻦ‬ ‫ﺍﻟﻴﺰﻳﺪ‬ ‫ﺑﻦ‬ ‫ﻣﺤﻤﺪ‬

‫ﺍﺳﻤﺎﻋﻴﻞ‬ ‫ﺑﻦ‬ ‫ﻋﻠﻲ‬

‫ﷲ‬ ‫ﻋﺒﺪ‬ ‫ﺑﻦ‬ ‫ﻣﺤﻤﺪ‬
 

 

‫ﻣﺤﻤﺪ‬ ‫ﺑﻦ‬ ‫ﺍﺳﻤﺎﻋﻴﻞ‬

‫ﻫﺸﺎﻡ‬ ‫ﺑﻦ‬ ‫ﻣﺤﻤﺪ‬

‫ﺍﻟﺤﺴﻦ‬ ‫ﺑﻦ‬ ‫ﻳﻮﺳﻒ‬ ‫ﻣﻮﻻﻱ‬

 9. Abdelaziz: descendant d'une mère circassienne, 
désigné par un esclave noir qui exerçait le vrai pouvoir

  "Moulay" Hassan I (1873 ­ 1894) ­ portrait et sur le cheval ­ (grand­père de Hassan II)  
   ayant à sa droite le "célèbre" " Grand Vizir" noir Ba Ahmed   

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 Le sultan abdel aziz, fils de Hassan I(né le 24 fevrier 1878 à Marrakech), 
 ici en tenue d'officier turc: sa mère "lalla rkia" était turque d'origine juive

La mère de Moulay Abdelaziz était circassienne d'origine juive. Elle s’appelait
Lalla Requïa, elle savait chanter et danser. Elle avait été achetée chez un
spécialiste de Constantinople, avec trois autres filles toutes aussi circassiennes,
pour un prix global de cent mille francs or. Ce n’est pas la somme, en soi
fabuleuse, qui intéresse ici  ni cet épisode de l’histoire vue par le trou de la serrure,
mais bien le rôle que va jouer Lalla Requïa pour l’avenir de la dynastie : elle ne
s’est pas contentée de chanter et de procréer, elle a aussi joué un rôle politique
néfaste : elle dominait complètement l’esprit du vieux Moulay Hassan, ce qui
explique qu’Abdelaziz devint le fils hautement préféré et élevé dans du coton au 
Palais, tout en étant un instrument docile dans les mains de Ba Ahmed qui pouvait
ainsi manipuler plus facilement le sultan par l’intermédiaire de l’épouse
préférée et intrigante. C’est sans doute ce qu’a voulu insinuer Hassan II, en
l’occurrence officiellement arrière petit neveu de la circassienne, quand il
écrit : «C’est avec fierté que je puis dire que les mères, grand­mères, aïeules des
souverains  alaouites appartiennent toutes aux familles populaires les plus modestes
(« Le Défi », p.149) ». Ce doit être une démonstration par l’absurde ! On
s’attendait même à ce qu’il nous parlât de sa propre  mère offerte par le Glaoui à
son père enceinte ­ de lui ­ de six moi, mais il nous laisse sur notre faim. Les
contrevérités d’Hassan II s’accrochent désespérément aux généralités. Ni nom, ni
date, ni fait. Je règne, donc je mens.

10. Ba Ahmed: qund un esclave 
 devient le vrai sultan...
Ba Ahmed ­ d'un père noire venu d'Afrique noire, et d'une mère juive, c'est­à­
dire, selon la tradition sioniste, un vrai juif ­ n’était ni politicien local ni un homme
d'état marocain.
C’est une tradition familiale qui tient d’une part au goût déjà démontré des
Alaouites pour le personnel esclave servile et d’autre part à leur méfiance constante
envers les Marocains
Laissons un observateur étranger le décrire. Parlant de Ba Ahmed et de son pouvoir
au Maroc, voici ce qu'a écrit l'écrivain Français Robert Brasillach, dans son livre
La Conquérante, republié chez Plon à Paris en 1943, p 333 :
"Le maître du monde, à Marrakech, c'était le grand vizir Ba Ahmed, fils d'un
nègre et d'une juive. Un horrible personnage, bouffi de graisse, avec un ventre
ballonné, un goinfre, brutal et sadique.  Comme il était de basse extraction, il
voulait tout ce qu'il y a de plus beau, les bijoux, l'or, les palais ... Et ne croyez
pas qu'il ait simplement laissé faire. Il discutait avec les architectes, un peu à
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coup de bâton, il leur imposait ses idées, et finalement celles d'un Français qui
est le véritable inspirateur du palais. Je l'ai connu, c'est le capitaine Erkmann,
qui avait gagné les bonnes grâces du nègre et de son principal architecte El
Mekki."
Pour gouverner contre leurs sujets, les alaouites ont toujours fait appel à des
esclaves ou à des renégats qui leur devaient tout. Moulay Ismail a donné l’exemple
en séquestrant le pays avec une armée d’esclaves importée à prix d’or ou volée
chez des particuliers au mépris du droit des gens. 
Sitôt arrivé à Rabat avec la dépouille de son maître ­ Moulay Hassan I ­ mort
depuis quatre jours, Ba Ahmed avait jeté en prison les deux fils aînés de feu le
sultan : Sidi Mohammed et Moulay Omar. Ce qui avait grandement simplifié dans
un premier temps les problèmes de succession. Puis comme son rôle d’homme de
confiance et de grand maître des cordons de la bourse ne l’avaient pas
suffisamment enrichi, il fit main basse sur la fortune du Grand Vizir ( Djemaï) et du
ministre de la guerre ( Si Mohammed Seghir), ­ fortunes  acquises, tout aussi
scandaleusement du reste ­ en  jetant  ces deux personnages dans un cul de basse
fosse à Tétouan, pour éviter toute réclamation. On ne les revit jamais.
Il avait ensuite nommé aux postes « importants » des hommes dévoués à sa
personne ou incapables, souvent les deux. Entourés de nullités ou d’instruments
dociles, Ba Ahmed pouvait gouverner tranquillement : ce n’était pas « l’héritier de
cent rois », l’inexistant Moulay Abdelaziz qui allait le gêner.
 

 11. La canaille Ba Ahmed, sous produit des alaouites, 
 gouvernait le Maroc pendant des années!
Analphabète et borné, Ba Ahmed ignorait tout du reste du monde, grave lacune à
l’heure où l’impérialisme triomphant cherchait partout des os à ronger. Il avait
seulement hérité de son maître Hassan Ier l’art de diviser pour régner sur le pays ,
de neutraliser les forces vives du Maroc dont la conjonction aurait été mortelle
pour la couronne. Pour régner, il fallait vivre contre le  pays réel ou être chassé. 
Ba Ahmed allait vivre à n’importe quel prix pour assurer un pouvoir que le
monarque n’était pas même en mesure de lui disputer. En effet, l’on ne vit pas
tranquille, quand on « gouverne » seul contre tous. 
Le premier ministre tout neuf ne dormait jamais deux fois de suite dans le même lit
pour échapper aux inévitables assassins. Son frère Si Saïd occupait une position
essentielle pour la bonne marche des affaires : il goûtait tous les aliments qui
étaient présentés à son frère. 
Ba Ahmed avait tellement peur d’être empoisonné que Si Saïd  assistait en
personne à la préparation de menus de vizirs et faisait sceller les plats pour qu’on
ne puisse rien y jeter entre les fourneaux et l’estomac (de requin) du maître du
Maroc. Le système ultra corrompu marcha fort "bien" pendant des années. Puis Si
Saïd mourut de mort naturelle, supposa­t­on, tout en sachant très bien que personne
ne goûtait ses plats à lui. Son frère le suivit dans la tombe au bout de quelques
semaines. On est en mesure d’affirmer, sinon de prouver, que ce n’est pas le
chagrin qui l’a terrassé !
Mais comme personne ne voulait remplacer Si Saïd…
C’était ça le gouvernement alaouite, à l’aube du 20ème siècle. C’était donner bien
des tentations à un (futur) envahisseur qui n’en demandait pas tant.

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Cette franche canaille de Ba Ahmed maintenait seule la fiction d’un
gouvernement. Sa mort, le 13 mai 1900, marqua vraiment le commencement de la
fin.

 12. Après Ba Ahmed, Abdelaziz ne régnait que sur 
 son palais qu’il ne pouvait pas quitter sans risque
Le vieux ministre avait parfois réussi à faire rentrer des impôts. Quelques garnisons
chérifiennes vivotaient encore à Taza, Oujda, Tarfaya, Agadir et Taroudant et dans
le Tafilat « berceau » de la dynastie, où elles étaient supportées par le peuple, à la
condition expresse de ne pas quitter ses qasbas écroulées. On les oubliait. 
La mort de Ba Ahmed allait permettre à Moulay Abdelaziz, non pas de régner sur
son royaume, il en était bien incapable et ses sujets n’en voulaient pas, mais au
moins sur le palais de Fez qu’il ne pouvait pas quitter sans risque.
Enfin il régnait en maître au bout de sa chambre, un beau cadeau pour ses vingt­
deux ans. Il s’en offrit un autre et c’est tout ce qu’il fit : il confisqua l’énorme
fortune de Ba Ahmed qui laissait inachevé le somptueux  palais de la Bahia à
Marrakech, indécent de luxe, escale obligée aujourd’hui pour les touristes
consciencieux, et dont pas un zellige (céramique), pas un morceau de cèdre n’a été
acquis honnêtement. 
Le palais de son frère Dar Si Sahid, a été édifié tout près de la Bahia dans les
mêmes conditions. Les partisans du frère d’Abdelaziz, Sidi Mohamed, qui était
toujours en prison, tentèrent bien de se battre, les armes à la main pour leurs
favoris, mais sans une victoire exagérée, si bien que le très jeune ministre de la
guerre, aussi séduisant que nul, réprima facilement de menus débuts d’insurrection
qui n’auraient rien changé. 
Ravis de cette « efficacité », le sultan s’empressa de lui remettre les réalités de ce
pouvoir que Ba Ahmed avait emporté dans la tombe. L’élégant gentilhomme
remplaça le vieux noir retors et Moulay Abdelaziz retourna à sa vie de gamin trop
gâté. 
Tout était en ordre. C’est­à­dire dans le plus grand désordre. "La nation marocaine
n’existe pas sans le roi " a Hassan II eu le culot et lecourage de dire dans son:
« Défi », (p.9).
En cette année zéro du vingtième siècle le sultan n’existait plus, la nation
marocaine survivait malgré lui, les puissances occidentales veillaient sur leur proie.
C’est grâce au vélo que le sultan allait découvrir l’existence de l’Europe.

 13. Abdelaziz ne régnait plus que sur une 
 foule de gadgets et de jouets du sultan
Abdelaziz, sultan sans royaume, ne régnait plus que sur une foule de gadgets qui
captivaient l’essentiel de son temps et vidaient la totalité du trésor public et celui
laissé par son père Moulay Hassan. 
Un souverain alaouite ­ jusqu'à Mohamed VI d' aujourd'hui ­ n’a jamais vraiment
su ce que c’était qu’une route, qu’un hôpital, une école; il ne joue que des
semblants d'exercices théâtrale du pouvoir, et jamais l’argent des impôts n’a été
employé essentiellement pour la collectivité : le trésor public, c’était la tirelire du
roi. Jusque là, aucun souverain ne l’avait complètement cassée. On pressurait le
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peuple, oui, mais on gardait toujours un petit fond de caisse. Même Hassan Ier
avait réussi à laisser 60 millions de pesetas hassaniens à son fils gâté. 
Mais Abdelaziz allait toucher le fond du gouffre, casser sa belle tirelire et endetter
le pays pour s’offrir des joujoux. La dynastie a infligé au Maroc une belle série de
coquins criminels et incapables. 
C’était la première fois que la mafia alaouite présentait un adolescent attardé. Il
était devenu la coqueluche des représentants de commerce juifs qui savaient que
l’on pouvait vendre n’importe quoi au sultan de Fèz. Des autos, pour rouler dans
les jardins du Palais, puisqu’il n’y avait pas de routes et personne pour assurer le
service après vente. Des bicyclettes, des canaux à moteur, des pianos à queue, des
appareils photos. 
Il en acheta même une bicyclettes en or massif ( 37.000 francs or) fait spécialement
pour  lui « sur mesure » par un industriel cynique. Il faisait venir des
prestidigitateurs de toute l’Europe pour acheter des tours qui n'étaient pas à vendre.
Il s’enticha ensuite de feux d’artifices. On tira tous les soirs pendant des semaines
des fusées qui ravissaient  l’entourage d’Abdelaziz, mais dont la valeur aurait suffi
à nourrir dix mille personnes pendant trois mois .

 14. Amuser "le descendant du prophète" 
 pendant que croule la nation du prophète !
Ensuite ce furent les cuisinières à charbon, mais il n’y avait pas de charbon pour
plus de deux jours. Puis les pendules, sans doute nécessaires pour le « maître de
l’heure ». Puis des corsets de femme et des falbalas  des grands boulevards
parisiens. Bref, n’importe quoi à n’importe quel prix. Rien n’est trop beau ni trop
cher pour amuser "le descendant du prophète" pendant que croule la nation du
prophète. 
La seule innovation politique d'Abdelaziz, entre deux séjours à la nursery sera la
création du "tertib", un nouvel impôt qui sera parfaitement exploité par le
"Protectorat" pour avantager les colons européens au détriment des Marocains.
Mais ce n’est pas l’occupant qui l’a inventé, comme le prétend Hassan II, mais bien
son grand­oncle sorti pour une fois de son infantilisme. Et c’est son autre grand
oncle Hafid qui aggravera cet impôt inventé pour remplacer l'impôt islamique
Zakate seul admissible. Cet instrument d’oppression est le seul fait de la dynastie
encore au pouvoir au Maroc aujourd'hui, instauré douze ans avant qu’un autre
souverain alaouite ne signât le honteux traité d'occupation appelé: "protectorat". 
Mais, comble d’infortune pour le souverain velléitaire, l’impôt new­look et détesté
aggrava la trésorerie alaouite puisque les anciens impôts abandonnés ne rentrèrent
évidemment plus et que le nouveau mit près de deux ans à rapporter dix fois moins
que les anciens. Coup d’essai, pas de clerc. Mais Abdelaziz s’en fichait :il était déjà
retourné à ses petites voitures mécaniques et pour payer des factures il empruntait
de l’argent aux banquiers juifs et aux puissances occidentales ravies de prendre une
hypothèque qui se révèlera être impossible à lever. 
Ces factures impayées d’un monarque incapable, c’est le peuple marocain qui
devra les payer de 44 ans d’un protectorat qui s’en ira en donnant en 1956 à un
sultanat traditionnellement impuissant les moyens matériels, sécuritaire et
militaires d’une dictature féodale mécanisée et aggravée. Moulay Abdelaziz est un
filou, un insensé, un fou criminel de l’histoire de notre pays. Coupable de haute
trahison, il s’esquivera avec un gros pourboire bien mérité jeté par la future
puissance occupante qui le lui devait bien : il a fait beaucoup pour la France. Assez
pour discréditer à tout jamais une dynastie qui aura précipité un pays dans l’abîme.
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 15. Quand Ba Ahmed empêcha l’envoyé 
 spécial français de rencontrer Abdelaziz...
La compétence de l’entourage politique du premier ministre était si ahurissante
qu’elle stupéfia l’Europe. Ba Ahmed avait décidé d’envoyer un représentant de la
couronne aux fêtes du jubilé de la reine Victoria, à Londres en 1897. Les Anglais
tenaient beaucoup à impressionner les Marocains par leur faste et la grandeur de
l’impératrice des Indes offerte à l’admiration des foules. 
La délégation marocaine devait faire un petit crochet par Paris, louable souci
d’économie, pour ménager l’amour­propre des Français qui n’avaient rien à fêter,
mais qui étaient d’envahissants voisins en Algérie. C’était une bonne gestion,
c’aurait pu être de la bonne politique. 
Hélas, Ba Ahmed choisit comme ambassadeur un de ses frères, pas celui qui
goûtait ses plats pour mourir empoisonné à sa place, un autre, dont tout Fèz savait
qu’il était « faible d’esprit ». Faible mais suffisant, sans doute, pour ces vagues
"tribus" françaises et anglaises que Ba Ahmed sous­estimait, d’autant plus qu’il
n’en savait rien. 
Ce qui devait arriver arriva. Pendant que l’ambassadeur exceptionnel regardait une
brillante revue des troupes françaises sur l’hippodrome de Longchamp, ce qui
aurait pu lui donner des idées sur la force militaire des puissances économiques, il
piqua une crise de démence. Il fallut le ramener à son hôtel, écumant, prononçant
des propos incohérents. 
Son Excellence l’ambassadeur de la cour alaouite venait de sombrer définitivement
dans la démence la plus totale. Les Français le rapatrièrent sur le croiseur
« Alger », transformé pour la circonstance en asile diplomatique qui débarqua le
bienheureux  frère du premier ministre à Mazagan. On l’enferma à Marrakech.  
Ba Ahmed qui avait tout perdu, et d’abord l’honneur dans cette pénible affaire, y
gagna pourtant un joli cadeau l’année suivante. Puisque le Lagardère marocain ne
pouvait pas aller au Quai d’Orsay, la France irait à lui. Ba Ahmed, suivant sa bonne
habitude, empêcha l’envoyé spécial français de rencontrer Abdelaziz, le reçut entre
deux portes, mais en reçut un jeu de superbes glaces qui ornent encore le palais de
la Baya.

