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en 2017, selon l'Iweps, l'Institut wallon de prospective et de
statistiques. N'est­ce pas inquiétant ?
PAUL MAGNETTE. On peut toujours regarder les chiffres sur une année ou deux mais cela reste
trop conjoncturel pour en tirer des leçons claires. Si j'élargis à la décennie écoulée, c'est­à­dire sur
la période du Plan Marshall, la croissance wallonne a raccroché le rythme de la croissance belge
et européenne. Evidemment, nous aimerions aller plus vite.
Il y a trois phases dans le redressement wallon. La première, c'est 1995­2005, après la réforme de
l'Etat qui fait de la Belgique un Etat fédéral et octroie de fortes compétences économiques aux
Régions. L'essentiel de l'effort est alors porté sur les infrastructures et le soutien financier, car il y
avait un gros problème d'accès au crédit pour les entreprises.
La deuxième, c'est 2005­2015, la phase de la mise en place du Plan Marshall. Avec des succès
incontestables : les entreprises des pôles de compétitivité ont connu une croissance de 60 % en
huit ans. Aujourd'hui, nous entrons dans une troisième phase durant laquelle nous devons
intensifier la croissance endogène et tirer davantage de bénéfices secondaires de la croissance.
C'est le débat sur le " Acheter wallon ".

En matière d'innovation, le Plan Marshall n'est­il pas tout de
même une déception ?
Non, de vraies inventions sont sorties des projets des pôles de compétitivité dans les
biotechnologies, dans les technologies de l'image, dans la mécanique de précision...

Mais elles ne sont pas encore en phase industrielle...
Certaines le sont, mais sans doute que nous ne les vendons pas suffisamment. Nous allons
publier les 100 innovations les plus marquantes issues du Plan Marshall. Cela étant, nous nous
inscrivons effectivement dans un temps long. Dans son excellent livre The Entrepreneurial State,
Mariana Mazzucato montre que le délai moyen entre le lancement d'un programme de recherche
et la phase industrielle est de 15 ans. Nous avons déjà des concrétisations après 10 ans, nous
sommes dans un mouvement plutôt rapide.

N'aurait­on pas pu mettre à profit ces 10 ans pour repérer les
chaînons manquants dans le tissu économique wallon ? On
va seulement lancer une étude approfondie sur le sujet.
Il y a 10 ans, la priorité était de préserver la compétitivité des grands secteurs. Il ne fallait pas
seulement accompagner les entreprises en difficulté, comme par le passé, mais construire avec
elles une politique d'anticipation. Cette stratégie d'innovation, qui était avant­gardiste au début des
années 2000, a permis à ces secteurs de faire un bond en avant.

Préparer une taxe sur les robots, ce n'est pas vraiment de la
stratégie d'innovation...
Il ne s'agit pas de taxer aveuglément les robots. On a d'ailleurs toujours, d'une manière ou d'une
autre, taxé les machines. La taxe sur la force motrice est l'une des ressources des communes. Le
ministre Christophe Lacroix (Budget et Finances) pose la question suivante : qu'est­ce que ça
apporte à la société que vous fassiez vos courses au supermarché avec une petite zapette et qu'il
n'y ait pratiquement plus de caissières ? Ça ne crée pas d'emploi, ça ne crée pas de valeur mais