Léopold Hugo se rebelle.pdf


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présenter devant la justice.
Au cours du premier trimestre 1803, Guestard, poussé à bout, rédigea alors pour se défendre
un mémoire qu’il fit imprimer le 29 nivôse an XI (fin janvier 1803) avant de l’adresser au
Premier Consul qui le confirma rapidement dans ses fonctions (vers la mi-mars), mettant ainsi
un point final à l’affaire. Peu de temps après, un premier bataillon de la demi-brigade était
envoyé à Toulon « pour y être embarqué » (p. 23). Guestard ne précise pas que la demibrigade devait se rendre en Corse.

!
Origines de l’affaire des collets bleus

!

La mode des collets bleus était donc née à Coblence. Le 30 prairial an VIII (19 juin 1800),
Guestard y tança ses trois chefs de bataillon (Hugo, Verbois et Prégnon) en ces termes : « Il
Existe Sous vos yeux, Citoyens Chefs, Comme Sous les Miens un ridicule Dans L’Habillement
Des Officiers qui ne Peut Exister Plus Long-temps (…) il ne faut Dans un Corps Qu’un
uniformité En tout, Et Pour y Parvenir il faut que Les Chefs rappelent Ceux qui voudroient y
déroger » (p. 61). Les chefs de bataillon, cependant, ne tinrent aucun compte de cette note de
service. Les beaux uniformes ont depuis toujours excité la coquetterie masculine. Mais la
licence que s’autorisaient ces officiers par rapport au règlement semble avoir été là sans
limite, si l’on en croit ce que dit Guestard : « Les uns Se Présentent En frac, Collet rabattu,
Les autres En redingotte, Collet Bleu ou rouge Une Partie n’a Pas les Bottes Prescrites Par
les Réglements, La Coëffure et la Cravate different suivant Les Gouts ; En un mot, Chacun se
met à sa guise » (p. 62). Le vent de liberté qui soufflait à l’époque et peut-être un certain
laisser-aller suffisent, sans doute, à expliquer leur désinvolture. Rien n’indique encore qu’à
Coblence les officiers se soient révoltés contre des ordres dont ils savaient pertinemment
qu’ils pouvaient les outrepasser sans risque. Malgré son « extrême attention » à faire respecter
le règlement, sa prétendue « fermeté » et « même sa sévérité » les efforts et l’impatience de
Guestard pour rétablir « l’Uniformité » restèrent encore longtemps sans effet, puisqu’il n’y
réussira que deux ans plus tard, à Aix, et avec les plus graves conséquences pour lui. Tout son
discours démontre au contraire, et lui-même avoue qu’il « fermait les yeux sur Bien Des
Choses » (p. 14).
Dans une brève et sibylline allusion à ce séjour en Allemagne, Guestard nous apprend au