 16. Ba Ahmed: sous produit du 
 système du gouvernement alaouite
Comme on le voit Ba Ahmed ­ sous produit du système du gouvernement alaouite ­
avait  « l’esprit assez court », selon le mot d’un diplomate. Autrement dit, son
intelligence était fort limitée. Mais il était « tenace et extrêmement vigilant »,
autrement dit fidèle aveuglément. On en demande pas plus à un courtisan, surtout
pas, car les rois n’ont pas besoin de citoyens, mais de sujets, des esclaves dociles.
Au reste, dans la famille au Maroc, l’on était serviteur du Palais de père en fils. Le
grand­père de Ba Ahmed avait modestement commencé comme « Moul El
Ferach » chargé du lit du sultan, Moulay Slimane. 
Discret, dévoué, mais imprudent. Le grand­père fut tué un beau jour à la porte du
palais par des soldats qui n’avaient pas touché leur solde depuis une éternité. Il
laissait un fils Moussa né de sa femme juive d' Espagne, qui allait devenir grand­
vizir du sultan Sidi Mohammed et père de Ba Ahmed, le « père Ahmed », de son
vrai nom, Si Ahmed Ben Moussa. 

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Moussa amassa une énorme fortune en organisant les plaisirs du souverain. Cet
entremetteur de haut rang, la race n’en est pas disparue, mourut de sa belle mort sur
un tas d’or. Car il avait eu la précaution de s’entourer d’une garde efficace et bien
rémunérée. La mort de son père l’avait marqué! Mais il laissait au sultan sa fortune
et son fils Ahmed, notre "Ba Ahmed", né d’une de ces femmes d’origine juive.

 17. Comment l’on fait une grande carrière 
 politique à la cour alaouite...
Le jeune "Ba Ahmed" grandit au Palais et devint le compagnon de jeu du futur
sultan Moulay Hassan qu’il ne devait plus jamais quitter. Voilà comment l’on fait
une grande carrière politique à la cour alaouite. Rien n'a changé depuis... Guédira a
bien été le camarade de classe de Hassan II, et ceux qui vraiment gouvernent le
Maroc d'aujourd'hui sont les juifs et les camarades de classe de l'enfant alaouite
gâté Mohamed VI ! 
Le pays était pauvre, mais le sultan était riche. Le trésor du sultan ne contenait que
de l’argent, pour payer éventuellement l’armée, le trésor du sultan était fait d’onces
d’or (doublons d’Espagne), pièces anciennes inestimables, de louis français et de
livres sterling. Monnaies rares qui provenaient toutes de cadeaux offerts par les
pachas les gouverneurs et les caïds, obligés de verser leur obole pendant les fêtes
religieuses, pour les anniversaires, les mariages ou les naissances du Palais. 
Marques d’attachement automatiques, coutumes maintenues farouchement par tous
les sultans alaouites et qui coûtaient très cher au peuple marocain, car il fallait bien
que les notables prennent cet argent quelque part : on pressurait le peuple pour
gaver sa cour.  La touchante cérémonie était très sobre : le caïd déposait son
offrande sur les genoux de "Sidna" qui le recevait en tête à tête. 
Le caïd parti, Ba Ahmed entrait avec son gros registre, prenait la somme,
l’inscrivait avec le nom du donateur et enfouissait registres et pièces dans la salle
du trésor, contiguë à la chambre du sultan. Au suivant ! Hassan Ier laissa soixante
millions de francs or à son fils – plusieurs dizaines de milliards de centimes. Il ne
savait pas gérer le pays. Il savait faire des affaires…
 

 18. Les sultans alaouites sont des 
  descendants de leurs mères...
Les alaouites attribuent une grande importance à leur origine pour donner, à leur
pouvoir usurpé et illégitime, une légitimité de l'héritage familiale du pouvoir.
Mais Hassan II, et tous les stupides menteurs de la propagande alaouite, ne
pourront faire croire à personne que les sultans alaouites ont eu des grands­pères
maternels marocains, arabes ou musulmans: brodeurs de babouches à Tétouan,
fellahs dans le Moyen Atlas ou caravaniers...!
Puisque, avec les sultans alaouites, on ne peut jamais être sure de qui sont
réellement les vrais pères, l'on peut ­ au moins ­ savoir avec une relative certitude
qui en sont les mères.
Selon la tradition des juifs ­ auxquels les alaouites sont très liés ­ l'identité ethnique
se transmet par la mère.
La mère de Moulay Yazid, ce sultan du 18ème siècle, qui a été bandit de grand
chemin, avant de monter quelques mois sur le trône, était une irlandaise.
L’esclandre même pauvre. Ce n’est pas exactement le prolétariat marocain ou de la
famille du prophète. 
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Sidi Mohammed ben Abdallah avait une grand mère anglaise, décidément ! Et une
de ses favorites était corse. On sait même son nom Francheschini, mais l’on ne
saura jamais lequel des tyranneaux alaouites a du sang corse dans les veines. 
Au reste, ce Sidi Mohammed Al Abdellah avait l’Europe dans le sang puisqu’il
épousa une italienne « de grande beauté », raconte le docteur et chirurgien juif
William  Lemprière qui, débarqué à Tanger en septembre 1789, passa quelque
temps à sa cour et avait soigné les yeux du fils du souverain ( voir, traduit de
l’anglais, « Voyage dans l'empire de Maroc et le royaume de Fez, fait pendant les
années 1790 et 1791  » ).  La belle italienne avait été capturée très jeune à la suite
d’un naufrage et offerte au sultan qui la fit élever dans son harem. Il l’épousa. Ce
n’est toujours pas une fille de forgeron de Demnat ou de l'un des descendants du
propète. Et ce n’est pas encore cette fois que le sang robuste d’un honnête
travailleur marocain a pu se mêler au sang illustre d’"un descendant du prophète".
Sidi Mohammed inflige le plus cinglant des démentis à son rejeton mégalomane
Hassan II : une autre de ses femmes était espagnole, une autre fille d’un renégat
irlandais. Si je compte bien, sur ces quatre femmes "légales", trois étaient
européennes.
Moulay Abderrahman avait reçu en cadeaux une jeune fille française dont il eut
deux fils qui ne régnèrent pas, pour l’unique raisin qu’ils furent tous les deux
empoisonnés avec leur mère.

 19. La véritable tare organique du système 
 de l’héritage du pouvoir politique...
Fils d’une favorite circassienne de son père "Moulay" Hassan, et non pas d’une
« femme du peuple », comme le prétendait son petit neveu Hasan II qui voulait
démontrer à n'importe quel prix que la monarchie alaouite plonge ses racines dans
les tréfonds du peuple marocain. 
Il était le chouchou de son père qui avait par ailleurs deux autres fils qui ne valaient
pas mieux. 
Mais revenons un moment sur l’origine « populaire » de la monarchie grâce aux
femmes. 
On va très vite le voir. La dernière preuve d’incapacité politique donnée par Hassan
Ier, l’arrière grand père d’Hassan II, est bien d’avoir exigé que ce nigaud sans
personnalité hérite de l’affaire familiale, je veux dire le du Maroc. 
A 16 ans, Abdelaziz succéda donc à son père. Un enfant dira­t­on, mais c’est le la
tare du stupide système de la transmission du pouvoir sur tout un pays et un peuple
par l’héritage : une véritable tare organique. 
En fait C’était le tout­puissant Ba Ahmed qui hérita du pouvoir, se nommant
premier ministre et calfeutrant son peu reluisant « souverain » au fond de son palais
d’où  il ne le faisait sortir que le jour de la prière pour bien montrer au peuple qu’il
y avait toujours un alaouite sur le trône.
L’exhibition terminée, on ramenait "l’émir des croyants" dans ses appartements et
le bon et fidèle ministre pouvait continuer à faire sa fortune et celle de ses deux
frères sur le dos du pays. 
Le coup d’état de Ba Ahmed n’a pas même choqué le personnel politique ni
l’opinion publique qui méprisait encore plus ses frères envahissants.
Moulay Ahmed, fils de Moulay Ismail fut déposé six fois !  Le « consensus
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populaire » sans doute pris se modifiait à toute vitesse.  
Comme on le voit, les Alaouites ont fait faire un spectaculaire bond en arrière à
leur royaume. 
Un témoin objectif note : « Moulay Abdelaziz avait passé les trois premières
années de son règne dans une oisiveté complète, toujours enfermé dans son harem,
il n’avait eu avec le monde extérieur que des relations officielles très rares et
étroitement surveillées. » 
Autrement dit, il ne savait pas ce qui se passait dans le monde, il ignorait tout de
son peuple, conditions particulièrement favorables pour gouverner sans préjugés! 
C’est ce que Hassan II appelle « une organisation du pouvoir central autour d’une
famille désignée par le choix populaire ». (« Le Défi », p.154).
On voit bien à la rigueur un « pouvoir central » racketté par un politicien, mais
parler d’organisation et de consensus populaire relève de la fiction la plus
ahurissante !
Ba Ahmed était un « maire du palais » et Abdelaziz un authentique « roi
fainéant » : les Français ont connu ça chez eux, il y a deux mille ans. 
La différence entre la situation de Mohamed VI d'aujourd'hui et celle de Moulay
Abdelaziz, est que, maintenant, nos "Ba Ahmed" ne sont, eux­mêmes en fait, que
de simples marionnettes entre les mains du pouvoir juif et d' Israël qui visent à
mettre à genou et à dominer notre pays et la nation islamique toute entière.

 20. Une vraie occupation et un sultan fantoche
La France qui venait, jouissant de l'appui russe, de mettre en échec l'Allemagne  (1)
­ grâce à laquelle précédemment l'indépendance du Maroc avait été
internationalement respectée ­ lors de la Conférence d'Algésiras (1904), sûre de la
neutralité néanmoins peu bienveillante de l'Angleterre, commençait à faire
l'inventaire de son "protectorat"! En fait, le colonialisme français s'accommodait
évidemment fort bien du fantoche Sultan alaouite de Fez qui allait lui laisser les
mains libres. 
Un Comité du Maroc, présidé par le député d'Oran Eugène Etienne, ministre, de
temps à autre, et théoricien de l'administration coloniale directe et néanmoins futur
protecteur de Lyautey, s'était créé une nouvelle succursale du comité de l'Afrique
Française. 
Le comité envoyait des missions d'étude au Maroc pour faire le tour du "futur"
propriétaire! Ces spécialistes "scientifiques" "désintéressés" d'aujourd'hui seront les
conseillers du protectorat de demain. 
Ségonsac, Gentil, Doutté et les autres étudiaient les tribus marocaines pour mieux
savoir les utiliser et les neutraliser. On étudiait le réseau hydrographique, on
recensait les ponts, les gués, informations toutes très nécessaires à un corps
expéditionnaire… 
La "République" française a besoin de savants! Action à double tranchant qui
échappait totalement à Moulay Abdelaziz qui ne s'intéressait qu'à éterniser son
pouvoir personnel! Il n'avait retenu de la Conférence d'Algésiras que le souhait des
grandes puissances qui "souhaitaient" qu'il restructurât  son armée.  Et  il fallait par
conséquent que ses rentrées fiscales fussent suffisantes pour payer la solde de
quelques milliers de fantassins et les armes que ces mêmes puissances se faisaient
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un plaisir de lui vendre avec le personnel militaire d'après­vente
 

 21. Embryon d'une "armée­police  moderne" 
 pour un féodalisme makhzénien mécanisé
Les dits conseillers militaires étaient là surtout pour renseigner leurs
gouvernements respectifs (français, anglais et même italiens) sur l'évolution de la
politique du makhzen alaouite et l'état des forces du sultan alaouite. Cet embryon
d'"armée moderne" qu'Abdelaziz acceptait de façon humiliante n'était pas de toute
évidence destiné à préserver l'intégrité des frontières du Maroc, mais à assurer le
maintien de la "sécurité" et de l'"ordre intérieur", afin de permettre une perception
normale des impôts et des douanes, dont la majeure partie, voire la totalité
revenait à ceux qui avaient prêté au sultan alaouite de quoi s'acheter de nouvelles
pour se protéger du peuple marocain. 
Ce type d'armée­police était, au demeurant, absolument dans le droit fil de la
tradition alaouite qui, refusée par le pays, a toujours dû se battre contre lui pour se
maintenir sur le trône. 
Ce n'était pas pour choquer les dignitaires du maghzen alaouite qui, faute de rafler
les impôts, spéculaient honteusement sur les céréales. On n'imposait pas cette
situation au sultan, ce sont ses ancêtres qui l'avait imposée depuis deux siècles et
demi: au pays.
L'uniforme changeait, le système répressif demeurait. 
Pouvoir de plus en plus affaibli et incapable de remplir sa mission, mais identique à
lui­même depuis des siècles. 
Seulement cette fois le pouvoir était tombé si bas que les Puissances ­ dont les
intérêts se confondaient avec ceux du Palais ­ devaient intervenir ouvertement pour
maintenir un système qui asservissait le peuple marocain, et tenter de prévenir
toute révolte de sa part. 
Ces précautions ne suffiront pas à endormir la conscience nationale spontanée des
Marocains. 
Ils se révolteront. 
Et à chaque fois le Palais et les envahisseurs étrangers se retrouveront unis pour
mâter les résistances populaires. 
Ce sera toute l'histoire de la première moitié du vingtième siècle. 
Mais déjà en 1904, les camps sont nettement définis. 
D'un côté, le Maroc vrai, le Maroc profond que la monarchie empêche de se
relever.
De l'autre, cette monarchie exsangue qui, pour maintenir son parasitaire existence
tyrannique, ne peut trouver comme alliées que la future puissance occupante et ses
rivales colonialistes qui la surveillent plus ou moins lucidement.

 22. La trahison des Alaouites est totale
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La monarchie alaouite est l'alliée, et donc la dupe, de l'impérialisme coloniale
mercantile et industriel, fondé sur le modèle anglais, alors en pleine expansion, et
qui ne connaît que des succès grâce à l'absence d'opposition suffisante qui peut
faire le poids. 
C'est un marché honteux ­ entre les alaouites et les envahisseurs étrangers.
Et tout marché implique une rémunération.
Le sultan s'est acheté un gendarme. 
Comme il ne peut pas le payer, il laisse tout un peuple en gage ou en otage.
C'est à ce prix qu'il pense garder son pouvoir. 
Les intérêts vont courir: il s'en moque. Il est insolvable. Les puissances
occidentales ont fait indubitablement une affaire: il est beaucoup plus efficace de
garder le sultan sur son trône que de conserver un rituel.
Ils agiront plus efficacement derrière cette fiction. 
Le sultan alaouite va collaborer sans réserve avec les puissances occupantes. Alibi,
paravent, il va empêcher longtemps le peuple de résister. Le couvercle va sauter,
bien qu'il soit cramponné dessus. Il ne faisait pas le poids!
La trahison des Alaouites est totale. Et elle est double. 

