Léopold Hugo se rebelle.pdf


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mais sur les tribulations d’une demi-brigade en ces premières années du XIXe siècle m’ont
finalement poussée à en réaliser une nouvelle transcription aussi fidèle que possible à
l’original que j’ai déposée à la Bibliothèque nationale de France en juin 2006. Elle fait
désormais partie du fonds Hugo. Elle est aussi depuis peu en ligne à l’adresse http://
www.fichier-pdf.fr/2016/12/20/memoire-du-citoyen-guestard-29-nivose-an-11/


!
Les lieux et les dates de l’affaire

!

À l’époque des faits, Léopold Hugo était encore à Besançon sous les ordres de ce Guestard.
Son fils Victor n’avait pas encore un an. L’armée recrutait à tour de bras. On parle de deux
cent mille soldats enrôlés. Beaucoup de jeunes gens cherchaient à se faire réformer ou
remplacer. Comme il apparaît d’après ce mémoire, le gouvernement manquait de moyens pour
les habiller tous convenablement. Aussi le colonel Guestard a-t-il sans doute voulu pallier à ce
dénuement en soutirant de l’argent à ceux qui souhaitaient échapper à leurs obligations
militaires. Outrés par les manigances de leur chef qu’ils détestaient probablement aussi pour
d’autres raisons, comme on le verra, Léopold Hugo et ses comparses montèrent contre lui une
cabale à la fois sérieuse et burlesque, dans l’espoir de le faire destituer. Pour se défendre,
Guestard rédigea ce mémoire et l’adressa au Premier Consul qui le confirma dans ses
fonctions, mettant ainsi fin à la rébellion.
Cet incident de la vie du père de Victor Hugo n’était connu jusqu’à présent que par les
lettres de Léopold à sa femme Sophie. On en ignorait les causes, on se méprenait sur son
déroulement et l’intrigue était loin d’être claire.
Suivant l’itinéraire de la 20e demi-brigade depuis le début de l’affaire, de la fin 1800
jusqu’au printemps 1803, l’auteur de ce texte nous donne des repères précis aussi bien dans le
temps que dans l’espace. L’affaire était jusqu’ici supposée avoir éclatée à Besançon, mais on
apprend qu’elle avait débutée en Allemagne quelque temps plus tôt, alors que la demi-brigade
stationnait à Coblence. Là, des heurts s’étaient produits entre quelques officiers et leur chef
sur des questions concernant l’uniforme et avaient donné à Léopold Hugo l’occasion de se
faire remarquer. Un conflit couvait depuis quelque temps entre les deux hommes. Au cours
des mois qui suivirent, l’affaire s’envenima à tel point que Léopold se sentit « avili, traîné