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Edito

Afrique : Une coopération
décomplexée est possible

L

’interview exclusive accordée par le Roi
Mohammed VI à la presse malgache
réaffirme la préséance qu’accorde
le Maroc au continent africain. Le
souverain chérifien y aborde la stratégie
du royaume, pour un repositionnement
économique et politique, dont le retour au sein de
l’Union africaine devrait être l’ultime consécration.
L’appartenance du Maroc à l’Afrique est un fait
que sa Majesté associe un enracinement et à des
échanges culturels et économiques allant bien
au-delà des considérations politiques actuelles de
frontières et d’intérêts stratégiques. Une vérité
que le Roi Mohammed VI résume en ces mots :
« La vraie richesse, (est) celle du cœur. » Le partage est
également l’un de ses crédos. Les investissements
du Maroc, tant publics que privés, en donnent la
preuve. Ils en font le premier investisseur en Afrique
de l’ouest et le deuxième au niveau continental.
En ter mes d’IDE, l’Afrique subsaharienne
draine en moyenne 62% des investissements du
royaume dans le monde. A ce sujet, le bilan de
ces 16 dernières années est éloquent, avec une
répartition sectorielle avantageant les banques
(40,9%) et les télécommunications (34%).
A la COP22 de Marrakech, le Maroc a mis en avant
la nécessité pour l’Afrique de réclamer d’une seule
voix une justice climatique (voir dossier), à défaut
de pouvoir l’imposer à un Occident ultra dominant.
En appelant à une « union sacrée » dans ce domaine
précis, Mohammed VI établit la corrélation entre
économie et environnement. Les industries fortes
doivent payer « le prix de la pollution » qu’elles font
subir aux autres. C’est le sens qu’il faut donner
au Sommet africain de Marrakech où, pour la
première fois, le continent a pesé de tout son poids

sur les décisions prises, ou à prendre, grâce au
leadership du Souverain. Partout où il s’est rendu,
il véhicule cette idée forte de «coopération SudSud» que les acteurs économiques du Royaume
s’empressent de traduire en actes. Cet élan
africaniste est fortement marqué dans le discours du
Roi à Abidjan, en février 2014. A ses pairs africains,
Sa Majesté s’adresse en ces termes : « l’Afrique doit
faire confiance à l’Afrique ». A Madagascar, le ton
épouse la même fermeté empreinte de sagesse :
«Dans le cadre d’une coopération décomplexée, nous pourrons,
tous ensemble, construire le futur. »
L’engagement du Roi Mohammed VI en faveur
de l’Afrique trouve toute sa plénitude dans cette
phrase extraite de l’interview accordée à la presse
malgache: « Nous donnons et partageons, sans arrogance,
ni sentiment de colonisation. »
C’est pour consolider ce modèle de coopération
interafricaine que le retour du Maroc au sein de
l’Union africaine est impératif. Même si, comme
le souligne le Roi, le Maroc « n’a pas attendu l’annonce
de (son) retour à l’UA pour œuvrer et investir en Afrique. »
Un retour qui est une question de procédure, pas
plus ; « tous les pays, amis de longue date ou amis nouveaux,
notamment en Afrique de l’est, (étant) unanimes à soutenir
la réintégration du Maroc à l’UA », fait-il remarquer.
L’engagement du Maroc en faveur de l’Afrique
est un Plan Marshall qui peut aider bon nombre
de pays africains à limiter leur dépendance d’une
économie mondiale sans foi ni loi. Il suffit seulement
que le principe de solidarité africaine prôné par le
chef de l’Etat marocain soit toléré par tous pour
que s’instaure une « coopération décomplexée» entre les
pays du Continent. w
Par Anthioumane D. Tandia

Afrimag l N° 101 - Décembre 2016 l 3