Trahison active en acceptant – avec des minauderies de vieille coquette, pour la
galerie ­ que soit institutionnalisée la présence étrangère qui conforte le sultan sur
le trône, son unique souci. 
Les intérêts supérieurs de la nation, les Alaouites n'ont jamais su ce u'ils sont! 

Trahison passive qui durera jusqu'aux derniers soulèvements populaires des
années 53­55, en ne centralisant pas les innombrables mouvements de résistance
qui vont se développer dans tout le pays, et en aidant au maximum son gendarme
français à les réprimer.

 23. Les lois des occupants signés par le sultan! 
 Protégé par la France, il bazarde son armée !
.Le flic est français, mais le mandat d'arrêt est signé par le sultan! Et par personne
d'autre. On l'a trop souvent oublié après l'"indépendance".
C'est la logique même d'un pouvoir détesté qui aura toujours segmenté l'unité
nationale. Pour faire reculer un peu le spectre hideux de la banqueroute Abdelaziz
brade, et c'est un symbole, les seules forces modernes et efficaces qui sont à sa
disposition. 
Le sultan "fourgue" son seul navire de guerre opérationnel, le beau "Bachir". Petit
croiseur tout neuf, il a été livré, six ans plus tôt, en 1899.  Construit à Livourne,
commandé par des officiers scandinaves et manœuvré par un équipage marocain.
Abdelaziz le bazarde, curieusement, à la Colombie. 
Le marchandage a eu lieu entre minuit et deux heures du matin dans un bistrot
derrière l'Opéra de Paris. De la haute politique! De quoi s'acheter quelques jouets
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03/12/2016 Maroc , Ahmed Rami , Histoire du Maroc, Les "alaouites" ne sont pas descendents du prophête ­ MAROC: Autopsie d'un mensonge royal La fable ...

pour le sultan: quelques trains électriques ou appareils photos de plus! 
Puis Abdelaziz solde le "Sid Et Turki", petit cargo commandé en Allemagne dans
les années 1890.
Puis les vieux "Hassani" qui avaient été longtemps la gloire de son père Hassan Ier
et qui était un navire garde­manger: il permettait à ses troupes de ne pas mourir de
faim quand elles partaient en opérations contre leur propre peuple et dans leur
propre pays et jamais pour défendre la patrie! 
Le "Hassani" était un cargo britannique qu'Hassan Ier avait acheté aux Anglais en
1885 au temps où ils dominaient à la cour de Fez; 1.100 tonnes de 40 hommes
d'équipage. La perle de la flotte ­ Abdelaziz n'avait plus besoin de garde­manger
pour ses soldats: l'intendance française prenait le relais. A la vérité, le "Bachir"
n'avait jamais beaucoup navigué. Il avait surtout un rôle décoratif, qu'on aurait bien
voulu être un rôle d'épouvantail, dans la rade de Tanger, face aux légations
étrangères qu'il était supposé impressionner! S'en débarrasser était un geste
dérisoire et tristement symbolique. 
Plus d'armée, plus de flotte même embryonnaire, le pays était à la merci du premier
hold­up. Abdelaziz n'osait même plus sortir du palais, ni être protégé par sa garde
commandée par des étrangers, comme aux beaux jours de son aïeul Moulay Ismaïl.
  

 24. Les alaouites ont massacré le Maroc 
 et ils y ont crée un chaos et vide politique
C'est dans ce vide politique total que des "prétendants" au trône se mirent à
pulluler. Leurs succès renouvelés montrent à quel point le peuple marocain était
désemparé et le pouvoir vacant. 
On en présentera trois. Deux très connus: Bou Hamara et El Hiba. 

Bou Hamara, ("l'homme à l'ânesse", ainsi surnommé parce que son cheval de
combat était une vieille bourrique) s'était constitué un véritable royaume en se
faisant passer pour le frère aîné d'Abdelaziz, Sidi Mohammed, emprisonné, comme
on sait, par  Ba Ahmed pour permettre à Abdelaziz de régner. 
Selon la tradition alaouite, tous les fils du sultan mort ont les mêmes droits à la
succession. La règle de primogéniture ne sera instaurée ­ pour la première fois en
droit ­ que par Mohamed V (sur proposition de Mehdi Ben Barka, alors président
du conseil consultatif) sur le modèle des monarchies occidentales, au bénéfice
d'Hassan II.

 25. La profonde imbécillité du système monarchique
Ainsi les douze fils de Hassan Ier avaient­ils les mêmes droits. Les paysans de Taza
qui soutenaient les droits du supposé Sidi Mohammed, n'avaient rien de hors­la­loi.
Ils ne faisaient que montrer l'imbécillité profonde du système monarchique et
souligner à quel point le sultan régnant ne régnait pas dans les "cœurs" des
citoyens…
Il fallait  seulement une marionnette sur le théâtre. 
Bou H´mara était un prodigieux homme de scène et il avait séduit les masses
forcément naïves par la magie de son verbe et celle de ses tours de prestidigitation.
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Son habileté avait de quoi rendre Abdelaziz fou de jalousie, lui qui faisait venir à
prix d'or des vedettes européennes pour effectuer des tours que Bou H´mara faisait
tous les jours aussi bien, dans le Rif. 
Toute cette farce est sinistre, car c'est le peuple qui en fait les frais, mais il faut le
dire. Dans tous les cas, on l'amuse pour mieux le dominer. Si bien que les tribus se
levaient derrière Bou H´mara et marchaient sur Fez pour détrôner "l'usurpateur"
Abdelaziz.
Bou H´mara s'était même composé une petite cour sur le modèle de celle de Fez. Il
était fin prêt à prendre le pouvoir que n'avait jamais détenu Abdelaziz: d'autant plus
qu'il ­ comme Mohamed VI d'aujourd'hui ­ n'avait pas d'idées politiques. S'il avait
été le vrai Sidi Mohammed il n'aurait fait que maintenir le système. C'était tout
simplement un escroc particulièrement culotté et bourré de talents. Très largement
suffisant pour menacer une monarchie aussi caricaturale que lui. C'est ce que ne
pouvaient accepter les Puissances étrangères qui surveillaient le gâteau marocain: il
fallait absolument que l'Alaouite d'alors restât sur le trône pour u'elles puissent
passer à table. On n'eût pu en inventer un de plus complaisant. On y veillera. On va
le voir.
Bou H´mara n'avait eu aucun mal à constituer son petit "makhzen" à lui,
représentation grandeur nature de celui qu'il avait si bien connu, quand il n'était pas
le "frère" du sultan, mais tout simplement un obscur secrétaire du makhzen mis à la
porte pour des raisons que l'Histoire n'a pas retenues.

 26. Manque de maturité politique des marocains! 
  On ne choisit pas entre la peste et le choléra !
Bou H´mara s'appelait en réalité Jilali Alsfi Azzerhouni et il allait faire payer très
cher son licenciement sans indemnités! 
Ses troupes augmentaient en s'approchant de Fez. Les tribus de la montagne se
soulevaient en masse pour renverser un sultan et le remplacer par un autre,
inexcusable manque de maturité du peuple marocain (qui s'est d'ailleurs répété,
quarante ans plus tard, avec l'accueil stupide réservé au cheval de Troie du
néocolonialisme Mohamed V. Tel ­ pour, résoudre nos problèmes actuels avec cette
décadente mafia criminelle alaouite ­ imaginer le remplacement de la peste
Mohamed VI par le choléra "Moulay Hicham", candidat à une nouvelle 
"bouhmarisation" moderne du Maroc)! 
Complètement paniqué, Abdelaziz réunit ce qui lui restait de troupes, donna le
commandement en chef à un oncle, le "chérif" Abdesselam Alamrani. De toutes
façons il n'y avait pas foule pour briguer le poste.
Le 22 décembre 1902, les troupes alaouites subirent, comme d'habitude, une
défaite totale. Les paysans marocains savaient contre qui ils se battaient, même s'ils
se trompaient et ne savaient pas pour qui!
Les vagues de mercenaires étrangers d'Abdelaziz étaient en fait démobilisés avant
même de monter au combat. Ce qui leur coûta très cher. Ils eurent des centaines de
tués et de blessés: les gens de la montagne avaient très vite appris à se servir des
fusils modernes à tirs rapides.
L'armée du sultan perdait ses tentes, ses munitions, et douze canons qui n' avaient
pas eu le temps de tirer. 
Les fuyards se jetèrent éperdument dans Fèz, y semant une panique contagieuse qui
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déboussola complètement la ville. 
Bou H´mara sous­estima les dégâts qu'il avait faits et se contenta de rentrer dans sa
petite principauté de Taza qui suffisait peut­être à son ambition et à son bonheur,
mais  ce qui provoqua son malheur. 
L'horrible peur avait tout de même causé un miracle; elle avait donné une idée à
Abdelaziz. Pour démystifier Bou H´mara, il fit tout simplement sortir son frère Sidi
Mohammed de sa prison, le nomma gouverneur de Fèz, après réconciliation à
grand spectacle sur la place publique et tout le Maroc, apprit que Bou H´mara était
un menteur. L'effet fut fâcheux sur une partie de ses tribus amies qui n'avaient  plus
de prétexte apparent pour détrôner Abdelaziz. Les plus dures restèrent auprès de
lui, puisqu'il les menait toujours à l'assaut du trône.
 

 27. On a réussit  à couper cinquante 
 têtes de rebelles et à les faire afficher...
Si Bou H´mara avait manqué une facile victoire par k.o, Abdelaziz n'était toujours
pas tiré d'affaire, car son ministre de la guerre, le beau L'Mnebhi, suivant la
tradition alaouite, réussit bien à couper cinquante têtes de rebelles et à les faire
afficher sur les créneaux de Bab Mahrouk à Fèz,

il ne put profiter de ses petits succès initiaux. Faute d'argent, le général se retrouva
sans soldats et rentra à Fez sans avoir inquiété Bou H´mara, le roi de Taza.
C'était le statu quo, ridicule pour le palais, flatteur pour Bou H´mara. 
Avec les conseillers français qui sévissaient au Palais, l'état­major d'Abdelaziz mis
au point  un plan fastueux pour encercler Bou Hmara. 
L'armée française permit à l'oncle Arafa de partir de la frontière algérienne
(département français) et l'armée espagnole permit à l'autre oncle El  Amrani, le
vaincu de la veille, de s'appuyer sur Melilla, forteresse espagnole enclavée dans le
sol marocain.
De toute évidence, les Puissances occupantes tenaient à ce qu'Abdelaziz reste en
place.
Un faux sultan reçu pour vrai n'arrangeant point leurs affaires. Mais elles ne
pouvaient pas intervenir directement, car il fallait protéger l'amour­propre du sultan
protégé et surtout celui de l'Allemagne, très sourcilleuse sur ce point de la
préservation de l'indépendance du Maroc. 
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Il fallait donc à tout prix donner la fausse impression de "marocaniser" le conflit,
mais aussi le faire cesser au plus vite. 
En effet, le Protectorat que l'on concoctait n'était internationalement possible que si
le sultan "légitime" régnait à Fez: la France et l'Espagne n'avaient pas
internationalement le droit d'intervenir militairement. 
Tous ces calculs machiavéliques s'effondrèrent en quelques heures: les deux oncles
furent écrasés, l'un au Nord, l'autre à l'Est, si bien que le 5 avril 1903, Bou H´mara
fut proclamé sultan sous le nom de Sidi Mohammed, dans Oujda en liesse! 
Et, aujourd'hui, il est curieux de voir dans les livres officiels de l'Histoire du Maroc
à usage des lycées et des collèges que ce sultan, après tout choisi par une province
et non pas par un quelconque Ba Ahmed comme Abdelaziz, ne figure pas dans les
listes officielles des souverains, bien qu'il soit resté au pouvoir plus longtemps
finalement que bien des souverains alaouites! 
Naturellement, le succès de Bou H´mara faisait­il tâche d'huile: une partie du
Moyen­Atlas se déclarait pour lui. 
Encouragé par Bou H´mara, Raïssouni, un autre membre de cette mafieuse famille
alaouite, un vrai cette fois, menaçait les portes mêmes de Tanger.
Les Puissances occidentales commençaient à trouver la chose un peu saumâtre.
Leurs ministres étaient bloqués dans Tanger, le secteur oriental était indépendant et
risquait de donner un fâcheux exemple aux Algériens étroitement quadrillés par des
troupes françaises de plus en plus mal à l'aise. Il suffisait d'un petit fonctionnaire
arriviste et rancunier pour mettre tout un édifice en péril. 
Un rien suffisait pour déclencher des réactions anticolonialistes en chaîne 
authentiquement populaires, quand bien même dévoyées. La leçon ne sera pas
perdue.
 

 28. Le Waterloo manqué des alaouites si l'armée 
 occupante n'était pas intervenue pour les sauver...
Le ridicule le disputait au tragique pour Abdelaziz et ses partisans occidentaux. Le
sultan sorti pour une fois de son palais pour venir au secours de son ministre de la
guerre Mnebhi que Bou H´mara avait astucieusement laissé s'enfermer dans Taza,
n'avait pu dépasser Hajra El Kohila sur le Sebou, à une journée de marche de Fèz.
Son ministre échappé de justesse de Taza vint le rejoindre. Tous les soldats s'étaient
débandés. Personne ne voulait mourir pour un tel sultan! 
Abdelaziz et son ministre, entouré d'une demi douzaine de cavaliers parvinrent tout
juste à regagner Fèz et à s'enfermer derrière ses murailles.
C'aurait été le Waterloo de la dynastie si l'armée française n'était pas intervenue
pour sauver la face. Elle le fit avec un maximum de "discrétion" à cause de ses
"associés", mais elle sauva le sultan. Il faut s'appeler Hasan II  pour oser parler de
"consensus populaire" à propos des liens entre la monarchie marocaine et "son
peuple"! 
Paria dans son propre royaume, le petit sultan de Fèz fut sauvé in extremis par les
canons français. Les choses avaient au moins le mérite d'être claires. Le sultan du
Maroc s'est maintenu grâce aux caissons de l'artillerie française. Mais c'est son
frère et successeur qui en profitera de la plus horrible façon.
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Bou H´mara va tenir huit ans avec des fortunes diverses, plus longtemps en tout
cas que son rival Abdelaziz chassé par son frère Hafid. 
Bou H´mara avait installé son quartier général dans la kasba de Selouane (entre
Oujda et Melillia) d'où il narguait le sultan de Fèz: le trône avait changé de
titulaire, personne ne s'en apercevait: les Alaouites sont en effet tous
interchangeables puisqu'ils sont tous nuls. 
Bou H´mara, il est vrai,  ne progressait plus, mais il prospérait toujours, épine
insupportable dans le pied des accords franco alaouites.

