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Selon des simulations que nous avons réalisées en
actualisant les revenus des individus et les
composantes de dépenses sociales de 2015 tirées des
comptes nationaux et appliqués sur la distribution de
2010, le taux de pauvreté aurait baissé de 15,5% en
2010 à environ 11,4%. Ce résultat est expliqué par une
augmentation des allocations PNAFN qui ont atteint
474 millions de dinars en 2015 contre 100 millions de
dinars en 2010, et du nombre des bénéficiaires qui est
passé à environ 1 million (235000 ménages) contre
520,000 mille (135000 ménages) en 2010. Ainsi
l’allocation par ménage a augmenté de 61 dinars par
mois et par ménage (100 millions/135000) à 192
dinars (474 millions/235000), et le nombre de
ménages a presque doublé. Selon nos calculs, le
revenu disponible des pauvres a plus que doublé en
moyenne grâce à une augmentation des transferts
directs qui leurs ont été affectés, qui sont de l’ordre
de 90% du revenu brut pré-subventions contre 7% en
2010. L’inflation pendant cette période a été de 30%,
ce qui a conduit à adopter une ligne de pauvreté
d’autant plus élevée pour 2015.

Manque du ciblage dans les
programmes de lutte contre la
pauvreté
La principale défaillance dans le dispositif social de
l’Etat est le ciblage, lors de l’exécution des
programmes, de ceux qui méritent réellement l’aide
selon les critères utilisés par les autorités. A part les
transferts directs qui suivent tout un processus de
ciblage, les autres dépenses sociales sont de type
universel non ciblées. D’ailleurs, la conception de ces
subventions fait que ceux qui ont une capacité de
consommation plus élevée, bénéficieront de la
subvention la plus élevée. Par exemple les statistiques
confirment que les 20 pourcent les plus pauvres
reçoivent uniquement 11.7% pourcent de la
subvention de tous les produits alors que les 10% les
plus riches reçoivent 18,3% (Abebe et al., CEQ WP
N°38, May 2016). Selon une étude de la Banque
Mondiale sur les subventions d’énergie, elles ne
bénéficient que de l’ordre de 2% aux ménages aux
revenus les plus bas (premier Quintile ou les 20% les
plus pauvres).

Tableau : Part de chaque décile dans les dépenses sociales en 2010

Décile

!

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
Total population

Transferts directs
(%)
15.8
12.7
10.9
11.1
10.2
9.6
9.8
6.9
5.6
7.3
100

Subvention
(%)
5.20
6.50
7.60
8.30
8.70
9.30
10.7
11.8
13.7
18.3
100

Dépenses sociales
en nature* (%)
10
10.3
8.9
9.5
10
10.3
11.2
9.9
10.1
9.8
100

(*) Ces dépenses incluent les dépenses de santé, d’éducation primaire et secondaire

Source : Abebe et al., CEQ WP N°38, May 2016, CEQ Tunisia Masterbook Septembre
2015

L’éradication de la pauvreté en Tunisie : une question de volonté