Actualités sur la gestion des plaies.pdf


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24>26 novembre 2016

LILLE GRAND PALAIS
ment on peut considérer qu’une fermeture
primaire soit envisageable. Le délai écoulé depuis l’accident est important, non seulement
d’un point de vue infectieux comme pour les
autres plaies mais également vis à vis des
dégâts vasculaires. Une suture primaire peut
être réalisée mais une réévaluation de la peau
avulsée doit être réalisée entre 3 et 7 jours
après du fait du risque important de nécrose
plus ou moins étendue.

Comment bien gérer une plaie
ouverte ?
La plupart des plaies devront être traitées
avec un animal sédaté ou anesthésié dans le
but de garantir un traitement le plus adéquat
possible en limitant la douleur et le traumatisme psychologique des soins.
Le but de la gestion de plaie initiale est de
réduire la contamination en vue de limiter le
risque d’infection et de prévenir une surcontamination. En urgence, chez les propriétaires, il
est possible de leur conseiller de rincer rapidement la plaie avec du sérum physiologique
s’ils en ont ou à défaut de l’eau du robinet en
cas de contamination importante. Dans tous
les cas, couvrir la plaie par un linge propre permet de limiter la surcontamination lors du trajet. Si une collerette est disponible, elle peut
d’ores et déjà être mise en place.

La peau ainsi que la salive humaines étant
riches en germes, il est capital, dans toute
gestion de plaie de mettre des gants et porter un masque. Ce sont des gestes simples qui
peuvent grandement limiter le risque infectieux. Ils doivent devenir une habitude.
Le pourtour de la plaie doit dans un premier
temps être tondu. Cela permet de mieux évaluer la plaie (parfois de découvrir des plaies
supplémentaires, notamment lors de plaies
de morsure) et de limiter la contamination
secondaire. Pendant la tonte, une compresse
stérile imbibée de sérum physiologique ou un
gel – idéalement stérile - doit être placé sur
la plaie afin de limiter la contamination de la
plaie par les poils de tonte.
La plaie doit ensuite être rincée. Le liquide
idéal est le Ringer Lactate puisqu’il est le plus
proche des conditions cellulaires physiologiques. Il est le seul à ne pas avoir démontré
de cytotoxicité in vitro pour les fibroblastes
(notamment par rapport au NaCl). Les
études comparant l’utilisation d’eau du robinet par rapport au sérum physiologique ne
démontrent pas une différence significative
en terme d’infection ultérieure suggérant que
lorsque la plaie est étendue et des quantités importantes de liquide sont nécessaires,
l’utilisation d’eau du robinet dans un premier
temps n’est pas contre-indiquée. Un traitement de l’eau à l’ozone peut améliorer sa qua-

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lité. La quantité de liquide ainsi que la pression utilisée sont des facteurs fréquemment
rapportés comme critiques. Des études humaines récentes ne démontrent pas de technique idéale. La pression devra être tempérée
de manière à retirer le plus de débris tout en
limitant les dégâts tissulaires. Dans tous les
cas, un volume important sera privilégié.
L’application d’antibiotiques ou d’antiseptiques directement au contact de la plaie ne
semble pas, en médecine vétérinaire comme
en médecine humaine, apporter de bénéfice.
Une fois la plaie nettoyée, il conviendra de la
couvrir. Ce premier pansement aura pour but à
la fois de protéger la plaie mais également de
poursuivre le nettoyage. La couche de contact
déterminera si une détersion mécanique (dryto-dry, wet-to-dry) ou biologique sera effectuée. Dans les zones compliquées, il sera intéressant de stabiliser le pansement grâce à la
technique du pansement en corbeille.

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