 29. Les alaouites lançait une 
 partie du peuple contre l'autre...
Le nouveau protégé des occupants, Hafid, perdait la face, et c'était mauvais pour
elle: le sultan humilié pourrait avoir des velléités de changer de "protecteur": il y
avait des candidats! 
Alors la France fit donner la mission militaire en poste à Fèz. Après tout, elle était
là pour ça. Le Palais en faillite trouva subitement de l'argent pour payer une petite
colonne, encadrée par des officiers français engagés pour mettre fin au règne de
l'"usurpateur". 
C'était, sans le nom, une opération de type goum: on utilisait des Marocains
commandés par des Français pour tuer d'autres Marocains révoltés contre le
pouvoir du sultan. 
On lançait une partie du peuple contre l'autre, style alaouite rectifié protectorat. 
La colonne avait une arme secrète: une batterie d'artillerie toute neuve, ultra
moderne, servie uniquement par des sous­officiers français évidemment peu
accessibles aux raisons qui faisaient se soulever toute une province. 
Dès les premiers échanges, les partisans de Bou H´mara lâchèrent prise et le
prétendant se réfugia dans le tombeau d'un marabout, lieu traditionnel d'asile,
inviolable. Pas pour les artilleurs français au service de "Sa Majesté": on écrasa le
monument sous les obus. Au quarantième mort, Bou H´mara se rendit. 
Le 20 août 1909, il faisait son entrée dans Fèz, dans une cage de fer où on l'avait
enfermé après sa reddition, alors que huit ans plus tôt il aurait pu y entrer en
triomphateur.

 30. D'un coup de hache le bourreau de Moulay 
 Hafid leur coupa le pied droit et la main gauche
Les bourgeois de la ville à qui il avait fichu une trouille si durable s'en vengèrent en
l'insultant bassement. Le sultan fit bastonner tous les prisonniers, en tria
personnellement trente qu'il fit atrocement torturer devant lui. Au Palais des
alaouites, la vengeance est un plat qui se mange chaud!
D'un coup de hache le bourreau de Moulay Hafid leur coupa le pied droit et la main
gauche, ou le pied gauche et la main droite, "amputation diagonale", selon une
spécialité de la coutume alaouite. Puis on plongea les moignons sanguinolents dans
du goudron bouillant pour arrêter l'hémorragie. Il y eut deux ou trois survivants. Le
chef de la Nouba, la musique officielle de Bou H´mara, eut un régime particulier:
le sultan lui fit arracher les dents et agrandir la bouche d'une oreille à l'autre. Quant
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à Bou H'mara, il fut jeté en prison.
Mais le sultan ne dormait plus: il vivait dans la terreur d'une évasion et dans la
crainte que les consuls étrangers ne lui demandent la grâce du rebelle, l'exécution
des révoltés ayant fait la plus mauvaise impression dans la presse occidentale.
Le protégé des grandes puissances avait une allure sinistre, ce n'était pas bon pour
la haute politique. Le chef de la garde noire, M´barek Soussi, fit donc sortir de son
cachot Bou H´mara sous prétexte de le conduire près du sultan, puis lui tira une
balle de revolver dans la nuque et coupa la tête de l'ex faux Sidi Mohammed pour
prouver à son maître que son cauchemar était fini. En passant devant la ménagerie
Soussi jeta le corps dans la cage aux lions. Il fila ensuite à Dar Debbagh où le
sultan passait l'été plus au frais. Le souverain contempla la tête où jouaient déjà les
mouches et ordonna de l'enfouir dans le jardin de sa villa. Elle ne risquait pas de
devenir une relique. En rentrant au palais de Fèz, Soussi eut la désagréable surprise
de voir que les lions chérifiens avaient dédaigné de croquer le corps mutilé de Bou
H´mara. Il tenta d'y mettre le feu, échoua à moitié et enterra le corps à demi
carbonisé dans un coin de l'Agdal.
 

 31. La résistance islamique de Casablanca
L'ermite Bou Nouala. Dans la région de Casablanca, la résistance populaire
aux envahisseurs venus "rétablir l'ordre" dans la Chaouia (au nom du nouveau
sultan Moulay Hafid qui a chassé son frère Abdulaziz) continuait. Dans un douar
de Oulad Saïd, province de Casablanca, vivait un ermite nommé Mohammed Ben
Abdellah, mais que tout le monde connaissait sous le nom de Bou Nouala,
l'homme à la "paillote". (les nouala sont des huttes en jonc qui constituent l'habitat
des pasteurs semi­sédentarisés des plaines aquatiques.) 
Bou Nouala était inspiré de Dieu et on venait le voir de loin pour demander un
conseil, recevoir sa bénédiction. Bou Nouala avait toujours vécu dans le dénuement
absolu, et personne n'avait jamais vu son visage: il recevait toujours ses visiteurs la
face voilée. On disait qu'il n'avait pas mangé depuis son adolescence. Un saint
visiblement de Dieu. Le Maroc politique était alors divisé entre partisans
d'Abdelaziz et de Moulay Hafid.
A Fèz et à Marrakech, c'était la guerre des Palais. 
Pendant ce temps les "roumis", les "iroumeine" envahissaient le Maroc.
[iroumeine, mot berbère qui vent du mot Rome, qui veut dire: étranger venus
d'Europe. On appelait le sultan, en berbère: "aglide iéromein" c.à.d. le roi des
envahisseurs étrangers].
 
Et le général d'Amade, débarqué avec 20.000 hommes,
tenait toute la région de Casa sous sa botte. 
Il n'y avait plus de sultan puisqu'il y en avait deux, et
demain trois ou quatre, et que de toutes façons ils étaient les amis alliés des
occupants. 
Dans ce grand désordre au sein des supposées "élites" politiques, le peuple se
tournait vers un juste. 
Pour lutter contre la décadence et la pourriture il fallait un homme de bien. 
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Ainsi raisonnaient les tribus de la Chaouia traquées par les mitrailleuses des
envahisseurs, abandonnées par un sultan traître et fantoche.

 32. Le courage et le bon droit 
 ne suffisaient pas à donner la victoire
Le "consensus populaire", vrai cette fois, porta sur Bou Nouala qui quitta son
humble "tour d'ivoire" en jonc  pour prêcher la révolte. En quelques semaines, il
regroupa 15000 hommes, cinq fois plus que n'en pouvaient réunir le sultan de Fèz
ou celui de Marrakech. Et tout ça ­ sans argent, sans moyen ­ par la seule force de
la juste cause qu'il défendait. Pour mieux se faire entendre, il s'était installé dans
une grande tente offerte par un de ses adeptes; on affluait en masse pour l'écouter.
Bou Nouala leur disait que le Tout­puissant l'avait choisi pour sauver le peuple et
désarmer les infidèles. Comment ne pas le croire. Comment croire que Dieu puisse
avoir abandonné ses fidèles: il fallait bien que le Miséricordieux suscite quelqu'un
pour remplacer ce sultan qui ne bougeait pas de son palais bien qu'il soit "émir des
croyants" et défenseur de la Foi. Le sultan s'était disqualifié en ne faisant rien. Bou
Nouala les mènerait au combat.
Évidemment la déception fut aussi atroce que l'espoir avait été grand. Bou Nouala
ne savait rien des Français, car le sultan maintenait le peuple dans l'ignorance
totale. Bou Nouala pensait que sa baraka changerait les obus de ses ennemis en eau
et que leurs balles n'atteindraient pas les poitrines des combattants de la Foi. 
Le 15 mars 1907, dans l'après­midi doré de la Chaouia, les obus de 75 du général
d'Amade firent un carnage du peuple en armes. 
Les hommes qui se levaient contre le sultan traître et l'envahisseur ne savaient pas
encore qu'il ne fallait pas affronter l'artillerie au grand galop, et que le courage et le
bon droit ne suffisaient pas à donner la victoire. 
On n'affronte pas une armée régulière de professionnels en rase campagne, on
l'attire sur des terrains infranchissables. Abd­el­Krim le fera magnifiquement. 
Mais il est trop tôt pour le dire: ces années noires sont celles d'une monarchie
couchée et dans le lit de nos ennemis. Il n'y a que le peuple pour relever la tête,
avec une folle imprudence à la mesure de son désespoir.
 Le soir du 15 mars 1907, Bou Nouala dut abandonner le champ de bataille et
réussit à se retirer dans les Doukkalas: si l'un des deux sultans en compétition
l'avait reçu en cadeau des Français, il eût fini comme Bou H´mara finira 5 ans plus
tard.

 33. Le traître hypocrite Hafid avec ses protecteurs

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Le sultan Hafid,  "commandeur des croyants", 1908 à 1912, cupide et débauche: au cour d'une
fole soirée  avec des occupants. Remarquez la bouteille de wyski et le pied replié sans la
babouche
___________________________

L'occupation de Casablanca par le corps expéditionnaire français allait permettre à
Moulay Hafid de prendre la place de son frère Abdelaziz.
Hafid qui était le lieutenant de son frère à Marrakech, suivant l'habitude alaouite:
on case ses frères comme "khalifa" ("gouverneur, adjoint du sultan dans une
région) un peu partout pour les éloigner de Fez et des tentations du pouvoir auquel,
encore une fois, ils avaient autant "droit" que le sultan régnant. 
Le résultat était toujours désastreux depuis Moulay Ismaïl, inventeur du système,
car les frères éloignés devenaient en fait totalement indépendants, se fabriquaient
une petite armée de mécontents. 
Il y en avait dans tout le Maroc, et des notables locaux ambitieux qui espéraient
faire une carrière juteuse dans le maghzen alaouite de Fèz. C'est très exactement ce
que va faire Moulay Hafid e cheval de Troie des envahisseurs étrangers. 
Tout le sud du pays était soulevé contre Abdelaziz parce qu'il avait livré le pays
aux étrangers. 
Hafid joua hypocritement sur ce sentiment national en voie d'élaboration, se fit le
champion de l'indépendance. Les Français à la mer, Abdelaziz à la porte: les tribus
se levaient en masse pour l'aider à réaliser ce projet. C'était encore une fois un
manque de maturité politique évident de la part de simples paysans: Abdelaziz ou
Hafid, c'était blanc bonnet et bonnet blanc. Mais les résistants n'avaient pour le
moment pas le choix. Le plus urgent était de balayer Abdelaziz l'incapable et le
traître.

 34. Alliance entre l' occupation 
 et les traîtres: alaouites Glaoui
Pour y parvenir, Hafid avait un puissant féodal dans sa poche, Madani El Glaoui,
personnage sans scrupule. Il dominait ses amis et ses ennemis. Il avait profité du
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foutoir des premières années du règne d'Abdelaziz pour étendre son petit domaine
familial. C'est Hassan Ier ( père des deux sultans qui se disputaient le trône en ce
moment) qui lui avaient mis le pied à l'étrier. Depuis, Madani avait pris le grand
galop. 
Mais il est indispensable de préciser que la famille Glaoui doit tout au Palais: le
grand­père de Madani était un petit marchand de sel, un colporteur qui faisait du
porte à porte dans la montagne entre Demnat et Telouet et qui s'était taillé un petit
fief à la mesure de ses ambitions commerciales. Mince personnage qui n'aurait pas
eu de descendance dangereuse sans l'intervention du Palais. C'est Hassan Ier  qui l'a
inventé (l'histoire de sa harka en déroute). C'est ce que refuse d'avouer son arrière­
petit­fils  Hassan II qui écrit dans "Le Défi"  (Albin Michel, Paris, 1976,  p.45)
"Thami el Glaoui représentait cette féodalité anachronique, férocement égoïste et
capable de tout pour défendre ses privilèges…" 
Cette féodalité est née au XIXème siècle à cause de l'anarchie profonde inhérente
au  pouvoir alaouite rejeté par l'ensemble du pays. 
Hassan Ier, à bout de forces, a fabriqué Madani El Glaoui pour dominer en son
nom les masses montagnardes qui n'en voulaient pas, s'étant toujours fort bien
gouverné elles­mêmes. Ce sera exactement l'attitude du Protectorat incapable de
soumettre la montagne par la force: chaque paysan est un soldat, chaque maison
une forteresse. Alors on fait faire la police par de petits tyrans locaux qui veulent
devenir gros. 
Le Palais a mis au point une méthode reprise intégralement par les occupants. Les
méthodes des Glaouis étaient tellement odieuses que les officiers d'affaires
indigènes en poste dans leur fief en deviendront même anticolonialistes, ce dont on
se plaignait beaucoup à la Résidence. 
Mais n'anticipons pas. Le mensonge d'Hassan II est si intolérable qu'il fallait le
dénoncer immédiatement: les grands féodaux du sud (et d'ailleurs) ont tous été
investis par le sultan et par personne d'autre. Avec, je l'ajoute, une mission précise:
faire suer le burnous. Madani el Glaoui l'avait fait avec une repoussante efficacité
et un sens de l'initiative qui donneront de bien mauvaises habitudes à la famille:
Mohammed V l'éprouvera un jour!
Pour l'instant Madani, maître du passage obligé de l'Atlas entre le Sahara, les
plaines atlantiques et Marrakech, était devenu le maître du débouché des derniers
ports sahariens et il était tout puissant dans le haouz, plaine fertile qui entoure
Marrakech. Moulay Hafid croyait l'avoir choisi comme principal lieutenant.

 35. Le traître Hafid plus rusé que le traître Glaoui !
Mais c'était Madani El Glaoui qui avait choisi Moulay Hafid, car le petit rongeur
de Telouet, aux dents longues, voulait faire du Haouz un royaume indépendant (du
sultan de Fèz) dont il deviendra lui­même "sultan".  Mais comme il lui fallait un
paravent, au moins pendant un certain temps, il aurait fait de Moulay Hafid le
sultan de ce nouveau royaume dont il aurait été le "Bah Ahmed". Il avait proposé le
marché à Hafid dès 1906, mais le frère du sultan régnant n'avait pas encore osé
accepter. 
Hafid hésita un an, puis le 16 août 1907, il convoqua des notables de la ville et de
la province dans son palais de Marrakech. Il y avait là Si Taïeb El Goundafi, grand
maître de la route de Marrakech à Taroudant, et les principaux des caïds des
Rehamna. Hafid leur dit que si eux et leurs hommes se rangeaient à ses côtés, il les
mènerait "au combat contre les Français et chasserait le traître Abdelaziz, coupable
d'avoir livré la terre marocaine à l'envahisseur." 
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Hafid se garda bien de leur dire que seul le trône d'Abdelaziz l'intéressait et que la
guerre sainte était le cadet de ses soucis. C'était un détail aussi pour ses complices
caïds qui voulaient davantage d'argent, donc davantage de pouvoir, et  si les
Français ne les empêchaient pas de faire leurs affaires, les français n'étaient pas
indésirables.

 36. Glaoui sortit son poignard, 
 et l'obligea de signer la Béiyâ ‫ﺑﻴﻌﺔ‬.
La bourgeoisie féodale rurale et surtout citadine a toujours trahi la cause du peuple,
imitant en cela fièrement le makhzen alaouite. Le rusé Hafid était tellement sûr de
la réponse de ces féodaux voraces que la Béiyâ ‫ﺑﻴﻌﺔ‬, l'acte d'allégeance, était déjà
prête. Pour respecter la coutume, l'on présenta le précieux papier au plus vieux des
assistants, le caïd Mouley Mustapha, oncle par alliance d'Abdelaziz et de Hafid. A
la surprise générale le vieil homme refusa de signer. Ou il était fou, ou il était mal
informé, il croyait Abdelaziz capable de mater ces mutins. Madani El Glaoui fit
alors preuve de ce grand sens politique qui devait charmer Lyautey. Il sortit
simplement son grand poignard courbe, son "khanjar" et demanda à Mustapha
pourquoi il ne voulait pas signer.
Quoique fort versé dans le droit musulman, c'était son métier, l'oncle des sultans
rivaux  ne trouva pas d'argument convainquant, après tout l'essentiel était que le
pouvoir reste dans la famille, alors qu'importe le neveu pourvu qu'on ait l'ivresse du
pouvoir! Subjugué par la forte simplicité du seigneur de l'Atlas, Moulay Mustapha
signa illico l'acte d'allégeance et tout le monde l'imita. Il faut préciser que le palais
d'Hafid était encerclé par 500 cavaliers Glaoua, fusil chargé sur la hanche.
 
C'était encore une fois une belle manifestation de ce "consensus populaire" qui,
selon Hassan II, a toujours présidé au choix des sultans alaouites.
Une poignée d'oulémas représentant la communauté, à qui ce rôle revenait depuis
des siècles, jeta aussitôt l'anathème sur Hafid, pour l'excellente raison qu'ils étaient
à Fèz, à quelques pas des derniers fusils qui restaient à Abdelaziz.

Raissouli qui était pratiquement indépendant dans le Nord choisit Hafid parce u'il
était le plus loin (650km) et bien que ce soit Abdelaziz qui l'ait naguère nommé
pacha de Larache.

 37. En 1907 Abdelaziz ne régnait 
­ en réalité ­ que sur son palais de Fèz
Si la bande des voleurs qui régnaient sur une grande partie Maroc, sous le (faux)
nom d'"alaouites",  Bou H´mara, lui, qui régnait sous le (faux) nom de Sidi
Mohammed ­ dans l'Oriental ­ ne se prononça ni pour Hafid ni pour Abdelaziz: il
était le seul maître dans sa région.
La Chaouia (Casablanca) et le Gharb (Kénitra) demeurèrent "azizistes",  puisque ­
ils étaient occupés par les troupes françaises venus protéger Abdelaziz au nom des
signataires du traité d'Algésiras. Mais Hassan II prétend ­ un autre mensonge royale
­ (dans son "Défi", p.12):  qu'"il est indiscutable qu'Abdelaziz était soutenu par
l'ensemble des masses marocaines et régnait d'Oujda aux rives du Sénégal"! 
Hassan II a du reste une façon désinvolte de prouver que l'autorité d'Abdelaziz
s'étendait jusqu'à Andar (Saint­Louis du Sénégal): "quand les français avaient
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franchi le fleuve Sénégal pour pénétrer au Sahara, le sultan avait demandé à son
représentant à Tanger, le caïd Abdellah ben Saïd, de protester solennellement ."
(loc. cit.)
Il fallait évidemment que cet acte d'héroïsme tranquille ne demeurât point inconnu.
Malheureusement Hassan II ne donne pas les lettres de protestation de son
"glorieux" prédécesseur contre l'occupation de la Chaouia, pourtant plus
dangereuse et plus proche que celle du Sahara aux frontières du Sénégal ! Et pour
cause…
En cette année 1907, Abdelaziz ne régnait plus que sur son palais isolé de Fèz:
quelques hectares.

 38. Comment les sultans alaouites 
 s'installent­ils au pouvoir ?
Manipulé par une poignée de notables ambitieux, Hafid prépara une armée. Tous
les souverains alaouites se sont installés de cette façon: légitimés à la force des
baïonnettes; maintenus jusqu'à ce que des baïonnettes plus fortes ou plus
nombreuses imposent une nouvelle "légitimité", tout aussi "légitime" que la
précédente, mais moins que la suivante!
Le noyau de cette armée, c'étaient les 500 cavaliers Glaoua. Le caïd M´tougui
(Ouest de Marrakech) qui s'était réveillé un peu plus tard et détestait le Glaoui, son
rival, fournit très vite deux cents hommes pour bien marquer son soutien
inconditionnel et aussi enthousiaste que récent à la cause hafidiste. 
Avec le contingent du Goundafi et celui des R´hamna, Hafid disposait de 1.200
hommes dévoués à leur caïds respectifs. Madani brusqua les choses, de tels alliés
étant si peu sûrs, se nomma ministre de la guerre, parachuta son frère T´hami (qui
sera plus tard le père biologique du future Hassan II) pacha de Marrakech, base de
départ obligée, mais  trop fraîchement convertie pour être sûre. 
T´hami El Glaoui avait tout juste vingt ans. C'est lui que les français appellent "le"
Glaoui, le "fastueux" seigneur de l'Atlas qui faisait se pâmer les belles touristes
qu'il recevait à sa table "avec une allure folle", à qui il donnait un diamant à la fin
de la petite réception, diamant offert bien malgré eux par ses malheureux sujets
pressurés: les réserves des greniers vidés par ses hommes de main se transforment
en joyaux.
Pour l'instant il se faisait encore tout petit dans l'ombre de son frère: Madani
mourra bientôt, et T´hami déshéritant tous ses neveux, au mépris de toutes les lois,
fera main basse sur la totalité de l'héritage. Un véritable hold­up: il aura très vite
retenu les leçons du maghzen alaouite.

 39. La propagande juive rusée 
 au service de Hafid à Paris
Hafid n'oubliera pas l'opinion publique internationale: il avait recruté ­ tout s'achète
­ F. Weisgerber, un Juif  "français", vivant à Marrakech, qui faisait pour lui la
tournée des envoyés spéciaux de la presse française et qui leur tenait un petit
discours de propagande talmudique rusé, après leur avoir tendu une main
généreusement garnie de vieux doublons espagnols (de l'or dont la valeur
augmentait régulièrement).
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L'envoyé spécial du "Temps" (équivalent du "Monde" de notre époque) raconte
comment cet envoyé très spécial vint lui vanter les mérites de son "maître", ses
qualités de cœur et d'esprit, son amour du progrès, sa sympathie pour la France, sa
générosité envers les étrangers (c'est vrai) etc… 
On peut trouver curieux que ce sultan "choisi" ­ le Glaoui ­ pour faire la guerre à
l'envahisseur puisse éprouver une telle sympathie pour eux. Sa générosité n'avait
sans doute pas de limite. Sa propagande en avait davantage: son courtier se fit
proprement éjecter des salles de rédaction parisiennes, car Hafid l'avait même
envoyé à Paris. Cet escroc présentera en 1914 la facture de ses voyages à la
Résidence qui la lui règlera sans discuter!

 40.  L'argent des paysans marocains 
  au service d' Abdelaziz à Paris
C'est aussi à Paris que Abdelaziz ­ le frère de Hafid ­ tenta de sauver son trône
grâce au Mont de Piété. Je m'en explique: le sultan avait acheté huit millions de
bijoux au début de son règne avec l'argent laissé par son père Hassan Ier. L'été
1907, il ne lui restait plus que ça pour équiper quelques troupes contre son frère. Il
envoya donc un homme de confiance à Paris avec ses pierres précieuses. Les
bijoutiers de la place Vendôme, après d'incroyables discussions de maquignons, en
offrirent des sommes dérisoires. Le sort de la monarchie se jouait dans les arrières
boutiques du 2ème arrondissement de Paris: on nage dans la grandeur (et ils se
rattraperont avec son petit neveu Hassan II ! ). 
L'homme du sultan se résigna à aller au Mont de Piété comme n'importe quelle
ménagère parisienne dans la dèche. Le Crédit Municipal, "Chez Ma Tante" comme
disent les parisiens reprenant l'expression d'un prince notoire qui couvrait ainsi son
besoin d'argent sans élever les soupçons, en offrit royalement 1,2 million au grand
oncle d'Hassan II. Évidemment, Abdelaziz ne pourra jamais dégager ses joyaux.
Une fois de plus l'argent extorqué aux paysans marocains se retourne contre eux: ce
fut suffisant pour qu'une  petite troupe armée partît de Fez pour Rabat.

  41. La monarchie:  
  le seul facteur de division au Maroc 
"La monarchie est le seul facteur d'unité au Maroc" dit Hassan II: en 1907 c'était le
seul facteur de division.
Les deux armées des frères ennemis allaient ratisser le pays en le mangeant au sens
propre, car leurs royaux commanditaires n'avaient pas de quoi nourrir leurs soldats:
Alors on vidait les silos des villageois, on razziait leurs troupeaux si bien que les
fils des paysans terrorisés par leurs "sultans" gagnaient le maquis pour sauver au
moins leurs vies et celles de leurs enfants, et la vertu de leurs femmes, à défaut de
sauver leurs récoltes et leurs économies. 
Effectivement, les sultans faisaient l'union nationale contre eux! 
Mais les forces populaires étaient malheureusement atomisées: c'était la tâche
essentielle des Alaouites depuis Moulay Ismail, le "grand homme" de la famille. 
Les citadins s'enfermaient  frileusement derrière leurs murailles: quelque soit le
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sultan vainqueur militaire, l'on savait qui serait la victime….
Cela durait depuis si  longtemps! 
C'est encore la riche bourgeoisie qui s'en tirait le moins mal, car elle pouvait
acheter sa tranquillité. 
Le prolétariat des villes, ne possédant rien que sa peau n'avait rien à perdre. 
Les paysans seuls risquaient de tout perdre. Et ils le perdaient à chaque fois que le
sultan partait en guerre contre des prétendants ou contre des sujets révoltés.
Pillages, viols, moissons incendiées, arbres fruitiers coupés, maisons détruites, les
sultans ont évidemment beaucoup fait pour désertifier le Maroc. 
Il faut trente seconde pour couper un amandier, quinze pour qu'il donne son
maximum! Les sauterelles ne font pas mieux! 
En septembre 1907 Abdelaziz quitta donc avec 2000 hommes Fèz: il voulait voir
Lyautey et le consul Régnault à Rabat. "Il se remit entièrement entre leurs mains et
les supplia de l'aider dans la lutte qu'il allait avoir contre son frère" écrit un
contemporain. 
Pour Hassan II ­ dans son Défi ­ cette inqualifiable lâcheté devient: "Lorsqu'un
pays (le Maroc) se  trouve isolé, il doit éviter l'épreuve de force qui le ferait tomber
dans une plus grande servitude."  Se jeter dans les bras de l'occupant était
évidemment ­ pour Hassan II ­ "le meilleur moyen d'échapper à la servitude"!
 

  42. La devise des alaouites: 
"moi et l'ennemi juif contre mon frère"
Alors que le pays tout entier n'attendait qu'un geste du sultan pour se soulever: en
quelques semaines le Maroc aurait pu avoir 300.000 hommes en armes décidés à se
battre pour leur juste cause.
Au lieu de cela ce traître sultan allait se jeter dans les bras de l'occupant pour
demander des secours contre son propre frère et contre son pays !
Les Français allaient, sans le vouloir, bien évidemment, donner un solide coup de
main aux adversaires d'Abdelaziz. Les Français l'achevèrent en lui remettant en
grande pompe le cordon français de Grand Officier de la Légion d'Honneur. Les
"hafidistes" exploitèrent à toute vitesse cet événement. C'est comme si les
occupants juifs de la Palestine  d'aujourd'hui se mettent à soutenir leur laquai
Dahlan contre leurs protégé Mahmoud Abbas!.
Hafid n'était pas plus scrupuleux, mais il était plus rusé et plus discret: pour
alimenter sa guerre contre son frère, puisqu'il ne disposait pas des "bijoux de la
couronne" comme son frère Abdelaziz et qu'il n'avait rien à porter au Mont de
Piété, il se contenta des subsides fournis allègrement par une grosse famille de
banquiers juifs sionistes d'allemagne, les Mannesmann qui eux, avaient
parfaitement compris le jeux débile des deux frères: et souhaitaient investir depuis
longtemps. Ces juifs sionistes rusés soutinrent Hafid parce que les français
soutenaient Abdelaziz. Si les Français avaient soutenu Hafid, ils auraient donné de
l'or à Abdelaziz. Ces "investisseurs" juifs voulaient être les plus offrants!

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   43. Hafid vend son pays aux juifs!   
Le sultan du Maroc était au plus offrant. 
Il vendait son pays au plus offrant, c'est­à­dire aux juifs! 
L'or valait plus qu'une décoration française ­ boomerang. 
C'est ce qu'Hassan II appelle, le plus sérieusement du monde, "la résistance de nos
souverains" (Le Défi, p.17). Grâce aux 400.000 francs or des juifs Mannesmann, un
gros pourboire, mais une somme dérisoire devant les profits escomptés, Hafid fut
prêt le premier: Abdelaziz tendait encore la main à Rabat. 
Dès le début de décembre 1907 Hafid sortit de Marrakech soi­disant pour mater la
ville de Mazagan  qui l'avait d'abord reconnu avant de revenir à Abdelaziz parce
que des troupes françaises venaient de débarquer, officiellement pour former des
tabors de police en vertu de l'acte d'Algésiras. 
Mais sitôt sorti de Marrakech il bifurqua vers le Nord pour manger la tribu des
Sraghna: laquelle ne voulait dépendre que d'elle­même; c'était une entreprise moins
dangereuse et plus rémunératrice. 
L'or juif des Mannesmann fondait si vite! 
Hafid n'avait pas même besoin d'avancer pour prendre un avantage sur son frère:
une révolution suscitée par le "chérif" Si Mohammed El Kittani, chef de la
confrérie religieuse qui porte son nom, avait déclaré Abdelaziz déchu de ses droits
et titres.
Abdelaziz n'était plus que le sultan des Français chez qui il était réfugié, à Rabat.

 44. L'erreur fatale de remplacer 
   un Alaouite par un autre  
Le 3 Janvier 1908 Kittani avait réuni les Oulémas et chefs de tribus entourant Fèz,
et de très vagues "délégués" de la ville à la mosquée de Moulay Idriss, pour élire un
successeur à l'incapable Abdelaziz. 
Kittani (comme par ailleurs le Glaoui avec Hafid) convoitait le pouvoir pour lui.
Mais les vieilles habitudes l'obligeaient à signer une délibération. Sa petite
assemblée, pourtant soigneusement préparée, lui fut fatale. Les notables, suscités
pourtant par lui, choisirent Hafid, SOUS CONDITIONS:
1. Ils feraient la guerre aux Français.
2.  Il dénoncerait l'acte d'Algésiras, le traité scélérat de 1904.
3.  Il interdirait aux colons européens de séjourner dans les villes de
l'intérieur.
Aussi douteuse que soit la légitimité d'une telle assemblée constituée de
fonctionnaires et de caïds corrompus, elle marquait sans équivoque ce que
voulait le peuple marocain: ces notables avaient parfaitement senti tourner le
vent et ils prenaient le train en marche en se faisant les porte­paroles bien
tardifs des aspirations populaires. Ils préfèrent avoir l'air d'aller de l'avant
plutôt que de se faire balayer par la vague déferlante de mécontentement
(Bou Nouala, Bou H´mara) jaillie des couches profondes de la population
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excédée par les lâchetés et la trahison finale du souverain. 
L'erreur consistait évidemment à remplacer un Alaouite par un autre; c'était
la lèpre au lieu de la peste. La nation n'avait aucun bienfait à en attendre,
mais les notables avaient tout à exiger d'un souverain qu'ils avaient aussi
manifestement inventé.

 45. Abdelaziz et Hafid, c'étaient 
  exactement la même chose  
Après cela Kittani retourna à Fèz, forma un comité "révolutionnaire" qui
décida, en l'absence du sultan:
1. de taxer les familles du Makhzen d'Abdelaziz
2.  d'arrêter tous les partisans d'Abdelaziz.
3. de recruter une armée qui coupera la route d'Oujda.
4. de fabriquer des arme et des munitions.
5. de créer un journal officiel.
6. de supprimer le scandaleux régime de protection qui ruinait la
souveraineté nationale.
7. d'envoyer des commissaires chargés d'enquêter sur place sur les
abus du sultan dans tout le pays.
8.de fermer les bordels.
Il y avait beaucoup de points positifs dans ce programme qu'Hafid, une fois
monté sur le trône, jeta à la corbeille à papier, comme il fallait s'y attendre et que
Kittani paiera très cher et très vite.
Hafid, repu après le sac des villages des Sraghna, se décida enfin à faire quelque
chose. 
Contrairement à ce qu'on  a  trop souvent dit, les Français ne s'opposèrent pas à
sa marche: ils avaient finalement décidé  de compter les points et de voler au
secours du vainqueur. Tout ce qui affaiblissait le pays était une bénédiction pour
l'occupant. Les sultans faisaient le sale travail à la place des occupants qui ne
voulurent pas même jeter quelques millions sur le plateau de la balance pour la
faire pencher du côté qu'ils souhaitaient. Pour eux, Abdelaziz et Hafid, c'étaient
exactement la même chose. 
S'il ne fallait qu'un sultan pour simplifier le jeu international, l'un ou l'autre ferait
aussi bien l'affaire, c'est­à­dire aussi mal pour le Maroc. 
Le général d'Amade qui contrôlait la région de Casablanca avec ses troupes
coloniales laissa passer Hafid "en soldat discipliné obéissant aux ordres de Paris".
Ainsi, les deux frères étaient­ils de parfaites dupes: les pantins s'agitaient au
Maroc, mais on tirait les ficelles sur les bords de la Seine. 
On fera grâce des détails des marches et contremarches des deux baudruches qui
croyaient encore détenir le sort du pays entre leurs mains.
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  46. La prison et les pillages sont 
 les piliers du régime alaouite
Hafid alla se faire acclamer à Moulay Idriss ­ en évitant Rabat où se  trouvait son
frère ­ parce que la foule assemblée par Kittani croyait qu'il mènerait ses soldats à
la guerre sainte. 
Abdelaziz, cette fois complètement dégrisé, reformait une armée à Rabat: 4650
hommes, dont 2000 fantassins. 
Le 10 août 1908 Abdelaziz atteignit la petite ville de Kelâat Sraghna totalement
ruinée par Hafid trois mois plus tôt. 
Tous les hommes étaient déjà en prison à Marrakech et toute la journée défilèrent
les femmes venues réclamer la grâce de leur maris, de leurs frères ou de leurs fils.
Abdelaziz qui aurait fait exactement la même chose à la place de son frère,
n'avait vraiment pas le temps de les recevoir. La prison a toujours été un des
piliers du régime. Son armée comptait maintenant 6000 hommes. Il fut pourtant
battu en quelques minutes, une partie de ses alliés ayant brusquement déserté
pour piller le camp d'Abdelaziz qu'ils étaient venus défendre, avant que les
troupes d'Hafid ne le fassent! Les hommes d'Abdelaziz manifestaient une
confiance bien mesurée dans les qualités de leur chef!
On se tua férocement pour emporter les coffres et les mules du sultan, vainement.
 

 47. Les sultans alaouites ne sont pas 
  doués pour les fins héroïques 
Naguère bien des sultans alaouites avaient été dépouillés par leurs sujets
révoltés,  on les ramenait aux environ de Fèz, après les avoir ridiculisés. Mais, ce
jour­là, près de l'Oued Tesaout, à Bou Ajiba, le burnous d'Abdelaziz fut criblé de
balles.
Mais comme les sultans alaouites ne sont pas décidément pas doués pour les fins
héroïques, il se sauva, protégé par les mitrailleuses du lieutenant Maréchal
assisté naturellement par le sergent instructeur Balding qui était son contrepoids
anglais.  Pendant tout le reste de la journée et la nuit suivante, ce fut une "fuite
éperdue", note un de ses partisans, entre les douars qui assaillent la petite troupe
et ses protecteurs européens.
 Le 20 août 1908, il arrive au camp français de Settat, après 100 kilomètres de
panique indescriptible. Le 21 août 1908, il s'effondrait au P.C. du général Amade
à Casablanca. Pour abdiquer aussitôt et remettre le pouvoir entre les mains de ses
protecteurs aucunement embarrassés.
 

 48. Le nouveau sultan alaouite 
  Hafid en action 
La première chose que fit Moulay Hafid en prenant le pouvoir sans partage fut
d'accéder aux demandes "formulées" par les grandes puissances, lui qui avait
hypocritement levé l'étendard de la guerre sainte:
    il adhéra à tous les articles du traité d'Algésiras
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    Il promit de réserver le meilleur traitement à  son frère Abdelaziz et à ses
complices du Makhzen.
    Il désavoua totalement la guerre sainte.
C'était très exactement une forfaiture. Un reniement des engagements de sa
charge. C'était du super Abdelaziz, puisque son frère n'avait pas même essayé
de faire croire qu'il s'opposait à l'invasion. 
Hafid avait suscité des énergie en s'opposant verbalement, à l'intrusion et à la
pénétration étrangère par la force. 
Ayant vaincu son frère, il se mettait à faire exactement le contraire de ce qu'il
avait promis aux marocains! 
Hafid allait se venger sans perdre un instant des gens qui l'avaient
imprudemment porté au pouvoir.
Le chérif Kittani, leader de l'opposition à Abdelaziz et promoteur du train de
mesures dont nous avons parlé plus haut, fut enlevé dans la région de Meknès
où il s'abritait chez ses fidèles de Beni M'tir, par un caïd grassement rémunéré
par l'argent juif, et mourut à Fèz sous le fouet. 
Hafid ne pouvait lui pardonner d'avoir exigé qu'on envoie des enquêteurs
pour dresser la liste interminable des abus du Makhzen. Car le Makhzen de
Hafid allait ressembler comme un frère à celui d'Abdelaziz, tout en
renouvelant totalement le personnel, sans en modifier les méthodes de
brigandage légal.
Les fassis furent dupes même de la volonté de changement de Hafid. Et ce
n'était pas tellement facile de les rouler ces maîtres de machiavélisme. Mais le
nouveau sultan, dévoué aux juifs qui l'ont financé et aux occupants qui l'ont
protégé était prêt à tout pour conserver un semblant du pouvoir acquis à la
petite semaine et était totalement manipulé par ceux qui l'avaient fabriqué et
lui avaient donné les moyens financiers et le personnel militaire nécessaire
pour rejeter son frère à la mer.

 49. On a remplacé la peste par le choléra !
Hafid acheva ce que son père Mouley Hassan avait commencé: il fit du
Glaoui, le fils du marchand ambulant du Tizi N'Tichka, le moteur de son 
nouveau vieux Makhzen qui restait une société anonyme d'exploitation du
peuple marocain. 
Mais Madani Al Glaoui avait des dents encore plus longues que celles de ses
prédécesseurs, car il était affamé depuis plus longtemps. Comme tout grand
voleur nouveau riche de la politique, il voulait tout, tout de suite. 
Le loup était dans la bergerie, mais l'on verra bientôt que c'était un loup en
papier. Les notables traditionnels ayant été roulés, ne versons pas une larme
sur eux, en croyant manipuler le nouveau sultan. Ils avaient seulement oublié
un léger détail: si Abdelaziz avait été catastrophique, Hafid allait être encore
plus lamentable, car ce lâche, incapable de la moindre idée politique, était en
plus d'une cruauté infinie. 
Ce n'était pas une révolution qu'ils avaient faite, car toute révolution eût 
passée et passe encore par l'élimination politique totale de la monarchie
alaouite. Ils avaient changé de pantin. Et le nouveau pantin était d'autant plus
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féroce qu'il était couard. 
Abdelaziz aimait tirer au pistolet sur des cibles en carton. C'était d'ailleurs,
plus tard, également le jeu préféré du prince Moulay Abdellah le frère
d'Hassan II.  Et  Hafid fera tirer sur ses "sujets", cibles vivantes et tellement
"plus excitantes"!

 50. Les occupants  n'avaient que l'embarras 
 du choix entre traîtres alaouites 
Trois mois après l'installation de Hafid, son véritable frère, Sidi Mohammed,
se nomma sultan à la Qasba de Skhirat [à l'endroit même où Hassan II allait
être attaqué par les militaires le 10 juillet 1971] où il était prisonnier depuis la
prise du pouvoir par Bah Ahmed, et marcha sur Fèz. Ce rigolo inoffensif fut
arrêté par le pacha de Meknès, d'autant plus obséquieux vis­à­vis du pouvoir
qu'il s'était rallié in extremis à Moulay Hafid. Sidi Mohammed changea
seulement de prison, car son frère le garda près de lui à Fèz. Mais il restait
encore dix frères. Les occupants  n'avait que l'embarras du choix entre traîtres
alaouites. Et il ne s'en priva pas.
En concurrence serré avec tous les candidats alaouites à se mettre au service
des occupants, Hafid usa et abusa du seul semblant "pouvoir" que ses maîtres
occupants ont bien voulu lui accorder, c'est­à­dire celui de persécuter les
faibles marocains occupés et se frères rivaux, en jetant, par exemple, comme
on l'a vu, le rival de la famille, Bou H´mara, dans la cage aux lions. 
La parasitaire et pourrie dynastie alaouite aurait été à la merci du premier
charlatan venu si la France, appelée à son secours par Abdelaziz, n'avait
veillé sur les créneaux dorés des murailles de Fez décorées encore des têtes
sanglantes coupées pour le bon plaisir du sultan. Une boucherie immonde sur
un des plus beaux sites du monde: le décor d'une monarchie en
décomposition encore plus avancée que celle des partisans de Bou H´mara.
Hafid inaugura son "règne" en reconnaissant aux occupants, également, sa
"dette de guerre". Il accepta qu'un ingénieur français ait la haute main sur les
travaux publics. Il confia la réorganisation de l'armée à des instructeurs
exclusivement français. Hafid se faisait le fourrier de l'occupation française.
L'infamant traité de 1912 ­ signé par le sultan alaouite hafid ­ qui a officialisé
l'occupation camouflée sous le nom du protectorat ­ n'aggravera rien: il
constatera seulement ou enregistrera un état de fait. 
Ce sont les sultans alaouites qui ont affaibli et mis à genoux notre pays. Ils
ont "préparé" le Maroc au colonialisme et ont ouvertement et officiellement
fait appel aux envahisseurs étrangers: ou bien pour les protéger des révoltes
du peuples marocain ou bien pour vaincre leurs frères adversaires de la même
famille alaouite.
Et depuis 1909, la capitulation des alaouites face aux envahisseurs et la
démission de la monarchie est totale. Le sultan vivait à Fèz, totalement coupé
des réalités, du monde et du peuple. Cette incapacité à comprendre le monde
moderne ­ qui est d'ailleurs la marque des sultans alaouites sans exception ­
depuis leur début jusqu'aujourd'hui, a instauré la main mise de l'étranger sur
notre pays.

 51. Et les traîtres alaouites étaient 
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 tout heureux de servir les occupants
Malgré les démonstrations de force faites au dépend des tribus de la région de
Casablanca, par le général d'Amade de l'armée de l'occupation, et au dépend
des des tribus de Beni Snassen ­ dans la région d'Oujda ­ par le général
Lyautey, Hafid fait toujours comme si les canons à tirs rapides des occupants
et les mitrailleuses étaient de simples frondes ou des bricoles décoratives. 
Il ne joue pas même sur la rivalité franco­allemande alors que cela était lui
aurait été facile vue que l'Allemagne avait une politique d'amitié avec les
pays musulmans, définie par le discours très antisioniste, tenu à Damas du 8
novembre 1898, par l'Empereur Guillaume II.
Le sultan fantoche alaouite s'agenouillait et se mettait à plat ventre devant les
occupants en même temps qu'ils faisait mine de protester lorsque les troupes
françaises avaient franchi le fleuve Sénégal, à 2000 kilomètres de Fèz.
Hafid était tout heureux du traité du protectorat qu'il a signé, car cet accord
stipulait son maintien formel sur le trône avec les mêmes prérogatives qui
sont accordées aujourd'hui par les occupants à Karzay, Abbas ou à Almalki. 
Mai les occupants avaient surestimé le poids des alaouites dans le pays: la
soumission totale du sultan et de son Maghzen n'entraînera pas celle du
peuple marocain. 
 

 52. Hafid se convertit en franc­maçon juif
 La première guerre de résistance du Rif éclata le 9 juillet 1909. L'insurrection
armée étant la seule réponse adéquate possible à l'arrogance des occupants. 
Le superbe ambassadeur espagnole Merry del Val avait poireauté six jours dans
l'antichambre de la marionnette des occupants français Hafid avant de pouvoir
exposer ses demandes. C'était ­ grâce à ses protecteurs français ­ le dernier plaisir
régalien qui restait à Hafid ­ qui passait la majorité de son temps ivre et endormi
dans son lit: faire attendre les ambassadeurs étrangers jusqu'à l'extrême limite de
la courtoisie internationale. Quelle poigne! Que de fierté alaouite! Mais les
puissances pouvaient tout se permettre au Maroc à condition de traiter le sultan
"avec égards" et elles avalaient la couleuvre d'assez bon appétit, puisqu'une fois
passée ses petites manifestations de paranoïa, le sultan cédait toujours et sur
tout!. Merry del Val, ravalant son humeur, s'inclina le plus allègrement possible
devant le sultan et lui demanda d'avoir l'ineffable bonté de bien vouloir autoriser
l'Espagne:
1.  A occuper les montagnes entre Tanger l'internationale et Ceuta
l'espagnole. L'équivalent de deux départements français!
2. A exploiter les concessions minières que Bou H´mara, lorsqu'il était sultan
d'Oujda sous le nom de Sidi Mohammed, avait vendu et accordé du haut
de sa toute puissance aux compagnies "Norte Africano" et "Minas del
Rif".
3.  A installer à Fèz une mission missionnaire chrétinne franciscaine
permanente!
Précisons que ce Merry del Val était le frère du secrétaire d'Etat au Vatican, le
Cardinal (depuis 1903) Raffaele Merry del Val « camérier secret » du Pape, et
que dans l'entourage de Pie X, l'on se flattait fort d'évangéliser les infidèles,
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c'est­à­dire les musulmans. L'Afrique était alors devenue ­ pour le Vatican ­
"terre de mission" pour y exterminer l'Islam! 
L'Espagne aurait volontiers voulu remplacer la France dans le rôle de fille
aînée de l'Eglise et  remplacer au Maroc le Croissant par la Croix!
Le missionnaire ambassadeur Merry del Val avait même amené avec lui deux
mules chargées d'eau "chrétiennement" bénite et, comme il n'avait sans doute
pas de Franciscain sous la main, il avait amené deux capucins, petit
échantillon de frères prêcheurs au froc brun identique pour convaincre sa
majesté chérifienne. Hafid écouta sans broncher et fit répondre au "croisé"
qu'il allait y réfléchir. Mais Hafid est beaucoup plus séduit par l'or et l'argent
juif et finit par se convertir officiellement au judaïsme!

 53. La  première révolte du Rif 
 Le 9 juillet 1909, les habitants de Melilla ­ qui subissaient depuis des siècles
l'occupation espagnole ­ attaquèrent un convoi de mineurs qui se rendaient
dan la zone de protection et d'exploitation qui n'avaient jamais été autorisées:
légitime défense contre le brigandage espagnol. Les paysans ne faisaient que
défendre la souveraineté nationale, rôle que le sultan avait totalement
abandonné. L'affaire était caricaturale du colonialisme: le goupillon chargé
d'eau bénite dans la main de l'ambassadeur Merry del Val, la mitrailleuse dans
celle du général Marina. La "civilisation" en marche fut arrêtée par le raz ­le­
bol des rifains. 
L'Espagne eut un haut le cœur lorsque les va­nu­pieds du Rif taillèrent en
pièces sa glorieuse infanterie qui avait l'habitude de ridiculiser les troupes du
sultan. 
L'envoyé spécial du "Temps" raconte: "Retranchés dans la montagne, tireurs
adroits et ménagers de leurs munitions, les Rifains s'étaient révélés comme
des ennemis redoutables et certains régiments espagnols à peine débarqués
de la Péninsule, avaient perdu en moins de vingt­quatre heures, la moitié de
leurs effectifs." 
L'histoire n'a pas retenu les noms des chefs de la révolte pour l'excellente
raison qu'il n'y en avait pas. 
Abd­El­Krim était encore adolescent. 
Le peuple marocain prouva alors que (débarrassé de faux prophètes, tel El
Hiba qui prétendait faire se changer en pluie les balles des Chrétiens) il
pouvait efficacement combattre pour défendre la réalité de son existence sur
un terrain difficile qu'il exploitait à merveille, et qu' il pouvait éparpiller
n'importe quelle armée moderne dépaysée et estomaquée par la vigueur de
l'opposition et de la résistance. 
Le sultan justifiait ses pantalonnades devant les grandes puissances par la
"médiocrité" de ses troupes, et de leur armement, incapables de s'opposer aux
armées chrétiennes...
 Mais, la vérité est que personne ne voulait se battre pour préserver son trône
et ses insupportables privilèges. Quand la cause était juste et les objectifs
clairs, le peuple marocain savait résister et se battre avec un cœur et une
efficacité admirables.
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L'armée du sultan n'était pas l'armée marocaine. On ne voulait pas mourir
pour un tyranneau alaouite, mais on se battit jusqu'à la mort pour défendre
l'intégrité nationale.

 54. Une résistance rifaine farouche
Le sultan alaouite ­ avec son makhzen pourri et corrompu ­ avait mené le
pays à la défaite, se faisait ridiculiser même par les troupes espagnoles lors du
"siège de Tétouan" en 1866. Aujourd'hui une poignée de paysans rifains, avec
leur seule volonté de légitime résistance, sans chefs ni argent, jetaient la
panique dans les rangs de ces mêmes espagnols. 
Contrairement à la caricature des combats coloniaux, où l'on voit (dans les
livres et dans les films) de beaux légionnaires blonds au regard aussi clair que
la conscience lutter contre les "salopards" (terme employé par les soldats 
français et les légionnaires vers 1925 pour désigner les combattants rifains) à
un contre dix, c'était ici exactement le contraire: quelques centaines de rifains,
obligés de ménager leurs balles achetées avec leurs maigres ressources
agricoles, se battaient contre 40.000 espagnols fastueusement ravitaillés par
mer. 
Après quelques semaines de combat pourtant inégal, le général Marina avait
perdu la moitié de ses dix mille hommes et avait demandé et obtenu 35.000
hommes en renfort. 
Si les armées d'invasion avaient été secouées de la sorte dans tout le pays et
que c'était possible, comme elles l'étaient dans le Rif, il aurait fallu un corps
expéditionnaire franco­espagnol d'un million d'hommes éparpillés d'Oujda à
Safi, et de Tanger à Zagora pour faire fléchir le Maroc! 
Le crime de l monarchie est d'avoir empêché cette levée de résistance en
masse. 
Un des guérilleros résistant rifains venu à Fès demander que le Maghzen les
aide contre l'Espagne, a raconté à l'envoyé spécial du "Temps" comment les
combattants rifains s'étaient organisés. C'est le seul témoignage que l'on ait,
les soldats de l'ombre n'ayant jamais eu la parole: "Beaucoup d'entre nous ont
des "deschra "(carabines à tir rapide) et chaque communauté villageoise en a
une petite réserve pour ramer ceux de ses membres qui n'en ont pas. Nous
avons également des moules à balles et des machines à réamorcer les
cartouches avec de la poudre que nous fabriquons nous­mêmes quand nous
manquons de poudre de contrebande. Malgré tout, nous ne pouvons
ravitailler un nombre suffisant de combattants en vivres et en munitions.
Actuellement, nos contingents vont au combat par dixièmes renouvelés tous
les quinze jours. Il faudrait que nous arrivions à faire donner en même temps
au moins un quart de nos effectifs." ( publié dans "Temps ", Janvier 1910).

  55. Hafid démasqué !
Les résistants rifains croyaient encore que Hafid était le sultan du jihad contre
l'envahisseur: il ne l'avait été verbalement que pour se débarrasser de son
frère Abdelaziz, pour duper le peuple marocain et le démobiliser. Ce porte­
parole des résistants riffains attendit plusieurs semaines avant d'être reçu par
le sultan Hafid. Méprisé comme un vulgaire ambassadeur espagnol, il
regagna ses montagnes sans avoir rien obtenu du sultan, mais il l'avait obligé
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à se démasquer. Et le peuple rifain continua le combat comme il l'avait
engagé, seul.
Il avait gardé sa force vive parce que éloigné de la pourriture fassie et des
compromissions obligées pour ceux qui à Fèz gravitent de près ou de loin
autour de la cour la plus ramollie de son temps. 
Hassan II a une fulgurante explication pour justifier cette traîtrises familiale
alaouite. Il dit (dans "Le Défi", p.16): "lorsque ce pays se trouve isolé,
pratiquement désarmé, il doit éviter l'épreuve de force qui le ferait tomber
dans une plus grande servitude."  Et ce sont les sultans alaouites qui ont
effectivement isolé et désarmé le pays!
Qui a empêché le Maroc à  avoir une armée à la hauteur de son peuple? 
C'est l'illégitimité et la non représentativité de la monarchie qui ont empêché
notre pays d'avoir une défense nationale, au lieu d"une armée d'esclaves qui
dirigent ses armes contre le le peuple pour défendre et protéger un sultan
illégitime, corrompu et usurpateur du pouvoir. 
La monarchie a livré le peuple marocain désarmé aux convoitises des
envahisseurs.

 56. Le peuple résiste aux occupants 
   espagnoles, Hafid leur cède ... 
L'armée française contre le Maroc, ce n'était pas joué d'avance, ce n'était pas
l'éléphant tricolore contre la puce marocaine. C'est avec l'aide et la
collaboration des sultans alaouites que les occupants ont pu soumettre,
dominer et massacrer des centaines de milliers  marocains dans l'Oriental,
dans le Rif, dans les plaines, dans la montagne, et dans les villes. 
Les succès rifains de 1909 prouvent, s'il en était besoin, qu'avec un matériel
léger, mais en état de marche, le peuple marocain était capable à lui seul
d'empêcher la dictature des alaouites et des occupants: les puissances
d'occupation n'avaient pas les moyens de faire la guerre. Elles pouvaient
seulement mener des opérations de police les plus économiques possibles. 
L'argument du "génocide" qu'eussent commis, en cas de résistance, la France
et l'Espagne ne tient pas: en 1909, les pertes espagnoles sont 20 fois plus
lourdes que les pertes marocaines. Envoyer des foules mal armées ou
désarmées pour attaquer attaquer l'artillerie lourde au grand galop, c'était se
jeter à l'assaut du ciel comme le fit Moulay Abderrahman à la bataille de l'Isly
(13 août 1844) et comme le fera El Hiba contre Mangin. C'est le  crime des
notables qui eux s'en sortent toujours: le sultan vaincu et El Hiba, eux, ils
finiront dans leurs lits. 
Organiser une guérilla de résistance implacable, c'est prendre réellement le
ciel et les rifains l'avait deviné et démontré avec éclat. Non, le peuple
marocain n'était pas battu d'avance. On l'a empêché de résister comme il le
voulait: les marocains ont été fusillés dans le dos et du haut de son balcon au
cèdre doré, le sultan regardait l'immonde exécution qui préservait ses
privilèges. Voilà la vérité qu'Hassan II escamote en deux lignes. Mais sa
haine contre tous les mouvements de résistance populaires efficaces se
comprend: l'insurrection d'Abd­El­Krim était un mouvement républicain qui
voulait jeter les occupants et leur marionnette, le sultan, à la mer.
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Il a fallu trois mois et des milliers de tués et de blessés au général Marina
pour occuper le djebel Nador et la Qasba de Sélouane, ancien quartier général
de Bou H´mara dont les restes pourrissaient depuis quelques semaines dans la
résidence d'été du sultan. Victoire à la Pyrrhus, car Marina ne pouvait guère
bouger de sa "conquête" et il était obligé d'immobiliser un corps
expéditionnaire disproportionné avec le terrain gagné. 
La montagne et la nuit appartenaient toujours aux révoltés. Hafid allait
donner à l'Espagne sur le tapis vert ce qu'elle n'avait pu prendre sur le  terrain
par la force. En novembre 1910 le sultan cédait par le traité de Madrid tout ce
que Merry del Val lui avait demandé l'année précédente, sauf les mules d'eau
bénite. Les rifains n'étaient pas morts pour rien: ils avaient donné l'exemple et
obligé le sultan à se démasquer. Mais d'abandons en renoncements, Hafid ne
pouvait pas aller bien loin. La mission militaire française à Fèz allait avoir du
travail.
 

 57. Le peuple résiste aux occupants Hafid 
 résiste... à son frère, en ravageant le pays ! 
Pendant que le Rif  résistait à l'occupation espagnole dans la région de
Melilla, un frère du sultan, Moulay El Kebir soulevait la région de Taza
décidément bien peu légitimiste! C’était à prévoir. Ses frères voulaient faire
comme lui et réclamaient une part de l’"héritage familial". Ils ont hérité le
pays et le peuple comme si les marocains étaient un troupeau de bétail! 
Hafid envoya donc dix­mille hommes… non pas contre son frère trop bien
protégé par ses montagnes et ses murailles, mais contre les tribus de l’oued
Innaouen. Cette « mehalla » était normalement commandée par Mohammed
El Glaoui ("ministre de la guerre", à peine pubère) dont le seul "mérite" était
d’être le fils d'un des "bergers" qui surveillaient le troupeau, le "tout­puissant"
grand vizir Madani El Glaoui. 
La « mehalla » partie en décembre 1909, resta dix mois chez les Hayaina, à
mi­route de son objectif supposé et se comporta comme les Grandes
Compagnies de la guerre de Cent ans, préférant faire la guerre aux paysans,
aux femmes et aux enfants. De la grande politique, pour lutter contre un
prétendant en ravageant le pays. 
Les criminels brigands alaouites transformèrent le pays en désert. 
Il faut vraiment que le Maroc soit indestructible pour avoir résisté à deux cent
cinquante ans de pouvoir alaouite! 
Les « commandos » de Sa Majesté détroussèrent les caravanes, pillèrent les
marchés, incendièrent les douars, rançonnèrent les hommes, vendirent les
femmes comme esclaves. Les putains qui suivaient les brigands de Sa
Majesté se faisaient maquerelles et achetaient les enfants pour l’usage que
l’on devine: un gosse se vendait pour le prix d’un demi­mouton. C’était
insuffisant pour faire vivre ce nuage de sauterelles téléguidé de Fèz: les
soldats vendirent donc leurs armes et leurs munitions, comme n’importe quel
soldat de Long­Nol, de Karzay, d'Allaoui, de Abbas, de Séniora: les "Hafid"
des occupants juifs et de leurs marionnettes Américains d'aujourd'hui!  Il n’y
a pas  de coïncidence ..!

  58. Le sanglant imbécile Hafid collaborait 
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 avec les occupants pour le piller le pays
"Moulay" El Kebir pouvait dormir tranquille à Taza, tandis que le pays
passait d’atroces nuits blanches. Les Alaouites ne se mangent pas vraiment
entre eux. Le jeune Glaoui et Hafid envoyèrent même quatre mille
hommes « en renfort » et laissèrent faire ce carnage atroce pendant neuf
mois : ce pillage systématique du pays était une invention alaouite, on le sait,
et Hafid était tranquille dans son palais, dégarni de soldats de grand chemin
puisque les Français le protégeaient de la mauvaise humeur de ses sujets. La
collaboration franco­alaouite se rodait bien. Ce furent les Français qui
manquèrent de patience. Comme pour Bou H´mara, ils trouvèrent la
plaisanterie saumâtre. Leur sultan avait vraiment l’air de ce qu’il était, un
sanglant imbécile. Et l’opinion publique française, déjà pas très favorable aux
« aventures coloniales », finirait par le savoir et les députés par ne plus voter
de crédits.
Les conseillers militaires français reçurent l’ordre d’intervenir pour sauver le
régime. Les quatre officiers français exigèrent que le sultan rappelât ses
troupes de « coupeurs de route ». Le 20 octobre 1910, l’armée alaouite ­
armée et financée par les occupants ­ ramenée à petites journées fut massée
comme pour la parade dans la cour du Méchoauar du palais du sultan
fantoche. En guise de félicitations pour leur héroïque conduite au "combat" ­
contre les paysans, les femmes et les enfants ­, le chef de la mission militaire 
française leur tendit un piège, si grossier qu’il réussit pleinement. Il décida
d’abord de passer une revue de matériel. Après neuf mois de campagne, il ne
restait plus aux quatorze mille hommes devenus cinq mille cinq cents  (les
autres avaient déserté) que 1.500 fusils et 3.000 uniformes. Des centaines de
chevaux et de mulets avaient été vendus. Des hurlements retentirent quand les
fusils disparurent. Trop tard. 
Les soldats directement commandés par les Français et les sept cents
esclaves de la garde noire de Hafid étaient en embuscade aux créneaux. Le
brouhahas tomba aussitôt. Les soldats n’avaient pas envie de subir le sort de
leurs victimes civiles! Le commandant Mangin (ne pas confondre avec le
futur général qui s'opposera à Lyautey) fit lire un décret signé par Hafid, mais
rédigé par lui : l’armée était licenciée, mais les hommes pouvaient se
réengager après visite médicale et acceptation d’une discipline calquée sur
celle de l’armée française. Trois mille hommes furent reconnus bons pour le
service. Les autres avaient vingt­quatre heures pour disparaître. 
 

 59. La faillite totale de Hafid
Hafid et ses amis français n’avaient pas encore pris assez de précautions : ce
petit embryon d’armée pourtant revu et corrigé allait leur claquer dans les
doigts dès que le pays réel, à bout de patience, se mettrait à secouer le joug.
Le   Maghzen (comme on nomme au Maroc le gouvernement qui
emmagasine les impôts) avait en effet toujours pressuré le peuple, mais en
cette année 1910, les exactions allaient prendre une direction grandiose, car le
nouveau Maghzen sentait le sol se dérober sous lui et allait mettre les
bouchées doubles pour « croûter » le pays .. 
Comme la trique gouvernementale ne se faisait plus sentir qu’autour de Fèz,
ces paysans là allaient payer pour les autres. Hafid avait bénéficié pendant
quelques mois de contributions volontaires versées au Trésor par tous ceux ­
trompés par le "commandeur des "croyants" et ses promesses hypocrites, et 
qui voulaient participer financièrement à l’effort de guerre de libération,
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devoir sacré. Les volontaires étaient nombreux et les caisses d’Hafid pleines. 
Tant qu’Hafid put jouer la comédie de la "guerre sainte", tout alla très
bien, mais vint le jour où il ne put faire semblant de vouloir jeter
l’envahisseur à la mer. Il se réfugia alors dans son palais protégé par les
occupants, et refusant de bouger le petit doigt contre l’agresseur. Les dons se
tarirent aussitôt.
C’était la faillite. Les produits normaux de la nouvelle fiscalité étaient, en
effet,  totalement parasités par les grandes puissances qui avaient installé un
contrôleur sangsue derrière chaque fonctionnaire fiscal alaouite du makhzen. 
L’argent drainé dans les ports et les marchés allait directement à ses anciens
financiers juifs, dans les banques parisiennes et londoniennes, qui avaient
avancé quelques millions pour les menus plaisirs du sultan et récupéré des
centaines de millions, placement de spéculateurs juifs qui devenait placement
de père de famille. Les rares ressources (domaine propre etc.) qui échappaient
à la ponction étrangère, étaient si mal gérées qu’elles ne rapportaient
pratiquement plus rien.

 60. Le sultans: propriétaire du Maroc
Le sultan s’était ruiné dans un pays à peine mis en valeur par sa faute : les
paysans ne cultivaient plus que le strict nécessaire pour ne pas mourir de
faim, constamment à la merci des soldats pillards des sultans alaouites qui
brûlaient les moissons, vidaient les silos, coupaient les arbres fruitiers,
razziaient les troupeaux, si bien que les trois quarts de la terre marocaine
cultivable étaient en friche. Les sultans n’avaient pas même eu l’astuce de
certains de leurs homologues étrangers. Ils avaient tué la poule aux œufs d’or,
ils avaient égorgé le mouton au lieu de le tondre. Résultat : il n’y avait plus
d’œufs ni de laine. Ce qui prouve qu’on peut être à la fois bête et méchant.
Les requins du maghzen alaouite connaissaient bien la tradition. Le sultan les
laissait s’enrichir crapuleusement : concussion, prévarication, trafic
d’influence, détournement des deniers publics, tripatouillage sur les
fournitures aux armées, vol qualifié même, extorsion de fonds, rackets, tout
l’éventail de la grande délinquance. 
Quand le sultan jugeait que le bas de laine était assez dodu, il le confisquait et
envoyait son ex­propriétaire en prison à vie. Une diète prolongée et des
bastonnades régulières faisaient de ces cachots royales (les éternelles
"Tazmamartes" des alaouites) l’échafaud de la mort lente. On pouvait tenir le
coup quelques années, jamais plus. La mort « naturelle » faisait son œuvre,
c’était bien commode. C'est la façon alaouite de "supprimer" la peine
capitale"!
Sous le règne d’Hafid, la décomposition gouvernementale avait depuis
longtemps pris quand même des allures de fin du monde. Les fidèles
serviteurs du monarque, je veux dire Madani El Glaoui et sa clique de
hobereaux ambitieux, tenteront d’accélérer le rythme ancestral du profit et de
faire fortune en quelques mois alors qu’il fallait des années sous Hassan Ier.
Pour exploiter à fond le peu de temps qui leur était imparti selon toute
vraisemblance, ils créèrent un nouvel impôt : la « Naiba ». C’était une taxe
qui remplaçait le loyer des terres et des maisons, partant du principe que le
sultan gérait ­ si l’on peut dire ­ les biens de la communauté musulmane pour
"le plus grand profit" de celle­ci, théorie du droit. Il était donc propriétaire du
Maroc. 
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Que fait un propriétaire ? Il encaisse des loyers. Enfantin! « Ce fut une ère
lamentable d’exactions et de spoliations. », dit un témoin neutre, mais
attentif.
Ce système multipliait ses effets désastreux sur le peuple, selon une
progression géométrique.
 

  61. Le loyer que les marocains 
  payent au proprétaire de leur pays !
Quand Madani El Glaoui jugeait, en toute iniquité, que le brave Youssef Ben
Brahim, qui exploitait six hectares à El Hajeb et faisait pâturer 80 moutons,
20 chèvres et 5 vaches devait payer un « loyer » annuel de 10 moutons, 5
chèvres et 2 vaches, le caïd El Hajeb traduisait ­ en pensant à son petit
bénéfice ­ : 20  moutons, 10 chèvres et 3 vaches. Son adjoint, qui allait
percevoir directement le loyer (le métier de percepteur à main armée
comporte des risques, il faut des primes de danger), l’augmentait encore si
bien que le pauvre Youssef Ben Brahim se faisait extorquer 30 moutons, 15
chèvres et 4 vaches.  
L’adjoint du caïd gardait évidemment « sa part » : il fallait bien rentabiliser le
gros « cadeau » qu’il avait versé au caïd pour obtenir un poste de confiance
aussi rémunérateur. Le caïd gardait aussi son pourcentage, car il avait versé
de gros sacs de douros à Madani El Glaoui pour avoir le bonheur de servir
son pays. Et Madani gardait le reste du «loyer » qu’il convertissait en pièces
d’or et d’argent, ­ la bourgeoisie commençante de Fèz était là pour ça ! ­  plus
facilement stockable que des troupeaux volés, dans ses casbahs de Télouet,
Aït Ourir ou Taddert. Je prends la première part, parce que je m’appelle
Grand­Vizir.
Pour peu que le loyer annuel soit perçu trois fois par an, le pauvre fellah
devenait très vite  indigent, sa femme prostituée et ses enfants mendiants
errants promis à toutes les aventures. On ruine ainsi très vite un pays qui
aurait du être un paradis terrestre. La communauté se paupérisait au profit
exclusif de notables qui ne remettaient pas même le produit de leur rapine
dans le circuit économique national. Et RIEN n’a vraiment changé sous les
successeur de Hafid: Hasan II et Mohamed VI !
Madani El Glaoui était si vorace qu’il oublia de ménager, comme le voulait la
coutume, les petits notables locaux, courroie de transmission provinciale plus
ou moins solide de la tyrannie centrale "alaouite". Il détruisit ainsi la
pyramide féodale qui ne reposait plus que sur sa pointe, lui. Erreur funeste,
pour un chef de gang qui ne peut plus truander sans malfrat associé. 
Le Glaoui se coupait de complice qui auraient pu devenir ses partisans en cas
de coups durs. Tout pour lui et rien pour les autres. Il ne partageait plus le
butin. Il était le gang à lui seul. Ce qui rendra «vertueux » un certain nombre
de caïds déçus ne de plus être admis à table. Je rappelle que nous sommes en
1909­1910 et que ce n’est pas Lyautey (arrivé en 1912) qui a nommé le
Glaoui grand­vizir et grand pillard du royaume, mais bien le seul Hafid,
contrairement à ce que prétend Hassan II dans son mensonge "Le défi "!

  62. Le makhzen, la corruption, les 
 intrigues et le pillage du Maroc?
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La monarchie alaouite est seule responsable de la promotion de ces petits
rongeurs devenus fauves. La hargne du piranha Glaoui se retourna tout­à­
coup contre lui et son maître. Le caïd Akka, grand personnage des Ait Ou
Bouidman (fraction des Béni Mtir) avait cru bon d'arrêter le chérif Kittani 
qui avait essayé de se faire élire sultan à la place de Hafid, lorsqu’il s’était
réfugié chez lui, après l’installation de Hafid sur le trône familial. Kittani  est
mort sous les coups de cordes à nœuds mouillées et durcies au vinaigre.
Akka, qui espérait sans doute faire une belle carrière au maghzen ­ le sultan
cherchait des hommes qui avaient fait preuve d’un zèle inhabituel ­ après ce
coup d’éclat, obligea des administrés à rentrer dans le giron du Palais et à
payer leurs impôts sans couper la tête aux percepteurs boulimiques.
Pour le récompenser de sa fidélité, Madani El Glaoui l’avait mandé à Fèz, en
décembre 1910. La fortune d’Akka était donc faite. Akka avait sauté sur son
plus beau cheval, sans oublier de garnir une mule de jolis cadeaux. Cinq
heures plus tard, il était jeté dans un cul de basse fosse. Pour le motif habituel
et inavoué : on voulait en tirer encore plus. Effectivement, deux mois plus
tard, il sortait de son trou à rats après avoir payé une rançon fabuleuse et
complété la collection de douros de Madani El Glaoui, l’auréophage (le
"mangeur d’or") !
Les contribuables d' Akka lui rembourseraient très vite la rançon, mais rien ni
personne ne le dédommagerait de son humiliation et de ses ambitions déçues.
Ivre de rage, le caïd Akka entra aussitôt en campagne, visita tous les caïds des
grandes tribus voisines (Beni Mtir, Zémour et Querrouane, plusieurs
centaines de milliers d’hommes) et le 22 février 1911 ­ un mois après sa
ruineuse libération ­ Akka réunissait les conjurés à Agouraï (sud de Meknès).
Son plan était simple et fut approuvé immédiatement : profitant de la fête du
Mouloud qui aurait lieu trois semaines plus tard à Fèz, les cavaliers des tribus
révoltées viendraient y rendre hommage au sultan, comme le veut la tradition
et l’enlèveraient avec son âme damnée Glaoui.
Akka savait très bien que personne ne défendrait le sultan.
L’impopularité du trône était telle qu’après avoir mitraillé Abdelaziz,
l’adolescent prolongé, les sujets excédés d’Hafid le paranoïaque,  n’avaient
plus qu’une ressource : son élimination physique. Pas de légalité pour les
ennemis de la légalité. Contre le gang au pouvoir, des méthodes expéditives
et définitives. Akka  n’avait oublié qu’une chose : il y avait des sujets de
mécontentement encore plus pressés que lui. Les Cherarda  se soulèveront
avant la prise d’otage imaginée par Akka. C’était d’autant plus grave pour le
Palais que les Cherada sont une tribu «guich », une tribu qui fournit le service
militaire par roulement et qui, en échange de son «sang », ne paye pas
d’impôts. Vieux système des monarchies qui fabriquent des privilégiés pour
les lancer contre le reste de la nation écrasée d’impôts ! Monarchie alaouite,
ferment de dislocation. 
Les Charada avaient déjà converti les Beni Hassen et le Hejaoua et risquaient
surtout d’entraîner les trois autres tribus «guich», fer de lance émoussé, mais
suffisamment aigu pour mettre fin à la présence alaouite sur le trône. Ces
tribus étaient en «Siba », mot que les historiens colonialistes adorent
employer, qu’ils traduisent par « anarchie »  (raisonnement: Maroc=
Anarchie, = nécessité de l’ordre,  = occupation ="protectorat") et qui n’était
que le refus clairement manifesté de ne pas céder au caprice sanglant du
Palais.

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 63. Et dès que le makhzen est menacé, Hafid 
 réclame aussitôt la protection des occupants  
Devant cette levée en masse Hafid s’affola et réclama aussitôt l’intervention
de l’armée française qui restait l’arme au pied dans le Mechouar du palais de
Fès. Le commandant Mangin prit donc la tête d’une colonne de 2.600
hommes et s’installa sur le Djebel Tselfat, point culminant du territoire des
Cherardas… où les pluies de printemps le figèrent dans 60 centimètres de
boue.
Akka, ses Beni Mtir et leurs alliés ne pouvaient plus attendre le Mouloud
pour enlever le sultan : il fallait d’abord éliminer ces mercenaires étrangers
qui lui servaient d’épée et de bouclier. Il attaqua le camp enlisé de Mangin et
le 12 mars 1911, ses troupes grossies de ses tribus du Saïs , coupèrent toutes
les routes qui mènent de Fès au port atlantique. C’était bien joué : les renforts
français ne pouvaient passer.
Incapable de vaincre, Hafid résolut de convaincre et de « traiter » avec les
insurgés, autrement dit de les diviser, ruse  alaouite vieille de 250 ans
d’expériences.
Les notables des tribus révoltées se seraient sans doute laissé prendre à sa
stratégie de l’araignée, si la «base» n’avait hurlé à la trahison. Les Marocains
ne voulaient plus ni reculer ni subir. Ils voulaient marcher sur Fèz pour
renverser le régime. Hafid avait pourtant envoyé le caïd Mtouggui, grand
maître de l’Atlas occidental, de Marrakech à Agadir, vieux renard encore
finaud, endurci par quarante années de relation avec le makhzen, mais rallié
in extremis à Hafid, il était donc prêt à tous les compromissions. 
Encore une créature des occupants, sans doute chassé par la colère populaire
le vieux Borgia de l’Atlas rentra le17 mars 1911 à Fèz.  Bloquée à l’Ouest par
Akka et ses amis, la ville venait d’être investie à l’Est par les Aït Youssi
descendus des hauteurs de Séfrou, le plus beau jardin du Maroc. Encerclée, la
ville d’Idriss était un camp (mal) retranché. Mangin profita de la nuit pour
laisser son camp de Tselfat au commandant Brémond. Il retrouva un Hafid
atterré. Il était trop tard pour se soumettre.
 

 64. Le "Commandeur des Croyants" 
   sauvé par les non­croyants !  
Il aurait fallu se démettre, si le jeu des forces politiques proprement
marocaines avait joué seul. Mais ce Mangin réconforta le sultan aux abois :
depuis son arrivée à Fèz, comme chef de la mission militaire française, il
avait réussi à faire venir officiers et sous­officiers par petits paquets de10 ou
20. C’était plus discret à Paris comme à Fèz. Mangin avait rapidement fait 
ses comptes. Il avait deux milles hommes de troupe, débris de la garde noire
et les mehallas du sultan, hommes de main de Madani El Glaoui et des grands
féodaux du Sud. Pas brillant. Pratiquement pas opérationnelles, les forces
propres du sultan étaient incapables de le protéger. Mais Mangin avait sa
bonne artillerie qui avait déjà débarrassé l’Alaouite de son rival Bou Hmara.
Canons français (80 de montagne et 75 Schneider), servants français,
commandement français : le "Commandeur des Croyants" avait fière
allure. 
Dans un sursaut d’orgueil malheureux Hafid lança « ses » troupes contre le
camp d’Akka, le 26 mars 1911, sans rien dire à Mangin. Hafid y perdit en
moins d’une heure 40 tués, 50 blessés et 30 prisonniers. Akka et les siens qui
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03/12/2016 Maroc , Ahmed Rami , Histoire du Maroc, Les "alaouites" ne sont pas descendents du prophête ­ MAROC: Autopsie d'un mensonge royal La fable ...

n’avaient eu une égratignure contre­attaquèrent derrière les fuyards à la
dérive. Fèz n’était plus qu’à une demi­heure de cheval !
Prévenu à temps, Mangin fit tonner toutes ses pièces. La charge qui sans cela
eût été irrésistible, se brisa sur les obus de 75. L’artillerie française avait une
nouvelle fois bien rempli son rôle : elle sauvait le sultan des occupants.
Jamais un sultan n’avait été humilié à ce point : ses   prédécesseurs avaient 
été dépouillés en rase campagne, il était le premier à être bousculé chez lui.
Sauvé le 2 mars 1911 par les obus de Mangin, il le fut encore le 9 mars. 
Mais les rangs des insurgés s’enflaient de jour en jour et la marée allait
mathématiquement submerger Hafid. L’existence de la monarchie n’était plus
qu’une question de jours, voire d’heures. «On ne lance pas une jeunesse à
l’assaut du ciel », se défend Hassan II dans son unique livre et recueil de
mensonges! Mais un peuple bafoué se lance tout seul à l’assaut d’une
féodalité anachronique, défendue par l’artillerie docile de la Troisième
République néo­jacobine juivée !

 65. Avec de l’or juif , le sultan réclama 
 une armée à cent pour cent coloniale !
Mangin fit rappeler Brémond qui surveillait toujours les Chérarda sur le
Djebel Tselfat. Et fraya un passage scabreux à coups de canon. Hafid faisait
massacrer ses "sujets" pour se protéger d’une rébellion, inconsidérée sans
doute et «romantique». Il envoya trois courriers à pied ­ ses fabuleux 
«rekkas » qui peuvent parcourir 70 kilomètres par jour ­ dans trois directions
différentes, le 27 avril 1911. Deux furent pris et massacrés par les insurgés ­
mais le troisième se faufila entre les tentes, les feux de bivouac et les
sentinelles sans doute endormies et parvint à Oujda où il déposa son message
entre les mains de l’autorité française : son maître « demandait  instamment
l’envoi de troupes française » au gouvernement parisien. Le sultan
reconnaissait à la face du monde qu’il ne voulait même plus de ses propres
troupes : la fiction de son autorité s’effondrait. 
Des conseillers militaires ne lui suffisaient plus, c’est une armée cent pour
cent coloniale qu’il réclamait « instamment » et une intervention militaire
étrangère, massive, car ses soldats n’obéissaient plus à leurs instructeurs
français, ce qui se comprend fort bien, même quand on a servi un pareil
maître, la faim au ventre, ils désertaient en masse pour rejoindre les insurgés
dont ils comprenaient les motivations : eux aussi avaient eu des parents ou
des amis razziés et molestés par le pouvoir makhzénien alaouite. Ils étaient
des témoins  des abus de pouvoir tous les jours.
 Hafid n’avait plus un sou pour les nourrir et comme le couvert et la maigre
solde étaient la seule raison de leurs présences après tant d’avanie, il n’avait
plus rien pour  les retenir. Les juifs faisaient dorénavant leurs affaires
directement avec les nouveaux propriétaires du pays, les occupants français et
et espagnoles, Le Glaoui refusait même de lui avancer de l’argent pour régler
les soldes et alimenter les popotes pourtant frugales. Ainsi le Glaoui sciait
vraiment la branche sur laquelle il était assis. Il croyait sans doute que Hakka
déroulerait le tapis rouge sous les babouches de son auguste bourreau, quand
il rentrerait dans le mechouar du palais en vainqueur et lui jurerait une amitié
éternelle. La cupidité conduit à une  cécité politique totale. Finalement, cette
querelle de boutiquier besogneux fut réglée par un commerçant juif "français"
installé à Fez et qui manipulait son consul : le négociant juif qui trouvait son
compte au maintien du système accepta les traites de Hafid et donna de l’or
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